- Speaker #0
Certains voient l'activité physique comme un investissement pour leur santé et leur bien-être. Vous voulez en faire partie ? Bienvenue chez Mouvementale. Je m'appelle Magali Dubois et je m'adresse particulièrement aux non-sportifs et à tous ceux qui aimeraient enfin réussir à adopter un mode de vie actif dans la durée. C'est en vous partageant des connaissances, des expériences et des points de vue différents que j'ai l'intention de vous aider à bâtir l'état d'esprit et la motivation nécessaire pour le faire. Alors j'espère que ça vous aidera et que vous aurez envie d'en parler autour de vous. Bonjour et bienvenue à tous dans ce nouvel épisode du podcast Mouvementale. Bienvenue à ceux qui découvrent le podcast pour la première fois grâce à cet épisode. Aujourd'hui, on va parler de kiné. J'ai la chance d'avoir à mes côtés Clément Bionda, qui est kinésithérapeute au cabinet Pôle Physio dans le 7e arrondissement de Lyon. Aujourd'hui, ensemble, on va vous parler de... Des blessures les plus courantes, peut-être que vous pouvez rencontrer en tant que sportif ou si vous démarrez justement une nouvelle activité, peut-être que vous avez des craintes par rapport à la blessure. Donc on va parler de tout ça, on va faire en sorte que ça soit le plus concret possible pour vous. Et on va aussi mettre un petit peu de clarté sur le métier de kiné. Qu'est-ce que c'est finalement ? Est-ce qu'un kiné c'est un masseur avant tout ? Est-ce que c'est autre chose ? Justement c'est pour ça que j'ai eu envie de te rencontrer Clément. Enfin, de te rencontrer. On se connaît déjà, puisqu'on s'est rencontrés. J'étais quand même sur ta table de massage il y a quelques années. Table de massage, c'est peut-être une mauvaise manière de le dire, mais c'est toi qui viendras un petit peu compléter ça. Donc, en tant que cliente, pour quelques petites blessures. Et aujourd'hui, je suis contente que tu sois autour de ma table à moi, derrière le micro, pour parler de tout ça. Je te souhaite la bienvenue et merci d'avoir accepté mon invitation pour cet épisode.
- Speaker #1
Merci à toi avant tout. Je suis dispo pour ton petit épisode où on parle de ce que tu veux.
- Speaker #0
Super. Écoute, pour commencer, on va faire simple. J'aimerais juste que tu te présentes le plus simplement. Et comme je le dis toujours, on va mieux te connaître au fur et à mesure de l'épisode, au fur et à mesure des questions, des échanges. Donc, juste dis-nous ce qui te passe par la tête pour commencer et ensuite, on rentrera dans le vif.
- Speaker #1
Je suis Clément Bionda, je suis kiné depuis 2011, diplômé de l'école de Grenoble. J'ai fait mon parcours sur Grenoble. Après, je suis parti travailler comme... donc tout bon kiné, un petit peu dans les dom-toms. Et je suis revenu en métropole et du coup, depuis plusieurs années, je suis sur Lyon et on a ouvert un cabinet dans le 7e depuis 2020.
- Speaker #0
Ok, et tu accompagnes plus particulièrement, alors je sais que tu accompagnes des sportifs. Oui. Pas que.
- Speaker #1
Globalement, mon domaine d'activité, ça va être la kinésportive, kiné du sport et tout ce qui touche les troubles musculosquelétiques, les problèmes du quotidien, problèmes de dos, problèmes cervicaux. problème qu'on pourrait avoir au quotidien. Je ne fais pas tout ce qui est neurologie, pédiatrie. Après, il y a des choses qui sont un peu plus spécifiques. Là, il faut se former. Enfin, on l'est tous plus ou moins avec le diplôme, mais je le laisse à ceux qui sont un peu plus formés. Oui,
- Speaker #0
tu as tes spécialités à toi. Et c'est pour ça que j'ai eu envie qu'on discute tous les deux pendant cet épisode, parce que justement, pour vous qui écoutez, peut-être que vous êtes un peu confrontés aux mots de la sédentarité, aux mots aussi de... d'avoir un travail qui est plus ou moins actif. Et justement, j'imagine que dans les personnes que tu rencontres au quotidien, dans ton cabinet, il y a des personnes qui subissent un petit peu ça. Et après, pour le côté sport, c'est ça aussi qui m'a intéressée, parce que mine de rien, on va essayer de lier tout au long de l'épisode la kiné, l'activité physique, et rebondir un petit peu entre les deux tout au long. Donc voilà, je suis très intéressée par ça. Et en plus de ça, on oubliait de le mentionner, mais tu pratiques aussi une activité physique, on y reviendra. Tu fais de la course à pied depuis quand même un certain temps maintenant.
- Speaker #1
Oui, plusieurs années globalement du trail, comme beaucoup. Et dans le trail, tu as beaucoup de blessures qui sont liées à la suractivité, mais on pourra en parler juste après.
- Speaker #0
Oui, exactement. Ok, tu vois, on va commencer par peut-être le plus simple, c'est-à-dire que parmi tous les gens que tu rencontres, quelles sont les blessures les plus courantes ? Et on peut même dissocier, si tu veux, les blessures les plus courantes. chez les débutants dans le sport et les blessures les plus courantes, peut-être pour les sportifs un peu plus aguerris ?
- Speaker #1
Globalement, ça va essentiellement dépendre du type d'activité que tu pratiques. Si c'est, on va dire, course à pied, on va être surtout sur des pathologies de membres inférieurs, donc on va dire les jambes. Et après, si tu pratiques d'autres sports, peut-être des sports ballon, sport raquettes, choses comme ça, tu as la participation des membres subs, des bras, où là, tu vas pouvoir te faire mal au haut du corps, on va dire. Dans l'ensemble, ce que je vois dans ma pratique quotidienne, dans 90% des cas, c'est toujours des pathologies, des problèmes de surutilisation de l'appareil locomoteur, du corps humain, où les gens reprennent trop rapidement l'activité, ils ne sont pas forcément préparés, ou ils se pensaient mieux préparés peut-être à l'époque, ou ils avaient un certain niveau, on va dire, et ils reprennent sur ce niveau-là, et du coup, globalement, c'est des pathos de surutilisation.
- Speaker #0
Ouais, donc en fait, si je vulgarise un peu ce que tu viens de dire quand tu parles de surutilisation, c'est finalement presque de louper le côté progressivité, de s'y mettre tout de suite trop fort.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ou de s'y remettre tout de suite trop fort.
- Speaker #1
Exactement. Ils y vont toujours trop vite, trop fort et ça passe très rarement. Et du coup, derrière, il y a des problèmes.
- Speaker #0
Et c'est quoi comme style de problème derrière ? Le plus courant ? Les plus courants ?
- Speaker #1
Ça va être des problèmes de tendinopathie, globalement, surtout sur les courses à pied, moyens fessiers, tendons d'Achille. rotule. C'est trop utilisé et il n'y a pas le tendon, il n'a pas la capacité à absorber autant de contraintes et du coup, ça se déclenche en douleur derrière. Et après, une fois que la douleur est installée, là, c'est un peu plus compliqué à faire partir.
- Speaker #0
Donc, en fait, ce que tu dis aussi, c'est que si le tendon, il est préparé correctement, on peut éviter ces trucs-là, quoi, ces tendinites.
- Speaker #1
Complètement. Globalement, dans le milieu, il y a ce qu'on appelle la quantification du stress mécanique. Mais globalement, c'est la progressivité de l'effort. Si tu fais les choses correctement sur un temps suffisamment long, plusieurs semaines pour se remettre en activité, dans 90% des cas, il n'y aura jamais de problème.
- Speaker #0
Ok. Et en plus de ça, c'est peut-être intéressant de le souligner pour ceux qui se remettent à la course à pied, mais toi, tu as aussi cette particularité-là d'être formé aussi plus particulièrement aux blessures des coureurs, si je ne me trompe pas. Oui. Oui, c'est ça ? Oui. Avec la clinique du coureur ?
- Speaker #1
Avec la clinique du coureur, oui. C'est une formation un peu spécifique axée sur la course à pied où tu vois les pathologies du monde de course à pied et le traitement qui vont avec, et justement cette notion de quantification du stress mécanique.
- Speaker #0
Et à part les tendinites, dans les trucs les plus fréquents, est-ce qu'il y a autre chose qui apparaît aussi ?
- Speaker #1
Après, il y a les lésions musculaires, mais qui au final sont un peu moins fréquentes qu'on ne le pense. Les claquages, les élongations, les claquages, les déchirures musculaires, tout ça. Dans la course à pied, il n'y en a pas tant que ça, parce que l'effort n'est pas si brutal. Il y a moins d'efforts brutaux comme tu peux avoir sur un sprint au foot, au tennis, des choses comme ça. À la course à pied, c'est quand même un peu plus lent. Et du coup, ça pose moins de problèmes par rapport à ça.
- Speaker #0
OK. Oui, mais c'est quand même des choses que tu peux retrouver.
- Speaker #1
Mais c'est des choses que tu retrouves complètement, oui. C'est des choses que tu retrouves relativement souvent, mais peut-être un peu moins que les problèmes de surutilisation.
- Speaker #0
OK. Et par rapport, tu disais tout à l'heure que tu accompagnes aussi des personnes qui ont des troubles musculosquelétiques. Donc là, c'est encore autre chose, mine de rien. C'est souvent lié à quoi ? À la posture ?
- Speaker #1
Pareil, en effet. Très souvent, on est dans une société où les gens sont globalement trop sédentaires, avec des jobs de bureau et les gens ne bougent pas assez. Et la grosse pathologie de ces gens qui ne bougent pas assez, ça va être les problèmes de dos. Problème du rachis, donc problème de la colonne, problème lombaire et problème cervico. J'ai beaucoup de patients qui sont dans la catégorie socioprofessionnelle un peu plus importante, des jobs où ils sont toute la journée assis derrière un écran et ils ont bien plus mal au dos, parfois même qu'un carreleur ou quelqu'un qui bouge. Il a parfois moins mal qu'un qui ne bouge pas assez.
- Speaker #0
C'est un peu ce qu'on entend dans les campagnes de pub de plus en plus, par rapport au lombalgie ou tout ce qui concerne les problèmes de dos. C'est finalement, on a intégré pendant très longtemps... mal de dos repos, mais là, c'est plus du tout d'actualité.
- Speaker #1
C'est plus du tout le cas. Non, au contraire.
- Speaker #0
On est sur l'inverse. Et tu vois, je pense qu'on y reviendra un petit peu plus tard dans l'épisode sur à quel moment j'y vais et à quel moment je lève un petit peu plus le pied. Je me rends compte qu'on allait un peu vite en démarrant et qu'on n'a pas spécialement précisé à quoi ça sert la kinésithérapie. À quel moment peut-être consulter un kiné ? Est-ce que tu peux un peu préciser ça ? Parce qu'on a tous un peu des idées reçues et comme je le disais pendant l'intro. Est-ce qu'on va chez le kiné que pour se faire masser comme si on allait au spa ? Je ne suis pas sûre. Je pense que tu as ton mot à dire là-dessus, justement.
- Speaker #1
Alors, pour ce qui est de massage, globalement, les kinés sont, je trouve, maintenant bien mieux formés que ce qu'étaient les kinés à l'époque, il y a plusieurs dizaines d'années. Et peu de kinés font des massages maintenant, parce que les études ont montré qu'il y avait peu d'intérêt au massage, hormis un bienfait immédiat et sur le court terme, on va dire. Derrière, pour la rééducation à proprement parler, il y a peu d'intérêt. Le but de la kiné, ça va être justement la rééducation. Si vous partez d'un problème, une blessure, chose comme ça, vous allez chez le kiné, vous faites de la rééducation avec lui, il vous propose quelques exercices, des mouvements, globalement c'est ça. Et derrière, pour faire diminuer le problème, et pour reprendre une activité physique, reprendre un sport, reprendre sa vie de tous les jours, avec moins de contraintes et moins de problèmes.
- Speaker #0
Oui. Et du coup, toi, tu vois ça plutôt comme une solution en prévention, c'est-à-dire avant de se faire mal, ou plutôt en curatif ?
- Speaker #1
Nous, on voit les gens en curatif une fois qu'ils ont les problèmes, mais il faudrait voir les gens en préventif. Ça commence à être mis en place un peu en France, mais on est trop en retard par rapport à d'autres pays sur le préventif en France.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on est beaucoup axés sur le curatif pour tout, en fait.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
On n'a pas encore cette mentalité-là de se dire, bon, maintenant, je suis bien là. Oui. C'est le moment d'aller...
- Speaker #1
Complètement. Et le problème, c'est que derrière, ça coûte plus cher à la société, à la sécurité sociale de traiter le problème au lieu de le traiter en amont et de le faire diminuer ou éviter l'apparition du problème.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu vois, si on parle un peu de tout ce qui est tendinopathie, tout ce que tu as cité juste avant, qu'est-ce qu'il faudrait faire finalement en prévention ? Pour éviter toutes ces blessures-là que tu rencontres et qui sont clairement évitables, comme tu l'as sous-entendu ?
- Speaker #1
Ça va être d'avoir une activité physique au quotidien qui n'est pas forcément énorme, mais qui est quand même toujours présente et avoir un minimum d'activité physique. On parle des 5-10 000 pas par jour. Il faut bouger, avoir une bonne hygiène de vie, bien dormir, bien manger. C'est plein de petits facteurs qui paraissent... peut-être anodins pour certains, mais qui ont un rôle et un impact énorme sur notre vie, sur notre santé et indirectement notre qualité de vie si derrière, ça déclenche des problèmes.
- Speaker #0
Et après, si on rentre un peu plus dans le côté activité physique, là, tu vois, typiquement, quand on parle de prévention, je me dis, peut-être qu'en faisant plus de renforcement musculaire, plus d'étirement, ce genre de choses-là, ça ne pourrait que aider. Et je pense, tu vois, aux personnes qui se mettent à courir, Très souvent, elles se mettent à courir, mais à côté, elles ne font pas autre chose. Elles ne font pas de renfots. Et on sait à quel point, si tu as une musculature qui n'est pas forcément très présente ou si tu n'as pas renforcé ton corps avant de te mettre à faire une activité à impact comme la course à pied, très certainement, et peut-être que tu diras les choses autrement, mais très certainement que tu risques plus de te blesser que quelqu'un qui est bien musclé.
- Speaker #1
Complètement. Il faut toujours avoir l'idée de se préparer à l'activité. avec les contraintes qu'elle propose, qu'elle a comme contraintes. Si vous faites, on peut parler de la course à pied, mais si tu fais de la course à pied et que tu as un bassin qui n'est pas très stable avec une musculature de bassin notamment et de genoux, on va dire, globalement, qui n'est pas adaptée ou qui n'est pas assez bonne, à ce moment-là, ton squelette, on va dire tes muscles et tes articulations, vont prendre un peu plus que si tu es mieux préparé. Et derrière peut se déclencher un problème. Donc le rôle du renforcement, il est primordial. Le rôle des étirements... Et également, même si sur les étirements, je modulerai un peu mes propos, où on donne peut-être trop d'intérêt à l'étirement, au détriment peut-être du renforcement ou des choses comme ça, mais en tout cas, l'étirement, il n'est pas si miraculeux que ça, qu'on peut le penser. Mais le renforcement, il est essentiel. Ça devrait être même la base de plein d'activités.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, ça fait partie des recommandations d'activité physique, mais c'est vrai qu'on le fait toujours passer au second plan. Oui. par rapport aux activités plutôt d'endurance cardio, alors qu'en fait, c'est tout aussi important.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
C'est juste que finalement, peut-être dans la littérature scientifique, il y a peut-être moins de littérature qui porte sur leur info, en tout cas sur la quantité, le type d'exercice spécifique, vraiment dans le détail, parce qu'on sait qu'il faudrait faire deux séances de renforcement musculaire par semaine. Mais après, dans les recommandations, c'est assez flou. On sait qu'il faudrait... travailler ces gros groupes musculaires. Tu vois, mais toi, tu as peut-être d'autres infos là-dessus. Mais c'est vrai qu'on pousse peu ce truc-là en avant. Et on parle que du cardio quasiment. Les 10 000 pas, on parle clairement de marcher.
- Speaker #1
Complètement. Ouais, mais est-ce que c'est parce que c'est moins fun que de courir simplement ? Je ne sais pas. Mais en effet, ce n'est pas assez mis en avant. Et peut-être que parce que ça demande aussi de l'effort, c'est difficile. Enfin, si tu veux renforcer, il faut faire du gainage, il faut faire des squats. C'est quand même difficile et c'est peut-être un peu moins fun, un peu moins ludique que simplement courir ou aller se balader ou choses comme ça.
- Speaker #0
Ça demande peut-être un peu plus de connaissances.
- Speaker #1
Et de connaissances aussi, tout à fait. Comment faire les mouvements. T'as raison, t'as raison. Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Et tu disais, tu vois, par exemple, si on reste sur la course à pied, puis après on ira un petit peu plus largement, parce que si vous écoutez, vous ne faites pas forcément de la course à pied, je veux dire. Mais tu disais, c'est sûr que si on a un bassin qui n'est pas forcément tout à fait prêt, etc. Mais finalement, à quoi on sait et comment on peut savoir si notre corps est suffisamment prêt pour aller entamer l'activité en question ? Parce que j'imagine que pour se préparer à la course à pied, en l'occurrence, comme tu dis, il faudrait faire un peu de renforcement musculaire. Mais à quel moment tu peux te dire, là, allez, je m'y mets, tu vois ? Je peux m'y mettre plus sereinement parce que j'ai préparé mon corps. C'est une question qui n'est pas simple à répondre et je pense qu'il n'y a pas une manière de répondre. Mais comment tu vois les choses, toi ?
- Speaker #1
Tu peux partir du principe aussi, si tu commences une activité physique, tu ne sais pas si tu es prêt ou pas, mais si tu la commences doucement, on a quand même une capacité de faire les choses qui est quand même importante. Si tu es en bonne santé, si tu es globalement jeune et en bonne santé, tu peux quand même faire des choses. Si tu le fais progressivement, avec au début, où tu ne vas pas titiller tes limites, tu ne vas pas chercher au-delà de tes capacités ou au-delà de ce que tu veux faire, auquel cas... ton corps, indirectement, il s'adapte. Si on garde le principe de la course à pied, on ne penserait jamais faire un marathon, faire 42 kilomètres d'un coup. Du coup, tu commences peut-être avec 3 kilomètres. Ça te paraît peut-être simple au début, mais auquel cas, ce n'est pas grave. C'est déjà pas mal. Tu fais tes 3 kilomètres, après tu fais tes 6 kilomètres, tu fais tes 9 kilomètres. Tu augmentes progressivement et indirectement, la musculature, si tu as ceci du renforcement, c'est bonus. Mais déjà, la musculature va suivre un petit peu cette progression pour s'adapter après l'activité et augmenter ta durée, ta distance, ce que tu veux.
- Speaker #0
Oui, et tu disais, même si c'est simple au début, moi, j'aime bien rajouter le fait que si vous démarrez quelque chose et que ce n'est pas simple au début, c'est peut-être que vous y allez trop fort, notamment par rapport à la course.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Moi, je sais que je pense avoir déjà donné cet exemple-là, mais moi qui fais régulièrement des activités physiques, à chaque fois que je me remets à la course à pied, je me remets dans la peau d'une débutante.
- Speaker #1
Il faut redescendre un petit peu.
- Speaker #0
Je me sens à l'aise, je pourrais courir quand même quelques kilomètres, mais je me mets sur la retenue. Parce qu'effectivement, comme tu le dis, les tendons ne sont peut-être plus trop préparés, les muscles non plus. Il y a quand même un décalage entre...
- Speaker #1
Entre ce que tu espères et ce que tu es capable de faire. Tout à fait. Il vaut mieux redescendre un peu sur une, deux, trois séances et après tu repars sur les habitudes que tu avais. Et là, tu continues à progresser. Mais il ne faut pas croire que tu perdras du temps ou tu perdras des entraînements si tu redescends un petit peu pour repartir mieux derrière.
- Speaker #0
Non, surtout que je pense qu'on ne perd pas de temps si derrière, justement, on veut gagner du temps et qu'on se blesse.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est ça un peu la logique. Enfin, penser un petit peu plus sur le moyen terme plutôt que sur l'instant.
- Speaker #1
Sur l'instanté, tout à fait.
- Speaker #0
L'instanté, oui. Et après, donc là, on parle vraiment de la course à pied, mais c'est un peu les mêmes principes pour...
- Speaker #1
Pour plein de choses.
- Speaker #0
plein d'activités. C'est sûr qu'il y a quand même certaines activités qui sont un peu moins impactantes. Tu vois, les activités portées, comme on dit. Oui. Le vélo, par exemple.
- Speaker #1
Le vélo, la natation, tout ça, c'est...
- Speaker #0
Mais il y a quand même des risques de blessures aussi.
- Speaker #1
Oui, il y a des risques de blessures quand même.
- Speaker #0
En natation. Maintenant, qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu dirais peut-être... Tu vois, quelqu'un qui démarre peut-être un peu vite, s'est fait une tendinite, ou en tout cas ressent des douleurs, ça peut être quoi au niveau de la fesse, comme tu disais ?
- Speaker #1
La fesse ou le genou. Ou le pied, enfin oui, ça peut être des choses comme ça.
- Speaker #0
Quels sont un peu les signaux ? À quel moment on peut se dire, là, on peut suspecter une petite tendinite ?
- Speaker #1
Sur la tendinite, on va avoir des signes un peu classiques qui vont être de la douleur, déjà, relativement importante. Souvent, on la quantifie à 4, 5, 6 sur 10 en termes de douleur, sur une échelle de douleur. Et il y a du tiraillement. Le matin, c'est raide, c'est moins souple, ça tire. Après, il y a différents stades de tendinopathie, bon, peu importe. Tu peux avoir au début un peu mal quand tu commences à être chaud, donc quand tu marches, quand tu cours, peu importe, tu as moins mal. Après, tu as de nouveau mal quand tu es froid. Ça, c'est des signes qui font penser que tu es en train de te blesser et tu as une petite tendinopathie.
- Speaker #0
Ok. Et d'ailleurs, dans tous les épisodes, on parle justement des blessures. Ça n'enlève en rien le fait d'aller consulter son médecin. Oui, on est d'accord.
- Speaker #1
Si tu as ça, tu vas consulter et derrière, tu bascules chez le kiné. C'est ça. Tu bascules chez le kiné pour te faire rééduquer, mais il faut quand même aller toujours consulter. On a tendance même maintenant à aller se renseigner sur Internet, choses comme ça. On peut passer à côté de certaines choses qui sont quand même plus ou moins graves, voire plutôt graves. Donc, il vaut mieux s'assurer. par une consulte médicale, avec des examens d'imagerie complémentaires s'il faut, pour après derrière basculer sur une réduc bien ciblée, bien cadrée, et pouvoir reprendre l'activité.
- Speaker #0
Mais c'est bien quand même d'avoir en tête les petits signaux d'alerte et se dire, bon, là, si je ressens ce truc-là régulièrement, il y a peut-être quelque chose, et en l'occurrence, comme tu le décris, ça peut être la tendinite, si on ressent un tiraillement, si on ressent...
- Speaker #1
Exactement, c'est qu'il y a des choses à faire.
- Speaker #0
Et après, quel autre... Là, je dévie un petit peu. C'est vrai qu'on n'a pas parlé de ça encore, mais une entorse, typiquement, c'est des choses, je pense, que tu vois régulièrement. Oui. Ça peut arriver dans le cadre d'une pratique sportive, mais ça peut arriver aussi...
- Speaker #1
Dans la vie quotidienne.
- Speaker #0
Dans la vie quotidienne. C'est vrai que moi, je me rappelle quand même, quand on échange avec des personnes de notre entourage ou des patients, peu importe, il y a quand même beaucoup de gens qui ne vont pas consulter tout de suite, tu vois. Oui. Et même parfois, si on a envie d'aller consulter, ce n'est pas toujours possible de consulter dans le même jour. Il faut parfois attendre un jour. Qu'est-ce que tu conseilles quand une personne suspecte une petite entorse ? Une petite ou moyenne entorse ?
- Speaker #1
On va prendre l'exemple classique, ça va être l'entorse de cheville, qui est facile à se faire malheureusement. Donc petite ou moyenne, il va y avoir des signes qui font penser que c'est une entorse et plus ou moins grave. Donc si... Tu te tords le pied, globalement 90% des entorses vont être sur la partie externe, à l'extérieur du pied, sur la malliole externe. Si tu te tords le pied, hexagonfe tout de suite, c'est fait un peu l'œuf de pigeon. Donc ça, ça signifie que tu t'es fait une entorse. Donc tu as étiré le ligament plus ou moins de façon grave, avec différents faisceaux du ligament qui sont touchés. Autre chose qui peut t'empêcher de... être plus grave, pardon, ça va être le phénomène de, si t'es plus capable, voilà, si t'es plus capable de poser le pied au sol, là, auquel cas, ça peut faire penser à une entorse plus grave et peut-être un risque même de fracture. Là, tu as cassé l'os sur lequel s'insère le ligament, peu importe. Et ce qu'il faut toujours faire, donc, c'est éventuellement, là, donc, consulter une consultation médicale, et c'est surtout, donc, mettre au repos l'articulation, glacer, protéger l'articulation, donc, éventuellement, mettre une attelle ou chose comme ça, empêcher le mouvement de l'articulation. de maintenir, de contenir l'articulation pour éviter le phénomène d'aggravation.
- Speaker #0
Qu'on se retorde le pied.
- Speaker #1
Qu'on se retorde, exactement. Et après, il y a les... Tu peux, par exemple, si tu es dans le tort de cheville, tu peux mettre un bas de contention pour drainer un peu le pied. Enfin, il y a quelques petites choses. Globalement, on dit... Tu avais l'acronyme à l'époque qui s'appelait PRICE, donc protection, repos, reste pour le repos, ice pour la glace, compression et élévation. Après, il y a eu d'autres choses qui se sont mises en place. où maintenant on ne préconise plus de l'utilisation d'anti-inflammatoires, plus. Sur des phénomènes comme ça, à court d'entorses moyennes, voire graves, tu ne fais plus d'anti-inflammatoires parce que tu vas retarder la cicatrisation du tissu derrière. Ça, c'est technique. Donc, tu as quelques petits trucs qui ont été modifiés, mais globalement, tu comprimes, tu protèges, tu élèves le truc pour drainer un peu et tu mets de la glace.
- Speaker #0
Ok, oui. Rien que ça, je pense que c'est des bons conseils.
- Speaker #1
C'est déjà suffisant.
- Speaker #0
Il y en a qui peuvent se dire, est-ce que je glace ? Est-ce que je mets du chaud ? Est-ce que je marche ? Est-ce que je ne peux pas marcher ? Est-ce que je prends des béquilles ? Il y a tout ça. Et puis, il y a encore certaines personnes, peut-être médecins, ou j'en sais rien, mais qui peuvent plâtrer, même sur des entorses qui ne sont pas forcément...
- Speaker #1
Qui ne nécessitent pas le... Ça se fait de moins en moins. pareil, maintenant le but est à la rééducation précoce, plus tu remobilises rapidement, mieux c'est. Quand je dis remobiliser rapidement, il y a quand même un temps de cicatrisation qui doit être respecté. Globalement, sur une entorse, on va dire moyenne, ça va être à peu près trois semaines d'attel. Après, tu remobilises de façon un peu plus rapide que ce qui se faisait à l'époque, mais il faut toujours se dire que sur les phénomènes traumatiques, donc d'entorse, fractures, choses comme ça, il y a un temps où il ne faut rien faire. il y a un temps où il faut que le corps le tissu il cicatrise et pour ça il faut du repos uniquement et puis généralement on a quand même mal donc c'est vrai que ça donne moins envie de faire quelque chose globalement le corps il te remboite toujours les informations Quand tu ne peux pas faire un truc, il te le dit très rapidement et tu n'insistes pas trop.
- Speaker #0
Oui. Et après, au-delà de l'entorse classique de cheville, qu'est-ce qui te vient d'autre en tête comme blessure un peu, tu vois, autant de la pratique sportive que du quotidien ? Parce qu'il y a des blessures qui sont... On peut se faire mal en descendant les escaliers, on peut se faire mal au boulot, on peut se faire mal.
- Speaker #1
Après, donc, on va dire le phénomène... Quand tu tombes... Tu as risque de te faire une entorse, quelle qu'elle soit. C'est vraiment l'étirement ligamentaire. Tu as l'entorse de genoux avec l'entorse grave qui correspond à la lésion du ligament croisé antérieur. Tu peux avoir au ski. Ça va dépendre aussi des types d'activités que tu pratiques ou que tu es susceptible de faire. Et après, peut-être la fracture. Mais ça, c'est pareil. Rapidement, tu as compris que tu t'étais cassé la jambe et tu ne vas pas te relever et commencer à recourir.
- Speaker #0
Ouais, parce que c'est hyper douloureux, j'imagine. Je me suis jamais rien cassé, donc j'avoue que je l'envoie.
- Speaker #1
Tu crois, tu tentes pas. T'appelles le 15, tu vas chez le médecin, chez ton médecin prétend, puis il sait très rapidement.
- Speaker #0
Ok. Et après, il y a aussi tout ce qui est problèmes de dos, enfin douleurs, je veux dire.
- Speaker #1
Au niveau du dos ?
- Speaker #0
Ouais. Ça, c'est un gros sujet quand même, les douleurs au dos.
- Speaker #1
Ouais, c'est un sujet énorme. C'est ce qui coûte le plus cher à la sécu au niveau mondial. Ah ouais ? Les problèmes de dos, c'est... En coup direct et indirect, c'est énorme.
- Speaker #0
C'est ce qui fait les plus gros dégâts.
- Speaker #1
Exactement. Après, on a capacité, on a invalidité aussi derrière. Enfin, c'est énorme. Là, je dirais quand même, dans l'ensemble, il faut toujours aller consulter pour éviter les problèmes un peu plus graves qui vont être la hernie, la hernie discale. Donc, il faut... Tu veux que je décrive un petit peu le...
- Speaker #0
Expliquer un petit peu, oui.
- Speaker #1
Globalement, le dos, il est... On va partir sur la région lombaire, qui est plus propice à avoir des problèmes de hernie, comparativement aux étages du dessus. La colonne est constituée de deux vertèbres, superposées les unes sur les autres. Entre ces vertèbres, on va trouver des disques intervertébraux. Dans ces disques intervertébraux, il y a un petit noyau à l'intérieur. Il faut imaginer ça comme un espèce d'oignon, avec plein de couches les unes par-dessus les autres, en circonférence un peu, on va dire. Et à ce moment-là, ce petit noyau, il a tendance à partir vers l'arrière, un côté ou de l'autre, peu importe, et venir au contact souvent de la racine nerveuse, donc du nerf sciatique. On dit souvent un génie sciatique. Et venir au contact de cette racine nerveuse, donc de ce nerf sciatique, et provoquer des symptômes dans les jambes, plus ou moins graves, avec atteinte motrice, donc la jambe qui marche moins bien, la jambe engourdie, exactement, la sensation de brûlure, enfin des choses qui sont... qui peuvent être quand même très handicapantes, très invalidantes. Et ça, c'est vraiment le cas extrême. Et ça, dans tous les cas, il faut quand même consulter. Si tu pars sur un petit problème de dos, le limbago, par exemple, le limbago, c'est quelque chose qui est tout à fait normal. Si tu veux, dans la population générale, 90% des gens auront un problème de dos dans leur vie. C'est quelque chose de naturel.
- Speaker #0
Donc là, quand tu dis un problème de dos, c'est vraiment le limbago ?
- Speaker #1
Le limbago, oui, je parle du truc.
- Speaker #0
C'est plutôt bien si vous avez un limbago, c'est que vous êtes normaux.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est ça qu'il faut se dire ?
- Speaker #1
Ce qu'il faut se dire, c'est que c'est normal. Et l'histoire naturelle du truc, ça évolue toujours favorablement. Tu te fais un limbago, t'es bloqué pendant 2-3 jours, et petit à petit, ça va mieux. Au bout de 10-15 jours, c'est passé. Ça ne veut pas dire que tu auras d'autres limbago, mais en tout cas, c'est des choses qui sont... C'est des choses qui sont... C'est normal.
- Speaker #0
Et quand tu dis que c'est normal, c'est que... Parce qu'en fait, ça vient de quoi, tu vois ? Qu'est-ce qui fait qu'on a un limbago un jour ? au petit matin et pas à un autre moment.
- Speaker #1
Ça va vraiment être une décharge de douleur dans la zone, si on dit du lumbago, dans la zone lombaire, que tu peux avoir, par exemple, le torticolis, c'est à peu près la même chose. C'est que chaque zone dans le dos, donc chaque partie un peu au niveau anatomique du dos, elle est énervée. On ne sait pas trop... En fait, toutes les parties qui sont énervées, où il y a du système nerveux qui vient, c'est un peu technique, mais qui vient, on va dire, énerver justement cette zone, elle peut être source de douleur, de nociception. Tu as pu le voir peut-être avec Yvan, de nociception.
- Speaker #0
Tu pourrais réécouter l'épisode sur la douleur.
- Speaker #1
Je le conseille, il est très bien. Donc, tout ce qui est source de nociception peut être source derrière de douleur et problématique. Mais dans l'ensemble, c'est quand même très souvent les problèmes de disques. C'est quand même le disque qui provoque ces limbagos. On va dire un disque qui a peut-être un peu été étiré, un peu malmené. Derrière, il entraîne des grosses contractures, donc et de la douleur et des grosses contractures musculaires. Et ça, ça te provoque le limbago.
- Speaker #0
Donc ça peut être un peu suite à des mauvaises postures ou sur sollicitation ou mauvaise...
- Speaker #1
Oui, mais globalement, c'est quasi toujours ça. C'est la personne qui n'a pas l'habitude, qui fait un déménagement, qui fait un déménagement et qui porte mal, entre guillemets, qui a tendance à mal plier son dos, choses comme ça, avec du poids. Derrière, un lendemain ou sur le lendemain, il se fait un labago et c'est dû à ça. La personne qui fait un long déplacement en voiture, t'es mal positionné pendant des heures, des heures, tu ne bouges pas, t'as pas l'habitude de faire ça. et derrière, tu te parles à un bagot. C'est des choses comme ça.
- Speaker #0
Oui, OK. Et du coup, à quel moment on sait s'il faut... bouger comme justement on entend le plus souvent maintenant et à quel moment on sait qu'il faut éviter tu vois Encore une fois, ton corps, il te le dira. Si tu ne peux plus bouger, c'est qu'il faut rester au repos. Et comme tu as pu en parler avant, on préconisait sur ce genre de problème de rester le plus au repos possible. Maintenant, c'est complètement la tendance inverse. Les gens ont peut-être pu voir une campagne publicitaire de la Sécu. Ils disaient que le meilleur traitement, c'est le mouvement. Pour ces problèmes de dos, si tu es en capacité de bouger, globalement, tu iras toujours mieux en bougeant qu'en restant dans ton canapé.
- Speaker #1
Oui. Et parfois, bouger, ça veut juste dire marcher ou juste faire des petits mouvements. Imaginons que pour avoir eu l'exemple, mon propre exemple, d'avoir eu mal juste en me tournant un peu, en faisant une sorte de torsion avec le dos. Clairement, quand j'ai mal comme ça, il faut que j'évite de refaire cette torsion. Au mieux que je fasse des mouvements dans l'axe, en l'occurrence.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Là, je prends cet exemple très précis qui me vient en tête. effectivement, comme tu dis, le corps nous renvoie un petit peu l'alerte. C'est-à-dire le mouvement qui ne passe pas, en fait.
- Speaker #0
Exactement. Le système de douleur, c'est un système d'alerte. Il va te dire, si tu te tournes à gauche quand tu as mal à gauche, il va te dire, tu as mal à gauche et toi, tu n'as pas envie de le refaire. Globalement, il faut bouger. On dit quelle que soit la direction, un peu dans tous les sens, mais parfois, quand même, il y a quelques directions de mouvement, quelques axes de mouvement qui sont quand même un peu plus... Préconisé, un peu plus sensible. À l'inverse, un peu plus sensible ou un peu plus préconisé pour les problèmes de dos. Et en effet, c'est plus des mouvements dans l'axe, devant, derrière, plutôt que rotation. Ça dépend, mais dans l'ensemble, c'est quand même ce qui revient le plus.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu conseilles le plus souvent aux gens qui viennent te voir avec un problème de dos ? Avec une douleur au dos, lombaire, cervicale, genre ça.
- Speaker #0
Dans ma pratique, j'ai fait une formation McKenzie, qui est pareil, un type de... de rééducation. Et le but de cette rééducation, ça va être de préconiser aux patients un mouvement qui va permettre de le soigner, de le soulager plutôt. Un mouvement qui va permettre de le soulager, qu'ils puissent refaire à la maison de manière à éliminer ces douleurs et à ce qu'ils reprennent de plus en plus de forme physique et qu'ils puissent oublier son problème de dos. Et dans l'ensemble, ça va être le mouvement d'extension, d'aller chercher en arrière.
- Speaker #1
Donc, le truc un peu contraire que...
- Speaker #0
Que tout le monde pense, exactement. On dit toujours d'aller toucher ses pieds, d'aller t'enrouler. Et dans ma pratique, je vois ça tous les jours. Et il faut lutter, il faut déconstruire un peu ce que pensent les gens pour pouvoir remettre un peu de mouvement, d'extension. Ça fait peur l'extension, mais très honnêtement, ça soulage dans... Dans beaucoup de cas. Ouais, très grande majorité. Donc,
- Speaker #1
juste pour que ce soit bien parlant, l'extension, là, de ce qu'on est en train de dire, c'est finalement d'aller étirer plutôt... au niveau des abdos.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et cambré, en fait.
- Speaker #0
Voilà, la cambrure, exactement. Exactement. Oui. On me dit toujours, je suis trop cambré, je ne peux pas. On m'a dit que j'étais... Ce n'est pas vrai. Je ne dirais pas un autre mot, mais ça ne marche pas comme ça. Et globalement, il faut du mouvement et souvent de l'extension. Parce que quand on est assis, c'est de la flexion. Quand on fait ces choses, quand on met ses lacets, c'est de la flexion. Quand on est assis en voiture, c'est de la flexion. Il n'y a que de la flexion. Dans notre vie quotidienne, il n'y a que de la flexion. Il faut justement décharger un peu en extension de manière à rééquilibrer un peu le dosage entre flexion et extension dans notre quotidien.
- Speaker #1
Parce que c'est vrai que dès qu'on est assis, et là, typiquement, en ce moment, je vais me redresser. Typiquement, on a tendance à avoir le dos qui s'arrondit.
- Speaker #0
Et toujours avaché.
- Speaker #1
Et on avachit. Oui, c'est ça. Et en fait, on ne sollicite pas nos muscles correctement à ce niveau.
- Speaker #0
Exactement. Mais ça, c'est parce que l'humain, il est fait pour être à l'économie. musculaire, articulaire, cérébral le plus possible. Dès qu'on peut éteindre un peu une zone pour pouvoir se concentrer sur d'autres zones ou choses comme ça, il le fait. En l'occurrence, on est toujours avachi toute la journée et ça, ce n'est pas bon. Du coup, tu sollicites tes structures passives. Donc, ton disque, tes ligaments, choses comme ça, au lieu que ce soit le muscle qui fasse son rôle, qui remplisse son rôle, qui fasse le job. Et donc, derrière, ça peut poser problème.
- Speaker #1
Ca cause quelques petits dégâts.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et après, il y a aussi un truc que je voulais qu'on aborde ensemble. Bien sûr, j'ai déjà fait un épisode sur la douleur avec Yvan. Et le but, ce n'est pas de refaire un épisode là-dessus. Mais c'est quand même important, je trouve, de parler de la douleur dans le contexte sportif ou dans le contexte de l'activité physique. Parce que justement, on a tendance quand même à se dire oui, mais si je fais tel exercice ou tel mouvement et que je commence à ressentir un peu de douleur, ce n'est pas bon. Il ne faut pas que je le fasse. J'ai souvent l'exemple de patients qui me disaient, moi, dans mon cours de gym, on me disait que si je commençais à avoir mal sur un mouvement, c'est que ce n'était pas bien, ou c'est que je faisais mal le mouvement, ou c'est qu'il fallait que j'arrête le mouvement, tout simplement. C'est un peu parfois une idée reçue, je pense, de se dire qu'il ne faut absolument pas toucher la douleur ou pas ressentir de douleur. Maintenant, je suis curieuse d'avoir un peu ton avis là-dessus, parce qu'il y a douleur et douleur. Et comment est-ce qu'on fait le tri ? sur ce sujet-là ?
- Speaker #0
En effet, tu as totalement raison. Il y a douleur et douleur. Et quand les gens disent ça me fait mal ou j'ai forcé, du coup j'ai eu mal, je suis allé trop loin ou des choses comme ça, ce n'est pas forcément mauvais. La douleur qui va... Après, il faut se connaître, donc dans l'activité physique, dans le sport. À force de faire les choses, tu arrives à affiner si c'est une bonne ou une mauvaise douleur. Si c'est une douleur sur laquelle tu peux insister un petit peu, ou si c'est une mauvaise douleur parce que ça peut entraîner des problèmes derrière. On va dire quand ça brûle, ça chauffe, ça c'est des douleurs, on va dire, peut-être musculaires. Et là, il n'y a aucune contre-indication à aller chercher plus loin. C'est au contraire parce que tu vas chercher plus loin que tu vas progresser. C'est typiquement le cas, par exemple, de la courbature. Si tu restes toujours dans ta zone de confort, au niveau musculaire, il ne se passera pas grand-chose. Si tu as des courbatures, c'est que tu es allé titiller un peu ta limite d'un point de vue musculaire. Et c'est comme ça que tu refais du muscle au niveau physiologique, au niveau musculaire. C'est en cassant de la fibre musculaire. Si tu as des courbatures, c'est que tu as cassé de la fibre musculaire. Et derrière, il y a une hypertrophie musculaire. Il y a un volume musculaire qui va augmenter parce que tu es venu titiller le truc et parce que tu es sorti de ta zone de confort en musculaire. Quand ça brûle, quand ça chauffe, à mon avis... Quand les personnes te disent ça, c'est souvent des douleurs musculaires et ils n'osent pas aller plus loin alors qu'il faut aller plus loin.
- Speaker #1
Et ça peut être aussi, tu vois, je pense, dans les étirements.
- Speaker #0
Et ça peut être dans les étirements aussi. Mais pareil, c'est de la douleur musculaire. Ça attire fort, ça brûle un peu. Il n'y a aucune contre-indication à les titiller les choses. Ou tu peux peut-être, je ne sais pas si tu cours rapidement, ou ça brûle un peu les poumons ou des choses comme ça. Ce n'est pas de la mauvaise douleur. Pareil, c'est des douleurs d'effort. Et là, tu peux insister là-dessus.
- Speaker #1
En fait, la douleur, et c'est ce qu'on disait un petit peu avec Yvan, on peut savoir si elle est bonne ou pas. Si derrière, après avoir fait les efforts pendant trois jours, on a cette douleur qui persiste et qui n'est pas forcément une douleur de courbature, mais s'il y a un truc comme ça qui persiste ou qui s'accentue, effectivement, peut-être que c'était une douleur qui n'était pas...
- Speaker #0
Qui n'était pas bonne. Pas bonne, oui. C'était une vraie douleur sur laquelle il ne fallait pas insister. Mais une courbature... Tu peux avoir mal, souvent le pic de courbature, il est à peu près 48 heures après l'effort. Donc, tu peux avoir mal pendant 2-3 jours. Mais si tu as une amélioration dans l'ensemble au fil des jours, ce n'est pas grave. Tu laisses 2-3 jours et tu réinsistes la session suivante. Tu repars comme si de rien n'était. Et là, tu es dans une phase de progression. Parce que le but après sur l'activité physique, c'est quand même de progresser. tu es sur une phase de progression et ça passera par là. C'est des étapes sur lesquelles il faut cocher pour pouvoir aller chercher plus loin.
- Speaker #1
Et maintenant, je rebondis un peu. C'est plus mon expérience perso, mais justement, toi, en tant que kiné, quand on faisait parfois des séances de kiné ensemble, il y a quand même des manipulations qui peuvent faire mal. Et tu vois, on peut avoir la crainte de est-ce que c'est bien ? Est-ce que tu es en train de me faire ou tu es en train de me casser en deux ? Je ne vais plus pouvoir rien faire pendant trois jours. Et je me rappelle que tu avais toujours ce discours un peu rassurant de Non, attends, c'est normal que là, tu aies un peu mal. Tu vas avoir mal peut-être encore pendant 2-3 jours. Souvent, tu mettais un peu une durée par rapport à cette douleur. Et par contre, après, si effectivement, il n'y avait pas d'amélioration, on pouvait se dire que peut-être on était allé un peu trop loin dans le truc et ça permettait de réajuster la suite de l'accompagnement et de la rééducation. Mais oui, je pense aussi à ce genre de douleurs qui ne sont pas forcément des douleurs musculaires. Des douleurs de manipulation, je ne sais pas comment on les appelle.
- Speaker #0
Oui, qui peuvent être un peu de douleurs articulaires, on va dire. Déjà, tu pars du principe, si tu vas voir un professionnel de santé, il sait ce qu'il fait, donc normalement, tu peux lui faire confiance. Et après, quand tu travailles des structures, le corps réagit toujours à ce que tu lui fais. Si tu es déjà, toi, dans une petite phase de blessure où tu es un peu limite, si tu travailles la zone, le corps va réagir et tu peux recréer une petite inflammation localisée. Et ça, ça va durer 2, 3, 4 jours. Encore une fois, si naturellement ça a tendance à s'améliorer, à diminuer, c'est bon signe. Derrière, tu as modifié un peu l'état de ton tissu, chose comme ça. Et derrière, tu iras mieux par rapport à la session d'avant que tu avais fait de kiné, par exemple. La session suivante, tu iras mieux, tu pourras aller chercher plus loin et ainsi de suite. Pareil, c'est dans une progression, tu es dans une phase de progression sur ton tissu. Et donc, ça passe aussi par un peu de douleur. Très honnêtement, la... Enfin... En kiné, la rééducation, ça passe toujours par un peu de douleur. On apprend dans les écoles de kiné à toujours rester infradouloureux. Mais si tu restes infradouloureux, tu ne changes pas grand-chose. Tu ne fais pas grand-chose. Alors, il ne faut pas partir dans des douleurs insupportables. Mais quand tu es sur du 3-4, tu peux tolérer jusqu'à 3-4 sur 10. C'est que tu es dans une phase de réadaptation un peu tissulaire. Et ça va bien se passer et tu vas progresser dans le temps. Oui,
- Speaker #1
ça fait partie aussi du jeu.
- Speaker #0
Ça fait partie du processus. Oui, forcément.
- Speaker #1
Mais je peux... Je pense que c'est important de le dire. Et puis après, il ne faut pas hésiter. Comme tu dis, si on va voir un professionnel de santé, on est entre de bonnes mains. Donc, il ne faut pas hésiter aussi à demander si là, je ressens quelque chose, j'ai mal. Est-ce que c'est normal ?
- Speaker #0
Est-ce que ça fait partie du truc ?
- Speaker #1
Parce que je pense que la douleur, c'est une grosse crainte.
- Speaker #0
C'est une grosse crainte, oui.
- Speaker #1
On ne peut rien. Et on peut avoir tendance à se dire douleur égale c'est mal. Oui. Et après, à dire même mon kiné n'est pas bon parce qu'il me fait mal, tu vois. Oui. Ça arrive d'entendre ce genre de discours-là, alors qu'en fait, ça fait aussi partie.
- Speaker #0
Ça fait partie du truc. Après, si tu juges qu'il allait trop loin, tu peux lui en parler. Enfin, c'est des choses qu'il faut échanger avec le professionnel. Lui donnera sa version, donnera ce qu'il t'a fait, ce qu'il en pense. Mais c'est quand même avec un peu de douleur. que tu vas progresser.
- Speaker #1
Et sinon, comment est-ce qu'on peut faire, quand on entre dans un process de rééduc avec un kiné, comment est-ce qu'on peut faire un peu pour optimiser notre rééducation ? Parce que la rééducation, ça peut être sans fin si on ne répond pas à certaines conditions. Je ne sais pas si tu vois où je veux en venir. Typiquement, si on ne fait rien de notre côté, ça n'aide pas la rééducation. La rééducation, ce n'est pas qu'un travail dans un sens. En tout cas, moi, je ne le vois pas comme ça. Je pense que c'est bien sûr, tu vas chez le garagiste pour qu'il répare ta voiture. Mais derrière toi, si tu ne gères pas correctement ta voiture, tu risques de la recasser. Qu'est-ce que tu conseilles généralement à tes patients ? Et qu'est-ce que tu as envie de conseiller peut-être aux gens qui se lancent dans une rééducation ?
- Speaker #0
Après, c'est valable dans la vie, il faut être acteur de sa rééducation. Si tu es acteur de ta rééducation, si tu es impliqué dans ta rééducation, tu as d'autant plus de chances de guérir rapidement et d'une meilleure façon. Moi, j'essaye. Globalement, les gens quand même le font, même si on a tous des emplois du temps très chargés, la vie familiale, la vie professionnelle. Ça fait que tu n'as pas forcément de temps pour faire des exercices. Mais globalement, les gens font quand même des choses, même si on me dit toujours, j'ai peu eu le temps de faire mes exercices, j'ai oublié ou je les ai faits. Je vois très bien qu'ils ne les ont pas faits. Au niveau du toucher, au niveau du ressenti, tissu, il y a des choses comme ça. Exactement. C'est comme... Je suis pas ton prof d'anglais, moi, si t'as pas fait d'exercice, c'est pas grave, c'est ton problème. Mais plus vous serez acteur de votre éducation, meilleure sera la réussite du traitement. Et en plus, vous aurez des outils, les patients ont des outils derrière pour pouvoir s'auto-traiter sur un éventuel futur problème.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Speaker #0
Que quand t'as un problème, tu te fais soigner pour un problème, tu as toujours un risque de récidive. Globalement, à part traumatisme, ça je te parle globalement pour les problèmes de dos par exemple, quand tu as un problème de dos, malheureusement souvent tu risques d'avoir d'autres problèmes de dos dans ta vie. Si, mais le truc c'est que ce futur problème de dos... sera le même que ce que tu as déjà eu. Et si tu sais comment le traiter, auquel cas, tu pourras de toi-même le traiter sur une future fois.
- Speaker #1
C'est un apprentissage.
- Speaker #0
C'est un apprentissage. Toi, tu arrives à repérer les premiers signes de problèmes, donc lombaires ou quoi que ce soit, et globalement, tu serais capable de mettre en place un autotraitement. Et plus tu prends le problème rapidement, moins long sera la durée d'invalidité, d'incapacité, de douleur et des choses comme ça. Donc, plus vite tu traites le problème, plus vite tu as moins de problèmes. Et globalement, plus tu es acteur dans le truc et ça te donne des outils pour le futur.
- Speaker #1
Oui, en fait, finalement, plus on se fait mal, plus on va chez le kiné, plus on apprend. Plus on apprend, mieux on se connaît, mieux on est capable derrière de s'autopréter.
- Speaker #0
Exactement. Exactement.
- Speaker #1
Bon, ne faites pas exprès non plus de...
- Speaker #0
De se faire mal.
- Speaker #1
Et tu vois, parmi toutes les personnes que tu t'accompagnes au quotidien, que tu soignes, etc., on disait tout à l'heure qu'il pouvait y avoir des personnes qui débutent ou qui se remettent à l'activité un petit peu trop vite et qui peuvent se faire mal par sur-sollicitation, sur-utilisation, comme tu disais. Après, il y a aussi des personnes qui... Voilà, on peut se faire mal... Non. Quels sont les autres types de blessures pour qui le problème ne vient pas d'un manque de progressivité dans le sport ?
- Speaker #0
Ça peut être un mauvais geste. Ok,
- Speaker #1
faux mouvement comme on dit aussi.
- Speaker #0
C'est vraiment la mauvaise gestuelle technique du sport. Peut-être pour la course, on pense tous savoir courir mais ce n'est pas forcément vrai. Il y a des façons de courir pour avoir une course efficace, efficiente, choses comme ça. Donc, peut-être le geste sportif en lui-même, s'il est mal réalisé, tu risques de te faire mal.
- Speaker #1
Et ce n'est pas forcément toujours si facilement s'il est bien mal réalisé. On peut étudier avec la course à pied typiquement.
- Speaker #0
Oui, typiquement, mais par exemple, un service au tennis, on est tous capables de jeter la balle et de frapper dedans. Pour autant, tu risques de te faire mal à l'épaule parce que le geste, il n'est pas efficace, il n'est pas efficient. Tu mets en tension des structures qui ne devraient pas l'être. Tu utilises les mauvais muscles plutôt que d'autres choses comme ça. Et après, ça, il faut faire appel à des pros, à des entraîneurs.
- Speaker #1
Faire corriger.
- Speaker #0
Faire corriger, oui. Ou par des gens qui connaissent des choses comme ça. Mais c'est peut-être l'autre risque de blessure.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
ok. Un mauvais geste de… Ça, et après aussi un mauvais équipement. Des fois, des…
- Speaker #1
Mauvaises chaussures, par exemple.
- Speaker #0
Mauvaises chaussures, typiquement pour la course à pied. Souvent, il y a des mauvaises… Ouais, j'ai… Des mauvaises chaussures, même s'il n'y en a pas tant que ça. On peut en parler, si tu veux, des chaussures de course à pied. Mais peut-être que tu cours avec une certaine paire de chaussures, tu changes ta paire de chaussures, tu recours de la même manière. Pareil, il y a des choses qui ont été modifiées et derrière, ça peut t'entraîner une blessure, qui est quand même assez fréquente. Et les gens ne pensent pas souvent à faire le lien entre le changement de matériel et le risque de blessure derrière.
- Speaker #1
Parce que du coup, il faut se réhabituer au matériel.
- Speaker #0
Parce que les contraintes sont différentes. Tu as une façon de poser ton pied qui est différente, un amorti qui est différent. Enfin, plein de choses qui ne sont plus les mêmes sur lesquelles ton corps avait l'habitude de travailler. Et derrière, du coup, ça modifie les choses et ça peut t'entraîner des douleurs et des blessures.
- Speaker #1
C'est intéressant ce que tu dis, parce que je pense à des personnes qui peuvent démarrer une activité, même en essayant d'être progressive autant que possible. C'est sûr qu'on n'a pas forcément en tête, en allant acheter une paire de baskets, ça va influencer. notre corps et la manière dont on va ressentir le mouvement. Je ne pense pas qu'on réfléchisse à ça quand on débute une activité, de à quel point l'équipement peut avoir un impact aussi sur...
- Speaker #0
Sur le geste et sur le corps. Complètement. Après, pour la chaussure de course à pied, il y a beaucoup de marketing, beaucoup de communications qui sont faites là-dessus, et les études montrent que globalement, il y a quand même peu d'impact. De la chaussure à proprement parler, sur le risque... Non, pas sur le risque de blessure peut-être, mais sur la performance.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Sur le risque de blessure, ça va plus être une... Une question, encore une fois, de progression sur l'effort, progressivité de la mise en charge. Oui,
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Après, on peut peut-être faire plus au feeling, plus ou moins, on aime plus ou moins des gros chaussures, des petites chaussures, plus d'amortis, moins d'amortis, des drops différents, choses comme ça. Mais peut-être au feeling, mais tout ce qui est pronation, supination, t'entends des choses comme ça beaucoup dans les pubs, les reportages, c'est pas forcément vrai.
- Speaker #1
Il n'y a peut-être pas forcément besoin de trop se compliquer.
- Speaker #0
De trop se compliquer, c'est exactement ça. Si tu peux résumer le truc, on se complique trop la technicité du truc alors qu'elle ne l'est pas forcément.
- Speaker #1
Tu vois, ça me fait penser, j'ai fait un épisode il n'y a pas longtemps sur l'alimentation et c'est exactement ce qu'on se disait, avec de la sur-info de tous les côtés. En fait, tu as envie de faire tout bien, nickel. Et en fait, finalement, on se complique tellement qu'on en vient à faire pas si bien que ça.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et c'est un peu pareil avec...
- Speaker #0
Avec le matériel sportif. Il faut faire au feeling, tu fais au ressenti et tu fais au plus simple. Et si tu le fais de manière progressive, globalement, ça se passe très bien dans la majorité des cas.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est vraiment le truc à retenir, la progressivité pour prévenir aussi les blessures. Après, on a parlé du renforcement musculaire aussi. J'aimerais bien qu'on finisse l'épisode en parlant un petit peu plus de toi. Donc, tu fais du trail. Qu'est-ce que tu fais ou quels sont tes objectifs peut-être maintenant ? Et puis, quand tu en fais aussi de la course à pied ?
- Speaker #0
Donc, je fais du trail. Moi, je fais du trail moyen niveau. Je ne fais pas des grandes distances. Je suis autour des 50, une cinquantaine de kilomètres.
- Speaker #1
Quand même, quoi.
- Speaker #0
Oui, mais c'est après sur de l'ultra.
- Speaker #1
Tous les points qui te parlent.
- Speaker #0
Oui, bref. Et globalement, j'essaie de faire deux à trois courses par année. Et après, je m'entraîne quand je peux. Avec le job de kiné, c'est quand même des très bons métiers, mais c'est chronophage, ça prend beaucoup de temps. Je m'entraîne sur Lyon, globalement en ville. On a quand même la chance d'avoir Croix-Rousse et Fourvire pour faire des escaliers, des choses comme ça. C'est très ludique, c'est très sympa, mais de temps en temps, ça manque un peu de nature. Donc, si je peux sortir, je sors un peu de Lyon.
- Speaker #1
Et pourquoi le trail ?
- Speaker #0
Pourquoi le trail ? Parce que c'est quand même un sport qui allie un peu la course à pied, j'aime bien, les variations de rythme, un coup tu cours, un coup tu marches, un coup tu descends. Et les changements de paysages, t'es dans la nature, c'est quand même sympa. J'ai fait un peu de route, ce qui est très bien, mais il y a le côté nature qui manque un peu quand tu fais de la route.
- Speaker #1
Ouais. Et t'as fait d'autres sports par le passé ?
- Speaker #0
Ouais, j'ai fait 20 ans de rugby.
- Speaker #1
Ok. du coup bon tu courais déjà mais avec un ballon tu cours un peu mais t'aimes pas trop courir quand tu fais du rugby t'aimes pas trop courir c'est un peu le ballon parce que moi qui ai fait beaucoup de basket avant je me disais mais pourquoi courir bêtement tu vois tous les sportos et en fait on finit par tous faire la course on a tous commencé de la même manière on fait tous de la même manière t'as raison c'est ça qui est marrant et qu'est-ce qui te donne envie de continuer tu vois la course c'est ou même une autre activité. Mais qu'est-ce qui te donne envie, toi, de bouger régulièrement ?
- Speaker #0
C'est le côté bien-être du sport. T'es bien pendant, t'es ultra bien après. Et le côté santé. Et je pars du principe que tu ne peux pas dire aux gens toute la journée de bouger si toi-même, tu ne bouges pas. C'est des trucs que je ne conçois pas. Je pense qu'il faut être en forme. Déjà, tu véhicules une image. Et en plus, si tu tiens un discours que tu ne connais pas toi-même, c'est compliqué de le faire adhérer au patient.
- Speaker #1
Oui, c'est beaucoup plus simple, effectivement, quand tu as un cordonnier bien chaussé.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Exactement. Et par rapport à ça, tu as toujours fait du sport. Ça a toujours été assez simple pour toi ?
- Speaker #0
Oui, j'ai eu la chance d'aimer ça. J'en ai toujours fait depuis gamin, du ski, du rugby, de la course. Globalement, je suis quand même assez actif. Ça me paraît naturel pour moi de faire du sport. ce qui ne l'est pas forcément pour d'autres gens. Et après, à travers mon job, j'essaie de faire susciter un peu l'activité physique. Je transmets des informations et le message qu'il faut de l'activité physique. Et je comprends que certaines personnes ne peuvent pas forcément aimer, mais globalement, si tu amènes des gens, toi tu le vois dans ton quotidien, si tu amènes des gens vers l'activité physique, vers le sport, et ils arrivent à adhérer, ils prennent le goût du sport, tu en as quand même très peu qui reviennent en arrière et qui te disent que ce n'était pas un bon discours, ou que tu n'as pas ça leur apparent du service.
- Speaker #1
Oui, effectivement. Une fois que le pied est déjà dedans, le deuxième aussi.
- Speaker #0
Exactement. Une fois que tu as goûté et que tu arrives à apprécier le truc, c'est banco. Et encore une fois, pour la santé, parce que là, on parle de petites blessures, de choses comme ça, mais après, il faut le voir d'un point de vue santé général, l'activité physique, c'est exceptionnel. C'est mieux que tous les... tous les médicaments, tous les antidépresseurs. C'est le truc à promouvoir à foison. Et je me permets de te féliciter pour ton job. Vous, l'activité physique adaptée, vous n'avez pas un rôle encore assez important dans la société en France, en l'occurrence. Vous avez un potentiel entre les mains qui n'est pas encore assez exploité.
- Speaker #1
Il y a encore du boulot, très clairement.
- Speaker #0
C'est bien dommage.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais je pense que ça va évoluer petit à petit. Et tu vois, ne serait-ce qu'avec les jeux, les JO, je trouve qu'il y a des choses qui commencent un petit peu à bouger. Alors, bien sûr, c'est peut-être un effet post-jeu et on ne sait pas combien de temps ça va durer.
- Speaker #0
Mais tout ce qui est pris est pris. Et si tu as amené des gens à l'activité physique au sport, c'est gagné.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et toi, ça serait quoi ? Quel est le meilleur conseil que tu donnes quand tu as des gens qui viennent te voir ? Et parmi tous ceux qui viennent te voir, il y en a peut-être qui ne sont pas forcément sportifs ou qui ont un peu de réticence par rapport à l'activité physique. Qu'est-ce que tu essayes de tenir comme discours ? Au moins, quels conseils tu donnes à ces personnes-là pour les inciter à s'y mettre un petit peu ?
- Speaker #0
Que déjà, c'est possible, qu'on peut trouver le temps. Même si plus ou moins de temps, on peut toujours trouver un peu le temps. Peut-être qu'il faut faire un peu moins d'écran, chose comme ça, dans sa journée. Et que la moindre activité est bonne à prendre. Tout le monde, quand je parle de... Souvent, je dis le mot sport, en effet, je ne devrais peut-être pas... pas forcément le dire tout le temps.
- Speaker #1
Je fais pareil que toi, mais on simplifie aussi pour...
- Speaker #0
Oui, pour que ça soit peut-être plus clair.
- Speaker #1
Simple à comprendre.
- Speaker #0
Les gens pensent tous qu'il faut faire des marathons, il faut faire des ultras. C'est pas ça. Si déjà tu marches un peu, tu vas de chez toi à ton job la moitié du trajet en marchant, c'est déjà gagné. Petit à petit, il faut remettre un petit peu les gens en route, en marche, de manière à ce qu'ils prennent le goût et surtout, il ne faut pas faire un exploit sportif. Un petit truc du quotidien régulier et justement au quotidien que tu répètes tous les jours dans ta vie, ça, ça a des impacts et ça, ça a des effets sur ton corps, sur ta santé. Donc du petit, du petit très souvent vaut mieux qu'un gros de temps en temps.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et j'ai une dernière question pour toi, c'est finalement qu'est-ce qui t'a donné envie d'être kiné ?
- Speaker #0
Ah, c'est la question qu'on me pose souvent.
- Speaker #1
J'adore cette question.
- Speaker #0
J'aime bien le sport. Je voulais faire un job dans le sport, la santé et naturellement, ça, c'est... C'est venu à moi. Je n'ai même pas fait de stage en troisième en kiné, chose comme ça. Qui t'a donné la révélation. Qui m'a fait la révélation, exactement. Mais je ne sais pas, c'est venu naturellement. Après, tu t'orientes souvent dans des études sans vraiment savoir ce qu'il en est du job une fois terminé.
- Speaker #1
Après, ce n'est pas les études les plus simples, les études de kiné.
- Speaker #0
Ce n'est pas les études les plus simples, mais c'est des bonnes études et surtout, c'est un très bon job. Encore une fois, pour moi, mon job... Je pense qu'on devrait avoir une place encore un peu plus importante dans le système de santé français. Bref, c'est des choses qui... C'est purement politique, ça. Mais c'est un très bon job. Et on est au contact de la population. Et c'est un job manuel. Et franchement, c'est un très, très bon métier.
- Speaker #1
Oui, et je pense qu'il y a de quoi faire. Et heureusement que vous êtes là, tu vois, pour régler les petites ou même les grosses blessures des personnes qui se mettent à l'activité physique ou qui pratiquent régulièrement. Parce que c'est sûr que... Plus on en fait aussi, plus on a de risques de se blesser, mine de rien, parce qu'on prend plus de risques, d'une certaine manière. Mais voilà, pour des personnes qui pourraient craindre justement de se mettre au sport, de se mettre à l'activité physique, peu importe à quel terme on utilise, sachez que ça fait partie du jeu aussi de la blessure.
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça.
- Speaker #1
Mais comme on l'a dit, on peut l'anticiper et limiter un petit peu les risques. Oui. Et aussi, c'est soignable c'est-à-dire qu'il y a plein de choses qui peuvent être aussi... soigné en allant justement chez le kiné et heureusement que les kinés existent tu vois.
- Speaker #0
Complètement. Comme tu le dis, ça fait partie intégrante de l'activité. Si tu veux faire du sport et que tu veux pas te blesser, commence pas le sport, ça va faire partie du truc. Mais en se blessant entre guillemets, t'apprends sur toi, t'apprends sur ton corps, t'apprends sur ta façon de fonctionner et c'est des petits trucs, des petits outils que t'as pour plus tard dans ta pratique sportive ou autre qui font que tu vas continuer à progresser et à t'améliorer. Ça fait partie du truc.
- Speaker #1
Et tu vois, tu dis, si vous ne voulez pas vous blesser, ne vous y mettez pas. Mais j'ai envie de dire qu'un peu dans l'un ou dans l'autre sens, on a des risques de se blesser parce que moins on en fait, plus on a aussi des risques de se blesser, on va dire bêtement, quoi. Facilement, en descendant les escaliers, en loupant la marche. parce qu'on est moins prêt, le corps est moins prêt à tout ça.
- Speaker #0
Et même, il existe des problèmes, des pathologies, où tu as un phénomène de déconditionnement, où tu fais des choses, tu bouges relativement pas mal, derrière, tu as une période où tu ne fais rien, et bien là, tu peux avoir des problèmes. Et en effet, ce n'est pas parce que tu ne fais rien que tu as des problèmes.
- Speaker #1
Donc dans les deux cas, on aura des problèmes. Donc choisissez les problèmes que vous avez envie d'avoir. C'est ça l'exclusion.
- Speaker #0
C'est exactement ça. C'est toujours la balance bénéfice-risque. ça sera toujours favorable dans le bon côté de la balance si tu fais de l'activité physique.
- Speaker #1
On va terminer sur ces super paroles. Merci beaucoup à toi, Clément.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
D'avoir joué le jeu jusqu'au bout, d'avoir répondu et apporté ton expertise quand même sur ce sujet-là. Je te remercie. Et puis, je tenais vraiment à vous dire, pour ceux qui sont encore là à nous écouter, que si vous rencontrez des difficultés pour faire de l'activité physique, pour justement remettre le pied un petit peu à l'étrier, c'est... Osez écouter déjà les autres épisodes. Vous avez une trentaine d'épisodes à écouter qui pourraient vous motiver à pratiquer. N'hésitez pas à faire appel à des coachs sportifs ou à des personnes pour vous encadrer. Chez Mouvementale, il y a différentes solutions qui peuvent vous aider. D'une part pour vous motiver sur le plan vraiment mental, mais également pour vous mettre en mouvement. Je m'arrête là, mais n'hésitez surtout pas à trouver un moyen pour vous faire accompagner si c'est trop dur de le faire de votre côté. Je vous remercie encore pour votre écoute et je vous souhaite une très belle journée. Et à bientôt. Ciao. C'est tout pour aujourd'hui. Enfin, presque. Avant de partir, j'ai deux questions pour vous. La première, c'est quelle est la chose que vous pourriez retenir de cet épisode ? Et la deuxième, à qui vous pourriez la raconter ? En partageant ce podcast et en lui attribuant la meilleure note possible, vous inspirez d'autres personnes à être plus actives. Et comme votre avis compte beaucoup pour moi, N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions, j'essaierai de vous répondre. A bientôt !