- Laurent Demeure
Mon podcast IMO.
- Ariane Artinian
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artignan, journaliste, fondatrice de MySuite IMO, le média qui fait du bien, qui crée du lien et qui parle IMMO sans blabla. Aujourd'hui, on s'intéresse aux conséquences de la guerre en Iran sur le marché immobilier et on en parle avec Laurent Demeure. président de Coldwell Banker France Europa Realty. Bonjour.
- Laurent Demeure
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Laurent, quelles peuvent être concrètement les conséquences de ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient sur les marchés immobiliers ?
- Laurent Demeure
Alors forcément, je dirais, tous les événements géopolitiques ont une influence sur les marchés de l'immobilier. Là, pour la première fois, ce que l'on voit depuis vendredi, c'est des frappes au Moyen-Orient qui viennent toucher les Émirats, l'Arabie Saoudite, Oman et... C'est une grande nouveauté, surtout pour un marché, je vais insister principalement sur le marché des Emirates, de Dubaï essentiellement, ou d'Abu Dhabi, mais essentiellement de Dubaï, qui est tout d'un coup un marché qui est un marché immobilier qui est en pleine croissance, un marché immobilier qui fait 20% de croissance chaque année, qui a atteint 270 000 transactions l'année dernière, ce qui est à peu près 250 milliards de dollars, et qui tout d'un coup voit arriver des missiles et des drones qui sont obligés d'abattre. pour éviter que les bombardements. Forcément, ça va avoir un impact sur le marché de l'immobilier. Et nous, en tant que collègue vainqueur, on a des bureaux à Dubaï, on a des bureaux en Arabie saoudite, et on commence à avoir depuis dimanche des échanges avec nos bureaux, aussi avec des clients, avec des family offices, des banques privées, avec un certain nombre de clients qui commencent à se poser la question est-ce que finalement je n'ai pas intérêt à rapatrier une partie de ma fortune et racheter de l'immobilier en Europe, qui est une zone... Sans vouloir paraphraser notre président, qui est une zone prédictible, qui est une zone peut-être qui va lentement, mais qui est une zone sûre, qui permet de conserver son patrimoine. Et c'est des vraies questions que se posent déjà un certain nombre de familles d'investisseurs aujourd'hui.
- Ariane Artinian
Donc en fait, vous êtes en train de dire que les marchés européens redeviennent des valeurs refuge.
- Laurent Demeure
Exactement. Les marchés de l'immobilier européen et principalement une ville comme Paris, qui est le leader de l'immobilier européen. C'est avant tout de l'immobilier refuge. Détenir un actif immobilier à Paris, c'est un investissement de moyen long terme, c'est un investissement qui est sûr, c'est un investissement qui a une demande à la fois parisienne, à la fois nationale et à la fois, je dirais, européenne et mondiale. Donc forcément, vous avez un actif dont vous savez que vous pourrez toujours le revendre et qui aura toujours pris plus ou moins, je dirais, sur le moyen terme de la valeur. Aujourd'hui, l'immobilier parisien a eu une correction et on est en début d'un nouveau cycle de l'immobilier. Donc c'est aussi le bon moment. Il y a un alignement des planètes par rapport à des clients qui aujourd'hui ont fortement investi aux Emirates, notamment à Dubaï, où on a un immobilier qui a pris 20% de croissance l'année dernière et qui était proche de ce qu'on pouvait penser une bulle. Et très souvent, les bulles... Quand elles explosent, c'est suite à des événements extérieurs, jamais par rapport à des événements intérieurs. Donc là, on a un choc extérieur qui arrive et ce choc risque d'entraîner une chute de l'immobilier de Dubaï, une forte correction ou alors au moins une forte correction.
- Ariane Artinian
Et vous, vous vous attendez à faire plus de business en France avec ces particuliers, ces investisseurs qui sont dans les Émirats et à Dubaï ? et qui vont se replier notamment à Paris.
- Laurent Demeure
Oui, parce qu'en fait, beaucoup sont des Européens à l'origine, qui viennent, premier réflexe, c'est évidemment de revenir sur l'Europe. Puis aujourd'hui, si vous regardez la planète, les Émirats étaient vus comme un endroit safe, un endroit où on pouvait mettre ses actifs, qui étaient à l'abri un peu de tout. Et tout d'un coup, on découvre que ce n'est pas forcément le cas. Et quand on regarde la carte du monde, les endroits où... On a quand même de la sécurité, ça reste la vieille Europe. Et donc c'est un marché qui est un marché de sécurité pour ces investisseurs qui vont quand même conserver quoi qu'il arrive un lien avec l'Europe.
- Ariane Artinian
Alors ça c'est le premier impact. Deuxième impact sur l'immobilier, ça passe sans doute par un renchérissement des matières premières, un redémarrage de l'inflation. Comment vous analysez tout ça ?
- Laurent Demeure
Alors effectivement il y a deux scénarios aujourd'hui, enfin deux scénarii. Soit c'est une crise rapide, je dirais un cessez-le-feu, et donc on aura une légère hausse des matières premières, du pétrole. Mais l'économie, je dirais, sera résiliente. Soit ça s'enfonce un peu sur la durée, ce conflit, et là, inflation, le coût des matières premières qui va monter fortement, inflation sur tout le Middle East, et vraisemblablement une entrée en récession de cette zone. Et donc un impact sur la croissance mondiale.
- Ariane Artinian
Et possiblement une remontée des taux de la BCE.
- Laurent Demeure
Alors, est-ce que cette inflation va être importée ? Oui. Si sur les matières premières, oui, sur le pétrole, effectivement, ça peut être une inflation qui va être... Si les cours du pétrole remontent, peut-être que la BCE sera obligée de remonter les taux pour corriger et éviter une reprise de l'inflation en zone euro, effectivement.
- Ariane Artinian
Ça vous inquiète, tout ça ?
- Laurent Demeure
Est-ce que ça m'inquiète ? Je vous dirais que depuis le Covid, on est habitué à gérer des événements qui bougent assez rapidement. On est résilient au niveau de Colobanker. d'avoir un réseau mondial qui nous permet d'avoir un pool de clients et de pouvoir un peu répartir nos flux de clients mais c'est jamais très agréable quand de savoir qu'on est dans un monde instable pourquoi parce que les décisions d'investissement elles se prennent dans des la stabilité et beaucoup de clients recherchent la stabilité on voit bien actuellement les familles du midi le lycée des personnes qui lui demandent pour acheter en suisse parce que la suisse est C'est vu comme un îlot de stabilité. C'est simplement la législation en Suisse. À l'exception de la législation en Suisse, on ne peut pas acheter en Suisse de l'immobilier résidentiel si on n'est pas résident, sauf dans certaines stations de montagne, de resorts de montagne, ou alors sur Montreux, il y a des possibilités d'achat du résidentiel, même quand on n'est pas résident. C'est aussi pour ça qu'on a ouvert une agence à Montreux, justement pour accueillir nos clients.
- Ariane Artinian
Alors justement, qu'est-ce que vous aviez ? Et qu'est-ce que vous avez ou allez lancer comme projet de développement pour 2026 ?
- Laurent Demeure
Alors, on a toujours des projets de développement sur la France, bien évidemment. On veut accentuer notre présence française. On veut accentuer notamment la présence à la montagne. On voudrait, aujourd'hui, on est à Chamonix, mais on aimerait être sur un certain nombre d'autres stations montagnes. On est en train d'ouvrir une deuxième agence en Corse. Après la première qui est ouverte l'année dernière, on est en train d'ouvrir aujourd'hui Sobastia. Et puis, il y a un certain nombre de... Sur la côte atlantique, on souhaiterait remonter sur la Bretagne. Actuellement, on est en train de regarder fortement la Bretagne, qui est une zone sur laquelle nous n'étions pas présents. Et puis, je dirais, on voudrait revenir... On voudrait aller sur le nord de la France aussi, et l'île, et vraisemblablement l'Alsace. On voudrait avoir une couverture, je dirais, de l'ensemble du territoire sur la France. Et sur l'Europe... Sur la Belgique, aujourd'hui, on a ouvert la première implantation l'année dernière à Bruxelles Sud. Et on voudrait encore 3-4 implantations sur la Belgique. La Suisse, on voudrait être sur les stations de montagne principales et Genève, qui est pour l'instant un marché sur lequel nous étudions. Et enfin, dans les scoops...
- Ariane Artinian
Alors voilà, j'attendais le scoop.
- Laurent Demeure
Le scoop, ça va être l'ouverture de l'Allemagne. Le rivet de Kolonienker en Allemagne. Et c'est vraiment, je dirais pour nous, un gros marché, par la population, par le potentiel, et surtout le potentiel de synergie avec nos agences du sud de la France, parce que la clientèle allemande a une très forte synergie avec l'Espagne et le sud de la France. Et on ouvrira pour commencer sur Hambourg.
- Ariane Artinian
Et ça, c'est à l'horizon ?
- Laurent Demeure
C'est à l'horizon des... On est en mars, on aimerait bien si le timing est suivi, fin du mois, début avril en tout cas.
- Ariane Artinian
D'accord. Donc d'ici quelques semaines, Coldwell Banker s'implante en Allemagne.
- Laurent Demeure
Tout à fait. C'est un projet passionnant, parce que c'est le pays le plus important en termes de population de l'Union européenne.
- Ariane Artinian
Mais ils sont locataires, les Allemands, en grande majorité ?
- Laurent Demeure
Oui, ça dépend où en fait. On ne cherche pas à s'implanter particulièrement nous dans une ville comme Berlin, qui est une ville effectivement où presque tout le monde est locataire et beaucoup de logements sociaux. Mais les régions comme Hambourg, les régions comme Munich, il y a un fort marché quand même de l'immobilier là-bas, de luxe.
- Ariane Artinian
Alors pour en revenir au contexte, à ce qui se passe aujourd'hui en France, qu'est-ce que vous donnez comme conseil pour terminer l'interview ? aux acquéreurs, aux vendeurs ?
- Laurent Demeure
Je crois ne jamais oublier que la qualité de l'actif, la qualité de la localisation. C'est la sécurité dans son investissement. On a, nous, ouvert beaucoup de nouveaux territoires, c'est vrai, mais il ne faut jamais oublier que plus on a la qualité au niveau de la localisation du bien ou la qualité de la propriété, plus c'est de l'investissement moyen-long terme. Il ne faut jamais oublier que l'immobilier a des cycles, et que ce sont des cycles aussi, des cycles longs. Ça, c'est la première chose. Et qu'il faut prendre son temps et... Nos consultants sont là pour prendre le temps, écouter nos clients et les aider à faire le meilleur investissement immobilier possible. Le marché immobilier européen et principalement français a corrigé entre 2023 et 2025. On est au début d'un nouveau cycle. C'est vraiment le moment de se replacer. Pour les vendeurs, c'est aussi le moment parce que quand vous vous replacez sur un cycle, vous avez un projet de réachat derrière. Votre delta de réinvestissement finalement est plus faible quand vous êtes au début du cycle que quand vous êtes à la fin du cycle. Donc pour moi, 2026 est une vraie bonne année pour faire des arbitrages et être dans une stratégie agile sur l'immobilier.
- Ariane Artinian
Merci beaucoup Laurent Demeure, président de Coldwell Banker Europa Realty.
- Laurent Demeure
Merci Ariane.
- Ariane Artinian
Et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de mon podcast IMO à écouter tous les jours sur MySuite IMO et sur toutes les plateformes. Si cet épisode vous a plu, vous likez, vous partagez, vous commentez et vous nous laissez des étoiles. On adore les cinq étoiles chez My Sweet Emo.
- Laurent Demeure
Mon podcast Emo.