- Speaker #0
Certains voient l'activité physique comme un investissement pour leur santé et leur bien-être. Vous voulez en faire partie ? Bienvenue chez Mouvementale. Je m'appelle Magali Dubois et je m'adresse particulièrement aux non-sportifs et à tous ceux qui aimeraient enfin réussir à adopter un mode de vie actif dans la durée. C'est en vous partageant des connaissances, des expériences et des points de vue différents que j'ai l'intention de vous aider à bâtir l'état d'esprit et la motivation nécessaire pour le faire. Alors j'espère que ça vous aidera et que vous aurez envie d'en parler autour de vous. Comment la danse peut transformer notre vie ? C'est la première question que j'ai envie qu'on se pose dans ce nouvel épisode de podcast. Mais au-delà de ça, il y a plein de questions qui me traversent l'esprit par rapport à la danse. Je m'y suis mise d'ailleurs cette année, à la danse de couple, et j'en parlerai un petit peu plus tard dans l'épisode. Mais plein de questions m'ont traversé l'esprit cette année. Et une autre des questions importantes, c'est finalement... qu'est-ce que la danse peut nous enseigner sur nous, sur la vie, sur les gens, sur les autres, etc. Et aussi pourquoi la danse peut faire autant peur. Peut-être que c'est des questions qui vous ont déjà traversé l'esprit. Et aujourd'hui, dans ce nouvel épisode, je suis avec Marine Vallée, qui est préparatrice mentale, qui est danseuse aussi et prof de danse. Et ensemble, on va aller aborder ce sujet de la danse. et en fait pourquoi, avant qu'on aille plus loin et que je te donne la parole, Marine, pourquoi on en est là à parler de ce sujet ? Alors, c'est assez drôle et moi, j'aime bien démarrer mes épisodes comme ça en partageant une petite anecdote. En fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'avec Marine, ça fait deux jours qu'on est ensemble et hier, on a foulé le parquet ensemble.
- Speaker #1
Pour la première fois.
- Speaker #0
Pour la première fois, on est allé danser ensemble. J'ai partagé la danse que je pratique. Elle a pu découvrir ça et en fait, dans la continuité, finalement, c'était assez logique. On se retrouve à faire un épisode de podcast ensemble parce que moi, ça fait longtemps que j'ai envie d'aborder le sujet. Avec Marine, on travaille aussi ensemble et on vous en parlera un petit peu après. Mais voilà un petit peu la base de pourquoi on en est là à parler de ça aujourd'hui. Donc, bienvenue à toi, Marine, sur le podcast Moumental. Je suis ravie de t'accueillir.
- Speaker #1
Merci, Mag. Moi aussi, je suis très contente et j'ai le droit de pouvoir partager plein de choses avec toi et effectivement de parler de la danse ensemble.
- Speaker #0
Trop bien ! Écoute, moi je t'ai présentée de manière ultra succincte en trois mots, préparatrice mentale, danseuse, prof de danse, mais j'aime bien aussi laisser toujours aux invités la possibilité de se présenter à leur manière. En fait, c'est quoi là, comme ça, naturellement, ce qui te viendrait en tête pour dire deux mots sur toi, sachant que de toute façon, on va apprendre à te connaître tout au long de l'épisode.
- Speaker #1
Je crois que tu as déjà bien résumé le phénomène en chantant le spécimen. Ouais, moi, effectivement, ça fait depuis mes 18 ans que je danse, donc pas depuis que je suis toute jeune, mais un peu moins jeune. Mais depuis mes 18 ans, j'ai commencé la danse de couple, effectivement, la danse à deux. Et en fait, ça ne m'a jamais quittée. J'ai vraiment commencé par hasard, parce que j'ai des copains qui voulaient s'inscrire et qui m'ont motivée à me dire, allez, viens, pour équilibrer les cours, il nous faut une follower. Je ne savais même pas ce que c'était qu'une follower.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'une follower ? C'est une entrée de deux.
- Speaker #1
En fait, dans la danse à deux, tu as un leader qui est du coup le cavalier, la follower qui est la cavalière. Donc, un qui donne les indications et l'autre qui tue. Et généralement, c'est genre Ré. C'est-à-dire que les hommes font le leader, les followers sont plutôt les femmes. Mais en ce moment, on a beaucoup de switch qui se font et de changement de rôle complètement. Et donc, j'ai commencé par hasard et en fait, ça ne m'a jamais quitté. Et depuis 2016, j'enseigne la danse à deux. Il y en a plein, ça peut être rock, salsa, vals. bachata, zouk, et puis après je suis tombée amoureuse du west coast swing, j'avais aussi fait du lindy hop et donc je me suis vraiment spécialisée dans la danse à deux beaucoup plus que la danse solo même si j'ai aussi fait de la danse solo mais c'est vraiment cette interaction sociale et ce lien avec l'autre et comment tu crées à deux et c'est pour ça que j'ai adoré le west coast parce que tu peux vraiment créer avec l'autre personne et donc de manière naturelle on m'a proposé de l'enseigner, je l'ai enseigné et puis après j'ai vu effectivement par la suite on parlait énormément de technique Et j'ai voulu apporter quelque chose de nouveau, en fait, finalement, très novateur. Et c'était la notion du mental dans la danse. Parce qu'en fait, je me suis très vite rendue compte que quand tu te connais, t'es un autre être humain, il se passe des choses. Quand tu dois oser faire des trucs, c'est pareil. Quand tu dois danser, performer sur une scène, tu dois apprendre à gérer toutes les émotions qui sont à l'intérieur de toi. Bref, on va en reparler pendant cet épisode. Mais c'est ce qui a fait que je suis devenue préparatrice mentale et que j'ai voulu apporter ça dans le monde de la danse. Et en parallèle, effectivement, je coache aussi plus sur le côté entrepreneuriat. J'aide aussi les professeurs de danse, ceux qui ont des écoles, à définir leur stratégie, à définir leur marketing, à coacher aussi leur mindset. Parce que finalement, être professeur de danse ou être à la tête d'une grosse école de danse, ce n'est pas simple tous les jours. Il y a plein de choses à gérer. Tu m'as dit en deux mots, en deux phrases, mais je vais un peu plus long.
- Speaker #0
Et voilà, ça fait un peu tout mon petit monde avec différents chemins qui se recoupent. Trop bien. Mais trop cool, du coup. En fait, moi, ce qui me marque dans tout ce que tu dis, c'est plein de choses intéressantes, mais ça connecte vraiment avec le sujet du jour. Quand tu parles du mental, la question que j'ai posée au départ, qu'est-ce que la danse nous enseigne ? Parce qu'en fait, elle nous enseigne plein de trucs à propos de nous, à propos de l'autre, à propos du lien entre les deux, en fait. Et toi, tu parles aussi du fait que finalement, tu t'es lancée dans la danse parce qu'on t'a un peu encouragée à le faire au début, tu vois, on t'a poussée à le faire. Mais d'un côté, tu es allée trouver des choses et notamment ce côté un peu connexion, partage. Aujourd'hui, c'est quoi le truc qui te plaît le plus dans la danse ? Le truc que tu ne trouveras pas ailleurs. Par exemple, je sais que tu fais du crossfit. Et d'ailleurs, la danse, petite parenthèse, moi, je trouve que c'est une activité qui est vraiment très différente des autres. Et on ne peut pas retrouver... On ne retrouve pas forcément cette connexion-là. Même si, par exemple, dans un sport d'équipe, on partage des choses avec les autres gens, mais ce n'est pas pareil. Parce que déjà, il n'y a pas la proximité corporelle.
- Speaker #1
La corporelle, d'accord.
- Speaker #0
Mais du coup, toi, c'est quoi le truc que tu vas chercher spécifiquement dans la danse que tu ne trouveras pas peut-être dans le snow, dans le crossfit ou d'autres sports ? J'aime trop ta question parce que tu vois, si tu m'avais dit qu'est-ce que tu vas rechercher dans le sport ? Parce que la danse, ça reste un sport quelque part, même s'il y a beaucoup d'art. Donc, c'est un sport artistique.
- Speaker #1
Je vais chercher le truc de « Ah, je peux poser mon sac à dos d'émotions, de pensées. » Et juste, je vais me focaliser sur un truc pendant une heure, une heure et demie, deux heures. Beaucoup plus en danse. Mais en fait, ça, je le retrouve vraiment dans toutes mes catégories de sports confondus. Alors que dans la danse à deux, ce que je retrouve, en fait, c'est effectivement le lien avec un autre être humain, en fait. Je ne sais pas, mais juste la connexion. que ce soit physique, le fait de poser sa main d'être en connexion au niveau ici, de jouer avec l'élasticité les compressions, jouer avec la gravité etc en fait ça t'amène à une autre façon de t'exprimer et surtout de communiquer parce que la danse c'est une expression de soi sans les mots tu fais de la danse solo et tu peux t'exprimer et mettre ta couleur dans les mouvements mais par contre Merci. Pour le communiquer, tu exprimes quelque chose et nous, on te voit visuellement en danse solo. Par contre, dans la danse à deux, la communication passe vraiment par l'épaule, l'omoplate, la connexion entre les deux mains, à quel point tu vas mettre du stretch, pas de stress, du poids du corps. Et en fait, tu vas communiquer quelque chose aussi visuellement, mais aussi dans les sensations. Et c'est pour ça que j'ai mes danses aussi favorites, parce que les danses qui me plaisent le plus, finalement, quand j'y pense en parlant, c'est celle où je vais ressentir le plus. Donc, en fait, pour résumer, c'est ça, c'est la connexion avec l'autre peut être plus ou moins intense, plus ou moins présente. Et du coup, en fait, c'est un truc de fou. Comment est-ce que tu peux arriver à anticiper le mouvement d'un corps, y répondre, tu vois, mettre aussi un peu de ton grain de sel dedans, t'entends un truc de la musique, boum, t'es en coordination. Et en fait, c'est trop cool parce que t'as un autre niveau de communication. Et même de degrés de partage avec la personne. On peut boire un café et discuter ensemble, mais partager une danse, c'est un autre niveau. Un peu comme il y a différents niveaux d'intimité avec une personne, là, j'ai l'impression qu'on partage un autre niveau de partage.
- Speaker #0
Et en même temps, je suis sûre que tu vois, dans les personnes qui écoutent, ça peut créer un peu de la tension en mode « je ne suis pas à l'aise avec ce truc » . Non, mais vraiment, parce que c'est à la fois... À la fois, en fait, quand tu danses avec quelqu'un, tu te dévoiles. Tu vois, tu montres qui tu es aussi. C'est d'ailleurs ce qui n'est pas évident à faire. Et je pense qu'on y reviendra sur le fait qu'on peut avoir des craintes et on peut ne pas être à l'aise dans la danse et être un peu en...
- Speaker #1
en position parfois de recul tu le vois dans certaines noms ils te disent mais toi il faut te coller au niveau du bassin au niveau du haut du corps et en fait les élèves ils arrivent et ils font non je fais pas ça peut-être à la tête toi et que tu te rends tu te recules puis le corps qui essaye parce que c'est effectivement
- Speaker #0
en fait tu te livres un peu à l'autre et donc c'est à la fois quelque chose où je pense ça peut créer de la tension chez les gens qui écoutent mais en même temps cette tension là qu'est-ce qu'elle veut dire sur soi tu vois dans le fait de... Moi, je trouve qu'il y a vraiment un lien avec s'autoriser à montrer qui on est, tu vois, et s'autoriser à être qui on est. C'est ça. Et en plus, c'est se connecter autrement de ce qu'on a l'habitude de faire. En plus, oui,
- Speaker #1
on est en début 2026, mais il y a eu le Covid qui est passé, il y a la visio qui est devenue de plus en plus présente dans le quotidien, il y a le télétravail, attention, barrières de sécurité. Et là, on dit, ben non, en fait, il faut que tu viennes te connecter. physiquement à la personne, pose ton bras sur son homoplate, mets ta main dans sa main, colle-toi au niveau de ici parce que c'est là que se fait la connexion. Et en fait, ça va vraiment à l'encontre de tout ce qu'on te dit depuis des années en mode, attention, l'autre est potentiellement un danger pour toi. Et là, c'est OK. En fait, il faut que je fasse confiance.
- Speaker #0
Et là, tu parles du côté un peu sanitaire, tu vois. Mais il y a aussi le côté, dans notre image de la société en France. se coller à quelqu'un, ça peut avoir aussi des connotations.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Or, ce n'est pas censé être le cas quand on danse. En tout cas, il faut apprendre à voir les choses autrement, sinon, effectivement, on ne s'en sort pas. De toute façon, en plus, les non-danceurs ne comprennent absolument pas cette notion de connexion ou de partage non-verbal sur une musique.
- Speaker #1
Tout de suite, ça part dans des images. C'est impossible que tu n'aies pas d'afférence. Ça ne veut pas dire autre chose, etc. en fait on en est vraiment sur une notion de juste on adore,
- Speaker #0
on partage et on vit un truc mais je pense que tant que tu t'autorises pas à le vivre et à l'essayer, tu peux pas comprendre et moi pour le coup j'ai toujours dansé mais plutôt des danses solo quoi et je me suis mise à la danse l'année dernière et justement les premières fois où j'ai dansé Alors après, je suis plutôt à l'aise avec le contact de base. Donc, je n'ai pas eu cette première barrière que beaucoup de danseurs débutants ont, qui est franchir le... Enfin, en fait, rentrer dans la zone de l'autre. C'est ça. Ça, c'est vraiment, je pense, un des trucs les plus durs quand on n'est pas forcément à l'aise avec ça, c'est déjà de franchir ce truc-là. Moi, je n'avais pas ce blocage-là, mais donc, ça m'a permis de comprendre ce que ça voulait dire que de se connecter. Et aussi, je reviens à ce que tu disais au début, d'être dans les sensations. plus focus dans les sensations. Et d'ailleurs, moi, quand je danse, souvent, je ferme les yeux.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. Je t'ai vu danser hier et tout de suite, boum, tu fermes les yeux.
- Speaker #0
Alors, je sais que parfois, il faudrait que j'apprenne à plus les ouvrir, mais pour l'instant, c'est ce qui me permet de me connecter et d'être là-dedans, parce que si j'ouvre les yeux, en fait, je commence à voir les gens autour, donc en fait, je me dissipe, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, je comprends.
- Speaker #0
Ou je sors de la bulle dans laquelle je suis avec mon partenaire. Et voilà, en fait, tout simplement pour dire que je pense... tant qu'on ne l'expérimente pas, on ne peut pas se rendre compte. Parce qu'en plus, selon les gens, on a beau se coller, la connexion n'est pas toujours là. Même si tu es très collée physiquement.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord. Et il y a juste une précision que j'ai envie de faire. D'ailleurs, c'est pour ça que fonctionnent énormément bien le rock et la salsa. Parce qu'en fait, tu n'as pas cette notion de je viens me coller à l'autre que dans la kizomba tu as, que des fois dans la bachata sensuelle, dans le foro. Alors, tu vois, tu as toujours cette notion de mon espace, ton espace qu'on a appris avec Dirty Dancing. En fait, le rock et la salsa, c'est ça. J'ai mon espace toujours, on se connecte à un autre bras. Alors que, en fait, pardon, mais les cours de Kizomba en débutant, tu leur dis allez collez-vous. C'est un peu compliqué, quoi. Même s'ils sont bien conscients que la connexion passe par cela. Effectivement, c'est super dur. Et d'ailleurs, dans mes cours débutants, le truc qu'on fait en premier, c'est en fait, les gars, on va juste marcher comme ça dans la salle. on va baisser la lumière et dès que tu croises quelqu'un dès que tu as une connexion visuelle avec quelqu'un tu lui fais un hug tu fais un hug de 3 secondes tu lâches la personne tu lui fais un sourire tu lui dis merci et on remarche et en fait tu fais ce processus là pendant sur une musique sur une ou deux musiques suivant le nombre de personnes que tu as et en fait déjà juste ça boum ça apaise aussi le mental de punaise je vais devoir coller ma hanche ma jambe le haut de mon corps et là ça devient un peu plus stressant qu'effectivement le rock ou la salsa où tu es plus loin le west coast aussi Merci.
- Speaker #0
donc ouais ouais je vois bien ça dans les cours débutants clairement est-ce que c'est un truc d'ailleurs parce que c'est plus prégnant dans les cours débutants mais t'as quand même des gens je pense même d'un certain niveau qui peuvent encore avoir du mal alors pas forcément dans l'idée de se connecter à l'autre mais plus dans ce que ça renvoie plus dans là on va venir un peu toucher je pense le regard des autres mais du coup si t'es pas à l'aise pleinement avec ton corps toi-même bah du coup la connexion elle est un peu moins elle peut être un peu moins fluide elle peut être un peu altérée et ça j'imagine que ça se retrouve quand même à certains types de niveaux de danse de niveau de danse ce côté en fait si j'aime pas trop mon corps ou si je suis pas à l'aise dans mon corps ou si je l'accepte pas tel qu'il est si je m'autorise pas à le faire bouger et effectivement en fait plus tu montes en niveau
- Speaker #1
Au début, tu peux peut-être jouer un rôle ou mettre un masque. Tu parlais de beaucoup être soi-même. Moi, j'aime bien, oui, danser qui tu es, mais en fait, c'est super dur de danser qui en est. C'est déjà... Parce que souvent, des fois, on ne sait pas trop qui en est ou alors pas à 100% ou quoi. Et du coup, il y en a beaucoup qui... OK, c'est le principe de la danse et je vais appliquer le principe. Mais comme tu dis, ils ne sont pas vraiment connectés parce qu'ils n'ont pas conscience encore de qui ils sont ou leur corps, leurs limites, plein de choses. Et en fait, plus tu vas progresser et plus on va te demander un travail sur la connexion qui est beaucoup plus chirurgical, qui va rentrer dans des détails vraiment plus poussés. Et en fait, il y a un moment donné, tu es obligé de passer par toi et de travailler sur toi, comprendre des choses à propos de toi pour pouvoir justement avoir une meilleure connexion. et d'ailleurs à n'importe quel niveau ou n'importe quel niveau d'expérience on revient tout le temps à la connexion dans les cours parce qu'en fait tu grandis avec ta danse en fait et du coup plus tu grandis avec la danse et plus t'acceptes effectivement de te dévoiler ou plus t'accèdes aussi à un niveau de spécificité beaucoup plus précis plus t'es capable d'aller chercher des connexions qu'au début t'étais impensable de pouvoir avoir plus la technique s'affine mais en fait il y a vraiment tout ce travail autour de l'être et qui fait que ça améliore aussi la connexion. Et d'ailleurs, si tu as des... Je n'ai pas d'exemple en tête, mais en tout cas, je n'ai pas d'exemple en tête de champion qui ne maîtrise pas ce truc-là ou qui n'accepte pas ce truc-là, mais tu le sens tout de suite quand même. Tu vois, genre, OK, je vais le faire, mais je sens bien qu'il y a une petite réticence, mais en même temps, techniquement parlant, c'est ce dont j'ai besoin. Du coup, je vais quand même le faire. Et ouais, en en parlant là maintenant, je vois bien ce truc-là. Et en même temps, si tu veux monter en niveau, malheureusement, il va falloir aller casser un petit peu des trucs. J'ai beaucoup de danseurs qui se sont forcés à le faire. Et c'est là où j'interviens pas mal en problème mental. Parce que peut-être qu'on n'est pas obligé de se forcer à le faire. Et peut-être qu'il y a un autre chemin pour le faire.
- Speaker #0
En fait, ce que tu dis, ça me fait penser à... Quand on parle de connexion, c'est se connecter à l'autre. Mais en fait, c'est se connecter à soi en priorité. Parce que quand tu... tu te connectes bien à toi et à ce que tu ressens, tes sensations, du coup, tu es plus dans une forme de lâcher prise et de profiter de l'instant, etc. Et du coup, j'ai l'impression que ça, ça vient aussi répondre un peu au blocage qu'on peut avoir au début par rapport à cette espèce de connexion, ce truc-là qu'on essaie de créer ensemble. Donc, je ne sais pas, quand tu dis, il y a peut-être besoin d'aller aborder le sujet sous une autre facette. Est-ce que c'est ce sujet-là dont tu parles ? Tu vois le côté, finalement, se recentrer sur soi pour derrière.
- Speaker #1
C'est intéressant. Je n'aurais pas utilisé se recentrer sur soi, mais en même temps, c'est assez vrai.
- Speaker #0
Tu sais, j'ai le côté préfrontal qui s'active en mode…
- Speaker #1
En fait, quand tu te connectes à une autre personne, tu as tout ton modèle du monde qui vient et qui t'active, tu sais. Donc, tes croyances, tes peurs, les projections que tu fais. Un peu comme si tu étais toute seule chez toi, tu agirais d'une certaine manière. Par contre, tu as quelqu'un qui est dans la pièce, tu as plus de retenue, tu n'oses pas tous effort, attention à ce qu'elle va penser. Quand tu viens te connecter dans la danse à quelqu'un, il faut en plus que tu bouges sur la musique. Mais en plus, est-ce que je vais oser faire un truc ? Qu'est-ce qu'il va penser ? Qu'est-ce qu'elle va penser ? Est-ce que je suis dans le bon timing ? Est-ce que je suis au bon endroit ? Au bon moment ? Tout ce que tu vas penser à propos de toi, des doutes, si tu penses que je suis nulle, tu vas tellement douter de ton truc qu'en fait, tu vas le remettre dans ta danse. Et en fait, c'est comme si l'autre... devenir un miroir de tes propres insécurités. Et donc, il y a besoin de travailler sur ces insécurités, effectivement, pour avoir un lien qui est beaucoup plus authentique et une connexion qui n'est pas genre Canal+, tu vois, genre saturée d'informations, qui crée vie. Et donc, c'est pour ça que je me dis, effectivement, se recentrer sur soi, mais en fait, c'est même... Ce n'est pas se recentrer, je me ferme, je vis mon truc, et voilà. mais c'est attends il se passe quoi à l'intérieur de moi qu'est-ce que c'est en train de me dire ah ouais ok c'est ça bon du coup c'est plus apaisé j'ai compris et du coup tu peux mieux te connecter ouais trop intéressant ça me fait venir encore autre chose sur le côté renouer
- Speaker #0
avec son corps aussi en fait parce que on est souvent dans la tête on est quand même beaucoup dans la tête et même dans la danse t'es dans un truc où tu fais bouger ton corps souvent tu restes dans la tête quoi mais... Et d'ailleurs, je pense que c'est un truc que tu dois sûrement beaucoup travailler avec les danseurs. C'est comment faire pour... En fait, il y a des moments pour être dans la tête, des moments pour être plus dans le corps. Et comment faire pour faire le lien, le joint entre les deux ? Parce que mine de rien, les deux sont ensemble. Tu vois, la tête, elle est sur le corps. C'est exactement ça. Et on est obligé de composer avec les deux, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, complètement. Et toi, ça me fait penser à... Ouais, on est dans la tête, on analyse tout le temps. Et le cerveau analytique, il est en mode « super, une info, tiens, je décode, qu'est-ce que ça veut dire ? Quelle histoire je peux me raconter ? » Sauf qu'en fait, on vient saturer la tête, ce qui fait que du coup, on n'entend même plus ce que le corps, il nous dit.
- Speaker #0
Et on ne ressent plus.
- Speaker #1
Et on ne ressent plus, et même ça vient... Ça vient même mettre du doute dans les trucs que tu construis dans ta danse. Parce que quand tu es en train d'analyser, tu ne laisses même plus le corps faire. Sauf que le corps, il est super intelligent. Il y a la mémoire musculaire. À force d'avoir fait des trucs et d'avoir bossé, tu n'y réfléchis même plus quand tu le fais. Mais quand tu te mets à réfléchir, tu n'y arrives plus. C'est comme un sportif de haut niveau qui est pris au JO. En fait, il a beau être super fort, si le jour J, il stresse de ouf, il ne peut pas performer. Il n'y arrivera pas et il ne sera pas à son potentiel. Et on travaille beaucoup justement cette reconnection avec la tête et le corps. Du coup, on utilise pas mal d'outils. Déjà, de comprendre que les deux ne sont pas séparés. Et du coup, il y a plein de petits exercices que tu peux faire pour conscientiser justement, OK, mon pied sur le sol, comment il bouge ? OK, mon bras ? Et de prendre en fait surtout conscience de mes limites corporelles. Parce que bon, déjà, je prends conscience de mon corps, comment est-ce qu'il est ? Et ensuite, OK, quelles sont mes limites corporelles à moi ? Du coup, ça m'aide beaucoup à aller jusqu'à un bout de mouvement ou pas, à être plus sharp, tu vois. Et pour prendre conscience de tout ça, moi, j'utilise beaucoup, par exemple, la sophrologie, tu sais, où tu vas te fermer les yeux, prendre conscience des petites cellules qui te composent. Et puis après, il y a aussi toutes les barrières mentales, c'est-à-dire toutes les croyances, toutes les projections, tout ce qui fait ton monde intérieur et qui, du coup, en fait, crée un stop, en fait, dans l'information neurologique, tu vois. Au bout d'un moment, quand tu fais sauter ça, ces croyances-là, ou ces charges émotionnelles qui te guident, dans ta tête, c'est beaucoup plus calme. Et donc, ça laisse beaucoup plus le naturel émerger. Parce que, par exemple, si j'étais avec toi et que je réfléchissais à ce que j'avais envie de dire, mon discours serait peut-être certainement beaucoup moins fluide. Alors qu'en fait, si je me connecte à ce que j'aime, ce que j'ai envie de dire, ce que ta question m'évoque et que je ne réfléchis pas à ce que vont penser les auditeurs, blablabla. En fait, je suis beaucoup plus naturelle, je m'autorise à faire des erreurs si j'ai envie. Si ça arrive, ce n'est pas grave, etc. Et en fait, apaiser le mental avec justement cette préparation mentale, le coaching, tous ces questionnements qui viennent faire exploser ces charges qui nous guident. Et par charge, c'est les charges émotionnelles, les pensées, etc. En fait, ça te permet de reconnecter à un truc qui est plus fluide et de « Ok, c'est bon, je peux écouter mon corps parce qu'en fait, j'arrête d'être juste dans ma tête. »
- Speaker #0
Et en même temps, T'sais... Je me dis, quand t'es pas forcément à l'aise avec ton corps ou que tu l'écoutes pas, parce qu'il y a des moments où effectivement t'es plus dans la tête et tu oublies ton corps, quoi. C'est dingue. Puis je pense aussi à beaucoup de personnes qui sont en recherche de perdre du poids. Pas forcément beaucoup de poids, mais qui ont du mal avec leur image, etc. Du coup, le corps reste un problème dans leur tête, tu vois. Et finalement, aller se mettre en mouvement par la danse... Ça fait flipper, quoi ! Tu vois, c'est comment tu peux faire pour y aller alors qu'en fait, de base, t'es pas à l'aise avec le truc et t'es pas à l'aise avec ton image, en fait. Donc là, quand je parle de ça, je pense vraiment à plein de personnes qui ne franchissent pas ce cap-là, alors qu'elles adorent peut-être la musique, qu'elles adorent danser dans leur salon, enfin voilà, comme ça, mais du coup qui ne s'autorisent pas à faire ce truc-là. En fait, c'est un peu le serpent qui se mord la queue, parce que tu... tu n'es pas forcément bien dans ton corps, donc du coup, tu n'oses pas t'exposer toi-même et en même temps aux yeux des autres. Mais en même temps, c'est peut-être ce qu'il faudrait faire pour justement créer une nouvelle relation avec ton corps. Comment tu... Tu as envie de dire quoi, tu vois, des personnes qui sont un peu là-dedans ?
- Speaker #1
Oui, je vois exactement ce que tu veux dire. Parce qu'en plus, comme tu dis, c'est ça, c'est le serpent qui se mord la queue. C'est-à-dire que tu es en train d'alimenter un cercle dans lequel tu te dis que bouger pourrait te faire du bien, mais en même temps, bouger égale danger parce que tu t'exposes dans un cours de danse. Ou d'un moment, quand tu vas dans des cours de danse, ce qu'on te conseille en tant que prof, c'est d'aller dans des soirées sociales où tu vas danser plus pour justement pratiquer plus. Donc, tu t'exposes plus. En soirée, tu n'es plus avec des gens que de ton niveau, tu es avec des gens d'un meilleur niveau, dont les profs. Et puis alors là, ça devient... Et j'ai beaucoup de gens qui galèrent à passer ce step-là. effectivement de soit venir en cours, et encore, une fois qu'ils sont venus au premier cours, il faut les maintenir pour qu'ils restent au prochain cours. Et après, une fois qu'ils sont restés en cours à l'année, il faut que... Je n'aime pas parler en injonction, mais on leur dit qu'il est nécessaire d'aller pratiquer en soirée pour être meilleur et pour rencontrer des gens. Vraiment, la mémoire musculaire, c'est important et tu as besoin de répéter pour intégrer. Mais c'est encore une autre histoire.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il faut franchir le cap un peu au début de désagréable, mine de rien. Tu vois ? Parce que comme tu dis, t'as la personne qui vient, qui fait le premier cours, mais après, ton objectif en tant que prof, c'est de faire en sorte qu'elle revienne. Et en plus, moi, ça me fait connecter à un truc que je rencontre souvent, qui est... J'entends souvent le « bah non, mais moi, j'aime pas le sport » ou « j'aime pas telle activité » , mais en réalité, t'aimes les activités dans lesquelles tu te sens bien, mais du coup, tu peux pas te sentir bien au début, par exemple avec la danse, si t'es pas à l'aise avec ton corps, machin. Mais en même temps, si t'as cet état d'esprit qui est orienté vers si je le pratique plus, du coup, je m'habitue à quelque chose de différent et en plus, j'apprends des choses et petit à petit, ça se ramollit. cette croyance ou cette image que j'ai de moi et qui n'est pas très agréable. En fait, si je suis franchie ce premier cap, alors il peut être plus ou moins long pour les gens, derrière, tu bascules dans finalement, mais cette activité me procure un bien-être de ouf et j'adore et je suis trop bien. Et moi, ma grande question, c'est comment on fait pour faire en sorte que la porte ne se referme pas tout de suite ?
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Et comment on fait pour faire comprendre que finalement, C'est peut-être parce que le truc qui te met dans une situation pas agréable et qui te met dans un peu de la peur, de l'insécurité, qu'il faut peut-être s'y aller en fait, l'explorer avec une âme d'enfant.
- Speaker #1
Ouais, tu parles de plusieurs trucs. C'est trop intéressant. J'aime bien le truc âme d'enfant, parce que des fois, en tant qu'adulte, tu vois, on réprime un peu notre enfant intérieur. Non, il faut être sérieux, il faut faire le travail, tu vois. Alors qu'en fait, on est juste des grands enfants. Et moi, je ne sais pas vous, mais en tout cas, moi, ce qui m'anime, c'est le jeu, c'est s'il y a du fun. Tu vois, j'apprends beaucoup plus vite. J'ai beaucoup plus envie de m'investir si ça va être rigolo. Tu vois, j'ai ce truc de « Ah, c'est bon, j'ai des étoiles dans les yeux parce que je trouve ça rigolo à faire. Vas-y, je vais tester. » Et en fait, ce que tu me dis, ça m'évoque énormément le fait que j'ai l'impression qu'aujourd'hui, dans la vie, on aime tout ce qui est facile. C'est genre « Ok, j'ai faim, je commande un Uber. Ok, je veux regarder quelque chose. Bon, ben, j'ai Netflix. » « Ok, je veux parler à quelqu'un, il y a des applications de rencontre. » « Ok, il y a ça. » Et en fait, tu as tout, tout de suite, maintenant, encore plus avec les applications qui t'envoient plein de shoots de dopamine et tout. Et tout est facile. Mais par contre, quand il faut faire un truc de difficile, là, ça devient vraiment challengeant parce qu'il faut que tu fasses un effort. Il faut que tu mettes l'intention, que tu décides de te mettre en mouvement et d'y aller.
- Speaker #0
Et tu n'es même pas sûre qu'en plus, ça soit bien prêt.
- Speaker #1
Exactement. C'est clair. Et en fait, c'est super dur de faire le premier pas. C'est comme faire le premier pas pour aller courir. Tu vois, genre, en fait, ou de sortir marcher alors qu'il pleut. C'est la flemme, les gars, si on s'écoute. Mais en fait, c'est trop bon pour la santé, c'est trop bon pour l'oxygénation, pour le corps, pour plein de choses. Et je pense qu'il faut comprendre qu'on pourrait tous faire le choix de rester dans une zone de confort, dans notre canapé, à manger quelque chose et à regarder un truc, tu vois. Mais en fait... Je pense qu'on a un cerveau qui est une machine extraordinaire et qui a besoin de s'alimenter, de s'oxygéner, on est des êtres de lien aussi. Il y a des choses qui nous font peur parce que du coup, le cerveau vient s'activer. En plus, quand tu vas dans un cours de danse, tu es confronté au regard des autres et je vais peut-être être nulle. Ah mais je ne sais pas danser. Ça tombe bien, c'est un cours débutant en fait, tu viens apprendre. Si tu attends d'être prêt pour y aller, jamais tu ne vas y aller. Si tu attends d'avoir confiance pour y aller, jamais tu y vas. Parce que la confiance, elle vient en expérimentant. Je ne suis pas confiante dans le fait de faire du snowboard tant que je n'ai pas appris à faire du snowboard. C'est pareil pour la danse. Pour revenir à la zone de confort, on pourrait rester dedans, mais... Je pense que si on a envie de grandir, si on a envie de se challenger, d'apprendre, et je pense que c'est ça le but de la vie, c'est d'apprendre un maximum, c'est d'aller expérimenter nos limites, c'est d'aller expérimenter plein de trucs. En fait, malheureusement, des fois, c'est effectivement faire les choses qui nous font peur. Parce que je crois que si les choses, elles nous font peur, c'est peut-être parce qu'elles ont un truc à nous apprendre. On a un truc à aller apprendre sur nous, on a un truc à aller tester. Et des fois, en fait, la peur, de toute façon, elle est là parce que tu as une certaine carte du monde avec... tes propres expériences, ta propre éducation. Parce qu'en fait, tu ne sais pas que si tu sors de la France et que tu vas en Espagne, c'est aussi un super pays avec un super truc à manger, etc. Mais comme tu n'y es jamais allé, tu as trop peur. Mais une fois que tu vas y aller, tu vas dire « En fait, c'est trop cool, ils dansent la salsa partout là-bas, puis il y a des super paellas, des barres à tapas, les gens sont chauds et tout, tu vois. Enfin, chaud égale gentil. Et du coup, tu as grandi ta carte du monde. Et je pense que tant qu'on ne comprend pas qu'en fait, toute notre vision du monde, elle est définie par rapport à ce que je crois. En fait, ce que je crois peut évoluer, grandir, et ce n'est pas la vraie réalité, il existe aussi plein d'autres réalités. On va rester coincés dans ce truc-là.
- Speaker #0
Je crois que c'est ça, en fait, le truc du step à faire, c'est d'aider les gens à se rendre compte qu'en fait, tu es en train de t'enfermer dans une cage alors qu'en fait, il y a un monde de ouf dehors et peut-être que c'est le truc qui va t'aider, c'est peut-être le truc qui va te faire du bien, etc. Mais si tu ne testes pas, tu ne sauras jamais. Oui,
- Speaker #1
c'est clair. La question qui sort d'un coup dans ma tête, c'est à côté de quoi on passe si on ne le fait pas ?
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
À côté de quoi on passe si on n'y va pas ? Parce qu'en fait... C'est pour ça que j'aime autant accompagner les gens. C'est parce que quand il y a un inconfort, qu'il soit physique, du style « je n'aime pas mon corps » ou « je ne suis pas à l'aise » , quand il y a un truc qui bloque ou qui n'est pas agréable, je me dis toujours « mais pourquoi on reste là-dedans ? » En gros, je suis hantée par le fait de... de vouloir le traverser d'une autre manière. Pour derrière, finalement, tu parles d'inconfort. Moi, je suis persuadée que quand on se confond, tu as des trucs compliqués ou difficiles. Derrière, on ouvre une nouvelle porte. Et quand on a ouvert une nouvelle porte, le truc qui paraissait être un problème avant, un inconfort, ne l'est plus. Et bon, après, peut-être qu'on tombe face à un nouvel inconfort, mais qui élargit un petit peu notre zone de confiance, de confort, etc. et qui, comme tu dis, nous ouvre un monde. Et moi, je pense vraiment que... C'est comme ça que je vois le fait de s'épanouir dans la vie.
- Speaker #0
Oui, je vois.
- Speaker #1
C'est d'aller... Je ne sais pas si ça se dit s'expandre, s'étendre. Enfin, tu vois, ce...
- Speaker #0
Cette expansion, quoi.
- Speaker #1
Exactement. Et je pense vraiment que... Peut-être que je suis la seule à penser ça. Que quand on reste dans notre petit confort, notre petit cocon, avec toutes nos petites insécurités, mais tant qu'on ne va pas trop les titiller, Par exemple, si je ne veux pas aller dans mon corps, si je ne me regarde jamais dans le miroir, ou je ne vais pas danser, ou je ne vais pas faire ci, peut-être que je peux réussir à la traverser d'une certaine manière qui fait que ça ne crée pas trop de panique en moi. Mais du coup, est-ce que c'est ça aussi le pur épanouissement ? Moi, j'ai l'impression que ce n'est pas ça.
- Speaker #0
En tout cas, pas dans ta définition. Pas dans ma définition.
- Speaker #1
Pas dans la mienne non plus, je t'avoue.
- Speaker #0
C'est un peu comme l'enfant qui a peur du monstre caché sous son lit. Genre, il n'y a pas de monstre sous le lit. Mais en fait, parce que lui, il est persuadé qu'il y en a un et que du coup, il y a un danger à sortir du lit en plein milieu de la nuit, jamais il ne le fait. Jusqu'au jour où on est adulte, et en fait, c'est même une question de monstre caché sous le lit, tu vois. Mais pour autant, notre enfant, à nous, quand on était plus petit, avait peur de ce truc-là, qui était complètement une imagination de sa tête. En fait, là, le monde qu'on se fait à se dire, ouais, mais alors peut-être que d'aller faire ce cours de danse, je prends tous ces risques-là, du coup, je préfère pas y aller. du coup, effectivement, ça ne te met jamais en mouvement. Et il y a vraiment cette notion de « Ouh là là, si j'y vais, il y a des risques à prendre, c'est du danger, je vais peut-être me faire mal. » C'est clair. Et du coup,
- Speaker #1
tu vas prendre un volet.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. D'ailleurs, c'est trop bien cette image parce que les oiseaux, avant de voler, ils s'entraînent beaucoup, ils essayent, il y en a qui tombent, mais au bout d'un moment, ça finit par marcher, un peu comme tout.
- Speaker #1
et du coup ils volent et là ils découvrent le monde sinon s'ils ne volent jamais la vie d'un oiseau s'ils ne volent pas c'est chaud c'est clair c'est un peu ça et je pense que à travers la préparation mentale c'est aussi l'idée de effectivement tu l'as dit tout à l'heure on est dans notre monde avec nos croyances on a une certaine vision du monde, une certaine carte du monde comme on dit, mais du coup je trouve que la préparation mentale c'est en ça que c'est hyper riche c'est d'aller peut-être voir les choses autrement c'est-à-dire en fait, il y a autre chose qui est possible. Et quand tu dis qu'il y a autre chose qui est possible, c'est-à-dire qu'il y a déjà le truc que tu pensais au départ qui est possible, mais il y a un truc en plus, un truc en plus, un truc en plus. Et ça te permet de vivre plus pleinement. Je ne sais pas comment on peut décrire ça. Moi,
- Speaker #0
je le vois comme une scratch map, tu sais. Je ne sais pas le nom en France. Une carte à gratter. La carte du monde à gratter. OK, tu as gratté la France, que tu es née dedans, tu connais la culture, machin. mais en fait il y a Il y a plus de 190 autres pays à voir. Je ne te dis pas, fais le tour du monde, mais je ne sais pas, va à la Belgique, c'est à côté, ils ont des trucs super. Justement, va en Espagne, va là-bas. Et en fait, tu scratches ta map. Et puis, tu te rends compte qu'en fait, c'est des autres êtres humains qui ont aussi des émotions, qui sont aussi cool. Et en fait, tu agrandis, comme tu disais, ta zone de confort, ta zone de confiance. Et même des trucs qui te paraissent impensables au début, finalement, ça devient une évidence. Moi, je le vois dans la danse, C'est-à-dire que je me souviens d'un moment précis où... J'avais pas de soucis à être avec les gens, à inviter, à danser. Par contre, le jour où j'ai commencé une nouvelle danse chez West Coast et qu'on m'a emmenée en soirée, eh ben, je te jure... que je m'asseyais sur le banc et tu sais, je me mettais dans les manteaux comme ça, parce que les manteaux étaient accrochés et j'essayais de me cacher. Comme ça, je regardais les gens danser, mais je me suis dit, on ne va pas me voir et du coup, on ne va pas m'inviter. Parce que comme j'étais débutante, je me suis dit, oh là là, si on m'invite, la catastrophe, tu vois. Alors que j'avais déjà quatre ans d'années de danse, avec plein d'autres danses différentes et j'aurais pu me sentir hyper confiante, mais je ne l'étais pas du tout. et quand on m'invitait c'était l'enfer Non, non, non, non, mais ne m'invite surtout pas. Va inviter quelqu'un d'autre, parce que tu vas t'ennuyer avec moi. En plus, je ne vais pas savoir faire. Et en fait, aujourd'hui, pour moi, inviter quelqu'un, ça fait partie de la base. J'arrive, oh cool, on danse, trop bien. Je n'ai plus aucune peur, aucune appréhension sur ce que pourrait penser l'autre. Juste, je me dis, oh, j'aime cette musique, j'ai envie de créer avec cette personne. Tiens, c'est un copain, c'est trop bien, on va passer un bon moment.
- Speaker #1
Parce que tu te branches sur autre chose, et des plus bons trucs sur « tu vas t'ennuyer » .
- Speaker #0
sur toutes les projections tu t'imagines mais parce que je m'y suis confrontée tu vois genre ok c'est ce truc là et du coup ben en fait tu te rends compte que tout le monde que tu fais dans ta tête ben en fait tu fais une danse oui t'as fait des erreurs mais en fait justement ben c'est quoi une erreur c'est un apprentissage ok j'ai compris que quand tu mets la main derrière mon dos bon ben faut pas que je reste super dur et que j'autorise à le passer ah ok quand tu lèves la main c'est un tour et en fait j'apprends et plus j'apprends et plus ben du coup Complètement, ta danse, et en fait même toi, puisque le cerveau qui disait « danger, on va te juger, on va te juger » , en fait tu te rends compte que déjà peut-être tu t'en fous que les gens te jugent, mais surtout en fait c'est pas si pire que ce que tu imaginais, en fait, t'es pas en train de risquer ta vie.
- Speaker #1
Surtout, tu sais, c'est ce que je te disais hier, on passe tous par là, enfin tu vois, quand on dérive la danse, et c'est ça que j'adore dans le foro, pour ceux qui ne connaissent pas, qui est une danse brésilienne de couple, qui est très... une danse traditionnelle, simple dans le sens où c'est très accessible. Et je pense que la ressentie qu'il y a en en testant, où en fait, t'arrives... Et moi, c'est l'effet que ça m'a fait la première fois que j'ai testé. J'avais l'impression que je connaissais tout le monde et tout le monde est sympa avec toi. Et tu vois, au début, pareil. Alors, je suis quand même à l'aise dans mon corps, mais quand même, tu vois, t'as ce truc-là de... Ouais, l'autre, il va s'ennuyer, ça va pas être fun. Je vais lui marcher dessus, enfin n'importe quoi. et en fait tout le monde disait mais en fait euh On est tous passés par là. Enfin, en fait, on s'en fiche, on est passés par là. Et aussi, quelqu'un qui m'avait dit, tu sais, si tu veux à un moment donné réussir à danser, tu es obligé d'y aller, tu es obligé de te confronter. Sinon, tu vas rester dans tes manteaux. Dans tes manteaux, sans qu'on... Et donc, il y a certainement aussi des danses qui facilitent le truc. Je pense que le foro, c'est clairement pour les danses de couple, une danse qui facilite. Parce qu'effectivement, c'est ouvert.
- Speaker #0
L'état d'esprit est incroyable, ça, c'est clair.
- Speaker #1
tu l'as dit un petit peu au début il y a aussi ce côté où finalement dans cette danse là les femmes peuvent guider la danse et peut-être plus que dans d'autres styles de danse par rapport à la salsa je pense où ça se fait peut-être moins c'est ça dans la culture même
- Speaker #0
bachata tu vois ça commence à se faire plus j'en vois plus dans le west coast on fait même des événements en switch même pendant la danse c'est vraiment trop beau
- Speaker #1
Et c'est là où tu es vraiment en connexion.
- Speaker #0
En fait, dans ces trucs-là, tu es juste obligée d'être dans le moment présent. Tu es juste connectée, un, à toi, deux, à la musique, et trois, à ton partenaire. Et juste, tu es dans l'écoute mutuelle et tu crées en même temps. Et je trouve ça génial. Quand tu arrives à ce truc-là, c'est trop bien.
- Speaker #1
Et c'est en ça que c'est génial. Moi, je l'ai souvent dit que l'année dernière, c'était thérapeutique pour moi parce que j'avais besoin d'un truc qui me sorte de toutes mes ruminations et de mes pensées. C'est le côté où, en fait, si tu danses avec quelqu'un, mais que t'es dans tes pensées ailleurs, ben en fait, soit déjà tu t'en mêles les pinceaux, machin, mais y'a pas de connexion, et c'est pas possible. En fait, donc c'est vraiment... Enfin, moi, je trouve que la danse, particulièrement, même si quand je vais courir, ça me vide la tête, machin, ben en fait, quand tu cours, mine de rien, tu mets un pied devant l'autre. Tu ne peux pas s'y penser, sauf si tu te mets dans des intensités où tu es obligé de gérer ton souffle et ça devient plus compliqué. La tâche devient plus compliquée, donc ton esprit est plus focus. Mais la danse, je trouve que particulièrement, il y a la musique. C'est vrai qu'il y a la musique.
- Speaker #0
Ça fait un truc sur la tête, la musique. En fait,
- Speaker #1
à partir du moment où on aime la musique, tu te laisses porter, tu as le rythme. C'est vraiment incroyable, je trouve, à quel point c'est riche. en fait, comme pratique.
- Speaker #0
En fait, moi, je vois vraiment la danse à deux comme une communication, tu vois. Comme toi et moi, là, on est assises. Toi, on est d'égal à égal, c'est-à-dire que tu parles, tu poses une question, je réponds, on s'écoute, tu vois, on enrichit la conversation. Tu as une idée, boum, tu rebondis dessus. Et c'est pas... Tu es en train de me crier dessus ou tu es en train de faire un monologue, tu vois, et du coup, il n'y a pas un déséquilibre comme ça. Et en même temps, je vois que tu es avec moi et que tu n'es pas dans tes pensées en train de dire « Tiens, quelle question je vais poser à Marine ? » ou je ne sais pas quoi. « Ah ouais ! » Et puis tu sais, tu pars dans ton souvenir d'hier dans tes danses. Je vois vraiment que tu es avec moi. Et en fait, dans la danse, c'est exactement ça. Le fait d'être dans la danse à deux, eh bien, on vient créer une conversation à deux, sans parler, mais juste avec le mouvement, juste avec l'intention, juste avec un sourire, juste avec la manière de danser. Et si tu es juste dans ta tête, eh bien, en fait, tu n'es pas avec la personne créer un moment de qualité avec la personne. Tu es juste dans ta tête et tu follows ou tu vis mécaniquement. Et si, en fait, tu passes ton temps à crier sur la personne, c'est-à-dire à faire plein de trucs. On peut être un Pikachu, j'appelle ça. Tu exploses, tu fais trop de trucs et tout ça. En fait, ça devient même plus agréable pour la personne en face de crier avec toi parce que du coup, juste tu over-lead, tu over-speak. Et donc là, l'idée, c'est vraiment d'apprendre à juste me connecter à l'énergie de l'autre ou j'arrive avec une énergie et j'essaie de l'amener dans ma danse. Et du coup, leader plus follower donne une danse un peu comme dans un couple en fait 1 plus 1 égale 3 avec quelle énergie est-ce que t'arrives et qu'est-ce que t'as envie d'amener justement dans ce
- Speaker #1
50-50 ouais c'est vrai c'est vrai que j'aime bien le côté le voir comme une conversation conversation mais sans son tu vois c'est ça c'est ça qui est magique en vrai et moi j'adore du coup quand t'es en soirée ou en cours mais plus en soirée où tu danses avec plein de personnes différentes Merci. J'adore ce côté « je ne sais pas ce qui va se passer » . Je sais que ça fait peur à plein de gens.
- Speaker #0
Ça fait flipper les gens, c'est clair.
- Speaker #1
Ça fait vraiment peur à plein de gens, le côté de l'incertitude, « je ne sais pas ce qui va se passer » , mais moi, j'aime trop voir ce qui va émaner. Et parfois, j'avoue que des fois, tu n'es pas à l'aise avec la personne parce qu'il n'y a pas le truc, il n'y a pas le feeling, ou tu n'es pas fan de comment la personne danse. Ça peut arriver de ne pas sentir... euh euh Parce qu'on n'a pas le même style de danse.
- Speaker #0
Oui, et puis de toute façon, tu ne peux pas t'entendre avec tout le monde. D'ailleurs, on croit que tu ne peux pas t'entendre avec tout le monde dans la vie. En fait, c'est pareil dans la danse. Il y a des gens avec qui tu vas faire « Oh, waouh, c'est la danse de ma vie. » Tu vois, j'ai ressenti un truc qui était juste unique à ce moment-là. Et puis, il y a des gens où tu te dis « Ah oui, non, en fait, c'est rien de spécial, tu vois. »
- Speaker #1
En fait, ça reflète beaucoup la vie et les relations.
- Speaker #0
De dingue.
- Speaker #1
C'est dingue. C'est exactement ça, c'est vrai. Et comment on peut... Toi qui as cette casquette aussi de prof de danse, donc tu as accompagné aussi des danseurs débutants, comment tu vas les amener à rentrer dans cette nouvelle vision, un petit peu, cette nouvelle vision du monde d'une certaine manière ?
- Speaker #0
Ça veut dire quoi pour toi la nouvelle vision du monde, juste pour que ce soit spécifique ?
- Speaker #1
Parce que là, on est en train de dire que finalement, c'est génial. Il faut se mettre à la danse. Pourquoi vous ne dansez pas ? Déjà, moi, je me dis pourquoi je ne me suis pas mise à la danse. C'est vrai qu'on parle beaucoup de danse de couple depuis tout à l'heure parce que c'est encore autre chose que la danse solo.
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça que...
- Speaker #1
Puis je pense que l'épisode est naturellement allé là-dessus. Mais c'est finalement se rendre compte qu'on apprend beaucoup. Je disais tout à l'heure, qu'est-ce que la danse nous enseigne ? Là, on voit différentes choses depuis tout à l'heure. Elle nous enseigne beaucoup sur les relations, beaucoup sur nous-mêmes. Comment tu les amènes à prendre conscience de ça ? Est-ce que ça se fait naturellement, parce que c'est par l'expérimentation, ou est-ce que tu vas volontairement aller aborder ce genre de sujet ?
- Speaker #0
Il y a les deux. et à... Eux-mêmes s'en rendent compte quand ils arrivent dans le cours parce qu'effectivement, dans un cours de danse à deux, tu high-five, tu tapes dans la main de ton partenaire et tu changes d'un partenaire. Du coup, c'est-à-dire que tu danses avec tout le monde. Déjà, juste en une heure de cours, si vous êtes 40 dans la salle, 20 followers, 20 leaders, tu as déjà rencontré 20 personnes. Potentiellement, tu as déjà dansé deux fois avec eux. On va tourner plus ou moins rapidement. Et donc, en fait, déjà, juste par l'expérimentation, ils se rendent compte qu'effectivement, ah ben tiens, ce monde, il a l'air cool. Ah, c'est jovial. Ah, c'est cool ce qu'on est en train de créer ensemble. Ah tiens, on teste. Je vois que l'autre, elle teste aussi. Donc, elle n'est pas en train de me juger parce que je suis en train de tester ou de mal faire. Et du coup, juste par l'expérimentation, de rester aussi après pour la pratique sociale. Ah tiens, je me rends compte de... Et en fait, juste comme ça, ils se rendent compte que ce nouveau monde existe. Et après, en tant que prof, on a aussi un rôle qui est de de Ok, on veut remplir nos cours avec des élèves, c'est clair. Mais par contre, si on veut faire vivre un truc, c'est la communauté. Et du coup, on met l'accent sur l'accès communautaire. Et d'ailleurs, j'ai un mentor qui dit, on vient pour la danse. Parce que tu aimes le mouvement visuellement, tu aimes la musique. Toi, tu as une affinité de musique. Moi, j'ai des copains qui adorent la valse, ils vont juste danser la valse. J'ai des copains qui adorent le rock, ils vont au rock. Moi, j'aime trop de trucs et du coup, je vais danser plein de trucs. Et suivant tes affinités musicales, tu vas choisir ta danse et du coup, tu viens pour la danse, souvent. Tu vois, pour la danse, pour le mouvement, pour la musique. En fait, tu restes pour l'aspect communauté. Tu restes pour la famille, entre guillemets, parce qu'en fait, les gens que tu vois régulièrement, tu crées des liens, tu danses avec eux, est-ce que tu partages ? Ça n'a rien à voir d'aller faire une après-midi dansante versus une après-midi jeu de société avec des copains. Tu passes un bon moment, mais le degré de partage n'est pas le même. Et donc, on crée ces trucs-là. On les incite à aller en social, on les incite à rester pendant les breaks entre les cours de danse et du coup, on leur met même des petits trucs à manger. Et puis, boum, ça crée une interaction sociale et ils peuvent parler en dehors des cours de danse. Mais aussi, au sein des cours de danse, on va faire des exercices. qui vont les amener, un, à se recentrer sur eux, mais aussi, boum, à se centrer aussi sur l'autre. Et du coup, à découvrir l'autre et à se découvrir eux-mêmes. Et ça peut être simple, ça peut être un exercice, on se regarde devant le miroir. Ça peut être un exercice, on se met l'un en face de l'autre et en fait, on va bouger et on va interagir avec un miroir de l'autre. Il y en a un, il va faire un mouvement. Qu'est-ce que ça t'inspire ? Ah, tu vas faire autre chose. Il y a des moments où on va aussi toucher l'autre et l'autre va devoir venir s'aimanter. et donc en fait on va venir aussi explorer tout ça à l'intérieur du cours et du coup ça a Ça force à t'ouvrir encore plus à ce monde. Tu vois, toutes ces facettes, ces différents points de connexion, cette interaction, ce lien, et tout se renforce, en fait. C'est pas juste coucou, on va faire une passe. C'est beaucoup plus loin que ça.
- Speaker #1
Oui, puis ça amène naturellement, du coup, à des prises de conscience.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. En fait...
- Speaker #0
Oui, puis des fois, tu as des barrières à le drop. Tu vois, je croyais ça, et en fait, pas du tout.
- Speaker #1
Oui. C'est quoi, toi, peut-être les prises de conscience que tu as déjà entendues de la part de tes élèves ou en prép mental, je ne sais pas, mais en tout cas, les plus grandes prises de conscience que tu as déjà entendues ?
- Speaker #0
Oui, la plus grosse prise de conscience, que ce soit genre prof de danse ou prép mental, c'est « Ah, mais je ne suis pas tout seule à ressentir ça ! »
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on est tellement dans notre tête qu'on a l'impression qu'on pense...
- Speaker #0
C'est un peu ça. Moi, le jour où j'étais coincée derrière mes manteaux à avoir peur qu'on m'invite, je pensais que j'étais la seule fille à me penser nulle et à ne pas vouloir danser. Non, en fait. On passe tous par les mêmes émotions. Et quand on se rend compte de ce truc-là, on se sent vachement moins seule. Du coup, tu oses plus faire, tu oses plus rentrer en lien. Parce qu'effectivement, si tu penses que tu es le seul à ne te sentir pas bien, à être nulle, à être ennuyeux dans tes guidages, tu fais plus ou tu n'oses pas le dire.
- Speaker #1
Oui, parce que ça donne la sensation ce n'est pas fait pour toi. Exactement.
- Speaker #0
C'est le bon problème, Oui. En fait, non, parce qu'en fait, tout le monde vit un truc et potentiellement, on vit la même chose que toi. Et d'ailleurs, j'ai un exercice trop drôle à faire en préparation mentale. Quand je fais des ateliers en présentiel, c'est que je leur dis « Ok, voici des post-it. Ce qu'on va faire de manière anonyme, c'est que vous allez marquer vos trois plus grandes peurs dans la danse. » Je ne donne rien d'autre. Vos trois plus grandes peurs, vous avez trois post-it. Une fois que vous les avez, vous venez et vous les collez sur le miroir. Ils font l'exo, ils collent leurs post-it, ils se rasseoient. et là je m'amuse à catégoriser les post-it. Et en fait, à 100%, à chaque fois, j'ai que deux colonnes. Une colonne, il y a plein de post-it, une autre colonne. Et je leur dis, vous savez ce que c'est ? Non. En fait, c'est vos peurs. Et en fait, les deux colonnes, c'est les deux catégories qui viennent de ressortir. Et en fait, il n'y a que deux peurs communes. Et je pense que chacun a un post-it dans l'une de ces deux colonnes. Et du coup, c'est souvent la peur du regard des autres. Et l'autre, je ne l'ai plus en tête, mais je sais qu'il y a la peur de mal faire genre j'ai peur de mal faire du coup je déplais c'est ça Et du coup, la peur du jugement et la peur du regard de l'autre. C'est ça, en fait. Qu'est-ce qu'on va dire de ma danse ? Il y a vraiment ce truc, mais par rapport à l'autre. Est-ce que je vais réussir à faire plaisir à l'autre et à créer une danse qu'il aime bien ? Et en même temps, j'ai peur qu'il me juge par rapport à mon niveau et ce que j'apporte aussi. Et en fait, on vit tous les mêmes trucs. Oui,
- Speaker #1
on traverse tous les mêmes trucs, c'est clair.
- Speaker #0
Et ça, c'est vraiment la plus grosse prise de conscience que je vois tout le temps, partout.
- Speaker #1
C'est énorme. C'est trop bien. C'est excellent. D'ailleurs, ce que je dis souvent, par rapport au regard des autres, souvent, on a peur du regard des autres. Mais en réalité, c'est comme si on était tous centrés sur... On a peur de ce que l'autre va dire, mais la personne en face est aussi centrée sur « j'ai peur de ce que l'autre va dire » . Et en fait, on est tous prêts à s'interroger sur ce que l'autre y pense, mais en fait, on en oublie. qu'est-ce que moi je pense et du coup dans la danse là par rapport à est-ce que est-ce que je vais faire bien les choses est-ce qu'il va bien aimer ma danse est-ce que c'est ce que ça attends mais toi t'as envie de danser comment là c'est ça tu vois c'est quoi dans quoi t'es bien avant de penser déjà à l'autre même si c'est hyper dur de faire ça je suis d'accord Mais c'est de prendre conscience à un moment et de se poser la question. Moi, qu'est-ce que j'aime ?
- Speaker #0
Parce que souvent, quand tu es connecté sur « Ok, qu'est-ce qu'est en train de penser l'autre ? Ah putain, j'ai fait ça. Ah, il n'a pas souri. Peut-être qu'il déteste ce que je viens de faire. » Et en fait, tu es connecté sur tout ça, toutes ces hypothèses que je laisse tomber, qui te prennent de la charge mentale. Du coup, la question que je pose, c'est « Ok, pendant que tu es connecté à ça, à quoi tu n'es pas connecté ? » « Ah ben, je ne sais pas trop. » tu n'es pas connecté à ta danse. Je n'ai pas l'impression que tu danses. En gros, tu es robot mécanique parce qu'en fait, c'est impossible. Oui. on a des ressources limitées et l'énergie en fait partie. Et du coup, si tu es concentré sur tout ça, ton verre est déjà rempli. Tu ne peux pas mettre d'autres choses dans ton verre. Donc, vide le verre et remplis-le de choses qui sont plus importantes pour toi. Tu as payé ton entrée, tu as le droit de danser et tu as le droit d'expérimenter. Une soirée, c'est un travail pratique. Viens, expérimente. Tant que tu n'es pas en train de faire mal à ton leader ou ta follow, tout va bien. Oui,
- Speaker #1
tu restes dans le respect. C'est clair. Et du coup, ça fait lien un peu avec le fait de prendre du plaisir dans l'activité. en elle-même. Si t'es branchée sur est-ce que l'autre prend du plaisir, t'es pas branchée sur est-ce que moi je prends du plaisir. Et surtout sur comment moi je peux prendre du plaisir. Ou en gros, qu'est-ce qui me donne du plaisir ? Est-ce que c'est uniquement si l'autre prend du plaisir ? Mais du coup, je pense que ça amène à se poser des questions. Et si c'est pas que ça, qu'est-ce que c'est ? Moi, je sais que dans la danse, il y a vraiment ce lien de j'adore... En tant que suiveuse, j'adore me concentrer sur le côté... Dans le forum, on est très collés. On peut être vraiment très collés. C'est le côté fluidité. Moi, ça me fait kiffer, ça. J'adore cette sensation-là d'en fait, on ne fait qu'un dans la danse. C'est un des trucs que j'aime. Il y a plein de choses que j'aime, mais ça, c'est un des trucs que j'aime. Du coup, parfois, je vais me connecter à ça. Je vais me dire, attends, comment je peux faire pour faire en sorte que ça ne fasse pas tout, tout. que ce soit pas saccadé et qu'on soit vraiment on ondule ensemble c'est pas que des ondulations du tout mais vraiment ça ça me fait repenser à la notion de conversation en fait finalement pendant
- Speaker #0
que je suis en train de te parler si je suis en train de me dire il faut absolument que je lui procure la meilleure conversation du monde il faut que j'apporte des sujets qui l'intéressent en fait je suis plus du tout naturelle connectée à ce qui moi me plaît ce que j'ai envie d'amener sur la table de quoi j'ai envie qu'on parle et du coup en fait potentiellement, moi je ne suis plus en train de passer un bon moment parce que je suis en train de penser à lui faire passer un bon moment, mais comme je suis plus naturelle dans la conversation donc je suis peut-être beaucoup plus réfléchie et bien en fait l'autre elle est peut-être en train de penser qu'elle passe un moment toute seule l'autre il est un peu ditipé et du coup peut-être qu'il prend même plus plaisir à discuter avec toi finalement on s'attire en fait le truc qu'on essayait de s'éviter au départ, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Oui c'est vrai,
- Speaker #0
c'est un peu dans tout domaine de vie de toute façon un... Dans mon podcast, dans mon intro, c'est dans la danse comme dans la vie, tout commence dans votre esprit. Parce qu'en fait, tout commence là. Et si tu as un état d'esprit qui ne t'aide pas et qui te limite de fou, en fait, ta danse, ça va se démontrer dedans. C'est-à-dire que la danse, on ne parle pas. Mais par contre, en fait, tu te trahis par le mouvement. Moi, je lis les corps et c'est impressionnant de ce que les corps disent. Je pense en parler.
- Speaker #1
En fait.
- Speaker #0
peur.
- Speaker #1
Attention, elle vous lit juste comme ça, sans vous le parler.
- Speaker #0
Je ne peux pas dire que je sais de quelles blessures tu as, mais en tout cas, ça donne tellement d'indications sur comment tu te sens, si tu as confiance en toi, est-ce que tu es ancré ou pas, est-ce que tu es face à la personne, est-ce que tu es debillé, il y a tes épaules, ta posture,
- Speaker #1
oh là là, tellement ça. Ça en dit long, mais c'est hyper intéressant. moi ça me passionne parce que aussi je trouve que derrière ça, quand tu prends conscience de ça ou quand tu focalises un peu ton attention là-dessus du coup tu focalises aussi tu peux prendre conscience de comment tu te positionnes dans quelle position t'es ok j'ai les épaules un peu toutes remontées donc clairement je suis pas à l'aise je suis crispée machin je vais déjà baisser un peu mes épaules si en plus c'était comme ça Merci. tu renvoies pas la même chose c'est un peu les bras croisés c'est trop intéressant et du coup on va être obligés d'arriver à la fin de l'épisode parce que je sais qu'on aurait pu parler pendant des heures et il y a trop de trucs à dire là dessus et certainement qu'on sera amené à faire un autre épisode plus tard mais là moi j'aime bien finir sur un peu un tips, quelque chose de concret parce que là vous nous écoutez peut-être qu'il y a des choses qui résonnent en vous vous reconnaissez peut-être peut-être pas pleinement, mais il y a peut-être des choses qui vous attirent. Et ça fait peut-être aussi un certain temps que vous auriez aimé pousser un peu les portes d'un cours de danse, mais vous n'avez jamais osé le faire, ou pas pleinement. Ce serait quoi ton tips, Marine, pour oser le faire et oser se lancer, en fait ?
- Speaker #0
déjà j'ai envie de dire que même si vous avez envie de faire de la danse à deux vous n'êtes pas obligé d'être en couple avec quelqu'un pour le faire et que vous pouvez juste y aller et en fait on a des listes qui font que ça équilibre donc déjà si ça pour vous c'est la croyance que vous avez moi je sais qu'en 2016 non c'est quand ? c'était il y a si longtemps je ne vais pas dire la date C'était en 2011, je crois, quand on m'a demandé pour venir équilibrer les courses. Et parce que du coup, il y avait un déséquilibre et c'était le seul moyen de pouvoir rentrer. Mais en général, on a des listes et du coup, ça s'équilibre naturellement. Mais si vraiment vous souhaitez y aller, mais il y a encore un truc qui vous retient, je crois que le meilleur tip que je peux donner, c'est fais-le malgré la peur, en fait. Et peut-être que c'est parce que tu as peur que tu devrais le faire, tu vois. Et des fois, en fait, on a peur, on a la trouille. Mais déjà, un, la peur, elle est en train de te dire quelque chose Elle te donne une information sur toi parce que t'as jamais peur pour rien. T'as peur pour quelque chose et des fois, il y a une raison cachée. La question que j'aime bien, c'est t'as peur de quoi ? T'as peur de quoi quand t'as peur de ça ? Pour aller vraiment encore plus loin et comprendre pourquoi il y a cette peur-là. Des fois, c'est OK d'avoir peur. Elle te donne une indication. Mais le but du jeu, c'est que plutôt de la laisser prendre tout le tableau, de lui dire t'es là, c'est cool, mais Merci. Je ne vais pas te laisser prendre le lead. Je ne vais pas te laisser décider à ma place. Je t'écoute, tu es ici, mais je vais te mettre de côté et je vais quand même le faire. En fait, c'est comme faire un saut en parachute. C'est-à-dire que j'ai la trouille de faire un saut en parachute. Et en fait, c'est normal puisque dans ma tête, tu sais, tu as le risque de se crasher, le risque que si tu sautes, le parachute ne va pas s'ouvrir, le risque que mon cœur s'arrête parce qu'avec la vitesse, je ne sais pas, ça me fait peur. Et en fait, je trouve que cette peur, elle est super utile. parce que du coup, elle me pousse à venir me sécuriser. Si j'ai peur, ça veut bien dire qu'elle est là pour quelque chose. Du coup, si je fais un saut en parachute, je vais m'assurer d'aller dans une école qui est bien notée. Je vais m'assurer qu'ils mettent bien un parachute de secours et c'est la réglementation, donc youpi. Et puis, je vais checker évidemment, est-ce que j'ai des problèmes au cœur ? Non. En fait, du coup, je me sécurise. Et en plus de ça, du coup, ça m'aide à la rationaliser. Est-ce que le danger, il est réel ou pas ? Et si oui, comment je peux l'éviter ? Et du coup, ça m'aide à... OK, ma peur qui prenait toute la place avant, maintenant, je peux la mettre de côté. Je me suis sécurisée, je l'ai rationalisée. En fait, je vais aller quand même le faire parce qu'en fait, je vais apprendre un truc de ouf quand je vais faire ce show en parachute. Et du coup, je pense que c'est ça, en fait, dans la danse. Tu sais, c'est OK, j'ai peur, mais qu'est-ce qu'elle dit sur moi, cette peur-là ? Et comment est-ce que je peux la rationaliser en me disant OK, c'est quoi le risque, en fait, finalement, que je prends à aller dans cette soirée ? finalement, c'est juste rentable. rencontrer des gens, tu vois, et se connecter à de la musique et peut-être passer un moment fun, ce qui est quand même loin du risque que tu sautes en parachute.
- Speaker #1
Donc, j'ai l'impression que c'est osé, quoi, tu vois. C'est osé, et du coup, ça fait lien avec ce qu'on disait tout à l'heure sur le fait de se connecter à son âme d'enfant, et du coup, d'aller chercher, en fait, cette curiosité, d'avoir cette curiosité pour aller découvrir qu'est-ce qui se passe de l'autre côté de la porte, parce que finalement, notre peur, elle nous enferme dans un pont, enfin, dans quelques petites choses. Mais elle ne nous fait pas voir tout ce qui peut y avoir comme belles choses à découvrir. Et je pense que quand on y va avec cet âme d'enfant, c'est vraiment de se dire que quand on est tout enfant, on fait des trucs, on n'a pas peur. Donc, on fait plein de choses. Et on y va. On y va, on ne se pose pas de questions, on expérimente, on explore. Et c'est vraiment peut-être de se reconnecter un petit peu à ça parce qu'on a perdu en grandissant, parce qu'on prend conscience de la peur et on se connecte plus à la peur facilement.
- Speaker #0
Oui, on les a expérimentés en plus, ou on les a vus des gens faire des trucs. Du coup, on se dit « Eh, danger ! » Mais oui, je trouve que se brancher à cette curiosité-là, en fait, ça nous aide à moins se brancher à cette peur-là et du coup à se dire « Bon, je vais aller tester, je vais aller voir. » De toute façon, je ne peux pas imaginer ce qu'il y a derrière la porte parce que la porte est fermée, donc je vais aller l'ouvrir.
- Speaker #1
Et au pire du pire, on arrête si on n'a pas fait les petits tests. Et on peut se rendre compte qu'effectivement, ça ne nous convient pas, on n'aime pas, on n'a pas envie, enfin bref, peu importe. Mais on ne peut pas le savoir tant qu'on ne l'a pas fait. En tout cas, je pense que c'est une bonne manière d'aller vérifier si sa croyance de base, elle est vraie ou pas, ou s'il n'y a pas autre chose qui peut potentiellement être vraie. C'est tout pour aujourd'hui. Enfin, presque. Avant de partir, j'ai deux questions pour vous. La première, c'est quelle est la chose que vous pourriez retenir de cet épisode ? Et la deuxième, à qui vous pourriez la raconter ? En partageant ce podcast et en lui attribuant la meilleure note possible, vous inspirez d'autres personnes à être plus actives. Et comme votre avis compte beaucoup pour moi, n'hésitez pas à me faire part de vos réflexions, j'essaierai de vous répondre. A bientôt !