Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Autour de soi, le podcast qui explore les liens du cœur. Je m'appelle Sabrina Marty et je vais vous accompagner à améliorer vos relations pour tisser des liens de qualité. Dans ce podcast, je m'adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent tisser, réparer ou simplement mieux comprendre les liens du cœur. Ces liens nous construisent et nous font grandir, mais ils peuvent aussi nous blesser, nous faire douter, même nous égarer. Et pourtant, il reste au cœur de nos vies. Que vous soyez parents, beaux-parents, en couple ou en solo, en famille recomposée ou non, ou simplement en quête de sens et de connexion dans les relations, cet espace est le vôtre. Rejoignez-moi pour ne pas vous perdre dans les tumultes du quotidien. Parce que derrière chaque lien, il y a une histoire, et derrière chaque histoire, une possibilité de transformation. Donc, A vous de jouer ! J'ai le plaisir aujourd'hui de vous retrouver pour poursuivre autour de les relations et comprendre aujourd'hui les dynamiques qui sont invisibles. Et si le problème n'était pas votre conjoint, votre enfant, votre collègue, ni même vous-même ? Et si le problème se trouvait parfois dans la danse que vous êtes en train de mener ? et de créer ensemble. Parce que dans une relation, 1 plus 1 ne font pas 2, mais ils font 3. Il y a vous, l'autre personne, et cette dynamique invisible qui se construit entre vous. Donc aujourd'hui, je vous propose de découvrir comment nous pouvons, sans le vouloir, co-créer le chaos, mais aussi apprendre à en sortir. Juste avant d'entrer dans le sujet, je souhaitais quand même préciser quelque chose qui est... essentiel à mes yeux. Lorsque je parle de co-créer le chaos relationnel, je ne parle pas des situations de violence, d'emprise ou de maltraitance. Dans ces situations, la priorité reste toujours la protection et la sécurité. Ici, je parle plutôt des relations du quotidien où chacun, en fait, on s'influence sans le vouloir et il y a une certaine dynamique qui s'installe. Dans les épisodes Merci. précédent, nous avons parlé des besoins, des limites ou encore du pouvoir intérieur, de comment je peux reprendre mon pouvoir dans la relation. Aujourd'hui, j'aimerais aller un petit peu plus loin car pour moi, derrière nos disputes, nos incompréhensions, nos silences, il existe souvent une dynamique qui est invisible et qui s'installe entre deux personnes. Et c'est exactement cette dynamique que nous allons explorer aujourd'hui. Dans un premier temps, ce que j'ai envie de dire, j'aime bien en fait amener des images parce que je trouve que c'est beaucoup plus représentatif. Donc imaginez un iceberg. Vous savez ce que l'on voit au-dessus ? C'est les disputes, les reproches, les silences, les portes qui claquent, les cris, la distance qui s'installe. Donc ça c'est vraiment l'iceberg, donc la partie visible de l'iceberg. Mais comme vous savez bien, il y a... Toute une partie bien plus importante en dessous de ce qu'on ne voit pas. Et c'est là en fait qui est important d'aller voir parce que dans l'iceberg, je dirais l'iceberg relationnel, il y a aussi tout ce qui se passe dessous. Et tout ce qui se cache dessous, ce sont nos besoins, nos peurs, nos blessures, notre histoire du passé, nos croyances, nos attentes et surtout... La manière dont chacun réagit avec l'autre. Autrement dit, c'est vraiment cette danse relationnelle qui se construit peu à peu. Donc on voit bien qu'on se focalise sur ce qu'on voit, mais derrière ça, il y a bien plus de choses qui sont importantes à aller chercher en fait et à aller comprendre. Dans l'introduction, je vous ai parlé de 1 plus 1 est égal à 3. J'aimerais un petit peu expliquer un petit peu davantage. Parce que pour moi, c'est quelque chose qui est essentiel. Parce que dans le 3, il y a moi, il y a l'autre et la relation. Et j'aime bien, moi, imaginer en fait cette troisième. Donc la relation, c'est une troisième personne. Et comme dans un précédent podcast que j'ai pu aborder cet exemple du jardin, pour moi, je vois vraiment cette troisième personne comme un jardin. Chacun s'en occupe, mais si parfois, on y met un petit peu des détritus, on peut même laisser parfois un petit peu à l'abandon, on a beaucoup moins envie de... d'y aller. Et lorsque personne n'en prend soin, ce n'est pas seulement l'un. Ou l'autre qui souffre, c'est le jardin tout entier. Et en plus, dans la période là dans laquelle je me trouve, je suis vraiment dans une période où il fait chaud, donc on peut vraiment se rendre compte, ben voilà, si le jardin, on s'en occupe pas, ben c'est un peu compliqué. Donc la relation, c'est exactement ça. Et finalement, c'est pas... Ce qui est important de savoir, c'est pas qui a raison, qui a commencé à mettre des détritus, peut-être dans le jardin, ou pas s'en occuper. Je vous invite plutôt à vous poser en fait la question de... Qu'est-ce qu'on est en train de créer ensemble ? Et je trouve que cette question, en fait, elle change clairement notre regard. Parce que derrière ça, c'est vraiment, en fait, qu'il y a quelque chose qu'on construit ensemble. Alors oui, on a un jardin commun, donc la relation. Mais comment moi, j'entretiens en fait ce jardin ? Ou comment, ben justement, je l'ai laissé à l'abandon ? Si je pars sur un exemple concret, Monsieur rentre du travail. Il est fatigué, il a besoin de calme, de silence, de tranquillité. Madame, elle rentre aussi, elle a passé une bonne journée, elle est bonne humeur, joyeuse et puis elle a envie de partager, de raconter, de se sentir proche de lui. Lui, pas vraiment disponible, répond un peu sèchement. Elle se sent un peu rejetée, elle lui reproche son manque de disponibilité. Lui se sent attaqué, il se referme davantage et elle insiste, il s'énerve. Et quelques minutes plus tard, ils sont les deux persuadés que c'est l'autre le problème et que chacun en fait reste un petit peu dans sa bulle. Alors qu'au départ, lui cherchait plutôt du repos et elle cherchait de la connexion. Donc derrière ça, il n'y a personne qui a une mauvaise intention. Pourtant ensemble, en fait, ils ont créé un peu ce chaos relationnel, cette escalade. Et c'est ça ce que j'appelle cette danse. Et cette troisième, finalement, personne, donc la relation. qui empathie. Et c'est ça qui est intéressant d'aller se pencher dessus. Une autre manière de regarder nos relations, que j'aime bien penser régulièrement à ça et de l'amener régulièrement aux personnes que j'accompagne, c'est il y a une dynamique relationnelle qui est particulièrement fréquente. Elle porte le nom de triangle de Karpman. Donc c'est de Stephen Karpman qui est le triangle dramatique. Donc si ce sujet vous intéresse, je vous invite à aller le découvrir. D'avantage, il existe vraiment de nombreux ouvrages, des vidéos, articles qui permettent d'approfondir cette approche. Aujourd'hui, j'ai plutôt envie de vous l'expliquer de manière simple parce que je trouve qu'elle éclaire vraiment bien certaines situations que nous pouvons vivre dans le quotidien. Donc derrière ça, en fait, se cachent trois rôles dans lesquels nous pouvons tous entrer et parfois même sans s'en rendre compte. Donc il y a le premier qui est celui du sauveur. Donc la personne qui est sauveuse, elle aide beaucoup, elle veut trouver des solutions, elle prend les problèmes à cœur pour les autres et puis elle a vraiment envie d'aider. Elle fait parfois même à leur place et ses intentions sont belles, mais en fait elle veut tellement aider, elle peut étouffer les autres et elle souhaite sincèrement faire du bien. Mais à force de porter tout le monde, elle finit par s'oublier et par s'épuiser. Et moi c'est ce que je vois aussi dans des situations. de famille que j'accompagne ou de couple, ou dans le cadre de mon activité en réinsertion professionnelle, ce rôle de sauveur, on peut tous y rentrer et on s'épuise à un moment donné à vouloir faire beaucoup. D'ailleurs, je peux vous donner un exemple plus personnel. Moi, pendant très très très longtemps, j'entraînais avec les deux pieds dans ce rôle. J'avais envie d'aider, je trouvais des solutions. Même parfois, on me demandait même pas, j'arrivais avec mes solutions, je pensais bien faire. Mais au final, j'étais... plus centré sur moi, à vouloir aider, me sentir utile. Puis avec le temps, en fait, je me suis rendu compte que je m'épuisais. Et même à un moment donné, il m'arrivait même d'en vouloir un petit peu aux autres, même beaucoup des fois, en disant mais en fait, avec tout ce que je fais, j'ai zéro reconnaissance. Et en même temps, ces personnes ne me demandaient rien. Donc au final, moi, j'entrais dans ce rôle de sauveur alors que l'autre personne me demandait peut-être même pas d'aide. Et même sans m'en rendre compte, je changeais déjà en fait de ce rôle. Qui est le rôle justement du bourreau ? Non, pardon, c'est le rôle de la victime, pardon, qui dit justement, avec tout ce que je fais, les autres ne reconnaissent même pas tout ce que je mets en place, à quel point je peux les aider. Et ici, attention, je ne dis pas les personnes qui sont victimes de violences. Là, je parle vraiment d'une posture relationnelle qui est temporaire, dans laquelle on a l'impression de ne plus avoir de pouvoir. Vous savez, moi j'ai l'image du... petit caliméro qui ronchonne, qui râle, qui dit mais de toute façon c'est pas juste, je suis coincée, de toute façon je peux rien faire, c'est pas de ma faute, si l'autre changeait, ça serait beaucoup plus facile. Donc il est vraiment dans cette position où il râle, il se victimise. Et une victime a besoin d'avoir des spectateurs. Si moi je suis toute seule chez moi et je râle, il n'y a aucun intérêt. Il faut que j'aille quand même des personnes qui réagissent. Et souvent la personne quand elle râle, quand elle expose ses soucis, ça va réveiller la personne qui a une tendance un peu sauveuse parce qu'elle va se trouver utile. Et le troisième rôle, c'est le bourreau. C'est celui-ci. qui critiquent, qui accusent, qui contrôlent, qui imposent. Et dans l'exemple que je vous ai donné avant, moi je vois qu'à un moment donné ça m'agacait en fait quand les gens ne faisaient pas ce que je leur disais et je pouvais même être un peu violente dans ma manière de vouloir imposer, dans ma manière de vouloir vraiment dire mais il faut faire ça. Et du coup j'étais pas du tout centrée sur les besoins de la personne ni même son rythme. Du coup c'est important de s'en rendre compte. Donc je vous donne cet exemple. pour vous dire que finalement on peut très vite en fait se retrouver dans une posture de l'un de l'autre et de bouger. Et c'est pas grave parce que derrière ça il y a des peurs, il y a des souffrances qui n'ont pas trouvé en fait les mots pour s'être, pardon, pour s'exprimer. Et c'est juste que j'ai envie de dire par rapport à ça pour pas rentrer dans trop de détails parce que l'idée c'est plus de s'en rendre compte. C'est que si je m'en rends compte déjà, ça a une manière un petit peu de ok comment je vais pouvoir sortir de ça. Parce que moi, ce qui me plaît vraiment dans cette approche, c'est qu'aucun de nous ne reste enfermé dans un seul rôle. Dans l'exemple que je vous ai donné, moi, j'ossiais dans différents rôles. Donc, on passe dans le rôle de sauveur. Après, on râle parce qu'en fait, ce n'est quand même pas juste tout ce qu'on fait. On se victimise. Après, on peut venir dans le côté bourreau. Et si on veut finalement commencer à aider, on va venir le sauveur. Puis après, etc., on peut bouger, comme je vous ai donné cet exemple. Donc finalement, l'objectif c'est pas de mettre une étiquette sur soi ou sur les autres, l'objectif c'est simplement de reconnaître son mécanisme pour retrouver davantage de liberté dans nos relations. Et c'est une manière de se détacher un petit peu de son fonctionnement. Je dis pas qu'aujourd'hui je tombe plus du tout dans ce fonctionnement, mais je suis davantage attentif quand je me dis tiens, là jusqu'où en fait je peux donner un coup de main si on m'a demandé de l'aide ? Et jusqu'où ? Bah en fait non, maintenant c'est moi qui veux absolument... m'imposer et c'est pas très juste. Donc c'est des choses qui évoluent et plus on en prend conscience, plus on peut agir. Du moins c'est ce que... Moi je suis convaincue qu'on fonctionne comme ça parce que si on n'en prend pas conscience, c'est difficile de changer. Donc comment sortir de cette danse ? Si vous écoutez régulièrement mes podcasts, vous savez que j'aime terminer par une piste de réflexion concrète et pour moi c'est important de pouvoir dire ok concrètement qu'est-ce que je peux mettre en place ? Comment je peux réfléchir pour justement amener un changement ? Et je trouve intéressant cette citation aussi d'Albert Einstein qui dit « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent. » Parce que des fois, quand il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, on essaye de faire encore plus de ça. Donc l'idée, c'est plus maintenant de vous proposer un petit exercice tout simple pour amener un tout petit changement. Parce que moi, je suis convaincue que les petits pas, ça aide beaucoup plus et ça permet de se sentir. sentir une efficacité, qu'on arrive, qu'on évolue, et c'est beaucoup plus efficace. Donc cette semaine, je vous propose un exercice. Donc choisissez une relation qui compte pour vous. Vous l'imaginez comme si c'était un jardin. Observez simplement ce que vous êtes en train d'y semer. Est-ce que vous y semez de l'écoute, de la confiance, des reproches, du silence, de la présence ? Ou peut-être même de la peur. L'idée ici, ce n'est pas de vous juger, ni juger l'autre. C'est plus de se rendre compte, en fait, dans laquelle, dans quelle relation je suis en train, enfin, de comment je suis en train de co-construire quelque chose dans cette relation. Et demandez-vous quels petits gestes différents je pourrais poser cette semaine pour prendre davantage soin de ce jardin. Ici, il ne s'agit pas de... tout révolutionner comme je disais avant. C'est l'histoire des petits pas. Faites des petits changements qui suffit parfois à modifier un petit peu la dynamique relationnelle. Si on part dans des trop gros changements, ça va être plus compliqué à mon sens. Si vous avez envie d'aller plus loin, je vous invite aussi à écouter les épisodes précédents de mes podcasts. Vous y trouverez aussi d'autres pistes autour des besoins, autour des limites ou encore du pouvoir d'agir dans nos relations. Et si vous vous rendez compte que cette danse se répète depuis longtemps, qu'elle vous fait souffrir, que vous avez du mal à en sortir, sachez que c'est tout à fait normal. Quand on est pris en fait dans une dynamite relationnelle, on est pris dans un automatisme et il est souvent difficile de prendre du recul et d'agir différemment, parfois de manière justement autonome. Donc si vous en ressentez le besoin, je serai ravie de vous accompagner afin de construire ensemble des relations plus saines, plus équilibrées et plus épanouissantes. Nous pensons souvent que le changement arrivera lorsque l'autre change. Pourtant, il arrive qu'un seul mouvement différent transforme toute la danse. Les relations ne changent pas toujours parce que les personnes changent. Elles changent parfois parce que justement c'est cette dynamique qui change. Et je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle parce que ça veut dire que nous avons tous un pouvoir d'action. Et j'aimerais vraiment vous laisser avec cette idée. Parce que dans une danse, il suffit parfois qu'une seule personne ajuste légèrement son pas pour que toute la danse commence à évoluer. Peut-être qu'au fond, aimer ce n'est pas trouver quelqu'un avec qui la danse sera parfaite, c'est plutôt quelqu'un qui a envie d'apprendre ensemble à ajuster, réajuster, lorsque nous nous marchons dessus, lorsque ça coince, lorsque ça déraille. Et c'est ça qui est important, c'est que c'est quelque chose qui s'apprend, on ne l'apprend pas à l'école, on l'apprend des fois à nos dépens. et c'est dans cette dynamique que je vous invite à poursuivre les écoutes des podcasts et à me contacter si vous voyez que c'est trop difficile. Donc si cet épisode a résonné pour vous, j'espère qu'il pourra vous permettre de regarder vos relations avec un regard un peu différent. Du moins c'est mon objectif depuis plusieurs mois maintenant que je suis tellement contente de faire ces podcasts et je prends de plus en plus de plaisir. Peut-être qu'en réalisant que reprendre son pouvoir ne consiste pas à changer les autres, mais plutôt à retrouver une part de liberté dans la manière d'être en lien avec eux. Ce chemin demande parfois du temps, il demande de prendre du recul, d'apprivoiser certaines peurs, de se remettre en question et de remettre en question certaines habitudes, d'apprendre à prendre soin de soi et tout en restant en lien avec les autres. Si vous avez envie d'aller plus loin, Je serai ravie de vous accompagner et vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux sous Autour de Soi avec un O ainsi que sur mon site internet autourdesoi.ch. Et si cet épisode vous a parlé, n'hésitez pas à le partager à une personne pour qui elle aurait besoin peut-être d'entendre en fait, qui aurait besoin d'entendre ces quelques mots. Vous pouvez également lui attribuer quelques étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. C'est un petit geste qui m'aide énormément à faire connaître ce podcast et à continuer de semer des graines autour de moi. De mon côté, je vous retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode. D'ici là, prenez soin de vous et prenez soin aussi du jardin de vos relations. Au revoir !