- Sébastien Kuperfis
Mon podcast IMO.
- Ariane Artinian
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinian, journaliste fondatrice de MySweetImmo Et aujourd'hui, je vous propose un focus sur le marché du haut de gamme à Paris et sur les ambitions du groupe Juno. Et pour en parler, je suis avec Sébastien Kuperfis. Bonjour.
- Sébastien Kuperfis
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Sébastien, vous êtes... Président de Junot, on dit quoi ? Maison Junot, groupe Junot, c'est une maison de famille ?
- Sébastien Kuperfis
C'est une maison de famille et c'est une maison artisanale qui fait de la qualité. Donc c'est vrai qu'on n'a pas l'impression d'usurper le terme de maison qui est un peu galvaudé. On est une maison.
- Ariane Artinian
Alors ce marché du luxe à Paris, il est très encombré, très convoité. Quelles sont les spécificités de Juno ? Comment vous vous positionnez ?
- Sébastien Kuperfis
Alors d'abord Junot, comme on dit, c'est une maison familiale qui existe depuis 1984, qui historiquement était à Montmartre, et qui par son ADN a toujours été en contact avec des très jolis biens, avec des choses luxueuses, mais en même temps pas inaccessibles, pas ostentatoires, et avec une certaine forme de raffinement, parce qu'on a toujours eu des ateliers d'artistes, on a beaucoup travaillé avec des gens dans le milieu de l'art et du milieu de la culture. et donc on a cet adn assez fort par ailleurs moi je viens d'une formation financière, ma mère vient plutôt de l'industrie. Donc on a aussi un ADN sérieux de structure d'entreprise. Et donc on a toujours fonctionné en étant à la fois sérieux sur des très beaux biens et on a aussi une caractéristique, c'est que nos collaborateurs à Paris sont tous salariés, ce qui est un peu une exception dans le milieu de l'immobilier où il y a beaucoup d'indépendants. Et donc ce qui permet d'avoir des équipes vraiment soudées qui travaillent ensemble au service de nos clients.
- Ariane Artinian
Vous, vous avez fait vos armes à Londres et vous avez repris les rênes de l'entreprise familiale.
- Sébastien Kuperfis
Tout à fait. C'était une petite agence à Montmartre. J'ai travaillé dans l'immobilier à Londres, mais je savais déjà que je voulais développer Juno en France. Et je me disais qu'on pouvait faire peut-être un petit peu mieux et apporter un service de meilleure qualité. Et donc, en effet, j'ai développé à partir de 2007. Et mon épouse, qui est directrice du marketing et de la communication, m'a rejoint. en 2009. Donc ça commence à être une belle histoire.
- Ariane Artinian
Et l'ADN familial se perpétue. Tout à fait. Revenons-en à la situation du marché sur 2025. Comment ça s'est passé ?
- Sébastien Kuperfis
Alors, je n'ose pas trop le dire parce qu'on est dans un contexte qui n'est pas forcément très positif. Nous, on fait plus 56% de chiffre d'affaires en 2025 par rapport à 2024, partant d'une année 2024 qui avait été à peu près stable. Donc on fait une super année 2025 et on en parlera peut-être après, mais on est déjà parti pour faire mieux en 2026. Donc plusieurs raisons à ça. D'abord, un marché, en particulier à Paris, qui est quand même bien reparti grâce à la baisse des taux d'intérêt d'une part et d'autre part la baisse des prix. Parce qu'entre le pic de 2022 et la moyenne de 2025, il y a 12% de baisse de prix constatée chez Juno dans ce qu'on a vendu. Donc on a retrouvé des marges de manœuvre. Et par ailleurs, Paris est un marché de résidence principal avec des gens qui ont des projets, qui les ont un peu ralentis en 2023-2024 parce qu'il y avait des tensions géopolitiques, parce que la situation politique française est un peu compliquée. Mais finalement, c'est des projets qu'on finit par faire. Et donc on voit bien qu'une fois que le prix est un peu ajusté et que les taux d'intérêt sont raisonnables et stabilisés, c'est des marchés qui sont très fluides, qui fonctionnent bien. Et donc, on vend en ce moment des très beaux biens, encore en 48 heures, en quelques jours, ce qui n'était plus forcément le cas en 2023-2024.
- Ariane Artinian
Ce qui veut dire que les Français se sont habitués aux mauvaises nouvelles, parce que politiquement, le contexte n'est pas très bon, il y a eu la dissolution l'année dernière. Tout ça, ça n'a pas ralenti les ventes ?
- Sébastien Kuperfis
Non, pas du tout. Alors, je dis, les Français sont mitridatisés, c'est-à-dire que... Ils ont pris un peu de poison tous les jours depuis plusieurs années. Et donc maintenant, en fait, ils sont habitués. Et non seulement ça, mais en plus de ça, les étrangers, parce que nous, vu de France, on a l'impression que les choses ne vont pas. Mais vu de Hong Kong, je peux vous dire que vous vous dites que la France et Paris, c'est une safe place. Vu de New York, avec ce qui se passe là-bas, vous avez beaucoup d'Américains qui achètent aujourd'hui des résidences secondaires à Paris. Parce qu'ils se disent qu'ils ont envie d'avoir un pied-à-terre en dehors des US. Tout ça fait qu'en réalité, on reste la France, et Paris en particulier, une espèce de safe place, une espèce de coffre-fort, avec une architecture qui est extraordinaire. avec pas de construction. Et donc, on a quand même des étoiles qui sont plutôt bien alignées en dépit de tout.
- Ariane Artinian
Donc, qui est-ce qui anime ce marché aujourd'hui ?
- Sébastien Kuperfis
Aujourd'hui, on a un peu tout le monde. On a eu en 2025 beaucoup plus de Français que les années précédentes, notamment pour des questions de rapidité, parce que les beaux biens ont été vendus vite et donc ils ont été achetés plus par des capitaines d'industrie ou de grandes entreprises françaises que par des étrangers qui parfois mettent plus de temps à arriver. Donc si on regarde nos ventes, on a une proportion de Français plus élevée cette année que les années précédentes. Et sinon, côté étranger, on a toujours les Américains qui, même s'ils ont perdu, je crois, autour de 15% de pouvoir d'achat à cause de la baisse du dollar, continuent, pour les raisons que j'ai évoquées, notamment politiques, à être attirés par la France. Les Asiatiques qui sont toujours un peu là et le Moyen-Orient qui, historiquement, s'intéresse toujours à la France.
- Ariane Artinian
Vous vous êtes implanté essentiellement à Paris, pour l'instant, et dans l'Ouest parisien.
- Sébastien Kuperfis
À Paris, l'Ouest parisien, on est à Lille et on est aussi en Belgique avec une très belle société belge qu'on a reprise il y a un peu plus d'un an, qui s'appelle Victoire Properties et qui est implantée depuis 30 ans. Et donc oui, on est aujourd'hui essentiellement à Paris. On a aussi une activité château et patrimoine qui, elle, avec une dizaine de personnes, qui est dans toute la France. Et on en parlera peut-être après, mais on a pour cette année 2026 et les années qui viennent... l'ambition de développer notre activité dans des zones complémentaires avec notre clientèle.
- Ariane Artinian
Avant d'en parler, j'aimerais que vous nous racontiez les plus belles transactions que vous avez réalisées récemment.
- Sébastien Kuperfis
Oui, alors, comme vous le savez, Ariane, je ne peux pas toujours m'exprimer sur ce qui s'est vendu. Je crois que le prix le plus élevé, c'est 44 000 euros du mètre carré pour un bien qui, par ailleurs, derrière, va devoir être rénové. aux Tuileries, C'est un appartement qui a été vendu avec des vues magnifiques sur le jardin des Tuileries, qui a été vendu à un couple d'étrangers qui cherchait un pied-à-terre. Ça s'est vendu 10 500 000 euros, 43 000 euros du mètre carré, et c'est entièrement à rénover. C'est-à-dire que c'est un bien qui va sortir travaux faits dans le standing de ce genre de biens à autour de 55 000 euros du mètre carré. Ça, c'est la vente record en prix au mètre carré à Paris cette année.
- Ariane Artinian
profil de l'acquéreur ? Même si vous ne pouvez pas tout nous raconter, j'ai compris.
- Sébastien Kuperfis
Non, mais là, on est vraiment dans le profil piétataire, fortune étrangère, qui a envie d'avoir un très bel endroit à Paris. Ce sont des gens qui sont collectionneurs d'art et qui ont trouvé un écrin formidable avec un bâtiment historique, avec une vue évidemment sur Paris et puis toutes les caractéristiques de l'ancien qui sont recherchées. Parce que les étrangers, en France et à Paris en particulier, recherche cette architecture ancienne. Il voulait acheter un bout d'histoire parisienne et française.
- Ariane Artinian
Une autre histoire qui nous ferait rêver ?
- Sébastien Kuperfis
J'en ai plein. Je ne sais pas laquelle choisir. Par exemple, on a vendu aux Invalides un appartement avec une vue Tour Eiffel extraordinaire. Vous avez la Tour Eiffel, le Dôme des Invalides, avec un balcon filant. Là, ça a été vendu à des Français pour leur résidence principale. On était à 9 250 000 euros, avec un petit peu de trois vaux à faire dans l'appartement.
- Ariane Artinian
Est-ce que vous constatez chez Junot des mises en vente de propriétaires parisiens qui veulent quitter la France ?
- Sébastien Kuperfis
Non, pas vraiment. Ce qu'on constate, parce qu'on parle beaucoup et on travaille beaucoup avec les banques privées, les private offices, les fiscalistes, donc ce qu'on constate c'est évidemment une réflexion de beaucoup de gens qui sont fortunés et qui sont entrepreneurs, et c'est souvent les deux ensemble. qui ont un certain nombre de craintes et qui n'apprécient pas trop l'instabilité politique et la fiscalité, l'ambiance générale, et qui travaillent sur des sujets, qui achètent éventuellement des résidences secondaires en Italie par exemple. C'est un pays qui est très en ce moment regardé et qui sont plutôt en mode préparation. Je dirais que c'est ça aujourd'hui. On n'a pas trop de sessions et de départs, mais on a beaucoup de gens qui se préparent.
- Ariane Artinian
Et vous, vous préparez 2026-2027. C'est quoi les perspectives ? Qu'est-ce que vous surveillez comme indicateurs ?
- Sébastien Kuperfis
Les indicateurs, c'est toujours les mêmes. Est-ce qu'on a un taux d'intérêt qui reste stable ? Parce qu'évidemment, même si dans nos clients, il y a beaucoup de gens qui n'empruntent pas, le taux d'intérêt est un influenceur de marché qui est énorme. Donc les taux d'intérêt, c'est absolument clé. Évidemment, on va quand même regarder un peu la politique. parce que s'il y a des signaux trop négatifs, ça peut impacter notre marché du luxe. Et voilà, et donc, je veux dire, on ne maîtrise pas. ce qui va se passer de ce point de vue-là. Mais la chance qu'on a en immobilier de luxe, c'est qu'on est à la fois impacté par une mauvaise conjoncture négativement, mais aussi positivement, parce qu'on est un peu comme l'or, on est un peu une valeur refuge. Et donc, il y a une espèce de balance entre « j'y vais pas parce que le contexte n'est pas bon » et « j'y vais parce que le contexte n'est pas bon » . Donc ça, c'est assez intéressant. Et sinon, pour Junot... Comme vous le savez Ariane, on représente maintenant la marque Forbes Global Properties en France et en Belgique, qui est une marque immobilière de luxe qui est implantée dans le monde entier, en particulier aux Etats-Unis. On a à peu près 20 000 confrères dans le monde entier qui sont Forbes, ce qui permet de donner une exposition assez extraordinaire à nos biens dans le monde entier. et partant de cette marque Juno très parisienne et de Forbes. On a un plan de développement assez ambitieux pour la France et une partie de l'Europe pour les années qui viennent. Donc toujours en travaillant avec des gens qui ont nos valeurs et en allant dans des endroits où c'est complémentaire avec nos 180 000 clients Juno. Bon,
- Ariane Artinian
alors là, je vois l'idée, mais concrètement, en France, vous avez envie d'aller où ?
- Sébastien Kuperfis
C'est très facile. En France, il y a les grandes villes. comme Lyon, Bordeaux, Marseille, qui sont des grandes villes plutôt de résidence principale. Et puis après, évidemment, nos clients vont dans des lieux de villégiature, comme le Cap-Ferret, comme Biarritz, comme certaines villes de la Côte d'Azur, et comme les Alpes. On va dire que c'est les lieux principaux. Après, comme je vous disais, on a aussi une activité nationale avec les châteaux. On s'intéresse beaucoup à la Bretagne. On est en train d'ouvrir quelque chose. dans les pays de la Loire. Donc tous les endroits où il y a une complémentarité avec nos clients parisiens et internationaux et où on peut apporter une valeur ajoutée. L'idée, c'est vraiment, si on n'apporte pas de valeur ajoutée, on ne le fait pas.
- Ariane Artinian
Comment vous allez vous y prendre pour développer le réseau ? Vous rachetez des enseignes, comme vous avez fait en Belgique ?
- Sébastien Kuperfis
Exactement. Alors c'est multifactoriel. Ce n'est pas factoriel, c'est soit on rachète. Soit on ouvre des licences, on propose des licences, on a une activité de licensing. Donc on propose le soutien assez fort parce qu'on a plus de 25 personnes au siège chez Judo qui sont dédiées aux équipes avec du soutien juridique, avec du soutien évidemment marketing très important. Donc on fait du licensing. Donc c'est un peu multi où c'est en propre. On peut aussi ouvrir des choses en propre.
- Ariane Artinian
À Paris, les agences ? Sont en propre ?
- Sébastien Kuperfis
Oui. Tout est 100% en propre, familial. Oui.
- Ariane Artinian
D'où les collaborateurs salariés.
- Sébastien Kuperfis
D'où les collaborateurs salariés qui, si vous regardez... Enfin je veux dire très factuellement, coûtent peut-être près pas loin de 30% plus cher que des agents indépendants à la société. Mais on a fait le choix de ça parce que... Et qui s'est avéré, je crois, payant parce que... Je donne un exemple toujours du Covid. Pendant le Covid, beaucoup d'agents immobiliers ont disparu dans la nature. Nous, c'est vrai qu'on est une vraie équipe avec des managers. Et donc, on a continué à travailler pendant le Covid en partie. Et par exemple, ça, ça nous a permis de faire un redémarrage assez extraordinaire parce qu'on a ce fonctionnement d'entreprise et pas d'agrégat d'indépendants.
- Ariane Artinian
Dernière question. Vous avez parlé de continuer à vous développer en Europe. On a vu que vous étiez en Belgique, qu'est-ce que vous avez comme territoire dans la tête ?
- Sébastien Kuperfis
Alors franchement aujourd'hui il n'y a rien de particulier mais on reste ouvert à d'autres opportunités qui pourraient, comme la Belgique, être intéressantes. Pourquoi est-ce qu'on est allé en Belgique ? C'est parce qu'on nous a proposé une marque connue, reconnue, avec un mindset familial, avec des gens de qualité. Sachant qu'en Belgique il y a quelque chose qu'on n'a pas en France, c'est qu'il faut deux ans d'études pour pouvoir être agent immobilier. donc il y a aussi une qualité de formation des équipes qui sont sur place et ils sont vraiment top. Pour le coup, autant pour la France, on a un plan de développement assez précis. Pour le reste de l'Europe, c'est beaucoup plus en fonction des gens qu'on pourrait rencontrer.
- Ariane Artinian
Merci beaucoup Sébastien Kuperfis. Je rappelle que vous êtes président du groupe Junot.
- Sébastien Kuperfis
Merci beaucoup Ariane.
- Ariane Artinian
Et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Mon Podcast Immo à écouter tous les jour sur MySweete Immo et sur toutes les plateformes. Surtout, vous vous abonnez, vous likez, vous commentez, vous nous posez des questions. Et évidemment, vous nous laissez des étoiles. On adore les 5 étoiles chez MySweetImmo.
- Sébastien Kuperfis
Mon podcast Imo.