- Louis Marie Gillier
Mon podcast IMO.
- Baptiste Julien Blandet
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast Immo, le podcast qui parle Immo en clair et sans blabla. Je suis Baptiste Julien Blandet, journaliste à MySweetimmo. Et aujourd'hui, nous allons parler de transition énergétique. Nous allons parler de copropriété avec Louis-Marie Gillier, qui est le directeur du pôle Habitat Collectif Copropriété chez Hellio. Bonjour.
- Louis Marie Gillier
Bonjour.
- Baptiste Julien Blandet
Alors peut-être avant de parler de transition énergétique et de copropriétés, peut-être rappeler ce qu'est Elio ?
- Louis Marie Gillier
Alors Elio accompagne depuis 2008 notamment les copropriétés, mais pas que. On accompagne tous les consommateurs d'énergie dans la transition énergétique, dans la réduction de leurs dépenses énergétiques. Aujourd'hui on va concrètement être structuré autour de deux pôles. Un pôle dédié au logement avec l'habitat individuel, l'habitat collectif. et un pôle dédié aux collectivités, au secteur tertiaire et à l'industrie. Donc l'idée c'est vraiment d'accompagner tous les consommateurs d'énergie aujourd'hui en France.
- Baptiste Julien Blandet
Alors à l'occasion du salon de la copropriété qui se tient à Paris, porte de Versailles, vous avez révélé votre baromètre annuel sur les copropriétaires et les travaux de rénovation énergétique. Alors qu'est-ce qu'on doit retenir de ce baromètre ? Est-ce que la tendance c'est les copropriétaires ça y est ? Elles se sont mises en ordre de marche ou bien il y a encore des freins ?
- Louis Marie Gillier
Alors il y a plusieurs tendances. C'est la troisième édition du baromètre de la CoPro qu'on réalise chez Helio. Aujourd'hui on a interrogé du coup près de 700 personnes cet été. Et la tendance qui se dégage par rapport aux années précédentes, c'est que le contexte, l'instabilité du contexte politique et réglementaire influe beaucoup sur les décisions des ménages. Très concrètement, on se rend compte que les copropriétaires sont de plus en plus informés, ils sont de plus en plus au courant des éventuelles réglementations, mais aussi des subventions, des aides, des dispositifs.
- Baptiste Julien Blandet
C'est une bonne nouvelle ça !
- Louis Marie Gillier
Ça c'est une très bonne nouvelle. Néanmoins, on se rend compte qu'ils ont peur aujourd'hui, ils ont davantage d'appréhension de s'engager dans des processus de rénovation énergétique, et notamment sur la fameuse rénovation globale dont on reviendra peut-être, mais qui est... assez compliqué à mettre en œuvre aujourd'hui.
- Baptiste Julien Blandet
Alors oui, dans votre baromètre, vous mettez en avant que 24,7% des personnes qui ont répondu à votre étude dénoncent la complexité administrative. Là aussi, il y a un appel à une simplicité. Et vous aussi, peut-être que vous le constatez de votre côté que c'est compliqué.
- Louis Marie Gillier
Alors nous du coup, nos clients sont évidemment les copropriétaires, mais également les gestionnaires de copropriété, les syndics de copropriété. On se rend compte que les syndics sont des généralistes qui ont du mal parfois à suivre le rythme un peu effréné des pouvoirs publics sur les stop and go, la réglementation qui change année après année, parfois plusieurs fois dans l'année. Les copropriétaires y comprennent encore moins en général que les professionnels de l'immobilier. et aujourd'hui il demande En effet, plus de clarté, plus de visibilité, surtout sur le long terme, pour pouvoir s'engager dans des processus ambitieux de rénovation énergétique.
- Baptiste Julien Blandet
Et là, typiquement, l'exemple de la prène-rénov' qui s'arrête, change de coltère, six mois après, on rechange encore, parce que forcément, les décisions dans une copropriété, c'est à l'échelle annuelle, voire pluriannuelle.
- Louis Marie Gillier
Voir pluriannuel, aujourd'hui sur des rénovations globales, donc je rappelle très rapidement mes rénovations globales, c'est bouquet de travaux avec un gain énergétique supérieur à 35% et qui permet du coup de maximiser les aides financières. On est plutôt sur un temps très long, donc concrètement entre 5 et 8 ans en général, en moyenne, entre le moment où on commence à impulser le projet et le moment où on finalise le projet. Voilà, donc c'est plusieurs années de prise de décision. en assemblée générale avec les autres copropriétaires, choix des entreprises, recherche des subventions, mobilisation des aides, etc. Donc c'est en effet un temps très long et du coup il faut de la visibilité, il faut de la clarté, c'est ce qu'on appelle aujourd'hui de nos voeux chez Helio. Voilà donc on essaie de faire le pont entre les copropriétaires qui sont finalement nos clients finaux et le pouvoir public en place qui prend ses décisions.
- Baptiste Julien Blandet
Alors je le disais tout à l'heure, pendant longtemps les copropriétaires étaient considérés comme faisant un déni de réalité par rapport aux travaux énergétiques. Maintenant on voit qu'il y a quand même, et votre étude le confirme, 57,6% des copropriétaires connaissent leurs obligations sur le diagnostic. On a plus de 30 à 40% des sondés qui estiment que les... La part de l'énergie représente 20 à 40% de leur charge, donc il y a une prise de conscience qui est réelle. Là, on a vu les difficultés qu'ils avaient à passer de la prise de conscience à la mise en œuvre. Mais aujourd'hui, est-ce que les copropriétaires qui avaient des difficultés à trouver des financements, à faire voter éventuellement, est-ce que les copropriétaires qui ne voulaient pas du tout dépenser, est-ce qu'on a toujours ces blocs de la chaise, est-ce que votre baromètre met en avant une amélioration ? des actes et que tout le monde s'y met, contraire c'est forcé.
- Louis Marie Gillier
La plupart des copropriétaires connaissent ces chiffres-là. Je rajoute un chiffre qui pour moi est l'un des plus importants. Il y a 96% qui connaissent les obligations d'interdiction de location des passoires thermiques. Je rappelle qu'en 2025, tous les appartements classés G sont interdits. à la location, en tout cas au renouvellement des bails locatifs, des baux locatifs pardon, et donc pour cette raison il faut engager des travaux de rénovation, soit au niveau individuel, soit au niveau collectif. Et oui, vous avez raison de le dire, les copropriétaires sont de plus en plus au courant et ont de plus en plus cette envie et ce besoin de réaliser des travaux de rénovation énergétique. On l'a vu également dans l'enquête, on va peut-être revenir dessus, mais il y a plusieurs motivations à cela, et notamment les contraintes liées à la loi climat et résilience, notamment les interdictions de location, les obligations, vous l'avez dit, de réaliser un projet de plan pluriannuel de travaux pour les copropriétés de plus de 15 ans. Voilà, ça permet d'initier un peu la transition énergétique au sein des copropriétés.
- Baptiste Julien Blandet
Justement, oui, on peut l'évoquer ça dans le détail. Qu'est-ce qui motive ? Au-delà de faire les travaux, parce qu'il y a... Les travaux pour la prise de conscience collective, mais il y a aussi l'intérêt économique qu'on a personnellement ou juridique, parce qu'il y a une perspective de revenus qui peut-être disparaît du jour au lendemain.
- Louis Marie Gillier
Alors l'intérêt individuel en effet de tout un chacun à réaliser des travaux de rénovation énergétique au sein de sa copropriété, il y en a trois qui sont revenus en force et qui reviennent année après année dans des proportions parfois, enfin souvent assez similaires. La première, c'est la valorisation du bien, la valorisation du patrimoine. Demain, si vous voulez acheter un appartement dans un immeuble rénové et avec une bonne lettre énergétique, évidemment, votre bien, votre appartement, coûtera davantage d'argent que si jamais il est dans un immeuble délabré. La deuxième motivation, c'est évidemment le retour sur investissement. Donc on insiste beaucoup là-dessus chez Helio évidemment, mais c'est le fait de réaliser des économies d'énergie. Aujourd'hui, l'énergie coûte de plus en plus cher, le gaz, l'électricité. L'idée, c'est de mieux rénover, de mieux s'isoler pour pouvoir consommer moins et donc du coup dépenser moins dans l'énergie de tous les jours, le chauffage, l'eau chaude, etc. Et puis la troisième, évidemment, on se rend compte que derrière, il y a toute une partie de valeur verte. où on va vouloir valoriser également les biens qu'on possède avec une lettre énergétique qui nous permette de le mettre en location de manière légale.
- Baptiste Julien Blandet
Vous disiez tout à l'heure qu'il y a cet enjeu de retour sur investissement et pourtant votre étude met en avant qu'il n'y a que 35,5% de l'économie. des personnes qui se disent prêtes à consacrer entre 1000 à 5000 euros pour la rénovation énergétique. Donc c'est à la fois un gros budget et pas non plus un énorme budget. On peut trouver quand même facilement un financement bancaire pour ça. C'est quand même des petits montants pour un enjeu aussi grand.
- Louis Marie Gillier
C'est ça qui est compliqué aujourd'hui. C'est que les gens connaissent et s'informent de plus en plus sur les réglementations et sur la transition énergétique de manière très globale. Pas que au niveau du logement. Aujourd'hui, tout le monde sait ce qu'est une lettre énergétique. Ce n'était pas le cas il y a 5 ans et encore moins il y a 10 ans. Les copropriétaires veulent initier, veulent s'engager dans les travaux de rénovation énergétique, mais n'ont pas forcément les moyens. Les subventions ont tendance plutôt à diminuer, sont revues à la baisse année après année. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a une difficulté de mobiliser, notamment au niveau collectif sur de la copropriété, la majorité des copropriétaires. Et inutile de dire que dans une copropriété, vous avez le jeune couple qui vient d'acheter, la personne retraitée qui y vit depuis 60 ans, le propriétaire bailleur, et qu'il y a plein de profils différents qui font qu'il faut trouver un consensus. Et qu'avec des montants assez élevés en général, qui en effet dépassent les 5000 euros par appartement, c'est compliqué de mobiliser la majorité de la copropriété.
- Baptiste Julien Blandet
Alors ce baromètre est très intéressant parce que ça montre toutes les opportunités, tous les leviers sur lesquels toutes les entreprises... qui travaillent dans l'immobilier sur ces sujets-là peuvent venir contribuer. Vous, pour Helio, ça vous inspire quoi cette étude ? Qu'est-ce que vous avez envie de faire que vous ne feriez pas encore ?
- Louis Marie Gillier
Alors déjà, continuer à évangéliser sur la rénovation énergétique, c'est un peu notre B.A.B.A. C'est ce qu'on fait depuis une quinzaine d'années et c'est de le faire d'autant plus, notamment auprès des pouvoirs publics. Ça, c'est quelque chose qui est assez récent et on travaille de plus en plus main dans la main avec des députés, des sénateurs, des sénatrices. et de manière générale la place publique qui va nous aider à mettre en place et à nous aider dans ce développement et dans cette transition énergétique. Et la deuxième chose qu'on voit aujourd'hui c'est continuer à simplifier, à clarifier, à donner de la visibilité sur tous ces dispositifs. Comment on peut faire ça ? De manière assez simple, en accompagnant les copropriétaires, les copropriétaires, les professionnels de l'immobilier, donc les syndic je l'ai dit mais aussi les entreprises de travaux, les bureaux d'études, les AMO.
- Baptiste Julien Blandet
C'est un peu une vigie, une veille. Et quand ils ont un questionnement, vous les rassurez, vous leur donnez le cadre, vous leur dites les champs des possibles et ce que peut entraîner une décision dans un sens ou dans un autre.
- Louis Marie Gillier
Exactement. Et on a passé beaucoup de temps ces dernières années à informer, notamment les syndicats de copropriété. Aujourd'hui, on va un peu plus loin en essayant de les former sur ces métiers-là. C'est des métiers souvent très techniques. avec des évolutions réglementaires, je l'ai dit, qui évoluent très vite et donc du coup, qui sont difficiles à suivre. Aujourd'hui, on aime bien dire que le gestionnaire de copropriété, c'est le médecin généraliste qui connaît un peu tout. Et nous, on est là pour l'aider à ce qu'il comprenne de manière la plus simple possible, la plus claire possible et la plus actualisée possible tous les enjeux de la rénovation énergétique.
- Baptiste Julien Blandet
Merci beaucoup, Louis-Marie Gillier, d'être venu nous présenter cette étude, ce baromètre. Je vous rappelle que vous êtes directeur du pôle Habitat Collectif et copropriété chez Hellio. Quant à nous, on se retrouve très vite pour un nouvel épisode de mon podcast IMMO. Écoutez tous les jours sur MySweetImmo et sur toutes les plateformes. Si cet épisode vous a plu, likez, commentez, partagez, parlez-en autour de vous. Et bien sûr, n'hésitez pas à nous laisser des étoiles. On adore les 5 étoiles chez MySweetImmo.
- Louis Marie Gillier
Mon podcast IMMO.