Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Autour de soi, le podcast qui explore les liens du cœur. Je m'appelle Sabrina Marty et je vais vous accompagner à améliorer vos relations pour tisser des liens de qualité. Dans ce podcast, je m'adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent tisser, réparer ou simplement mieux comprendre les liens du cœur. Ces liens nous construisent et nous font grandir, mais ils peuvent aussi nous blesser, nous faire douter, même nous égarer. Et pourtant, il reste au cœur de nos vies. Que vous soyez parents, beaux-parents, en couple ou en solo, en famille recomposée ou non, ou simplement en quête de sens et de connexion dans les relations, cet espace est le vôtre. Rejoignez-moi pour ne pas vous perdre dans les tumultes du quotidien. Parce que derrière chaque lien, il y a une histoire et derrière chaque histoire, une possibilité de transformation. Donc, A vous de jouer ! Il y a des relations dans lesquelles nous sommes prêts à faire énormément. Comprendre l'autre, être présent, soutenir, pardonner, donner, encore et encore s'adapter, voire même se suradapter. Et puis, presque sans nous en rendre compte, nous commençons à accepter de recevoir un petit peu et encore un petit peu. Finalement, je dis ça, c'est... quelques miettes de présence, quelques miettes d'attention, quelques miettes d'affection, d'amour, en nous disant peut-être que les choses finiront quand même par changer à un moment donné. Parce que derrière tout ça, il y a souvent quelque chose de profondément humain, c'est que nous voulons préserver le lien. Mais jusqu'où nous sommes prêts à aller pour ne pas le perdre ? C'est exactement le thème de cet épisode. Donc aujourd'hui, j'ai envie de me concentrer sur une relation. particulières, celles entre un enfant et un parent, qu'ils soient enfants, adolescents ou même déjà adultes. Ce sujet m'est venu à travers plusieurs accompagnements que j'ai, que j'ai eu et que j'ai. Les histoires, elles sont différentes, mais je trouve parfois un point commun dans certaines, c'est qu'un parent qui donne énormément, qui s'adapte, qui finit parfois par accepter des comportements Merci. inacceptables, d'irrespect, de gestes déplacés, enfin bref, des comportements qu'il n'accepterait probablement pas dans une autre relation. Et derrière ça, je trouve souvent la peur et la culpabilité. La peur que son enfant s'éloigne, la peur qu'il souffre, la peur qu'il fasse de mauvais choix, la peur qu'il nous envoie, qu'il nous envueille, et parfois, de manière plus profonde, la peur qu'il ne nous aime plus. J'ai parlé... dans le précédent podcast cette notion de culpabilité. Donc si ça vous intéresse, je vous invite à aller écouter pour aller comprendre un petit peu cette notion de culpabilité pour vous amener peut-être une autre vision. Mais aujourd'hui, j'aimerais aller un petit peu plus loin pour comprendre pourquoi dans certaines relations avec nos enfants, nous pouvons continuer à donner énormément alors que finalement nous avons le sentiment de recevoir que des miettes. Déjà, j'ai envie de vous poser la question, pourquoi est-ce qu'on accepte les miettes ? On pourrait penser de manière assez simpliste que c'est en lien avec mon estime de moi qui n'est pas très bonne. Et du coup, si j'accepte si peu, ça veut dire que je n'ai pas forcément une bonne estime, que je ne mérite pas davantage. Alors oui, à mon avis, il y a quand même un petit peu de ça. Mais dans une relation parent-enfant, pour moi, je pense que c'est un petit peu plus complexe. Parce que... Une relation parent-enfant, c'est pas n'importe quelle relation, c'est notre enfant qui dit qu'on a une responsabilité. Donc lorsqu'il est petit, il est de notre responsabilité de lui apporter ce dont il a besoin pour bien grandir, bien se développer, devenir un adulte conscient, autonome. Mais cette responsabilité peut continuer à peser lourd, même lorsque notre enfant devient ado ou jeune adulte, voire adulte. Nous pouvons alors nous sentir responsables de son bonheur, de sa réussite, de ses difficultés et même peut-être de ses choix. Lorsqu'il va mal, une petite voix peut nous demander « qu'est-ce que j'ai fait de faux pour qu'il soit là ? » « Qu'est-ce que j'ai fait de faux pour qu'il fasse ces choix-là ? » « À quel moment il y a un truc que je n'ai pas compris ou que j'ai peut-être passé à côté ? » Et là encore, ça nous renvoie à cette notion de culpabilité qui veut dire que c'est forcément... de notre faute. Alors peut-être qu'il y a une petite part qui nous appartient, mais il y a aussi la part de l'enfant, de l'ado, de sa vie et de sa responsabilité. Donc c'est une lecture qui sera intéressante des fois peut-être à revoir, parce que ça veut dire que je suis complètement responsable de ce qu'il fait, alors que ce n'est pas le cas. Alors quand on se pose cette question-là, on a envie d'aider, ce qui est normal, on a envie d'apporter son aide. Mais pour moi, il existe une frontière qui est hyper importante, qui est parfois très fine. C'est entre aider mon enfant parce qu'il en a besoin et avoir besoin de continuer à l'aider pour conserver ma place dans sa vie. Je vais répéter parce que c'est quand même hyper important et la notion elle est assez fine. C'est soit en fait est-ce que je suis en train d'aider mon enfant parce qu'il en a besoin ou parce que moi j'ai besoin de continuer à l'aider pour conserver ma place dans sa vie et continuer à me donner une tâche, une responsabilité, une importance. Parce que derrière beaucoup de gestes qui peuvent être généreux, peuvent aussi se cacher une inquiétude. Comme est-ce que si je ne fais pas tout ça pour lui, quelle place elle va me rester dans sa vie ? Quelle place je vais garder, pardon, dans sa vie ? Et quel rôle en fait je vais continuer à jouer ? Donc ça, ça pose une autre question, ça pose vraiment cette question de place. Mais ça c'est encore un autre sujet, je vous invite à aller écouter les podcasts précédents, dont un qui est trouvé sa juste place. Parce que là je vais revenir sur quelque chose d'essentiel. À mon sens, c'est qu'il y a une réflexion que Robert Neuberger, psychiatre et psychothérapeute de couple et de famille, qui a amené que je trouve hyper intéressante pour comprendre un petit peu cette dynamique. Il évoque notamment la transformation de cette notion de dette entre les générations. Pendant longtemps, dans nos représentations familiales, c'était plutôt l'enfant qui pouvait se sentir redevable envers ses parents. De lui avoir donné la vie, de le nourrir, de l'élever, de l'accompagner. Et aujourd'hui, cette dynamique, elle peut parfois s'inverser. Dans le sens où ce qui est différent d'avant, c'est que maintenant l'enfant, il est davantage désiré, pensé, il a été choisi. Sa venue, elle représente souvent un projet extrêmement important. dans la vie des parents. Et pour certains, cela peut contribuer finalement à créer un sentiment très très fort de responsabilité. J'ai voulu cet enfant, donc je dois tout faire pour qu'il soit heureux. Ou par exemple, puisque c'est moi qui ai choisi de le faire venir au monde, en fait je lui dois quelque chose. Donc c'est intéressant de voir à quel point en fait la dimension elle a complètement changé. Et je trouve intéressant en fait de questionner cette idée. Parce que oui, vouloir le bonheur de son enfant, c'est une chose, mais se sentir responsable de son bonheur et vouloir lui éviter toute difficulté, pour moi, ça, c'en est une autre. Parce que si je me sens constamment redevable envers lui, justement, pour moi, c'est ça qui devient dangereux, c'est que je peux progressivement accepter beaucoup de choses. Des choses que je ne vais pas forcément accepter avec quelqu'un d'autre. Je peux peut-être... donner de l'argent alors que finalement je n'ai pas les moyens et je vais me mettre moins en difficulté, être disponible à n'importe quel moment pour donner des coups de main, résoudre ses propres problèmes, faire à sa place, accepter qu'il me parle de manière inadéquate, irrespectueuse, voire même méchante, dire oui alors qu'au final j'ai juste envie de dire non. Et on peut arriver même à un moment donné à penser que, avec tout ce que je fais pour lui, Pourquoi en fait il me donne si peu ? Et c'est là que la relation elle peut devenir douloureuse. Et moi je vois dans les suivis que j'ai eu aussi par le passé, je trouve cette notion qui est hyper importante parce que vraiment c'est la situation qui s'est renversée où c'est l'enfant, l'enfant pardon, le parent en fait qui devient à un moment donné presque, c'est fort ce que je vais dire mais c'est volontaire, il devient presque l'esclavage. esclave en fait de la relation. Parce qu'à force de vouloir préserver le lien, en fait ils finissent par avoir tellement peur de plus justement perdre le lien qu'on devient un peu l'esclave de la relation. Et je trouve que c'est hyper important en fait cette notion pour moi je trouve de l'esclave de la relation parce que derrière ce mot esclave c'est finalement qu'on n'est plus complètement libre. Donc ça veut dire que je continue à donner, à rendre service, être disponible, à m'adapter. Non plus parce que... J'en ai vraiment envie, mais plus parce que j'ai peur de ce qui pourrait se passer si j'arrêtais. Et c'est là en fait qu'il y a un repère qui est important. Parce que dans une relation équilibrée, je dois pouvoir aimer et rester libre de dire non. Dire non, ça ne veut pas dire que j'abandonne mon enfant. Je peux lui dire non, là en ce moment je ne suis pas disponible. Ça, je te laisse gérer parce que tu as les capacités de gérer. Ou encore, je comprends vraiment que tu sois en colère, que tu n'es pas d'accord avec mon choix, mais ma réponse elle reste quand même non. Et c'est parfois justement finalement ce que l'enfant a besoin. Parce qu'en voulant constamment éviter sa frustration, réparer ses difficultés, nous pouvons involontairement finalement lui faire croire que tout lui est dû, que quelqu'un sera toujours là pour résoudre ses problèmes ou que les limites disparaissent lorsque j'insiste suffisamment. Et bien sûr, c'est important d'adapter à chaque âge et à... pardon. C'est important d'adapter la manière d'être avec en fonction de l'âge et de ses capacités, évidemment. Mais c'est plus de se rendre compte que progressivement, en fait, c'est important de pouvoir gentiment poser un nom et une limite. Parce qu'en étant adulte, l'enfant, il ne pourra plus entendre le nom. Il va exploser. Je me rappelle des situations où des jeunes ados, quand je travaillais au foyer, où les noms, en fait, ça les mettait dans des situations hors d'elles, en fait. parce que justement, c'était compliqué d'entendre le nom, d'être frustré parce que jusqu'à maintenant, ils ont eu beaucoup, beaucoup de oui. Et du coup, ça devient plus problématique en étant adulte ou jeune adulte ou adolescent. Donc pour moi, cette notion de nom, elle est essentielle en fait de pouvoir... Comment je vais dire ça ? Pour moi, le nom, c'est une manière aussi de préserver le lien parce que je ne suis pas l'esclave à pouvoir accepter n'importe quoi. J'ai aussi quelqu'un qui demande du respect. Et j'aimerais justement amener cette nuance qui est importante parce qu'il serait facile de dire, oui mais finalement, nos enfants ils profitent de nous. C'est pas du tout ce que je veux dire. Pour moi en fait, la relation c'est une dynamique. C'est vraiment comme dans d'autres épisodes que j'ai parlé, c'est un peu une danse. Si moi je tire d'un côté, l'autre personne va peut-être tirer. C'est quelque chose qui s'est installé. Mais lorsque je fais par exemple constamment à la place de mon enfant, lorsque je le protège systématiquement des conséquences de ses choix, je peux aussi, sans le vouloir, l'empêcher de prendre pleinement sa responsabilité. Donc plus je prends en charge, moins il a besoin de le faire. Plus je résous ses problèmes, moins il peut expérimenter finalement sa propre capacité à les résoudre. Et en plus, je lui évite l'inconfort, peut-être le sentiment justement qu'il a dépassé les limites. Et en fait, je l'aide. pas du tout à traverser ça et du coup, il ne peut pas en fait apprendre certaines notions du vivre ensemble finalement. Parce que c'est aussi ça de dire finalement il y a des choses que je ne peux pas faire parce que ça dépasse certaines limites. Ça permet d'apprendre le respect de soi, ça permet d'apprendre le respect de l'autre. Alors sortir de cette dynamique, c'est pas quelque chose que je fais uniquement pour moi, c'est aussi une manière de redonner Merci. à mon enfant la possibilité de devenir acteur de sa propre vie et du coup de développer aussi sa confiance en lui parce qu'il voit qu'il arrive à résoudre un problème ça va le booster, ça va lui faire du bien ça va développer sa confiance donc c'est important que tout le monde est gagnant dans cette histoire et c'est peut-être aussi ça le rôle de parent notre rôle de parent, être là soutenir, accompagner tout en permettant Merci. progressivement à notre enfant de découvrir qu'il peut avancer sans que nous avancions à sa place. Donc pour conclure, arrêter d'accepter des miettes, ça ne veut pas dire ne plus aimer. Ça ne veut pas non plus dire être froid, distant, égoïste, abandonné. Lorsque notre enfant, il traverse une difficulté, lorsque notre ado, notre jeune adulte, ça signifie peut-être être à côté de lui. Pas vouloir porter sa responsabilité, mais de l'accompagner. Et c'est important parce que ça signifie peut-être apprendre deux choses. À différencier, pardon, deux choses. C'est donner parce que j'aime et donner parce que j'ai peur de ne plus être aimée. C'est pas tout à fait la même chose. Donc de l'extérieur, on peut dire que les gestes, ça peut être similaire. Mais intérieurement, ce n'est pas du tout la même chose. Donc c'est important de différencier ça pour pouvoir être libre de ses choix et pas se retrouver, comme j'ai dit dans quelques minutes avant, ne pas se retrouver esclave finalement de la relation. Alors, comme à mon habitude, j'aimerais vous laisser avec une question. Dans ma relation avec mon enfant, qu'est-ce que je continue peut-être à accepter ou à faire par peur de perdre le lien ? Il ne s'agit pas de vous juger parce qu'on fait tous du mieux qu'on peut. Si aujourd'hui vous vous êtes retrouvés dans cette dimension que j'ai expliquée, ce n'est pas grave. C'est simplement d'observer, de se rendre compte. pour pouvoir apprendre à faire différemment. Parce que derrière des fonctionnements peut-être que vous avez, il y a des blessures, il y a des peurs, il y a des souffrances qui datent sans doute pas d'aujourd'hui et vous avez fait du mieux que vous avez pu. C'est vraiment l'intention que j'ai envie de mettre dans ces épisodes. On fait tous du mieux qu'on peut. Ce n'est pas grave de s'être trompé de chemin. Ce qui est important, c'est de pouvoir se rendre compte et d'apprendre à faire différemment. Parce que ce n'est pas parce que je suis le parent que je dois Tout accepter et poser une limite n'est pas nécessairement le mettre en danger. Cela peut être une manière de le rendre plus juste, plus respectueux et plus adulte. Donc pour moi, c'est ce que j'avais envie de consacrer en fait dans cet épisode, de vraiment pouvoir apprendre à poser des limites et de pouvoir comprendre en fait qu'est-ce qui est important dans la relation pour ne pas accepter des miettes parce que plus on accepte des miettes, plus en fait on devient esclave de la relation et c'est ça qui devient à mon sens dangereux. Et si cet épisode a résonné en vous et que vous ressentez le besoin d'être accompagné, je serai heureuse de pouvoir marcher un bout de chemin à vos côtés. Vous pouvez donc me retrouver sur les réseaux sociaux sous Autour de Soi avec un O ou sur mon site internet autourdesoi.ch Et si vous avez envie de me rencontrer, je serai également présente au salon de la parentalité qui aura lieu à Comté en Valais le 21 et 22 novembre prochains. Pour moi, ce sera l'occasion d'échanger avec vous de vive voix, de vous rencontrer et de pouvoir peut-être échanger sur ce que vous avez besoin pour la suite de mes épisodes. Si vous pensez que cet épisode pourrait faire du bien à quelqu'un de votre entourage, de vos amis, de votre famille, d'un parent à qui vous pensez que ça pourrait vraiment lui faire du bien, n'hésitez pas à le partager. Vous pouvez également lui attribuer quelques étoiles sur votre plateforme préférée. C'est un petit geste qui m'aide énormément à faire connaître ce podcast. De mon côté, je vous retrouve dans deux semaines pour un nouvel épisode. D'ici là, prenez soin de vous, prenez soin du jardin de vos relations parce qu'aimer son enfant... Ce n'est pas tout accepter, c'est aussi savoir lui dire non avec respect et bienveillance pour lui permettre de devenir pleinement acteur de sa vie. Et cela ne fait pas de vous un mauvais parent.