Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Autour de soi, le podcast qui explore les liens du coeur. Je m'appelle Sabrina Marty et je vais vous accompagner à améliorer vos relations pour tisser des liens de qualité. Dans ce podcast, je m'adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent tisser, réparer ou simplement mieux comprendre les liens du coeur. Ces liens nous construisent et nous font grandir, mais ils peuvent aussi nous blesser, nous faire douter, même nous égarer. Et pourtant, il reste au cœur de nos vies. Que vous soyez parents, beaux-parents, en couple ou en solo, en famille recomposée ou non, ou simplement en quête de sens et de connexion dans les relations, cet espace est le vôtre. Rejoignez-moi pour ne pas vous perdre dans les tumultes du quotidien. Parce que derrière chaque lien, il y a une histoire et derrière chaque histoire, une possibilité de transformation. Donc, A vous de jouer ! Pourquoi ce sujet est important pour moi ? Parce que je trouve qu'on a vraiment ces croyances qui sont inconscientes et qui compliquent énormément la vie, qui rendent aussi beaucoup de culpabilité et qui met cette grosse pression dans le quotidien de parents. Donc aujourd'hui, je vais vous aborder, comprendre comment le rôle de parent a évolué depuis toutes ces années, déconstruire ensemble quelques idées reçues Et puis, partager aussi des conseils et ouvrir un questionnement autour de son rôle de parent et comment je le vois dans mon quotidien. Donc déjà, qu'est-ce qui s'est passé dans ce rôle de parent ? On va faire un petit retour en arrière. Donc autrefois, en fait, le rôle de parent, c'était la transmission, la survie et l'autorité. Il n'y avait pas toutes ces complexités qu'on a aujourd'hui, qu'on a envie que l'enfant soit épanoui, qu'il apprenne à gérer ses émotions, qu'on l'écoute. qu'il fasse plein d'activités extrascolaires pour son développement. Donc il y a toute une notion qui a évolué et qui rend le rôle de parent beaucoup plus complexe. Et il y a aussi une grande notion qui est arrivée depuis 1989, donc les droits de l'enfant qui sont arrivés, qui a fait un changement profond dans la manière d'aborder l'enfant. Avant on disait que c'était des mini-adultes, et puis on s'est rendu compte avec l'évolution et tout ça que non, l'enfant a des besoins qui sont très spécifiques. Et aussi que l'enfant, il a des droits, il n'a pas que des devoirs et ce n'est plus un objet. Donc il y a beaucoup de choses qui ont évolué, ce qui est très bien, mais que des fois quand on est dans un certain extrême, on vire des fois dans l'opposé et puis ça peut être compliqué. Donc je trouve intéressant, moi j'ai connu il y a plusieurs années un livre, que d'ailleurs il n'édite plus, mais je vais vous expliquer un petit peu les grandes lignes. C'est des travaux de Maurice Nanschen, psychologue valaisan, qui a développé ça et je trouvais hyper intéressant. Et moi, ça m'a beaucoup aidé aussi quand j'étais éducatrice sociale pour comprendre un petit peu où est-ce que je me situais. Lui, il fait une distinction claire entre l'axe qui est normatif, qui veut dire poser des règles, poser des limites, mettre un cadre. Et dans cet axe-là, en fait, c'est l'enfant qui est très frustré et l'adulte pas. Et l'autre opposé, en fait, c'est l'axe qui est affectif. Donc c'est beaucoup l'amour, l'écoute, le respect. Et dans cet axe-là, c'est le parent qui est frustré et l'enfant pas. Donc il faut savoir que c'est clair qu'un enfant, quand il naît, on est purement dans l'axe affectif. Et plus le temps avance, plus on développe aussi cet axe normatif. Mais avant, dans notre... Dans notre société, on était beaucoup dans l'axe normatif. En fait, l'enfant, il devait respecter les règles et il n'y avait pas de discussion. Voire même, des fois, ça pouvait aller jusqu'à des punitions, des claques et autres choses qu'on pouvait voir. Et puis, depuis les droits de l'enfant, justement, on a viré beaucoup plus dans l'axe affectif. Ce qui est un bon d'un côté, mais de l'autre, c'est qu'on a été trop dans l'autre extrême. Donc, on est beaucoup dans la bienveillance, dans le respect, dans l'écoute, ce qui est très bien. mais si on est que là-dedans ça va être compliqué à l'enfant à prendre la frustration, parce que ça va faire partie de sa vie aussi. Donc c'est vraiment l'équilibre entre les deux. On a des manières de fonctionner qui peuvent être, si je suis plutôt dans l'axe normatif, je vais être plutôt dans quelqu'un qui veut respecter les règles, qui a des fois même un peu de peine à créer du lien. Et puis si je suis dans l'axe affectif, je vais plutôt être quelqu'un qui va être très dans le lien avec mon enfant, qui va être dans l'écoute et tout ça, mais des fois ça peut faire... que l'enfant ne me respecte pas forcément. Donc c'est vraiment un équilibre entre les deux à adopter en fonction de l'âge de l'enfant et aussi par rapport au couple parental ou par rapport à soi, si je suis seule à élever mon enfant par exemple. Donc c'est très bien toutes ces découvertes qu'on a fait, cette compréhension, mais je trouve que ça met des fois une pression encore supplémentaire vis-à-vis du rôle de parent. qui n'est pas forcément évident à avoir. Et puis je trouve que dans les bibliothèques, dans les librairies aujourd'hui, on a beaucoup beaucoup de livres autour de l'éducation bienveillante, l'éducation non punitive, le rôle de parent. Et puis ça met vraiment cette pression d'être le parent parfait. Alors qu'on sait très bien que ça n'existe pas, quand bien même la société pousse en fait, si je ne mets pas des règles, je ne suis pas mon parent, si je ne suis pas assez à l'écoute, je ne suis pas mon parent, si mon enfant crie dans le magasin, Et puis il y a tout le monde qui nous regarde, si je dis rien on va me critiquer, si je dis quelque chose et j'engueule mon enfant on va dire mais quand même ce pauvre gamin etc. Enfin il n'y a jamais de juste ou de faux, enfin c'est de façon faute selon les visions on va dire plutôt comme ça. Donc ces choses elles ont été vraiment intéressantes à mieux comprendre mais c'est pour ça que je pense pour moi c'est important d'aborder un petit peu justement ces idées un peu reçues qui est autour du rôle de parent à déconstruire parce qu'on peut vraiment se... se mettre dans une grosse pression et puis se pourrir un peu la vie par rapport à ce rôle-là. Donc je vais vous proposer 5 croyances fortes que j'ai pu constater dans mon accompagnement aussi avec les parents, avec mon expérience, qui fait que je retravaille pas mal aussi autour de ça pour justement bouger en fait ces perceptions. Donc la première que j'ai pu identifier c'est je dois me sacrifier pour mon enfant afin qu'il ne manque de rien. Il y a vraiment cette notion de je dois... tout faire pour lui, je dois m'adapter à tout, je dois me plier en mille pour que je réponde à tout, sauf qu'en fait le parent s'oublie complètement et moi de ce que je vois dans les suivis que j'ai, c'est des fois des parents qui sont complètement épuisés et l'enfant au final il souffre aussi énormément parce que le parent est épuisé donc il est moins patient donc il va être moins disponible aussi pour l'enfant. Il y a vraiment toute cette notion et d'ailleurs on entend de plus en plus parler du burn-out parental qui amène clairement un épuisement dans son rôle de parent. Une autre croyance en fait que j'ai pu aussi identifier, c'est je dois être disponible tout le temps et répondre à tous ses besoins. Donc oui, c'est clair que quand un bébé, il est tout petit, on va faire un maximum pour répondre à ses besoins. Après, on n'arrive pas à tout, on n'est pas tout le temps disponible. Nous, en tant qu'adultes, on a aussi des besoins. Donc c'est vraiment ce côté derrière qu'on peut entendre, c'est ce je dois être un parent parfait. Or, un enfant, avec le temps, il a aussi besoin d'apprendre à être frustré pour... son bien-être parce que dans la vie, on ne peut pas avoir toujours tout ce qu'on veut. Et dès qu'on l'apprend aussi plus jeune, ça va être plus facile à le gérer. Pour vous donner un exemple, je me rappelle quand j'étais éducatrice dans un foyer avec des ados, j'avais une jeune fille qui était vraiment hyper frustrée parce que je ne lui avais pas acheté son pantalon, sauf que cette jeune fille avait 15 ans. Et quand elle m'a fait une crise monumentale dans le magasin, ce n'est pas un enfant de 2-3 ans qui tape des pieds. Donc c'était d'une autre envergure. Donc c'est pour dire finalement que la frustration, on a besoin de la prendre en fait. Et puis ça fait partie de notre chemin aussi. Et qu'on pourra de toute façon pas te répondre à tous ces besoins. Une autre que je trouve intéressante d'abord aussi, c'est finalement je dois protéger mon enfant de tout. Alors c'est normal, on a envie de faire attention, on a envie de le préserver, d'essayer de faire un maximum pour pouvoir... L'empêcher de souffrir, sauf que je vais vous prendre une image que j'aime bien amener, qui est une métaphore du papillon qui sort de son carcan de soie. Si moi en tant qu'adulte je vois ce papillon qui en galère, qui n'arrive pas à sortir de son carcan de soie, je vais aller l'aider pour qu'il puisse s'envoler et sortir. Sauf qu'en voulant, en cassant ce carcan de soie pour l'aider à sortir, je vais l'empêcher de voler. Donc il ne va jamais pouvoir voler parce qu'en l'aidant, en fait, je l'ai empêché de développer ses dernières forces pour pouvoir déployer ses ailes et puis vivre sa vie de papillon. Donc j'aime bien prendre cette métaphore parce que je trouve que c'est très représentatif dans le rôle qu'on peut jouer en fait en tant que parent, qu'en fait les obstacles dans la vie d'un enfant, il en aura, en tant qu'adulte, on en aura. Donc c'est important pour moi d'accompagner en fait l'enfant à développer sa résilience, à développer des outils. pour pouvoir s'en sortir parce qu'on ne pourra pas le protéger de tout. Et ça permet vraiment aussi de développer la confiance en soi à l'enfant, de dire en fait je suis capable. Donc ça permet à la fois du parent d'avoir moins ce côté je dois absolument protéger, donc je dois être garant de tout, je dois anticiper tous les dangers qui n'est juste pas possible. Et l'enfant en fait il va aussi développer beaucoup plus de confiance en lui, il va développer des ressources, des compétences, etc. Donc c'est plutôt... Bon signe, mais c'est pas toujours évident à le faire en pratique. Une croyance aussi que j'ai pu relever dans des suivis, c'est mon enfant, en fait, il doit être heureux tout le temps. Cette envie, cette société qu'on entend que le bonheur, c'est important, être heureux, c'est important, alors oui, mais en fait, pour moi, C'est une manière de mentir parce que, bah oui, on aimerait bien être heureux tout le temps, mais en fait, dans la vie, c'est pas toujours comme ça. Donc on a des émotions qui sont désagréables, qui font partie de la vie, des événements qui sont pas cools des fois qu'on rencontre et qu'on apprend en fait à faire avec. Donc finalement, vouloir supprimer toutes ces émotions qui peuvent être désagréables comme la colère, la tristesse et tout ce qui peut s'en suivre, bah finalement, on va priver l'enfant de l'apprentissage, de l'apprendre en fait à gérer ces émotions qui sont pas agréables plutôt qu'on... qu'en voulant absolument les supprimer. Et comme je disais avant, on montre une image qui est complètement fausse de la vie, et puis dès qu'il va se sentir peut-être triste, peut-être en colère, il va se dire « en fait je ne suis pas normale, tout le monde autour de moi semble heureux, et c'est normal que tout le monde est heureux, puis moi si je ressens ça, je ne suis pas normale en fait » . Donc c'est vraiment de déconstruire, je trouve, cette société qu'on met beaucoup, cette image de « tout est beau, tout est parfait, tout le monde est heureux » , avec ces réseaux sociaux qui montrent beaucoup une image qui est fausse de la vie. Et la dernière que j'ai envie d'aborder, c'est que je vois des fois des personnes qui viennent me voir et qui disent « mais en fait, moi, je ne veux pas pleurer devant mon enfant, je ne veux pas être triste devant mon enfant » . Alors oui, ce n'est jamais confortable, mais en même temps, montrer ses limites et ses émotions, toujours de façon adaptée, c'est aussi offrir un modèle finalement d'authenticité et d'humanité. De voir que finalement, si je suis triste, mon enfant va voir que je fais des choses en place, que je vais pouvoir... Gérer en fait ça et que ça va et que ça fait partie de la vie, ça rejoint un petit peu ce qu'on a pu voir juste avant, mais ce côté finalement faux dans la vie. Et puis de montrer une image finalement qu'on gère tout. En fait, l'enfant quand il grandit, il va dire « En fait, si moi je ne gère pas, c'est que ce n'est pas normal. C'est qu'il y a un truc qui ne joue pas. Mais finalement, c'est mentir toute une partie de moi que je n'ai pas envie de montrer. » Pour avoir constamment cette image de parent idéal. Donc effectivement, si on prend un résumé des cinq, le parent parfait n'existe pas. Ça, je ne vous apprends rien. Mais pour moi, c'est vraiment cette idée de déconstruire ces idées, ces croyances qui peuvent vraiment nous pourrir la vie. Puis c'est pouvoir vraiment dire qu'on fait de son mieux. Ce qui est important, c'est s'ajuster, accepter de se tromper et aussi réparer. Ce n'est pas grave si des fois on explose et tout ça, ça fait partie de la vie. Mais c'est voir comment on peut réparer le lien. Comment on peut apprendre à s'engueuler sans se crier tout le mal du monde dessus ? Puis ça c'est toutes des notions qui s'apprennent avec le temps, autant dans son couple que dans sa famille, avec ses enfants ou l'extérieur. Donc c'est montrer qu'on est humain, qu'on se trompe et que ça fait partie de la vie. Donc l'élément que j'ai envie d'aborder aujourd'hui autour de ces cinq croyances qu'on a développées ensemble c'est Ce que j'amène de plus en plus dans les suivis que j'ai, c'est de pouvoir en tant que parent de se remettre aussi en priorité. Parce que l'enfant, on voit avec ce que j'ai pu aborder tout au début par rapport à cette notion de la pression au niveau de la société, de tout ce qui se met en place autour du parent, d'être le parent parfait, de pouvoir répondre à ses besoins, d'être disponible pour lui, pour faire ci, pour faire ça, etc. En fait, on peut avoir tendance à s'oublier complètement. Et moi, j'accompagne vraiment les parents. A aussi apprendre à se remettre aussi en priorité. Parce que si moi je suis bien, je vais pouvoir être disponible pour accueillir les émotions de mon enfant. Je vais pouvoir être disponible si mon enfant traverse des périodes très très difficiles. Moi je reste en fait le pilier en tant qu'adulte. Et c'est hyper important de prendre vraiment soin. Parce que c'est quelque chose que j'entends beaucoup dans le discours des parents. Que je peux avoir que mon enfant ça reste ma priorité, c'est ma priorité, je fais tout pour lui. Quitte à m'oublier. Et moi, j'ai vraiment envie de vous inviter à travers ce podcast de dire comment moi, je peux aussi en fait exister pour pouvoir prendre soin de moi, pour pouvoir remettre en fait un équilibre. Parce que finalement, même si mon enfant, je décide de le mettre en priorité, ça va créer quand même une certaine aussi fragilité dans la construction de mon enfant. S'il voit que finalement, je suis vraiment pas bien, je suis débordée, j'arrive plus, je gère plus, ça va être compliqué aussi pour lui à gérer. Donc on reste, comme je disais avant, finalement à pilier et c'est hyper important de pouvoir vraiment faire attention. Et même s'il y a des périodes de vie où c'est clair que finalement on dit ok, je mets un peu plus la priorité sur mon enfant, mais pour moi c'est important de rendre attentif que le fond, en fait, c'est important de ne pas non plus m'oublier dans cette situation. Et si on parle aussi de la notion du couple, de pouvoir aussi faire exister aussi le couple, que ce n'est pas que sur l'enfant, parce que des fois, des périodes de vie, on est très centré sur l'enfant selon les besoins qu'il a quand il est tout. petit par exemple mais de pouvoir aussi en fait mettre la priorité au niveau du couple car finalement ça va créer des tensions et les tensions par les enfants le sentir ça va le déstabiliser un peu après un cercle vicieux qui se met en place. Donc voilà un petit peu ce que j'avais envie de vous partager autour de ces idées et puis de ces retours que j'ai pu voir dans le cadre de mes suivis. Donc j'ai envie de vous partager aujourd'hui une petite question pour vous, une réflexion. Quelles sont pour vous les croyances qui vous pèsent le plus dans votre rôle de parent ? Et si vous deviez en lâcher une, laquelle choisiriez-vous ? Donc ça peut être celle que je vous ai proposée ou ça peut être... des autres, en fait, des injonctions, des idées que vous mettez en pression pour pouvoir être parfait. Donc voilà, le podcast arrive à sa fin. Donc si cet épisode vous a touché, pensez à une personne à qui il pourrait peut-être faire du bien. Une personne peut-être qui se met vraiment une grande pression vis-à-vis de son rôle et peut-être ça peut mettre un petit peu de baume au cœur. Donc partagez-le avec plaisir, ça le fait vivre et pour moi ça m'aide aussi à me faire un peu plus connaître et à transmettre un maximum de pistes. Parce que mon intention à travers ce podcast est de semer des graines, d'ouvrir des réflexions, de créer du lien entre vous et moi, mais surtout entre vous et les personnes qui vous sont chères. Car derrière chacune de nos histoires se cachent des croyances, à questionner, des doutes à apaiser et surtout des pistes pour construire ensemble des relations que nous désirons vraiment. Donc abonnez-vous à Autour de soi, le podcast qui explore les liens du cœur, pour ne rien manquer des prochains épisodes. Vous pouvez aussi me retrouver sur les réseaux sociaux sous Autour de Soi avec un O. Et si vous avez des questions, des envies de thème ou simplement l'élan de partager, écrivez-moi sur Instagram, Facebook ou directement sur AutourdeSoi.ch. Donc faisons évoluer nos liens vers plus d'harmonie. Ce chemin commence par moi, commence par vous et par nous. Alors on se met en route ? Je vous accompagne pour cela. Et je vous dis à très vite !