- Séverine Amate
Mon podcast IMO.
- Ariane Artinian
Bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast IMO, votre rendez-vous avec l'immobilier. Je suis Ariane Artinian, fondatrice de My Sweet Immo. Et aujourd'hui, on va parler personal branding. S'exposer, prendre la parole, incarner une position, c'est souvent présenté comme une évidence. stratégique, mais ce n'est jamais anodin. Alors dans cet épisode, j'ai eu envie de prendre un peu de hauteur sur le sujet et de voir ce qui se joue quand on évoque, quand on parle visibilité, quand on choisit surtout d'assumer une posture publique. Alors pour en parler, je reçois Séverine Amate, fondatrice de l'agence de relations presse et publique Amate Réseaunance. Bonjour Séverine.
- Séverine Amate
Bonjour Ariane.
- Ariane Artinian
Séverine, vous accompagnez depuis des années des dirigeants, des entrepreneurs dans leur prise de parole médiatique. Séverine, vous incarnez vous-même votre marque. On peut dire que vous l'incarnez avec un style qui parfois décoiffe. En tout cas, vous l'incarnez pleinement. Alors, on va parler justement du regard des autres, des critiques, de la légitimité. Et puis, on va parler psychologie et personal branding. Donc... Dans les médias sur LinkedIn, Séverine, on vous voit beaucoup avec un style qui n'est pas toujours le plus traditionnel.
- Séverine Amate
Non, c'est vrai. J'ai mon style, ma signature. Mais ce n'est pas un choix récent, Ariane, ni opportuniste. Incarner, c'est mon parti pris depuis des années, déjà chez Seulogé. J'ai construit ce personal branding quand j'étais chez Seulogé parce qu'il s'est très vite imposé comme cohérent avec mon métier. Mon métier de porte-parole dans les médias, puisque j'ai commencé chez Seulogé par faire parler de la marque, et puis très vite, j'ai dû l'incarner. Donc en fait, dans les relations presse et publiques, aujourd'hui, dans le rôle que joue ma société, au quotidien, dans l'accompagnement que j'ai vis-à-vis de ces porte-parole, ces référents, j'accompagne ces dirigeants, ces fondateurs, à prendre la parole. et en fait Je ne peux pas demander aux autres, à ces dirigeants, à ces porte-parole, de prendre la parole sans être prêt à l'assumer moi-même. Donc en fait, m'exposer, porter un message, incarner en disant des choses concrètes, fondées, en commentant en fait, en apportant un éclairage sur le marché, eh bien en fait, c'est quelque chose que je dois faire avant de l'imposer, enfin tout du moins de le conseiller aux autres.
- Ariane Artinian
Mais ça, c'est aussi une nouvelle façon. d'exercer ce métier. Il y a quelques années, les attaches de presse, les RP, les conseils en com' n'incarnaient pas du tout leur marque.
- Séverine Amate
Non, c'est vrai, mais j'ai un double positionnement. C'est-à-dire que le fait d'être passé par un groupe comme SeLoger, le fait d'avoir fait parler les dix verticales de ce groupe, donc les dix segments du marché, j'ai très vite eu cette double posture, à la fois de... Créer des histoires, appuyer sur le data journalisme, et aussi de les incarner au nom du groupe Se loger.
- Ariane Artinian
Quand on fait ça, quand on fait un peu bouger les lignes sur les pratiques ancestrales de ces métiers de com, quand on devient visible, quand on est à la place de Séverine Hamat, ça suscite forcément des réactions.
- Séverine Amate
Oui, parce que quand vous incarnez, c'est jamais neutre en fait. Tant que vous êtes discret, ça ne dérange personne. Le jour où vous devenez identifiable, par un visage, par une voix, par une régularité aussi de prise de parole dans les médias, et sur tous les médias, que ce soit presse online, offline et à la fois télé et radio, vous commencez à occuper un espace. Et donc, cet espace devient observable, comparable, commentable. Donc ceux qui incarnent prennent des coups, et ceux qui observent de loin prennent des notes.
- Ariane Artinian
Et ceux qui font bouger les lignes prennent des coups. Mais ça c'est pas... que dans la communication.
- Séverine Amate
C'est un peu partout, mais c'est vrai que dès qu'on s'avance dans la lumière, dès qu'on prend l'initiative de parler, de se positionner, d'incarner, la critique arrive. Alors, elle ne porte pas souvent sur le fond. Elle porte souvent sur la posture. Le fait de prendre la parole, de se montrer, d'occuper un espace et une posture publique génère de la critique.
- Ariane Artinian
Comment vous le qualifiez, le style Séverine Amat ?
- Séverine Amate
Le style de Séverine Hamad, c'est un style qui est déjà assumé, qui est décalé mais en étant sérieux. On peut être décalé tout en disant des choses qui sont fondées, appuyées. Et moi, je ne me permets jamais de prendre la parole sur quelque chose qui n'est pas appuyé par des chiffres.
- Ariane Artinian
discours de la preuve donc oui j'étoffe ma prise de parole avec une posture un peu décalée mais c'est jamais sans sérieux et sans crédibilité et d'ailleurs vous faites souvent la différence c'est vrai d'entre ce qui se dit publiquement et ce qui se dit en off ce qui veut dire que tout ça c'est même cette prise de parole qui parfois peut avoir l'air un peu décalé ça reste parfaitement maîtrisé oui alors après c'est difficile voire impossible
- Séverine Amate
Rien d'intercepté, ce qui est dit en off, on le sait très bien. Et puis, ce que disent les gens en off, ce n'est pas forcément moteur. Moi, je fais un peu abstraction de tout ce qu'on dit, de tout ce qu'on peut penser sur moi et j'avance. Je suis là, dans un métier de conseil et d'accompagnement au service de mes clients, pour une visibilité qui est la leur dans les médias. Mais quelquefois, sans rien faire, le off vient à vous.
- Ariane Artinian
Par exemple, qu'est-ce qui peut se passer ?
- Séverine Amate
récemment, j'ai reçu par erreur un texto qui ne m'était pas destiné. Alors, ce texto, il s'appuyait sur plusieurs de mes posts LinkedIn. Capturé, entouré, commenté. Alors, ce qui est intéressant dans cet acte manqué, c'est pas l'erreur d'envoi, parce que l'acte manqué, en soi, ça arrive à tout le monde.
- Ariane Artinian
Et puis, ça veut dire quelque chose.
- Séverine Amate
C'est très intéressant et c'est très riche d'enseignements. Ce qui est intéressant, ici, dans cette situation atypique, je dirais... C'est le mécanisme que cet acte de manquer traduit. On est là typiquement dans de l'observation et dans de la comparaison. On n'est pas dans de la discussion directe avec moi. Si je n'avais pas reçu par erreur ce texto, je n'aurais jamais su ce que cette personne pensait de moi. Et en fait, le plus drôle, c'est que j'ai croisé cette personne à deux reprises quelques jours avant la réception de ce texto. Et que je ne pensais jamais qu'elle puisse avoir un avis aussi divergent sur ma personne.
- Ariane Artinian
On sait bien que quand on est dans la lumière, quand on est sur des métiers où on s'expose et on devient un peu public, forcément ça suscite des envies, des jalousies, des commentaires.
- Séverine Amate
Oui, et c'est légitime. C'est plutôt bon signe. Quand vous commencez à attirer la critique et à attirer les commentaires ou tout du moins les interrogations, c'est quelque part que vous avez passé un stade et que vous générez de l'attraction. de l'attraction, en deux mots ou en un seul mot. Ça peut être les deux, mais il se passe quelque chose. Vous devenez quelqu'un, ou tout du moins, qui suscite l'intérêt et le questionnement. Mais qui renvoie aussi à une espèce de légitimité négative. C'est-à-dire que la personne qui critique se dit, certainement, qu'elle n'assumerait pas d'être comme moi. Tant mieux, il n'y a pas de place.
- Ariane Artinian
Bon, mais il y a un adage qui dit « parlez de moi, même en mal, mais tant que vous parlez de moi, ça me va bien » .
- Séverine Amate
Exactement. psychologiquement comment on analyse ce type de comportement quand même en fait ça peut s'analyser comme une légitimité négative c'est en fait le fait de chercher à se rassurer sur sa propre place et non pas parce que l'on parce que l'on construit pas si je suis très clair mais en gros au travers du commentaire adressé à quelqu'un vis-à-vis de quelqu'un, en l'occurrence moi, c'est de se dire, moi je suis où en fait en termes de place et quelle légitimité j'ai sur, non pas sur le marché, parce que ce n'est même pas quelqu'un de concurrent en fait qui a critiqué, mais c'est justement là où est l'intérêt et la compréhension et l'analyse de cet acte manqué, c'est de se dire que cette personne qui critique, finalement ne sait pas où est sa place.
- Ariane Artinian
L'important c'est de savoir où est sa place, puis la façon dont les autres nous perçoivent, on n'a pas la main là-dessus.
- Séverine Amate
Non, on ne le dominera jamais, on ne le maîtrisera jamais.
- Ariane Artinian
Bon, mais néanmoins, ce n'est pas agréable à recevoir.
- Séverine Amate
Non, mais ce n'est pas non plus quelque chose qui vous arrête dans votre démarche et dans votre avancée. En tout du moins, ce n'est rien de négatif, au contraire.
- Ariane Artinian
Parce que l'intérêt quand même de cette anecdote, c'est que du coup, vous vous placez complètement à la place de votre... qui lui aussi peut être amené à avoir des réactions négatives de son environnement, de l'écosystème. Quand vous mettez dans la lumière des clients, forcément les concurrents, les compétiteurs ne prennent pas toujours ça très bien. Et je me demande si ce n'est pas une façon pour vous finalement d'avancer et de faire avancer votre mission.
- Séverine Amate
Oui, clairement cette anecdote, moi elle me renvoie à mon métier. Parce que l'intérêt aussi, c'est de prendre des enseignements de cet acte manqué et de ramener ça à mon métier au quotidien, qui est celui d'accompagner les dirigeants des porte-parole dans les médias et de leur dire... qu'à partir du moment où ils incarnent, ils doivent accepter le regard des autres, en fait, et parfois la critique. Et que l'enjeu n'est surtout pas de l'éviter, cette critique, mais de savoir la lire, de la comprendre, et de ne pas la subir. Et qu'incarner, en fait, être dans l'incarnation, dans la visibilité, dans la crédibilité, c'est des sujets qui sont profondément humains, et pas seulement des sujets de communication.
- Ariane Artinian
Et ça, vos clients se réalisent tout ça ?
- Séverine Amate
Ils le réalisent, plus ou moins. C'est vrai que ces crescendo, en fonction de leur récurrence dans les médias, c'est-à-dire que plus ils sont visibles, plus ils prennent de la place. Pour peu qu'ils communiquent aussi sur les réseaux sociaux, forcément que la place se prend et que la critique arrive.
- Ariane Artinian
Et plus ils prennent de l'assurance et moins la critique les touche ?
- Séverine Amate
Exactement, parce que je leur apprends aussi à... A considérer que l'incarnation, c'est un choix qui est exigeant, mais qui est structurant. Et que lorsqu'on accompagne, comme c'est le bon cas, des porte-paroles, on leur apprend pas seulement à parler aux médias, on les aide aussi à tenir une posture dans la durée, y compris quand le regard devient plus appuyé. Donc, incarner, c'est accepter le regard, parfois la critique, mais c'est aussi le signe, et c'est avant tout le signe, qu'on est exactement là où on doit être, et que c'est souvent un moment de basculer et clé. pour la personne qui se met dans la lumière.
- Ariane Artinian
Si on a une chose à retenir de tout ça ?
- Séverine Amate
L'absence de critique, c'est l'invisibilité, et que la critique, c'est l'attraction.
- Ariane Artinian
Donc la critique, c'est l'attraction, et c'est la reconnaissance, et c'est le fait qu'on existe.
- Séverine Amate
Oui, parce qu'on existe, et on prend des risques quand on incarne. Et ceux qui incarnent prennent le risque d'être mal compris, c'est sûr, mais ils prennent un risque. Et ceux qui commentent, à distance, prennent rarement ce risque. Ceux qui incarnent construisent une trajectoire et ceux qui commentent construisent un avis.
- Ariane Artinian
Eh bien, j'ai été ravie de vous recevoir. Merci beaucoup, Séverine Amat, présidente fondatrice d'Amate Réseaunance.
- Séverine Amate
Merci Ariane.
- Ariane Artinian
Et je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Mon Podcast Imo, à écouter sur toutes les plateformes et sur MySweetImmo.
- Séverine Amate
Mon Podcast Imo.