- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental, je suis Kevin Rich, cofondateur de Cairn, K-A-I-R-N, une application mobile qui démocratise l'accès au coaching mental d'élite. Chaque semaine, je partage des conseils pratiques, des interviews d'experts, ainsi que des témoignages inspirants d'entrepreneurs, de sportifs et d'artistes. Mon objectif est de vous aider à développer votre mental pour performer en toute sérénité, que ce soit dans votre vie professionnelle ou extra-professionnelle. Je vous souhaite une excellente écoute. Salut Lucille, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut, très bien et toi ?
- Speaker #0
Très bien, merci de venir sur Objectif Mental.
- Speaker #1
Merci, je suis très contente.
- Speaker #0
Lucille, du coup, tu es actrice. On t'a vu dans AK, dans Validé, dans Jean Goutou. Je vais faire tous les films, mais tu en as fait pas mal à filmer séries. Et tu es sportive. Tu viens de faire le marathon de Paris.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Bravo, en 3h46.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce qui est le plus difficile entre faire un marathon et tourner un film ? Mentalement, en termes de fatigue.
- Speaker #1
C'est différent, ça dépend de ton rapport à ton métier et ton rapport au sport. Pour moi, justement, je fais du sport parce que ça pallie beaucoup à la difficulté de mon métier, je trouve. Donc, je dirais qu'une fois que tu es sur le film, ça va, ce n'est pas trop dur, mais c'est tout le avant qui est dur. Donc, accéder à un film, c'est beaucoup plus difficile que de faire un marathon, pour moi. Il y a plein de gens qui ne te diraient pas la même chose, mais c'est différent.
- Speaker #0
Parce que l'avance, c'est quoi ? Tu parles de la phase de casting ? Oui, bien sûr.
- Speaker #1
C'est un milieu qui est quand même très fermé. Il y a de plus en plus de monde qui veut faire ça. Donc, les barrières à l'entrée sont très grandes.
- Speaker #0
Toi, en plus, tu n'étais pas prédestinée forcément à ça. De ce que j'ai vu et cherché, tu n'étais pas dans une famille d'artistes ?
- Speaker #1
Du tout.
- Speaker #0
Comment c'est arrivé pour toi ? Parce que j'ai vu que tu as fait une prépa éco, enfin HEC à la base. Rien à voir quoi.
- Speaker #1
Rien à voir. En fait, je pense que j'avais le goût de la création même, plus que du jeu depuis toute petite. Oui, dans ma famille, il n'y a pas d'artiste, mais vraiment, j'ai quatre frères. Donc, dès la plus petite enfance, j'aimais beaucoup inventer des histoires, mettre mes frères en scène. Tu vois, au départ, je montais des pièces de théâtre, je les obligeais à se déguiser. On faisait des spectacles pour ma famille. Puis très tôt, mon père avait plein de caméras, des VHS. Donc très tôt, j'ai eu du matériel qui a fait que j'ai commencé à faire mes petits films de mon côté. J'ai appris le montage toute seule. J'avais vraiment le goût pour ça. Et du coup, de façon naturelle, mon père m'inscrivait à des colos de théâtre. Donc je faisais des colos de théâtre. Après, j'ai commencé les cours d'improvisation à 12 ans. J'en ai fait pendant 6 ans. Donc c'était tous mes week-ends et toutes mes vacances scolaires. Je partais en gîte d'impro.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Ouais. Et à côté de ça, études très scolaires, parce que pour moi, c'était ma passion et aussi quelque chose qui m'a beaucoup sauvée, parce qu'il se passait plein de choses dans mon enfance qui ont fait que, émotionnellement, j'étais un peu bloquée et je me permettais de ressentir que à travers un personnage et pas vraiment dans ma vraie vie. Ok. Deep, mais réel. On le sent deep, mais on va creuser après.
- Speaker #0
T'inquiète pas.
- Speaker #1
Donc voilà, je pense que c'était vraiment pour moi un endroit de survie, de thérapie, de jeu, sans jamais me dire que c'était possible. parce qu'en fait, c'est quelque chose que je ne connaissais pas, être artiste. Pour toi,
- Speaker #0
ce n'était pas une option de te dire d'en faire une carrière ?
- Speaker #1
Bien sûr que non. Donc voilà, en faisant des études à côté. Et un jour, à 17 ans, je me suis fait repérer à mes cours de théâtre par une agent. J'ai commencé à passer des castings. Chose à laquelle, pour le coup, ma famille ne m'a pas du tout empêchée. Mon père m'a juste dit quelque chose. Et pour le coup, ça m'a beaucoup aidée. Il m'a dit, moi, il n'y a pas de problème, mais je veux juste que tu me promettes. être triste si t'es pas prise. Donc je lui ai fait cette promesse, et je me la suis faite à moi aussi, de me dire, ok, bah si j'ai pas un casting, bah je serai pas triste. Ok. Tu l'as tenue ? Ouais, grave. Bon après, non, plus ta carrière avance, il y a des coupures. Plus tu y crois,
- Speaker #0
et plus... Ok. Bien sûr.
- Speaker #1
Et il y a des moments où quand ça devient vraiment ton métier, bah c'est d'autres enjeux, et bon, c'est un milieu où on peut te faire beaucoup de promesses pas tenues, donc ça peut être aussi plus la trahison qui fait mal que le fait de...
- Speaker #0
Pas avoir le rôle.
- Speaker #1
Pas avoir le rôle.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais donc voilà. Et puis en fait, petit à petit, tout en continuant mes études, je commençais à tourner. Souvent, mes tournages, c'était l'été. Et un jour, j'ai validé trois rôles. Donc ça me faisait plus ou moins six, sept mois de tournage à la suite. Et donc j'ai arrêté mes études à ce moment-là.
- Speaker #0
Ok. Donc naturellement, en fait, parce que tu n'avais plus le temps, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est impossible à distance ou tu n'as même pas envie, en fait. Non. En fait,
- Speaker #1
moi, j'attendais ce moment-là.
- Speaker #0
Ouais. Sauf quand t'as carrière d'école
- Speaker #1
Tu vas là-dedans Je crois que c'est jamais bon
- Speaker #0
Tu crois que c'est jamais bon ?
- Speaker #1
Je pense que toute carrière Peut s'arrêter du jour au lendemain Après il y a des Si tu fais les bons choix Et si tu travailles Tu la fais durer Mim. Je ne suis pas sûre qu'à un moment, tu puisses te dire « Je suis arrivée » . Je pense que c'est un grand danger, d'ailleurs.
- Speaker #0
Tu as une forme un peu en parallèle avec le sport de haut niveau, où tu ne peux jamais te reposer sur ta l'oreille. Tu dois toujours être là. Ne jamais lâcher. Juste que je comprenne qu'on revienne à ta phase peut-être pas lycée, au moment où tu dis que tu pensais que ce n'était pas une option, tu ne voulais pas non plus faire d'études là-dedans ? Ce n'est pas des écoles de ciné, de théâtre, vraiment juste ça ?
- Speaker #1
Non, je crois que ça me faisait trop peur. Non, et puis euh Et puis je crois que... Ouais, ça me faisait trop peur. J'avais un grand besoin de sécurité. Et puis c'est un truc où mon père... Je parle beaucoup de mon père, mais parce que j'ai grandi avec lui, j'ai pas grandi avec ma mère. Il avait un rapport très... Il fallait que je sois très bonne à l'école, la première, la nonne. Enfin, il n'y avait que des garçons. Il fallait que je sois un peu la fille qui excelle. Voilà.
- Speaker #0
D'où la prépa, tout ça.
- Speaker #1
Ouais, voilà. Il me l'a pas imposée. Je crois que je me le suis imposé à moi-même, mais aussi parce que c'était pas forcément bienvenu.
- Speaker #0
Mais c'est marrant parce que finalement, c'est quelqu'un qui t'a presque tiré vers ce milieu. Donc l'agent dont tu parles, qui est venu te chercher. Et toi, c'était pas un rêve. C'était un rêve peut-être quelque part, mais t'as pas tout donné à ce moment-là pour tourner dans les films. C'est venu à toi presque.
- Speaker #1
Ouais, après, je pense que c'était quand même un rêve. Depuis petite, j'avais... Enfin, ouais, si... C'était un rêve depuis petite, mais c'était juste la peur qui m'empêchait. Donc je pense que je l'ai manifesté plus ou moins. Parce que quand cet agent est venu à mes cours de théâtre, j'avais qu'une envie, c'est qu'elle me voit. J'ai eu de la chance.
- Speaker #0
Ça marche comment d'ailleurs ? Parce que moi, je n'y connais rien. Donc tu es dans des cours de théâtre et parfois, il y a des agents qui passent comme ça pendant des répétitions ou des choses comme ça ?
- Speaker #1
Oui, en fait, quand tu es jeune, oui. Et ça, c'est souvent les agents qui ont des agences de jeunes. Moi, je sais que c'est ce prof qui la connaissait et qui l'avait fait venir. Parfois, elle venait à des ateliers. et donc on passe tous sur scène les uns après les autres et puis l'agent il est dans son coin il regarde tout et puis à la fin il dit au prof tu diras à celle-ci et celui-là de me contacter et puis on se rencontrera et ça ça arrive souvent dans les cours de théâtre mais pour dénicher des jeunes en fait tu peux pas, enfin souvent ils ont pas d'expérience donc tu les as vu dans aucun projet donc faut aller les chercher à la source et c'est pas forcément dans la rue comme à l'époque bah non enfin dans la rue il y a le casting sauvage mais là tu cherches C'est encore ça ? Ça existe quand tu cherches une nature précise pour un projet. D'accord. Donc, tu as besoin d'un rôle vraiment précis. Mais après, quand tu cherches un acteur qui est capable de tout jouer, il faut le voir sur le terrain.
- Speaker #0
OK. Et donc, l'année où tu as les trois projets d'un coup, c'était quel projet ? Et ça s'est enchaîné comment dans ton année ?
- Speaker #1
Alors, c'était... J'avais fait un téléfilm qui s'appelle Mauvaise Graine.
- Speaker #0
Oui, j'ai vu. Avec Patrick Fiori. Oui.
- Speaker #1
Patrick Fiori, qui est un homme tellement gentil, d'ailleurs. J'avais fait ça, qui s'enchaînait avec une série qui s'appelle Fugueuse pour TF1. Et puis après, j'avais fait un film d'auteur qui s'appelle Pulse, réalisé par une réaliste qui s'appelle Aino Suni, qui est finlandaise. Et voilà, en fait, ils s'enchaînaient vraiment. Donc je crois que ça a commencé en juillet et ça finissait en février.
- Speaker #0
Et comment tu as abordé cette phase ? Est-ce que tu avais peur avant ton premier tournage ?
- Speaker #1
Alors, ce ne sont pas mes premiers tournages, ces trois-là. Avant mon tout premier tournage, évidemment que j'avais peur. Mais je crois que moi je suis plus le genre d'actrice qui a plus peur en casting qu'en tournage. Une fois que je suis en tournage, ça y est quoi, je suis comme une sportive. Je travaille. Parce qu'il y a aussi... T'as été choisi, donc... Il y a moins cette notion de jugement ou de... Ouais, en casting tu risques... Je trouve que c'est violent quand même un casting. Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Déjà, tu es choisie, donc tu es forcément, pas forcément, mais normalement, tu es la bonne personne pour faire ce casting. Voilà. Donc, tu es légitime pour... Oui. Ok. De quelle façon c'est violent un casting ?
- Speaker #1
Parce que c'est un endroit de vulnérabilité énorme où tu viens, il n'y a pas beaucoup de temps. Parfois, il y en a, mais c'est... Voilà. Et tu sais que tu as une chance sur je ne sais pas combien d'être pris, mais en fait, ce que tu donnes, toi, c'est ta sincérité, tes larmes, ton rire, ta vulnérabilité. Et on te répond un c'était super, merci, on vous tient au courant. Et tu n'as jamais de réponse. Et puis, en fait, tu sais qu'il n'y a pas le droit à l'erreur, mais qu'il n'y a pas beaucoup de temps. Tu as la chance d'être reçu pour un entretien. Donc, tu n'as pas envie de faire... de perdre de temps et tu te dis bah si je rate alors que ça veut rien dire mais si je rate et que je l'ai pas c'est que de ma faute enfin c'est comme un concours quoi enfin il y a un truc ouais
- Speaker #0
Mais c'est assez subjectif quand même, parce que mine de rien, ça dépend du moment, de l'interprétation de la personne, de ton émotion, etc.
- Speaker #1
C'est sûr, et je suis persuadée que de toute façon, tu ne peux rien faire contre ton énergie, et que si ça t'est destiné, tu l'auras. Parce que moi, il y a plein de... Quand je dis essais, c'est le même... Enfin, un essai, c'est un casting. Il y a plein d'essais desquels je suis sortie en me disant, oh là là, je ne l'aurais jamais, j'ai fait de la merde. Et en fait, c'est ceux-là que j'ai eus. et d'autres où tu dis bon voilà ça s'est trop bien passé je pense que ça sent bon ça va de nouvelle je pense que je pense qu'en fait on ne nous choisit pas tant que ça sur la performance mais vraiment sur l'énergie t'es l'énergie du rôle c'est
- Speaker #0
dingue Est-ce que du coup le fait que parce qu'on... J'ai dit au début que tu as fait le marathon, est-ce que tu cherches dans le sport finalement ce côté moins subjectif, plus direct en fait ? En gros tu cours, tu as un chrono et si tu t'es entraîné, ça passe quoi.
- Speaker #1
Mais bien sûr, ça me répare tellement. Le sport c'est très concret.
- Speaker #0
Je fais une pause de 30 secondes pour te parler de Kern, notre application mobile de coaching mental. On l'a créé avec Camille Crozet, psychologue et préparatrice mentale d'athlètes de haut niveau. Et notre but est de t'aider à ne plus te laisser parasiter par le stress, le doute, la pression dans les moments qui comptent. Dans cette app, tu vas trouver des exercices concrets, des vidéos, des audios et même un coach IA pour t'aider à renforcer ton mental et avancer vers tes objectifs. Moi, perso, je l'utilise pour la course à pied, pour le trail et même dans ma vie professionnelle. L'application est disponible sur l'App Store et Google Play Store. Le lien est dans la description. Profites-en parce qu'il y a une paire d'essais gratuites. Donc, n'hésite pas à la tester. Allez, on retourne à notre épisode.
- Speaker #1
C'est noir sur blanc. Je trouve que le temps, le chrono, il ne triche pas, il ne ment pas. il n'y a pas ce truc de... Pas hypocrite, mais c'est vrai que dans notre milieu, c'est pas méritocratique. Et comme je te disais, il y a des gens qui ont été meilleurs dans la performance, mais c'est dans l'ombre et personne ne le saura jamais. Et on va lui dire, t'étais super, franchement, mais on a pris quelqu'un de moins bien. Ou pas forcément moins bien, il n'y a pas de jugement de valeur. Au feeling,
- Speaker #0
ça passait peut-être pas moins.
- Speaker #1
Ouais, ou pour d'autres questions aussi. Aujourd'hui, il y a beaucoup des questions de notoriété, de budget, même de followers.
- Speaker #0
Ok. Ça joue, ça ? Énormément.
- Speaker #1
Et du coup, je pense que le sport, ça me fait beaucoup de bien là-dessus. C'est que ça ne triche pas trop.
- Speaker #0
Donc, deux sportifs qui t'inscrivent au marathon ?
- Speaker #1
Oui, parce que ça fait plus de dix ans que je fais du sport tous les jours. À choisir, je ne sais pas ce que je préfère entre le cinéma et le sport. C'est vrai ?
- Speaker #0
Oui. En fait, tu aurais pu faire une carrière de sportif de haut niveau. D'athlète,
- Speaker #1
j'aurais trop aimé. C'est vrai ? Ah oui.
- Speaker #0
Si tu n'as jamais traversé l'esprit, tu fais de la boxe aussi. J'ai vu sur ton Insta, tu mets des énormes low-kick en boxe thaï.
- Speaker #1
Ouais, je fais de la boxe. En fait, la boxe, je ne suis pas très régulière, mais ça fait 4 ans que je pars tous les étés un mois en Thaïlande seule et que je passe tout mon mois d'août solo en camp de boxe.
- Speaker #0
Trop bien. Donc ça, ce n'était pas pour un rôle. Parce que je me suis posé la question, je me suis dit, peut-être qu'elle ne ferait pas un rôle.
- Speaker #1
Ça devait. Le tournage s'est annulé. Mais au départ, c'était pour un kiff. Après, c'est devenu pour un rôle. Et aujourd'hui, c'est pour un kiff. Donc ouais, je fais de la boxe, mais j'ai commencé... J'ai fait plein de trucs, j'ai fait du judo, j'ai fait de la gymnastique artistique, j'ai fait du cirque, j'ai fait de la danse, 6 ans de danse classique, j'ai fait de la danse moderne, j'ai fait 2 Irox, je cours, je fais du fermetard, je fais du ski...
- Speaker #0
Très complet, tu fais plein de sports très différents finalement.
- Speaker #1
J'adore ça en fait.
- Speaker #0
Comment ça t'aide plutôt dans tes rôles ou dans ton métier d'actrice ?
- Speaker #1
En fait, ça m'aide beaucoup plus que ce que je croyais. Parce qu'en fait, je me suis rendue compte... Mais c'est marrant parce que j'ai commencé le métier, je te disais, par des cours d'improvisation. Donc en fait, l'impro, t'as pas de texte sur lequel t'appuyer. Donc tout ce que tu peux faire, c'est de t'appuyer sur ce que tu ressens à l'intérieur de toi. Et donc, j'ai un rapport dans le jeu avec mon corps énorme. Toutes mes émotions passent par mon corps avant de passer par mon cerveau. J'ai appris après à travailler le texte. Donc voilà, mais je pense que... Le sport, ça m'aide énormément à connaître mon corps, et donc à connaître ma respiration, à quel moment je suis essoufflée, même la posture. Une posture, ça raconte autre chose, donc en fonction d'un rôle, si t'as une posture fermée, ça traduit quelque chose sur ce qui se passe dans ta tête. Bon, plein de choses. Et je pense que mon rapport au corps et le fait de connaître très très bien mon corps me permet de mieux... Pas forcément de mieux, mais en tout cas de faire passer mes rôles physiquement avant de les faire passer dans ma tête.
- Speaker #0
Il y a des moments où, quand tu tournes, quand tu es vraiment en train d'enregistrer, tu sens que toi, tu n'es pas dedans. ou que t'es dedans. Bien sûr ! C'est difficile à expliquer, j'ai du mal à expliquer. Mais est-ce que tu sens des décalages ou pas ?
- Speaker #1
Grave ! Oui, il y a des moments où tu sens que ah bah là, j'y crois pas vraiment. Tu sais quand t'es en train de jouer quelque chose et que tu te dis ah, je suis un peu en train de trafiquer.
- Speaker #0
Tu bricoles.
- Speaker #1
Je bricole, je fais un peu semblant. Parce que là, dans mon cœur, dans l'état dans lequel je suis aujourd'hui, j'arrive pas à ressentir cette émotion.
- Speaker #0
Et tu fais comment ? Alors du coup, tu dis on coupe et tu reviens 30 secondes après ?
- Speaker #1
Bah soit à ce moment-là, du coup, il faut être technicien. C'est ce que je disais, il faut passer par le cerveau. Parce que tu peux aussi très bien bricoler. Et il y a des acteurs comme ça qui ont des immenses carrières, qui pour moi sont des acteurs techniques, qui sont juste des excellents performateurs, et qui bricolent extrêmement bien. Ça ne t'empêche pas de jouer juste.
- Speaker #0
Et ça passe ?
- Speaker #1
Et ça passe par la tête et par la technique, comment tu poses ta voix, le regard au bon moment, la bonne respiration. Il y a des gens qui savent pleurer de façon technique. Moi, ça ne me touche pas. Mais pour le coup, tu vois que du feu. C'est ça, l'expression. Moi, c'est quelque chose dans lequel je ne prends pas de plaisir quand à être technicienne. Ça ne m'intéresse pas trop. Je préfère vraiment ressentir et avoir l'impression d'être sincère puisque c'est quelque chose d'important pour moi dans ma vie, l'honnêteté. Je crois que c'est ce qui drive ma vie. C'est un peu mon mantra.
- Speaker #0
Du coup, dans le cinéma, peut-être que ce n'est pas forcément le plus simple.
- Speaker #1
Et non. Du coup, ça m'arrive de me dire « Putain, je ne suis pas dedans. » C'est très... pas du tout agréable, mais il faut accepter. On ne peut pas être tout le temps dedans. Et il y a des moments où, au contraire, tu te dis, là, je me suis oubliée, j'y croyais, tu as l'impression de t'envoler un peu. Et là, par exemple, tu vois, il y a un rapport avec le sport.
- Speaker #0
Le monde flow, quoi.
- Speaker #1
Voilà. Dans le sport, parfois, il y a des moments où tu es juste en euphorie et tu laisses ton corps partir parce qu'il sait ce qu'il fait. Et ça peut être pareil dans le jeu.
- Speaker #0
Ça, on a un peu parlé en off du coup du marathon, mais est-ce que tu as eu cet effet de flow un peu similaire, tu vois, au jeu ? Tu t'oublies, en fait. Tu kiffes et tu sens même pas le temps passer.
- Speaker #1
Mais totalement. Moi, mon expérience du marathon, elle est idyllique. J'aurais jamais pensé. La semaine d'avant, j'étais tellement stressée. Je me suis renseignée sur tout. J'entendais parler du mur, des troncs. Je me disais, oh là là, ça a l'air abominable et tout. Et mon marathon, c'était dingue. J'ai fait 3h46 et vraiment, dans ma tête, je pense que c'est passé en 30 minutes. J'étais au-dessus de moi-même, quoi. J'ai senti aucune douleur, aucune difficulté. La seule douleur que j'avais, et ce n'est pas une blague, c'est que j'avais des crampes aux joues tellement je souriais. J'en pouvais plus de sourire comme une débile. Et je me disais, mais arrête de sourire. Et je n'y arrivais pas. Et j'étais comme, je courais, le sourire aux lèvres. Mais j'avais même des fourrures toutes seules. J'étais euphorique.
- Speaker #0
Oui, tu as ce truc d'euphorie, de l'effort qui fait que tu lâches de la morphine.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
C'était génial.
- Speaker #0
Et donc cette phase-là, tu l'as parfois aussi en tournant, tu sens que t'es un peu au-dessus. Complètement. C'est fluide, quoi.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Et ça, les réels le sentent aussi, du coup ? Que toi, tu l'es ? Enfin, tu sais ce que je veux dire ? Ah oui, je pense. Ils disent, là, c'est bon, c'est parfait, quoi.
- Speaker #1
Oui, mais tout réel n'est pas forcément bon directeur d'acteur. Il y a des réels qui sont meilleurs dans la technique, donc qui vont être des super metteurs en scène, mais pas forcément directeurs d'acteur. Mais généralement, oui, ils le sentent. Ça s'entend, mais tout le monde le sent. Même, il se passe... Quelque chose d'un peu mystique sur un plateau, quand il y a des scènes comme ça où l'acteur s'envole, ça se sent, il y a une énergie sur le plateau où ça devient tout d'un coup très calme et c'est beau. Je pense que tout le monde le ressent plus ou moins, que ce soit les gens à la lumière ou au costume.
- Speaker #0
Toi, tu l'as vécu ? Tu as un exemple de scène dans un film ou dans une série où ça t'est arrivé ?
- Speaker #1
Oui, ça m'est arrivé d'avoir des moments comme ça, assez beaux et émouvants. Après, là, c'est encore autre chose. Parce que c'était un plan séquence, mais j'ai fait un film d'horreur qui s'appelle Mads.
- Speaker #0
Ouais, j'ai vu. Tu as tourné en Alsace d'ailleurs.
- Speaker #1
Exactement ! Tu viens de là-bas ? Et bah voilà. Et moi j'ai toute la fin du film parce que c'est un triptyque. Tu l'as vu le film ?
- Speaker #0
Non, j'ai pas vu. J'ai vu la bande d'annonce.
- Speaker #1
Bon bah, c'est un film d'horreur qui dure une heure et demie, qui a été tourné en une seule séquence, sur 11 kilomètres. Donc c'était...
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Ouais, fou comme expérience.
- Speaker #0
Techniquement ça va être compliqué.
- Speaker #1
Techniquement fou, 5 véhicules, enfin voilà. Et du coup, on est trois acteurs principaux à se passer le flambeau. Donc, on tient 30 minutes du film chacun. Et moi, j'ai les 30 dernières minutes. Et il y avait un truc comme ça, sur la scène de fin, j'ai une scène un peu particulière où je pleure et je rigole en même temps. Et il y a toute la ville derrière qui est en train de s'effondrer. Bref. Et ouais, j'ai senti qu'il se passait ça. J'entendais le réal pleurer derrière le combo. Et il y avait un truc un peu... un peu mystique quand tu touches la grâce parfois c'est hyper prétentieux j'ai l'impression de ce que je dis c'est quelque chose d'équipe je dis pas que c'est moi qui ai tout fait c'est l'alchimie de plusieurs éléments qui font que ça prend et que tout d'un coup on se dit notre travail il est clos
- Speaker #0
devant nos yeux c'est trop bien mais j'ai vu qu'il avait été bien reçu un peu partout dans le monde ce film il a eu une très belle vie dans le monde entier on a eu plein de prix,
- Speaker #1
il est sorti partout en France un peu moins
- Speaker #0
puisque déjà le genre ça reste encore compliqué en France c'est un genre que t'aimes bien toi ? j'adore je suis en train de me diriger de plus en plus par là-bas c'est marrant dans le perso c'est un peu à l'opposé de ton personnage de ta vie du quotidien c'est un peu rien à voir non ? c'est ça qui est intéressant je veux dire aussi bien.
- Speaker #1
Oui, et en même temps, tu vois, il y a un truc où, dans le film d'horreur, c'est pas confortable. Ça te demande toujours de t'impliquer. C'est un peu comme un terrain de boxe. Physiquement, c'est difficile. Émotionnellement, c'est difficile. C'est un challenge contre toi-même. Donc je pense que c'est pas si étonnant que ça.
- Speaker #0
C'est vrai. Comment tu gères les hauts et les bas de ta carrière ? Tu l'as dit un peu en intro que t'as des personnes qui vont te promettre des choses. ta... La vie d'artiste, c'est ça, c'est quand même cyclique. Comment tu gères les hauts et les bas ? Puisque c'est difficile de se dire, une année, t'es tout en haut, et l'année d'après, t'es pas en bas, mais t'es dans l'entremont parce que t'as pas de rôle, etc. Comment tu gères ça, toi ?
- Speaker #1
Je le gère déjà en étant très résiliente, parce que ça sert à rien de se faire du mal sur des choses sur lesquelles t'as aucune prise, vraiment. Et surtout, je fais plein de choses. Et pour moi, la seule solution, c'est ça, c'est de ne pas attendre. de pas être là dans ton coin à attendre parce que sinon l'attente ça te mange donc je fais plein de trucs, notamment le sport le sport ça me c'est un exutoire de dingue, ça prend du temps et puis surtout ça me procure des shots d'adrénaline et d'endorphine tous les jours donc ça c'est génial donc par ça, et puis j'écris beaucoup je réalise aussi donc je commence à être moteur de projet
- Speaker #0
Tu veux faire ton film ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok. Ouais, c'est encore autre chose, là. Donc là, après, il va y avoir tout ce qui est trouver un producteur, etc.
- Speaker #1
Ouais, j'en ai un. Pour le coup, là, ça y est, ça fait deux ans que j'écris, donc j'ai un peu des projets dans tous les sens. Donc oui, je suis hyper active, je suis hyper curieuse, je fais plein de choses, je rencontre plein de monde, je commence à travailler avec des marques, je fais plein de sports. Enfin, donc, en fait, c'est comme ça. J'essaie de me dire, s'il n'y a pas le cinéma dans ma vie, est-ce que... elle est quand même trop bien ma vie. Et là, la réponse, elle est oui. Et pendant très longtemps avant, je me disais, ma vie, elle sera trop bien quand je serai à cet endroit dans ma carrière. Sauf qu'en fait, ma vie, elle est maintenant. Donc, il faut qu'elle soit trop bien maintenant. Et le jour où ma carrière, elle va décoller, elle va décoller. Et ce sera encore mieux.
- Speaker #0
C'est super intéressant. Ouais. Tu sais, les athlètes de haut niveau, souvent, ils ont ce truc-là d'avoir que le sport. Ouais. Du coup, on en a parlé avec Quentin, que tu connais aussi. Ouais, ouais, bien sûr. Et il disait qu'il a eu une petite mort, en fait, quand il a arrêté sa carrière, puisque lui se définissait que par... par le sport, tu vois. Et toi, j'ai l'impression que tu as compris ce truc d'avoir plusieurs identités, enfin de construire ton identité plutôt sur plusieurs piliers.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce qui te permet d'être plus forte mentalement finalement.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Et est-ce que quand tu as des phases de creux, est-ce que tu vas chercher des rôles ? Est-ce que tu fais des essais, des castings tout le temps ? Ou juste par moment, tu te dis, je mets un peu de côté et je reviens dans six mois rechercher un rôle ?
- Speaker #1
En fait, on ne peut pas aller chercher des rôles.
- Speaker #0
D'accord, ça marche pas comme ça, tu toques pas une porte en disant je peux ce que je veux
- Speaker #1
Non, c'est ça qui est frustrant en fait dans ce métier c'est qu'on est au courant des castings qui se font donc moi je sais très bien tous les castings qui ont lieu en ce moment pour les rôles auxquels je corresponds et auxquels j'aimerais bien auditionner mais pour le coup la barrière à l'entrée des castings elle existe aussi donc on peut pas passer un casting parce qu'on a envie de le passer Et c'est pas nous qui allons les chercher, c'est notre agent. Donc le seul truc qu'on peut faire, c'est dire « Ah, j'ai entendu parler de ça, est-ce que tu peux essayer d'appeler le ou la directeur, directrice de casting ? » Après, eux, aujourd'hui, les directeurs de casting, ils ont moins de temps, parce qu'il y a moins d'argent, donc ils peuvent voir pas beaucoup de monde. Donc déjà, rien que le fait d'avoir un casting, c'est une chance. C'est pour ça que je te disais tout à l'heure qu'il y a une pression aussi. C'est que tu as eu la chance d'avoir un rendez-vous, bon, et c'est de l'honorer. Donc moi, je ne peux pas aller chercher des castings. Donc c'est mon agent qui...
- Speaker #0
Je suis hyper naïf. Moi, je pensais que ça sortait sur un site internet. Tu disais, je rigole, mais j'exagère. Mais je vois ce que tu veux dire. Pas du tout, en fait. Non, donc c'est... Donc c'est le directeur de casting qui va dire, je veux bien peut-être revoir cette personne.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est super dur.
- Speaker #1
C'est super dur.
- Speaker #0
Ok, on ne se rend pas compte de ça. Et donc en fait, tout ce qu'il peut faire, c'est souffler l'info, mais en fait croiser les doigts que quelqu'un veuille bien te faire presser un peu. Te voir,
- Speaker #1
bien sûr. Et bien souvent, nos agents, ils sont au courant, c'est des bons agents, ils savent tout ce qui se fait. Donc quand tu lui dis, ah j'ai entendu parler de ça, il dit, bah oui, on a déjà parlé toi à la directrice de casting, t'inquiète pas qu'elle est bien au courant qu'on a envie de te mettre sur le rôle, mais pour l'instant, elle n'a pas donné de rendez-vous. T'es en mode, bon bah, ok.
- Speaker #0
Tu connais la proportion, le nombre d'acteurs et actrices et le nombre de productions par an pour un peu près la concurrence ?
- Speaker #1
Non, mais c'est dérisoire.
- Speaker #0
T'as très peu de chance en fait. Après toi, t'es déjà implantée, t'es déjà visible.
- Speaker #1
Bien sûr, moi je suis déjà visible, mais pour autant, je prends le dernier wagon du train devant plein de gens. Derrière, plein de gens. Parce que c'est une réalité et j'ai aucun problème avec ça, mais il y a les fils d'eux. je vais te poser la question plus tard mais ok allons-y non mais c'est vrai il passe avant mais c'est ok c'est réel et c'est comme ça dans tous les métiers d'ailleurs donc on en parle beaucoup dans le cinéma parce que c'est des personnes qui ont de la notoriété mais en soi c'est comme ça partout, les fils d'eux ils passent avant tout le monde, les gens qui ont des abonnés sur insta,
- Speaker #0
quand je dis abonnés c'est beaucoup d'abonnés et ça veut dire quoi parce qu'ils attendent d'eux à la sortie du film qu'ils relaient et ça fait un moyen de com ou parce que Oui !
- Speaker #1
Parce que, en fait, c'est juste une question de notoriété. Si tu vois, par exemple, machin du jardin, j'ai essayé de donner un nom qui n'existe pas comme ça, mais machin du jardin, tu te dis « Ah, c'est la fille du jardin, j'ai envie d'aller voir. » Si tu vois un nom d'une influenceuse ou un influenceur hyper connu, tu te dis « Ah, je la connais, j'ai envie d'aller voir. » C'est juste une question de notoriété. Il y a de l'audience. Voilà, comme tout.
- Speaker #0
Ok. Et tu penses que, du coup, Enfin... Toi, tu as quand même pas mal de... Tu as 19 000 ou 20 000 abonnés, je crois.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Attention. Un acteur ou une actrice qui a genre 100 000, même si tu es meilleur qu'elle, tu penses que le rôle...
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ah, c'est fou.
- Speaker #1
Parce que je crois que c'est Laurent Grégoire qui a fait une interview il n'y a pas longtemps en disant à talent égal, celui qui a plus d'abonnés gagne. Je ne suis pas d'accord. En fait, non, ce n'est pas vrai. Ça dépend des projets. Il y en a plein aussi qui s'en foutent. complètement désabonnés et qui vont vraiment... Mais le truc, c'est que de moins en moins, parce qu'il y a aussi les plateformes aujourd'hui, et pour les plateformes, c'est assez important, mais ça s'entend aussi. Derrière, c'est des budgets énormes. T'as envie d'avoir une rentabilité. Donc voilà, mais oui, oui.
- Speaker #0
Oui, toi, tu comprends parce que tu vas l'envers aussi économiquement.
- Speaker #1
Et puis, je dis pas que ça me fait plaisir. mais je comprends parce que de toute façon il faut bien comprendre sinon tu deviens aigri c'est clair,
- Speaker #0
même si dans ce milieu il y en a plein qui sont aigris et énervés contre le système bien sûr,
- Speaker #1
après je t'avoue qu'avec mes potes je dis pas le même discours là ce sera écouté en public c'est différent évidemment que c'est compréhensible si j'étais productrice et que je mettais ma boîte en péril quand je fais un film bah c'est Oui, j'ai envie d'avoir un nom. Ça rassure.
- Speaker #0
Là, justement, t'écris. Demande donne la chance de faire ton film. Est-ce que tu choisiras du coup des personnes ? Tu penseras à cette réalité économique ou tu prendras juste des personnes vraiment parce que, artistiquement, c'est ces personnes-là ?
- Speaker #1
Le truc, c'est que je suis obligée de faire un espèce de compromis entre les deux. Je prendrai jamais des gens que j'ai pas envie de filmer parce que sinon, je prends pas de plaisir à faire mon film, donc ça sert à rien. Mais par contre... le truc c'est que si je choisis des gens qui sont pas on appelle ça bankable bah mon film il va pas se faire c'est tout simple ouais c'est tout simple donc en fait quand t'arrives avec un projet même si t'as ton producteur et que t'arrives en face d'un distributeur il te suit pas il te débloque pas il te dit oui moi je te débloque les fonds mais il faut un nom d'accord donc en fait t'es obligé ça marche comme ça ça marche comme ça
- Speaker #0
Il parle de quoi ton film ? Je sais pas si tu peux en parler.
- Speaker #1
En fait, j'en ai plusieurs. Là, pour le coup, celui dont je suis en train de parler, c'est un film que j'ai pas écrit, sur lequel je travaille depuis longtemps, plus en tant que... C'est avec un producteur que j'apprécie énormément, avec lequel je travaille beaucoup. Il m'envoie beaucoup de ses scénarios, je lui fais pas mal de retours. Et celui-ci, on s'est rendu compte que c'était un peu logique et inévitable que je le réalise parce que ça fait plus d'un an que je lui fais des retours dessus et que c'est un sujet qui me parle beaucoup. C'est un film qui parle de l'addiction, l'addiction à la drogue. Et c'est un film carcéral.
- Speaker #0
Donc voilà, sur une histoire d'amour entre un homme toxicomane et une femme qui pense que tu peux sauver quelqu'un par amour, mais tu ne peux pas sauver quelqu'un qui n'a pas envie d'être sauvé. Voilà, en gros.
- Speaker #1
Mais pareil, un peu comme les sports, tu varies aussi de genre. Grave. Horreur, comédie, action avec Aka. Ouais. Donc ça va être très difficile de se mettre mentalement dans des rôles différents. Parce qu'il y a des acteurs et des actrices qui font un peu souvent les mêmes trucs. Ils ont leur palette et ils enchaînent, je pense, les productions. Toi, tu essaies de toucher à tout.
- Speaker #0
Grave.
- Speaker #1
Comment tu fais ? Ça va être super difficile de s'adapter.
- Speaker #0
Pour moi, c'est plus simple. Après, je pense que ça dépend de... Mais comme je te disais, je suis hyper curieuse, je suis hyper active. Je crois que j'ai plein de trucs en moi qui débordent. Et du coup, moi, je tends vraiment à pouvoir tout faire. Je sais qu'il y a des choses sur lesquelles on croira moins. Mais j'adore l'humour, j'adore la comédie, donc pourquoi m'en priver ? J'adore le film d'horreur, j'adore le film d'action. Si je peux tout faire, let's go. Et puis ça me fait du bien. Au contraire, plus je fais des choses différentes, plus je respire. Parce que faire tout le temps la même chose, j'aurais l'impression de me perdre, je crois. Je ne me perds pas en diversifiant, je me perds en faisant la même chose.
- Speaker #1
Ok, intéressant. Et tu crois qu'on peut te cataloguer aussi dans ta carrière ? Ouais. Ouais, ok. Parce que toi, par exemple, tu as... Enfin... On va dire que le film le plus visible, c'était A.K.A. sur Netflix.
- Speaker #0
Ouais, validé peut-être aujourd'hui. Validé, ouais.
- Speaker #1
En tout cas, c'est deux genres. Est-ce que tu as des auteurs ou des films où peut-être plus... J'ai mal à l'exprimer, désolé. Non,
- Speaker #0
mais bien sûr.
- Speaker #1
Moins mainstream, moins commerciaux. On va y arriver. Et du coup, quand on dirait que Lucille, en fait, elle est plus faite pour ses productions là, mais je ne vais pas la prendre dans un truc plus niche.
- Speaker #0
Oui, c'est une grosse peur que j'ai eue. Mais en même temps, il faut bien qu'on nous voit. On ne peut pas refuser du travail. Et après, une fois que tu as cette lumière-là sur des projets un peu mainstream, c'est là où il faut faire un peu des bons choix. C'est sûr que si ensuite j'enchaîne avec, je ne sais pas moi, Balper du 4 et La Cage, bon, je m'enferme. Parce que ça fait beaucoup d'un coup. Là, je pense que ça va, j'ai fait un film d'horreur, j'ai trois projets de genre qui arrivent. Donc oui c'est une peur Et c'est une réalité On peut vite nous mettre dans des cases Mais là c'est à moi de refuser certaines choses T'as refusé des projets ? Ouais il y a des castings Ou même des projets où je me suis dit Ouais ce serait cool parce que j'ai besoin d'argent Mais en même temps si j'avais voulu faire de l'argent J'aurais continué mes études d'économie Donc je fais pas ce métier pour l'argent Donc on dit non et on attend C'est le même remarque C'est pas faux Mais du coup, ouais. Et puis surtout, je sais que, bon, artistiquement, c'est pas... Enfin, si, j'adore les projets mainstream, mais j'ai vraiment envie de faire des films indépendants. J'ai envie de faire du cinéma, même du cinéma qui est pas trop regardé, c'est pas grave. Moi, je suis fascinée par David Lynch. J'ai envie de faire du film de genre, des films sociaux. Des films, enfin... C'est vraiment... Donc, si j'ai envie de le faire, il faut aussi que je sois patiente et que je fasse des choix, quoi.
- Speaker #1
Ouais, ouais, carrément. T'as des films que... Ça va être difficile de le dire, ça, peut-être, mais parce qu'il faut que tu manges aussi, que tu gagnes de l'argent, t'as accepté des projets alimentaires ?
- Speaker #0
Ouais, mais ça va. Oui, oui.
- Speaker #1
C'est marrant.
- Speaker #0
En tout cas, il y a des projets où ça a pesé dans la balance. Je me suis pas dit, je le fais 100% que pour l'art, mais il n'y a rien que je regrette.
- Speaker #1
OK. Toi qui adores le sport. T'as pas envie de faire un film dans ce domaine ?
- Speaker #0
Mais si ! Mais j'en ai écrit un, d'ailleurs. Trop bien. Ouais, j'ai écrit un film de sport. Mais si, j'adorerais. Vraiment, j'en rêve. Et puis, du coup, d'avoir toute la prépa physique pour le rôle, de jouer une athlète de haut niveau. Enfin, ouais, j'aimerais trop. Mais je devais. Tu sais, tout à l'heure, on parlait de la boxe. Et je devais faire un gros film d'action comme ça, en rôle principal, qui s'est annulé à la... dernière minute, ça a été très dur. Parce qu'on en parlait depuis un an et demi, j'avais le scénario. Tu travailles. Ouais, et quelques mois avant le tournage, finalement, on a perdu Netflix. Donc c'était un peu chiant. Mais ça fait partie du truc. Mais donc je pense que ça arrivera,
- Speaker #1
ouais. Comment ça marche, d'ailleurs ? Parce que Netflix, ils peuvent te dire du jour au lendemain c'est fini, en fait ?
- Speaker #0
Ils peuvent te dire, finalement, on le fait plus. Parce que, aussi, ces dernières années, il y a eu pas mal de mouvements. Les directrices ont changé, les équipes ont changé. Donc en fait, quand tu avais commencé un projet avec une autre équipe, la nouvelle équipe qui arrive, elle a peut-être moins d'atomes crochus avec.
- Speaker #1
ok c'est quand même assez instable en fait hyper instable t'as l'euphorie et d'un coup ça peut être la fin bien sûr j'ai appris à ne plus me réjouir de rien c'est vrai ?
- Speaker #0
quand je te disais j'ai 3 projets qui arrivent alors je suis contente mais tant que je suis pas sur le plateau j'y crois pas mais en fait t'as gagné en lucidité mais bien sûr aujourd'hui être pris sur un film ça veut pas dire que tu vas faire le film c'est dur Ciao !
- Speaker #1
Tu ne peux même plus fêter quand tu as obtenu le rôle. Tu attends que ça tourne. Ouais. Ok. Donc, film de sport. Et ce serait quoi ? Course ou rien d'abord ? Peu importe.
- Speaker #0
Boxe. J'aimerais trop jouer une boxeuse. Mais même... Ouais, même... Là, je suis en train de voir... Enfin, parce qu'avec mon co-scénariste qui s'appelle Ludovic Lefebvre, qui écrit beaucoup de films de genre aussi, qui est très talentueux. On est en train de réfléchir à un film sur une meuf qui fait des ultra-trails et tout.
- Speaker #1
ça peut être cool j'ai interviewé un ultra trailer hier c'est un milieu qui t'intéresse, tu voudrais t'y mettre toi ?
- Speaker #0
c'est vrai,
- Speaker #1
évidemment après le marathon tu vas en faire ?
- Speaker #0
bah là je suis en train de regarder ce qu'il y a mais je pense qu'on va commencer à en faire bientôt t'en as déjà fait ? non, jamais, mais en plus vu que le marathon je l'ai fait avec Azix Merci. et que je m'entends trop bien avec ASICS eux ils sont beaucoup dans le trail et ils m'ont dit qu'ils étaient chauds pour qu'on continue l'aventure ensemble et notamment sur les trails donc j'ai trop envie de découvrir toi tu vas finir sur le TMB je pense c'est sûr avec eux ouais j'espère trop bien comment ça s'appelle aux Etats-Unis le mode day tu vois pas ce que c'est ?
- Speaker #1
je retrouverai tu m'en diras Il y en a partout, mais c'est vrai que ça pourrait te plaire, je pense, toi qui as ce truc mental et tout.
- Speaker #0
Ah ouais, ça a l'air trop bien. Et puis surtout, le contact avec la nature, du coup, ça dépend où, mais souvent, trop bien.
- Speaker #1
Ouais, carrément. Comment tu fais pour te préparer mentalement à un rôle justement pour... Tu as des films qui sont hyper exigeants physiquement et tout ça. Est-ce que tu as des routines ? Je m'imagine que la discipline fait partie de ta vie, tu fais beaucoup de sport. Est-ce que tu as d'autres trucs mentaux que tu mets en place ? Merci. pour être prête et pas passer à côté justement d'un tournage ?
- Speaker #0
ça dépend des rôles, je crois que j'ai pas une routine non, si je vais avoir tu t'adaptes aussi franchement j'ai pas du tout préparé pareil le film d'Hakim Bougueraba qui est de la comédie où il fallait que je sois hyper solaire et Mads le film d'horreur où il faut que je fasse du scout sans casque avec une meuf derrière qui est en train de me bouffer enfin C'est pas pareil.
- Speaker #1
C'était quoi le rôle le plus exigeant pour toi ?
- Speaker #0
C'était le film d'horreur.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Physiquement, c'était... J'ai fini le tournage avec les jambes bleues, une entorse. C'était extrêmement éprouvant. Et puis tu te prends une dose de stress et d'adrénaline. Tu sais qu'il n'y a que 5 chances pour tourner un film en une séquence. Si tu loupes quelque chose...
- Speaker #1
Ça, c'est horrible. Ah ouais. Parce que c'est un plan séquence de combien de temps ?
- Speaker #0
Une heure et demie.
- Speaker #1
Ah ouais, ok. Donc tu peux pas rater un seul truc. Rien. Ok. Et vous avez recommencé combien de fois ?
- Speaker #0
On avait que cinq essais.
- Speaker #1
Cinq essais, quoi. Pour par contrainte de temps, d'argent ? De budget, en fait,
- Speaker #0
il fallait qu'on bloque toute la ville.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc en fait, on avait du lundi au vendredi, une heure et demie la ville bloquée. Donc on avait une heure et demie par soir pour faire le film. Les deux premiers soirs, lundi et mardi, ça a loupé. Problème technique et tout. Donc, on s'est dit, ça pue. Et en fait, les trois derniers soirs, on a eu un film à chaque fois. Donc, on a trois films différents.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
C'est incroyable, ça. Oui, trois versions différentes. Je trouvais ça trop intéressant de diffuser les trois, d'ailleurs.
- Speaker #1
Oui, grave.
- Speaker #0
Mais on a choisi la toute dernière.
- Speaker #1
OK. Et donc, ça, c'était plus éprouvant. Mais tu es avec des blouettes. Tu es engagée physiquement dans le truc. Et oui. OK. D'ailleurs, sortir éreinté de...
- Speaker #0
éreinté. Et en même temps, il y a eu un truc en moi qui s'est libéré. Par exemple, c'est fou, mais c'est un film où je finis en sang. J'ai du sang partout sur le corps. Je crois que ça faisait 5 ou 6 ans que je mangeais plus de viande. Et le lendemain du tournage, j'étais en mode « Je vais manger de la viande. » Ça m'a débloqué. Parce que je mangeais pas. C'est horrible ce que je vais dire, mais j'avais pas arrêté la viande par conviction, j'avais juste arrêté la viande parce que j'ai eu un blocage psychologique où j'arrivais pas. Je mangeais que du poulet et de la viande blanche du coup. Et le lendemain du tournage, je tapais une côte de bœuf genre.
- Speaker #1
Mais c'est dingue. C'est fou hein. C'est le rôle, quand ton personnage du coup...
- Speaker #0
Ouais, je sais pas, sur rapport au sang, je sais pas.
- Speaker #1
C'est fou ça quand même.
- Speaker #0
On lâchait prise, ouais.
- Speaker #1
Parfois, ton rôle t'impacte encore dans ton quotidien après, après un tournage ?
- Speaker #0
Tout le temps.
- Speaker #1
Tout le temps, ah ouais ?
- Speaker #0
Bah ouais, en fait, du coup, c'est ce que je te disais, moi j'aime bien croire à ce que je joue, sauf que pour croire à ce que tu joues, il faut le ressentir, et donc t'es obligé de le vivre en fait, t'es obligé de l'expérimenter à un endroit, et moi je crois que c'est pour ça que je suis accro à mon métier, c'est que ça me permet de me développer et de me dépasser, et de me confronter à mes blocages. Parfois c'est très dur quand tu te rends compte qu'il y a un rôle que t'arrives pas à jouer, Tu te dis, pourquoi ce sentiment-là ou cette énergie-là, je n'arrive pas à la jouer ? Parce que c'est quelque chose qui, chez toi, est encore bloqué. C'est un rapport avec toi-même. Pendant très longtemps, j'avais du mal à jouer les filles sensuelles et féminines. Et un jour, c'est une anecdote, mais un jour, j'étais à un cours de théâtre. Et mon prof, c'était il y a un petit moment, il m'avait donné un rôle justement d'une fille très séductrice. Et je joue le truc et il me dit « Mais non, mais pas du tout ! » Et moi, j'avais vraiment l'impression de jouer la meuf séductrice. Et il me dit « Mais, enfin, on aurait dit une petite fille. » Et en fait, là, je me suis effondrée en larmes parce que j'avais envie de dire à mon prof, qui était un homme de 50 ans, « Bah, montre-moi comment on fait. » J'avais envie de demander à mon prof, genre « Bah, vas-y ! » Genre, je sais pas faire, montre-moi comment être une femme séductrice. Et je me suis dit « Waouh ! » Sur ça, genre, je... intimement j'ai un truc qui est tellement pas développé et je trouve ça fou parce qu'en fait pour jouer tous ces rôles il faut se connaître soi tellement bien donc dès que je joue un nouveau rôle j'apprends quelque chose sur moi t'as vraiment des blocages personnels qui peuvent se bloquer dans des rôles ah grave mais c'est pour ça qu'on fait tout ce métier ah mais évidemment le rapport à la femme aux hommes c'est pour ça que je fais autant de sport moi quand je fais du sport je suis pas en compétition avec les meufs je suis en compétition avec les mecs J'adore emmener des potes à la salle et je fais vomir mes potes mecs à la salle. C'est ma petite passion.
- Speaker #1
La boxe aussi ?
- Speaker #0
La boxe, il y a un rapport au poids et à la force physique qui est d'emblée... La course, bien sûr. Le cardio et tout, les high rocks. Ah oui,
- Speaker #1
t'en as fait deux. Et donc là, sur le marathon, t'avais des potes avec qui tu voulais les battre ?
- Speaker #0
J'ai fait le marathon avec un ami à moi. Mais pour le coup, on s'était dit qu'on allait le finir ensemble. Donc là, il n'y avait vraiment pas du tout de compète. Bon, on l'a pas fini ensemble, mais on a couru ensemble jusqu'au 30ème et il s'est pris le mur. Mais là, non, il n'y avait pas de compète.
- Speaker #1
Ok, donc t'as des rôles qui sont des blocages. Mais t'arrives à les lever après ces blocages ? T'arrives à les lever depuis ?
- Speaker #0
Bien sûr. Si on prend celui-là. En fait, après, c'est pour ça qu'on dit que tous les artistes sont torturés aussi et qu'en fait, juste ce métier, c'est une thérapie. Donc c'est trop bien.
- Speaker #1
Ok. T'as fait, je sais pas si c'est très perso, mais t'as déjà fait de la thérapie pour essayer de lever des blocages de rôle ? En disant, c'est intéressant que ça ressorte là, t'es allée voir quelqu'un pour essayer d'en parler ?
- Speaker #0
Non, il n'y a quand même pas des rôles qui m'ont emmenée vers des thérapeutes. J'ai déjà vu des psys, mais je trouve ça trop bien d'aller voir un psy. Moi, j'ai pas trouvé un bon, donc j'ai arrêté très vite, très souvent. Enfin, très souvent. J'en ai juste essayé deux et à chaque fois, ça l'a pas trop trop fait. Mais en vrai, si t'as les moyens, se payer un psy, c'est génial.
- Speaker #1
tout le monde devrait le faire je suis d'accord je suis prêt à le mettre en avant c'est apprendre à se connaître c'est super important mais en fait ce que je voulais dire c'est que toi tu as ce truc d'apprendre à se connaître via les rôles oui aussi donc tu comprends plein de choses en toi à travers des trucs que tu prépares ou tu peux te rendre compte aussi des énergies du moment il y a des moments où tu as un casting où il faut jouer une meuf euh...
- Speaker #0
amoureuse ou je sais pas, triste ou en colère, c'est pas ton énergie du moment donc c'est dur d'aller la convoquer et ça raconte, enfin tiens on est tout le temps en train de s'analyser du coup et de s'introspecter, c'est trop intéressant
- Speaker #1
Dans Valider t'avais ça quand même parce que du coup tu joues une journaliste qui tombe amoureuse d'un des rappeurs t'as eu ce truc là dans ton âge ou des moments où tu te dis ah je suis pas dans l'énergie, c'est compliqué, j'ai du mal à le faire
- Speaker #0
Non ça va Non non ça va, Valider ça restait quand même Mouah ! Pas si loin de moi, parce que c'était quand même une fille qui était dans un environnement très masculin. Donc ça.
- Speaker #1
Ok. Et pour te challenger, tu arriverais à prendre un rôle vraiment à l'opposé de toi ? Justement très féminine, très séductrice ?
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
J'ai pas d'idée de film comme ça, mais tu vois l'idée ?
- Speaker #0
Oui, j'y arriverais. De toute façon, j'ai envie de tout jouer. Après, je crois que c'est pas ce qui me fait le plus kiffer. Moi, j'aime bien qu'on m'abîme un peu, je crois. Ok,
- Speaker #1
donner le film de l'heure.
- Speaker #0
Ouais, voilà. Je sais pas si jouer, tu vois, par exemple, Milady dans Les Trois Mousquetaires, être en corset, trop jolie et aminodée, je suis pas sûre que je prendrais la...
- Speaker #1
un plaisir fou à le faire donc c'est pas forcément ce que tu recherches t'as des films comme ça plutôt des réels ou des acteurs avec qui t'as vraiment envie de jouer ouais il y a plein de bah
- Speaker #0
ouais après j'aimerais trop jouer avec Harry Lester je trouve que ces films à chaque fois ils sont brillants Xavier Ghianoli aussi là même dernièrement les rayons et les ombres c'est trop beau incroyable, je trouve que c'est un super réalisateur à voir, mais tout ce qu'il fait c'est génial bon bah moi mon rêve ultime ça aurait été de jouer Kill Bill mais bon c'est pas grave tu peux faire un remake, du coup je vois le style de film moi c'était ma princesse Kill Bill quand j'étais petite, je la trouvais trop stylée ouais bah il y a tellement de gens avec qui j'aimerais travailler t'arrives à avoir des amis dans le milieu ?
- Speaker #1
grave ok ouais
- Speaker #0
Ouais, et franchement, j'ai des amis, mais qui sont...
- Speaker #1
C'est des amis d'avant ou que t'as rencontré... Enfin, d'avant en théâtre, tu vois, ou pendant ta carrière, que t'as rencontré pendant ton âge ?
- Speaker #0
C'est des amis de pendant, parce que les amis d'avant, je les considère pas des amis du milieu.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Parce que même j'ai des amis d'avant, par exemple, ma meilleure amie que je connais depuis j'ai 12 ans, elle est agent, ce qui est drôle.
- Speaker #1
C'est vrai, ok.
- Speaker #0
Donc on est dans le même milieu, incroyable, mais je la considère pas comme une pote du milieu. Et c'est pas ton agent ? Ah non, non, non, mais on ne voudrait pas.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
Ah non, ce serait trop chiant. Donc voilà, mais quand je dis que j'ai des amis dans le milieu, c'est des gens que vraiment j'ai rencontrés via le milieu, via les tournages ou potes de potes. Et ça peut être très difficile, mais vu que moi, je n'ai pas du tout un rapport concurrentiel, et en fait, j'ai des potes, mais surtout entre filles, où il n'y a zéro concurrence, il n'y a que de la bienveillance. On s'envoie nos castings en mode « Meuf, va passer ça, ça t'irait bien, j'ai reçu cette annonce, vas-y. » On se soutient. Et puis en fait, on ne parle pas de taf. On en parle un peu parce que c'est notre passion, mais le cœur de notre amitié repose sur vraiment notre vie. Mais j'ai vraiment des amis, des vrais amis.
- Speaker #1
Mais c'est bon à savoir, parce que tu vois, d'extérieur comme ça, on pourrait se dire que ça a l'air très compliqué, un peu un panier de crabe et tout, mais tu peux quand même avoir des bonnes relations.
- Speaker #0
Grave. Mais je pense que si t'es honnête et bienveillante, normalement t'attires des gens honnêtes et bienveillants, il y en a partout.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, ça dépend de ce que toi tu renvoies aussi potentiellement. T'as déjà eu des personnes que tu sentais pas ou qui ont été malveillantes à l'inverse ?
- Speaker #0
Ouais, un peu. Mais je me protège beaucoup. Je suis sauvage. Donc dès que je sens le moindre truc, je me ferme comme une huître et...
- Speaker #1
Ok, tu laisses pas la discussion. Non, en fait c'est ça.
- Speaker #0
Je laisse pas la place.
- Speaker #1
Ok. Ouais.
- Speaker #0
Mais après, ces gens-là, ils ne sont pas forcément malveillants. Je pense qu'ils sont plus dictés par la peur. Parce que c'est un milieu tellement dur que c'est normal d'avoir peur. Et du coup, tu as l'impression qu'il faut tout garder pour soi, pas partager. Mais ça, c'est parce que c'est ce que les autres nous racontent et nous font croire. Mais en vérité, ça ne te fait pas aller plus haut que tout garder pour toi.
- Speaker #1
Pas forcément. Au contraire. Comment tu gères le regard des autres ? Parce que c'est un métier où tu vis à travers le regard des autres. OK, il y a ta performance et t'as envie de livrer quelque chose, mais ce que tu veux, c'est quand même que l'autre apprécie ton travail. Comment tu gères ça ? Parce que c'est pas simple. J'ai creusé un peu hier, t'as une interview où tu dis l'ego est un très mauvais maître, mais un excellent serviteur.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et j'ai adoré cette phrase, je la connaissais pas. Merci. Tu peux nous l'expliquer. Et du coup, il y avait ce regard des autres égos que je voulais aborder avec toi.
- Speaker #0
Je crois que... C'est marrant, j'arrive jamais trop à répondre à cette question. Je crois que...
- Speaker #1
Non, ça veut dire qu'on te la pose souvent.
- Speaker #0
Même dans la vie, tu vois, parfois. Mais je crois vraiment que je m'en fous un peu du regard des gens. Mais sans vouloir... Non, sincèrement quand même. Ouais, je crois que vraiment, sincèrement. Parce que si j'arrive pas à y répondre... Parce que, tu vois, même si c'est ce que je te disais, déjà par rapport à l'apparence physique, je m'en tape. Je préfère même d'ailleurs être... être un peu dégradée, être un peu amochie. Il y a un truc où... En fait, j'ai grandi avec quatre frères et mon père. Donc à partir de là, j'étais déjà tellement en train d'essayer d'être le patron au sein de tous ces hommes que je crois que le regard des autres...
- Speaker #1
C'était la dernière ou pas ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non, ok.
- Speaker #0
Non, non. Donc ça va...
- Speaker #1
C'est vrai, rajouter une couche.
- Speaker #0
Ouais. Donc je sais pas, je suis assez affranchie du regard des gens parce que je suis en accord avec moi-même. donc j'ai pas forcément besoin de prouver quelque chose euh puis il y a une phrase que j'aime bien mais c'est que si tu plais à tout le monde tu plais à personne donc en fait voilà et l'ego ouais j'écris beaucoup de poèmes Et ce truc que l'ego est un excellent serviteur, mais un très mauvais maître, je la trouve vraie, parce que c'est très important d'avoir de l'ego. Mais parce qu'en fait, il faut s'aimer soi et se respecter, mettre ses limites et tout ça, ça passe aussi par de l'ego. Mais par contre, quand tu es toi-même l'esclave de ton ego, tu souffres énormément.
- Speaker #1
Comment on peut être esclave de son ego, si tu as des exemples ?
- Speaker #0
Dans plein de situations, même des situations amoureuses. Mais en fait, t'es emprisonné quand t'es esclave de ton égo. Tu te fais du mal parce que tu veux tellement pas lâcher prise et pas montrer de vulnérabilité que du coup...
- Speaker #1
Ok. Tu veux paraître tellement fort que tu... Tu veux paraître tellement fort.
- Speaker #0
Et que du coup, t'es pas souple. Et que dès qu'il y a quelque chose qui rentre pas dans ton cadre, comme t'aurais aimé, il vient te... taper, alors que si t'es souple, tu l'accueilles. C'est des images.
- Speaker #1
Donc c'est ça, cette phrase. J'essaie de la comprendre pour te l'expliquer. Parce que souvent, si t'es à plein de podcasts ou de trucs sur Insta où tu vois qu'il ne faut pas avoir d'ego, etc. Mais t'as bien tout très juste, il faut en avoir.
- Speaker #0
Bien sûr qu'il faut en avoir, c'est hyper important. Sinon, tu te laisses marcher dessus et tu ne te respectes pas et tu ne t'aimes pas. Mais le surmoi, c'est autre chose. Et trop d'ego, ça ne te rend pas libre.
- Speaker #1
C'est difficile, peut-être. Peut-être que c'est difficile d'être le juste humilé. C'est tellement dur. De mettre ses limites, d'être respectueux, et en même temps, qu'on ne te marche pas dessus, et qu'il ne soit pas non plus trop dur avec les autres, etc.
- Speaker #0
C'est extrêmement dur.
- Speaker #1
Et en même temps, c'est important. Peu importe le milieu, que ce soit dans le sport, dans le cinéma, toi ou tout le monde, c'est important. Pour conclure cet épisode, parce que je vois que ça passe très vite, il y a deux questions par lesquelles je termine. La première, c'est de quoi rêves-tu ? On a un peu parlé de ce que tu écris, mais est-ce qu'il y a autre chose ? C'est pas forcément dans le cinéma.
- Speaker #0
Ouais. Putain, j'ai envie de répondre de... C'est un podcast, t'inquiète. De façon un peu philosophique, mais je crois vraiment qu'en tout cas, aujourd'hui, dans ma vie, je rêve juste... Je crois que je suis un peu à l'endroit dont je rêve. tellement de choses que j'ai envie d'accomplir, mais c'est différent encore. J'ai envie d'accomplir plein de choses, mais je crois que je rêve juste d'être apaisée et d'être heureuse. Je crois qu'aujourd'hui, je le suis parce qu'en tout cas, avec ce qui m'est donné de possible, je fais tous les bons choix. Je n'ai pas du tout tout ce que je veux, loin de là. J'ai plein d'ambition. Mais par contre, avec ce que la vie m'offre, je suis hyper épanouie et je... Donc je crois que je rêve de mille choses. J'adore le voyage, j'ai envie de découvrir tout le monde, la nature, de faire mille expériences sportives, d'être surprise par la vie, de plein de beaux rôles, de travailler avec des gens géniaux, d'écrire plein de choses, j'ai envie d'écrire un livre, j'ai envie d'avoir une voix, j'ai envie aussi de faire des choses qui comptent et qui ont de l'impact. très touchée par tout ce qui va être la précarité, les SDF, l'addiction. Je rêve à plein de choses. Après, mon principal rêve, c'est d'être quelqu'un de bien et de faire les bons choix. Je crois que pour l'instant, j'essaie de le faire au mieux.
- Speaker #1
C'est beau ça. Tu parlais de voyage et de film, ça me fait un lien. Tu voudrais tourner à l'étranger ?
- Speaker #0
Grave. J'essaie vraiment de devenir la meilleure possible en anglais. Et j'ai grave envie de tourner à l'étranger.
- Speaker #1
Ça marche comment, ça ? C'est ton agent qui va essayer de trouver des agents là-bas ? Ouais.
- Speaker #0
En fait, là, ça y est, c'est en train de plus en plus de tout s'ouvrir. J'ai passé plein d'essais cette année pour des projets internationaux.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Même avec The White Lotus. En fait, avec les plateformes, vu que les films et les séries, maintenant, ils sortent souvent de façon mondiale, ça ouvre un peu. C'est trop bien.
- Speaker #1
OK. Ah oui, parce que du coup, tu as peut-être été repéré sur Netflix, et du coup, tu peux faire d'autres projets aussi, peut-être ? Ouais, aussi. Ok, ça peut t'aider, ça.
- Speaker #0
Ouais, et puis souvent maintenant, les gros directeurs de casting anglais ou américains, ils démarchent les grosses agences françaises quand ils cherchent un Européen.
- Speaker #1
Ok. Donc là, tu bosses ton anglais à fond pour...
- Speaker #0
Ouais, il faut que je le fasse encore mieux, parce qu'en fait, c'est dur de tout faire, mais ouais, ouais.
- Speaker #1
Ok. La deuxième question, c'est est-ce qu'il y a une personne qui t'inspire particulièrement ? C'est pas forcément dans ton milieu, ça peut l'être, dans le cinéma, mais ça peut être dans d'autres domaines. Et pourquoi, surtout ?
- Speaker #0
Mais je crois que mes proches, ils m'inspirent de ouf, parce que je... Je suis entourée de personnes extraordinaires. J'ai trop de chance. Ils m'inspirent vraiment par leur bonté d'âme, leur intelligence, leur humour. Je suis vraiment entourée de petites pépites. Ça, ça m'inspire. Je crois que l'humain, en règle générale... C'est ce que je disais à une pote tout à l'heure. Ce matin, j'ai été trop émue parce que j'ai croisé quelqu'un. Je ne sais pas si tu vois cette sensation. Tu croises quelqu'un et dans ses yeux, tu vois la bonté. Et j'étais en mode, oh là là. Enfin, je ne sais pas, je crois que c'est tout ça qui m'inspire. Je n'ai pas d'idole. Je ne vais pas te dire, oui, il y a des grands génies. Paul Thomas Anderson, je le trouve très inspirant. Mais je crois que je suis inspirée par les choses plus petites. Mais du coup... Du quotidien avec les temeurs, quoi. Ouais, grave.
- Speaker #1
Mais c'est beau. Enfin, c'est un peu plus beau. Merci, Lucille, pour cet échange. C'était trop cool. À bientôt. Salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris des choses. Si c'est le cas, merci de mettre 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify et surtout de partager cet épisode autour de vous. N'hésitez pas à me faire part de vos retours pour les prochains épisodes. Je vous dis à bientôt sur Objectif Mental.