- Speaker #0
Certains voient l'activité physique comme un investissement pour leur santé et leur bien-être. Vous voulez en faire partie ? Bienvenue chez Mouvementale. Je m'appelle Magali Dubois et je m'adresse particulièrement aux non-sportifs et à tous ceux qui aimeraient enfin réussir à adopter un mode de vie actif dans la durée. C'est en vous partageant des connaissances, des expériences et des points de vue différents que j'ai l'intention de vous aider à bâtir l'état d'esprit et la motivation nécessaire pour le faire. Alors j'espère que ça vous aidera et que vous aurez envie d'en parler autour de vous. Nouvel épisode, nouvelle histoire d'activité physique. Aujourd'hui, je suis ravie d'avoir à mes côtés Jérémy, qui a accepté de prêter sa voix pour raconter son parcours d'activité physique. Bienvenue à toi.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invité.
- Speaker #0
Et je suis très contente de t'avoir aujourd'hui à mes côtés pour plusieurs raisons. La première, c'est que tu es le premier homme, non pas à avoir marché sur la Lune, qu'elle m'en doute, mais le premier homme... à participer à justement ce retour d'expérience, à ce témoignage-là d'activité physique sur le podcast Mouvementale. Et ça, je pense qu'on peut le souligner.
- Speaker #1
Je suis bien heureuse.
- Speaker #0
Et sans pression, bien évidemment. Et deuxième chose, et ça, c'est plus l'anecdote. Moi, j'aime bien partager une petite anecdote au sujet de mes invités. C'est au sujet de notre rencontre, justement, qui est assez récente, on ne se connaît pas tant que ça. On se connaît même très peu.
- Speaker #1
Très peu, très peu. On peut le dire.
- Speaker #0
Mais d'ailleurs, ça me permet de faire une petite parenthèse sur une chose. C'est que je sais que pour les personnes qui nous écoutent, beaucoup de personnes craignent ce côté un peu inconnu, parfois en peur de se lancer dans une activité physique, en se disant « je ne sais pas comment ça va se passer » , etc. Enfin, la peur tout simplement de l'inconnu. Et moi, c'est un truc que j'adore, l'inconnu. Je sais, je passe souvent pour une folle. J'aime bien ce côté, je me lance, je m'embarque dans un truc, je ne sais pas ce qui va se passer, mais généralement d'ailleurs ça amène à de belles choses et ça amène de belles rencontres. En l'occurrence, notre rencontre, ça s'est passé sur Nice, juste à côté de Nice, et ça s'est passé en soirée de danse. En tout cas, moi, je me suis lancée dans une soirée où je ne connaissais ni la bachata, ni la kizomba, ou alors vraiment, mon répertoire était très limité. Et j'ai eu de la chance de me faire quand même un peu inviter pendant cette soirée, et en l'occurrence par Jérémy. Et l'anecdote derrière ça va un petit peu plus loin, c'est que parmi tous les danseurs de cette soirée, il fallait que je tombe sur une personne qui connaissait une personne de mon entourage, alors que j'imagine que c'était quand même assez fou.
- Speaker #1
Il y a quand même beaucoup de monde dans la salle. Il y a quand même peu de chances que tu tombes sur quelqu'un qui s'en rappelle.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et sur le fait qu'on tombe sur le fait qu'on était d'accord de connaître cette personne.
- Speaker #0
Exactement. Donc ça, c'est quand même la petite chose un peu folle et très cool, je trouve. Et puis, en fait, pourquoi j'ai choisi, Jérémy, de t'interroger là sur le podcast ? Alors, bien évidemment, je l'ai dit parce que tu es un homme et je trouve que c'est bien aussi de partager le... le côté masculin de la pratique d'activité physique. Et puis, il y a différentes choses chez toi qu'on va découvrir au fur et à mesure de l'épisode. Moi, dans un premier temps, j'aimerais simplement que tu puisses te présenter comme tu en as envie. Et puis, tu vas voir qu'on va être amené à te connaître au fur et à mesure de l'épisode. Et pour ceux qui écoutent, j'espère que vous vous reconnaîtrez dans certains aspects ou que ça vous donnera envie, peut-être, de vous y mettre à vous aussi.
- Speaker #1
J'espère aussi. Avant que je vous présente, je suis Jérémy. J'ai 38 ans. Je sais, je ne les fais pas. Tu as bien de la chance. Tout à fait. Je suis papa de deux enfants, de deux garçons, un grand de 10 ans et un petit de 19 mois. Et je vais essayer de partager avec toi et avec tes auditeurs comment je suis venu au monde du sport. Parce que, par exemple, ma mère était une maman célibataire et je n'ai pas eu la chance de pouvoir accéder au sport. par une inscription à un club ou ce genre de choses. Je mens un petit peu, parce que ça arrivait une fois, parce que j'étais grand. Ça fait longtemps que je suis 1m92, ça ne se voit pas là. Mais du coup, j'étais grand. Et souvent, à ma mère, on disait, mais qu'est-ce qu'il est grand, votre fils ? Il fait du basket ?
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire. On l'a fait 15 fois aussi.
- Speaker #1
Il fait du basket ? Elle disait, non, non, mais vous devriez l'inscrire au basket. Et ce qu'on a oublié de demander, c'est de demander à moi si ça me dirait de faire du basket. Donc, j'ai pris pour acquis que comme j'étais grand, ça devrait le faire. pas du tout. Donc, elle m'a inscrit au basket et ça ne l'a pas fait du tout parce que tout le monde, ça faisait hyper longtemps qu'ils y étaient déjà, les autres garçons, les autres joueurs et j'étais juste nul. Et ça me plaisait pas. C'était à 14 ans, 14-15. Et je me suis dit, je vais déjà faire mon bon mètre 75, un truc comme ça. C'est vraiment très marrant.
- Speaker #0
Tu étais quoi dans l'équipe ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'étais un baladoir,
- Speaker #0
mais j'étais grand et tout.
- Speaker #1
Et vraiment, ce n'était pas trop ça. Et donc du coup, moi, au sport, je suis venu grâce à l'école de la République, vraiment. Grâce à l'EPS au lycée. Et c'est quelque chose que j'ai commencé à aimer grâce à ça. Au départ, par rapport à la natation, parce que pour ceux qui ne le savent pas, la Martinique s'est entourée d'eau. on est d'accord et donc bien évidemment je savais un petit peu patauger et donc on se débrouillait à la mer mais la façon académique j'ai envie de dire de la natation je l'ai apprise au lycée et j'ai trouvé ça super agréable déjà parce qu'on n'avait pas forcément accès à des piscines parce qu'il n'y en a pas beaucoup là-bas donc on avait une piscine qui était chauffée me semble-t-il ce qui est quand même vachement cool Et c'était aussi dans le cadre de l'école, d'aller chercher une bonne note pour le bac. Bref, la dynamique était bonne. Et mon grand amour du sport, par exemple, par contre au lycée, c'est le badminton. On dirait pas... Je sais pas très très fort, mais en seconde, là aussi, j'ai rencontré... mes meilleurs amis, dont mon meilleur ami, que je connais encore plus long maintenant, parce qu'on se connaît, lui et moi. Peu importe, je suis gentil. Peu importe, c'est ça. Bon, on vérifiera ça, t'inquiète pas. C'est presque l'amour de ma vie. Et du coup, lui et l'autre meilleur ami de l'époque, ils avaient commencé le badminton. Et moi, j'étais un petit peu... beaucoup ouvert à l'époque, un peu renfermé sur moi, l'adolescence, le lycée. C'est grâce à eux et au badminton, que j'ai fini par les accompagner là-bas. Et là aussi, c'est quasiment tombé amoureux, parce que c'est vraiment un sport très cool. Il faut avoir fait du badminton pour savoir que c'est quand même une chose assez sympa.
- Speaker #0
Pour le coup, moi, je n'aime pas du tout le badminton. S'il te plaît ! J'aime pas du tout, j'aime pas trop les sports de raquettes. Du coup, je me dis toujours, mais c'est quoi ? Qu'est-ce qu'on aime dans le badminton ?
- Speaker #1
Je sais pas, le fait de repalancer le volant. Il revient, il repart. Et surtout, ma mère n'avait pas forcément beaucoup de moyens. C'est grâce au badminton et au sport au lycée que j'étais vraiment très, très nul. Mon voyage, j'étais avec mes copains, j'étais nul. Et que j'ai pu faire mon premier voyage, entre guillemets, où on est passé de la Martinique à la Guadeloupe. pour faire une compète. Et c'était vraiment très cool.
- Speaker #0
Excellent ! J'avoue, comme souvenir, c'est plutôt ça.
- Speaker #1
Le sport met en mouvement et c'est grâce à ça qu'arrivent des petits trucs comme ça qui ne sont pas prévus. On découvre des moments de vie, des choses qu'on n'aurait jamais fait, des occasions qu'on n'aurait pas croisées, des gens avec qui on n'aurait jamais discuté si on n'avait pas fait...
- Speaker #0
Oui, exactement. En fait, juste, on pense à notre rencontre là, en soirée danse. On ne se pointe pas dans une soirée pour danser, pour se mettre en mouvement. En fait, il ne se passe pas ça. C'est ça qui est trop bien. Et toi, tu l'avais déjà expérimenté plus jeune. Donc ça, c'est au lycée. Mais de tout jeune, de ta naissance au lycée, tu n'as pas eu forcément l'occasion de pratiquer. Comment ça se passait pour toi ? J'ai envie de dire,
- Speaker #1
c'est comme tous les garçons, il y a le foot. C'était le foot de rue. Et vraiment, ce n'est pas un truc qui me parle le foot. Je n'ai jamais aimé le foot.
- Speaker #0
Tu ne t'aimais pas quand tu jouais ? Je n'aimais pas le foot,
- Speaker #1
donc en fait, je n'en faisais pas. Et du coup, je ne pratiquais pas de sport quand j'étais jeune parce que je n'aimais pas le foot. Et j'étais plutôt lecture, bibliothèque. Donc, je lisais de l'église. Le littéraire.
- Speaker #0
Le littéraire.
- Speaker #1
Exactement. Je n'étais pas encore dans ma corporalité, on va dire ça. J'étais plutôt dans la lecture littéraire. Et c'est vraiment au lycée où j'ai commencé à pratiquer du sport et à commencer à aimer ça. Du coup, ça tombe sous le sens qu'en faire et ne pas aimer, c'est pas top.
- Speaker #0
Oui, mais du coup, tu vois, moi, ça me questionne parce que, bon, t'avais entre guillemets l'étiquette du littéraire sur le front. Après, tu te mets au sport au lycée. Pour beaucoup de personnes, ce n'est pas évident cette transition. Parce que déjà à l'IC, tu as quand même 14, 15, 16 ans, etc. Et tes premières années, tes 15 premières années, tu n'as pas été dans le sport. Donc, il peut y avoir ce truc de... En fait, le sport, ce n'est pas pour moi. Tu vois, je découvre un monde qui en fait, je ne connais pas ce monde. Donc, ça peut être dur d'accrocher le wagon.
- Speaker #1
Tout à fait. Alors, je crois que c'est le caractère. obligatoire qui a aidé parce que quand on est au lycée et qu'on fait les cours, on n'a pas vraiment le choix. Je crois que la différence aussi avec la métropole, c'est que là-bas, il n'y a pas d'hiver. Donc, il y a une deuxième couche, je pense, qu'on est jeune ici et qu'on commence à faire du sport, c'est que s'ils font les courirs dehors, alors qu'on n'aime pas forcément ça, et qu'il fait moins d'eux, alors vraiment, c'est de l'urdure. On est sans projet. Vraiment, on ne le sent pas du tout. Alors qu'en Martinique, on est quand même sous le soleil.
- Speaker #0
Le smile tout le temps.
- Speaker #1
Exact, on a le smile. On sort, on dit bon, on est dehors, donc on va faire la natation dehors. Il faut faire des tours de piste. On fait des tours de piste, on est dehors, il fait beau. On est content, en vrai. On n'est pas enfermé dans la salle de classe. Et j'avais quand même aussi un petit peu à cœur d'avoir des bonnes notes. Et on est d'accord pour dire qu'il faut se donner un petit peu, mais on peut assez vite gratter des points avec le sport au lycée.
- Speaker #0
Et donc, tu ne l'as pas subi ?
- Speaker #1
Non, vraiment, je ne l'ai pas subi.
- Speaker #0
Même si c'était, comme tu dis, ça avait un caractère obligatoire, ça peut être un truc que tu as fait par contrainte ou à reculons.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'était vraiment... Et puis, en vrai, on est avec ses copains de l'école, donc le plus souvent, ça se passe bien. On est au moment où j'étais au moment où j'avais ma poussée de croissant. Je ne sais pas, en tout cas, moi, mon adolescence, je ne me suis pas mal senti dans mon corps. Donc, forcément, ça... ne revasculaient pas sur d'autres sujets. Donc, je me sentais bien au sport, je n'avais pas envie de me cacher ou quoi que ce soit. Ce qui peut être le cas pour certaines personnes. Donc, ça rend la chose d'autant plus compliquée.
- Speaker #0
Et il y a peut-être aussi... Alors, je ne me rends pas compte parce que du coup, je n'ai jamais été en Martinique, encore moins dans le système scolaire. Il y a peut-être aussi des différences avec la métropole, dans le sens où, en plus, tu as un fils, je ne sais pas comment il vit ça, comment il traverse sa scolarité, mais j'ai l'impression que tu vois, le regard des autres, c'est un truc qui... hyper marquée à l'école et que en fait, tu peux vite te sentir un peu solo dans ton truc, un peu à l'écart même des autres, surtout si en l'occurrence, tu n'es pas un sportif né par exemple. Certainement que c'est, peut-être que j'interprète, mais certainement que c'est un peu plus cool, plus chill en Martinique et qu'il y a moins ce jugement. Je ne sais pas comment c'est le jugement à l'école.
- Speaker #1
Sûrement parce que vraiment, pas de souvenir d'un jugement ou de regard très compliqué où on ostracisait les gens parce qu'ils étaient mauvais au sport. Vraiment, ce n'est pas un souvenir que j'ai. Peut-être que j'avais de la chance.
- Speaker #0
C'est du sport. Il y a beaucoup de jugements quand même,
- Speaker #1
tu vois. Je ne dirais pas que là-bas, il n'y a pas du jugement, mais peut-être que j'ai eu de la chance d'être dans un groupe, dans une classe super bienveillante, où les gens étaient cools, mais on n'avait pas cette problématique-là. Donc, j'ai mon regard sur ce point-là. J'aurais du mal à l'approfondir, parce que du coup, vraiment, je ne l'ai pas vécu.
- Speaker #0
Oui, tu n'as pas... Non,
- Speaker #1
je n'en fais pas.
- Speaker #0
Oui, trop bien. Et après lycée, il se passe quoi pour toi, en termes d'activité ?
- Speaker #1
Après lycée, grand changement, parce que du coup, pour ceux qui ne savent pas en Martinique ou dans les Antilles en général, il n'y a pas beaucoup de filières. En tout cas, le nombre de filières sont assez restreintes. Donc, par exemple, moi, je voulais travailler, en tout cas, faire une filière pour me diriger vers le laboratoire. tout ce qui est recherche, travaux en laboratoire. Et du coup, là-bas, il n'y a pas à Martinique. Donc du coup, comme une grande majorité des lycéens en terminale, des Antilles, j'étais un peu obligé de partir en métropole. Et pour le coup, c'était un très très grand saut, parce que je ne connaissais personne en métropole, j'avais juste mon père, qui était en Ile-de-France, et j'avais mes meilleurs amis, certaines personnes de ma classe qui partaient. un petit peu tous éclatés en France. J'ai eu la chance, parce que le froid, j'ai eu la chance de tomber dans le sud de la France, à Toulon. C'était quoi ? C'était sur quoi ? Toulon,
- Speaker #0
soit ?
- Speaker #1
C'était à Toulon, sur l'île de France. Mais en fait, il n'y a que là-bas que tu m'as pris, donc c'était facile de choisir. Et mon but, c'était de continuer mes études. Donc après, Toulon, ça tombait bien. Grosso modo, je ne connaissais pas. L'avantage de l'île de France, c'est qu'il y avait mon père. Il n'y avait pas d'avantage initial dans le sud de la France. C'est juste que quand j'ai vécu, à part le soleil, mais je ne le savais pas, quand j'ai vécu mon premier hiver, j'étais quand même content parce que j'ai eu très froid. Mais je me suis dit, a posteriori, finalement, ça allait.
- Speaker #0
Quand tu comparais peut-être avec plus haut.
- Speaker #1
Tout à fait. Et donc, du coup, arriver à la fac ici, forcément, c'est plus compliqué parce que du coup, le sport, il faut le financer, il me semble. Et ce qui me manquait quand j'ai quitté la Martinique, Je ne sais pas si ça a fait ça à ceux qui viennent des îles, c'était le contact avec la mer. Alors que j'ai l'habitude, c'était à la garde. Je ne sais pas si tu vois où est-ce que c'est. Ce n'est pas très loin, mais il n'y a plus cette odeur de la mer qui flotte tout le temps dans l'air, que j'avais l'impression de connaître quand j'étais en Martinique. Et donc, du coup, il fallait choisir un sport. Et à ce moment-là, si je ne me trompe pas, j'ai choisi l'aviron de mer. Je n'ai jamais fait d'aviron, mais c'était pour aller...
- Speaker #0
Pour te rappeler la mer.
- Speaker #1
Pour te rappeler la mer, pour revenir. Et c'était grosso modo soit ça et du campo. Donc, c'est de la... Campo, je ne suis pas sûr du mot précisément, mais c'est de l'autodéfense. D'accord. Et grosso modo, ça s'est arrêté là.
- Speaker #0
À la fac, ça ?
- Speaker #1
C'était à la fac.
- Speaker #0
Donc, dans le système universitaire ?
- Speaker #1
Toujours dans le système universitaire. Franchement, c'était un grand, grand plaisir, l'aviron de mer. La problématique... c'est qu'au final, on ne sortait pas très souvent en mer. C'était sur rameur en salle ? C'était beaucoup sur rameur en salle, parce que du coup, dès qu'il y avait un petit peu trop de vent et de vagues, on ne pouvait pas sortir. Et donc au final, je crois qu'on a dû faire maximum une dizaine de sorties. C'est quand même dommage pour de l'avion en mer.
- Speaker #0
Oui, si toi tu vas pour la mer et que tu n'as que la salle...
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est comme courir sur un tapis alors que tu as envie de courir dehors.
- Speaker #1
C'est ça, tu vois. Et donc, du coup, j'ai fait ça. C'était très cool, mais je crois qu'il n'y avait pas encore de passion sportive, d'envie énorme de faire, de bouger à ce moment-là. Du coup, j'étais un petit peu tout seul. Donc, il y avait quand même beaucoup plus de choses en amont qui devaient se régler que le sport. Se faire un réseau de connaissances, apprendre à vivre tout seul, aller repas, gérer son budget, devenir adulte. On a 18 ans.
- Speaker #0
Mais tout seul.
- Speaker #1
J'avais 18 ans. Tout le monde y passe, mais je pense que je suis passé un petit peu plus tôt que certains. C'était grosso modo ça, ma pratique. Un petit peu du coup de sport de combat. À ce moment-là, parce que je me suis dit, je ne sais pas si c'est parce que je suis un homme ou pas, mais j'avais quelques appétences par rapport à ça. Et il faut essayer de faire quelque chose de cette grande carte. casse et de me dire que c'est quand même pas mal de savoir se descendre. On est un homme.
- Speaker #0
Et du coup, à cette époque-là, comment tu vis le sport ? C'est quoi ? C'est un plaisir ? C'est parce que du coup, on n'est plus sur de l'obligatoire.
- Speaker #1
Tout à fait. Ça reste un plaisir, mais c'est pour sortir. Parce qu'on va pas se cacher, moi je ne travaillais pas, donc j'étais boursier et mes parents m'aidaient, donc c'était vachement cool. Mais du coup, ça m'aidait à me changer un peu les idées.
- Speaker #0
Il rencontre du monde ?
- Speaker #1
Il rencontre un petit peu du monde, mais j'étais encore un peu méga timide à l'époque. Ok. Bon, c'était pas...
- Speaker #0
C'était dur, du coup.
- Speaker #1
C'était un peu dur. Alors, je pense que ça reste de beaux souvenirs, mais ce n'était pas forcément facile. Donc là, vraiment, le sport, c'était pour essayer de sortir de la zone, parce que j'avais la chance d'avoir un logement étudiant, et c'est ce qui était à 300 mètres de la fac. Donc, ma vie se concentrait quand même beaucoup à cette zone-là, et donc faire un peu de sport, c'était aussi sortir un petit peu de cette zone. Une vie assez restreinte.
- Speaker #0
Et toi, étant timide à cette époque, ça te fait quand même sortir de chez toi, sortir de ta zone de confort.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et comment tu vis ça, ce côté timidité par rapport à...
- Speaker #1
Alors, à l'époque, franchement, je pense que c'était encore assez prégnant. J'ai fait une digression dans le temps, ce qui m'a permis de vraiment sortir de cette timidité assez... Pas pesante, assez... Et le gars qui est timide, c'est la danse. Et ça, j'ai commencé à 21 ans.
- Speaker #0
Ok, tu sais que c'est presque contradictoire. Parce que, enfin c'est contradictoire. C'est pas contradictoire le fait que la danse t'ait aidé à être moins timide, mais c'est contradictoire, quand on est timide, d'oser aller vers une activité qui est aussi challengeante.
- Speaker #1
Oui, alors du coup là, ça fait vraiment un gros saut dans le temps. Enfin, même pas tant que ça, c'est peut-être un ou deux ans. Mais la danse, je suis allé, parce que j'avais ma copine de l'époque. qui avaient envie d'apprendre à danser la salsa. En étant aux Antilles, moi j'ai toujours aimé la musique, j'ai toujours aimé danser beaucoup. Vraiment, moi j'ai pas honte. d'être sur la piste de danse et de m'exprimer corporellement. Ça, ça n'a jamais été un problème. C'est juste parler avec les gens, échanger. J'avais toujours cette coquille et c'était un peu plus compliqué. Du coup, comme mon ex de l'époque voulait aller à la danse, j'ai dit « moi, j'aime bien la danse, pourquoi pas, il n'y a pas de souci » . Et puis en vrai, c'était à une école de danse. Isis Figaro, école des danses latines et tropicales à Paris, je fais de la pub.
- Speaker #0
Ça n'existe peut-être même plus, on ne sait pas.
- Speaker #1
Ah si, ça existe parce que... anecdote encore, pardon, j'ai une nouvelle collègue qui est arrivée il y a un mois à mon travail elle danse aussi, donc on a vite fait un petit peu parler et je lui ai dit, t'as appris où la danse ? Oh j'étais chez l'école des danses la lignée tropicale, j'ai fait et elle c'était il y a quelques années il y a un an quoi, donc en fait ça existe tous les jours, les petites anecdotes donc là c'était à Paris,
- Speaker #0
mais toi t'étais à Toulon ?
- Speaker #1
Du coup en fait c'était le DUT, donc c'était deux ans Donc une fois que j'ai quitté le DUT, où je pratique encore un petit peu la natation, la natation ça m'a toujours un petit peu suivi, parce que bon, nager, l'eau... Donc je suis remonté en Ile-de-France, parce que j'avais fini mon DUT de deux ans, et que même si j'ai beaucoup aimé le Sud, moi j'étais quand même vachement tout seul, et donc comme j'étais encore très timide, le réseau était pas vraiment... Je me suis fait un très bon ami qui habite à Marseille, qui lui a voyagé un peu à travers le monde, qui s'appelle Étienne. Mais mis à part lui, je n'avais pas trop de raison de rester dans la région. J'ai bien retourné retrouver mon meilleur pote et mon père. Et c'est à ce moment-là que j'ai bougé, que je suis revenu en Ile-de-France. Enfin, que je suis revenu en Ile-de-France. J'ai toujours pratiqué la natation en fil rouge, comme on dit. Donc, une fois arrivé à Paris, en Ile-de-France, du coup, comme j'ai dit, c'était avec mon ex à l'époque qui avait envie de pratiquer. la salsa. Donc comme moi j'ai toujours aimé bouger, j'ai toujours aimé la musique latino. Pourquoi pas ? C'est quelque chose qui existe déjà en Martinique, mais pas aussi cadré. Quand j'étais jeune, j'avais 17 ans, les musiques de Sersa qui passaient, je ne connaissais pas plus que ça. À cette époque-là, quand je suis remonté, pour le coup, là, comme s'il n'y avait plus vraiment de structure, je ne pratiquais plus trop de sport. Je pense que c'est vers les 21 ans, c'est un âge un peu creux.
- Speaker #0
Vous avez fini tes études ?
- Speaker #1
C'était une indispecialisation. j'étais en alternance, mais du coup, je n'avais pas repris une activité physique précise. C'est un peu dans le creux, on se laisse porter. Et du coup, il y avait cette idée de la danse et c'est comme ça que j'ai commencé. Et du coup, ça m'a permis de commencer à casser cette coquille et la... et essayer de chasser la timidité. À l'époque, j'ai rencontré des gens, c'est devenu une espèce de groupe de danse avec qui on a commencé à beaucoup bouger, avec mon ex, et ce sont devenus des amis de long cours. Et grâce à ça, il y a ce côté... Bon, du coup, on est à la fois avec du sport, mais je parle de la danse parce que vraiment, c'est un peu du sport.
- Speaker #0
C'est une forme d'activité physique, c'est très bien.
- Speaker #1
Et il y a ce côté, pour les gens qui ne le savent pas de la danse latine, ce côté assez magique où ça casse les murs. où vraiment, quand on commence déjà dans les cours, on parle avec les gens en sociabilité, donc du coup, on se fait très vite des connaissances. Et après, pour aller pratiquer, ce qui arrive assez souvent, c'est de bouger avec ces gens-là et aller en soirée. Donc, ça permet de rencontrer d'autres groupes de connaissances et au fil des années, d'élargir. Et en fait, d'apprendre à parler, à parler de soi et à écouter les autres. Et donc, en tout cas, pour ce qui est de la timidité, c'est un... très beau levier pour s'en débarrasser un peu. Parce que pour l'activité,
- Speaker #0
il marche toujours un petit peu. Ce que tu dis, ça rebondit complètement sur l'épisode qu'on a enregistré, l'épisode 72. C'est un épisode sur la danse avec Marine Vallée où on parle de ça. On parle exactement de ça. Et je trouve que la danse, non seulement tu communiques avec le corps, mais effectivement, tu as tous ces moments un peu off où tu vas communiquer avec les gens. Et puis, en fait... Il faut aussi le souligner, alors là, toi, tu y allais avec ton ex de l'époque, mais beaucoup de personnes viennent danser seules, s'inscrire à la danse de couple seules, et contrairement à ce qu'on pourrait croire. On n'a pas besoin de venir en couple, forcément, pour danser la danse de couple. Et je trouve ça cool, parce que derrière, ça permet de rencontrer du monde, et comme tu l'as dit, d'élargir un petit peu son réseau, et sortir un peu de sa petite coquille. Et alors, donc là, si je comprends bien, en fait, Ça a été facile pour toi de faire à chaque fois que c'était une forme d'obligation ? Ou en tout cas, où c'était cadré ? Parce qu'après, la fac, je ne sais pas si tu étais obligé d'en faire, mais en tout cas, c'était au moins dans quelque chose.
- Speaker #1
C'était proposé.
- Speaker #0
C'était proposé, voilà, puis cadré, etc. Après, il y a ton ex qui propose, des petites vagues de creux, etc. Et aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il en est pour toi ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il en est ? Alors, on va revenir un petit peu avec cet ex, parce qu'en fait, je pense qu'à la fin, dans ma phase adulte, ma pratique du sport, il y a deux faces assez différentes. Côté yin-yang. Donc du coup, avec cet ex-là, quand ça s'est fini, c'est une chose qui arrive. En tout cas, j'ai eu besoin... pour me libérer de toutes les émotions que ça peut créer une rupture, comme beaucoup de personnes ont connu, de pratiquer quelque chose. Donc c'est à ce moment-là, à mes 21 ans, deux ans je crois, que j'ai commencé la course à pied. Je ne courais pas du tout. Je pense que comme tout le monde, la première fois que je suis allé courir, j'ai duré 15 minutes, j'avais envie de vomir, j'avais plus de souffle. Mais en fait, c'était vraiment pour réussir. à dépasser cette forme de chagrin et de libérer de toutes ces mauvaises tensions. Donc, j'ai commencé à courir à ce moment-là.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Une fois par semaine. Et donc, ça a été le début de mon aventure de jogger.
- Speaker #0
Oui. Et ça, c'est un truc qui a finalement duré après ?
- Speaker #1
Ça a finalement duré parce qu'en fait, je vais encore faire une digression. C'est le mot préféré. J'ai une... relation, comme beaucoup de monde, avec la gestion de mon poids. Donc, ça a été assez facile en adolescence parce que j'étais en poussée de croissance. Donc, j'étais assez maigre, pour le dire. Alors,
- Speaker #0
je pense... Désolé, maman. C'est souvent les mamans.
- Speaker #1
Mais elle avait parfois des petits mots pour me dire de faire attention. Bref, ça inscrit dans... dans mon subconscient le fait que j'étais gros, ce qui n'était pas du tout le cas. Je me voyais plus gros que je n'étais. En tout cas, je m'acceptais moins avec l'impression d'avoir du poids que ce que j'avais réellement. Du coup, en filigrane, il y avait cette chose-là dans la pratique du sport. La problématique, c'est que quand j'ai quitté la Martinique, j'ai commencé à faire mes propres repas et j'ai un petit peu le bec sucré. J'ai commencé à manger énormément d'Ameneims, de gâteaux.
- Speaker #0
Tout ce qui va avec.
- Speaker #1
Et donc, j'ai pris du poids à cette époque-là. Bon, rien de grave. Et bref, donc, du coup, la pratique du sport, c'était aussi pour essayer de moduler ça. Donc, du coup, une fois que j'ai commencé à faire la course à pied, j'avais aussi en filigrane toujours la natation que j'essayais de continuer à pratiquer. Alors, pour ceux qui connaissent, à Paris, il y a un très beau bassin de 50 mètres à Châtelet-Léal. Donc, j'allais là-bas une fois par semaine aussi. Et donc, tout ça... dans le but, en arrière-plan, de continuer à essayer d'avoir un entretien physique pour essayer de rester ce que j'étais.
- Speaker #0
Il y a un truc, en tout cas, avec ton image, et tu n'étais pas complètement satisfait. Donc, c'était une des raisons. D'ailleurs, c'est une des raisons qui poussent beaucoup de monde à se mettre au sport. Généralement, c'est ce que je retrouve dans les accompagnements que j'ai, c'est qu'on vient pour perdre du poids. Puis en fait, plus tard, on développe d'autres formes de motivation qui sont plus, comment dire, ce qu'on appelle intrinsèques, c'est qu'ils sont plus profonds encore, parce qu'on développe un autre rapport avec son corps. Et finalement, c'est plus le sport, entre guillemets. On en revient un peu à ce truc presque obligatoire, parce que quand on fait du sport pour perdre du poids ou pour maintenir son poids, etc., le sport vient moins comme un plaisir, tu vois, comme un... ça vient comme une obligation ça vient plus comme le truc obligé à faire comme un régime par exemple et du coup après on déconstruit pour avoir un rapport au mouvement qui est un peu plus sain on va dire et je pense que peut-être c'est ce qui s'est passé pour toi par la suite, je sais pas si ça a toujours été quelque chose de central à cette histoire d'image de toi par rapport au sport en tout cas de motivation à travers l'image de toi ou est-ce que c'est quelque chose où maintenant bon T'es plus à l'aise et t'es moins dans la crainte de ?
- Speaker #1
Alors, c'est le problème avec ce genre d'injonction, on va dire, ça c'est pas vraiment une injonction, mais le mot m'échappe un petit peu, ancré dans son subconscience, c'est que c'est compliqué de s'en débarrasser. Et d'autant plus compliqué de s'en débarrasser quand ça correspond à une forme de norme. Alors bon, je suis un garçon plutôt grand, et donc si j'essaie d'être un peu musclé, un peu fit, C'était plutôt valorisant parce que du coup, sans me dire je vais correspondre à la norme, ça correspondait à une certaine forme de norme pendue, sociétale. Donc c'était une volonté énorme. Ce n'était pas à ma vie ou une obsession. C'est pour dire, je suis grand, je suis plutôt mince, autant continuer à et à essayer d'être. Et donc du coup, il y avait la... Merci. Il y avait la course à pied, il y avait la natation, et j'ai commencé à faire quelque chose que j'appelais l'entretien physique. Tous les jours, je faisais des pompes et des abdos. Je pensais vraiment au truc de mec. Pour essayer d'avoir des bras un petit peu moins maigres, parce que oui, tout maigre, et d'avoir un peu le ventre plat, parce qu'il n'a jamais trop marché. Mais dans l'idée, ça me permettait d'essayer de coller à une forme d'image que j'avais envie d'avoir, pour plaire d'abord à moi, et j'ai envie de dire aux autres, mais en vrai, je suis tout seul. L'important, c'était toujours d'essayer de me plaire à moi et d'être satisfait de comment je me sentais dans mon corps.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, c'est comment pour toi ? C'est-à-dire que tu es toujours branché là-dessus ? Ou il y a d'autres choses qui se sont greffées ? On va peut-être refaire un peu des mots en arrière, etc. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui te motive à faire du sport ? Et tu fais quoi d'ailleurs ?
- Speaker #1
Alors, aujourd'hui, je continue la course à pied. En fait... Comme j'ai eu mon bébé il n'y a pas très longtemps, là j'ai eu une phase de pause, parce que du coup, pour soutenir maman, et parce qu'il y avait beaucoup moins de temps. Et donc une fois qu'il était né, entre le fait qu'ils aient passé de nuit, etc., c'était compliqué. Et donc, comme certains papas, dans leur décade, en tout cas dans la trentaine, on va dire que j'ai fait une espèce de couvade. Et j'ai quand même pas mal pris, je suis monté à plus de quasiment 106 kilos. Et dans mon subconscient, moi qui tournais tout le temps 89-90, ça m'a fait un assez gros choc. J'étais en mode, on ne peut plus continuer comme ça. Alors qu'en fait, je ne vivais pas si mal que ça. Je buvais du vin, des petites bières, des chips.
- Speaker #0
Tout ce qui contribue.
- Speaker #1
Je vivais très bien. Franchement, j'étais vachement content de faire ça. C'était très cool. Mais du coup, je me regardais dans le miroir, je me disais... Ça commence à être un petit peu trop.
- Speaker #0
C'était un peu contraire à ce que tu essaies d'entretenir depuis finalement toutes ces années. Exactement,
- Speaker #1
c'était 10 ans, balancer à la poubelle.
- Speaker #0
Mais du coup, à ce moment, moi je me dis, quand il y a une telle prise de poids, parfois ça peut donner envie de dire, c'est bon, de toute façon, j'ai pris tout ça. Tu te sens un peu vite tombé là-dedans. Exactement. Comment toi tu fais pour revenir ?
- Speaker #1
Alors, c'est encore et toujours cette notion de comment je me vois moi. dans l'idée, comme je suis assez grand, ça ne voyait pas trop que j'ai pris du poids. Ça se voyait si, quand même. On me disait, je suis un peu plus rond, des jouets et tout. Mais en fait, ma conjointe, ça ne la gênait pas. Et puis après, les autres personnes, elles s'en foutent un petit peu. Donc, ça ne les questionne pas. Mais moi, comment je me voyais, je commençais à ne plus me plaire. Je trouvais ça plus compliqué de rester avec une image de moi qui ne me plaît pas toutes ces années. que de me dire qu'on va commencer à remettre du bois au feu, on va recommencer à se mettre en mouvement et à faire du sport. Parce qu'en effet, ça demande un effort, mais je trouve que c'est un effort beaucoup plus faible que de subir son propre regard et de ne pas s'aimer. Ça, c'est vraiment embêtant pour rester poli sous le long terme.
- Speaker #0
Je trouve que c'est intéressant que tu partages ce côté de... finalement, même si tu étais plutôt bien dans ce mode de vie pendant un temps, c'est quand même capable de percevoir que ça te coûtait plus mentalement que de reprendre le sport. Alors qu'une reprise sportive, ça coûte toujours parce qu'on repart un peu de zéro à chaque fois, etc.
- Speaker #1
On perd beaucoup.
- Speaker #0
Mais finalement, ça te coûtait moins de reprendre que de continuer dans cette boucle-là.
- Speaker #1
Tout à fait. En plus, j'ai toujours un très bon coup de fourchette. J'aime manger et j'aime manger sucré. Les gâteaux et tout ça. J'ai fait de la pâtisserie. Je vais en continuer à en faire un petit peu. Et en fait, c'était aussi pour équilibrer le fait de dire En fait, je n'ai pas envie de me couper ce plaisir. des repas, c'est un peu décochonné quand même, mais en tout cas, je n'ai pas envie d'arrêter tout simplement ça. C'est vraiment un truc qui, là aussi, aurait pu me rendre un petit peu malheureux. Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça. Donc là aussi, c'est plus simple de se remettre au sport. Comme ça, tu reviens à une condition physique qui te satisfait. Et en plus, tu peux continuer à boire ta petite bière le vendredi sans te dire vraiment que tu te fais du mal.
- Speaker #0
Oui, du coup, tu culpabilises moi.
- Speaker #1
Exactement. Tu culpabilises plutôt moi. Puisque du coup, je suis à peu près revenu.
- Speaker #0
Tu as retrouvé ta forme.
- Speaker #1
Totalement. Mais au moins, j'ai recommencé à bouger. Et en fait, au final, c'est ça le plus important. Ce n'est pas forcément le poids. C'est se dire que je fais quelque chose pour moi, pour mon corps.
- Speaker #0
Et tu as beaucoup parlé de l'image, de comment tu te voyais toi. Mais comment tu te sens ? C'est ça aussi qui est important.
- Speaker #1
Exactement, du coup. En fait, on peut dire, c'est le plus important au final, mais c'est qu'on dit facilement image. Mais pour donner un comparatif, on habite en Ile-de-France, des fois, le RRE, il arrive. Il faut courir. Il faut courir pour l'attraper. Sinon, quand on habite un petit peu loin, on a une demi-heure à attendre. Et vraiment, en hiver, on n'a pas envie d'attendre une demi-heure. Et c'était vraiment une sensation que je trouvais tellement nulle de se faire ces... 200 mètres de course rapide de rentrer dans le RER et d'avoir l'impression qu'on va crever parce qu'on ne compte pas on ne fait pas d'activité physique donc tu l'as vécu quoi donc du coup c'est mieux de faire un peu de sport et de dire j'ai le temps d'aller à ce RER c'est pour l'image c'est pour se dire que quand il y a un moment où il faut qu'on fasse quelque chose on n'est pas l'impression de galérer et tu sais ça c'est
- Speaker #0
C'est un truc qu'on sous-estime, mais en fait, ça arrive hyper souvent, ce genre d'action, où il faut courir après un bus, après machin. Enfin, après, tout dépend à quel point on est organisé dans son temps. Moi, encore tout à l'heure, j'avais un rendez-vous, mais je me suis retrouvée à courir dans la rue, parce que je ne suis pas partie assez tôt, parce que j'ai enchaîné avec un autre truc. Enfin bref, et en fait, ça, ça peut arriver très souvent. Et en fait, si ça arrive très régulièrement, et qu'à chaque fois que ça arrive, on se reprend un petit coup de couteau dans le dos, en mode... Tu vois, si t'étais plus en forme, tu subirais moins le truc. Et ça, c'est horrible de se flageller comme ça.
- Speaker #1
En fait, c'est de l'auto-flagellation. Parce qu'il n'y a personne qui va nous dire quoi que ce soit. C'est vraiment non.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'était pas top, là, mon gars.
- Speaker #0
Donc, ça facilite grandement le quotidien. C'est l'ordre de... Exactement. Le fait de se faire mettre. Et comment... Parce que, bon, du coup, ça fait un petit peu les dents de scie. Mais finalement, il y a... Il y a toujours un fond de quelque chose ou il y a des moments où il n'y a vraiment plus rien en termes de pratique ?
- Speaker #1
Il y a quasiment toujours eu un fond de quelque chose. Il y a eu quand même des mois ou des moments où j'ai arrêté. Par exemple, quand j'étais en Ile-de-France, j'avais ma pratique sportive. À ce moment-là, je faisais de la natation pour sa pied et vélo. Le but, c'est de toujours faire quelque chose de différent. Dans l'Église, je me disais que ça permettait de travailler des choses différentes. Et de ne pas être focus sur la seule chose. Parce qu'en fait, je ne faisais pas du sport.
- Speaker #0
Tu n'avais pas un objectif de performance.
- Speaker #1
Mon objectif de performance, c'était vraiment pour de l'entretien physique et me dire, je fais quelque chose et je bouge. À une époque, je courais après le travail. Et comme je pense plein de personnes, au fil des années, il y a une espèce de flemme qui arrive et on n'a plus juste envie de faire les choses. Donc, mon entretien physique, journalier, au final, au bout de 4-5 ans, il a disparu parce que flemme de faire des haltères, flemme de rentrer et faire des abdos, j'en avais marre. Et du coup, la même chose pour la course à pied. En fait, moi, je ne suis pas un grand amoureux du sport. Et au bout d'un moment, à chaque hiver qu'il revenait, quand j'étais en Ile-de-France, sortir courir, quand on rentre du travail, se dire « Bon, allez, il est 18h30, je vais mettre mes chaussures et je vais sortir courir » . En fait, ça devient un engagement et un poids de plus en plus important. Et au bout d'un moment, on n'a juste plus envie. Et je pense que c'est le cas de plein de personnes. Et du coup, on arrête. Et donc, ça a été mon premier moment où vraiment, j'ai arrêté de faire du sport. Ça a duré, je pense, 6-7 mois. Et comme d'habitude, comme on aime bien manger...
- Speaker #0
Mais comment tu l'as vécu déjà, cette pause de 6-7 mois ? Est-ce qu'à un moment donné, tu es conscient de ta pause ? Est-ce que tu es frustré ou tu ne puis pas le piquer ?
- Speaker #1
Pas du tout. Je suis content. Comme ça me saoulait, j'arrête, ça me gave. Dans mon esprit, je ne faisais pas du sport parce que je me sentais obligé, mais parce que dans l'idée d'entretien, du coup, ce n'est pas grave, on est moins entretenu. Comme j'ai essayé de le dire, c'était aussi pour balancer mon grand amour de la bouffe. Du coup, quand on arrête le sport, l'amour de la bouffe ne disparaît pas. Ça disparaît, tu vois. Bizarrement, ça ne disparaît pas du tout. Et donc, du coup, on continue à être dans la même dynamique d'apport calorique, on va dire ça comme ça. Et au bout d'un moment, ça revient toujours. J'ai ma petite sonnette d'alarme qui dit, là, on recommence à prendre du bois, re-vois ton image, re-c'est pas top. Et après, il faut réfléchir à faire différemment parce que vraiment, le froid, j'en pouvais plus. Et donc, à un moment, je me suis dit, tiens, pourquoi pas rentrer au travail en courant. Toujours dans cette notion d'obligation. Parce qu'en fait, ce qui est bien, c'est que quand tu pars du spray à 17h et que tu te lances dans la course à pied, t'as oublié de rentrer chez toi.
- Speaker #0
C'est ça. Mais ça, c'est une super stratégie. Au lieu de se dire, je rentre chez moi, puis je ressors, là, en fait, tu t'optimises tout.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tu t'optimises tout.
- Speaker #1
Du coup, au moins, t'as pas à dire, il faut ressortir, et donc tu perds. Ça devient ton temps de transport, ça devient ton temps de sport. Après, il ne faut pas être trop loin. À l'époque, j'étais à presque 15 kilomètres de mon travail. Quand même. Mais du coup, je me disais, c'est pas grave, allons-y. Allez, première fois, c'est tout. Ça t'a fait des cris,
- Speaker #0
c'était assez hard, non ?
- Speaker #1
Je vais vous dire, c'est un peu long.
- Speaker #0
C'est pas 15 kilomètres, c'est un court-épi. Non, on va commencer,
- Speaker #1
on va commencer. Mais il y avait un petit fond. Mais je continue de toute façon. La natation, ça a toujours resté. Puisque du coup, c'est une fois par mois, le bassin est chauffé. Enfin, une fois par semaine, pardon. Le bassin est chauffé. Donc, c'est prendre la voiture et y aller. Donc, ça arrivait à m'obliger. Le vélo, des fois, à l'hiver, il faut s'équiper. C'est un petit peu compliqué. Mais du coup, en fait, c'est quand même la course à pied qui permet de garder, on va dire, ce son physique le plus efficacement. Le rapport est fort. Je ne suis pas sûr de ça, mais je me sens que le pot de satier est plutôt efficace. Donc j'ai commencé à faire comme ça, je rentrais le soir. Et quand même, là encore au bout de deux ans, il fait quand même froid, c'est embêtant. Et je ne sais plus pourquoi, je pense qu'il y a eu mon autre étape qui arrivait avant, mais je me suis dit tiens, en fait je vais faire entre midi et deux. Et là ça a tout changé, parce que du coup en fait, je prenais sur ma peau déjeuner, ça faisait très longtemps. tant que c'est à mon travail, donc il faut aussi avoir cette possibilité et cette chance-là. Et donc, j'avais des bonnes relations avec mes supérieurs, mes aînés plus jeunes et les collègues. Donc, en fait, au lieu d'aller manger, j'allais faire ma course à pied. Ça me prenait une heure et demie. J'allais devoir... une heure. Je l'ai passé un petit peu que je rattrapais après. Mais du coup, c'était en journée. Donc, je ne courrais plus la nuit où il fait de toute façon plus froid. Et en hiver, même s'il est encore un peu froid, c'est moins... Ça tape un petit peu moins sur l'envie parce qu'en fait, il y a la lumière, il y a quand même potentiellement un petit peu de soleil. Et donc, j'ai fait par ça.
- Speaker #0
Et là, et depuis ?
- Speaker #1
tu continues et depuis il y a eu des bannes ouais voilà mais ce que j'aime bien tu sais dans ce que tu partages c'est ce côté même si c'est en dents de scie tu y reviens toujours et en plus avec cet état d'esprit de comment je peux adapter le truc un peu différemment tu
- Speaker #0
vois finalement la météo c'est un truc qui te pose problème ok comment je peux faire peut-être différemment il y avait le côté je rentre du boulot en courant puis après il y a le côté finalement le... le soir, enfin en hiver, la nuit, le froid, etc., je l'intègre en milieu de journée. Déjà, ça change un peu l'expérience. Et ça, c'est important de le souligner. En fait, le but, c'est de trouver comment adapter, réadapter, réajuster, renouveler sa pratique pour que ça dure un maximum d'un temps. Mais tu sais quoi ? Moi, ça m'impressionne parce que depuis le début, je me dis, mais attends, mais... Au bout d'un moment, il n'a pas flanché, au point de se dire, non mais c'est bon, je n'arriverai jamais à avoir un truc qui dure dans le temps. Parce que moi, c'est vraiment ça que je vise et tous les gens que j'accompagne viennent pour trouver une régularité et que ça dure dans le temps.
- Speaker #1
Et du coup, en fait, il faut avoir... Parce que là, j'ai parlé un petit peu du côté young, je vais partir d'un côté young, d'un côté positif. Moi, courir, vraiment, je courrais, mais je n'ai jamais aimé ça. Ça peut paraître paradoxal, mais ça m'a été mon grand kiff. Je me suis dit, je le fais, ça me fait du bien. Mais voilà. Mais du coup, j'ai commencé, j'ai connu ce qu'on appelle les courses à obstacles. Je ne sais pas si tu connais. À l'époque, il y en a une qui s'est commencée, c'était la grande mode, c'était la SOMAD qui se déroulait à Vincennes. Après, j'ai connu la Monday et encore après, la Spartan. tout le monde. en fait ce sont des courses qu'on réalise comme ça avec des obstacles et c'est déguisé moi j'adore j'adore me déguiser et en fait j'ai commencé à faire ces courses spécifiques j'ai pris tellement plaisir à faire ces courses qu'au final le pourquoi du comment je aussi je pratiquais la course à pied, ce qui me permettait de tenir dans le temps, c'est pour me dire, en fait, comme ça, quand j'arrive à cette course, je suis affûté. Oui, finalement,
- Speaker #0
tu t'entraînais pour ça.
- Speaker #1
Ça te donnait un peu un but. Et j'ai toujours fonctionné comme ça. C'est vraiment un espèce de faux but, parce que ça arrive une fois ou deux fois dans l'année. Est-ce que ça justifie toute une année à courir ? Je ne suis pas sûr. Non,
- Speaker #0
mais parfois, il suffit. C'est du temps. Il n'y a pas besoin d'aller chercher 40 objectifs non plus.
- Speaker #1
Et vraiment, ça fait un petit peu... Je me suis marré. Ça fait peut-être un petit peu chaud de dire ça, mais l'un des meilleurs jours de ma vie, mais vraiment, c'était une mud day que j'avais fait en équipe avec mon meilleur ami, un autre pote qui s'appelle Bruno. Et on se lotait. On s'était dit qu'on s'habillait en Miss France. Du coup, déguisement très cheap, très facile. Le thème est fou, mais le déguisement est nul. Très,
- Speaker #0
très cheap pour le saut d'obstacle.
- Speaker #1
Exactement. Donc moi, je t'habillais en maillot une pièce femme, et avec au pair aussi, donc on avait mis perruque et truc. Et franchement, je me suis tellement amusé, on a tellement rigolé, c'était un truc de malade. Et pour continuer à vivre toujours ces moments-là, du coup, il fallait courir à pied. Par exemple, mon meilleur pote, lui, il ne court pas. c'est pas son délire, lui il fait du foot donc il est dans l'explosivité et donc il ne s'était pas trop entraîné pour ça mais qu'est-ce qu'il a galéré, il s'est dit c'était le pire jour de ma vie et moi c'était quasiment un des meilleurs jours de ma vie parce que je voyais galérer les déguisements étaient éclatés beaucoup trop petits, donc il y a des choses qui dépassaient c'est fou et en fait il faut trouver quelque chose qui nous donne envie de s'entraîner ou de bouger pour réaliser cette chose Et ça, c'est la meilleure des raisons, en tout cas la meilleure des raisons positives. Parce que quand on a besoin d'évacuer à cause d'une rupture, c'est aussi une raison qui peut nous permettre d'aller vers autre chose. Mais je pense que ça nous permet moins de faire durer dans le temps.
- Speaker #0
Et tu mets le dos aussi sur un truc, c'est trouver ses raisons. Voilà, c'est vrai que vraiment. Trouver ses raisons. Là, à ce stade de l'épisode, et d'ailleurs on arrive près de la fin, il y a plein de trucs que j'ai envie de vraiment appuyer. c'est ce côté adaptation Ce côté trouver du fun, du fun dans la pratique, en plus s'entourer de gens, parce que c'est ce que tu as fait la majorité du temps, même si tu t'es aussi entraîné solo. Et puis le côté trouver ses raisons. En fait, c'est toujours savoir pourquoi on le fait finalement. Là, peut-être qu'en ce moment, je vais le faire parce que je traversais le truc. Du coup, je vais le faire dans une idée, comme tu l'as dit tout à l'heure, de se libérer émotionnellement, etc. Là, je vais le faire parce que j'ai envie de prendre soin de mon corps de telle manière, ou de mon image. Là, je vais le faire, mais toujours un peu renouveler le truc, et puis cumuler les raisons. Plus il y a de raisons, plus la balance penche du bon côté, et plus ça dure aussi.
- Speaker #1
Essayer de pratiquer, je trouve, plusieurs choses différentes. Parce que faire un seul sport tout le temps, tout le temps, ça peut devenir rébarbatif. Et une fois qu'on a... Je ne sais pas si tout le monde le fait comme ça. Une fois qu'on a fait quelque chose. beaucoup trop souvent, il y a un autre cerveau qui nous dit c'est bon, plus jamais, là je me suis gavé ton truc là, j'en ai mangé 4 fois par semaine,
- Speaker #0
ça fait 3 ans c'est bon surtout si on perd le sens de base c'est un peu à double tranchant, puis il y en a qui aiment bien le côté très passionnel et passionné d'une activité à fond à fond, puis d'autres qui aiment bien plus le multisport ou toucher à plein de trucs et la variété tu l'as pas dit comme ça, mais la variété Merci. En fait, c'est ce qui permet aussi, quand on n'a pas des gros objectifs de performance, de durer, parce que finalement, on se lasse moins. Il y a moins ce côté toujours pareil, je soulève toujours le même poids, je fais toujours ça, à telle heure, etc. Ça, c'est vraiment aussi un truc qui est énorme. Tu n'as pas forcément trop parlé du fait que tu es quand même papa d'un... C'est bon, j'ai un petit boulot. Partage-nous tes tips pour continuer à faire un peu de sport.
- Speaker #1
Ma deuxième grosse pause, c'est à cause du bébé. Il ne dort pas, trop fatigué, on ne fait rien. Donc du coup, là, c'est extrêmement compliqué. Surtout si on veut, parce que je pense qu'il y a beaucoup d'hommes qui arrivent à faire du sport au même coin dans les bébés. Si on veut partager de façon équitable avec sa conjointe la charge de l'enfant, il faut quand même le préciser. Il faut lui céder du temps à elle et essayer de prendre du temps à nous. Donc vraiment, c'est compliqué. tant qu'il... tant qu'on ne retrouve pas un certain niveau d'énergie, c'est compliqué de se dire, il faut retourner. Mais encore, il faut essayer d'avoir sa petite cloche d'alarme pour dire, en fait, là, je suis arrivé à mon bord. Plus qu'à quand ? Plus qu'à quand ? Maintenant, il faut vraiment que je me remette à quelque chose. Et donc, du coup, après, quand on a des enfants, je n'apprends rien aux parents. C'est une question d'organisation. Ça devient vraiment quasi militaire. C'est plus compliqué de se dire, je le fais parce que j'ai envie. Le plus simple, c'est de se dire, dans mon emploi du temps, À tel moment, il faut réussir à le faire même moment c'est pour le sport et une fois qu'on a réussi ça on y va de façon un peu plus automatique le lundi c'est moi qui vais au sport ce temps là c'est pour moi c'est dédié à ça et donc il faut que j'aille le faire parce que le reste du temps je vais être de garde c'est moi qui vais de moi m'occuper de l'enfant pour laisser soit vivre sa vie de famille ou pour laisser du temps à l'autre ce qui est très important que elle-même ou l'autre si c'est un garçon puisse prendre lui aussi du temps pour soi soit pour faire du sport ou tout simplement pour se reposer ou de passer du temps avec des amis de son côté. On essaie de trouver un équilibre comme ça.
- Speaker #0
Exactement. Donc oui, il y a ce côté quand même organisationnel, mais un côté qui revient souvent, et c'est sûr que je l'ai entendu beaucoup de la part de femmes, on me le dit rarement directement, mais c'est en échangeant ce côté. En fait, quand tu prends ce temps-là pour toi, Tu n'es plus avec ton enfant, tu n'es plus avec ta compagne, en l'occurrence. Et je sais qu'il y a certaines femmes, peut-être que c'est encore différent entre les hommes et les femmes, qui peuvent se sentir comme, finalement, je ne suis peut-être pas une si bonne mère, parce que là, je délaisse un peu mon enfant, tu vois.
- Speaker #1
Ça, c'est tout le côté psychologique auquel il faut réussir à se détacher. Pour le coup, ça, c'est ma philosophie de couple. pour moi, il faut que réussir à trouver du temps pour soi pour réussir à se donner aux autres. Si on ne prend pas du temps pour soigner sa santé mentale et juste être bien soi-même, c'est extrêmement compliqué de redonner aux autres. Sans être misogyne, c'est vrai que c'est une problématique. C'est très facile pour les hommes de dire « je prends du temps pour moi » . Je n'ai aucun doute là-dessus. Vraiment, je n'ai aucun doute. Parce que les femmes peuvent avoir le regard de la société, le regard des autres. On leur dit, mais plus que tu ne passes pas de temps avec ton enfant, en fait, c'est censé être le centre de ta vie. Il faut réussir à se détacher de ça. Ça ne veut pas dire que ton enfant, ce n'est pas le centre de ta vie. C'est réussir à se détacher, de dire que de toute façon, tu as signé pour tout le reste de ta vie. Et quasiment au 20 ans, en full time. Donc, de temps en temps, c'est quand même pas grand-chose de prendre trois heures, trois fois dans la semaine pour soi. On ne peut pas dire qu'on est égoïste. Il ne me semble pas. Il faut réussir à se fier à soi-même, sa propre leçon pour se dire je ne suis pas une mauvaise personne parce que je prends du temps pour moi. Je ne suis pas une mauvaise personne parce que je laisse l'autre parent s'occuper tout seul. Et comme j'ai dit, c'est d'autant plus important de faire ça pour se dire moi je prends ce temps-là pour moi, mais à l'envers, je vais donner du temps à l'autre en disant en fait c'est très bien d'être à deux, mais de temps en temps, on peut très bien nous s'occuper tout seul de l'enfant. pour laisser du temps à l'autre de faire ce qu'il a envie. Nous, on parle de sport et de mouvement, donc c'est pour ça qu'on est focus là-dessus. Mais il y en a plein d'autres activités, pourtant seulement des activités culturelles. Son conjoint ou sa conjointe, sa passion, c'est le cinéma. Et que vraiment, quand tu as ton enfant, le cinéma, ça devient très compliqué. Tu peux lui dire, en fait, une fois par semaine, enfin bref, c'est une rencontre entre deux personnes. En fait, moi, je vais m'occuper tout seul. Tu vas aller faire ton cinéma et te retrouver, te ressourcer en faisant ta passion. Je trouve que ce n'est pas très compliqué à signer comme contrat.
- Speaker #0
En tout cas, c'est un échange à avoir. Un échange à avoir. Et puis, je mettrais l'accent sur le côté qualitatif. Une fois que tu prends soin de toi, que tu essaies de prendre ce temps-là pour toi, tu disais, après, derrière, tu donnes mieux à l'autre. Tu donnes mieux qualitativement parlant à l'autre.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Parce que tu te sens mieux toi. Donc, derrière, c'est quand même plus à l'aise. Peut-être moins aigri, moins je n'en sais rien, moins polérique. Bref, tout ça, on n'y pense pas assez, parce qu'effectivement, ce n'est pas la quantité qui prime.
- Speaker #1
De toute façon, comme tu dis, ton enfant, ton conjoint, ils sont là tout le temps. C'est quand même très important de réussir à avoir une discussion, de dire que on ne blesse pas l'autre, ou on ne peut pas se sentir blessé si l'autre a envie de passer du temps seul pour faire une activité. Je pense que si vraiment on arrive là à se sentir blessé, à se sentir mis sur le côté parce que l'autre passe quelques heures seul à faire une activité qui lui permet de se ressourcer, je pense qu'il y a potentiellement un travail à faire sur soi-même comme si ou quelque chose autre pour réussir à se libérer de ça. Parce que, selon mon point de vue personnel, je trouve que ce n'est pas très sain.
- Speaker #0
C'est important, je pense, à considérer pour le bien-être, finalement, collectif. Tout simplement. J'ai une dernière question pour toi. Et j'aimerais bien, vu que tu as vécu plein de petites reprises à chaque fois, c'est quoi le conseil que tu aimerais donner à des personnes qui vivent ça, qui vivent des cycles d'activité physique, mais qui pourraient se dire « en fait, je n'y arriverai jamais » . Toi, qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire à ces personnes-là ?
- Speaker #1
La reprise, le plus dur, c'est le premier pas. Une fois qu'on a fait le premier, le deuxième, le troisième, réussir à se mettre dans le mood. on va dire que c'est un petit peu bateau ce que je dis mais essayer vraiment de réussir à se dire tiens je me mets cette date là en tête ce petit truc et je repars de là je repars de là et surtout ne pas viser trop haut parce que là je disais tout de suite 13 km quand j'ai repris le sport là après mon petit bébé j'étais au fond dans le sens où j'avais perdu beaucoup ça faisait un an que j'étais à la Biory aux chips du coup on perd très vite avec ce régime là j'ai recommencé avec 3 km comme ça une fois par semaine Il sort de revenir dedans et surtout, j'ai recommencé au soleil. En fait, il faut réussir à trouver un peu de joie dans cette reprise par n'importe quel truchement. Donc là, pour moi, c'était le fait d'avoir enfin le printemps revenu. On a de nouveaux shows, le soleil te caresse. C'est quand même extrêmement agréable d'être à l'extérieur. Donc, ça m'aidait à reprendre. Et tout doucement, au fur et à mesure, les choses reviennent.
- Speaker #0
Donc, choisir des conditions.
- Speaker #1
Voilà, choisir les conditions les plus adaptées pour être à l'aise, pour revenir dans ce mouvement, dans ce sport.
- Speaker #0
Trop bien. Tu sais, il y a un truc que je dis souvent, c'est finalement, l'activité physique, c'est un truc, c'est un enjeu de toute une vie. Et pourquoi pas, finalement, se dire comment faire pour y jouer toute la vie. Si je vais rester dans la partie, qu'est-ce que je pourrais faire pour rester dans la partie ? Et toi, c'est ce que tu essayes de faire en permanence, c'est de rester dans cette partie-là du jeu. Et si on procède de cette manière-là, si on se dit, tiens, c'est un jeu, le but, c'est de jouer le plus longtemps possible et de rester dans la partie, on va toujours trouver des solutions pour remettre le pied à l'étrier. Bien sûr, à chaque fois, la reprise est toujours un peu plus dure. Mais comme tu l'as dit, le premier pas, c'est le plus dur. Le deuxième, allez, peut-être encore difficile. Et plus on avance dans le temps, plus ça devient facile à partir du moment où effectivement, On trouve des conditions, on met en place des conditions qui nous conviennent. Tu parles du soleil, pour certains ça va être le collectif, pour d'autres ça va être encore autre chose. En fait, chacun doit expérimenter, tester et réadapter, et pas rester bloqué sur « non mais là ça n'a pas marché, j'ai repris la course, ça n'a pas marché, donc ça ne marchera pas » . Non, en fait, il y a trop de trucs à tester pour arriver à cette conclusion aussi, on va dire, franche et nette et dure surtout. Merci à toi Jérémy d'avoir partagé. Merci. Avec grand plaisir pour cette première pour toi dans le podcast Mouvementale. C'était un grand plaisir de connaître un petit peu plus ton histoire, de voir comment tu as cette facilité, même si ça fait un peu des vagues, mais tu as cette facilité à revenir à chaque fois. Alors, je ne dis pas que c'est tout facile.
- Speaker #1
Je crois que c'est eu l'air facile.
- Speaker #0
Mais tu donnes cette sensation que c'est facile. Parce qu'en fait, pour toi, on dirait que tu n'arrêteras jamais vraiment, même s'il y a des grandes coupures ou des coupures un peu moins longues. En fait, tu y reviens. Parce que dans ta tête, le but du jeu, c'est de continuer de jouer le plus longtemps possible.
- Speaker #1
Et puis, il y a quand même un petit peu de joie et de plaisir à pratiquer. On ne l'a pas dit, mais ça rapporte quand même beaucoup de satisfaction de faire ça.
- Speaker #0
Merci d'avoir souligné le mot de la fin. Et puis, j'espère que beaucoup de personnes se retrouveront là-dedans. Belle journée à toi et à bientôt. Merci à tous.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
C'est tout pour aujourd'hui, enfin presque. Avant de partir, j'ai deux questions pour vous. La première, c'est quelle est la chose que vous pourriez retenir de cet épisode ? Et la deuxième, à qui vous pourriez la raconter ? En partageant ce podcast et en lui attribuant la meilleure note possible, vous inspirez d'autres personnes à être plus actives. Et comme votre avis compte beaucoup pour moi, n'hésitez pas à me faire part de vos réflexions, j'essaierai de vous répondre. A bientôt !