- Ariane Artinian
Mon podcast IMMO. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinian, journaliste fondatrice de MySuite IMO. Et aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir David Benbassa, le président de Bien'ici. Bonjour.
- David Benbassat
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
David, vous venez de publier une étude très intéressante sur l'état des lieux du marché locatif. A la fin de ce premier semestre 2026, avant de nous en parler, vous nous dites un petit peu le poids de la location sur le portail Biennissi ?
- David Benbassat
Absolument, donc c'était une conférence de presse, la première, dédiée à l'analyse du marché locatif. Donc aujourd'hui, le poids de l'offre locative sur le marché, on l'a vu, a clairement baissé. Il a été divisé par 5 finalement depuis 2019, qui était une année de référence. C'est la même chose, je dirais, sur Biennissi, même si nous, on a la chance d'avoir... par notre modèle des annonces de professionnels uniquement et qui font le choix de diffuser l'ensemble de leurs biens sur notre portail. Donc la répartition aujourd'hui offre transaction, location. Aujourd'hui, on va dire que 10-15% de l'offre de biens disponibles est destinée à la location.
- Ariane Artinian
Qu'est-ce qui vous a poussé à faire cette étude sur la location ?
- David Benbassat
Ce qui nous a poussé à faire cette étude, c'est le fait que beaucoup communiquent et parlent de la transaction. de manière assez classique parce que c'est ce qui pousse aussi le marché immobilier. Maintenant, le marché locatif, on l'a vu, est vraiment sous contrainte. Personne ne parle beaucoup de ce marché. Nos amis de chez Clameur en parlent, mais sur vraiment une dimension loyer, beau, durée des beaux. Et d'ailleurs, on a utilisé cette information dans notre étude. Se positionner sur le marché locatif, qui finalement va bloquer le parcours résidentiel global, était un élément qui, pour nous, était un élément extrêmement intéressant à travailler, à expliquer, à analyser. et à partager.
- Ariane Artinian
Alors, il en est où ce marché locatif aujourd'hui ?
- David Benbassat
Alors, la crise locative est là, ça c'est clair. Maintenant, la tension a extrêmement évolué depuis les cinq dernières années. Moi, je parlais d'une année de référence 2019 assez classique, avec une tension qui était plutôt liée à un pic saisonnier durant l'été. Voilà, je vais dire ça simplement, c'était assez classique. Et puis, au fil des années, l'impact du Covid... L'impact de la guerre en Ukraine, le manque de confiance, l'évolution et l'installation de la loi climat résilience pour faire sortir du marché locatif des passoires thermiques, tous ces éléments-là ont fait que la tension locative est devenue de plus en plus importante sur l'ensemble des territoires, à des niveaux différents, mais elle a eu un impact extrêmement fort sur le marché locatif qui est venu bloquer le parcours résidentiel. Et on le voit assez clairement, il y a un impact très très fort. sur les petites surfaces. Le marché locatif fait partie du parcours résidentiel. On démarre dans la vie, chacun d'entre nous, avec finalement louer une première petite surface, puis après louer une deuxième surface un peu plus grande, peut-être un deux-pièces, un trois-pèces, en fonction de l'évolution personnelle, et peut-être on va aller après acheter si on en a la chance ou l'envie. Les petites surfaces, c'est finalement ce point, effectivement, de rupture où aujourd'hui tout le monde va chercher ces petites surfaces. Les étudiants, les jeunes actifs. mais aussi les familles monoparentales ou même les familles, les ménages avec des budgets contraints. Donc on le voit assez clairement, dans Paris notamment, 8 demandes sur 10 sont dédiées aux studios et aux deux pièces, alors que l'offre, c'est finalement 56-60% de l'offre disponible sur Paris. L'effet est le même partout en France. Donc il y a vraiment une tension particulière sur ces petites surfaces, et je veux dire partout en France.
- Ariane Artinian
A contrario, c'est plus facile aujourd'hui de trouver à louer. Un grand appartement ou une maison ?
- David Benbassat
Plus facile en proportion, oui, puisque l'offre disponible, on le voit, a évolué récemment. Mais on est sur une tendance haussière du volume d'offres disponibles. Donc ça, c'est positif. Donc on a plus d'offres disponibles globalement. Sur l'allocation, on est quand même contraint. Mais en proportion, la tension ou l'équilibre entre l'offre et la demande sur les grandes surfaces est beaucoup plus équilibré. C'est ce qu'on voit en tout cas avec un niveau de... de tension qui a baissé par rapport aux années précédentes, un volume d'offres sur le marché locatif qui augmente et ça c'est nouveau depuis les quatre dernières années donc on est sur un marché qui s'assouplit un petit peu et puis même si la tension est toujours deux fois plus importante qu'avant, on est quand même sur une saisonnalité qui revient un peu à la normale. Le fait que les banques ont un peu plus prêté sur le premier semestre libère tout simplement des biens à location Cet effet primo-accession, et on l'a vu très bien sur le marché de la transaction, ce premier semestre a été porté sur la transaction aussi par les primo-accédants qui sont revenus un peu parce que les banques ont plus prêté. Les taux ont été stabilisés, là on voit qu'ils commencent à augmenter, donc c'est toute cette part... Je dirais de rotations plus importantes ou d'achats qui s'est amélioré du côté des prix au accédant qui ont permis de remettre un peu d'offres de location sur le marché.
- Ariane Artinian
Pour terminer, comment est-ce que vous voyez la suite ?
- David Benbassat
Alors je suis d'un naturel positif. La situation et la crise du marché locatif est importante. On voit quelques évolutions positives. On voit aussi, et ça c'est assez clair, l'engagement, la prise de conscience du gouvernement sur ces événements. le fait que On arrive enfin, et les professionnels le demandent depuis longtemps, que le statut du bailleur privé soit mis en place. C'est chose faite. On voit là l'évolution sur le plan, tout ce qui concerne le plan relance logement, aussi bien sur la transaction, sur la construction, que sur le fait de réinjecter jusqu'à 50 000 logements dès 2026 pour le marché locatif. Ce sont en tout cas des bonnes ambitions. Toutes les actions qui sont menées pour réintégrer des passoires thermiques sur le marché, Locatif, c'est une bonne idée. Alors attention, il ne faut pas oublier cette partie rénovation énergétique. Il faut que ça reste une contrainte. Oui, on peut remettre à la location des biens en DPEG, mais garder cet objectif en changeant le planning certainement, mais de rénovation, c'est un enjeu important. Donc je vais rester positif en tout cas parce que la prise de conscience est là, la volonté est là. Après, ce n'est pas qu'une décision qui fera changer les choses. C'est tout un tas d'éléments, les taux d'intérêt, la volonté des banques. La situation internationale, la confiance des marchés, mais aussi, je dirais, de nos concitoyens, va jouer sur la lumière au bout du tunnel et le fait que le marché se reprenne un peu.
- Ariane Artinian
Dernière question, David Benbassa. Comment vous qualifieriez aujourd'hui le moral des professionnels ?
- David Benbassat
Alors, mon moral est bon parce qu'effectivement, nous, on reste au service des professionnels de l'immobilier dans les bons comme dans les mauvais moments. Donc, quand ils ont besoin de visibilité, quand ils ont besoin de mettre en avant leur mandat de vente ou de location, on est là pour les accompagner. Et leur demande est importante. Donc moi, je suis plutôt confiant sur l'avenir. Maintenant, effectivement, on est dans un environnement compliqué. L'état d'esprit des professionnels de l'immobilier est toujours volontaire. Mais les aléas du marché des taux d'intérêt font qu'effectivement, les niveaux de confiance sont un peu plus bas. Les projections de transactions sur l'année ne sont quand même pas mauvaises, même si elles sont en retrait par rapport à les dernières. La FNAIM projetait et les notaires 920 000 transactions sur l'année 2026. Ce ne sera pas une mauvaise année. La problématique, c'est que... Effectivement, nous sommes nombreux à vouloir profiter de cette part de gâteau qui ne grossit pas et qui réduit un peu. Donc je dirais que le moral y tient. Maintenant, il faut voir l'avenir, je dirais, de manière positive parce que les prises de conscience sont là.
- Ariane Artinian
Merci beaucoup David Benbassat. Je rappelle que vous êtes président de Bien'ici.