- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Mon podcast IMMO Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier et aujourd'hui avec l'entrepreneuriat. Je suis Ariane Artinian, journaliste, fondatrice de MySweetImmo et ce qui me passionne aussi dans la vie, c'est la singularité de chaque parcours. Derrière tout succès, il y a une histoire, des choix, des détours, des hasards, un chemin... Et pour vous, ça s'est passé comment ? Cette question, je la pose tout de suite au fondateur de Jinka, une plateforme née d'un constat très simple. Chercher un logement ne devrait pas être aussi compliqué. Mais avant Jinka, évidemment, il y a une histoire. Et on va en parler avec Marc Lebel. Bonjour.
- Marc Leben (Jinka)
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Tout d'abord, Marc, c'est quoi Jinka ?
- Marc Leben (Jinka)
Jinka, c'est un hub immobilier qui rassemble plus de 4 millions d'utilisateurs, 600 000 utilisateurs actifs chaque mois. et tous les jours on en voit 3 millions de nouvelles notifications à nos utilisateurs. On a construit une technologie basée sur l'intelligence artificielle, spécialisée dans l'immobilier, qui va indexer le maximum d'annonces immobilières en enlevant les doublons, les fausses annonces, en corrigeant les erreurs, de saisie parfois d'agents immobiliers, pour envoyer le maximum d'informations pertinentes aux utilisateurs, pour les aider à assouvir leurs projets immobiliers. Et on essaie d'être un coach immobilier qui va les aider à mener à bien leurs projets de recherche, que ce soit pour l'achat ou l'allocation. On essaie d'avoir un angle un peu différenciant en se focalisant sur l'expérience d'acheteur, de locataire, en essayant d'apporter de la qualité sur les données. C'est ça qui nous différencie, c'est qu'on fait un énorme travail sur la qualité des données. Et cette qualité sur les données va nous permettre d'avoir une qualité de conseil et une qualité d'offre qui soit beaucoup plus ciblée que d'autres plateformes, parce que chez Ginkga, l'inscription est obligatoire. Donc on a des informations sur ce que les gens recherchent qui sont plus précises, qui nous permettent de mieux cibler. les offres qu'on va leur envoyer et les conseils qu'on va leur apporter.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et pour vous alors, ça s'est passé comment ?
- Marc Leben (Jinka)
2025, ça a été une excellente année, l'année un peu de la scalabilité comme on dit maintenant. On est passé d'une petite équipe de 5-10 personnes à aujourd'hui 20 personnes. On a accueilli 4 personnes lundi dernier chez Ginka. Donc c'était l'année du changement et j'espère que 2026 sera encore meilleure.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Alors si on revient au tout début... D'où venez-vous Marc Lebel ?
- Marc Leben (Jinka)
Eh bien, je viens d'une famille qui ne connaît rien dans l'entreprise, paradoxalement, puisque ma mère était mère au foyer, de cinq enfants, j'ai deux frères et deux sœurs, et mon père était, enfin est toujours, à retraite, mais joueur de cartes, de bridge. Donc en fait, je ne savais absolument pas ce qu'était l'entreprise, et j'ai fait une école d'ingénieur, un peu comme mon père qui aimait un peu les maths. Et je suis sorti d'école d'ingénieur en 2005, c'était juste après la bulle internet. Et donc, pour nous ingénieurs, ce n'était pas du tout sexy de devenir entrepreneur. Au contraire, je me souviens très bien, un de mes amis qui a voulu créer une boîte au sein de mon école, et je me suis dit, mais celui-là, c'est un fou furieux.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Bon, mais revenons à votre enfance. Quel enfant vous étiez alors, avec une maman qui ne travaille pas, un papa qui joue aux cartes ? Qu'est-ce que vous vous dites ?
- Marc Leben (Jinka)
J'étais un enfant qui était très flémard, tout simplement. Moi, ce que j'aimais, c'était jouer aux jeux vidéo, jouer aux jeux de cartes Magic. Je aimais bien un peu le sport, mais mon objectif, c'était surtout minimiser mes efforts. Ce qui peut paraître un peu paradoxal quand après, on devient entrepreneur où ce n'est pas exactement la même histoire, justement.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Quand on fait une école d'ingénieur.
- Marc Leben (Jinka)
Quand on fait une école d'ingénieur, j'ai dû un peu mettre les bouchées doubles le moment venu. Et c'est peut-être un peu le point commun avec l'entrepreneuriat. C'est que je suis obligé de mettre les bouchées doubles, sinon ça ne marche pas.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et là, vous aviez des modèles autour de vous qui vous ont inspiré ?
- Marc Leben (Jinka)
Aucun, aucun. Non, ma mère en fait voulait que je fasse la même chose que son frère, qui travaillait dans les cabinets d'audit. Elle voulait que je travaille dans des grandes boîtes, parce qu'il y avait l'aspect sécurité. Et donc j'ai fait tout l'opposé, tout simplement. J'ai plutôt suivi l'aspect passion, en fait, un peu comme mon père, de trouver quelque chose qui me passionne. Je n'en avais besoin.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Alors revenons à votre parcours, votre école d'ingénieur. Vous sortez de là et comment ça se passe pour vous ?
- Marc Leben (Jinka)
Moi, j'ai commencé mon travail à Rennes, chez France Telecom Orange, pour rejoindre ma petite amie de l'époque, qui aujourd'hui est ma femme. Donc un bon investissement déjà, 22 ans plus tard. Et donc France Telecom travaillait sur un projet qui à l'époque était innovant, c'était un Google Earth avant l'heure. On travaillait pour des maquettes 3D pour Paris 2012. Oui, Paris a aussi perdu en 2012, je rappelle, contre Londres. Et pour la faire court, c'était France Télécom, Orange, avait une transition entre la partie purement recherche et la partie développement. On commençait à faire du développement logiciel. Et leur stratégie, malheureusement, était assez ambiguë, qui était on développe des produits et juste au moment de les sortir, on arrête tout. Donc c'était go, no go, poubelle avant de sortir.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Donc ça, c'est assez frustrant.
- Marc Leben (Jinka)
C'est assez frustrant. Donc pendant trois ans que j'ai travaillé chez France Télécom, aucun des projets sur lesquels j'ai travaillé n'est sorti en production. Et du coup, je me suis dit, mais en fait, qu'est-ce que je peux faire d'utile dans ma vie ?
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Là, vous avez quel âge ?
- Marc Leben (Jinka)
J'avais 25 ans. 25 ans, 26 ans. est le seul moyen de trouver quelque chose que je savais faire, c'est-à-dire coder. Je me suis dit, écoute Marc, tu sais faire des jeux. Il y avait la mode du Sudoku à l'époque, et je savais faire des algorithmes pour créer des jeux. Donc j'ai inventé un jeu qui s'appelait le Squarrow. C'est un genre, un mix entre un démineur et un Sudoku. Et j'ai voulu en faire un site internet pour tout simplement le promouvoir. Et c'est comme ça que je me suis mis au web.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
On peut jouer aujourd'hui ?
- Marc Leben (Jinka)
On peut jouer, l'application n'existe plus. Après, elle était disponible sur App Store. On en a fait 200 à 300 000 téléchargements. Il y a eu un livre qui est même sorti. Mais voilà, j'ai changé de projet après. Mais c'était mon premier bain dans l'entrepreneuriat. C'était créer un site web à côté de mon travail. Et dès que j'ai vu les premiers utilisateurs, les premiers retours, j'ai trouvé que créer quelque chose d'utile aux gens, c'était extrêmement addictif. Et j'ai enfin trouvé le sens. à ce que je voulais faire, c'est-à-dire développer des services utiles pour le consommateur.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Bon, et là, vous êtes toujours chez France Télécom ?
- Marc Leben (Jinka)
Absolument, absolument, toujours chez France Télécom. Et ensuite, trois ans après, donc en 2008, ma femme a son concours de professeur documentaliste, professeur du collège, et est mutée en région parisienne. Contre son gré, je précise. Du coup, je la suis, et j'étais toujours dans l'idée de créer des projets. Donc là j'avais un agrégateur cette fois-ci, mais un agrégateur de stock photo. Et du coup je rencontre avec l'aide d'un ami, quelqu'un qui s'appelle Thibaut Elzière, qui aujourd'hui est un investisseur assez connu dans le web, qui à l'époque travaillait sur une plateforme de location entre particuliers, qui s'appelait Zilok, Z-I-L-O-K. Sujet de la consommation collaborative, donc louer plutôt qu'acheter. Par exemple la tondeuse, la perceuse, des choses qu'on utilise... de manière occasionnelle pourquoi en acheter une neuve plutôt qu'utiliser celle de son voisin. Et donc je lui montre son projet, mon projet de stock photo parce qu'il travaillait avant chez Fotolia, donc quelque chose de stock photo et en fait mon projet il n'y en avait rien à faire. Mais par contre il cherchait un nouveau directeur technique chez Ziloc. Moi j'avais toujours été dans une société de service donc plus chez Orange, plus chez Sagem. Et à l'époque il me propose un nouveau contrat de directeur technique où je perds 25% de salaire, je travaille 25% de plus et je n'ai plus aucun RTT. Et j'ai dit oui. Et c'était la meilleure décision professionnelle de ma vie.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Vous avez dit oui parce que vous sentiez que ça accrochait à un autre niveau ? Parce que vous en aviez marre de travailler sur des projets qui ne voient pas le jour, vous n'étiez pas complètement épanoui.
- Marc Leben (Jinka)
Exactement. Après Orange, j'avais Sagem, où eux, c'était plutôt... Ils ne connaissaient pas encore... vraiment bien à Internet en 2008. Je me suis dit que je n'avais pas ma place parce que j'étais passionné par les nouvelles technologies. J'adore le futur. Thibaut Elzière, c'était quelqu'un qui était extrêmement passionné. Je trouvais le projet Louer plutôt qu'acheter extraordinaire. Ça avait enfin un sens de pouvoir mettre en production, développer des logiciels utiles. Ça a été un tournant radical dans ma vie. Ce que je voulais, c'était pouvoir apprendre de nouvelles choses, pouvoir travailler dans un environnement dans lequel je me sens utile. J'avais le besoin de me sentir utile pour faire quelque chose qui soit utile aux gens, tout simplement.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Ça, c'était une vraie nécessité.
- Marc Leben (Jinka)
Une vraie nécessité, un besoin vital, on va dire.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Un besoin vital. Et après ?
- Marc Leben (Jinka)
Et après, la plateforme Ziloc s'est développée de manière entente-ci, puisque Ziloc, c'était 800 catégories, 4 pays, donc c'était assez compliqué de trouver un marché. On ne le loue pas une perceuse comme on le loue... Une maison, comme on loue un appartement ou comme on loue une voiture. Mais Marion Carette, qui a pris les commandes qui étaient déjà à l'initiative, a pris le choix décisif de uniquement se concentrer sur la partie voiture. Et donc Ziloc est devenu Wiccar en 2012-2013. Et donc on est repassé de 20 personnes quand je suis arrivé chez Ziloc, puis 3 personnes au plus bas de la crise. Et on est remonté à 50 personnes, puisqu'il y a une levée de fonds, une revente ensuite. à la SNCF, donc WeCar, plateforme de location de voitures entre particuliers et donc qui a vraiment très bien marché et donc moi j'avais une bonne expérience, en tout cas 7 ans d'expérience, 8 ans d'expérience dans les places de marché qui est un business assez particulier. Au terme de ces 7 ans il y a eu, j'avais le besoin de pouvoir faire autre chose parce que j'avais l'impression qu'on avait passé un cap après la revente à la CNCF. Et c'est donc en 2016 que j'ai décidé de créer mon propre projet qui s'appelait à l'époque Loué Agile dans l'immobilier. Alors on m'a même posé la question, pourquoi l'immobilier ?
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Pourquoi l'immobilier ?
- Marc Leben (Jinka)
Et bien vraiment par challenge et encore une fois pour deux raisons. D'une part parce que j'adorais toujours les places de marché, je trouvais que c'était quelque chose de passionnant, assez difficile. C'est une expertise que j'avais développée. Et toujours, si je reviens à mes racines, quelque chose d'utile aux gens. Et donc, je me suis dit, par challenge, j'y connais rien. J'avais tout fait sur l'immobilier. C'est parti. Allons encore sur ce terrain inconnu pour découvrir ce qui peut se cacher.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Le déclic, ça s'est vraiment passé comme ça ? Il n'y a pas eu une petite anecdote, une prise de conscience ?
- Marc Leben (Jinka)
Ça, c'est pour le sujet. Mais pour la thématique, l'immobilier, c'était vraiment... En fait, on avait exclu vraiment l'immobilier. de Ziloc et Wicard. Donc, il y avait vraiment, c'était tout sauf immobilier. Et donc, ce tout sauf immobilier, ça a résonné chez moi en disant, mais quel est cet interdit auquel je ne peux pas toucher ? Allons-y goûter pour voir pourquoi m'a-t-on dit ne pas aller dans l'immobilier. N'oubliez pas.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Donc, vous allez du coup, vous vous dites, je vais dans l'immobilier.
- Marc Leben (Jinka)
C'est ça.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et là, qu'est-ce que vous faites comme constat ?
- Marc Leben (Jinka)
Au départ, j'y connaissais rien ou pas grand-chose. Donc, je commence un peu naïvement à me dire, qu'est-ce que je peux avoir ? comme valeur ajoutée à ce marché. Et comme ce que j'avais appris en tant qu'entrepreneur, j'avais appris que pour trouver une bonne idée, il fallait essayer de résoudre ses propres problèmes. Malheureusement, je ne cherchais pas d'appartement à louer. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'à l'été 2016, ma petite sœur cherchait une location. Et donc, je lui dis, ne bouge pas petite sœur, je vais t'aider à trouver une location, car je suis sur Paris. Et donc, ma sœur était en province. Et donc je commence à éplucher les sites d'annonces, à essayer de prendre des rendez-vous, essayer de trouver un logement qui lui correspond. Et en fait, je galère, je n'y arrive pas. Je vais sur des portails immobiliers, j'appelle des agences, l'appartement est déjà pris, j'essaye des particuliers, je galère encore et j'arrive à choper 2-3 rendez-vous. Mais à chaque fois, l'appartement, nous ne le connaissons pas du tout. En fait, je tombe un peu sur ce qui restait sur le marché. Et donc, au bout de quelques jours, puisque j'étais en vacances, je me suis dit, Marc, il est temps de chercher sur Google, enfin, comment trouver un appartement à Paris. Et je tombe sur un article qui dit, premier conseil, créez-vous le maximum d'alertes. Et donc, j'applique ce conseil à l'alerte. J'allais sur les portails et puis sur un des portails, ce jour-là, il y a un bug, ça ne marche pas, je n'arrive pas à créer d'alerte. Et donc, ça m'a énervé. Et en tant que développeur, je me suis dit, si ça ne marche pas, je vais le faire moi-même. Et donc c'est à ce moment-là que je crée une alerte spécifique avec mes petits outils, avec mes petites mains de développeur pour ma petite sœur. Et deux jours après, je reçois trois biens. J'en appelle un premier qui me dit « Ah mais comment ça se fait que vous m'appelez si vite ? Je viens juste de poster l'annonce. » Et je lui demande effectivement, je lui dis « Bah voilà, je postule pour ma petite sœur. » Il me dit « Bah pas de problème, j'ai un créneau dans l'après-midi, venez me voir. » C'était dans le 17ème, près des Batignolles. Et je montre les photos à ma petite sœur. C'est un coup de cœur assuré.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Un coup de cœur assuré, elle a eu l'appartement.
- Marc Leben (Jinka)
Elle a eu l'appartement. Et donc, ce que je me suis dit, si ça marche pour ma petite sœur, si ça marche pour moi, ça peut forcément servir aux autres. Et c'est comme ça qu'est né le projet qui s'appelait Louer Agile. Et donc là, c'était en 2016.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Pourquoi Louer Agile ? L'agilité pour votre petite sœur.
- Marc Leben (Jinka)
En fait, le nom n'avait pas grand sens, dans le sens où j'avais appris différents projets que j'allais changer le nom, puisque j'avais fait d'autres projets. Et à chaque fois, on changeait le nom. tous les projets sur lesquels j'avais constaté, on changeait le nom. Donc, je me suis dit, prends un projet, tu vas travailler d'abord en location, donc louer Agile, avant d'avoir l'idée. D'ailleurs, c'était juste...
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
D'abord le nom.
- Marc Leben (Jinka)
D'abord le nom. Je me suis dit, peu importe, parce que de toute façon, tu changeras le nom. D'abord le nom,
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
du nom découle l'idée, le projet. Exactement. Et après,
- Marc Leben (Jinka)
on change le nom. Complètement incontratutif, mais c'est le fait de retrouver une deuxième ou troisième fois qui m'a fait échanger parfaite en disant, je ne prends pas de temps sur le nom, je changerai plus tard.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et c'est le nom qui donne l'impulsion initiale.
- Marc Leben (Jinka)
Exactement, exactement. C'est le nom qui te drive. Qui t'oblige, en fait, le fait d'avoir un nom de domaine t'oblige. En fait, c'est ça qui est difficile quand on est entrepreneur. C'est qu'on est son propre boss. Donc, il faut une force extérieure qui soit moteur, qui te pousse à te dépasser constamment.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Elle vient d'où cette force ?
- Marc Leben (Jinka)
Alors, c'est toujours une nécessité, je pense, entre le stress. Moi, j'ai une obsession par le temps. Dans le sens où je me dis que la vie est finie, notre temps est limité, et donc j'ai peut-être une peur irrationnelle ou rationnelle de perdre mon temps. et donc de perdre mes meilleures années et donc me dire mais il faut que je fasse des choses tant que je suis capable de le faire. Voilà, et que j'ai envie de tout donner pour ne pas regretter et parce que ça m'amuse aussi. Voilà, c'est un besoin de pouvoir apprendre, de pouvoir dire en fait, je savais qu'en tant qu'ingénieur, j'avais des capacités ou j'ai développé des capacités pour la partie, on va dire, développement, algorithme, intelligence artificielle peut-être. Mais en tant qu'entrepreneur, il y avait des côtés plutôt business, des choses auxquelles j'étais complètement ignorant. Je ne savais rien. On me disait, en tant que développeur, pour créer une entreprise, c'est compliqué. Donc, peut-être un côté défi pour me dire, j'ai envie d'apprendre. Parce qu'avec Internet, on avait l'habitude d'apprendre à développer. Et donc, j'avais la confiance en moi qui était de me dire, si je lis des choses, je peux apprendre. Je suis... Pas extrêmement rapide pour apprendre, mais j'apprends progressivement. Et je savais que j'avais la capacité de continuer. Et qu'avec mes erreurs, je pouvais quand même continuer sans me décourager.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Mais c'est aussi la capacité à y croire et à se sentir légitime, même s'il y a des failles ou des doutes à surmonter.
- Marc Leben (Jinka)
Oui, tout à fait. En fait, la confiance, pour moi, être entrepreneur, c'est à la fois avoir l'humilité extrêmement importante. de reconnaître qu'on se trompe, parce que c'est extrêmement dur de se dire que ça ne marche pas. Quand on fait n'importe quel travail, un salarié, vous rencontrez personne, c'est assez rare de dire aux gens « j'ai 0 sur 20, tout ce que je fais ne marche pas » . Alors que quand on s'en prend, c'est classique. En général, on commence quelque chose et rien ne marche, rien ne fonctionne. Et donc l'erreur, c'est de se voiler la face jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Et donc il faut progresser là-dessus. Mais en même temps, il faut avoir la confiance qu'avec le travail, on puisse progresser. Et moi, j'avais cette confiance, de par mon passé, qu'avec le travail, j'étais en capacité d'apprendre. De me dire, ça va être difficile, mais je vais pouvoir y arriver si je travaille beaucoup, avec les efforts. Et si j'apprends à écouter.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Alors, on en était à l'ou et à gil.
- Marc Leben (Jinka)
C'est ça.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Comment on passe de l'ou et à gil ? Donc, arrive le moment où les choses sont lancées.
- Marc Leben (Jinka)
C'est ça.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et puis, cette fameuse étape où finalement, on revient sur le nom.
- Marc Leben (Jinka)
Exactement. Donc, entre 2016 et 2020, il s'est passé un développement d'un premier prototype, une levée de fonds, une recherche un peu de business model. Ce n'était pas évident. Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas un businessman à la base. Et donc, en 2020, au moment du Covid, peut-être un déclic, il faut pouvoir passer à la vitesse supérieure, ne pas faire que la location. mais aussi faire de l'achat, parce que les acheteurs aussi, c'est important. Et donc, c'est à ce moment-là qu'on décide de lancer une application mobile, de changer de nom. On s'est dit, acheter Agile, c'est quand même pas très joli. À l'époque,
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
il y avait un jeu qui s'appelait Lapin Agile, non ?
- Marc Leben (Jinka)
C'est possible, c'est possible. Voilà, ça faisait un peu le jeu. Et donc, en 2020, on lance l'application Jinka, qui veut dire maison en japonais.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Une passion pour le Japon ?
- Marc Leben (Jinka)
Un peu comme tout enfant des années 80. Ça, c'est sûr. Voilà.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Donc 2020, Ginka, le baptême.
- Marc Leben (Jinka)
Exactement, le baptême. Et 2021, le lancement de notre offre Ginka Pro auprès des agences immobilières pour, un peu comme Google, essayer de pouvoir les aider à être mieux référencés sur notre application mobile.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Mais quand même, vous arrivez sur un marché où il y a des portails géants, des mastodontes qui sont installés là depuis un paquet d'années. Ça ne vous fait pas peur ?
- Marc Leben (Jinka)
Non, je ne me pose pas les questions. En fait, moi, la seule question que je me pose, c'est de savoir est-ce que je suis capable d'apporter une expérience d'utilisateur différenciante. En gros, je ne me préoccupe pas forcément des autres, je me concentre encore sur mes utilisateurs, qu'est-ce qu'ils pensent de notre service, est-ce qu'ils sont contents, est-ce qu'ils sont satisfaits. Et donc, tant que je vois qu'ils sont contents, et tant que j'écoute ceux qui ne sont pas contents pour améliorer les services, j'ai confiance, parce que je sais que j'ai des leviers de progression. Je sais où sont mes failles, je sais comment améliorer les services. Et donc, c'est ça qui me donne confiance. C'est comme une course à pied. Il y en a qui sont... C'est pas parce qu'on ne va pas gagner la course qu'on ne peut pas y participer. Donc, je me dis, j'ai le droit de participer à cette course. J'ai un produit qui plaît à ses utilisateurs, un nombre croissant. Donc, on est passé de, juste moi, en 2020, à quelques dizaines de milliers par jour. Donc, pourquoi pas continuer sa chance ?
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Est-ce que vous êtes fier de votre parcours aujourd'hui ?
- Marc Leben (Jinka)
Je ne sais pas. Je ne me pose pas la question. Je me pose... Parce qu'encore une fois, être fier, c'est... C'est se référer au passé. Moi je suis quelqu'un qui fonctionne énormément par... En fait j'ai une passion pour l'avenir. Je pense que c'est ça en fait, mon côté entrepreneur, c'est que je suis passionné par le futur. Donc moi je suis content, en tout cas je n'ai pas de regrets sur ce que j'ai fait, donc en ce sens-là je suis fier, mais je n'ai pas envie de m'arrêter. Moi j'ai envie toujours de continuer à penser au futur, à croire à ce que je peux encore m'améliorer, et c'est ça un peu qui me motive, qui m'anime, c'est comment inventer, comme on dit, il y a une citation assez célèbre sur le futur, c'est Pour prévoir le futur, le plus simple, c'est de l'inventer.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Qu'est-ce que vous inventez en ce moment ? Vos prochaines inventions ?
- Marc Leben (Jinka)
En ce moment, en plus, c'est une période qui est complètement incroyable. Ce qu'on est en train de vivre. Moi, je pense que cette période de 2026, certains l'appellent, certains s'expèrent, l'appellent l'année de la divergence. L'année des divergences, puisque grâce à l'intelligence artificielle, il y a des progrès. qui sont extrêmement forts, qui me rappellent un peu, moi, je vous avais parlé du mobile, qui était aussi une de mes passions, et il y avait vraiment, si je reprends 2010, un boom du mobile et une explosion des applications autour du mobile. On a vu la naissance d'Airbnb, d'Uber, toutes les applications qui sont nées grâce au mobile. Et là, aujourd'hui, en 2026, c'est, je pense, la même chose avec l'IA, qui a fait des progrès spectaculaires ces derniers mois. Pour vous donner un titre d'exemple, en 2000... Cet été, nous on estimait, chez Génica en tout cas, que les agents d'IA nous aidaient un peu comme des très bons, des super stagiaires pour nous aider à bien coder. Mais il y a deux mois ou trois mois, on est passé de, je caricature un peu volontairement, de super stagiaire à senior développeur. Ce qui change énormément la donne, énormément la donne. Donc ça nous oblige tous à repenser notre métier, tout le monde, pour nous imaginer. Comment on va faire dix fois plus ? Donc les applications qu'on va connaître d'ici un an, d'ici deux ans, ne vont absolument rien avoir avec ce qu'on a connu. On va avoir une transformation digitale des services auprès des particuliers, auprès des consommateurs, qui seront à mon sens hyper personnalisés, qui vont être complètement transformés. Et je pense que 2026, je fais un pari, sera l'année perçue comme la meilleure année pour commencer un projet entrepreneurial. de l'histoire de l'humanité.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Meilleure année pour démarrer un projet entrepreneurial.
- Marc Leben (Jinka)
Exactement.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et c'est vous qui le dites. Qu'est-ce qu'il faut éviter comme écueil ?
- Marc Leben (Jinka)
Comme écueil, ce qu'il faut, je pense, éviter, c'est de penser que l'humain n'a pas sa place, je pense. L'humain a beaucoup sa place. Il faut comprendre, en fait, la complémentarité entre l'ingéniosité artificielle et l'humain. Donc, nous, en tant qu'humains, on... On arrive à généraliser beaucoup plus rapidement, on arrive à trouver des patterns avec peu d'exemples. On connaît bien les autres humains, on aime bien les autres humains. Et tout ce qui est, on va dire, processer de longs textes, faire des choses plus analytics, aujourd'hui, il faut se baser sur l'intelligence artificielle pour nous aider à faire du travail plus sûr, plus sécurisé et plus rapidement. Et donc, il faut, je pense, comprendre l'intelligence artificielle, à la fois pour comprendre l'intelligence et pour comprendre l'espécificité humaine. pour justement pouvoir s'adapter et faire toujours apporter plus de valeur aux consommateurs, tout simplement.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
C'est une course contre le temps aussi, l'IA ?
- Marc Leben (Jinka)
Absolument, c'est une course contre le temps et c'est quelque chose qui s'accélère. Et donc c'est pour ça que c'est passionnant. Quand on est passionné par le futur, on ne peut être que passionné par ce qui nous arrive. Il y avait des personnes qui parlaient déjà en 2005 de ce qu'on appelle la singularité. selon cette personne-là, arriver en 2029. Dans ce qu'il aurait été, c'est quand l'intelligence artificielle est capable de s'améliorer elle-même, et donc ça fait que le progrès s'accélère encore plus, parce que si on a un IA qui peut s'améliorer elle-même, créer une nouvelle IA encore plus performante, et ainsi de suite...
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
À quoi on sert ? Alors à quoi sert l'humain ?
- Marc Leben (Jinka)
L'humain a toujours besoin... Il faut qu'on le trouve. C'est pas... C'est à inventer aussi. Exactement. Il ne faut pas qu'on rentre dans la facilité en disant que l'humain ne sert à rien ou que l'humain sert à tout. Il faut accepter la réalité. Et je pense que l'IA doit nous pousser non pas à être de plus en plus flémards, mais à apprendre encore plus, à être plus intelligents, à avoir plus de savoir, à nous améliorer. Donc, il n'y a pas de réponse toute faite. Le futur est à écrire. Et donc, il faut qu'on puisse travailler encore plus pour s'améliorer, pour trouver notre place. Et donc c'est à la fois stressant, je comprends, mais aussi extrêmement excitant. Parce qu'aujourd'hui, on est bien malin, celui qui peut anticiper ce qui va nous arriver dans les prochaines années.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Pour revenir sur Ginka, est-ce que le parcours s'est passé exactement comme... Alors, vous ne l'aviez pas vraiment anticipé, mais si c'était à refaire, est-ce que vous referiez la même chose ?
- Marc Leben (Jinka)
Forcément, avec le passé, je pense que... Le seul regret que j'ai, c'est toujours pareil, il faut toujours aller plus vite. Voilà, c'est toujours le focus. Mais je pense qu'avec les données qu'on avait, et notamment... Quand on est entrepreneur qui ont connu le Covid, c'est jamais facile. Donc je pense que Ginka, en tout cas, à l'heure actuelle, on parlait de fierté. Et bien moi, aujourd'hui, je suis fier en tout cas de ce qu'est Ginka, puisqu'on a réussi quand même à faire en sorte qu'il y ait 4 millions d'utilisateurs qui l'utilisent. Quand je me rappelle, quand j'ai mis en ligne le 13 septembre, je me souviens, c'est le 13 septembre 2016, la première version de l'Ouagile à l'époque, où j'étais le premier utilisateur donc. et qu'aujourd'hui on est 4 millions à utiliser l'application, quand je prends un peu de recul, c'est quand même un beau parcours. Et je pense qu'on peut facilement arriver à doubler ce chiffre d'ici quelques années pour pouvoir progresser, continuer l'aventure. Et si je rebouclais le passé, il n'y a pas grand-chose que je changerais en tout cas.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Et si vous aviez une chose à dire à quelqu'un qui hésite encore à se lancer aujourd'hui ?
- Marc Leben (Jinka)
Il ne faut pas se poser de questions. 2026 c'est la meilleure année possible pour créer son projet parce que l'intérêt artificiel est un handicap pour les grosses structures parce que plus la structure est grosse plus il y a de difficultés à s'adapter aux nouvelles technologies alors que quand on démarre un nouveau projet on n'a pas d'historique on n'a pas de dette technique de dette autre et donc c'est vraiment le meilleur moment pour relancer son projet dans quel que soit le domaine Il faut bien réfléchir, bien entendu. Il faut poser des questions aussi. Donc, c'est le meilleur moment pour se lancer.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Dernière question. Votre petite sœur, elle a d'autres projets sur lesquels vous allez pouvoir l'aider ?
- Marc Leben (Jinka)
Elle va bientôt avoir un bébé.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Donc, ça ouvre d'autres perspectives. Merci.
- Marc Leben (Jinka)
Merci, Ariane.
- Ariane Artinian (MySweetImmo)
Quant à nous, on se retrouve très vite pour un nouvel épisode de mon podcast IMO. Écoutez tous les jours sur MySuite IMO et sur toutes les plateformes. Surtout, si cet épisode vous a plu, vous likez, vous partagez, vous commentez. Évidemment, vous vous abonnez et surtout, vous nous laissez des étoiles. N'oubliez pas, on adore les 5 étoiles chez My Sweet Timo.
- Marc Leben (Jinka)
Mon podcast Timo.