- Speaker #0
Certains voient l'activité physique comme un investissement pour leur santé et leur bien-être. Vous voulez en faire partie ? Bienvenue chez Mouvementale. Je m'appelle Magali Dubois et je m'adresse particulièrement aux non-sportifs et à tous ceux qui aimeraient enfin réussir à adopter un mode de vie actif dans la durée. C'est en vous partageant des connaissances, des expériences et des points de vue différents que j'ai l'intention de vous aider à bâtir l'état d'esprit et la motivation nécessaire pour le faire.
- Speaker #1
Alors j'espère que ça vous aidera et que vous aurez envie d'en parler autour de vous.
- Speaker #0
C'est parti pour une nouvelle histoire d'activité physique. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'avoir à mes côtés Alice, qui a plein de choses à nous raconter par rapport à son expérience avec l'activité physique. Ça fait maintenant neuf mois. Alors moi, je rigolais juste avant qu'on discute et qu'on fasse ce podcast en lui disant que c'était l'équivalent d'une grossesse. mais qu'elle a commencé à se réintéresser à sa pratique et surtout à vouloir faire évoluer les choses. Je suis ravie de t'avoir à mes côtés, Alice. Juste avant, pour la petite anecdote, je l'ai accompagnée pendant plusieurs mois, on en reparlera tout au long de l'épisode, mais ça vous donnera un petit aperçu de comment est-ce qu'on peut faire évoluer la pratique, quels sont un petit peu les leviers sur lesquels on peut agir pour faire en sorte de trouver une pratique qui soit un peu plus... épanouissante, mais aussi un peu plus confortable et surtout qu'elle dure dans le temps. Je suis ravie de t'avoir à mes côtés pour qu'on puisse aborder tout ça ensemble.
- Speaker #1
Merci Mayeli, je suis ravie d'être là.
- Speaker #0
Trop bien, j'espère. En tout cas, ce que j'aimerais dans un premier temps, c'est peut-être simplement que tu te présentes toi et puis après je vais te poser plein de questions pour qu'on en saura un petit peu plus sur un peu tous les dessous qui se cachent derrière ton évolution.
- Speaker #1
Ok, alors je m'appelle Alice, j'ai 50 ans, je suis cadre dans la fonction publique et je suis venue voir Magali parce que j'avais un historique d'échec à faire du sport ou de l'activité physique sur la durée, c'est-à-dire que je pouvais arriver à en faire pendant 3 mois, 6 mois, 1 an. Un an et demi, mais une guerre plus. Et après, il y avait des périodes qui suivaient où j'étais sans activité physique et où ça me manquait. Mais je n'arrivais pas à trouver ce qui me convenait comme activité. Parce que, on va en reparler, je pense, mais j'avais un peu des préconceptions sur ce qu'il fallait faire et ce que constituait une activité physique.
- Speaker #0
Oui, en tout cas, au tout début, c'était en... en juin dernier, en juin 2025, où tu as pris contact avec moi. Comment est-ce que tu avais connu, finalement, le mouvemental ?
- Speaker #1
Je voyais un diététicien pour essayer de perdre du poids. Je lui ai dit, j'essaye de me bouger, de faire des abdos chez moi, de faire plus de pas, mais je ne vois pas de différence sur la balance. J'aimerais bien avoir un coach, mais je ne sais pas trop qui allait voir. Et là, il m'a dit, mais vous devriez essayer de faire de l'activité physique adaptée. J'ai cherché... coach, préparateur, activité physique adaptée sur Google. Et je suis tombée sur toi. Donc, en fait, ce n'était pas exactement ce que je cherchais au départ. Mais là, je me suis dit, alléluia. En fait, quelqu'un qui est préparatrice mentale et en lien avec l'activité physique, ça va forcément m'apporter plein de choses pour surmonter mon historique dont j'ai parlé tout à l'heure.
- Speaker #0
Oui. C'est marrant parce que c'est souvent comme ça qu'on me contacte, un peu au hasard, en cherchant un coach sportif, en cherchant quelqu'un plutôt spécifique au sport, tout simplement. Et puis, de fil en aiguille, on en arrive à tomber sur moi parce qu'il y a cette petite particularité où je touche le mental. Mais en même temps, je connais très bien l'activité physique et l'activité physique adaptée. Donc, c'est vrai que ça a du sens. Et donc toi, en fait, si je reviens un petit peu en arrière, donc ta pratique... Avant qu'on se rencontre, il n'y avait pas jamais rien eu. Il y avait eu des périodes où tu en faisais, des périodes où ça s'arrêtait. C'était en dents de scie, en fait, si je comprends bien.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et quel était d'ailleurs, à cette époque-là, ton rapport avec le sport ? Donc, au moment où tu viens me voir, tu entames cette démarche d'un côté diététique, d'un côté, tu as envie d'aborder le sujet du sport. Comment tu te sens à cette époque-là ?
- Speaker #1
Je me sentais en manque d'activité physique, Miii J'ai été désemparée parce que j'avais essayé plein de choses qui n'avaient pas marché dans la durée. Par exemple, la dernière chose que j'avais essayé, c'était le yoga Hatha. J'en avais fait pendant deux ans. Ça devenait très répétitif. J'étais trop monotone. Et j'avais aussi un problème de souplesse qui faisait que le yoga à tasse, ça devenait un peu compliqué. Et en fait, à l'époque, je n'en étais pas consciente, mais je pense que j'avais besoin de trouver une solution plus variée que de s'inscrire à un sport et de faire ce sport-là toute l'année, le même jour, à la même heure.
- Speaker #0
Il se fallait un truc un peu plus fun.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, tu sais à quoi ça me fait penser ? À cette métaphore qu'on a utilisée un petit peu tout le long du parcours, le jeu. On a beaucoup parlé de jeux ensemble, de comment voir l'activité physique comme un jeu, parce que toi, il y avait vraiment ce truc un peu ludique que tu recherchais pour être un peu à l'opposé de la monotonie. Et tu te souviens un petit peu de ça ? Oui,
- Speaker #1
c'était un moment super important, parce que je pense qu'à l'époque, ma vision de l'activité physique, c'était... Alors d'un côté, il y a les sportifs de haut niveau, c'est eux les vrais, etc. De l'autre côté... Oui, il est recommandé de manger cinq fruits et légumes par jour et de bouger. Et donc, il faut faire un sport. C'est important, c'est nécessaire. Et en gros, c'était une injonction. Et par ailleurs, j'ai quand même fait pas mal d'activités physiques précédemment que j'avais appréciées, peut-être pas tout le temps, mais quand même souvent. Et du coup, je savais quand même que l'activité physique, ça... te fait une montée de sérotonine, d'endorphine, on dit comme ça.
- Speaker #0
Oui, les endorphines.
- Speaker #1
Et que du coup, c'est un vrai plaisir. Mais c'était une vision un peu hybride. Ça peut procurer un vrai plaisir, mais en même temps, il y a une injonction sociétale à le faire.
- Speaker #0
Et puis, un peu comme si tu ne te retrouvais pas dans soit le sport de haut niveau, soit le sport, on va dire, les grands sportifs, soit le côté injonction. Et toi, il y avait quand même un truc où finalement, tu avais quand même pratiqué régulièrement dans ta vie, même si ce n'était pas toujours régulier. Mais en même temps, il y avait cette contrainte-là de « il faut en faire » . Et c'est vrai qu'on a vite fait de se retrouver un peu… En fait, ça nous rappelle, je trouve que l'injonction « il faut faire du sport » , ça nous rappelle quand on n'est pas régulier dans le truc, ça nous rappelle qu'on n'est pas régulier.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis aussi... Je peux peut-être donner des exemples. Étant gamine, j'avais fait du tennis. Rapidement, le tennis, il va falloir faire des tournois. Pas trop envie de faire des tournois, en fait. J'ai juste envie de jouer au tennis. La danse, ok, j'aime bien bouger. J'aime bien... Mais faire un spectacle, que le but entier de l'année, ça soit d'arriver à faire un spectacle, ça ne m'intéressait pas trop. Le seul truc que j'avais trouvé super fun et que j'aimerais bien refaire, mais bon, là, ça va demander que je progresse un petit peu en termes de perte de poids, etc. et de musculation, c'était l'escalade. Parce que justement, c'est tellement varié. Il y a un tel côté aventure que c'est ce qui se rapprochait le plus de ce que j'aimais faire. En fait, j'aime bien quand ça change assez souvent.
- Speaker #0
Oui, et puis tu aimes bien un peu les expériences aussi. Oui, voilà. Et du coup, tiens, si tu nous parles un petit peu de... des différents sports, donc tu as parlé du tennis, la danse, tout ça. Est-ce que depuis toute jeune, donc ton enfance, tu as baigné dans un environnement plutôt sportif ? Est-ce que tes parents t'ont encouragée à faire du sport ?
- Speaker #1
Non, non, non, pas du tout. Dans mon environnement familial, mes parents sont nés juste après la Deuxième Guerre mondiale, ce n'était pas du tout la même époque. Et eux, leur façon d'éduquer, c'est qu'il faut avoir des bonnes notes à l'école. Le sport, ça passe après. On en fait déjà à l'école, ça suffit bien. Et on ne va pas se plier en quatre pour aller faire du sport. Et surtout que ça ne rajoute pas de la compétition dans le parcours de l'enfant qui est déjà très marqué par la scolarité, les notes, la concurrence en fait. Et donc du coup, ils reflétaient. Ils rejetaient complètement le côté compétition du sport. Le sport était vraiment vu comme annexe et pas essentiel.
- Speaker #0
Et eux, ils n'en faisaient pas spécialement du coup ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais vu ma mère aller à un cours de sport, quel qu'il soit. Mon père, il arrivait de faire du jogging, mais c'était un peu des velléités. Ça a duré trois semaines, il arrêtait. Le seul truc que mes parents faisaient, c'était marcher en montagne tous les étés. Et parfois des tours en vélo quand il faisait beau.
- Speaker #0
Ok. Mais du coup, si on fait un arrêt sur image là-dessus, ça explique en partie derrière la suite de ta pratique. Parce que si tu dis, mon père, il courait un peu, puis après il s'arrêtait. En fait, c'est un peu l'exemple que tu avais toi et que tu as reproduit naturellement parce que c'était ce que tu avais aussi appris et vu. Et comment tu as vécu peut-être au final le sport à l'école ou au collège, lycée ? Puisqu'il y avait ce truc-là de, on ne va pas se rajouter encore en plus, l'aspect compétition et l'aspect un peu... Je ne sais pas comment le décrire, mais ce que tu disais juste avant, le côté, il y a les notes, c'est déjà pas mal, le sport c'est annexe, mais en même temps, ça fait partie quand même des matières. Comment est-ce que toi, tu le vivais ?
- Speaker #1
Mal. Je me souviens, au collège, il y avait obligation de faire les une heures. Ce qu'ils appelaient faire les une heures, c'était courir pendant une heure autour du stade. En devant terminer, courir à tout moment. On était préparés avant, mais... Ça m'a laissé un mauvais souvenir, pas personnellement, parce que j'y arrivais même si j'étais pas très rapide, mais mon frère était asthmatique et il l'avait forcé à courir quand même alors qu'il avait des crises d'asthme, son asthme n'était pas bien géré. Et puis le souvenir aussi que dans pratiquement toutes les disciplines en EPS, il y avait forcément une ou deux personnes de la classe qu'on faisait dans des associations en dehors de l'école et qui étaient super douées. Donc t'es là, t'arrives à peine à tenir sur la poutre et puis il y a une fille qui fait la roue et tu te dis non mais... c'est pas pour moi ce truc.
- Speaker #0
Ça te renvoyait à tes capacités et au fait qu'il y avait un tel décalage entre certaines personnes et toi.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et comme je pense que dans mon éducation, il y avait toujours l'idée quand même d'être dans les meilleurs, vu qu'en sport, vraiment, j'étais jamais dans les meilleurs, j'étais vraiment dans les médiocres, ça inversait un peu la hiérarchie scolaire.
- Speaker #0
Tu répondais pas aux on va dire aux... Je ne sais pas comment expliquer ça, mais tu ne répondais pas au truc de base. Tes parents voulaient que tu sois peut-être dans les meilleurs, puis là, tu ne l'étais pas du tout. Donc, mine de rien, ça doit mettre un peu la pression, ça, non ?
- Speaker #1
Oui, mais en même temps, si je ramenais des mauvaises notes en EPS, mes parents n'en parlaient même pas. Ce n'était pas grave, ça.
- Speaker #0
Peut-être qu'eux-mêmes, ils avaient déjà un rapport au sport particulier qu'ils disaient qu'ils n'étaient pas hyper à l'aise avec. Et donc ça, mine de rien, en t'écoutant, on pourrait se dire, bon, après, c'est logique qu'elles ne poursuivent pas et qu'elles ne fassent plus aucun sport derrière, tu vois.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Donc, après ta scolarité, comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as intégré une activité physique ? Comment tu t'es enchaînée ?
- Speaker #1
Oui, d'éveil, t'es un peu comme mon père. Alors, peut-être vers la fin de la scolarité, enfin, quand j'étais après le bac, j'ai essayé de faire un peu de mouvements d'étirement avec une copine qui essayait de m'apprendre les positions de la danse classique. Bon, on a fait ça pendant deux ans. Ce n'était pas du tout dans un cadre officiel. Ça pouvait être fun. Après, j'ai arrêté. Je suis partie à Paris pour faire mes études. Là, je me suis inscrite à l'équipe de rugby féminin du campus. Je me suis bloquée le dos. Je me suis retournée un pouce. J'ai fait un ou deux matchs. Ce n'était pas trop pour moi. C'était trop violent. J'en avais marre d'avoir des bleus partout. Donc je n'ai pas poursuivi. Le coach a arrêté en plus. De toute façon, il n'y avait plus d'équipe. Après, il y a eu des périodes absolument sans. Par exemple, à un moment, j'étais allée à l'étranger. J'avais accès à une salle de sport. J'avais essayé un peu d'y aller. Mais comme je suis un peu bourrine, j'étais allée à fond. Le lendemain, je n'arrivais même plus à marcher. C'était un peu tout ou rien. Un peu plus tard, j'ai tenté la nage avec Monopalm. J'en ai fait pendant un an. Mon but, c'était d'arriver à en faire. Maintenant, je sais en faire. Mais le club où j'étais, ils allaient tout le temps à des compétitions, et je n'étais pas très compétition. Puis aux compétitions, clairement, j'étais tout le temps la dernière de tout ce qu'ils pouvaient inventer comme façon de faire des compétitions. Donc c'était assez décourageant.
- Speaker #0
Mais tu n'avais pas la médaille ? Tu ne m'avais pas dit une fois que tu avais la médaille de la dernière ou quelque chose comme ça ?
- Speaker #1
J'avais la médaille de la dernière. C'est même une belle coupe, mais je ne les ai pas gardées au final quand je les ai ménagées, mais j'avais des très très belles coupes. Aussi belle que celle des vainqueurs, mais qui était pour le dernier arrivé.
- Speaker #0
Finalement, tu avais plus de chance que ceux qui étaient au milieu, qui n'avaient rien. C'est sûr, d'une certaine manière. Mais c'est un peu stigmatisant, mine de rien.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et puis, oui, l'ambiance où il faut attendre son tour. Et puis après, tu vas sur le plot de départ. Et puis, au signal, tu y vas et tu nages. Et puis, tout le monde te regarde. Je ne sais pas, ce n'est pas trop pour moi.
- Speaker #0
Ça ne t'a jamais intéressé. En fait, moi, je me dis, mais qu'est-ce qui te donnait envie à cette époque-là ? Tu vois, de faire du rugby, de faire les exercices avec ta copine qui te montrait de la danse classique. En fait, pourquoi tu faisais tout ça finalement ?
- Speaker #1
C'est peut-être pas les mêmes motivations. Alors, avec ma copine qui me faisait faire de la danse classique, c'est juste qu'à l'époque, j'étais en prépa. J'avais besoin de bouger. J'avais pas trop de temps. Je voulais un truc flexible. Et puis, j'aimais bien ma copine. Donc, du coup, c'était fun. C'était sympa, ça permettait de bouger. Arriver sur le campus, c'était pour m'intégrer et parce que mon copain était dans le club de rugby, dans l'équipe des garçons, et pour essayer, pour un peu faire la belle, voir si j'en étais capable. La nage avec monopalme, c'est parce que je voulais faire du sport, parce que la société disait tout le temps « faites du sport pour perdre du poids » , essentiellement pour perdre du poids. Donc voilà, c'était un peu des... Si on analyse... à part le coup de faire de la danse avec une copine, c'était souvent des injonctions extérieures. Ce n'était pas des motivations intrinsèques, comme on dit.
- Speaker #0
Tu as bien révisé. Ce n'était pas des motivations, juste pour préciser, ce n'était pas des motivations qui venaient vraiment de toi, mais plutôt de l'extérieur, donc soit liées au regard des autres, liées à ce que la société peut te renvoyer, par exemple, mais ce n'était pas profondément quelque chose qui venait de toi.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et par contre, plus tard, c'était quoi ? Allez, 3-4 ans plus tard, quand je me suis mise... Peut-être même 2 ans plus tard, quand je me suis mise à l'escalade, là, c'était vraiment moi qui voulais, parce que ça m'a toujours fascinée, l'escalade.
- Speaker #0
C'était quoi qui te plaisait là-dedans ?
- Speaker #1
Le fait qu'ayant marché en montagne avec mes parents, on voyait tout le temps des grimpeurs. Ils étaient super affûtés, ils avaient l'air très spécialistes de maîtriser le truc. Ils pouvaient aller à des endroits où on n'allait pas. Ouais, c'est un côté... L'aventure, le fun, se dire « Ah, j'aimerais bien savoir faire ça ! »
- Speaker #0
Ouais, trop cool ! Donc plus le côté un peu plaisir de l'activité. Donc, si j'en reviens à tes différentes pratiques, à chaque fois il y a une pratique, tu testes quelque chose, ça s'arrête, puis il y a autre chose, etc. ça s'arrête. À chaque fois, quel est un peu l'élément déclencheur qui fait que t'arrêtes l'activité en question ? Finalement, je te pose deux questions. Quel est un peu l'élément déclencheur et comment tu le vis, cet arrêt ?
- Speaker #1
C'est pareil, c'est pas toujours la même chose. Quand je faisais de la danse, j'ai arrêté parce que j'ai déménagé. L'escalade, j'ai arrêté parce que la fille avec qui je le faisais a déménagé. Après, j'ai cherché d'autres personnes avec qui le faire, je n'ai pas trouvé. Il faut quand même avoir confiance pour se faire encorder. Le rugby et la nage avec Palme, le sentiment que ça ne me plaisait pas tant que ça et que j'avais vu ce que c'était et que je voulais arrêter.
- Speaker #0
C'était la fin de l'histoire.
- Speaker #1
Fin de l'histoire, oui.
- Speaker #0
Et à chaque fois, comment tu vis ces arrêts ?
- Speaker #1
C'est ça qui est compliqué, c'est de rebondir après. Et c'est ça qui peut donner un sentiment d'échec. C'est-à-dire, en fait, j'ai peut-être à l'époque jamais pris de recul en me disant « Mais là, j'ai besoin de bouger, il faut que je cherche quelque chose. Comment est-ce que je pourrais chercher ? Qu'est-ce qui me plaît ? Quelles sont mes motivations ? » Et du coup, je n'ai jamais été bien organisée pour chercher. Et j'ai toujours peut-être trop écouté ce que me disait mon entourage, du style, tu devrais essayer ça, ça c'est bien. Et après, je me retrouvais à essayer ça. Et puis, m'apercevoir que ce n'était pas forcément ce qui me plaisait. Voilà.
- Speaker #0
Donc, pas évident de trouver un truc qui te correspond vraiment.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et tu parles, tu en as parlé à plusieurs reprises depuis le début de l'épisode, de ce besoin de bouger. Donc, on pourrait se dire que c'est un peu... Parce que finalement, tu aurais pu tout lâcher et rien faire, tu vois. Mais il y avait dans le fond ce besoin de bouger. à plusieurs reprises. Comment ça se manifeste chez toi, ce besoin de bouger ?
- Speaker #1
Le sentiment de se sentir un peu encrouté, de sentir physiquement que ton corps a besoin de bouger, que ton corps est douloureux parce qu'il est trop statique, trop sédentaire. C'est comme ça. Vraiment le sentiment. Mais là, j'ai besoin d'aller respirer dehors. D'être plus en contact avec les éléments, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Ok, à chaque fois, tu ne peux pas rester dans l'état dans lequel tu es. Tu as besoin d'aller voir autre chose et de faire autrement avec ton corps.
- Speaker #1
Et puis peut-être qu'il y a un besoin de jeux, parce que j'aime beaucoup les jeux. Par exemple, dès que je peux, je trouve des victimes ou des cobayes, je mets en place des jeux de société. J'adore ça. J'aime participer à des jeux. Et ce n'est pas pour gagner, parce que je suis très bonne perdante et je m'en fiche de perdre. Mais c'est juste le côté social de participer à un truc fun avec quelqu'un.
- Speaker #0
Donc le partage, finalement.
- Speaker #1
Le partage, oui.
- Speaker #0
Le partage un peu avec les autres. Et puis le côté plaisir du jeu en lui-même. Enfin, du sport ou du jeu. Et après, est-ce que tu as testé d'autres choses ? Donc là, si j'ai bien compris... C'était globalement pendant tes études supérieures. Ensuite, est-ce que tu as testé d'autres trucs ? Avant qu'on en arrive à se rencontrer justement en 2025, j'imagine que tu sais passer encore plein d'autres choses. Qu'est-ce que tu as testé ?
- Speaker #1
J'ai testé, à l'époque j'habitais à Paris, à côté d'un parc, d'un grand parc. Aller marcher dans le parc, faire de la marche rapide, essayer de faire des petits bouts en courant. Puis après j'ai déménagé, donc j'ai dû arrêter, c'est un peu...
- Speaker #0
Le déménagement est toujours source de...
- Speaker #1
Après arriver en région lyonnaise où j'habite. Je me suis inscrite à une salle, c'était bien, j'ai découvert le yoga, mais j'ai redéménagé, donc j'ai arrêté. Puis j'ai à nouveau pas pu enchaîner tout de suite, parce que j'avais déménagé en cours d'année, puis difficulté de la vie, etc. Je crois que j'étais à ce moment-là, j'ai dû passer un ou deux ans sans faire de sport. Oui, parce que j'ai fait aller de ski en hiver, alors que j'étais pas bien préparée, je me suis fait une rupture de ligament croisé antérieur.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
Je vais m'en remettre, tout ça. Et puis ensuite, oui, j'ai essayé le yoga à nouveau, mais des cours purement de yoga. Ça me plaisait, mais j'étais enceinte, donc j'ai dû arrêter. Après, la grossesse, l'accouchement, la naissance, le bébé petit. Donc là, on ne peut pas faire grand-chose. Ah oui, il y a eu un autre épisode, je vais réessayer l'escalade en club. Et l'ambiance n'était pas folichonne. Et un jour, en plus, en étant mal assurée, J'ai pas réussi à aller tout en haut du mur et je suis tombée jusqu'en bas. Heureusement, il y avait un tapis. Je suis arrivée sur mes pieds, puis après, tombée en arrière sur le tapis épais qui était en bas. J'étais emmenée par les pompiers. Il n'y avait rien. Ça m'a quand même un petit peu marquée. Je suis partonnée dans ce club et depuis, je n'ai pas fait d'escalade. Mais maintenant, je me dis que je crois ces murs. J'ai surmonté le traumatisme de la chute.
- Speaker #0
C'est violent. Au final, ça doit faire super peur. Et puis quand même, tu as la blessure de la rupture des ligaments croisés. Ce n'est pas une petite blessure. Ça prend super longtemps quand même à se guérir. Mine de rien, il y a quand même plusieurs obstacles qui te font un peu barrage par rapport au sport et qui auraient pu te faire dire à un moment donné... Là, ce n'est plus pour moi, j'arrête tout. J'ai bien compris qu'il y avait eu des grandes pauses de plusieurs années même. Mais finalement, tu en arrives quand même à vouloir t'y remettre l'année dernière.
- Speaker #1
Juste avant de m'y remettre, j'étais à nouveau passée en mode, je fais beaucoup de marches rapides. J'ai fait de la marche nordique aussi à un moment, mais le club ne me plaisait pas. Après, je faisais des balades toute seule, mais en essayant de marcher vite et d'augmenter mes capacités, mes performances, ma vitesse. J'ai réessayé le yoga, mais c'était devenu monotone. Donc après, là, j'étais en pause, mais je sentais qu'il fallait que je me remette à bouger. Et je me disais, mais oui, voilà, c'est ce qu'on disait tout à l'heure. Peut-être avec un coach, voilà.
- Speaker #0
Tu commençais à chercher des solutions un peu pour te faire aider à ce niveau. Et au moment où on se rencontre, dans quelle dynamique tu es ? par rapport au sport ? C'est-à-dire, vu qu'il y a eu quand même toutes ces périodes un peu de je m'y mets, j'arrête, je m'y mets, j'arrête, etc., voire des périodes prolongées d'arrêt total, plus les blessures, enfin voilà, toute ton expérience. Est-ce qu'à un moment donné, tu te poses la question de est-ce que je vais réussir à enfin maintenir quelque chose plus longuement ?
- Speaker #1
J'avoue que j'étais vraiment désemparée et j'y croyais plus trop. Mais j'ai bien lu toute ta présentation sur ta page sur Google et je me suis dit mais ça c'est le truc à tenter. Mais j'étais un peu dans l'optique de me dire mais si ça ça marche pas, va encore falloir que je me débrouille tout seul et je vais continuer sur mon schéma. J'étais pas dans l'optique si ça marche pas j'arrête. Mais simplement si ça marche pas, faut que je cherche un coach, j'essaierai ça quand même mais galère. J'avais beaucoup d'espoir en soi.
- Speaker #0
Oula, ça pesait sur mes épaules. Mais quand même, tu étais toujours dans la recherche de solutions. Oui. Toi, tu n'as pas été à un moment à te dire non, mais j'arrête tout.
- Speaker #1
Ah non, jamais. Non, pas possible.
- Speaker #0
Je vois que ça ne marche pas. Donc, il y avait quand même une forte motivation au fond de toi qui ne voulait pas te faire abandonner.
- Speaker #1
Oui, exactement. Mais quand même tempérée par le fait de me dire, mais je suis nulle dans tous les sports. Au moyen moins, au mieux, peut-être en escalade, où j'étais au tout début du deuxième niveau le plus bas. Est-ce que tu t'es déjà dit que ce n'était pas fait pour toi le sport ? Le sport encadré, oui. Le PS à l'école, des sports officiels qui ont une fédération. Après, il y en a peut-être une en escalade. Mais des sports où il y a des règles, des matchs, des compétitions, des arbitres. Je pense que ce monde-là, il n'est pas pour moi.
- Speaker #0
Donc, quelque chose de trop contraint à tes yeux. Ce n'est pas ce qui te plaît.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Et du coup, quand on se rencontre, quelles sont tes plus grandes craintes à ce sujet, au sujet de l'activité physique ?
- Speaker #1
Oui, la crainte, c'était de, à nouveau, continuer mon schéma où je n'allais pas trouver chaussure à mon pied et j'allais devoir commencer un truc, découvrir, apprendre, m'apercevoir que ça ne me plaisait pas, me retrouver sans rien, rechercher. C'est fatigant à force. Et puis aussi, après on en parlera peut-être, ce n'est pas une crainte, mais une idée préconçue, me dire les salles, c'est nul. Parce qu'à l'époque, j'avais déjà essayé, disons, deux salles. Oui, deux salles pendant... plusieurs périodes. Ce n'était pas ce qui me provenait. Je ne me rendais pas compte que les salles avaient beaucoup évolué depuis les années 90, début des années 2000.
- Speaker #0
Il y a de tout.
- Speaker #1
Il y a vraiment de tout. Je n'en étais pas consciente. Je ne craignais pas de me faire mal. À part, si je devais retourner à l'escalade ou retourner au ski, forcément, il y avait une appréhension. Non, alors crainte. Surtout la crainte de jamais arriver à faire quelque chose de pérenne. Et puis plus profondément, comme l'activité physique était très liée au fait de prendre soin de moi et de perdre du poids, la crainte de ne pas arriver à perdre de poids et de ne pas arriver à avoir une silhouette plus équilibrée.
- Speaker #0
Il y a un truc, pendant tout l'accompagnement, je te faisais remplir des questionnaires régulièrement. Et au tout début, sur le premier questionnaire que tu as rempli, il y a la question où je demande En fait, à quel point tu sens que tu pourrais... maintenir une activité physique régulière dans le temps. Et là, tu réponds à un truc du style difficile d'imaginer, mais ça me fait rêver. Et à la fin de l'accompagnement, tu avais coché le « quoi qu'il arrive, je trouverai toujours des solutions pour y arriver » . Oui,
- Speaker #1
c'est exactement ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Donc, il y a eu une belle évolution à ce niveau. Là, c'est vraiment au niveau de l'état d'esprit, puisque tu passes d'un mode où tu doutes à un mode où, en fait, je sais potentiellement que ce ne sera pas toujours facile, mais je sais que je pourrai toujours chercher et trouver des solutions.
- Speaker #1
Oui, exactement. Vraiment, c'est les neuf mois d'accompagnement. Ça m'a permis de me rendre compte que déjà, l'activité physique, ce n'est pas forcément faire partie d'un club encadré avec des arbitres et des compètes, comme je disais tout à l'heure, que ça peut changer, qu'on est acteur et qu'il y a beaucoup de choix.
- Speaker #0
Quelle a été, du coup, ta plus grande prise de conscience pendant tout ton cheminement ? Qu'est-ce qui, en fait, t'a... À un moment donné, il fait te dire, ça y est, je pense que je pourrais y arriver.
- Speaker #1
Ah si, oui, c'était une expérience au début. Quand j'ai commencé avec toi, il y avait de l'accompagnement en préparation mentale, mais je n'avais pas encore trouvé où j'irais faire de l'activité physique. Et là, tu m'as dit, tu sais, tu peux déjà commencer petit, tu fais un quart d'heure de ce que tu veux chez toi tous les jours. Un quart d'heure que tu réserves à ça. Et donc, j'ai trouvé des vidéos de yoga, des vidéos d'étirement, et j'ai fait des abdos, je crois, un moment. Mais pendant 15 jours, j'ai réussi à maintenir 15-20 minutes où je me consacrais entièrement à une activité physique. Et là, ça a fait le titre, je me suis dit, mais attends, mais en fait, je suis capable de faire un truc, même quotidien. Pas très longtemps, mais je suis capable de le faire. Et puis, comme ça me faisait du bien et qu'on avait aussi progressé en termes de préparation mentale, après, je me suis inscrite à une salle et ça s'est bien passé.
- Speaker #0
Oui, donc, en fait, j'aime bien aussi dire ça, tu avais déjà installé un nouveau logiciel dans ta tête qui est, en fait, je peux réussir à faire un peu tous les jours quelque chose. Donc, je pense que ça t'a boosté en termes de confiance et même en termes d'estime de toi. Et puis le truc d'après, c'était je m'inscris dans une salle d'activité physique adaptée. Et là, tu es passé dans un nouvel objectif. En fait, tout au long du parcours, tu as passé un peu des niveaux, des niveaux de jeu. Je te ramenais souvent à cette image-là du jeu. Et chaque fois, c'était des niveaux et tu Ausha les niveaux. Et en termes de prépa mentale... On a abordé beaucoup de choses ensemble. Est-ce qu'il y a un truc qui t'a particulièrement marqué, toi ?
- Speaker #1
Je pense que c'est la séance qu'on avait faite sur la perception du corps qui a donné lieu à un podcast, d'ailleurs, de Magdali. Effectivement. Et c'était une séance où on avait travaillé sur le fait que j'avais une sensation d'être divisée en deux, c'est-à-dire d'un côté le corps, de l'autre côté l'esprit, avec primauté de l'esprit. et que le corps, je le maltraitais et que je lui parlais mal à mon corps. Et donc, tu m'as permis de changer ça, de m'apercevoir de ça déjà, et puis de changer et de... Voilà, c'est toujours en cours, mais de commencer à réfléchir à mon corps en termes de... J'ai une relation avec ce corps comme si c'était une personne et nous sommes ensemble et nous devons avoir une bonne relation et nous respecter. Donc ça, ça fait un peu tilt, au sens où... Alors certes, j'ai encore des progrès à faire, parce que je reste un peu tout ou rien, et j'ai tendance à bourriner quand je commence à faire quelque chose qui me plaît, à rentrer dedans et à ne plus écouter trop les signaux du corps. Mais du coup, se dire, oui, je vais pas mal traiter mon corps, je vais m'écouter, c'est vraiment fondamental.
- Speaker #0
Et concrètement, qu'est-ce qui change, là, maintenant que tu... Tu essaies de nourrir une relation un peu différente avec ton corps, en tout cas d'alimenter quelque chose de différent par rapport à avant. Qu'est-ce qui change concrètement ? Qu'est-ce que tu fais peut-être maintenant que tu ne faisais pas avant ?
- Speaker #1
Que je faisais un petit peu avant, mais j'essaie de le faire plus régulièrement. C'est par exemple, comme j'ai un emploi très sédentaire, de me dire que ce n'est pas interdit de se lever et d'aller faire un tour, de faire une pause. Je ne sais pas, aller à un endroit où personne ne vous voit et faire des pompes contre le mur, des squats ou se mettre en mouvement. Donc ça, maintenant, je le fais. Et puis, ce que je ne faisais pas avant, tout simplement, c'était organiser mon emploi du temps autour du fait que deux fois par semaine, je vais aller faire une heure de sport. Et me dire ça, c'est ça qui ne bouge pas. C'est ça qui ne bouge pas. C'est une priorité, finalement.
- Speaker #0
Alors que peut-être qu'avant, je ne sais pas si c'est ton cas, je sais que c'est le cas de beaucoup de personnes, c'est un peu le truc optionnel où je le cale dans l'agenda, mais si au boulot, il y a un truc qui dépasse, ça sera la priorité au boulot. Et toi, malgré le fait que tu aies un travail quand même très intense, avec des responsabilités, etc., tu arrives quand même à dire stop à un moment donné. Peut-être pas à chaque fois, ça, j'en sais rien. Mais en tout cas, tu arrives à garder tes temps dédiés à la pratique.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Bon, puis aussi, j'ai trouvé une salle où, en étant polie, en expliquant, on peut déplacer sa séance. Donc, ça, c'est bien. Alors qu'avant, le fait d'être inscrite à l'assaut du village, si le cours est jeudi à 20h30, tu vas au cours à 20h30. Et si tu n'y vas pas, tu attends la semaine d'après. Donc, c'est aussi, voilà, je pense... avoir eu le déclic, c'était pas ce qui me convenait, qu'il me fallait quelque chose d'un peu compréhensif et d'un peu flexible. Mais que quoi qu'il arrive, à la fin de la semaine, je devais avoir fait mes deux séances et que j'allais tout faire pour y arriver.
- Speaker #0
Et là tu te dis, et qu'à la fin de la semaine je devais avoir fait mes deux séances, on entend toujours une forme d'injonction.
- Speaker #1
Mais elle vient de moi.
- Speaker #0
Mais elle vient de toi. Donc maintenant, est-ce que pour toi, parfois, c'est un peu une contrainte toujours liée à je sais que pour la santé, il faut que je fasse ça. Ou pour perdre du poids, il faut que je fasse ça. Est-ce que tu es toujours un peu dans ce truc un peu plus lié à une injonction ?
- Speaker #1
Non, c'est un peu paradoxal. C'est-à-dire, maintenant, ça me manque quand je n'en fais pas. Et donc, j'ai absolument envie d'y aller. Ce n'est plus une injonction, puisque c'est un besoin, c'est un manque.
- Speaker #0
Et une envie, en plus.
- Speaker #1
Et une envie. Mais en même temps, c'est un côté sympa de se dire... Et en plus, le fait d'y aller, je sais bien que là, je me conforme aux injonctions sociétales, mais ce n'est pas pour ça que j'y vais.
- Speaker #0
Ce n'est pas la première source de motivation. Et maintenant, après tous ces mois de travail sur le sujet, qu'est-ce qui te motive à y aller par rapport au début ? Nos motivations, elles évoluent au fil du temps. Parfois, on vient me voir pour un sujet particulier en me disant « je veux absolument faire pour perdre du poids » ou « je veux absolument régler des problèmes de transit » . On m'a déjà dit beaucoup de choses, mais les motivations peuvent être comme ça à un moment donné. Et puis parfois, la fin de l'accompagnement, elles sont tout autres. Toi, est-ce que ça a bougé un petit peu ? Est-ce que c'est toujours les mêmes choses qui te motivent ? Ou est-ce qu'il y a d'autres motivations qui sont venues ?
- Speaker #1
Là, maintenant, la motivation, c'est comme je me suis remise à courir. C'est de courir plus vite, plus longtemps. Au beau jour, d'aller courir vraiment dehors, en dehors de la salle, pas sur un tapis de course. Donc ça, c'est une super motivation.
- Speaker #0
C'est quoi la motivation qui se cache derrière ? Pourquoi tu as envie de courir, d'aller courir dehors, de courir un peu plus longtemps ?
- Speaker #1
Parce que je crois que j'aime bien les sports d'extérieur. Je trouve que la salle, c'est génial parce que même s'il fait un temps pourri, on peut y aller. Mais c'est un peu comme le métabolisme de base. Et après, c'est le truc que tu fais pour être en forme et pouvoir faire des choses plus fun. Et là, oui, aussi, aller courir, c'est parce que je me suis rendu compte qu'en fait, un, j'en étais encore capable, alors que je pensais qu'en ayant pris du poids, je n'arriverais plus à courir, que c'était mauvais pour le dos, les genoux. En fait, ça ne me fait ni mal au genou, ni mal au dos. Donc, oui, puis en fait, j'aime bien. Et ça, c'est une grosse surprise parce que je ne pensais pas du tout aimer courir.
- Speaker #0
C'est quoi que tu aimes bien, du coup ?
- Speaker #1
Le côté où on se sent un peu flotté, où on peut observer son corps, où on n'est pas au triple paix et en même temps, on va vite. Enfin, moyennement vite, je ne fais pas très, très vite, mais je ne sais pas, j'aime bien.
- Speaker #0
Oui, tu te sens avancée dans le mouvement. Et en même temps, là, dernièrement, tu t'es blessée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, finalement, il y a un nouvel obstacle qui arrive dans ta pratique. Comment tu le vis maintenant par rapport à tous les précédents obstacles que tu as pu vivre par le passé ? Comment tu vis cet obstacle-là ?
- Speaker #1
Comme temporaire. Je sais que, en plus, j'ai de la réduc à faire tous les jours. Je la fais super sérieusement. Et puis... Progressivement, je réintroduis des activités et je sais qu'à terme, je vais retourner là-bas. Au départ, ce que j'aurais bien aimé, c'est aller courir dehors à partir de début avril. Ça sera peut-être début juin ou début juillet, mais il n'y a pas de souci, je le ferai. Ça ne te fait pas peur de repartir dans l'OTAN ? Non, pas du tout. Ça m'a vraiment manqué. J'en suis à trois semaines sans aller à la salle. Et avec une mobilité plutôt restreinte, c'est frustrant.
- Speaker #0
Oui, c'est frustrant parce que tu as envie d'en faire plus. Et ça te fait quoi ? Parce que mine de rien, quand on se blesse, on repart un petit peu en arrière dans le sens où on repère un peu de conditions physiques. Du coup, il y a besoin de reprendre. Comment tu abordes ça, cette reprise et finalement la difficulté de devoir remettre en place ou refaire des choses qu'on avait déjà acquises ? mon... Aujourd'hui, tu te sens par rapport à ça ?
- Speaker #1
Apaisée. Je sais que peut-être avec une petite crainte de me dire qu'il faudra vraiment que je fasse attention. Parce que si ça commence à faire mal, il faudra que j'arrête ou que je réduise l'effort. Mais ça va. En fait, quand j'ai eu la blessure, par contre, j'étais en colère. Et j'ai eu une réaction un peu bizarre. C'est-à-dire que je ne me suis pas du tout écoutée. Alors là, du coup, j'ai été malveillante avec mon corps pour reprendre ce qu'on disait tout à l'heure. Et j'aurais voulu, alors que je devais être plus ou moins allongée avec la jambe en l'air dans des glaçons, j'aurais voulu en même temps pouvoir bosser parce que j'étais à la bourre sur le boulot, et puis faire des abdos tous les jours pour essayer de compenser justement la perte de muscles. Et puis là tu m'as dit non mais relax, t'as quand même le droit, t'es en arrêt de travail, t'as quand même le droit d'arrêter de bosser. et puis... tu t'es blessée, donc tu as quand même le droit de ne pas bouger pendant plusieurs jours, le temps que ça aille mieux, d'avoir digéré la blessure. Et c'est marrant parce que tu m'as dit que c'est comme les sportifs de haut niveau. Et là, je me suis dit que j'ai aussi le droit d'avoir des blessures et de me le prendre comme un sportif de haut niveau.
- Speaker #0
C'est clair. Oui, parce que d'un côté, ça te tient à cœur. Donc, ça serait un peu bizarre de ne pas du tout être chagrinée par la blessure. Mais d'un côté, effectivement, il faut trouver le juste milieu pour ne pas se mettre une pression monstre qui fait que derrière, on va faire un peu n'importe quoi. Par exemple, un sportif qui, là je pense même à un sportif qui dans sa carrière se blesse et en fait ne respecte pas les temps de récupération ou la rééducation, etc. parce qu'il veut revenir très vite, en fait c'est se tirer une balle dans le pied. Oui, peut-être tu reviens plus vite, mais au final tu te reblesses par derrière. Donc la stratégie, elle n'est pas bonne. Et toi, finalement, si tu avais coûte que coûte fait, enfin, continué sans pause de pratiquer, je pense que ça retarderait vraiment ta reprise. Et puis, mine de rien, ça te mettrait face aussi à certaines incapacités du... moment.
- Speaker #1
Oui, exactement. Donc, je sais qu'il faut que je sois patiente, mais comme ça pourrait se faire tous les jours, je suis convaincue, en fait, j'ai pas de doute sur le fait qu'il faut bien suivre le protocole du kiné et que ça va bien se passer.
- Speaker #0
Oui, donc tu prends les choses avec un peu plus de, comment dire, de recul et puis j'ai pas le choix,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Oui, non, mais ça pourrait tout bloquer, tu vois, et te faire dire, bon, c'est bon, du coup, maintenant, Merci. Après tout ce que j'ai fait, j'arrête tout.
- Speaker #1
C'est un petit contre-temps. Ce n'est pas la grosse méga-blessure. J'ai le côté bon élève qui reste. Si on me dit, là, ce qui t'arrive, il faut que tu ailles voir un kiné, un spécialiste en gros, qui va te dire ce que tu as à faire. Bien que tu suives son protocole, moi, je suis la bonne élève, je suis bien le protocole.
- Speaker #0
Trop bien. Comme quoi ? Ce que tes parents t'ont inculqué par rapport à l'école, ça te sert ? Le côté sursis, bonne note, etc. C'est des bons trucs. Pendant tout ton parcours, je ne sais pas si tu te rappelles, mais je pense que oui quand même, il y a eu un événement à un moment donné sur lequel tu t'es challengée, puisque tu as fait partie du challenge Osée, qui a eu lieu fin octobre.
- Speaker #1
C'était un événement super marquant. C'était un week-end complètement dépaysant. Mais il ne faut pas que je révèle le programme trop, mais avec plein d'activités variées, un peu aventure, mais très sécurisées. Tu peux en parler,
- Speaker #0
tu sais. Tu peux dire ce que tu as envie là-dessus.
- Speaker #1
On a fait une rando, on s'est levé super tôt pour aller la faire. On était tout un groupe, on est allé faire une immersion en eau froide dans le lac du Bourget. On a fait du yoga, on a fait des échauffements en groupe, des exercices un peu fun pour apprendre à se connaître. C'était absolument génial. Et j'ai rencontré plein de personnes super sympas. Et oui, ça, ça correspond à ma vision de ce que ça devrait être l'activité physique. C'est-à-dire, pas en permanence, parce qu'on ne peut pas faire ça tous les jours ou toutes les semaines, mais ce côté sortir de ces... de ses routines et puis se payer un petit moment de fun intégral et puis d'aventure, c'est trop bien.
- Speaker #0
Et en même temps, c'était un peu challengeant parce que personne ne connaissait le programme. Et puis, on a fait des trucs plus ou moins difficiles. Toi, comment est-ce que tu as vécu ce challenge, tout en sachant qu'on avait déjà pas mal travaillé ensemble aussi sur plusieurs mois avant ?
- Speaker #1
Alors, moi, je pense que... En tout cas, je n'ai pas eu de moment où je me suis dit je ne vais pas y arriver du tout. C'était accessible en termes de niveau sportif ou de niveau de conditions physiques demandées. J'ai bien aimé le côté justement être dans l'inconnu et faire confiance. Mais c'est parce qu'au départ, on se connaissait depuis quelques mois et puis je savais que je pouvais avoir totalement confiance. Donc j'ai bien aimé le côté lâcher prise où tu ne t'occupes pas de l'organisation du week-end, tu n'as rien à faire, tu ne fais pas les courses, tu arrives avec ton matos et puis tu t'installes et après tu fais le programme. C'était sympa aussi en termes de... Moi, j'ai vu ça comme des vacances.
- Speaker #0
Des vacances un peu originales.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et au final, il y a quand même ce challenge semi-nocturne avec la rando. Un truc que... Oui, tu avais l'habitude de faire des activités physiques, mais pas forcément ce style-là, de cette manière-là.
- Speaker #1
J'en avais déjà fait. Parce que comme je fais... De lui, tu avais déjà fait. Oui, quand je fais de la rando... C'est... Ce n'est pas arrivé souvent, mais je pense que cinq fois dans ma vie, j'ai fait des sommets en montagne qui nécessitaient d'être au refuge, de se lever à 4h du matin et de partir avec la frontale. Ça m'a ramenée à ça et c'était des super moments.
- Speaker #0
Et c'est quoi le truc qui t'a le plus challengé pendant le week-end, si tu te rappelles ? Moi, j'ai peut-être une idée.
- Speaker #1
C'était une animation où, par moments, on avait les yeux bandés et on était en binôme. Avec quelqu'un, on devait danser ensemble, donc forcément se toucher, les épaules, les bras, etc. Et essayer de se coordonner. Et moi, je suis assez pudique. Et donc, du coup, être en contact avec quelqu'un que tu connais depuis deux jours ou un jour, c'était assez challengeant. Il fallait vraiment se dire, OK, je vais au-delà de ma pudeur.
- Speaker #0
Et finalement, comment ça s'est passé ? ce truc-là qui était challengeant pour toi ?
- Speaker #1
Ça nous a tous soudés ensemble. Oui, on a appris à mieux se connaître. Il y a des affinités qui se sont peut-être renforcées à ce moment-là dans le groupe.
- Speaker #0
Trop bien. Je fais une petite parenthèse, mais le Challenge Osé, c'est un challenge que j'organise tous les ans. Le programme, il est toujours plus ou moins mystérieux. En tout cas, il bouge. Donc là, ce que vous entendez, ça ne veut pas dire qu'il se passera ça. D'autant plus que là, il y avait des intervenants qui ne seront peut-être pas là les prochaines fois. Mais en tout cas, l'idée, c'est vraiment d'aller se mettre dans différents types de dispositions. Donc, ça peut être vraiment sur quelque chose de très sportif, comme sur quelque chose de plutôt en lien avec le corps, avec la relation aux autres. En fait, il y a vraiment pas mal de facettes différentes pendant tout le challenge. Et c'est ça que j'ai envie de faire explorer aux gens. En fait, se mettre dans des situations dont on n'a peut-être pas l'habitude, qui parfois peuvent faire peur ou dans lesquelles on n'est pas forcément à l'aise au départ, pour finalement... comme on l'amène de manière progressive, ça se passe bien. Et derrière, le but, c'est d'intégrer un nouveau programme, encore une fois, qui est « je pensais que ça n'allait pas me plaire » ou « je pensais que ça n'allait pas être fun » ou « être trop difficile » et finalement, j'y arrive, finalement, c'est cool. Et en plus de ça, ça renforce des liens. Donc, c'est vraiment parfois d'aller se confronter à des trucs qui, au premier abord, nous mettent un peu sur la défensive pour ensuite passer par-dessus et en fait, comme pour éclater des limites. Parce que souvent, on s'impose quand même beaucoup de limites et on a tendance à partir un peu avec des a priori. Tu vois, je repense à ce que tu disais tout à l'heure par rapport aux salles de sport où pendant longtemps, tu disais que ce n'était pas pour toi et tu n'aimais pas forcément ça. Et puis finalement, peut-être que ça t'a bloqué aussi pendant des années d'aller tester différents types de salles de sport. Et puis maintenant, tu as testé un autre format de salle de sport. Puis tu te dis finalement, tu trouves ça mieux que ce que tu en avais expérimenté par le passé. Et du coup, ça t'ouvre une nouvelle possibilité.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et oui, c'est vraiment ça. C'est le fait que le programme du Challenge était très varié, très complet. Ça faisait travailler le mental autant que le physique, tout en mettant aussi les gens face à leur capacité à créer des nouveaux liens. Donc, ça te faisait questionner plein de choses. Et puis, t'apercevoir que finalement, t'étais capable de faire tout ça. Ouais, c'est excellent.
- Speaker #0
Du coup, après tous ces mois de programme avec le programme Propulsion, qu'est-ce qui, toi, t'as le plus aidé dans le programme ? Parce que le programme, c'est pas juste on se voit une fois dans le mois ou deux fois dans le mois. En fait, c'est quelque chose d'un peu plus complet. Qu'est-ce qui t'a le plus aidé dans tout cet accompagnement-là ?
- Speaker #1
Comme je l'ai dit tout à l'heure, l'accompagnement sur ma vision du corps. Le fait d'avoir des exercices réguliers à faire, des petits défis à accomplir. Le fait d'avoir des séances régulières. Aussi, ce qui m'a aidée, c'est le fait que tu t'adaptes à ma situation. C'est-à-dire que par moments, j'ai eu trop de travail, donc on a un peu espacé les séances. Le fait que tu sois très disponible sur WhatsApp si j'avais une question. C'est difficile de sélectionner juste une chose, en fait.
- Speaker #0
Non, c'est un ensemble, en fait. Voilà, c'est un ensemble. Oui. Je pense que le but, c'est de faire en sorte de proposer aux gens que j'accompagne quelque chose qui n'est pas trop rigide, parce qu'en fait, sinon, ça ne correspond plus à la réalité de la vie. Et c'est bien que tu le soulignes, le côté un peu flexibilité. On part avec un certain cadre et après, on se permet de le faire bouger en fonction de chaque personne pour qu'à la fin, le but, c'est que ça fonctionne et qu'on atteigne les objectifs qu'on s'est fixés au départ. Et puis... Comme tu dis, je pense que finalement, on a créé une certaine relation puisqu'on a vécu tout ce programme. En plus, il y a eu le challenge, on se retrouve derrière le micro. Et moi, j'ai vraiment envie de construire ça avec chaque personne que j'accompagne. Parce que comme tu l'as dit à un moment donné, je te faisais confiance. Donc, je n'ai pas eu peur de ce qui allait se passer pendant le challenge osé. Et je pense que ça, c'est super important pour se sentir bien accompagnée, je pense.
- Speaker #1
Et oui, et puis merci surtout pour ta patience, parce que parfois j'arrivais à la séance et je n'avais rien fait. Et je ne me suis jamais fait remonter les broutelles méchamment, en fait. Et c'est juste, tu me rappelais que j'aurais dû faire ça. Par exemple, à un moment, il fallait que je travaille sur mes dix bonnes raisons de faire de l'activité physique et mes dix bonnes raisons de ne pas en faire. C'est-à-dire ce que je considérerais comme des raisons acceptables de ne pas faire d'activité physique. Je ne sais pas pourquoi, j'ai eu beaucoup de mal à arriver à sortir le truc. Il m'a fallu deux mois pour me dire, bon, allez, j'avance un peu. J'en faisais un peu de temps en temps parce qu'il fallait suivre une procédure pour explorer ça et puis répondre à des questions. Et tu as été très patiente avec moi parce que je n'étais pas très sérieuse à ce moment-là.
- Speaker #0
L'exercice est extrêmement difficile parce qu'il met face un petit peu à la réalité des choses. qui fait que... Oui, on a des bonnes raisons d'aller en faire, mais en fait, on en a souvent tout autant de ne pas en faire. Et c'est bien pour ça qu'à un moment donné, la balance, elle penche du mauvais côté. Et ce qui est dur, en fait, derrière, c'est d'être face aux bonnes raisons de ne pas en faire. Parce que les bonnes raisons de ne pas en faire, elles sont dans notre tête pas acceptables. Et pour autant, on les accepte. Je ne sais pas comment le décrire, mais c'est vraiment ce truc qui n'est pas forcément très agréable à prendre conscience. Mais en même temps qui, je pense, à un moment donné, aide à comprendre pourquoi finalement on est face à ces difficultés. Et ça permet aussi de s'apaiser sur... C'est normal en fait qu'on n'y arrive pas parce qu'il y a quand même toutes ces raisons qui nous retiennent.
- Speaker #1
Et par exemple, étant tout ou rien, moi je crois que je m'étais dit que j'avais pratiquement pas de bonnes raisons de ne pas faire de sport. À part, je ne sais pas, j'ai eu une gastro et je suis au toilette pendant dix heures. où je me blesse et je ne peux absolument pas bouger. Et donc, ça a évolué avec ma blessure, parce que finalement, si je pouvais bouger, j'aurais pu éventuellement, mais ce n'était pas très confortable, trouver un moyen peut-être de faire un peu d'abdos. Mais je crois que je m'étais quand même fixée en discutant avec toi que je n'avais pas de bonne raison de absolument pas bouger pendant un ou deux jours, même si blessure, etc. Et finalement, je me suis aperçue que ce réglage-là, il est peut-être un peu trop exigeant quand même. C'est-à-dire, si je vais quand même bouger parce que j'avais des béquilles et il fallait que je me déplace avec ça, mais je n'en étais pas au point où j'avais déjà au bout de deux jours mon programme d'abdos tout bien bouclé. Il faut être un peu plus cool avec soi-même quand même.
- Speaker #0
Ça me fait plaisir de t'entendre dire ça. Parce qu'on a tendance à tellement culpabiliser parfois qu'on devient très dur avec soi-même.
- Speaker #1
J'ai vraiment culpabilisé quand je me suis blessée. Déjà parce que ce week-end-là, j'avais ramené du boulot. J'étais censée faire plein de trucs le week-end pour essayer de ne pas être trop en retard. Et puis, je suis allée courir à la salle. C'est à la salle que je me suis blessée. J'ai couru vite. J'étais contente et là, clac ! Ça a changé tous les plans. Voilà. J'ai culpabilisé en me disant que j'ai trop poussé. J'aurais dû... écouter davantage mon corps, il faut que je me remette rapidement à faire des abdos, à faire du sport. Et puis, tu m'as fait déstresser et relactiviser quand même.
- Speaker #0
C'est important, je pense. Et rappelle-toi, c'est quoi finalement le but du jeu avec l'activité physique ?
- Speaker #1
C'est d'accepter les aléas et de savoir rebondir. D'accepter dès le départ que ça ne va pas forcément se dérouler comme on l'avait prévu. Il peut y avoir toutes sortes d'imprévus. et se dire que ça fait partie de la normalité des choses et que quoi qu'il arrive, on trouvera bien un moyen de surmonter l'obstacle et de continuer à faire une activité physique qui n'était peut-être pas celle qu'on avait planifiée au départ.
- Speaker #0
Carrément, trop bien ! Et si tu devais donner un dernier conseil à toutes ces personnes qui se retrouvent un peu comme toi au mois de juin dernier, qui ont envie de reprendre mais qui en même temps... ne savent pas trop comment s'y prendre. En fait, qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui galère par rapport au sport ?
- Speaker #1
Je lui dirais d'aller voir Magali Dubois.
- Speaker #0
J'ai rien dit. Vraiment, ça ne vient pas de moi.
- Speaker #1
Autrement, je lui dirais que c'est important d'essayer de réfléchir sur ses motivations, de se dire mais je... qu'est-ce qui fait que j'ai vraiment envie de faire du sport et qu'est-ce qui a fait que je n'ai pas pu ? Un peu comme on vient de le faire dans le podcast. La démarche de Magali, c'est vraiment de se dire « Ok, c'est comme ça, mais pourquoi ? » Et tu me dis que c'est pour soi. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ? Et tu me dis qu'il y a ça derrière. Mais qu'est-ce que ça cache en fait ? Et donc vraiment de creuser, jusqu'à ce qu'on ait vraiment compris les motivations profondes, les raisons profondes qui font qu'on a tel mode de fonctionnement. Et se dire, une fois que j'ai bien analysé ça, j'arrive à le changer parce que j'ai pris du recul, je suis super objective et je peux analyser froidement et me dire, c'était juste à cause de ça, ça, je peux le changer, en fait.
- Speaker #0
Donc, finalement, prendre conscience un peu de ce qui se joue plus loin que les premières réflexions qu'on peut avoir. Une fois qu'on a compris, peut-être faire évoluer la manière dont on voit ce truc-là. Et aussi, moi, je rajouterais juste... En fait, parfois, on... On identifie des problèmes par rapport à l'activité physique qui sont un peu trop superficiels, du style « de toute façon, j'ai pas assez de temps » ou « je suis trop fatiguée » ou « j'aime pas courir » . En fait, des raisons qui en cachent d'autres. Et tant qu'on n'a pas levé ce qui se passe un petit peu plus profondément, par exemple, c'est un exemple que je donne vraiment très souvent, quand on a un travail qui est très prenant, On a vite cette tendance à dire, j'ai pas le temps de caler de l'activité physique. Et si on va pas à un moment donné travailler ce rapport-là au travail, pardon c'est un peu redondant ce que je dis, mais si on travaille pas sur comment est-ce qu'on vit et comment est-ce qu'on voit le travail, derrière on se coince un peu. Parce qu'on est aujourd'hui dans une société, surtout en France, où le travail c'est quand même quelque chose de très très important. C'est-à-dire que si je fais pas mes heures, pile poil, voire même si je ne fais pas d'heures sup, peut-être que je ne travaille pas bien, peut-être que je ne suis pas une bonne, peut-être que je ne suis pas très pro, peut-être que... Enfin voilà, on peut vite avoir derrière des réflexions qui ne vont pas nous aider derrière à consacrer du temps à une pratique d'activité physique. Faire de l'activité physique, c'est aussi se prioriser, c'est aussi se consacrer du temps. Est-ce que ça, ce n'est pas tout aussi important que le travail, voire même parfois plus important ? Et donc en réglant notre rapport au travail et en apprenant à le voir, Peut-être un petit peu autrement, en apprenant à se voir autrement à travers le travail. Derrière, on en arrive à faire plus de place sur l'activité physique. Ça, c'est un exemple parmi tant d'autres. Mais ce que je voulais vraiment faire ressortir de ça, c'est que pour améliorer sa relation avec le sport, pour avoir une activité physique qui soit plus régulière, il ne suffit pas de travailler que sur le sujet de l'activité physique parce qu'il y a plein d'autres trucs qui sont connectés. et qui vont avoir un impact sur comment est-ce qu'on pratique et sur est-ce qu'on arrive à être régulier ou pas dans le temps. Je ne sais pas si ça te parle, c'est ce que je rappelle.
- Speaker #1
Je fais oui de la tête depuis plusieurs millisecondes. Oui, tu m'as aussi beaucoup fait travailler sur mon rapport au travail. Et il faut quand même le souligner, si on s'est accordé le temps, même si on a pris deux heures aller-retour pour aller faire du sport, le temps d'y aller, de revenir, etc., on sera beaucoup plus performant au travail après. Merci. Même du point de vue de l'employeur, c'est totalement justifié de laisser les gens prendre soin d'eux, plutôt que de les épuiser à la tâche et qu'à un moment donné, déjà, ils ne soient plus du tout motivés et qu'en plus, ils ne soient plus du tout efficaces parce qu'ils sont crevés et qu'ils ont besoin d'aller faire autre chose. Pour moi, il faut inscrire ces séances de sport dans son agenda pro et puis ça ne bouge pas. Ou si ça doit bouger, tout de suite se dire, OK, comment je reprogramme ?
- Speaker #0
Oui, d'avoir toujours un coup d'avance finalement par rapport à ça.
- Speaker #1
Et donc, si vous êtes quelqu'un qui est très occupé, qui a un travail très, très prenant, c'est peut-être conseillé de se trouver plutôt une activité physique qui permet d'être flexible et de déplacer. Si votre emploi du temps change souvent, ça peut être une bonne solution.
- Speaker #0
Oui, je pense que le plus important, c'est vraiment de trouver les conditions qui vont nous correspondre. Et ça, ça nécessite de tester, d'expérimenter. voire de se faire accompagner pour justement, au bout du compte, trouver quelque chose qui nous convienne et qui ne soit pas vécu comme un poids ou comme une contrainte. En tout cas, merci Alice pour tout ton partage, pour tout ce que tu as pu évoquer, ton cheminement, et finalement de voir un petit peu comment tu vois les choses maintenant, je trouve que c'est vraiment inspirant. J'espère que ça aura aidé beaucoup de personnes qui nous écoutent. maintenant et je te souhaite une très bonne continuation. Moi, je n'ai plus aucun doute, comme je te l'ai déjà répété plein de fois, je n'ai plus aucun doute quant à ta capacité à maintenir une activité physique qui soit régulière dans la durée. Donc bravo à toi pour tous tes efforts et puis merci à toi d'avoir participé à cet épisode.
- Speaker #1
C'est tout pour aujourd'hui. Enfin,
- Speaker #0
presque. Avant de partir, j'ai deux questions pour vous. La première, c'est quelle est la chose que vous pourriez retenir de cet épisode ? Et la deuxième... à qui vous pourriez la raconter. En partageant ce podcast et en lui attribuant la meilleure note possible, vous inspirez d'autres personnes à être plus actives. Et comme votre avis compte beaucoup pour moi, n'hésitez pas à me faire part de vos réflexions, j'essaierai de vous répondre. À bientôt !