Speaker #0Hello ! Bienvenue dans l'épisode 15 de Next Level. Aujourd'hui, je vais parler d'un sujet un peu compliqué et dur à écouter pour certaines, c'est le fait de pardonner ses parents. Je tiens à dire dès le départ que si tu ne te sens pas prête à l'écouter, ne le fais pas. Reviens-y à un moment où tu te sentiras plus ouverte à ça. À travers cet épisode, je souhaite vraiment t'aider à prendre conscience de ce que signifie réellement le pardon et te montrer que le fait de ne pas entamer ce travail te détruit à petit feu. Si tu ne l'as pas encore fait, je t'invite à t'abonner au podcast pour ne pas rater les prochains épisodes. et que je puisse continuer de t'accompagner dans ton cheminement personnel. Je sais, le pardon est un sujet difficile à entendre pour notre ego. Aussitôt le mot prononcé, qu'une bataille commence à naître à l'intérieur de toi, faisant ressortir de la frustration, de la colère et un rejet total de cette idée. Tu commences à te demander pourquoi tu devrais pardonner cette ou ces personnes, est-ce qu'elles le méritent vraiment ? Et si je te disais que le pardon a très peu de choses à voir avec l'autre, et tout à voir avec toi ? Bon nombre de personnes gardent une douleur liée à leurs parents, que ce soit un manque, une injustice, un rejet, un manque de reconnaissance ou parfois un abus. Quelques-unes sont persuadées de n'éprouver aucune rancune envers eux, quand en fait il s'agit d'un déni total, lié à la douleur beaucoup trop intense que représenterait le fait de voir la vérité en face. L'idée de faire la paix est souvent associée au fait de reprendre contact avec là où les personnes concernées, de reprendre les choses comme avant et d'oublier ce qui s'est passé. En ayant cette vision du pardon, on en fait quelque chose qui est tourné vers les autres, alors qu'en réalité, nous en retirons les premiers bénéfices. J'en parle souvent, mais tout ce que tu as l'impression de faire pour les autres, tu le fais en réalité pour toi-même. Souviens-toi de la théorie du miroir. J'en ai déjà parlé, mais je le répète, histoire que tu t'en imprègnes. Ce que tu n'aimes pas chez les autres est souvent le reflet de ce que tu n'aimes pas inconsciemment chez toi. Je sais qu'on a souvent tendance à se dire, en voyant un comportement qu'on n'apprécie pas chez quelqu'un, « Non, mais je ne suis absolument pas comme ça » . Mais je t'assure que pour avoir observé la plupart des personnes qui m'ont dit ça, le même comportement se retrouvait chez eux. manifester d'une manière différente. C'est la même chose pour tes parents. N'oublie pas qu'ils ont été des enfants à un moment donné de leur vie, et que tout comme toi aujourd'hui, ils ont reproduit une partie de ce que leurs parents faisaient par mimétisme, en y ajoutant les choses sur lesquelles ils se sont dit « je ne ferai jamais comme mes parents » , pensant prendre de bonnes décisions. Et la plupart du temps, quand on s'efforce à ne pas vouloir ressembler à quelqu'un, on finit par le devenir. Alors oui, cette rébellion a parfois donné lieu à de bonnes décisions, et d'autres fois non. résultat de cette volonté absolue de ne pas vouloir ressembler à leurs parents. Et je sais que tu as peut-être vécu des choses difficiles qui t'ont blessé au plus haut point, mais prends conscience que pardonner ne veut pas forcément dire faire semblant d'être une famille parfaite. C'est exactement pour cette raison que j'ai voulu traiter cet épisode, pour que tu comprennes que pardonner ce n'est pas valider ce que tes parents ont fait et leur dire que ce n'est pas grave, c'est reconnaître que l'autre est humain et à son propre degré d'imperfection. Mais au-delà de ça, je veux te demander de leur pardonner avant tout pour que tu puisses être en paix à l'intérieur de toi. et non pour leur faire un cadeau. À travers cet épisode, je veux que tu prennes conscience que tu peux leur pardonner et quand même vivre ta vie de ton côté et être heureuse. Je t'invite à intégrer le fait que faire la paix, c'est décider que la douleur ne gouvernera plus ta vie ni tes relations, mais c'est aussi décider d'avancer, même si eux ne changent pas, même s'ils ne te comprennent pas, même s'ils ne sont plus là. Je t'accompagnerai à travers trois étapes pour que tu puisses initier ce processus de pardon envers eux, premièrement en donnant de la légitimité à ton vécu Deuxièmement, en reprenant le pouvoir de ta vie. Et troisièmement, en te réappropriant ta guérison. Avant de continuer, tu le sais, dans l'épisode, je parle toujours de mon propre témoignage. Et en ayant écrit cet épisode, j'ai bien pris conscience qu'il y a des situations beaucoup plus graves que d'autres. J'aimerais t'inviter, si ça te concerne, à écouter jusqu'à la fin et te servir tout de même des outils que je te donne. Parce qu'il est tout à fait possible de pardonner sans pour autant reprendre contact avec la personne. Je t'invite sans plus tarder à t'installer confortablement, à prendre de quoi noter. et à faire tes premiers pas dans ce processus de pardon. Tu es peut-être dans le même cas que moi, mais j'étais persuadée de ne pas devoir pardonner mes parents, puisque pour moi, ils ne m'avaient rien fait, ou du moins, rien de grave, parce que je me disais, c'est ce que font les parents. Pour te retracer vite fait le parcours avec mes parents, déjà, il faut savoir que je suis la dernière de ma famille. Donc, étant petite, j'étais un peu la chouchoute. Ensuite, arrivé à l'adolescence, on va dire à partir du collège, il y a eu une cassure, et je n'ai repris une relation « normale » avec eux qu'à partir du moment où je suis partie à Marseille. À partir de là, j'avais vraiment l'impression, et j'en suis persuadée, que c'est à ce moment que j'ai créé une vraie relation avec mes parents, ou du moins pas simplement une relation de surface parent-enfant. La première chose qui m'a emmenée sur ce chemin du pardon envers mes parents, c'est le livre de Lise Bourbeau, Again, La guérison des cinq blessures. Si tu ne l'as pas lu, et je crois que j'en ai déjà parlé, elle explique qu'on a tous des blessures dont une prédominante, soit le rejet, soit l'abandon, soit l'humiliation. la trahison ou l'injustice. Et souvent, ces blessures sont liées à des événements de l'enfance. Si tu ne l'as pas encore lu, je te le conseille vraiment parce que c'est un livre très pertinent et ça te permet aussi de voir les autres d'une autre manière. Bref, au début, la première fois que j'ai lu le livre, je t'avoue que j'ai eu beau essayer de trouver quel événement de ma vie avait créé les blessures qui me correspondaient, je n'arrivais pas à trouver. Il faut savoir que pour ma part, elles étaient très enfouies et étouffées, notamment parce que je voulais être la fille modèle. donc dans mon cerveau j'étais en mode Non mais je ne peux pas ne pas aimer mes parents, ce n'est pas possible. Pas moi. Malheureusement, ce que tu essayes de cacher finit toujours par ressortir d'une manière ou d'une autre. Et pour ma part, c'était dans ma manière de leur parler. Je devenais très agressive, aux moindres reproches, je me sentais rejetée. Et ça a duré longtemps avant que je comprenne qu'il y avait un problème. Et quand j'ai fini par comprendre, au bout de plusieurs années, tout est finalement sorti et j'ai fini par m'apercevoir que je leur reprochais beaucoup de choses. De ne pas avoir été présent, d'avoir été trop dure avec moi, de ne pas m'avoir valorisée. Je passais de « je n'ai rien à leur pardonner » à une liste de choses pour lesquelles j'avais de la rancœur. J'ai pu renouer cette relation avec eux, et quand je dis renouer, c'est pas que le contact était perdu, c'est vraiment qu'il n'y avait pas de vraie relation, et donc il y a eu un moment où j'ai décidé de le faire, de renouer cette relation. Tout part, encore une fois, d'une décision. J'ai décidé de leur pardonner et d'en finir avec cette rancœur, de les aimer réellement, et pas selon mes conditions, ni selon mes attentes de ce que devaient être des parents, mais selon ce qu'ils étaient réellement. simplement. Ils ont fait de leur mieux, même si leur mieux n'était pas le mien et qu'ils ont fait des erreurs au passage. Je me suis détachée de l'égo-centrisme avec lequel on est souvent animé quand on est jeune et j'ai fait, et je fais encore, tout mon possible pour comprendre leur manière de me donner de l'amour sans essayer d'échanger. Je pense que ce qui nous rend la tâche difficile, c'est le fait d'avoir un idéal en tête qu'on a pu voir chez les autres par exemple ou à la télé dans des séries et de penser que nos parents devraient simplement être comme ça. Le pardon n'est pas quelque chose de compliqué en soi. C'est l'idée qu'on s'en fait qui est compliquée. Le pardon, comme beaucoup de notions que j'ai pu aborder sur mon podcast, c'est quelque chose qui s'entretient, jusqu'à ce que l'amour prenne plus de place que la rancœur. Le pardon est un choix, pas celui de faire comme si rien ne s'était passé, mais celui de laisser le passé au passé et de vivre en paix. Je sais qu'il est difficile d'entamer cette démarche, surtout si ce que je viens de te dire t'a un peu chamboulé, alors je te propose trois clics qui t'emmèneront petit à petit sur le chemin du pardon. La première étape est de commencer à reconnaître la réalité de ce que tu as vécu. C'est quelque chose qu'on a tendance à faire, vouloir justifier ou minimiser le comportement d'une personne par amour. Parce qu'on pense qu'en révélant en plein jour ce comportement, on accuse la personne d'être une mauvaise personne, et donc dans ce cas, être un mauvais père ou une mauvaise mère. Ça s'introduit souvent dans les schémas où la relation entre parent et enfant a évolué avec le temps vers une relation qui paraît proche, limite fusionnelle. On vit dans le déni de la blessure pour ne pas justement casser cette relation, ce qui était mon cas. Mais il est important que tu prennes conscience que la paix commence quand tu arrêtes de minimiser ou justifier le comportement d'autrui. Rappelle-toi l'épisode 11 sur les relations saines. Être dans le déni t'éloigne de l'authenticité de la relation. Et le premier pas vers cette authenticité est de reconnaître ce que tu ressens réellement vis-à-vis d'une situation. Tu as le droit d'avoir ressenti des choses, même si tes parents ne le voient pas comme tu le vois. Chacun voit selon son prisme, et si tes parents ont reçu moins que ce qu'ils t'ont donné, il est évident qu'ils ne comprendront pas en quoi tu as manqué de quoi que ce soit. Les parents vont donner ce dont ils ont manqué, et non ce dont leur enfant a réellement besoin. La deuxième étape est de reconnaître que oui, tu as un passé, mais que celui-ci ne définit pas ton avenir. Il est temps de te séparer de ce lourd fardeau et d'écrire ta propre histoire. Et c'est le moment pour toi d'écrire une vie où tu n'es plus défini parce que tu n'as pas reçu. Il y a une idée reçue qui persiste encore avec le temps, c'est de croire que notre passé nous empêche d'avancer. Peut-être que tu t'es déjà entendu dire « je ne peux pas faire ça » ou « je ne peux pas être comme ça parce que je n'ai pas eu ça dans ma famille » . On entend souvent ce genre de phrases dans le domaine de l'affection. Sans t'en rendre compte, et d'une manière subtile, tu nourris inconsciemment de la rancune envers tes parents parce que tu te mets dans une position où il te manque quelque chose qui t'empêche d'être « normal » et que cette chose te manque à cause de tes parents. Ton passé n'est pas ton avenir. Tu peux décider d'être une personne affectueuse si tu le veux, en faisant un pas à la fois. J'ai eu ça, moi, par exemple, avec mes parents. J'étais pas affectueuse avec mes copains et on me le reprochait souvent. Et je disais exactement cette phrase. Et un jour, j'ai décidé que je voulais être affectueuse parce que j'aimais la sensation que ça me procurait quand on l'était avec moi, mais je ne savais pas vraiment comment le faire. Alors j'ai décidé en premier de l'être avec mes parents, et ça paraît fou mais ça a été compliqué au début de les prendre dans mes bras à 24 ans parce que la dernière fois que ça s'était passé, je devais avoir 6 ans. C'est toi qui décides comment les choses vont se passer à l'avenir, alors ne reste pas esclave de ton passé. La troisième étape est de te créer ta propre forme de guérison symbolique. Apprends à te détacher du changement des autres pour avancer. Tu n'as pas besoin que les autres changent pour être en paix. Il est nécessaire que tu brises ce lien entre ta liberté et ta paix. et la reconnaissance de leur faute de la part des autres, sinon tu n'avanceras jamais. La paix n'est pas quelque chose que les autres te donnent, c'est quelque chose qui t'appartient déjà, il te suffit de t'en emparer. Plutôt que de chercher à être guéri par les autres et d'attendre leur permission ou leur bon vouloir, sois cette personne douce pour toi-même et autorise-toi à vivre en paix. Commence à initier un dialogue avec toi-même dans lequel tu te parles avec compassion. Pour ça, je t'invite à effectuer l'exercice suivant quand tu seras prête. écris une lettre qui ne sera jamais envoyée à cette part de toi qui a été blessée En imaginant ce que tu aurais eu besoin d'entendre à ce moment, et en te le disant aujourd'hui. Dis-lui que tu comprends ce qui s'est passé, que tu n'as pas pris le temps de l'écouter jusqu'à maintenant, mais que tu le fais aujourd'hui parce que tu as besoin d'avancer, et que le pardon est la clé. Je sais, c'est un exercice complexe que je te demande. S'impliquer dans une introspection personnelle, ça remue déjà pas mal. Mais alors quand il s'agit d'impliquer d'autres personnes dans ce processus, c'est comme si toutes tes fondations s'écroulaient. Encore une fois, faire la paix avec tes parents, c'est d'abord et avant tout être en paix en toi-même. Et pour ça, rien de tel que de mettre des mots sur ce que tu as vécu et comment tu l'as vécu, définir ce vers quoi tu avances et créer ton propre processus de guérison. Je te propose pour finir un exercice simple mais profond que j'adore et que tu pourras réaliser au calme en fin de semaine, celui d'écrire des lettres, une à chacun de tes parents, sans filtre, pour que tu puisses libérer ce qui a besoin de sortir et que tu n'arrives sûrement pas à dire. Tu n'as pas besoin de l'envoyer ou de leur donner, juste de le faire. On arrive à la fin de cet épisode. J'espère qu'il a pu t'aider à amorcer le déclic nécessaire pour t'autoriser à être en paix. Merci d'avoir pris ce moment pour toi. Et rappelle-toi que tu n'as pas à attendre que les autres changent pour pouvoir guérir. Tu peux choisir la paix, à ton rythme. Je te souhaite une bonne semaine, une belle journée. et on se retrouve lundi prochain pour un nouvel épisode.