- Guillaume Martinaud
Mon podcast IMO
- Ariane Artinian
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinian, journaliste, fondatrice de MySuite IMO. Et aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Guillaume Martinaud, président d'Orpi. Bonjour.
- Guillaume Martinaud
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Guillaume, vous dirigez un réseau coopératif et vous venez de fêter vos 60 ans, en tout cas les 60 ans du réseau.
- Guillaume Martinaud
Les biens ne vont pas tarder non plus.
- Ariane Artinian
Aujourd'hui, Orpi, ça représente quoi ?
- Guillaume Martinaud
Ça représente... une grosse partie de ma vie professionnelle puisque j'y suis rentré en 1996. Ça représente une aventure humaine hors normes. Notre réseau fête ses 60 ans et ça représente je pense un pan de l'immobilier français parce que depuis 60 ans, on a logé beaucoup de Françaises. Donc on fait partie du paysage et ce qui est incroyable c'est de se dire que tout a commencé avec 4-5 personnes qui en 66, des confrères ont eu l'idée de se réunir dans une arrière-salle de restaurant pour s'unir et faire d'une idée qui semble toute simple une réalité, c'est partager, partager des affaires, partager des clients pour faire grossir leurs entreprises et puis pour bâtir ce qui est devenu Orpi, c'est-à-dire que de 4 personnes, aujourd'hui on est plus de 8000.
- Ariane Artinian
Alors comment ils ont eu l'idée ? Qu'est-ce qui leur a pris ce beau jour de 1976 ?
- Guillaume Martinaud
Alors je n'étais pas né, je précise, puisque je suis né un an après. Ce qui leur a pris, je pense qu'ils ont compris avant tout. le monde que l'union faisait la force et qu'à l'époque certainement que le marché aussi devait être un peu difficile et qu'ils se sont dit qu'en partageant, ils assureraient une pérennité pour leurs entreprises. Donc ils ont eu cette intelligence humaine de partager. Ce n'est pas toujours facile de partager, d'accepter de gagner un peu moins. Mais l'intelligence c'est de se dire je gagne un peu moins maintenant mais je vais gagner sur la durée. Et donc Orpi c'est ça, depuis 60 ans c'est du partage d'affaires.
- Ariane Artinian
Et effectivement c'est contre-intuitif pour un agent immobilier qui est avant tout un commercial, en tout cas dans ce qu'on en perçoit à l'extérieur.
- Guillaume Martinaud
Oui, bien sûr, mais je pense qu'avec le temps, on apprend et en vieillissant, on apprend que de s'appuyer sur des gens qui font le même métier, c'est une chose. Il y a eu des tas d'aventures humaines après. On l'a vu avec Amanda qui a finalement repris l'idée d'Orpi. Mais c'était une époque où lorsque vous croisiez un agent immobilier, vous n'aviez pas envie de lui dire bonjour. C'était un ennemi. Et aujourd'hui, en tout cas nous, moi j'ai été élevé comme ça dans ce réseau et bien sûr qu'on voudrait pouvoir faire les affaires tout seul, être à la fois à l'entrée et à la sortie, mais quand vous avez un bout de quelque chose, c'est toujours mieux que beaucoup de rien.
- Ariane Artinian
Alors, comment ça s'est passé ces 60 ans ? Quelles ont été les étapes marquantes ?
- Guillaume Martinaud
D'abord, de quatre à créer des groupements d'intérêt économique. Donc les premiers étaient en région parisienne. Et puis aujourd'hui, on en a 47 puisqu'on est présent aussi outre-mer. Les étapes, ce sont des présidents successifs. Je suis l'huitième. Ce sont des conseils de gérance, donc des agents immobiliers qui font partie d'un conseil de gérance et qui se sont réunis, qui ont bâti une stratégie et qui ont construit ça au fur et à mesure. Ce sont aussi les étapes de la modernisation technologique. Quand on a été les premiers à utiliser le Minitel, alors aujourd'hui ça fait sourire, mais à l'époque c'était très novateur. Les étapes en fait sont successives, ça provient de visions d'hommes, enfin de femmes et d'hommes qui se disent, on va mettre ça en place. Gérer une coopérative, c'est toujours comme un album d'Astérix. C'est-à-dire qu'il faut fédérer des individualités fortes, des chefs d'entreprise qui sont maîtres chez eux. Il faut arriver à les mettre d'accord, faire voter des plans d'action. Donc tout ça se fait petit à petit, sur la durée, jamais passé en force, et par la concertation. Donc c'est un bon exercice.
- Ariane Artinian
C'est plus compliqué que de gérer un réseau de franchise ?
- Guillaume Martinaud
Alors je ne sais pas ce que c'est que de gérer un réseau de franchise parce que je n'en fais pas partie, mais gérer des Français, ce n'est pas simple. C'est-à-dire que les gens veulent quelque chose en fonction du marché, puis ils peuvent aussi vouloir l'inverse dès que ça se tend. Donc la difficulté, mais ça, quelle que soit l'entreprise que vous dirigez, c'est de maintenir un cap, c'est d'avoir une vision stratégique, d'être bien entouré. Moi, j'ai la chance d'être bien entouré avec une bonne équipe, la même depuis six ans, et mes prédécesseurs avaient aussi leurs équipes. Et c'est de maintenir un cap. Et quelles que soient les conditions météo, c'est d'avancer en protégeant l'équipage, en protégeant nos entreprises, en étant capable aussi de faire marche arrière quand on se rend compte qu'on se trompe. Et là, nos associés nous alertent aussi. Il faut entendre, ne jamais perdre pied avec la réalité du terrain. Mais oui c'est difficile parce qu'on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Et quand on a compris qu'on ne ferait pas plaisir à tout le monde, alors on...
- Ariane Artinian
On l'assume ?
- Guillaume Martinaud
Oui on l'assume et puis on peut avancer plus vite. Et puis le fait d'avoir, moi j'ai limité les mandats, il n'y aura que deux mandats. On est beaucoup plus détendu parce qu'on ne cherche pas forcément à plaire, mais on cherche à faire progresser la boîte. Et moi ce qui m'intéresse, c'est comment avec mon équipe, on va préparer la suite, quel que soit le dirigeant de la République. d'Orpide en trois ans, qu'ils puissent reprendre un maximum de choses qu'on ait faites. Ils auront leurs propres idées. Mais de pouvoir continuer ce qu'on est en train de développer, comme nous, on a continué aussi ce qu'avaient fait nos prédécesseurs petit à petit, en reprenant des choses, en ne suivant pas des choses qui ne nous convenaient pas, mais quand même, en s'appuyant sur les fondations.
- Ariane Artinian
Donc ce que vous êtes en train de dire aussi, c'est que vous êtes là pour trois ans ?
- Guillaume Martinaud
Oui, jusqu'en... Mon mandat s'arrête le 31 août 2029. Votre deuxième mandat ? Mon deuxième mandat. Mais dès le début, avec mon équipe, mais j'avais dit que deux mandats c'était suffisant je serais certainement très triste de quitter ça parce que c'est une aventure humaine incroyable mais je pense que c'est sain aussi de savoir s'arrêter pour laisser à d'autres prendre la place et puis parce que c'est comme du sport de haut niveau pendant 8 ans il faut être capable de répondre à beaucoup de choses tout le temps tout en gérant ses boîtes parce que j'ai deux agences je suis dans les Landes, donc ça c'est la difficulté et parce que je pense que c'est bien de passer Merci.
- Ariane Artinian
En attendant de passer, quelle est votre vision aujourd'hui pour la suite, pour Orpi ?
- Guillaume Martinaud
Alors on a mis en place notre plan stratégique, c'est l'élargissement de l'offre. C'est ce qu'on a fait voter et c'était notre plan d'action du deuxième mandat. Permettre à Orpi de ne plus être dépendant uniquement de la transaction et du marché de transaction, parce qu'on voit bien qu'à chaque crise immobilière, nos trésoreries en prennent un coup quand le marché s'arrête. Donc on va plus loin, on a créé des filiales sur le financement, sur les assurances, sur la gestion, pour permettre à nos entreprises de se faire enregistrer. de faire des métiers qu'elle ne faisait pas, de devenir ce guichet unique dont on parle maintenant et que nos clients, on parle toujours du parcours client donc comment faciliter le parcours client en permettant à nos clients de trouver au même endroit de quoi des biens achetés, à louer, mais qu'on puisse aussi les aider à financer, on a créé nos filiales sur le financement. et de les assurer et de les gérer. Donc ça, c'est ce qu'on a mis en place. On a créé ça il y a un an. Et là, ça commence à prendre. Des agences nous rejoignent sur le financement, sur l'assurance. Donc dans trois ans, j'espère avoir 20-25% du réseau qui ait pris ça en main. C'est comme un arbre qu'on plante. Nous, on l'a planté et on va le regarder grandir par la suite.
- Ariane Artinian
Dernière question à Guillaume Martineau. Le contexte, il n'est pas facile pour les agents immobiliers, coopératifs ou pas coopératifs. Comment vous l'appréhendez ?
- Guillaume Martinaud
Alors, Alors ce marché, on l'appréhende comme tous ceux qu'on a traversé depuis des années. Il y a une forme de résilience qui s'est installée. On sent bien la tension de nos clients comme de nos coopérateurs. Ça fait maintenant plus de cinq ans qu'on prend des crises comme ça, crise sur crise. On n'en voit pas le bout. La nouveauté, c'est que les gens ont compris. Il n'y aurait pas de bout, en fait. C'est le monde dans lequel on vit, on doit s'adapter. Donc on l'appréhende en se renforçant sur tout ce qui est formation, en dotant les outils et en réexpliquant à tous ceux avec qui on travaille que les outils, ça ne fera pas tout non plus. Il ne faut pas oublier pourquoi on fait ce métier, quelle est notre mission, loger des gens. Donc on l'appréhende sereinement, parce que de toute façon, le pire n'est jamais sûr. Donc il faut affronter sereinement ce qui se passe. Et d'être en coopérative, d'être avec des associés, de se réunir, d'être dans des GIE, de ne pas être tout seul. J'ai dernièrement des agences de réseau extérieur qui nous ont rejoints et j'ai demandé pourquoi ils nous avaient rejoints. Ils m'ont parlé beaucoup de l'avancée technologique qu'on avait prise. Et ils m'ont parlé aussi et surtout de ce côté coopératif, de pouvoir décider, voter, d'être considéré et pas juste un numéro. Donc je pense qu'on l'appréhende. en étant confiant mais pas naïf. Donc il va falloir travailler dur.
- Ariane Artinian
La concurrence est rude et vous n'avez pas seulement face à vous des agences vitrées ou des agents immobiliers qui veulent à tout prix d'une vitrine.
- Guillaume Martinaud
Mais la concurrence est un bienfait et vous aviez participé aux 60 ans d'Orpi et vous avez vu que j'avais tenu à inviter nos concurrents et je crois que ça a marqué un peu les esprits parce que... La concurrence est utile, parce que la concurrence vous évite de vous endormir. J'ai la chance, en tant que président d'Orpi, d'avoir de très bons concurrents en face de moi, puisque les réseaux en face et les mandataires aussi, qu'il faut reconnaître aussi, sont là. Et finalement, tant mieux, parce que nous, ça nous oblige à être meilleurs, en tout cas à nous battre. Donc je rassure tous mes concurrents, que j'estime, ne pensez pas un seul instant qu'on va déposer les armes et qu'on va s'arrêter de travailler. Donc restez le plus longtemps possible. Mais soyez affûtés parce que nous, on est prêts. Ça fait un peu dur de terminer là-dessus et voir un peu prétentieux. Je ne voudrais surtout pas être comme ça. Je reconnais la concurrence parce qu'elle est utile et elle apporte au métier. Donc la concurrence est saine et nous oblige à être meilleurs. Donc que le meilleur gagne, mais on ne va pas, en tout cas, nous baisser les bras.
- Ariane Artinian
Que le meilleur gagne, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Guillaume Martinadu, président d'Orpi. Merci à vous.