- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental. Je suis Kevin Rich, cofondateur de KERN, K-A-I-R-N, une application mobile qui démocratise l'accès au coaching mental d'élite. Chaque semaine, je partage des conseils pratiques, des interviews d'experts, ainsi que des témoignages inspirants d'entrepreneurs, de sportifs et d'artistes. Mon objectif est de vous aider à développer votre mental pour performer en toute sérénité, que ce soit dans votre vie professionnelle ou extra-professionnelle. Je vous souhaite une excellente écoute.
- Speaker #1
Salut Geoffrey, comment vas-tu ? Salut Kevin, ça va bien, merci.
- Speaker #0
Très cool que tu viennes sur Objectif Mental, on peut s'en enregistrer à Strasbourg. C'est assez rare pour le souligner.
- Speaker #1
Merci en tout cas pour l'invitation, ça fait plaisir et c'est bien, on se voit un peu dans ma région.
- Speaker #0
C'est clair. Ecoute Geoffrey, tu es ultra trailer, tu as écrit un livre qui s'appelle Les couleurs de l'ombre, je vais tout de suite le présenter à l'audience. qui raconte en fait l'histoire d'une personne qui s'appelle Chevalier mais en fait c'est toi c'est ton histoire derrière donc tu vas aussi nous raconter pourquoi tu t'es mis au trail qu'est-ce que tu cherches dans cette discipline qui est quand même particulière et qui mentalement est exigeante c'est aussi un sujet qu'on va explorer est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
du coup je m'appelle Geoffrey j'ai 33 ans ça fait 5 ans que je fais du trail Merci. Comme tout le monde, j'ai démarré avec des petites sorties pour maintenant finir sur des ultras. Dans la vie, je suis réceptionniste dans un hôtel. J'ai changé, ça fait maintenant deux ans que j'ai changé de métier. Avant, j'étais plus parti restauration. Maintenant, ça me laisse un peu plus de temps pour justement aller courir et puis vadrouiller un peu à droite à gauche, que ce soit en France ou en Europe.
- Speaker #0
Tu travailles de jour ?
- Speaker #1
Je travaille principalement du matin. Ce qui fait qu'à 15h, j'ai fini ma journée. Ça me laisse une bonne partie encore de l'après-midi et de la soirée pour aller courir.
- Speaker #0
Tu cours tous les jours ?
- Speaker #1
Non, je cours à peu près 3-4 fois par semaine.
- Speaker #0
Ce qui est déjà beaucoup.
- Speaker #1
Ce qui est déjà pas mal. Après, c'est surtout les week-ends où je vais faire deux sorties le samedi, dimanche, des fois même encore le vendredi soir. Là, maintenant, je varie un peu plus avec du vélo aussi.
- Speaker #0
Tu fais un peu de cross-training, comment on appelle ça ? Voilà,
- Speaker #1
histoire de ne pas faire que courir, de préserver aussi les articulations. Tu fais un peu de renforcement aussi à côté. J'ai deux séances de renforcement par semaine.
- Speaker #0
Ok. Alors, tu dis que tu as commencé il y a cinq ans. Pourquoi tu t'es mis au trail ? Alors, j'avais lu que tu avais commencé par faire trois kilomètres.
- Speaker #1
Ça.
- Speaker #0
Mais déjà, comment tu t'es mis à la course ? Pourquoi tu t'es mis sur le trail ? En fait,
- Speaker #1
à un moment, on était à table sur un repas de famille. Et puis, j'avais trop mangé. je me suis dit bah tiens euh Pourquoi ne pas aller courir ? Histoire de digérer un petit peu. Et puis, je suis allé faire 3 kilomètres. En fait, ça s'est bien passé. Et je me suis dit, pourquoi pas continuer ? Donc, tu commences à faire 3 kilomètres. Et puis, après, tu enchaînes sur 4, 5. Tu as les courbatures qui arrivent. Tu te dis, bon, c'est un petit peu... Tu ralentis. Il ne faut pas faire plus que 4, 5 kilomètres. Parce que pour l'instant, ton corps, il n'accepte pas. Et puis, au fur et à mesure, tu prends ce truc-là, tu vas sur Internet, tu regardes s'il y a des courses. Puis, c'était justement le plein boom du trail il y a cinq ans. Ça a vraiment bien démarré. Je me suis inscrit sur une course. Je me suis dit, tiens, dans trois mois, tu vas faire neuf kilomètres.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et du coup, je suis arrivé. C'est une course du côté de Barre où, justement, je suis allé faire ces neuf kilomètres. Et franchement, je pense que je l'ai vraiment bien vécu. Et ça s'est super bien passé. À l'arrivée, je me suis dit, je vois mon classement, je me suis dit, au final, je ne suis pas allé pour faire une performance. Le but, c'était de faire neuf. Et puis, du coup, je suis resté regarder les autres arrivées parce que tu avais du 15 km et du 25. Je voyais les gens du 25 arriver et je me disais, mais c'est des fous, ils font pas bien les neufs. Moi, je me fais neuf, ça me suffit. Et puis, au fur et à mesure, après, tu as fait neuf, tu te dis, tiens, maintenant, je vais m'inscrire sur une course de 11, par exemple. Ensuite, 11, tu fais 14, et ainsi de suite. Tu rencontres des gens sur les courses. Après, quand tu rencontres ces gens-là, tu commences à courir avec d'autres personnes. Ceux-ci emmènent ceux-là. Tu fais 11, après tu passes à 20, et ainsi de suite. Tu finis à 130, 150. Tu finis à 140, 200.
- Speaker #0
Tu faisais du sport quand tu étais petit déjà ?
- Speaker #1
Quand j'étais petit, je faisais du judo. J'ai fait 15 ans de judo. Là, j'avais arrêté le judo à cause d'une blessure au genou. Et puis après, avec les études en restauration, le métier, enfin... T'as plus le temps d'aller aux compétitions, les entraînements c'est compliqué parce que c'est les soirs tu travailles, les week-ends tu travailles, donc c'était un peu compliqué, donc j'avais complètement arrêté.
- Speaker #0
Ok, mais c'est marrant parce que la course est quand même très différente du judo pour le coup, mais là tu fais un accéléré, t'as augmenté progressivement les distances, mais dès que t'as commencé le trail, est-ce que l'ultra ça a toujours été un objectif au final ?
- Speaker #1
Alors au début absolument pas, je savais pas du tout que j'allais faire des ultras. En fait, tu découvres au fur et à mesure. Tu fais des rencontres où justement les personnes, ils vont te pousser à aller au-delà de ce que tu as prévu. Moi, par exemple, au début, je faisais des sorties de 15 kilomètres. Ça restait une grosse sortie pour moi. C'était une bonne sortie. Et en fait, j'ai rencontré des personnes qui m'ont dit « Tiens, tu as fait 15, maintenant on va aller un peu plus loin. » Et c'est des personnes qui font des 100, 150. qui me disait, tiens, ce week-end, on va faire 30 kilomètres. J'ai dit, allez faire 30, ça s'est bien passé. Après, on me dit, si tu sais faire 30, tu sais faire 40. Si tu sais faire 40, tu sais faire 50. Donc, j'ai fait mon premier 50. Je l'ai mal vécu, on va dire, mon premier 50. C'était où ? C'était le trail du Pays Valche. En fait, tu ne sais pas où tu vas. Ton corps, tu ne le connais pas. Ton mental, tu ne sais pas ce qu'il va te dire. Tu ne sais pas comment ça va se passer. Mais tu as ce côté-là où tu es rassuré parce que tu es avec quelqu'un qui a déjà vécu ça et qui va te donner son expérience. Donc, tu sais en fait, tu fais confiance.
- Speaker #0
Oui, tu sais ça, tu te fais confiance.
- Speaker #1
Et du coup, j'en ai fait un premier. Et puis après, je me suis dit, tiens, j'ai fait un 50. Maintenant, je peux me lancer sur un 80, par exemple. Et là, en fait, la personne qui a déjà fait ça, elle te dit, non, tu as fait un 50, tu ne vas pas faire un 80. Tu vas trop vite, tu franchis trop vite. Maintenant, tu restes sur un an, tu fais des 50, tu en fais 2-3 dans l'année, histoire de voir comment ça se passe. Et après, tu verras.
- Speaker #0
C'est intéressant, tu vois, parce que là, avec Insta et tout, on banalise aussi les ultras. Parce qu'on est quand même vachement... On est ciblé, en fait. Moi, je suis plein de comptes de course et tout. Et en fait, tu vois toutes les performances. Par exemple, tes chéris de light, Aurélien Dinan-Palaz, qui fait, je ne suis pas premier, sur le Trattrail, la Réunion et tout. Et t'as l'impression que ces perfs-là sont communes, mais déjà juste se dire faire la distance, c'est déjà fou. Et en fait, 50, ça reste quand même 50 kilomètres. Il y a aussi le marathon de Paris.
- Speaker #1
T'as déjà ça. Les personnes vont dire, je vais aller faire un marathon. C'est comme s'ils allaient faire des courses. Et en fait, un marathon, je le vois là maintenant de l'avoir vécu le marathon à Paris. T'as 60 000 personnes qui partent. Mais quand tu passes la barre du 30e kilomètre, ou en règle générale, c'est là où t'as le mur, Tu commences à voir sur les côtés les gens qui ne sont pas bien. C'est là que tu te dis, tu n'étais peut-être pas assez préparé. On l'a banalisé. Tu l'as banalisé et ça reste 42 kilomètres. Il faut quand même les faire.
- Speaker #0
Sur le trail, je trouve qu'il y a vachement ça aussi. On parle beaucoup de l'ultra. Il y a en fait les distances en dessous, même 20, 25, 30. C'est intéressant que tu dises que la personne qui t'a accompagné... Tu as été dit à un moment, tu n'es pas tout de suite prêt pour faire tes 80.
- Speaker #1
C'est ça en fait que je retiens. C'est bien en fait quand tu démarres, quand tu cours et tu connais des personnes qui courent. Parce que quand tu suis vraiment les personnes sur les réseaux sociaux, il y en a beaucoup qui ont fait cette remarque-là les derniers temps, même que ce soit à Paris ou autre, qu'il y a beaucoup de gens qui se lancent des objectifs et qui se lancent sans être prêts. Et tu as beaucoup de gens sur Instagram qui vont dire, moi je suis allé faire Paris sans prépa. quelqu'un qui vient de démarrer la course à pied va se dire il l'a fait, pourquoi je ne le ferais pas ? Et en fait, c'est comme ça que tu te blesses. Et justement, ce n'est pas la solution.
- Speaker #0
On a peut-être oublié un peu le temps long dans ces objectifs. Toi, tu l'as dit. Tu as mis combien de temps pour faire ton premier ultra ? Deux ans. Je suis allé assez vite.
- Speaker #1
Je me suis oublié les allos.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
Il ne faut pas l'oublier. Quand j'ai commencé, tout au début, je suis passé de... De 11, j'ai fait 16. Ça s'est bien passé. Je me suis dit, maintenant que j'ai fait 16, trois semaines après, je me suis lancé sur A24.
- Speaker #0
Trois semaines après. Je l'ai fini.
- Speaker #1
Mais après, je suis redescendu. Je l'ai terminé. Je n'étais pas bien. Une journée, une fois que la course était finie, je n'étais vraiment pas bien. Et je me suis dit, maintenant, c'est que tu es allé trop vite. Redescend, reste sur 15-16 kilomètres. Là, tu étais bien. Et on réessayera un peu plus tard. On verra comment ça se passe.
- Speaker #0
Mais tu ne t'es pas dit dans 6 mois tout de suite
- Speaker #1
Non après je suis vraiment resté sur la fin de l'année Je suis resté sur ces distances là Et après j'irai essayer de faire 20-25 Mais pas sur une course De me dire je vais faire ça en rando trail En sortie En partie longue, dès que ça monte tu marches Quand ça descend tu trottines doucement Quand c'est plat tu trottines Et de voir comment ton corps, apprendre à connaître ton corps Parce que ton corps c'est des tulidements D'un effort quand même conséquent Et tu ne sais pas comment il va réagir à une copine. et maintenant Au fur et à mesure des années, tu ne vas pas dire que tu connais ton corps par cœur, mais tu as un petit truc au ventre, tu sais que tu vas éviter ça, que tu ne vas pas manger ça, que tu vas manger ça, que ça va passer mieux. C'est l'expérience.
- Speaker #0
Alors la différence, quelle est la plus difficile entre écrire un livre et courir un ultra ?
- Speaker #1
Écrire un livre, c'est quand même assez compliqué parce que tu pars de plein de choses, tu as envie de parler de plein de choses, mais tu ne sais pas dans quel ordre les mettre. Et sans que ça soit trop personnel et de donner envie aux personnes de se lancer dans la course à pied. Là, j'ai eu pas mal de retours sur le livre que les personnes ont bien aimé le fait que je ne sois pas trop personnel dessus. Et que ça donne envie de se lancer dedans. Des personnes qui ont à peine démarré la course à pied et qui l'ont acheté. Et qui maintenant se lancent dans le trail parce qu'ils voulaient vraiment faire de la route. Et au final, maintenant, c'est du trail.
- Speaker #0
C'est chouette, tu as une source d'inspiration. Mais comment le projet est venu ?
- Speaker #1
Le projet, en fait, ce n'était pas du tout prévu. J'ai reçu, c'est l'éditeur d'Hashbook qui m'a lancé un petit challenge. Il m'a dit, est-ce que ça te dirait d'écrire un livre ? Moi, au début, je me suis dit, moi, écrire un livre, ouais, sur quoi ? Je ne sais plus. Il m'a dit, mais sur ton histoire. Alors du coup, déjà, il fallait trouver un titre. Et donc, de but en blanc, il m'a demandé un titre. Donc, moi, c'est les couleurs de l'ombre qui sont tout de suite arrivées. En fait, ce que je voulais vraiment retranscrire à partir de ce livre, c'est tout ce qu'on ne voit pas, la face cachée du trail. Parce qu'on se dit, c'est bien, je vais courir 20, 25, 100 kilomètres. Mais tu ne sais pas tout ce qu'il y a derrière, entre l'entraînement, la nutrition, l'équipement, là où tu vas aller courir, comment tu t'organises pour faire tes sorties, tes plannings d'entraînement, les personnes qui vont te suivre derrière. C'est plein de choses que tu ne te rends pas compte au début. Je veux vraiment montrer ce côté-là.
- Speaker #0
Est-ce que tu parles aussi des moments difficiles ?
- Speaker #1
Alors, dedans, j'ai parlé des moments difficiles. Alors, quand j'ai certaines courses que j'ai arrêtées, parce que ça n'allait pas, que ce soit mentalement ou physiquement, il y a des fois, tu as des moments où tu n'es pas dedans et tu sais déjà que tu pars et ce n'est pas la peine. Ça, ça arrive. Après, les moments difficiles, c'est ma blessure sur une des grosses étapes qu'on a faites. sur une étape, ce n'était pas une course officielle, je me suis blessé sur la troisième étape, donc c'était de Cernay, on faisait Cernay-Andelot, en non officiel, on avait fait trois étapes de 50.
- Speaker #0
Trois étapes de 50 ?
- Speaker #1
Trois étapes de 50, et la troisième étape de 50, en fait, je me suis fait mal au genou, et il me restait encore 40 kilomètres à faire, et 40 kilomètres quand t'as mal quelque part, ça devient compliqué.
- Speaker #0
Tu l'as fini,
- Speaker #1
finalement ? On l'a terminé, on était à deux, on a terminé ensemble, ça s'est bien passé.
- Speaker #0
Tu l'as fait au mental, là, du coup ? Là,
- Speaker #1
c'était vraiment le côté mental. En fait, on discutait d'autres choses pour justement ne pas penser à cette douleur-là. Et du coup, tu te mets un peu dans ta bulle de parler de choses qui te font plaisir et du coup, tu oublies complètement cette douleur.
- Speaker #0
Ok, c'est ce qu'on appelle une distraction dirigée. En gros, tu t'emmènes ton cerveau ailleurs pour essayer de te faire oublier. Mais ça marche pendant 40 kilomètres, c'est encore ?
- Speaker #1
Alors ça, ça marche pendant 40 kilomètres. Et après, ça marche aussi quand tu fais du long, quand tu fais un micro. Moi, je marche comme ça, en fait. J'ai souvent, justement, quand ça ne va pas, j'essaie de penser à des choses qui me font plaisir.
- Speaker #0
À quoi, par exemple ?
- Speaker #1
Je pense à ma famille, je pense à ma copine. Après, je pense à ce que j'aime bien manger. Et du coup, des fois, tu as des hallucinations. Ton cerveau, il t'envoie ailleurs. Tu rêves d'une pizza et puis tu commences à regarder les arbres et tu vois des pizzas dans les arbres. Et ça, c'est vrai, du coup, parce que je l'avais bien entendu. C'est vraiment...
- Speaker #0
Tu l'as vécu, ça.
- Speaker #1
Moi, je l'ai vécu.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
C'est particulier. Tu te dis, mais je rêve.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois vraiment les pizzas dans les arbres ?
- Speaker #1
Tu vois vraiment une pizza dans les arbres et tu as vraiment envie de manger une pizza. C'est dingue. Ce que je fais sur des grandes courses, j'essaie de marcher un peu à la récompense. Quand tu connais le profil de ta course, tu sais que tu vas avoir une grosse montée. Je me dis, j'ai toujours des trucs qui me font plaisir à manger. J'emmène toujours des petits trucs que j'aime bien.
- Speaker #0
Des paires de pizzas ?
- Speaker #1
C'est compliqué, ça m'est déjà arrivé d'emmener des œufs, des pommes de terre.
- Speaker #0
C'est vrai ? Ouais. Ah, tu te fais un brunch quoi.
- Speaker #1
Tu fais des petits trucs, tu vois, ou alors des M&M's, des caramboles. Ouais, des trucs un peu sympas qui te... Qui te redonnent un peu le sourire. De toute façon, le cerveau marche à la récompense. C'est ça. En fait, tu dis quand t'arrives en haut du sommet, quand je suis en haut, tiens, je vais manger ça, c'est ma petite récompense. Et puis du coup, tu te prends deux petites secondes histoire de profiter de la vie aussi. quand il fait nuit c'est un peu plus compliqué mais Dans la journée, tu profites un peu de la vue, une ou deux petites photos. Tu fais quelques photos, tu manges et puis après, tu attaques la descente tranquillement. Et puis là, tu as eu ta petite récompense. Et après, tu sais qu'en bas, tu arrives, tu as le ravitaillement. Et puis là, tu peux remanger.
- Speaker #0
Donc de bien découper ta course en fonction de ses récompenses.
- Speaker #1
Sur les longs, je pense que tout le monde dira ça. Il ne faut pas regarder ta course, il ne faut pas dire je pars sur 175 km. Il faut que tu te dises je pars sur une portion de 25, j'ai fini. Et ainsi de suite. Tu découvres vraiment ta course. Et rien que ça mentalement, c'est 90% du travail.
- Speaker #0
On le dit sur Marathon aussi, qui est du coup une discote. Une distance beaucoup plus courte, mais sur le trajet, je pense que c'est encore... Je fais une pause de 30 secondes pour te parler de Kern, notre application mobile de coaching mental. On l'a créée avec Camille Crozet, psychologue et préparatrice mentale d'athlètes de haut niveau. Et notre but est de t'aider à ne plus te laisser parasiter par le stress, le doute, la pression, dans les moments qui comptent. Dans cette app, tu vas trouver des exercices concrets, des vidéos, des audios et même un coach IA pour t'aider à renforcer ton mental et avancer vers tes objectifs. Moi perso, je l'utilise pour la course à pied, pour le trail et même dans ma vie professionnelle. L'application est disponible sur l'App Store et Google Play Store. Le lien est dans la description. Profites-en parce qu'il y a une période d'essai gratuite, donc n'hésite pas à la tester. Allez, on retourne à notre épisode.
- Speaker #1
Donc tu découpes encore plus...
- Speaker #0
Tu places ta famille aussi sur le parcours ?
- Speaker #1
Alors quand ma copine peut venir me suivre, elle me suit avec des amis, ils me suivent sur le parcours. Donc je sais que tel et tel ravitaillement, ils vont y être. Quand je quitte le ravitaillement, elle sait déjà normalement en combien de temps je vais arriver au prochain. Donc quand elle peut le faire, elle le fait. Par exemple la nuit, je ne lui demande pas forcément d'être là. Moi j'adore la nuit, donc la nuit j'avance le plus que je peux parce que c'est vraiment la portion que j'aime bien. Mais la journée où les ravitaillements, tu as beaucoup de temps, où tu sais que tu vas passer par exemple 15-20 minutes, tu te dis, là c'est bien justement, tu as quelqu'un qui va te changer les idées, tu vas parler. Pendant tout le temps où tu n'as croisé personne. Toi, tu vas parler dans ta tête, tu vas te faire une discussion. Tu vas te dire, tiens, qu'est-ce que j'ai fait là ? Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Ça va être quoi ma prochaine course ? Qu'est-ce que je fais là ? Tu te fais un discours dans ta tête.
- Speaker #0
Tu te parles à toi-même.
- Speaker #1
En fait, ça t'aide à ne pas penser... Quand tu descends, ça va. Mais quand tu montes, des fois, t'as des montées qui sont raides, donc tu vas marcher. Et puis là, c'est long. Faut pas penser à ta petite douleur ici. Du coup, tu penses à autre chose.
- Speaker #0
Pour... Pour revenir au livre, tu as mis combien de temps pour l'écrire ? J'ai envie d'explorer un peu ce process parce que ce n'est pas forcément commun qu'un ultra-trailer écrive un bouquin.
- Speaker #1
J'ai mis trois mois pour écrire ce livre. C'est quand même assez rapide parce que j'avais une deadline, il fallait qu'il soit sorti, il devait être envoyé au mois de février. Je devais l'avoir fini au mois d'octobre. Je l'ai terminé mi-octobre, il était fini. C'était un peu compliqué.
- Speaker #0
Tu as eu des moments difficiles, de doutes ? Tu t'es dit, je ne vais jamais le finir.
- Speaker #1
Pour le livre, je me suis dit clairement, je ne sais pas ce que je vais raconter. Parce que tu as plein de choses, mais tu ne sais pas comment tu vas développer tout ça. Après, il faut que tu mettes des images, mais sans que ce soit trop personnel. Il faut que tu arrives à intégrer ces images-là qui vont avec le texte. C'est compliqué.
- Speaker #0
Tu rentres dans un autre...
- Speaker #1
C'est quelque chose que tu ne maîtrises pas. Ce n'est pas facile. C'est tout un art en fait. Et tu te dis, les écrivains, franchement, chapeau.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Mais du coup, le personnage s'appelle Chevalier, c'est un de tes surnoms ?
- Speaker #1
C'est un de mes surnoms. J'ai fait maintenant plusieurs fois l'ultra-trial des Chevaliers. On m'a appelé comme ça.
- Speaker #0
Et en fait, c'est quand même ton histoire à travers ça. Ce n'est pas vraiment de la fiction.
- Speaker #1
Non, c'est vraiment mon histoire pour le coup.
- Speaker #0
Quelle était la course la plus difficile pour toi de tout ce que tu as fait ? Parce qu'on parlait en off du Marathon des Sables par exemple, mais est-ce que c'était celle-là ou est-ce que c'était une autre ?
- Speaker #1
Alors le Marathon des Sables, je pense que... Alors techniquement, ce n'était peut-être pas forcément le plus difficile, mais mentalement et physiquement, c'était quand même assez compliqué.
- Speaker #0
Tu peux juste nous rappeler ce que c'est comme course, parce que je dis Marathon des Sables comme si tout le monde le connaissait.
- Speaker #1
Donc en fait, Marathon des Sables, tu as plusieurs courses qui existent. Moi, j'avais fait l'Atlantic Coast, donc c'était début janvier. C'est trois distances, tu fais 100 kilomètres. En fait, tu as trois étapes, avec une étape de repos au milieu. Donc tu faisais 27 le premier jour, 55 le deuxième et 29 le dernier jour. Et du coup, en fait, tu pars en totale autonomie. L'organisation te ravitaille en eau au ravitaillement, mais c'est tout. Tu pars avec ta nourriture pour 4 jours, tu pars avec ton matelas, ton sac de couchage, tes habits pour te changer, tu pars vraiment avec tout, ta trousse de secours. C'est vraiment une fois qui pèse son poids. Le problème, c'est que c'est quelque chose que je n'ai jamais fait. Il y a des choses que tu vas emmener qui ne sont pas forcément nécessaires. Il y a déjà du poids qui est inutile. Et puis tu... Tu discutes avec des gens qui ont déjà fait cette course-là. Et en fait, tu te rends compte que ton sac, en fait, tu le divises par deux. Vraiment, il y en a, ils avaient des sacs qui faisaient 5-6 kilos au moment où ils faisaient 8 kilos.
- Speaker #0
Ah ouais, non mais oui, oui. En plus, là, tu peux... Ça reste une course quand même, donc il faut...
- Speaker #1
Ça reste une course, tu peux courir. Je suis parti sur cette course-là, je ne savais pas comment mon genou allait réagir. Ça faisait six mois que je n'avais pas fait spécialement de grosses sorties ou autre. Donc c'était un peu... En plus, avec le terrain mou, le genou, ce n'est pas du tout ce qu'il aime. Donc le renfort, j'avais vraiment misé le renfort sur les appuis des genoux pour voir comment ça tenait. Ça tenait bien, donc j'étais bien prêt pour ça. Et du coup, tu n'as pas de confort en fait sur ton camp. Tu as ton petit matelas gonflable. Ouais, c'est bien. Mais au bout d'un moment, tu dors à gauche, tu dors à droite, tu tournes dans tous les sens. Tu as les autres personnes autour qui vont se lever, qui font du bruit. Après, dans le désert, tu as les chiens sauvages qui vont... qui vont faire du bruit. Donc, en fait, tu dors, mais sans vraiment dormir.
- Speaker #0
Est-ce que ce n'est pas mieux, finalement, de ne pas continuer à courir comme les super classiques ? Tu ne vas pas t'arrêter,
- Speaker #1
quoi. Tu te dis, c'est 100 kilomètres en soi. Tu l'as déjà fait, tu peux le faire. Après, dans le désert, c'est différent parce que la nuit, la température, elle descend vraiment basse. Il faisait vraiment froid la nuit.
- Speaker #0
Il y a une amplitude énorme entre la nuit et le jour. La nuit et le jour,
- Speaker #1
c'est énorme. La journée, tu as chaud. Le soir, tu as... t'es content d'être dans ton tête de couche.
- Speaker #0
Tu m'étonnes.
- Speaker #1
Mais c'est fatigant au niveau du sommeil. En trois nuits, j'ai dû dormir peut-être quatre heures.
- Speaker #0
Et pas quatre bonnes heures. Et pas quatre bonnes heures. Je te demandais si c'était une des plus dures. Est-ce que c'est le cas ou c'était une autre ?
- Speaker #1
Physiquement, c'était une des plus dures.
- Speaker #0
Tu en as d'autres, d'autres exemples où tu as eu des ressorts mentaux qui t'ont aidé à pousser un peu ?
- Speaker #1
J'ai fait l'ultra-strike du Jura. Je l'ai fait avec un copain justement, c'était son premier 180. Moi j'en avais déjà fait un donc je l'accompagnais. Et il y a des moments où tu n'es pas... Moi je sais en fait à quel moment je ne vais pas être bien. Je sais par exemple au kilomètre 50, je sais que j'ai un coup de barre. Et en fait, quand tu as un coup de barre, moi, il faut que je me mette dans ma bulle. Donc, je me suis mis dans ma bulle. J'ai dit écoute, avance, on se rejoint en haut. Moi, il faut que je fasse le vide. Et en fait, je m'endormais et je marchais en dormant. Et on est arrivé en même temps. On est arrivé en même temps en haut. Et ça, c'est arrivé plusieurs fois. Donc, au kilomètre 50, au 75. Et après, passer le 105. Et il me dit, mais je ne sais pas comment tu fais, mais c'est un truc de dingue.
- Speaker #0
Et alors, tu somnoles vraiment quand tu cours ? Ah oui,
- Speaker #1
je marche en dormant et après, je me repose. Et après, ça va mieux. En fait, tu trompes ton cerveau en le faisant croire que tu dors.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et en fait, ça t'aide. Après, il y a les micro-sciences aussi que j'aime bien faire. C'est que tu vas dormir 5-10 minutes, juste histoire que ton cerveau se dise, tiens, j'ai dormi. Maintenant c'est bon, t'es reparti pour la journée.
- Speaker #0
Est-ce que tu dors sur le côté du chemin ?
- Speaker #1
J'essaie de trouver un endroit un peu sympa. Dans l'idéal, c'est quand le coup de barre arrive, t'attends pas trop. Après ça devient un peu dangereux parce que si tu commences à dormir, tu te prends un rocher, tu tombes, c'est pas le bon plan. Mais en règle générale, c'est quand le jour va vraiment se lever. Vers 5-6h du matin, là t'as le coup de barre qui arrive. Et là je sais que si je dors 5-10 minutes, c'est bénéfique pour toute la journée. que si je peux arriver à passer ce cap là et pas dormir, je vais le payer dans la journée.
- Speaker #0
Tu te connais maintenant.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais tu n'es jamais parti pour plus ? Tu te dis, allez, je me pose un peu et au final, tu travailles une heure après.
- Speaker #1
Ça m'est déjà arrivé. Et en fait, du coup, tu ne t'arrêtes pas, tu continues. Et en fait, une heure après, ton coup de barre, il revient, mais il revient deux fois pire. Et là, c'est compliqué parce que tu as déjà passé ce premier cap. Et ton corps sait que tu es fatigué, tu as besoin de dormir. Et en fait, 10 minutes, ça ne suffit pas. Tu vas te réveiller, tu es dans les choux et ce n'est pas la peine.
- Speaker #0
Tu fais de la préparation mentale pour tes courses ? Pas forcément avec quelqu'un, mais tu vois...
- Speaker #1
J'ai déjà songé en faire. Je me suis dit que ça pourrait être pas mal pour justement les longs. Et justement, j'ai quelqu'un qui m'a proposé de faire ça. Et on a dit qu'on n'allait pas tarder à en reparler.
- Speaker #0
Donc ça risque de se faire. Et pour quelle raison ? Parce que ça t'intéressait par curiosité ? Ou parce qu'il y a des moments où tu te dis, ça pourrait vraiment m'aider ?
- Speaker #1
Je sais que j'ai un bon mental du fait que j'ai fait du joli depuis que je suis tout petit. Et ça, ça aide pas mal au mental. Et je me dis, ça pourrait peut-être donner des leviers supplémentaires pour des longs. Quitte à faire des fois peut-être plus que 200, j'en sais rien. Je vais peut-être une fois mille ans. Ça existe ? Ça existe, il y a des courses de 400, 450, 800. Oui, j'ai vu des courses de 400, 450, 800.
- Speaker #0
Il y a un truc dans le Yukon, avec Mathieu Blanchard,
- Speaker #1
j'ai vu qu'il avait fait un truc 400-500. C'est des aventures, c'est même plus des courses en fait. C'est un truc où tu pars une semaine, c'est une aventure, c'est une vraie aventure, c'est un truc que tu dépasses. Tu ne sais pas comment ton corps arrive à réagir à des distances comme ça.
- Speaker #0
Toi tu te vois faire un moment, c'est plus que des aventures justement, pas forcément plus de courses, mais faire que des trucs, des projets. Un peu comme ce que tu as fait dans les Vosges finalement, mais ailleurs dans le monde.
- Speaker #1
En fait, c'est quelque chose que j'aimerais bien. Après, le problème, c'est que ça demande du temps.
- Speaker #0
Et de l'argent.
- Speaker #1
De l'argent. Il faut être dispo. Et puis là, on te dit la semaine prochaine, tu pars dans les Pyrénées, tu fais la traversée des Pyrénées en unofficiel, comme ça, pour le plaisir. Moi, je signe tout de suite. C'est un budget, il faut que tu puisses te libérer du boulot aussi. Ce n'est pas facile.
- Speaker #0
C'est clair. Oui, tu as la famille aussi.
- Speaker #1
La famille aussi, il y a quand même quelques contraintes.
- Speaker #0
Oui, complètement. Comment tu vois, toi, l'explosion du trail ces derniers temps ?
- Speaker #1
Je pense que...
- Speaker #0
On en parlait en off aussi, mais que tu vois, les courses, elles sont prises dans le l'air.
- Speaker #1
Parce que tu as les réseaux sociaux qui ont vraiment fait beaucoup là-dessus. Donc, le problème, c'est que les courses, ils vont... À peine une course est finie, là, ce matin, j'ai lu un... J'ai lu un post sur un des groupes du Marathon des Sables. Il y a le Marathon des Sables Légendary, il s'est fini la semaine dernière. C'était où ça ? C'était au Sahara. Il y a déjà quelqu'un qui demande quand est-ce que l'ouverture du 2027, il se fait. Il vient de se finir, il va déjà s'inscrire et ça va s'ouvrir la semaine prochaine.
- Speaker #0
Et ça sera recomplé la semaine dernière ?
- Speaker #1
Ça va nous être complet, mais c'est des courses, tu ne peux pas te... Dans un an, tu te dis, tiens, je vais aller faire, j'en sais rien moi, une course en Italie. Je vais faire un ultra en Italie. Moi, je sais que j'ai envie d'y aller. J'ai déjà discuté avec l'organisation. Normalement, je vais y aller. Mais tu ne sais pas dans un an où tu vas être. C'est clair. Si ça se trouve, trois mois avant, tu vas dire, finalement, je ne peux pas venir. Donc, c'est un peu compliqué.
- Speaker #0
Tu as le même phénomène sur les marathons. Pareil, quand je regarde les courses sur route. Enfin, je fais les deux, mais quand même plus de route. Et route, c'est pareil. Tu dois prendre... ton dossard un an à l'avance.
- Speaker #1
Le problème, c'est que tu prends un an avant, tu dois réserver le logement limite en même temps, parce que si tu ne le prends pas et que c'est une grosse course, tu n'as pas de logement ou alors ça va raster, c'est pas la peine. Ça devient vraiment dur.
- Speaker #0
C'est quoi tes prochains projets de course ? Justement, planifier un an, c'est quoi l'idée ?
- Speaker #1
L'année qui vient ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Dans trois semaines, je vais faire l'ultra trail des Chevaliers en Alsace. Là, c'est 156 kilomètres.
- Speaker #0
Ça, c'est ta course. Ça,
- Speaker #1
c'est la course. C'est la troisième fois que je vais le faire sur la quatrième édition. Après, ça reste une course locale. C'est pour ça que je la fais. Sinon, j'aurais fait le tour. Mais là, comme ça reste à domicile, c'est l'occasion de te faire une longue distance ici sans forcément avoir trop de frais de déplacement. Oui,
- Speaker #0
c'est clair. Ça, c'est important. Ça,
- Speaker #1
c'est plutôt cool. Après, mon prochain objectif, c'est au mois d'août. Je vais faire 100 kilomètres en Suisse, le Suisse sol, pour accompagner ma copine sur son premier sang. J'aime bien accompagner les gens sur leur objectif.
- Speaker #0
Tu aimes bien transmettre aussi, parce qu'on t'a aidé et toi aussi.
- Speaker #1
En fait, ce que je me dis, c'est qu'on m'a transmis ce goût du long et cette expérience-là. Et je me dis, tu l'as vécu, essaye de le transmettre aux autres et justement, ça va leur donner envie. Et c'est comme ça que j'accompagne des gens des fois sur leur objectif.
- Speaker #0
C'est trop bien. Quand tu lances dans une course, tu as des objectifs de performance ? Tu vois ce que je veux dire ? De dire il faut que j'arrive dans le top 100, dans le top 50 ?
- Speaker #1
Alors non, absolument pas. J'ai vraiment pas envie de me prendre la tête avec ça. C'est plus je le fais pour le plaisir. L'objectif, voilà, ce sont les premiers, c'est un autre monde. Moi j'abandonne cette histoire là, je veux vraiment prendre du plaisir en courant. Quand t'es sur une course et discuter avec des gens, t'es sur des ultras, les gens ils discutent, c'est pas comme un marathon où t'as un ultra, ils te parlent pas. Là t'es sur un ultra, tu dépasses quelqu'un, t'arrives par exemple dans les 40 ou 50 derniers camps, t'as les courages, ça va, il va te dire bah non ça va pas, j'ai mal ci, j'ai mal ça. Si t'as ce qu'il faut pour lui donner ou si t'as l'expérience de lui dire bah essaie peut-être de faire ça. Après ça m'est déjà arrivé de dire je reste avec toi, on va le finir ensemble. C'est des trucs que je n'ai pas de... Si maintenant il y a par exemple une courte où je me dis je veux le faire en 30 heures, ok je vais y aller parce que je veux le faire en 30 heures. Mais autrement, non, c'est vraiment de prendre du plaisir de faire vivre la course de l'intérieur. Des choses que tu ne te rends pas compte que tu sois spectateur ou que tu sois organisateur de course, tu ne sais pas. Tu t'organises ta course mais tu ne sais pas comment ça se passe dedans. Après, c'est des choses que tu peux remonter à l'organisation, de dire, tiens, là, par exemple, le ravitaillement là, je t'aurais mis ça comme ça aujourd'hui. On pourrait rajouter des choses comme ça. C'est déjà arrivé sur des courses qu'on dise ça ne va pas, essaye peut-être de faire ça. C'est un petit conseil. Et après, ils essayent et ça fonctionne. Mais quand tu es organisateur, si tu ne fais pas ta course, tu ne peux pas forcément le savoir.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est clair. Il faut les retours des participants. Donc toi, c'est plus le plaisir que tu recherches. Est-ce que tu cherches autre chose dans cette discipline ? Parce que si on prend des personnes extérieures qui ne font pas d'ultra ou de trail de toute façon, elles peuvent se dire qu'elles sont complètement fous. de faire ça, c'est inconscient, tu cherches là-dedans, tu as cette souffrance. Ça,
- Speaker #1
en fait, on me le dit, je pense, par semaine, je pense bien 5-6 fois par semaine que je suis fou. Après, voilà, tu prends goût, moi, je suis quelqu'un, j'ai toujours envie d'aller plus loin. Donc, à un moment, tant que je n'ai pas trouvé ma limite, je vais la chercher. Quand tu la trouves, c'est stop. J'ai pas envie de me priver dans mon quotidien. Il y en a qui se mettent un régime strict, régime alimentaire. Moi, je veux pas. Dans la vie, j'ai envie de profiter. Je vais pas aller boire des coups tous les soirs. J'ai envie d'aller boire une bière, je vais boire une bière. Je vais pas m'interdire. Là, j'ai un ultra dans trois semaines. Interdiction de boire une bière. Je bois ma bière, c'est pas ça qui m'empêche de courir. Donc, j'ai envie de prendre du plaisir. En fait, les ultras, ça me permet de découvrir des régions, de découvrir des coins. Je suis parti en Slovénie il y a trois ans. J'ai découvert un ultra là-bas, franchement, une organisation top du top, des paysages qui étaient magnifiques.
- Speaker #0
La Slovénie, c'est magnifique.
- Speaker #1
Franchement, c'est un pays que je ne connaissais pas du tout. Ils ont des paysages, ça s'appelle la Vipava Valley. C'est une vallée vraiment sauvage. Et tu as de l'eau, c'est de l'eau turquoise. Ils te font passer dans des endroits... Tu ne pourrais même pas faire ça en France. On est passé dans une grotte, un panneau dans la forêt avec marqué un métévode frontal. Tu te dis, mais pourquoi il fait jour ? Tu arrives dans une grotte, ils te font monter une corde sur 100 mètres. Tu montes une corde dans une grotte et tu ressors en haut, au sommet de la montagne. Des trucs que tu ne peux pas faire en France. C'est des trucs, c'est magique.
- Speaker #0
C'est déjà une aventure en tant que telle.
- Speaker #1
Tu vis ça et c'est de vivre ces trucs-là que tu te dis, tout seul, je ne serais pas allé là-bas. tu peux pas tout connaître, c'est pas possible.
- Speaker #0
Donc toi en fait ce que tu cherches c'est le fait de progresser, d'aller chercher toujours un peu plus, et de vivre des moments humains, des aventures quoi.
- Speaker #1
C'est ça, et de découvrir, de transmettre, de rencontrer des gens.
- Speaker #0
T'es dans un club ?
- Speaker #1
Ah non, je suis pas de club.
- Speaker #0
Non, ok. Mais tu fais des groupes tout seul ?
- Speaker #1
Voilà, tu connais des gens du coin, et puis du coup tu cours pas forcément tout seul, après moi je cours beaucoup avec ma copine, celui à qui j'ai commencé à courir, on court toujours ensemble, Donc... On est toujours un petit groupe, donc ça, c'est sympa.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu conseillerais pour progresser, que ce soit physiquement ou mentalement ? Alors, déjà, s'y mettre, on va faire ça en étapes. Si on a envie de se mettre au trail demain, parce qu'on a envie de respirer, d'aller en nature, etc., qu'est-ce que tu conseillerais pour commencer ? Et ensuite, pour progresser physiquement et mentalement ?
- Speaker #1
Pour commencer, déjà, c'est de ne pas forcément franchir les étapes trop vite. Dans un premier temps, tu commences à faire un petit peu du rando trail. C'est surtout ce qui va être marché quand ça monte. Dès que c'est plat et que ça descend, tu trottines. C'est déjà d'augmenter un petit peu tes distances sur ça. Après, c'est de commencer. Tu fais 2, 3, 5 kilomètres, de voir comment ton corps réagit, et de faire ça 2-3 fois par semaine, et de te laisser ce rythme-là sur 2 ou 3 semaines. Au fur et à mesure, c'est d'augmenter tes distances. Mais à côté de ça, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est de faire tout ce qui va être renforcement musculaire à côté. Parce que justement, c'est vraiment important. Et qu'on a souvent tendance à l'oublier un petit peu. Moi, pendant 2-3 ans, je n'en ai pas fait du tout.
- Speaker #0
C'est souvent la bête noire des coureurs.
- Speaker #1
C'est la bête noire. Tu te dis, je perds du temps à faire ci, à faire ça. En fait, ce temps-là que tu perds, entre guillemets, c'est du temps gagné. Parce que justement, tu vas renforcer tes muscles, tu vas renforcer tes articulations. Et tu vas éviter justement ces blessures qu'il y en a beaucoup quand tu entends ou tu vois sur les groupes de coureurs. Je revends tous mes dossards, je suis blessé pour 6 mois. Il y en a de plus en plus. Le problème, c'est que comme tu es obligé d'acheter tous tes dossards en avance, tu es bloqué. Tu as acheté tous tes dossards, mais toi, tu te blesses entre-temps. C'est bête parce que tu as tendance à en réserver trop d'avance.
- Speaker #0
Il vaut mieux perdre du temps à faire du renfort pour être sûr de pouvoir...
- Speaker #1
Justement, te tordre une cheville, ça ne t'y peut rien. Tu pars courir.
- Speaker #0
Ça y paraît. Je connais aussi un ultra-trailer qui me disait... De toute façon, tu te fais forcément une fille à un moment.
- Speaker #1
C'est le moment où tu ne t'y attends pas et ça tombe en règle générale quand il ne faut pas.
- Speaker #0
Oui, ok. Et donc, je suis coupé. Ensuite, progressivité, est-ce que tu aurais d'autres... d'autres conseils ? Est-ce qu'il faut s'inscrire à une course ou pas la première année ?
- Speaker #1
Ce qui peut être bien sur la première année, c'est de t'inscrire sur une course. Pas forcément sur le maximum que t'es fait, mais te dire, par exemple, je vais faire un 7-8 km, parce que ça, ça se développe beaucoup en ce moment.
- Speaker #0
Ça existe ?
- Speaker #1
Oui, t'as des courses de moins de 10. Les enfants, ça existe. T'en as pas beaucoup non plus, mais t'as des 7, des 10, des 11. T'as des distances qui sont un peu plus abordables quand tu démarres. Et justement, ça te permet de te repousser un petit peu. Et après, tu as des courses où les barrières horaires sont quand même assez larges. Donc, ce qui est bien aussi, c'est d'être bénévole sur des courses. Parce que quand tu es bénévole, si tu fais serre-fil sur une course, justement, tu vas tomber par exemple sur un 10, 12 kilomètres et tu vas te retrouver avec des personnes, ça va être leur premier 10 ou 12 kilomètres. Et toi, tu es là, tu sais comment réagir et tout. Et du coup, tu restes avec eux. Et puis tu discutes avec ces personnes-là, et tu vois derrière, il y a une histoire de dingue. C'est arrivé sur des courses où j'étais bénévole, et franchement, tu te dis, franchement, chapeau.
- Speaker #0
C'est vrai ? Tu as un exemple ?
- Speaker #1
Là, j'en ai même deux. Sur une des dernières courses où j'étais bénévole, on est parti, au bout de 3 kilomètres, il y a une fille qui a fait un malaise. Elle est tombée, mais elle était devant nous, et puis net, tombée. On est resté pendant une heure avec elle, le temps que les secours arrivent, parce que c'était un endroit qui n'était pas forcément accessible. Ils sont arrivés, ils l'ont pris en charge. Nous, on a dû courir hyper vite pour arriver à rattraper l'avant-dernier. Et puis là, on a discuté justement avec cette personne-là, qui faisait son premier... c'était son premier 18, je crois. Parce qu'en fait, t'avais plusieurs distances. Et nous, on avait rattrapé les serfiles de l'autre... de la place la plus longue, et on avait fini justement avec. Et la personne, elle nous raconte que c'était une ancienne obèse qui avait perdu du poids et son objectif, c'était de faire 18 kilomètres. Donc on l'a suivie et puis on a passé cette ligne avec elle. En fait, on s'est tous tenus dans les bras pour passer la ligne, on l'a boostée pour passer la ligne. Et en fait, quand on est arrivé, elle nous a dit merci, franchement, merci d'avoir été là. Et là, tu te dis, justement, d'être bénévole, ce n'est pas que ça. Justement, c'est d'aider les personnes, de les soutenir et ça les booste.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
Et quand on est arrivé, le premier truc qu'on a fait, c'est qu'on est allé voir les secours pour prendre des nouvelles de la personne qui avait fait son malaise. Tout allait bien. Deux ou trois jours après, on lui a envoyé un message sur les réseaux. On avait récupéré son nom et on a pris des nouvelles pour voir comment ça allait. Elle nous a remercié d'avoir été là.
- Speaker #0
Trop bien. Et elle, il y avait un vrai challenge qu'elle a réussi ? Et aussi avec vous. C'est ça. C'est beau à partager aussi, ces moments-là. Et OK, on parlait de progressivité. Il y a des petites courses. Être bénévole, je ne l'avais jamais entendu. C'est une bonne idée aussi.
- Speaker #1
En fait, c'est bien parce que tu cours. On ne peut pas te dire, je vais faire une course. Tu entends souvent sur les courses, les coureurs qui râlent. Ouais, les bénévoles, ils ne savent pas ci, ils ne savent pas ça. C'est le. Tu te rendras compte que déjà, c'est des gens qui donnent du temps gratuitement parce que tu es bénévole, tu n'es pas payé, rien du tout. Et c'est une sacrée organisation. Quand tu vois des courses, il y avait justement ce week-end, il y avait une course dans le trail du Virzel à Villers, où il y avait des bénévoles qui étaient à 1,80 qui fait toute la nuit. Les bénévoles, ils sont là entre la nuit et la pleine nuit. Ils sont là dans la forêt, ils sont là en train de te motiver. Ils ne sont pas allés se coucher pour être là, pour que tu puisses manger, pour que tu puisses avancer. Et tu as une organisation derrière. Il faut organiser. Ce n'est pas donné à tout le monde. Tu as des gens derrière qui font des plannings pour qu'il y ait à chaque fois quelqu'un à ces endroits-là.
- Speaker #0
Pour que ça fonctionne.
- Speaker #1
Et que ça fonctionne. Moi, j'aime bien parce que justement, tu vois aussi la courte, mais de l'autre côté. Donc, quand tu arrives sur une course, que tu es en train de courir et que tu vois des bénévoles, tu comprends et tu es là et tu les remercies. En fait, quand tu pars du ravitaillement, tu dis merci, bon courage, bonne journée. Et généralement, les bénévoles, tu vas les recroiser sur d'autres ravitaillements.
- Speaker #0
Moi, je suis d'accord. Il faut vraiment les remercier parce que j'avais fait l'été dernier la Pyramenta. Et je m'étais fait cette réflexion. Je me disais, en fait, eux, ils sont là. Toute la journée derrière leur ravitaux, c'est long. Ils sont toute la journée.
- Speaker #1
Et ils ont la pêche. En plus, ils ne s'en sont pas. Quand j'étais au Marathon des Sables, c'était les mêmes bénévoles. Ils se répartissaient les ravitaillements. Mais par exemple, celui que tu croisais au premier ravitaillement, tu le croisais au dernier. Et il y a des moments où tu te retrouvais... Tu n'as rien. Dans le désert, il y a une pauvre tante avec un quad, t'as de la musique, tu les vois, ils sont en train de danser, ils jouent des miles de partout. Toi, t'es là, t'es pas bien, et puis ils te remettent la patate et après t'es reparti. Et ça, c'est tout bénef.
- Speaker #0
Sur le marathon des sables, justement, t'as eu des moments, même plus globalement, sur toutes les courses, est-ce qu'il y a des courses où tu t'es dit, je vais arrêter là, j'abandonne ?
- Speaker #1
Alors ouais, ça m'arrive. Il y a régulièrement où tu te dis... Qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi je m'en suis-je ? Je pourrais être chez moi, assis sur le canapé. Et puis là, tu es en train de te faire mal. En fait, tu te fais mal, mais tu es content, tu es fier de ce que tu fais. Et tu te dis, je vais aller plus loin, je vais pousser ce que je peux faire.
- Speaker #0
Et t'as déjà abandonné une course ?
- Speaker #1
Oui, j'ai déjà abandonné. J'en ai parlé dans le livre, j'ai abandonné deux courses. Une principalement où j'avais vraiment mal à mon genou et en fait il n'a pas du tout tenu. C'était en 30 kilomètres et j'avais l'habitude de la distance.
- Speaker #0
Mais il y avait
- Speaker #1
2500 dénivelés et mon genou il n'a pas aimé. Dans la descente en fait, je me suis flingué le genou complètement.
- Speaker #0
Tu étais comment mentalement quand c'est arrivé et ensuite après la course ?
- Speaker #1
Quand c'est arrivé, tu te dis... T'as ce côté-là, tu dis j'ai flingué toute ma course, c'est pas la peine. Je ne vais pas continuer parce que derrière, t'as ta saison qui continue, t'as d'autres courses de prévues. Tu dis je pourrais aller au bout, mais si c'est pour aller au bout et me laisser encore plus, c'est pas la peine. Mais le truc, c'est que j'avais deux dossards sur cette course-là. J'en avais une le samedi, j'en avais une le dimanche.
- Speaker #0
Ah ok, tu voulais faire deux courses.
- Speaker #1
Ouais, je faisais une 35 et le lendemain, je faisais un 20 avec 1 500. Mais le lendemain, j'ai pris le départ du 20.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je suis allé voir le médecin la semaine d'après pour dire que j'avais mal à mon genou et qu'il fallait qu'on trouve une solution. Je lui ai dit que le lendemain, on pouvait partir sur un 20. Il m'a dit que j'étais complètement fou.
- Speaker #0
On va lui dire un autre mot. Le 30, tu as super mal. Le lendemain,
- Speaker #1
tu es venu ici, tu as fait le déplacement jusqu'à là. Tu ne vas pas t'arrêter sur deux courses, ce n'est pas possible. Tu prends le 20, tu fais le 20 et au pire, tu le fais en marchant. La barrière est large. Au final, on l'a fait en 4 heures. 4h30, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que tu n'aurais pas dû le faire ?
- Speaker #1
Derrière, j'ai pu continuer ma saison.
- Speaker #0
Donc ça allait.
- Speaker #1
Donc ça allait. Mais je ne suis pas allé au-delà de la douleur. Je savais que ma douleur était là et je n'ai pas forcé plus que ça. Quand ça faisait vraiment mal, je ralentissais ou je m'arrêtais. Après, je repartais.
- Speaker #0
Mais tu avais vraiment très très mal quand même ?
- Speaker #1
Sur le 30, j'avais vraiment mal.
- Speaker #0
Ok. Tu disais quoi à ce moment-là ? J'ai envie de comprendre ce qui se passe dans ta tête.
- Speaker #1
Quand tu arrives au ravitaillement où tu te dis que tu peux arrêter, dans ta tête, tu as un gros blanc. Tu te dis, est-ce que je m'arrête ? Et tout ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, je l'ai fait pour rien. Puis après, tu te dis, tu as quand même fait 16 kilomètres, tu as profité quand même. En fait, tu as deux côtés. Tu as vraiment ces deux côtés-là.
- Speaker #0
Toi, tu as plutôt pris la partie de continuer ?
- Speaker #1
Moi, j'ai pris la partie justement de continuer où tu te dis, c'est dommage, tu ne vas pas t'arrêter là, tout gâcher parce que tu as mal. Tu sais que tu as mal, mais c'est un peu bête à dire.
- Speaker #0
Non, mais je comprends. Après, il y en a plein qui s'arrêteraient, tu vois aussi, je pense. OK, et donc là, tu as fait le marathon de Paris. Toi, la route, plus jamais ?
- Speaker #1
Alors, la route...
- Speaker #0
Est-ce que tu as trouvé un marathon plus difficile qu'un trail ?
- Speaker #1
Plus difficile, non. Mais après, le problème du marathon, c'est que tu as beaucoup d'appuis qui sont les mêmes.
- Speaker #0
C'est que ça, en fait.
- Speaker #1
Tu dois tout le temps être constant au niveau de ta vitesse. Et il y a des moments où tu vas avoir mal au coin de riz. Et tu te dis, en trail, j'ai un peu mal, je vais marcher. En marathon, tu marches, ta course, elle est morte. Donc tu continues et tu passes cette étape-là de la douleur et tu penses à autre chose. Justement, c'est de penser à des choses qui te font plaisir et de te dire, allez, il te reste 12 kilomètres, tu as passé le mur et tu en restes 12 et puis c'est fini. Tu dis 12, allez, dans une heure, une heure et quart, c'est plié, tu arrêtes, les douleurs sont parties, c'est fini. C'est vrai. Mais contrairement au trail, c'est...
- Speaker #0
Je trouve la répétition, t'as raison, c'est vrai.
- Speaker #1
La répétition des appuis qui est compliquée.
- Speaker #0
Et la forme, les paysages changent parce que dans la ville ça change évidemment, mais en trail t'as aussi ce truc je trouve de paysage.
- Speaker #1
Tu changes, Paris par exemple, tu vois la tour Eiffel, tu vois des beaux monuments, après t'es le long des quais, c'est beau aussi, mais en fait tu vas voir de la ville, de la ville, de la ville, des bâtiments, des bâtiments. En montagne tu vas voir de la montagne, mais tu vas voir un paysage. Tu vas changer de versant, ça va être complètement différent.
- Speaker #0
Tu vas être en forêt.
- Speaker #1
Tu vas passer un village, ça change tout le temps.
- Speaker #0
C'est plus varié.
- Speaker #1
Tu t'ennuies moins, mais le temps passe plus vite. Il passe plus vite, mais tu avances moins vite.
- Speaker #0
Je vois très bien, parce que ton cerveau est stimulé différemment. D'ailleurs, quand tu as dit à ce fameux repas de famille où tu avais trop mangé, tu t'es dit que tu allais courir. Tu as tout de suite fait du trail en fait ? Ou tu étais quoi sur route ? Non,
- Speaker #1
j'ai commencé à courir. J'habitais dans un petit village derrière, il y avait des champs. Je courais sur les chemins de terre derrière.
- Speaker #0
Mais t'avais jamais de macadam en fait ?
- Speaker #1
Au début, c'était vraiment ce côté-là, chemin de terre. Je courais dessus et puis après, j'ai démarré. J'ai tout de suite démarré le trail.
- Speaker #0
Donc, tu n'as jamais été coureur en fait de route ?
- Speaker #1
Macadam, j'en fais de temps en temps. Par exemple, niveau planning, tu n'as pas forcément le temps. Il y a juste une petite heure, tu te dis, tiens, je vais faire une sortie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Juste histoire de tourner un peu les jambes, mais autrement c'est principalement de la montagne.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et sur les prochaines courses, tu en as d'autres à l'étranger, tu l'as vu ? Tu as l'Italie, tu me disais ?
- Speaker #1
L'année prochaine, normalement, ce sera en Italie. C'est où ? C'est à Monterossa. Ah oui,
- Speaker #0
elle est connue. Ah trop bien. Et ça c'est quel format ? C'est 130 ?
- Speaker #1
C'est un 121. Avec, je crois, il y a 4000. Ah bon.
- Speaker #0
Pas mal, pas mal. Moi,
- Speaker #1
je n'ai pas d'objectif l'année prochaine. Pour l'instant, le planning est encore vide.
- Speaker #0
Tu me disais que tu n'avais pas fait une pause, mais c'était un peu plus light. Oui,
- Speaker #1
j'ai fait light. Cette année, par exemple, j'ai quatre de soeurs. J'ai encore le Jura où je retourne encore une fois cette année. L'organisation m'a invité chez eux. Je vais faire la seule distance que je n'ai pas encore fait chez eux. J'ai déjà fait le 180, j'ai déjà fait le 185. Du coup, je vais faire le 100. Et là, du coup, le sang, ce sera la fin du 180. C'est le sang. Je connais les chemins. Donc, ça va le faire.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que dans une carrière, enfin, je ne sais pas si c'est une carrière, mais en tout cas, sur tout le moment où tu fais du trail, il faut que tu aies des moments de pause pour ne pas en avoir marre à un moment ?
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas forcément il faut que tu aies des moments de pause. Il y a des moments où il faut que tu prennes... Il faut que tu te dises, je vais mettre un petit peu en stand-by. La vie est longue. Et courir, tu ne feras pas ça forcément toute ta vie. Tu vois, maintenant, il y a de plus en plus des gens qui ont 50, 60, 70 ans qui font du trail. Et tu te dis, quand tu discutes avec certains, des fois sur des courses, ils te disent, ça fait 40 ans que je cours. Je dis, mais 40 ans, ça fait plus longtemps que moi, j'ai 33 ans. Ça fait 40 ans que tu cours, j'étais même pas né, tu commençais déjà à courir. Et en fait, tu discutes avec eux et ils te disent, je ne fais pas que courir tout le temps. Il faut varier, il faut prendre des pauses. Il faut aussi des fois prendre des vacances et pas forcément prendre des vacances pour aller faire des trails. C'est savoir un peu couper. Parce que sinon, si tu ne fais que ça, tu te fatigues. Et là, je me suis rendu compte sur les derniers temps. Il y a deux ans, j'avais fait une grosse, grosse année où j'avais enchaîné 7 ultras dans l'année.
- Speaker #0
Wow, ok.
- Speaker #1
Plus toutes les sorties à côté, tu vois. J'étais à quasiment 150 000 de dénivelé sur l'année. Donc tu te dis, c'est beaucoup.
- Speaker #0
150 000 de dénivelé dans l'année ?
- Speaker #1
Sur l'année, oui.
- Speaker #0
Il faut qu'on se rende compte quand même.
- Speaker #1
Donc ça fait beaucoup. Et tu te dis, en fait, ton corps, il encaisse, Et au bout d'un moment, avant de partir sur une sortie, tu te dis, je suis déjà fatigué. Donc là, il faut savoir, en fait, ce qui est important, c'est d'écouter ton corps et de dire, je ne vais peut-être pas y aller. Ou je vais peut-être faire autre chose. Tiens, à la place d'aller courir, je vais aller faire du vélo. où je vais faire une séance de renfou histoire de soulager un peu le corps. Et c'est vraiment comme ça. Et là, je me rends compte maintenant, ça fait un an depuis que j'ai un peu changé cette manière-là, tu es moins fatigué, mentalement tu es mieux aussi, tu es moins vite énervé, moins vite fatigué, même au quotidien, dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Il y a des moments où ça prenait trop de place dans ta vie, le trail ? Tu vois ce que je veux dire ? En ce sens où tu penses plus qu'à ça, tu désocialises des gens qui ne font pas de cette pratique-là.
- Speaker #1
En fait, c'est ça. Ta vie, après, elle tourne autour du trail. Ça rentre un peu comme une drogue où tu vas courir 5-6 fois par semaine. Tu vas à chaque fois courir avec des gens ou alors des fois tout seul. Mais en fait, tu crées un cercle d'amis qui ne fait que courir. Du coup, il y en a un qui va dire « Tiens, je vais aller courir, tu veux venir avec ? » « Oui, ok. » Après, tu as l'autre qui va dire « Je vais courir, tu viens avec ? » « Oui, ok. » Et puis voilà, après, ça rentre dans un engrenage.
- Speaker #0
Déjà, tu as une campagne aussi qui fait aussi des longues distances.
- Speaker #1
Donc bon, ça aide aussi un peu. Ça aide. Maintenant, on s'est rencontrés comme ça aussi sur une sortie. Donc ça aide. Maintenant, on court quasiment tout le temps ensemble. Après, de temps en temps, je vais faire des sorties aussi tout seul, histoire de mettre peut-être un peu plus de dénivelé, de faire un autre rythme. Mais quand je prépare vraiment une course pour moi-même, où je dois aller chercher justement... Et dans un entraînement plus spécifique, je vais y aller tout seul. Autrement sur les sorties on va chercher un peu de longueur ou par exemple l'endurance fondamentale, on y va ensemble parce qu'elle sait le faire, et puis c'est plus sympa quand t'as plusieurs aussi et puis de partager ça c'est unique tu pars en sortie, t'es avec la personne avec qui tu partages ton quotidien c'est chouette, c'est des beaux moments, c'est des souvenirs, c'est des endroits où la personne ne courait pas, ou qu'elle n'était pas du tout sportive, t'irait pas avec
- Speaker #0
Les enfants vont s'y mettre ?
- Speaker #1
Les enfants ils marchent,
- Speaker #0
c'est déjà pas mal.
- Speaker #1
Il y a un des deux petits qui court déjà, qui fait quelques petites, des 500, 800.
- Speaker #0
Ils ont quel âge ?
- Speaker #1
6 ans, là il va avoir 7 ans et le grand-grand d'aller à 11 ans. Donc c'est trop tôt, mais je dirais qu'ils continuent, ils font des petites sorties.
- Speaker #0
Il faut que ça leur plaise. Déjà,
- Speaker #1
il faut que ça leur plaise, c'est toujours pareil. Maintenant tu rentres dans l'adolescence, tu vas rentrer tout doucement dans l'adolescence. Le sport, c'est un peu moins ça. Donc, à voir quand ils grandissent.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Oui, pardon, on divague, mais sur l'addiction, on va dire, le fait que ça prenait un moment beaucoup de place dans ta vie, et ça, tu l'as ressenti ? Et tu te dis, il faut peut-être que je respire un peu plus ?
- Speaker #1
C'est vrai que physiquement, tu le sens. Physiquement, c'est compliqué parce que tu vas tout le temps sortir, tout le temps courir. Tes muscles, en fait, tu ne les laisses jamais se reposer. Et en règle générale, c'est quand tu ne les laisses pas se reposer que c'est là qu'après, tu as la blessure qui arrive.
- Speaker #0
Oui, ben oui. Tu perds en attention aussi, je pense, par exemple sur des descentes et tout, avec la fatigue.
- Speaker #1
Dans les descentes, il faut que tu fasses attention à tes appuis. Si c'est une descente technique, que tu es un peu fatigué, tu t'évites une cheville. Après, il faut prendre soin de son corps aussi. C'est ton outil principal. Dans la vie de tous les jours, déjà, tu en as besoin. Avant, je bossais en restauration, donc j'étais serveur. Tu ne faisais que bouger, tu bougeais tout le temps. Je me levais le matin, je commençais à 9h. Jusqu'à 14h30, 15h, je n'étais jamais assis. J'étais tout le temps en train de bouger. À 16h, j'étais en montagne en train de courir jusqu'à 18h. À 18h, j'avais fini, je retournais, j'allais bosser. Je terminais, il était minuit.
- Speaker #0
En fait, de 8h à minuit, tu étais tout le temps debout.
- Speaker #1
J'étais tout le temps debout. Je tournais à peu près entre 25 et 30 000 pas par jour.
- Speaker #0
Tu faisais déjà des ultras dans la journée en fait.
- Speaker #1
Et tu faisais en fait, tu ne te reposais jamais. Mais après, tu as ce truc-là de récup active. Vu que tu ne te reposes pas, quand tu as fait une sortie, c'est bien. que... tes muscles continuent de bouger, mais du coup, tu vas éliminer un peu ces toxines. Et ça, c'est bien aussi.
- Speaker #0
Ok. Donc, malgré toi, en fait, tu avais cette récupération.
- Speaker #1
J'avais cette récupération. Après, ce qui était compliqué, c'est quand tu veux faire une course, quand tu travailles, tu travailles jusqu'à minuit, mais le lendemain matin, si tu as une course ou une sortie à 7h, il faut que tu te lèves. Donc, tu vas faire une petite nuit. C'est pas forcément l'idéal.
- Speaker #0
Ça pique quand même. Bon, du coup, peut-être que ça t'entraînait aussi à faire des nuits courtes.
- Speaker #1
Du coup, ça m'emprunte à faire des nuits un peu courtes. Là maintenant, avec le boulot que j'ai là maintenant, c'est un peu plus classique. C'est un peu plus facile. Tu sors du travail, tu sais que tu vas aller courir, mais que tu ne vas pas repravailler le soir. Donc ça, c'est tout bénef.
- Speaker #0
Là, tu es ambassadeur du coup pour Red Light. Tu ne t'es jamais posé la question de te faire une carrière ? De te dire, je vais essayer d'en faire mon métier. Alors peut-être pas forcément que dans une team par des performances, mais peut-être avec la création de contenu, parce que tu crées beaucoup de contenu, avec le livre, etc. Et de vivre que de ça, tu vois.
- Speaker #1
En fait, c'est compliqué. Et puis, tu as peu de trailers qui vivent de ça. C'est vrai. Il y en a beaucoup, ils ont soit un travail à mi-temps à côté.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et après, ils font du trail. Tu en as quelques-uns qui arrivent à vivre les plus grands, et c'est qu'ils gagnent les grandes courses et autres. Eux, ils y arrivent. Mais après, le but, je pense, quand tu n'es pas dans la performance, de faire que ça. Je ne voudrais pas en fait. C'est vrai,
- Speaker #0
carrément.
- Speaker #1
En fait, tu es tout le temps en train de te filmer, tu es tout le temps en train de... Tu dois tout faire, tout en penser en fait. Tu ne penses qu'à ça. Et moi, il y a des fois des jours où je ne veux même pas Instagram de la journée. Il y a des jours où je n'ai pas envie d'aller sur les réseaux, je n'ai pas envie d'ouvrir, je n'ai pas envie d'y penser. Et voilà, c'est comme ça.
- Speaker #0
Tu as envie d'avoir trop d'obligations par rapport à ça.
- Speaker #1
J'ai fait des expénariats avec certaines marques. Tu lances des collabs, je suis rentré dans une agence qui me poste sur certaines marques ou autres, mais après ça reste à côté du travail.
- Speaker #0
Mais tu ne veux pas en faire à temps plein parce qu'après tu vas te mettre sur un cap ?
- Speaker #1
Je n'ai pas envie, après tu es tout le temps scotché à ton téléphone à devoir faire ci, faire ça ou à ta caméra, c'est du travail.
- Speaker #0
Et c'est intéressant, tu vois, là on bascule un peu sur la création de contenu, mais moi je commence à vivre ça doucement, on va dire à mon petit niveau, mais je pense que les gens ne se rendent pas compte de ce que c'est derrière, comme investissement, comme contrainte, d'être tout le temps en train d'avoir des idées, de se filmer.
- Speaker #1
Il faut trouver des idées, c'est des fois compliqué. Après il faut que tu passes, tu vas partir par exemple en week-end quelque part. Faut que tu trouves la photo qui soit bien, après il faut que tu fasses la vidéo, le montage, ça prend du temps.
- Speaker #0
Parce que tu sais, souvent les gens ils disent, ah Geoffrey il a 180 000 followers, il a démarqué le suite, il a une vie trop cool et tout. Ce qui est le cas je veux dire, mais c'est aussi derrière beaucoup de, mentalement, beaucoup de travail quoi.
- Speaker #1
Derrière ouais, t'as beaucoup de boulot. Tu reçois des messages, il faut que tu répondes. Après, tu as des marques qui te disent « il faudrait que tu me fasses une pub sur ça, il faudrait que tu me fasses ça » . Donc, il faut que tu réfléchisses où est-ce que tu pourrais aller pour faire ça.
- Speaker #0
C'est une logistique, c'est une charge en plus.
- Speaker #1
C'est des charges, ce n'est pas forcément facile.
- Speaker #0
Toi, sur les réseaux, c'était un choix dès le début parce que 180 000, ce n'est quand même pas courant, je pense, maintenant. Est-ce que tout de suite, tu t'es mis sur les réseaux ou c'est venu au fur et à mesure ?
- Speaker #1
Je n'ai pas démarré tout de suite sur les réseaux. En 2019, quand j'ai démarré la course, je crois que j'ai démarré Instagram en 2020. Au début, je courais pour moi, je profitais. Je suis rentré dans une association en Alsace qui s'appelle Freerun. C'est une association qui est plutôt basée côté de Cernay, Cernay-Mulhouse.
- Speaker #0
Je crois que je vois en fait.
- Speaker #1
Et du coup, on est pas mal là-dedans et je publiais des choses là-dessus. En fait, tu rencontres des gens là-dessus. Et puis une fois, sur une discussion, il y a quelqu'un qui m'a dit « Pourquoi tu ne mettrais pas tes sorties sur Instagram ? » Et puis moi, je n'avais pas de compte, je n'avais rien encore sur Instagram. Et puis du coup, j'ai créé mon compte sur ma première course dans les Alpes. J'ai créé mon compte là-bas et je me suis dit « Tiens, vas-y, je vais le mettre. » En fait, ça s'est pris. Au fur et à mesure que tu fais des sorties, tu te dis « Tiens, je vais poster » , et ainsi de suite. Après tu fais des collabs avec certains créateurs, certaines marques. Et après ça a pris hyper vite.
- Speaker #0
C'est marrant.
- Speaker #1
Ça ne se demandait pas du tout.
- Speaker #0
En fait ça s'est tombé dessus.
- Speaker #1
Ça s'est tombé dessus et au bout des deux premières années c'était un compte normal. Après, ça a pris une ampleur d'un coup. C'est compliqué. Après, tu te dis, je continue. On verra bien.
- Speaker #0
Tu n'en as pas marre ?
- Speaker #1
Non, ça me plaît. Tu continues de partager. Tu as des gens qui te suivent, qui sont contents. Sur les courses, on te reconnaît. On vient discuter avec toi. C'est sympa. C'est une bonne ambiance.
- Speaker #0
Tu penses quoi ? Tu es sur Strava, toi ?
- Speaker #1
Je suis sur Strava.
- Speaker #0
Moi, je me suis mis tard. tous mes potes me disaient tout le temps il faut que tu mettes sur Strava et tout absolument j'ai toujours refusé en me disant que j'ai pas envie de comparer les performances, les chronos et tout je pense que c'est comme toute plateforme il y a un très bon côté parce que tu peux voir les sorties des autres, tu peux découvrir des sorties tu peux même avoir ton suivi c'est sympa, en fait le côté réseau est toujours sympa et t'as aussi le côté négatif parfois tu peux avoir presque une forme d'obligation de Pas d'être au top, mais c'est comme toutes les plateformes, c'est un truc où il faut toujours être un peu le bon côté de soi. Est-ce que toi, sur Strava, tu ressens une pression ? Non,
- Speaker #1
sur Strava, je fais ma sortie, je mets ma sortie sur Strava, j'ai rien à cacher sur Strava, celui qui veut regarder, il regarde, celui qui veut prendre le tracé, il prend le tracé, j'ai absolument aucun problème là-dessus, comme de toute façon, je cherche pas la performance, c'est vraiment pas mon truc, celui qui veut critiquer, critique, t'en as toujours, comme partout, il y en a qui critiquent. Moi ça me passe au dessus, je suis là c'est pour prendre du plaisir, c'est pour partager avec les gens.
- Speaker #0
Mais il n'y a pas des sorties que tu vas masquer parce que le temps il est pas ouf et tu te dis je vais passer pour un blaireau.
- Speaker #1
Si tu veux sur les réseaux en règle générale quand je publie une sortie où je mets les kilomètres et le dénivelé, j'enlève le temps parce que je me dis ça sert à rien. Merci. Si c'est pour dire, tiens, j'ai fait 30 kilomètres avec 1500 dénivelés en 2h30, OK, tu l'as fait en 2h30, mais ça ne va rien changer. Tu as fait cette distance, tu l'as fait. Le but, ce n'est pas de parler. Moi, c'est vraiment pour partager. Je suis allé faire une sortie, par exemple, du côté des lacs à Orbet, au-dessus. C'est de partager les lacs, la photo, la sortie, les gens avec qui j'étais. C'est une sortie, je marque dessus les kilomètres et dénivelé, mais si jamais quelqu'un veut récupérer la trace, il me le demande et je peux lui envoyer la trace. Mais ce n'est pas dans ce côté-là de faire un challenge, de dire tiens je vais aller chercher tous les segments dans le coin. J'en ai 2-3 des segments, mais je ne vais pas aller faire une sortie exprès pour aller chercher des segments.
- Speaker #0
Oui, mais tu vois, c'est ça, il y a des personnes qui vivent pour ça. Et c'est le côté un peu du coup...
- Speaker #1
C'est le mauvais côté de Strava. Après, Strava, ça va rester comme les réseaux sociaux. Tu vas suivre des personnes... tu vas voir ce qu'ils ont fait comme sortie. Après, ça peut t'inspirer ou ça peut dire, tiens, la prochaine fois, ça te dit, on y va ensemble. C'est des... Voilà.
- Speaker #0
Après, ce qui est bien, c'est qu'en trail, mine de rien, c'est pas vraiment comparable. Enfin, si, t'as les segments et tout, mais je veux dire, sur une course, tu sais, tu peux te dire, je sais pas, j'ai fait un 30 et 2500 de dénivelé, mais entre une course qui est, je sais pas, en Alsace et une autre dans les Pyrénées, c'est pas du tout la même course. Donc, tu peux pas comparer, en fait, vraiment les chronos.
- Speaker #1
Déjà, tu peux pas comparer, c'est pas les mêmes terrains, tu peux rien... C'est propre au terrain où tu es.
- Speaker #0
Aux conditions, au terrain, à plein de choses.
- Speaker #1
À plein de choses qui rentrent en compte.
- Speaker #0
Donc ça, c'est cool. Tu es déjà dans cette discipline. Alors que sur route, dès là, tu as beaucoup plus le truc de vouloir comparer. Sur route,
- Speaker #1
tu as vite envie d'aller chercher un chrono et te dire, tiens, j'ai fait 10 km en 29 minutes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'est, oui, OK. Après, voilà, tu as fait une sortie de 10 km, tu as fait une sortie de 10 km. Que ce soit moi, sur les réseaux, les gens que je suis, il y a des amateurs. Je ne suis pas que des gens avec des comptes. où ils ont 100 000 followers, ils en ont 500, 600, c'est des gens qui me suivent, et du coup, moi, je les suis en contrepartie, ils font 10 kilomètres, il y en a en 1h20, il y en a en 50 minutes, tu les félicites pareil, je dirais. Ils ont tout autant de mérite. Et tu t'en rends compte, par exemple, là, sur Paris, c'est ça que j'aime bien maintenant sur les courses, c'est que t'as souvent les premiers qui attendent le tout dernier.
- Speaker #0
Oui, c'est trop bien.
- Speaker #1
Et en fait, du coup, le tout dernier, il a des fois plus de mérite que le premier, parce que c'est un objectif qui s'est fixé et il va le finir. Il va peut-être mettre 9 heures pour le marathon. Le dernier, il a mis 9h30. Il a mis 9h30, mais il l'a fini.
- Speaker #0
Il l'a fait, oui.
- Speaker #1
Et c'est juste ça. C'est ça qui est magique. Et tu te dis, l'autre, il l'a fini en deux heures, mais il a fait deux heures de sortie. L'autre, il en a fait neuf. C'est clair. Et c'est un effort qui n'est pas du tout pareil. Il y a quelqu'un qui n'est peut-être pas autant préparé que la personne qui a fait deux heures.
- Speaker #0
Complètement, oui. Mais c'est ça qui est aussi beau dans ces sports. En tout cas, on parlait de travail, j'essaie de reprendre le fini. Mais oui, j'aime bien aussi varier. En fait, c'est pour ça que je fais les deux. C'est que route, j'ai aussi ce côté où j'aime bien chercher les chronos. Mais le trail, ça me permet de respirer, de mettre moins de pression.
- Speaker #1
Tu es en hold air et tu n'as pas de pression. Tu es dans la nature, tu es dans le calme. Merci. C'est magique.
- Speaker #0
Non, c'est trop bien. Donc, si on reprend tout le fil, on avait pour s'y mettre au trail, pour progresser ensuite, si on commence à avoir... On arrive à faire des 20, 25, que c'est devenu commun. Comment on essaie de passer à l'ultra ensuite ? Si on a envie de le faire, évidemment. Pas que ce soit un vrai choix et pas que ce soit juste parce que c'est cool de le faire.
- Speaker #1
Un vrai choix, je pense que pour aller sur l'ultra, quand t'as fait 25, en fait, il faut oser franchir le cap. de te dire, alors soit tu connais quelqu'un qui en a déjà fait, et cette personne-là, elle va te dire, tu vas faire une ou deux sorties avec, elle va te dire, franchement, je pense que tu es prête à y aller, on va faire 40, 50 kilomètres ensemble, on essaye. Et moi, les personnes à qui je l'ai fait, ça a marché. Il faut faire confiance, il faut que tu passes confiance à une personne, et après il faut que tu aies confiance en toi, ça c'est le plus important. Et après tu vas découvrir ton corps, c'est vraiment ce côté-là, c'est apprendre à te connaître.
- Speaker #0
Oui, c'est marrant. Mais tu sais qu'à chaque fois que je fais des interviews, c'est souvent ce qui ressort, mais peu importe les disciplines, c'est apprendre à se connaître, et là c'est vraiment physiquement connaître tes limites, connaître là où tu es bien.
- Speaker #1
Parce que le problème c'est que dans la vie de tous les jours, tu connais, en règle générale, tu ne vas pas chercher tes limites.
- Speaker #0
Non, oui.
- Speaker #1
Donc tu ne peux pas le savoir, tu ne peux pas savoir comment ton corps va réagir. Par exemple, tu passes une nuit dehors sans dormir, comment tu vas réagir ? Tu n'es pas devin, si tu ne l'as jamais vécu, tu ne peux pas le savoir. Moi je suis parti par exemple sur le 180, je peux donner son prénom avec Aurélien, c'était son premier 180, j'ai dit écoute on le fait ensemble. Et quand on a passé la première nuit, je savais qu'il avait fait déjà un peu des sorties de nuit ou autre, mais une nuit complète il ne l'avait jamais fait. et moi je savais comment ça allait être et je lui ai dit là ça serait bien qu'on se pose il m'a écouté et il m'a dit ok on va se poser Il a immortalisé le moment, il a fait une photo. J'étais en train de dormir, il n'arrivait pas à dormir, il m'a pris en photo. On s'est fait un selfie en pleine forêt, dans l'herbe, en train de dormir, avec les gens qui passaient juste derrière. Et il m'a dit franchement, ça m'a fait du bien de fou.
- Speaker #0
Donc toi, avec l'expérience, tu as vu que c'était le moment ?
- Speaker #1
Que lui, c'était le moment. Moi, j'avais le moment. Ce qui est encore mieux, c'est quand tu cours à deux, mais que les deux, ils ont le même moment ensemble. C'est parfait. Quand tu as les deux, il y en a un qui a un coup de mou et l'autre, il ne l'a pas. Tu en as un des deux qui doit prendre sur lui et qui doit dire, ok, on le fait, on s'arrête parce qu'il faut que ça aille bien. Et moi, j'ai ça en fait avec Philippe, c'est celui à qui j'ai commencé à courir. On a vraiment ce côté-là, en fait, on se connaît.
- Speaker #0
Vous vous connaissez,
- Speaker #1
oui. Il sait quand ça ne va pas, il sait quand il faut qu'il parle, il sait quand il ne faut pas qu'il parle. Et ça fait maintenant, ça fait 4 ans qu'on court ensemble, donc on a déjà fait pas mal de... Le nombre de kilomètres qu'on a fait ensemble, je ne pourrais même pas te dire.
- Speaker #0
Sur les 150 000 niveaux et plus de positifs, il y a peut-être une bonne partie écrite. Oui,
- Speaker #1
il y en a beaucoup.
- Speaker #0
Ok, donc avoir un binôme aussi, c'est ce que tu dis. Expérimenter si possible. Expérimenter,
- Speaker #1
c'est bien, parce que justement, ça va te donner des bons conseils.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu as envie de faire des courses plus exotiques, on va dire, je sais pas, de style... Bah tu vois, par exemple, moi je me suis engagé sur ce qu'il ne faut pas faire, mais genre j'ai fait la Pyramenta, c'est une partie skyrunning, donc c'est une partie vie à faire à terre et tout.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais je n'étais pas prêt, tu vois, donc bref, mais je l'ai quand même fait. Et toi, est-ce que tu as des courses comme ça, on va dire, qui changent un peu, on va dire, de ce que tu fais habituellement ?
- Speaker #1
Bah en fait, ce que j'aime bien, c'est une challenge. Donc là, je me dis, dans quelques années, je pense que je serai... Pour aller faire le grand raid à la Réunion.
- Speaker #0
Oui, Diagonale des Fous.
- Speaker #1
Là, pour l'instant, la Diagonale, on va la laisser un peu de côté. Je préfère me préparer parce que mentalement, je pourrais me dire j'y vais. Mais je n'ai pas envie de la subir. J'ai vraiment envie de prendre du plaisir et de me dire je l'ai fait, je suis arrivé, j'étais bien. Et pas de me dire je vais gâcher ma prépa et y aller.
- Speaker #0
Et ne pas profiter de la course pour prendre du plaisir. Et ne pas profiter de la course,
- Speaker #1
et être vraiment dans le mal toute la course, ce n'est pas ce que j'ai envie.
- Speaker #0
C'est intéressant que tu prennes justement le temps, du temps long, parce qu'en fait d'extérieur, je pourrais dire, j'ai l'impression que tu peux y aller. Et toi, tu dis que tu n'es pas encore assez prêt pour aller faire de la course.
- Speaker #1
Pour moi, j'attendrai encore un petit peu, parce que quand tu vois, justement, tu as de plus en plus de, ce que je te disais avant, tu as un peu plus de gens qui ont un certain âge qui vont faire cette course-là, pas rarement des tout jeunes qui y vont. c'est plus 40-45 ans qui se lancent dessus et ça fait quelques années qu'ils courent et je me dis avec l'expérience tu seras bien, tu seras prêt tu vas connaître ton corps tu seras prêt pour y aller donc la patience aussi et d'autres on a parlé un peu en off dans le froid pourquoi pas moi j'aime bien le froid ça pourrait être une idée on voit ce que Mathieu Blanchard a fait euh... au Yukon Arctic.
- Speaker #0
Ça, ça pourrait être tenté ?
- Speaker #1
Pourquoi pas ? Si on me le propose, je dirais vraiment. Ça pourrait être sympa, oui. Après, il faut se préparer pour ça.
- Speaker #0
Les courses, je ne sais plus comment elles s'appellent, dans le pôle Nord, où tu...
- Speaker #1
Le Cercle Arctic.
- Speaker #0
Oui, le Cercle Arctic. J'en avais fait une à Tromso, mais en été, du coup, un marathon classique. Mais en hiver, tu as les formats. Ça, c'est encore autre chose, du coup. Ça, ça pourrait être tenté,
- Speaker #1
oui. Ça pourrait être un autre format de course, tu vois, où tu apprends, justement, encore une fois, à connaître ton corps, mais dans d'autres conditions. Après, tu as un format, c'est en Angleterre.
- Speaker #0
Oui, on en a parlé avant.
- Speaker #1
Le fameux format en Angleterre dans un tunnel, il y a 321 kilomètres, quelque chose comme ça, où tu es dans le noir, tu as ta frontale, pas de musique, tu n'as pas le droit de parler. Là, c'est mental 100%. Tu es tout seul dans ta bulle et tu dois faire des allers-retours dans ton tunnel. Et ça pourrait être un format aussi qui me plairait, tu vois, histoire de vraiment, là, t'apprends vraiment à connaître ton corps.
- Speaker #0
Ouais, alors là, pour le coup, ce que tu cherches classiquement en montagne, c'est-à-dire le plaisir, le paysage et tout là, c'est vraiment pas du tout ce que tu vas aller chercher.
- Speaker #1
T'as pas de plaisir, après, tu peux peut-être trouver le plaisir, hein. Ouais, forme de la vie, hein, de le trouver, mais t'as pas de confort, t'as rien. C'est toi et il n'y a que toi.
- Speaker #0
Donc là, ce que tu chercherais là-dedans, c'est vraiment repousser tes limites ?
- Speaker #1
Là, c'est pousser vraiment tes limites. Quand tu vois...
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quoi de meilleur que vous là-dedans ?
- Speaker #1
Il n'y a quasiment personne qui l'a fini. Il n'y a pas très peu de gens qui l'ont fini. Il y en a un qui l'a fini trois fois, je crois. Et il me semble qu'il y a une vingtaine de personnes qui l'ont fini. Parce que tu as deux choses,
- Speaker #0
tu es dans un tunnel dans le noir et la petite distance du tunnel. Donc en fait, tu fais 200 fois, non peut-être pas, mais 150 fois l'aller-retour.
- Speaker #1
C'est ça. C'était horrible. C'est horrible. En plus, tu peux le compter les 150 fois. Tu as le temps vu qu'il n'y a que toi et il n'y a que toi qui peux parler. Tu as intérêt à avoir une bonne discussion pendant tout ce temps-là.
- Speaker #0
Là, les gens pourraient dire qu'il est complètement fou.
- Speaker #1
Je pense. J'ai commencé à en parler à la début d'année quand il a eu lieu. J'avais revu une vidéo dessus et j'ai dit que je suis là l'année prochaine.
- Speaker #0
Tu veux le faire rapidement ?
- Speaker #1
L'année prochaine, je vais m'inscrire.
- Speaker #0
Ah ouais, ok. Et t'es sélectionné ?
- Speaker #1
Je sais pas du tout, il faut que je regarde quand ça va se passer, mais il me semble que tu mets ton dossier et après ils te sélectionnent.
- Speaker #0
En parlant de course, il faut être complètement fou, la Barclays, ça t'entrait un jour ?
- Speaker #1
La Barclays, c'est... ça pourrait, ça pourrait. C'est encore un autre format, c'est encore différent. et j'aime bien changer et me mettre d'autres objectifs. Là, on m'a lancé un objectif. Pourquoi pas faire un triathlon, un Ironman l'année prochaine ? Je n'aime pas nager. Le vélo, j'aime bien en faire, mais après... En balade, dans le vignoble ? J'ai eu une fesse pendant trois semaines.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, à voir.
- Speaker #0
Tu changerais de discipline, tu te mettrais au triathlon ?
- Speaker #1
Pour un défi, je pourrais me lancer sur un Ironman, tu vois. Pour un défi.
- Speaker #0
Ok, marrant. Ça, c'est complètement autre chose quand même.
- Speaker #1
C'est encore différent, mais j'aime bien justement aller tester et me dire, tiens, est-ce que tu es capable ? Après, tu as les Spartan Race aussi, les courses à obstacles. Je me dis, ça, ça fait déjà 2-3 ans que j'y réfléchis à y aller. Et j'aimerais bien aussi me lancer une fois là-dessus, mais déjà sur un format de base, un petit format, histoire de voir comment ça se passe. Et après me dire, tiens, je vais faire le format plus dur, parce que je me dis, courir en soi, Ça va le faire, c'est plus les obstacles. Donc, il faut que tu fasses un paquet de muscu et tout ce qu'il faut.
- Speaker #0
Donc, toi, c'est vraiment découvrir des nouveaux trucs. Des nouveaux sports.
- Speaker #1
Et puis, du coup, tu en profites, tu découvres ton corps autrement aussi.
- Speaker #0
Oui, complètement. Et un prochain livre ? Tu te vois écrire un deuxième livre ?
- Speaker #1
Alors, au vu des retours que j'ai eus sur le premier, je me dis pourquoi pas. Maintenant, il va falloir trouver le contexte du deuxième. Ça, ça sera à voir. Il y a quelques années peut-être.
- Speaker #0
Déjà un, c'est déjà énorme.
- Speaker #1
Déjà un, c'est pas mal. Je ne m'y attendais pas. Justement, le fait qu'il y ait beaucoup de personnes qui aient contribué à ce que ce livre voit jour, c'est déjà énorme.
- Speaker #0
Bravo pour ça. Pour conclure l'épisode, je termine par deux questions en général. La première, c'est est-ce qu'il y a une personne qui t'inspire ? Et si oui, pourquoi ?
- Speaker #1
Alors la personne qui m'a inspiré et qui m'inspire encore, c'est celui à qui j'ai commencé à courir. Philippe du coup, en fait il a 56 ans et ça fait maintenant 4 ans qu'on se connaît et en fait on a commencé à courir sur une sortie que j'avais organisée. On s'est rencontrés, en fait le feeling s'est passé tout seul et c'est lui qui m'a emmené sur mon premier 50, sur mon premier 100, mon premier 180. On a vraiment tout fait ensemble et je me dis clairement, je ne peux être qu'inspiré par lui. C'est lui qui m'a vraiment tout appris de ce côté-là.
- Speaker #0
Un peu ton moteur. Et toi, tu essaies aussi de l'être pour d'autres.
- Speaker #1
Maintenant, ce que j'aimerais justement, c'est transmettre aux autres.
- Speaker #0
Et la deuxième question, c'est de quoi rêves-tu maintenant ? Alors, si tu avais un rêve à réaliser ?
- Speaker #1
Là, un rêve à réaliser ? J'aimerais bien, ça serait finir la diag.
- Speaker #0
Ok, c'est beau. On peut souhaiter ça rapidement alors.
- Speaker #1
Oui, on va voir,
- Speaker #0
j'espère. Merci Geoffrey pour cet échange.
- Speaker #1
Je te remercie Kevin. A bientôt.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris des choses. Si c'est le cas, merci de mettre 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify. et surtout de partager cet épisode autour de vous. N'hésitez pas à me faire part de vos retours pour les prochains épisodes. Je vous dis à bientôt sur Objectif Mental.