- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans Autour de soi, le podcast qui explore les liens du cœur. Je m'appelle Sabrina Marty et je vais vous accompagner à améliorer vos relations pour tisser des liens de qualité. Dans ce podcast, je m'adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent tisser, réparer ou simplement mieux comprendre les liens du cœur. Ces liens nous construisent et nous font grandir, mais ils peuvent aussi nous blesser, nous faire douter, même nous égarer. Et pourtant... il reste au cœur de nos vies. Que vous soyez parents, beaux-parents, en couple ou en solo, en famille recomposée ou non, ou simplement en quête de sens et de connexion dans les relations, cet espace est le vôtre. Rejoignez-moi pour ne pas vous perdre dans les tumultes du quotidien. Parce que derrière chaque lien, il y a une histoire et derrière chaque histoire, une possibilité de transformation. Donc, à vous de jouer ! J'ai le plaisir de vous retrouver aujourd'hui autour d'un épisode un peu spécial autour du lien avec son ado. Plus exactement comment maintenir un bon lien avec son ado. Parce qu'il n'est pas toujours évident, car des conflits peuvent apparaître, il y a de la distance qui commence à se créer avec son parent et ça peut générer du stress, des tensions, etc. C'est une période qui est quand même pas facile pour tout le monde. Et j'ai à cœur d'accompagner depuis plusieurs années des parents autour de l'adolescence parce que je trouve que c'est une période qui n'est pas facile mais qui est charnière autant pour l'ado que les parents et pour moi accompagner les parents ça peut être un élément qui est important et nécessaire pour que tout le monde traverse cette période le mieux possible. Donc je donne des conférences autour de l'adolescence maintenant depuis plusieurs années qui est destinée aux parents. Donc aujourd'hui j'interview Cindy une maman d'ado de 13 ans à l'époque qui a participé à une de mes conférences. Salut Cindy !
- Speaker #1
Salut Sabrina !
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va très bien, et toi ?
- Speaker #0
Bien, bien ! C'est une première pour moi de faire une interview.
- Speaker #1
Je suis touchée d'être la première à être interviewée !
- Speaker #0
Ça me tenait à cœur un petit peu d'aborder cette thématique autour de l'adolescence, mais autour justement d'une interview de toi qui m'avais contactée à l'époque, donc ça fait 4 ans que tu étais venue à une de mes conférences. où ta fille avait 13 ans et justement que c'était compliqué. Et pour moi, c'était important d'avoir ce retour un petit peu de qu'est-ce qui a changé pour toi. Donc, je vais te poser déjà cette première question, c'est qu'est-ce qui t'a motivée à assister à une de mes conférences à l'époque ?
- Speaker #1
Alors, en fait, j'avais ma fille qui, comme tu le dis, avait 13 ans. Elle commençait à montrer des signes d'adolescence et je me rendais compte que j'avais tendance à me... tendre très souvent nos relations, elles étaient très dans la tension. Déjà que depuis petite, c'était toujours tout pour son père. Et puis moi, après, c'était ce qui est assez normal, je crois, avec les petites filles et leur papa, c'est quand même quelque chose. Et moi, je n'ai pas vécu une adolescence très agréable. J'étais tout le temps en conflit avec ma maman, on s'engueulait beaucoup, on n'était jamais d'accord. Et en fait, je n'avais pas envie de reproduire cette étape de vie comme ça. Ni pour elle, ni pour moi, parce que ce n'est pas quelque chose d'agréable. Et quand j'ai vu passer ta conférence, je me suis dit que ça pouvait peut-être donner des pistes pour aider justement à modifier cet état de fait. Et puis de se dire que peut-être finalement la relation avec un ado pouvait être moins conflictuelle, en tout cas que celle que j'ai vécue moi.
- Speaker #0
Ok, très bien. Merci bien. Mais effectivement, c'est un peu mon objectif pour moi d'amener des pistes de compréhension et des pistes concrètes aussi pour pouvoir amener un... changement dans la relation, en tout cas, avec son ado. Et si on va un petit peu plus loin, comment était ta relation avec ta fille, justement, pendant cette période ?
- Speaker #1
Alors, à ce moment-là, c'était assez compliqué, parce qu'en fait, on s'était tendus, donc on était beaucoup sur la défensive l'une et l'autre. Donc, dès qu'il y avait un sujet de discussion qui était un petit peu conflictuel, ça partait très vite dans les tours. Et en fait, moi, je suis assez, je sais, je suis assez colérique. Donc je m'énervais assez facilement, et puis elle réagit comme son père, c'est-à-dire qu'elle se ferme, elle se fermait comme une huître complètement, donc dès que je m'énervais, elle ne disait plus rien, elle était murée, et il n'y avait plus de communication possible. Donc c'était délicat, parce que je ne savais plus comment faire pour retrouver cette communication, et en faisant ça plusieurs fois, il y a une espèce de tension un peu de base qui s'installe, et il y a un espèce de petit mur en fait, qui s'était construit entre nous. qui faisait que la communication, elle était très compliquée dès qu'on partait sur des sujets qui étaient plus que juste de parler du quotidien ou de ses résultats scolaires.
- Speaker #0
Donc c'est vrai que c'était compliqué pour toi, en fait, un peu cette danse qui s'est commencé un petit peu à s'installer, mais qui n'était pas du tout agréable ni pour toi, ni pour elle. Exact. Toi qui t'exprimais beaucoup plus virule, pas de manière virulente, mais de manière un peu plus d'énergie, qui est des fois avec plus de colère, puis du coup, ça a renfermé. Ce qui fait qu'après, vous n'arriviez plus forcément sortir un petit peu de ce cercle vicieux qui commençait à s'installer.
- Speaker #1
Et on ne se comprenait pas, en fait. C'était surtout ça la problématique. J'ai l'impression qu'il y avait beaucoup d'incompréhension ou de mécompréhension, disons, entre l'une et l'autre.
- Speaker #0
Oui, qui créait finalement une certaine distance. Et puis d'où l'intérêt de venir trouver des pistes pour casser justement ce schéma qui était un petit peu en train de s'installer, même si c'était dans les prémices. Mais que ce n'était pas forcément agréable et que tu voulais faire différemment que toi. Comment tu as vécu ta... relation avec ta maman en étant ado.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Donc tu l'as un petit peu abordé en disant qu'est-ce qui était difficile avec ta fille, mais est-ce qu'il y a des choses qui étaient plus faciles justement dans la relation que vous aviez à cette époque-là ?
- Speaker #1
Alors, les sujets les plus simples, disons, c'était un peu les sujets féminins. Vu que je suis mariée et puis j'ai aussi un fils, il y a vraiment le côté mec de la maison et le côté fille de la maison. Donc les sujets qui concernaient là, ces premières règles par exemple. Elle était quand même très ouverte à venir m'en parler, me poser des questions, etc. Alors moi, j'ai aussi toujours été assez ouverte sur ce sujet-là, parce que ça me paraissait important qu'elle ne soit pas dans l'inconnu. Donc depuis l'âge de 10 ans, disons, j'ai commencé à la sensibiliser au sujet. Donc tous ces sujets-là qui concernaient plutôt son corps, ses changements, l'arrivée de ses premières règles, etc. Pour ça, c'était des discussions qui étaient assez simples. Et puis après, avec ma fille, on partage l'amour de la musique aussi. On en fait toutes les deux. Donc, c'était aussi... On avait quand même des sujets de conversation où on arrivait à ne pas s'énerver parce que c'était des sujets qui nous passionnaient toutes les deux ou qui nous concernaient toutes les deux en ce qui concerne ces changements physiques.
- Speaker #0
Ok, ouais. Donc, ce qui était plus facile, c'était vraiment ce lien, en fait, qui vous touchait les deux, ce qui fait que c'était quand même une relation qui était assez en lien. Enfin, il était quand même en lien, même si des moments, c'était très dur. Il n'y avait pas vraiment une... Une rupture de lien, comme moi, j'ai pu voir des fois dans des familles, t'avais vraiment un lien avec ta fille, mais des sujets qui étaient beaucoup plus tendus, on va dire, qui parlaient beaucoup plus.
- Speaker #1
Et puis, elle avait quand même une relation beaucoup plus fusionnelle avec son papa, quand même. Et j'avoue que... Alors, j'ai eu longtemps du mal à l'avouer, mais il y a une période où j'avais même des fois un peu de jalousie par rapport à ça. Je ne saurais pas dire si c'est l'épouse qui était jalouse de se dire mon mari il est en... accaparée par quelqu'un d'autre ou la jalousie de maman qui se dit, c'est mon bébé, c'est moi qui l'ai fait grandir dans mon ventre et aujourd'hui, en fait, elle a plus d'attachement avec son père. Je ne sais pas encore lequel des deux était vraiment le plus présent dans ma tête, mais j'avais un petit peu aussi cette relation-là avec elle de rivale un peu. Je la voyais un peu comme une rivale par rapport à ma vie de couple et puis aussi par rapport au fait que j'avais envie, comme quand ils sont tout bébés, c'est que maman, maman, et puis tout à coup, je la perdais un petit peu. Donc c'est des sentiments qui sont un peu culpabilisants en tant que maman, mais voilà, ils existent. Et puis du coup, finalement, c'est important d'en parler aussi.
- Speaker #0
Mais c'est très intéressant ce que tu révèles, parce que c'est vraiment des notions qui sont un peu taboues. Ce n'est pas forcément facile de le mettre en avant, ce lien justement que ça peut réveiller en ayant sa fille, ou si c'est un homme, son fils. Et c'est vraiment inconfortable, et ça peut créer des tensions encore plus grandes que la... tension en soi de l'adolescence ces notions qui sont importantes d'avoir en tête qui fait qu'on peut réussir un petit peu à se distancer pour éviter de tomber dans de toute façon c'est la méchante et puis moi je fais tout juste donc j'entends effectivement un peu ce côté un peu difficile des choses qui étaient faciles d'être en lien sur des sujets qui vous touchaient les deux et d'autres justement des tensions plus au niveau relationnel finalement et de place aussi il y a quand même cette question de place qui peut se jouer tout au long de l'enfant qui grandit, mais qu'en étant adolescent, ça peut être encore plus difficile vis-à-vis des fois de la maman aussi. Oui,
- Speaker #1
exact.
- Speaker #0
OK, donc concrètement, après, suite à la conférence, qu'est-ce que tu as concrètement changé dans ta manière d'être avec elle ?
- Speaker #1
Alors, ce qui m'a beaucoup aidée, c'était l'explication que tu avais donnée par rapport au fonctionnement physique du cerveau à cette période-là. ou ces connexions neuronales qui se cassent pour mieux se recréer et devenir plus fortes. Je crois que pendant la conférence, tu avais donné l'image du film Vice Versa de Pixar, où pour ceux qui l'ont vu, on voit vraiment tout ce qui se passe dans son cerveau s'effondre. Puis après, elle reconstruit des tours qui sont beaucoup plus évolués. Alors, c'est très imagé dans le dessin animé, mais finalement, c'est ce qui se passe dans la réalité. Et ça m'aidait beaucoup à relativiser des situations. Ou quand je voyais que je lui demandais quelque chose et que j'avais l'impression qu'elle avait de nouveau deux ans parce qu'elle ne comprenait rien de ce que je lui demandais. Ou il y a des fois des choses que je devais répéter, vraiment des phrases que je lui disais, alors je n'ai plus d'exemple comme ça en tête, mais que je lui disais aussi quand elle avait deux ans, du style, je ne sais pas, mais attache tes chaussures, là, il faut que tu achètes des trucs bêtes. Mais où je me disais, mais... « Elle est bobette ! Qu'est-ce qui se passe ? Où est-ce que j'ai raté ? » Mais en fait, ça m'a amené cette connaissance de me dire « Non, c'est vraiment son cerveau qui n'est pas capable de gérer cette information. » Et moi, ça a désamorcé ma colère ou mon agacement parce que je savais que ce n'était pas volontaire de sa part. Et quand on a cette connaissance de se dire « Ok, elle n'essaie pas de me rendre cinglée, elle n'essaie pas de me pousser à bout. » C'est juste que là, son cerveau est en train de changer, ce qui est plutôt positif, parce que ça veut dire qu'elle est en train d'évoluer. Ça m'a beaucoup aidée, moi, à relativiser et du coup, à ne pas rentrer dans le conflit. Quand je voyais qu'elle ne comprenait pas quelque chose, je prenais sur moi à me dire, OK, ce n'est pas le moment maintenant. On y reviendra plus tard. Finalement, est-ce que c'est une priorité ou pas ? En général, j'essayais de prioriser toutes les choses qui étaient en rapport avec sa sécurité. Et puis le reste, ce n'est pas grave. ça peut attendre et si elle n'a pas rangé la table comme je lui avais demandé ou qu'elle a oublié la moitié de la table finalement c'est pas dramatique et puis plutôt que de m'énerver et de la confronter là-dessus et puis qu'elle ne comprenne pas pourquoi je m'énerve parce que pour elle elle n'a rien fait de mal je laisse écouler et c'est pas que j'ai arrêté de l'éduquer ou que j'ai plus demandé de respect mais c'est juste de plus s'énerver sur des broutilles qui n'avancent à rien et des sujets de conversation qui qui ne change pas la vie là au moment T, et puis qui ne change rien à sa sécurité, qui ne change rien à son évolution, ça ne sert à rien en fait de perdre du temps et de l'énergie sur un sujet aussi bateau finalement. Donc ça m'a permis de prendre beaucoup de distance par rapport à des petits événements qui avant m'auraient énervé parce que j'avais tendance à l'interpréter de « elle me pousse, elle cherche les limites » alors que non, clairement ce n'était pas ça, c'est juste que son cerveau qui changeait.
- Speaker #0
Oui, clairement. C'est vrai que j'aime bien donner cet exemple. Le cerveau d'un ado, il est en chantier. Et puis, c'est vraiment une maison, en fait, qui est en rénovation. Puis qu'à un moment donné, vous êtes en train de réparer un truc en bas. Et hop, il y a les fenêtres en haut qui se cassent parce qu'il y a un vent trop fort. Donc, vite, je dois remonter, réparer ici. Et puis, ils font ce qu'ils peuvent pendant cette période-là. Mais que ce n'est vraiment pas une situation qui est facile. Mais comme tu l'as très bien dit, c'est vrai qu'ils ne le font pas exprès. Et il y a vraiment cette connotation derrière l'ado. Moi, qui ai travaillé beaucoup avec des ados, en fait, il faut exprès d'embêter, de fonctionner à deux à l'heure. Non, en fait, c'est tellement le chantier dans leur tête qu'en fait, il y a beaucoup de choses qui vont en ralenti. Et il y a beaucoup de choses par côté plaisir et tout ça, ça, ça va très vite. Mais c'est normal. Oui. Mais ça peut générer un certain agacement, dire mais en fait, elle fait exprès, elle ne comprend pas. Puis en fait, non, ça permet de relativiser. Dans ce que j'entends, c'est vraiment, tu as appris à relativiser, à comprendre que voilà, elle ne fait pas exprès. Et que ce n'est pas une volonté de t'embêter. Mais qu'elle fait du mieux qu'elle peut avec ses émotions, son cerveau construction.
- Speaker #1
Oui, et puis là, c'est marrant parce que j'arrive dans cette phase-là avec mon fils aussi, qui maintenant va avoir 15 ans. Et qui, lui, commence à avoir un peu ces réactions-là aussi. Et puis, j'essaye vraiment de garder aussi ça en tête. Mais c'est vrai que dans la réalité, ce n'est pas tous les jours facile parce qu'on a aussi nos fatigues à nous. notre propre épuisement, nos propres sentiments et émotions aussi, selon la journée qu'on a passée. Donc il y a des jours où ce n'est pas si facile, mais j'ai l'impression que si on reste un petit peu à l'écoute aussi de ce qu'ils vivent et puis de leur réalité, essayer de se souvenir aussi de nous, comment on se sentait quand on était ado, et qu'est-ce qui m'énervait moi en fait. Alors ce n'est peut-être pas les mêmes choses, mais il y a des choses que mes parents me disaient, des phrases que mes parents me disaient, c'était un... C'était le bouton d'alarme, quoi. Ça me faisait péter les câbles. Et j'essaie vraiment maintenant de me dire, OK, j'essaie d'éviter ce genre de phrases ou de réactions, même si je pense que ça fait quand même partie de notre ADN, des fois, de répéter des choses qu'on a entendues tellement souvent dans notre adolescence. Donc, ce que j'essaie de faire aussi maintenant, c'est quand j'ai ces phrases qui m'arrivent dans la tête, essayer de les réfréner et de les dire à mon mari après, pour qu'il puisse les sortir. Mais je ne les dis pas à eux pour éviter justement cette confrontation qui va arriver derrière forcément parce que ça va les agacer.
- Speaker #0
Oui, puis c'est tellement facile en fait parce qu'ils ont tellement les émotions un peu à fleur de peau qu'à rien on peut les faire exploser. Au final, c'est comproductif pour tout le monde parce qu'après, ils se braquent et c'est compliqué. Et c'est un peu la suite que j'aurais envie de faire par rapport à toi. Ce serait quel conseil en fait tu donnerais justement ? Tu l'as un petit peu abordé jusqu'à maintenant, mais quel conseil tu donnerais à... À des parents, quand leur ado, en fait, il se ferme, en fait, il reste complètement bloqué dans son truc parce que, comme tu dis, il s'est fermé comme une huître, comme tu l'as dit avant avec ta fille qui faisait ça.
- Speaker #1
Bon, alors, moi, j'ai l'impression quand même d'avoir communiqué avec eux depuis tout petit. J'ai toujours parlé avec eux de tout. Ça pouvait être des exemples très bêtes, mais ma fille, elle m'a demandé un dimanche matin pourquoi il y avait une abeille sur le pot de miel. Puis, on a passé une demi-heure à parler de... comment les abeilles font du miel, etc. Parce qu'à ce moment-là, ça l'intéressait. Donc, j'ai toujours beaucoup parlé avec eux. Je pense qu'il ne faut pas commencer à parler avec eux quand ils ont 13-14 ans. Ça va être compliqué, en fait, d'établir un lien à ce moment-là, si on n'a jamais eu avant. Donc, je pense que tout l'avant est déjà important. Et après, pendant l'adolescence, ils ont tendance à se mûrer. Pour moi, en tout cas, ce qui a fonctionné avec eux, c'est de m'intéresser à leur réalité, à leur passion, à ce qu'ils aiment eux, à s'intéresser à la musique qu'eux aiment écouter, parce que souvent, on leur partage, par exemple, moi, je suis très fan de la musique des années 90, donc j'ai partagé ça avec eux, mais aujourd'hui, j'essaie aussi de leur demander à eux, fais-moi écouter aussi toi ce que t'aimes, après, c'est pas forcément de la musique que moi, je vais apprécier, mais m'intéresser à leur univers, ça permet de rentrer, en fait, c'est déjà une petite porte d'entrée. Et souvent, quand on s'intéresse à eux, la porte, elle s'ouvre plus facilement. Donc, ça, je pense que c'est vraiment quelque chose qui est important. Même si vous n'êtes pas fan du jeu vidéo auquel ils jouent, de la musique qu'ils écoutent, intéressez-vous à leur univers et puis essayez de rentrer dans leur monde. Et vous verrez qu'il y a forcément, je pense, des conversations, des discussions qui se créent là autour. Et c'est déjà un premier pas pour renouer un lien. Et puis peut-être après, aller plus loin dans la discussion. Mais pour moi, ça paraît important.
- Speaker #0
C'est clairement la deuxième question que je voulais te poser, que tu as déjà répondu. C'est de maintenir un lien. Tu mets quelque chose en lumière qui est hyper important, d'aller dans leur monde. Parce que quand ils sont enfants, on les intègre dans notre monde, dans leur monde. Qu'est-ce que nous, on aime ? La musique des années 90, et ci et ça. Puis à un moment donné, l'adolescent, il se crée sa propre identité. Et c'est nous aussi à devoir faire l'effort, même si ce n'est pas toujours ce qu'on aime le plus, mais d'aller comprendre un petit peu ce qu'ils vivent. Et c'est clairement la question du lien que je voulais aborder, mais que tu as clairement répondu en disant de rentrer un petit peu dans leur monde. Je me rappelle à l'époque, quand j'étais éducatrice, il y avait un formateur qui disait que c'est important de se faire embaucher par ses ados, en fait. C'est comme un entretien d'embauche. Donc, à un moment donné, je dois aussi m'intéresser à l'entreprise. Pour qu'en mon beau, je ne dois pas juste mettre en avant tout ce que moi, je sais. Et puis, je trouvais, cette image m'est toujours restée depuis maintenant, passé dix ans, en me disant, mais c'est ça, en fait, l'enfant, c'est plus évident, c'est plus facile, ça va de soi, en fait. C'est un effort qui est important de faire aussi. Et une autre chose que tu as mis en lumière, c'est en fait, ce lien, effectivement, à maintenir tout au long, en fait, de l'enfant qui grandit. Parce que si j'ai envie de créer un lien en étant ado, mais il n'y a pas eu avant. ça va être beaucoup plus compliqué parce que c'est pas là en fait la période où l'enfant, enfin l'ado il a envie d'être le plus en lien avec ses parents, au contraire c'est plutôt un lien qui se distancie et moi ce que je vois c'est que justement c'est là que ça fait peur parce que du coup le lien il est plus forcément automatique, il va pas nous ramener un super dessin, la maison trop fière hyper content ben non c'est plus ça donc c'est quelque chose qui se nourrit
- Speaker #1
Exact. Et puis, c'est vrai que c'est une période aussi où je pense qu'il faut être compréhensif parce qu'en tant que maman, c'est des fois un peu difficile. Alors avec ma fille, je l'ai moins vécu ça parce qu'elle, elle n'a jamais eu honte de moi ou voilà. Plus avec mon fils, tout à coup, on prenait le même train, on allait à la gare ensemble. Mais une fois arrivé à la gare, il va de son côté, je vais du mien et il parle avec ses potes. Et puis, je ne veux pas que je lui fasse un bec à ce moment-là parce que c'est trop la honte. Et en tant que maman, ça peut être un petit peu blessant en fait de se dire, attends, à la maison, tu n'es pas comme ça. mais finalement de respecter ça, parce que c'est vrai qu'on sait que les jeunes entre eux déjà sont très durs, et que forcément les moqueries arrivent très très vite, et puis que c'est plus à 15 ans qu'on a envie de faire un bisou sur le quai de la gare à sa maman pour lui souhaiter une bonne journée, même si avant d'arriver à la gare, il va me dire qu'il m'aime, et donc c'est bon, mais juste aussi accepter ce côté-là, de lâcher un peu prise là-dessus, parce que c'est pas grave, et puis ça n'enlève en rien l'amour qu'il peut avoir pour nous, même si au moment où il est face au regard des autres, il n'a pas envie de le montrer.
- Speaker #0
Oui, il y a clairement cette notion de visuel, d'appartenance en fait, que je vais plutôt appartenir à mon groupe de copains, puis faire un bisou à sa maman devant eux, ça fait pas partie du lot d'ados appartenant à mon groupe.
- Speaker #1
Donc effectivement.
- Speaker #0
Très bien, donc aujourd'hui, t'auras envie de définir comment finalement la relation que t'as avec ta fille, que depuis la première fois que t'es venue... écouter cette conférence, ça remonte à un peu moins de 4 ans. Et dire, mais comment en fait tout ce que tu as mis en place, toute cette évolution, toutes ces prises de conscience ont permis de créer aujourd'hui la relation que tu as avec elle, qui a 17 ans.
- Speaker #1
Elle a 17 ans, ouais. Elle aura 18 ans en fin d'année, donc c'est vrai que ça passe bien. Et aujourd'hui, j'aurais presque envie de dire que c'est ma meilleure amie. On a une super relation, toutes les deux. On partage énormément de choses. On a beaucoup de discussions, elle est très ouverte sur tout, donc elle vient facilement me parler. On a peu de conflits, vraiment très peu. Ça arrive, on ne vit pas non plus au pays de Candy, mais franchement, c'est très peu et c'est très vite réglé, parce qu'on a justement cette communication qui est établie entre nous. Et quand moi, je me rends compte que j'ai... j'ai glissé sur le mauvais terrain parce que mes émotions à moi sur le moment n'étaient pas bonnes et que je me suis énervée peut-être pour de mauvaises raisons. Je vais toujours la voir pour m'excuser. Je lui explique pourquoi je me suis emportée. Et puis, des fois, c'est des choses aussi bêtes que j'étais dans la période de mes règles et puis je n'avais pas la patience, pas les émotions à la bonne place. Et puis du coup, je me suis emportée pour pas grand-chose. Et la plupart du temps, on en rigole parce qu'elle me dit « oui, je sais » . Je savais très bien pourquoi tu t'es énervée, parce qu'elle me connaît aussi très, très bien. Donc, on a vraiment cette relation de confiance qui est établie où elle sait qu'elle peut venir me parler, où je sais quand ça ne sert à rien que je lui parle aussi, parce qu'elle a aussi ces moments où elle n'est pas bien. Et puis, je respecte aussi sa bulle où elle a besoin d'être seule et puis on en parle à un autre moment. Donc, on a un très bon équilibre dans notre relation. Honnêtement, moi, je suis super fière de la femme qu'elle devient et je suis... hyper contente de la relation que j'ai avec elle aujourd'hui, qui est dans le respect où on communique. Et puis en fait, aujourd'hui, autant avec l'un qu'avec l'autre, je ne considère pas mes enfants comme inférieurs à moi. Moi, je suis quand même grandie dans une famille où je pense que c'est aussi une génération qui est comme ça, où les enfants ne seront jamais aussi bien que les parents, parce que les parents seront toujours plus âgés, donc ils auront plus d'expérience tout le temps. Et moi, je ne considère pas mes enfants comme ça. Je les considère comme des Merci. des êtres humains à part égale face à moi et où ils ont aujourd'hui leurs arguments, leurs idées. C'est des adultes en devenir, mais ils ont déjà une réflexion sur plein de sujets. Alors, certaines réflexions manquent un peu de maturité, c'est normal parce qu'ils n'ont pas l'expérience derrière, mais ça n'empêche en rien qu'ils m'apprennent des choses chaque jour, qu'on échange sur des sujets où eux... en savent plus que moi parce qu'ils l'étudient à l'école ou qu'ils se sont intéressés à un sujet que moi je n'ai pas connu. Et la discussion, elle est ouverte dans les deux sens. C'est-à-dire que moi, je m'intéresse à ce qu'ils vont m'expliquer. Il y a plein de choses qu'ils m'apprennent où je leur pose des questions. Et ils se sont aussi valorisés parce qu'ils disent qu'ils ont aussi leur place à la maison. Et ce n'est pas juste des enfants qui sont là pour nous aider maintenant à faire le ménage et à ranger leur chambre. Il y a aussi un échange. entre êtres humains qui se passent et où on évolue ensemble, on apprend ensemble. Et aujourd'hui, j'ai l'impression de vivre avec des potes. Même s'il y a toujours cette relation, bien sûr, de parents. Mais comme avec des potes, finalement, même avec mes amis, il y a toujours eu respect dans la relation. Aujourd'hui, c'est la même chose avec mes enfants. Il y a du respect dans notre relation, mais chacun apporte sa pierre à l'édifice et chacun amène sa propre personnalité à la maison. tout le monde en profite et je trouve ça chouette de dire que ce n'est pas des relations de rapports de force ou de hiérarchie. On est quatre êtres humains qui vivons dans une même maison et on partage des aventures et des histoires et des vacances et des pleurs et des cris et voilà. Tout ce qui va avec, mais de manière égale.
- Speaker #0
Très bien. En tout cas, merci beaucoup pour ton beau témoignage. Effectivement, de vivre ensemble, ce n'est pas toujours simple. Ça, ça prend. d'où les podcasts que je fais parce que même que ce soit ses enfants son compagnon n'importe qui, c'est pas toujours facile de vivre sous le même toit et c'est un challenge quotidien et c'est des apprentissages et c'est des outils qu'on va chercher donc ça s'apprend et je trouve très joli en fait en tout cas le retour que tu as fait sur cette belle relation qui s'est installée petit à petit qui est derrière, il y a eu du travail il y a eu des fois des prises de recul des fois des faux pas comme tu dis mais ça fait partie du... Du chemin de tout un chacun.
- Speaker #1
Oui, on n'est pas parfaits. Par contre, tes outils, je pense qu'ils ont été clairement un pilier dans la relation que j'ai aujourd'hui avec mes enfants parce que je pense que sans ces informations-là, ça se serait passé complètement différemment. Donc, merci à toi.
- Speaker #0
C'est vraiment mon objectif de pouvoir ouvrir des consciences, de pouvoir expliquer des choses pour justement amener ces réflexions parce qu'on reste professionnels. pour moi, on reste professionnels de son histoire, mais qu'en face de soi, il y a des personnes qui peuvent ouvrir des idées, ouvrir des visions. C'est du moins ce que j'essaye de faire un maximum à travers ce podcast, à travers mes conférences, qui d'ailleurs, j'en profite pour vous annoncer qu'à partir de l'automne, je vais justement refaire des conférences sur les adolescents, parce que c'est quelque chose qui me tient à cœur et que ça fait un petit moment que je n'en ai plus fait. Donc, pour être sûre de ne pas manquer l'information, Abonnez-vous sur ce podcast ou suivez-moi sur les réseaux sociaux et c'est de cette manière que vous serez au courant des prochains podcasts qui vont sortir mais aussi du coup des conférences qui vont arriver dans le courant de la deuxième partie de l'année. Donc si cet épisode vous a touché, pensez à la personne à qui il pourrait faire du bien et partagez-le. Mon intention avec ce podcast est de semer des graines, d'ouvrir des réflexions et de créer du lien entre vous et moi, mais surtout entre vous et les personnes que vous aimez. Car derrière chacune de nos histoires se cachent des doutes à apaiser, des blessures à soigner et surtout des pistes pour construire ensemble des relations que nous désirons vraiment. Le chemin vers des liens plus harmonieux commence par moi, commence par vous et par nous. Alors ensemble, créons des relations qui nous conviennent. Je vous accompagne pour cela et je vous dis à très vite !