- Speaker #0
Bonjour Anthony, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien et toi ?
- Speaker #0
Très bien, merci. Merci de prendre le temps de venir sur Objectif Mental. Je t'ai contacté parce que tu as rédigé plusieurs livres, tu es auteur, tu es docteur en psychologie et psychologue aussi, tu suis des très grands athlètes, français et étrangers. Moi je t'avais repéré sur YouTube parce que tu disais que tu suivais Raphaël Varane. Exact. C'est un peu, évidemment, moi je suis passionné de foot, donc c'est le nom qui m'a marqué. Mais en dehors de ça, tu as écrit aussi sur les champions en général, notamment le dernier livre que tu as écrit qui était Les 10 secrets du mental des champions. Moi, c'est un sujet qui me passionne. Je trouve ça vraiment intéressant de comprendre les mécanismes psychologiques qu'il y a, les traits de caractère, comment ils font pour en arriver où ils sont. Et donc, je me suis dit qu'il faut absolument que je te parle de ça. Est-ce que tu peux te présenter ? Je l'ai fait un peu de manière concise, mais voilà, pour qu'on puisse démarrer l'épisode.
- Speaker #1
Ouais Donc moi j'ai 42 ans, que je vis très bien, 42 ans, je suis docteur en psychologie, j'ai fait un parcours classique en psychologie avec une thèse et tout un background on va dire de psycho classique, même si j'ai fait tout mon parcours en pensant être psy du sport dès le départ. Donc j'ai fait tous mes travaux de recherche sur le côté sport, tous mes stages dans le monde du sport ou médecine du sport en tous les cas, et ça fait 15 ans que je travaille comme psychologue préparateur mental sur le terrain. Et à côté de ça, je suis aussi formateur, enseignant en école de commerce, auteur de livres comme tu l'as dit. C'est mon huitième, le neuvième sera là dans pas très longtemps.
- Speaker #0
Là, on enregistre un peu avant, mais quand l'épisode sortira, le livre sortira.
- Speaker #1
Ça sortira en même temps, on va dire très proche. Et je fais tout ça en gros. Je suis aussi consultant pour des marques dont Petit Bambou. l'application de méditation la plus connue en France et Canal+.
- Speaker #0
On en parle de ça puisque j'ai créé une application mobile dans la préparation mentale avec une psychologue. Donc on en parlera après l'épisode de ça. Sur les traits, ce qui m'intéresse c'est vraiment de comprendre les mécanismes, les traits de caractère. Pour toi, de tout ce que tu as analysé, étudié et puis même expérimenté en séance, quels sont les grands traits de caractère communs chez les champions ?
- Speaker #1
Chez les champions, comme chez tous les performeurs, entreprises, arts, politiques, tout ce que tu veux, il y a quand même des éléments qui sont en effet communs. Le premier élément commun, c'est la détermination. Ils ont un engagement depuis qu'ils sont tout petits pour faire des grandes choses. Sans savoir exactement quoi, mais ils savent qu'ils feront des grandes choses. Ils ont cette espèce de croyance qui frôle la prétention. Ils sont un peu élus quoi. Exactement, ils sont un peu élus. Ils se prennent pour des samouraïs petits, pour des sangouanes, ce genre de mangalas ou de personnages de fiction. Ils ont l'appétence pour aller au niveau. Après, il faut que ça matche aussi par rapport au corps, que le corps soit bien et soit cohérent par rapport à leurs ambitions sportives. Mais c'est envers ça. Ils ont l'ambition. Ils ont aussi souvent un élément qu'on retrouve beaucoup c'est qu'ils sont soit hypersensibles, soit à l'inverse, très froids émotionnellement. Tu as un peu les deux profils. Très chaud, très froid. Ce sont souvent des bêtes de concentration. Ce sont des gamins qui ne sont pas forcément très bons à l'école, pour les sportifs, mais par contre, quand ils aiment quelque chose, ils y vont à fond, et ils ont un focus qui est hors du commun. Donc, ils vont travailler cinq heures sans s'en rendre compte, et le temps va défiler, ils vont courir, et ça leur paraîtra une heure, ça va durer six heures. Donc ils ont ça, c'est les grands traits que l'on retrouve chez eux généralement. Et après, il y a d'autres éléments qui sont liés aussi à leur parcours de vie. Souvent, je trouve qu'ils sont quand même multiculturels. Ils ont une identité qui est très diversifiée en termes culturels. Des parents métissés, beaucoup voyagés petits ou issus de migrations, etc. Et ils ont aussi peut-être, pour beaucoup d'entre eux, eu des parcours de vie assez chaotiques. qui leur a permis de développer une sorte de rage ou d'envie de tout casser dans le sens vraiment très rageux ou très colérique qui les a amenés à aller très loin.
- Speaker #0
C'est marrant que tu dis ça parce que c'est vrai que ce côté revanche un peu sur la vie, je le perçois et j'ai l'impression que ça donne effectivement un moteur de l'essence en plus dans le moteur. Mais est-ce que c'est le cas vraiment de tous les champions ? Est-ce qu'on est obligé d'être quelque part un écorché vif pour avoir cette force et ce courage ? Si on prend les champions que toi, tu as pu étudier dans ton livre, on prend Djokovic, tu avais parlé de Federer aussi, Serena Williams, etc. Tu penses que c'est vraiment toujours ce trait commun qui ressort ? Que le courage vient de ces blessures-là ?
- Speaker #1
Oui, en fait, ils ont tout petit, en lien avec leur profil psychologique, qui sont souvent soit HPI, soit hyperactifs, soit les deux. Ils ont une intolérance à l'injustice, donc qui, chez eux, va se décupler et tu vas créer une force, un peu comme Sangouane, la boule d'énergie, la jaune qui t'entoure. Ils ont ça. Après, ils n'ont pas tous eu des parcours de vie chaotiques ou violents, etc. Mais quand même, quand tu les connais bien, que tu parles avec eux... tu découvres que ça n'a pas été rose du tout et que ça les a quand même aidés à grandir. En fait, la force qu'ils ont, ces profils-là, c'est quand même qu'ils sont très résilients. Je ne l'ai pas dit, mais ils sont très résilients. Et ils font des échecs ou des catastrophes de vie une force. Ils la transforment.
- Speaker #0
C'est un peu la différence entre persévérance et résilience. Parce que résilience, c'est un mot qu'on utilise tout le temps dans tous les médias. Mais là, tu l'as très bien expliqué, c'est quand on a eu un choc, un traumatisme et qu'on arrive à se relever et être plus fort. Oui,
- Speaker #1
ils se relèvent et ils ont cette espèce de force naturelle de dépasser le choc pour le stabiliser et en créer une force supérieure. Jusqu'au jour où, par contre, ça craque et là, c'est plus compliqué. Tu le vois beaucoup en fin de carrière ou en post-carrière, et là, ils ont vraiment des parcours de vie chaotiques. Mais même dans les carrières, on se rend compte, aujourd'hui, ils parlent de plus en plus, que beaucoup ont eu des erreurs de dépression, de burn-out, ou du moins, dit comme tel, je suis un peu sceptique, mais à voir. Mais en tous les cas, quasiment tous les champions, même s'ils sont très forts, ils ne sont pas immortels non plus. Et ils ont forcément des parcours... avec des moments de période de vie difficiles, voire très difficiles.
- Speaker #0
On a du mal à le percevoir parfois. Mais évidemment, parce que quand on est de l'autre côté spectateur, tu vois juste des interviews, des matchs, tu vois des compètes. Tu te dis, cette personne, elle est invincible. Je prends par exemple Michael Jordan. J'ai regardé The Last Dance sur Netflix. Et en fait, c'est là que j'ai découvert qu'en fait, il était sensible. Et tu voyais ses failles dans le documentaire. Mais c'est vrai que c'est difficile à percevoir de l'autre côté que c'était En fait, les champions sont aussi fragiles quelque part.
- Speaker #1
Ils sont très forts dans leur domaine, le sport. Ils sont moins forts en dehors. Donc, moins à l'aise devant les caméras, moins à l'aise devant un public de 100 personnes, prendre des décisions du quotidien. Ce n'est pas leur point fort, généralement. Donc là-dessus, ils sont moins à l'aise et moins doués. Mais surtout, ils ne sont pas fragiles, mais ils ont des failles comme tout le monde. Ils tirent tellement sur la machine. par l'entraînement, par le développement du corps, de l'endurance physique, mentale, de la rugueur, rugosité, comme on dit, la rugosité,
- Speaker #0
rugosité, je pense,
- Speaker #1
que quand ça craque, ça ne fait pas semblant.
- Speaker #0
Et tu penses que c'est forcément inné, ces traits de caractère-là ? Tu disais qu'il y avait parfois des passages dans la vie qui faisaient qu'ils avaient ce caractère-là, mais tu disais quand même qu'ils naissaient avec une sorte de détermination, etc. Tu penses que c'est inné ?
- Speaker #1
C'est en partie dîner et c'est en partie hockey comme tout, mais il y a quand même une base dîner. Moi, je suis assez rude, je considère qu'on ne peut pas faire de tout le monde des champions. Donc, il faut une base de talent au départ. Et dans le talent, il faut aussi le cumuler avec des éléments annexes qui vont être souvent l'entourage. Dans l'entourage des sportifs ou des champions, il y a tout le temps un personnage ou deux ou trois qui ont aidé à faire grimper comme ça le profil et à l'exploiter au maximum, à le développer dans toutes ses capacités. Et souvent, c'est un parent, un entraîneur. un adjoint, quelqu'un, mais seul on n'y arrive pas. Et même ces champions-là ont besoin de quelqu'un dans l'entourage pour aller au sommet de leur potentiel ou de leur sport.
- Speaker #0
On va parler de foot. Justement, tu parles de potentiel. Ce qui est intéressant dans le foot, c'est que c'est un sport qui fait rêver des millions de jeunes. Tu parles justement de talent inné acquis et que tout le monde ne peut pas être un Mbappé. Alors, comment je formule ça ? Comment on fait pour faire comprendre aux jeunes, parce qu'il y en a plein qui veulent devenir pros, toi tu dois... Je ne sais pas si tu interviens dans des centres ou dans des pôles d'espoir ou...
- Speaker #1
Presque plus, je l'ai beaucoup fait, mais j'ai quasiment arrêté parce que je n'ai plus le temps pour ça, mais je l'ai quand même beaucoup fait. Par contre, j'étais vraiment très besoin dans les centres de formation et les crêpes.
- Speaker #0
Ok, donc tu vois très bien de quoi j'ai parlé, mais en fait, comment... Est-ce que tu arrives à détecter, tu vois, des caractères ou des profits psychologiques où tu dis, ah, cette personne-là peut percer ? en dehors du foot parce qu'évidemment il y a le côté sportif mais tu vois toi tu détectes des traits de personnalité où tu dis ah ce jeune là il a un truc en plus que les autres n'ont pas. Oui,
- Speaker #1
absolument. Et le problème, c'est qu'on est rarement en raccord avec les préparateurs physiques et les entraîneurs, qui, eux, forcément, ont un prisme qui est sur l'aspect technique, tactique ou physique, qui est bien évidemment très important. Néanmoins, d'expérience, je trouve que quand même ceux qui restent à la fin, qui vont le plus loin, c'est quand même les plus intelligents de la bande. Et les gamins qui ont ce petit truc mental que le reste de la bande n'avait pas.
- Speaker #0
Ça, c'est intéressant, parce que souvent, quand je vois des grands champions, moi, c'est l'équipe de France, je regarde l'équipe de France, mais quand beaucoup s'expriment, je dis quand même ce mec, il a l'air vraiment pas con. Enfin, justement, ce côté intelligent ressort pas toujours. Enfin, tout le monde le détecte pas, mais je suis d'accord avec toi. Quand il s'exprime, tu te rends compte qu'il y a quelque chose derrière, une forme d'intelligence que les autres n'ont pas. Oui,
- Speaker #1
oui, en foot, c'est un peu caricatural. Mais quand tu vois les joueurs en dehors, franchement, ils parlent 3, 4, 5, 6 langues. Ils ont des parcours de vie incroyables. Ils ont... beaucoup de passion qu'ils ne mettent pas en avant. Ils sont très branchés mode et ça t'effondre un peu trop à mon goût.
- Speaker #0
À Clairefontaine,
- Speaker #1
on les voit arriver. Ça devient d'ailleurs presque ridicule. Au moins, ils ont de la créativité et une appétence pour la mode. Et tu vois aussi après leur carrière, ils font beaucoup de choses. Ils amestissent beaucoup. Ils ont des projets d'amestissement dans différentes boîtes. Non, non, c'est des cerveaux très remplis, très bien faits, mais qui... qu'on ne prend pas toujours au sérieux parce que ça reste du foot. Objectivement, ce n'est pas des jobs qui changent le monde en tant que tel. C'est juste que ça crée du plaisir, du divertissement absolument. Mais non, ce sont des joueurs et des gens très intelligents.
- Speaker #0
Toi qui interviens dans le sport, mais pas seulement d'ailleurs, en entreprise aussi, qu'est-ce que tu utiliserais du foot ? C'est très mal formulé. Qu'est-ce que tu prendrais du foot ? pour l'appliquer dans l'entreprise, qui pourrait servir au monde de l'entreprise.
- Speaker #1
Si on parle vraiment du foot spécifiquement, ce que j'aime le plus dans le foot, c'est deux choses. Déjà, c'est leur discipline. Je trouve que c'est un sport qui a une force de transmission incroyable auprès des jeunes, en termes purement éducatifs. Tout le monde se sert la main en arrivant. Le bonjour, c'est une obligation. Il y a des codes très précis d'habillement, etc. De comment se comporter en groupe, de respect du... code, l'autorité, le mouvement. Vraiment, le foot est très différent de ce que l'on se fait dans l'imaginaire et de la réalité. Donc moi, je suis un grand fan de la discipline des sportifs que je retrouve un peu dans l'armée, ou dans ce genre de corporation ou de groupement collectif très fort. Ça, et la deuxième chose dans le foot que j'adore, c'est que c'est réputé pour ça, mais c'est un sport collectif joué par des individualités. Les joueurs sont quand même très égocentriques et pensent d'abord à eux. Mais ils arrivent à se plier à ça et à faire passer le collectif au-dessus. Et ça, l'entreprise, c'est exactement ce qu'on recherche. Et je trouve que dans le foot, c'est vraiment incroyable.
- Speaker #0
Et du coup, ce côté individualité, effectivement, en entreprise, tu l'as très fort. Moi, j'ai fait plutôt un long parcours dans la tech. Et t'as exactement ce truc-là. Chacun essaie de tirer son épingle du jeu et en même temps, il faut faire grossir toute l'organisation. C'est difficile parce que c'est pas qu'une somme d'individualité. Tu le vois dans certains clubs, en fait, que t'achètes plein de joueurs, le péager pendant longtemps, avant que ça se transforme. Mais c'était ça, quoi. Ils achetaient les meilleurs et en fait, ils les additionnaient sur le terrain, ça marchait pas. Comment on peut créer une alchimie comme ça, justement, en entreprise aussi, dans sa boîte, pour que les individualités s'expriment et en même temps que ça crée une force collective ?
- Speaker #1
Il faut prêter attention à chaque individu, le mettre en avant. Il faut aussi une entreprise, une start-up, un groupe avec des valeurs fortes ou avec des fondations très bien en place d'un point de vue de cohésion et d'histoire aussi éventuellement du club. Donc ça demande un ajustement entre le passé, le présent, le futur, entre une hiérarchie, une structure globale et une ambition à la fois collective et individuelle. C'est comment on va avancer ensemble. Vous allez tous progresser, mais on va surtout travailler et progresser ensemble. C'est un jeu très subtil avec la difficulté, c'est qu'en foot, tu as 11 gars sur le terrain, 15 avec les remplaçants, 20-25 avec tout l'ensemble des joueurs. Tu comptes 35-40 personnes avec tout le staff. Et tu as des égaux quand même, surdimensionnés. Et donc, ça te demande d'avoir un... cadres d'autorité, donc de clubs très forts ou de fédérations pour l'équipe de France et aussi des managers hyper compétents hyper qualifiés et qui savent gérer ça et ça ça demande de l'expérience, du temps et vraiment Je pense que c'est le plus complexe.
- Speaker #0
Je ne me rends pas compte parce que ça fait plusieurs fois que tu parles d'ego pour les footballeurs et je veux bien le croire, mais je n'arrive pas à me rendre compte. Quand toi, tu es en séance avec des footballeurs de très haut niveau, tu arrives à casser la carapace parce que c'est facile vraiment de communiquer avec eux sachant qu'ils ne sont pas forcément ouverts à la discussion. Je ne sais pas, peut-être que c'est le cas.
- Speaker #1
Je dis souvent qu'avec ce genre de profil-là de sportif ou d'entrepreneur, ou de leader d'entreprise vraiment de très haut niveau, c'est un match de boxe. Donc intellectuellement, c'est un match de boxe. J'ai pas mal d'armes, donc je m'en sors plutôt pas mal. Mais c'est un match de boxe. Donc en gros, il y a 10 minutes, il y a un round pour refaire ses preuves. Et prendre un ou deux coups et en mettre trois. Et si tu gagnes le premier round, après c'est bon, ça peut fuser. C'est très rude. C'est très violent, mais ça marche comme ça. Il y a des joueurs, par contre, avec qui c'est plus compliqué. Je ne vais pas dire de nom, mais il y a des joueurs avec qui, en bout d'un quart d'heure, je sais qu'on va travailler pendant 10 ans ensemble et que ça va fuser, ça va être très facile. D'autres joueurs, ça va être le cas aussi. Mais par contre, je vais devoir faire beaucoup plus attention à la forme. Parce qu'ils ont tellement été... Coucou. couner, soigner, on a tellement pris soin d'eux tout le temps, on les a mis en avant tout le temps, que tu peux pas trop les offusquer ou aller contre leur sens. Donc c'est un jeu subtil entre ne pas se soumettre à lui, autrement la relation elle est finie avant de commencer, mais c'est aussi imposer une structure, une méthode, un cadre de travail qui te demande de dire non, des fois, ou d'imposer des timings, des horaires, des prix aussi, etc. Ça dépend.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Mais parfois, c'est vrai que certains ne doivent pas avoir l'habitude de se faire bousculer. Alors que toi, c'est aussi ton rôle parfois de faire prendre conscience.
- Speaker #1
C'est moral. Et puis dans le sport, il y a un problème, c'est que les joueurs ne payent rien. Les joueurs, ils sont gâtés. Ils ne payent pas les voitures, ils ne payent pas les appartements. Je les achète, mais ce n'est pas souvent le cas. Ils ne payent pas les fringues, tout ça. En fait, tout leur est offert. Donc, ils sont habitués à ce qu'on leur offre tout, à ce que tout coule pour eux. Un confort de vie et des relations, en tous les cas, pas tout à fait normales et pas tout à fait saines. Mais si tu veux travailler, il faut forcément investir, payer, etc. Et se mettre en position de soignant, en fait. De soigner.
- Speaker #0
Parce que toi, ce n'est pas les clubs qui te payent. Du coup, c'est les joueurs qui te contactent directement.
- Speaker #1
Je préfère. J'ai travaillé pour des clubs, des fédérations. Ce n'est pas là où j'étais le meilleur. Parce que ce qui se passe, c'est que dès que vous êtes payé par une structure de club fédéral ou peu importe, les joueurs ont le sentiment que vous êtes redevable envers le club ou la structure. Et donc, vous allez tout leur raconter et vous perdez un petit peu le lien de confiance qu'il y a avec les joueurs. Donc, on fait du travail, mais qui n'est pas exactement celui que je fais quand je suis en libéral ou quand je bosse en dehors des structures.
- Speaker #0
Oui, il y a un peu un filtre comme ça. Ils se disent qu'il est missionné par le club.
- Speaker #1
et les joueurs Pro que j'ai vraiment les stars en ce moment du foot et du rugby. Même en en parlant au départ, je leur dis peut-être que je verrai ta femme, ton mari, ton coach. Et le coach, c'est la limite. En sport collectif, déjà, c'est compliqué de voir les coachs. Ils n'ont pas le temps. Et les joueurs ne souhaitent pas trop que je communique avec le staff sur ce qui est fait ou pas. Parce que c'est les mettre en position de faiblesse. En tous les cas, ils n'aiment pas la position. Donc, je n'y vais pas toujours.
- Speaker #0
Tu as parlé de discipline à un moment. Ça m'intéresse aussi énormément parce que je suis toujours partagé parce que je suis plutôt aussi un profil, j'aime bien ce côté discipliné. Comment, en tant que civil, on va dire, si on n'est pas un professionnel payé 5 millions par an, comment on peut l'intégrer dans notre quotidien sans que ce soit stacanoviste, que ce soit une souffrance ? Parce que je pense aussi que la discipline amène de la liberté. comment on peut nous l'appliquer au quotidien est-ce que c'est forcément se lever à 4h du matin prendre des douches glacées et faire son pompe est-ce que c'est ça la discipline ?
- Speaker #1
pas avec moi en tout cas c'est sûr non la discipline c'est plusieurs choses c'est quand même trouver des routines du quotidien qui vont te permettre d'avoir une régularité et de te tenir donc pas forcément le matin 4h etc mais d'avoir des routines qui te correspondent et qui sont en ta zone de créativité, de plaisir, de fonctionnement, etc. Ça passera quand même aussi, je pense, beaucoup par le sport. Il y a des sports qui sont beaucoup plus enclins que ça à d'autres. Les arts martiaux, par exemple. Ça demande un cadre, un respect de l'autorité, toute une histoire aussi des arts martiaux derrière, un travail sur l'art, l'esthétique. Pour moi, c'est des disciplines de rêve par rapport à ça. Quoi d'autre ? S'imposer aussi des choses. Par exemple, j'ai ma routine de deux bouquins par semaine. Je lis deux livres par semaine, c'est ça depuis que j'ai quasiment 20 ans je crois. Et tu vois, c'est mon truc en fait, ça me correspond.
- Speaker #0
Et tu lis deux livres par semaine, ça fait beaucoup. Tu lis très vite ?
- Speaker #1
Alors je lis très vite, comme je parle pareil, je lis très vite. Et je lis vite, et puis il y a des bouquins que tu peux lire en survolant un peu, donc c'est plus long, etc. Si tu lis la guerre épée, ça va te prendre... pas 15 jours faciles. Mais maintenant, si tu lis un bouquin de Dave Persaud, ça va prendre une demi-heure. Je suis tellement heureux de concepts que je vais les survoler. Non, deux bouquins, c'est faisable. Si, je ne sais pas, ça doit faire 5 à 10 heures par semaine de lecture à peu près, tu enlèves ton téléphone et puis voilà, ça te fait du temps de gagner. Tiens,
- Speaker #0
par rapport du téléphone, je n'avais pas forcément prévu d'en parler, mais vu que tu tends la perche, téléphone, comment on peut faire pour essayer de s'extraire de cet objet terrible qui nous prend beaucoup de temps ? la discipline c'est aussi ça, c'est réussir à ne pas scroller pendant des heures sur son canapé moi pareil souvent j'atterris dessus et puis je vois pas le temps passer est-ce que tu mets des applications est-ce que tu mets dans un tiroir j'ai pas d'appli,
- Speaker #1
moi j'ai mis un écran de veille en noir et blanc, ça c'est moins lumineux ça maintient moins le regard, j'ai supprimé toutes mes notifications, donc j'ai plus de petits un partout là, ils viennent tout le temps sur toutes les applis, ça j'ai tout dégagé j'ai pas pas Twitter, que je trouve une arme maléfique, vraiment. Enfin, X. J'ai pas tous ces trucs-là qui sont dans l'hyper court temps et l'hyper habilité. Je trouve ça presque bête, en fait, comme application, même si ça a du sens. Mais à la fin, la balance, c'est pour moi plutôt négatif. Si tu étais joueur pro et que t'avais de l'argent, je te dirais, prends-toi un agent pour la communication. Je dirais, à ta place, tout ça. il le fera déjà mieux que toi pour commencer. Tu auras plus de résultats et ça va te libérer du temps aussi devant les écrans, ce sera plus efficace. Donc ça dépend de ton style de bus que tu veux faire et de où tu veux aller et comment, mais en tous les cas, sans détacher, je trouve que c'est une bonne chose et peut-être aussi des fois tu vas s'imposer des moments dans la journée au restaurant avec les enfants ou je ne sais quoi sans téléphone, pas dans la poche. Alors le pire, c'est les montres connectées.
- Speaker #0
Ça, je trouve ça terrible.
- Speaker #1
Vraiment, je trouve que c'est une invention. Ça qui est vraiment...
- Speaker #0
Tu vois les gens qui font ça tout le temps.
- Speaker #1
Tu les vois, ça brille, ça s'allume, etc. Vraiment, c'est les... Pour quoi faire ? Pour dire des messages en urgence ? Bref. C'est pas mon approche.
- Speaker #0
Je comprends. Donc, essaie surtout de mettre de côté de ne pas l'avoir dans la vision. Tu disais, quand t'es pro, justement, les pros passent beaucoup de temps sur les réseaux, sur les temps de pause aussi. Je sais pas, tu vois, quand il y a des moments off. Et donc, ça me fait venir ces questions sur les critiques. le regard des autres. Quand t'es entrepreneur, t'as aussi souvent ça, tu vois, ce truc du regard des autres, la performance de ce que tu as accompli, etc. Quand un joueur fait un mauvais match et qu'il se fait insulter au stade, qu'il se réveille le lendemain dans les journaux, il a une note pourrie, il se fait tailler, on lui dit que c'est le pire joueur du monde, après c'est toi qui récoltes derrière tout ça.
- Speaker #1
tu l'as en séance alors d'abord c'est les femmes en général ah oui ça se passe à la maison quand ça déborde on se voit éventuellement mais au départ c'est à la maison c'est en effet les enfants les femmes ou maris qui prennent ça parce que c'est violent ouais c'est violent c'est ultra violent et je pense qu'on se rend pas compte aussi de la violence de ce que c'est toutes les semaines de revenir je
- Speaker #0
dis back to back mais c'est revenir à chaque match comment tu les fais remonter enfin remonter leur estime ou tu vois leur redonner confiance après un échec comme ça ?
- Speaker #1
Il y a plusieurs choses. Déjà, j'encourage tous les joueurs à ne pas lire les commentaires ou même les critiques dans différentes presses, magazines, tout ça, après les matchs. Parce que, autrement, c'est un engrenage négatif. Même quand c'est positif, dans le sens de « t'as fait un bon match » , « t'es bien noté » , « t'es mis en avant » . clairement tu es trop mis en avant et ça devient too much, et après ça redescend forcément quand t'es là, il n'y a plus rien donc forcément tu redescends et des fois ça redescend très très bas donc c'est une espèce de up and down il est déjà fort pour le corps parce que le match c'est vidant d'un point de vue physiologique et énergétique si en plus c'est évident émotionnellement t'as la double dose et là pour récupérer c'est plus compliqué donc moi je suis plutôt de la partisan de supprimer toutes les critiques ou du moins de ne pas aller les voir pour ne pas être influencé par ça dans les deux sens du coup positif ou négatif absolument juste d'écouter les critiques ou les remarques de l'entourage très proche et même pas c'est de l'entourage proche mais avec les gens qui sont experts dans le domaine parce que Même moi, en rugby, en foot, je vois un peu ce qui se passe, mais je n'aurai jamais l'œil qu'à un coach depuis 40 ans. Et je ne vois pas les détails d'un match d'hier soir, etc., que seul un joueur peut voir ou un ancien joueur voit. Je ne l'ai pas, et pas grand monde ne l'a, en fait.
- Speaker #0
Et de très haut niveau, en plus. Quand je regarde parfois les analyses tactiques sur YouTube, je me dis que ça ne m'a rien compris. Je ne savais pas que c'était comme ça qu'ils jouaient. Donc, écouter les personnes qui s'y connaissent. Oui,
- Speaker #1
c'est exactement ça. Et après, en effet, je te rejoins, ce que les gens ne comprennent pas, c'est que pour eux, jouer au foot, c'est jouer au foot. Mais non, jouer au foot devant un stade plein, c'est jouer devant 50 000 personnes qui vont te huer potentiellement, t'aduler, etc. Donc c'est tout sauf naturel et c'est tout sauf neutre émotionnellement. Donc ça demande un grand temps de récupération et de remise à zéro de tout ça. Et les joueurs le font naturellement. C'est leur force aussi, que je t'ai pas dit au début, mais c'est leur force d'arriver à gérer ça et à... à réguler ça au quotidien. Quand tu as un match tous les trois jours, c'est quand même, ça commence à faire beaucoup. Mais quand ça déborde, là en ce moment ça déborde pour un des gars qui je travaille, on met en place des stratégies très spécifiques. J'ai fait des grilles, des briefings écrites pour eux après les matchs. On s'appelle, on fait des choses comme ça, c'est spécifique. Parce que je sais que c'est trop... Là, on va arriver en fin de saison, il y a de gros enjeux, il y a de la pression. Ce ne sont plus que des matchs, c'est des matchs avec des gros enjeux économiques pour un club, pour une ville, voire pour un pays. Des gros enjeux aussi pour eux financiers, pour des transferts, etc. Et donc là, il y a trop, ça déborde.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a ça aussi. En fait, c'est aussi leur avenir en tant que personne. Il y a le sport, les résultats, mais aussi en tant que personne. C'est violent le mot qui me vient, mais c'est vrai que... Se dire que la saison prochaine, peut-être que t'es vendu, on n'a plus besoin de toi, on te jette comme un vulgaire mouchoir, c'est horrible à gérer.
- Speaker #1
C'est vrai, puisque leur tort aussi au footo et au monde sportif pro, c'est qu'ils ne sont pas tout à fait au niveau d'exigence qu'on en a en tout cas. Un grand patron d'entreprise qui gagne moins d'argent qu'un footballeur, qui est moins exposé médiatiquement, etc. il a toujours un ou deux coachs pro et un préparateur mental un machin un footballeur pro il a généralement rien quelques-uns ont des suivis mais c'est assez rare donc si tu veux leur défaut aussi au sportif pro son agent fait pas le job il fait un peu le travail sur ça mais c'est pas son travail déjà premièrement c'est pas ses compétences directes et puis il va le faire à moitié donc c'est aussi aux joueurs de se prendre en main et d'investir pour avoir des staffs
- Speaker #0
individuels qui leur correspondent et qui sont au niveau d'exigence de leur sport ou de leur environnement et là-dessus il y a encore une grande marge de progression ça c'est dingue je pensais que les grands joueurs tu vois j'aurais pas dit presque toute la Ligue 1 mais la moitié ou trois quarts ils étaient entourés chacun d'un staff pas du tout même pas un
- Speaker #1
cinquième je pense en Ligue 1 t'as des psychologues et des préparateurs de grands clubs Lyon-Monaco PSG mais ils sont au centre de formation pas avec l'équipe pro et le psy de l'équipe pro du PSG il est avec le manager pas avec les joueurs de ce que je sais en tous les cas donc non non pas du tout ok c'est intéressant il y a une équipe de France il y a quelqu'un ? non ah ouais pour l'instant sous l'air des champs c'est impossible il y a une place là Anthony alors je vais faire attention à ce que je raconte désolé je t'ai mis en porte-à-pour je vais te parler très honnêtement dans ce genre de staff là d'équipe nationale de club tu ne peux marcher en tant que psy, PM que si tu es très proche, voire pote, avec l'entraîneur.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ça demande de travailler vraiment en symbiose, d'avoir une cohésion ensemble, d'avoir des stratégies, des objectifs communs, et que les rôles soient hyper bien répartis, les tâches aussi. Ça demande vraiment un travail de fond et de proximité importante.
- Speaker #0
Tu disais que justement cette construction de staff est importante. Est-ce que les jeunes le comprennent ? Les plus jeunes fouteux qui arrivent, qui ont 18-19 ans, qui commencent à être pros par rapport aux anciens ? Non, même pas non plus ?
- Speaker #1
Non, mais ça, pour le coup, je pense que c'est nous qui nous trompons. On ne peut pas attendre de gamins de 18 ans, je dis bien gamins de façon exprès, qu'ils soient entourés, cohérents, qu'ils s'habillent comme on a envie qu'ils s'habillent. C'est impossible. Imagine-toi à 18 ans, on te propose par mois... 500 000 euros pour jouer au foot, c'est pas possible.
- Speaker #0
C'est démentiel.
- Speaker #1
Les montants sont démentiels, les enjeux sont fous, tout le monde qui est autour, tous les paramètres. À leur âge, ils ne sont pas en capacité pure de le comprendre et de le gérer.
- Speaker #0
Est-ce que les plus grands champions, c'est peut-être une personne, ou deux ou trois personnes dans chaque sport, n'ont pas conscience de ça ? Je prends un Mbappé, un Mbanyama... Antoine Dupont. Eux, ils n'ont pas conscience de ça, quand même ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non plus ? Ah, ok.
- Speaker #1
Ils ont une conscience sur le tard. Guam Banyama, c'est un peu différent, parce qu'il est vraiment très, très intello, et qu'il a été hyper bien entouré par, pour le coup, la fédération et par ses parents. Qu'il a très vite été perçu comme le joueur numéro un au monde, donc il a été vraiment mis dans un contexte vraiment spécifique. Mbappé ne le comprenait pas, mais par contre, il y avait son père, sa mère, et tout un staff autour, très vite. Donc ça l'a structuré. Djokovic pareil c'est sa mère son père qui ont staffé qui ont vraiment fait le travail de fond qu'on ne voit pas mais qu'il a compris lui qu'après 25 ans donc non en fait à 18 ans si vraiment t'as pas la capacité de te dire il me faut ci il me faut ça je vais travailler à long terme je vais faire de la récupération du stretching non à 18 ans t'as envie de jouer de courir et puis c'est tout c'est intéressant donc c'est pas les sportifs eux-mêmes qui ont mis
- Speaker #0
ça en place c'est en fait leur environnement c'est leur entourage ouais ok Merci. C'est vrai que quand je me baignais, les parents, j'ai vu qu'ils étaient très présents. En fait, finalement, de ce que je vois, c'est qu'il faut déjà un environnement propice à te procher dans le très, très haut niveau plus tard, à dire toi, tu as une chance d'être pro et on va tout faire pour que tu le sois.
- Speaker #1
Tout à fait. Ça, c'est ce qui est un peu rude, je pense, pour les gens normaux à comprendre. C'est que réussir aussitôt, aussi bien, ça demande d'avoir déjà fait des sacrifices avant. Et d'avoir presque programmé une vie pour aller vers ça. En tennis, par exemple, si tu veux être pro en tennis masculin, féminin, les filles, c'est à 17 ans, 18 ans max, les garçons à peu près. Ça veut dire que depuis que tu as 8 ans, tu fais ça tous les jours. Et tu es parti en structure pour ça, tu as déjà un cadre pour ça et que tu as déjà été programmé pour ça. Tu as peut-être 2-3 amis max dans ton entourage, pas plus. Mais c'est des parcours de vie. Donc ça demande une précocité qui fait que forcément... On n'aura pas une éducation et une adolescence et enfance comme tout le monde.
- Speaker #0
Ça commencerait tôt alors. Tu disais, tu as justement deux, trois amis chacun. Ils se sentent seuls souvent. Est-ce que tu vois ça ? Parce que je me dis que tu dois te sentir seul parfois quand même dans ton délire.
- Speaker #1
En foot, c'est sûr. En rugby, c'est un peu différent parce qu'il y a les copains. C'est un sport de... Ouais, vraiment. Je lui dis que l'accent reste.
- Speaker #0
Oui, mais t'as raison.
- Speaker #1
Parce que je pense à des joueurs en même temps, disons. Il y a les copains. Et donc, ça crée un lien très affectif et très fort, tu vois, à une région, une identité culturelle et à un territoire qui est très fort. En foot, non. C'est la guerre depuis qu'ils ont 12 ans. Les centres de formation, c'est la guerre vraiment. Donc, c'est très, très rude, c'est violent.
- Speaker #0
J'ai entendu des sales histoires dans les centres de formation parfois.
- Speaker #1
On dépasse tout le temps la limite du tolérable et même du cadre légal en centre de formation. Et puis, les joueurs sont en concurrence. H24 à l'entraînement.
- Speaker #0
C'est vrai que tu as souvent deux, trois joueurs sur le même poste.
- Speaker #1
Et mardi, c'est l'entraînement où on va juger ton niveau. Si tu n'es pas bon,
- Speaker #0
tu es remplaçant.
- Speaker #1
En fait, il n'y a pas de place à l'amitié et à l'affectif. Ils ont des relais. Les pros, par contre, en foot pro, ils ont vraiment des relations qui sont assez saines. Ils se respectent. Parce qu'ils savent qu'ils ont un niveau tous et qu'ils sont entre joueurs à fort caractère et à tempérament. Donc, ils se respectent entre eux. Une forme de respect mutuel de mâle alpha. Mais ce n'est pas des potes.
- Speaker #0
OK. C'est marrant ça, parce qu'on a l'impression qu'ils sont potes, mais pas forcément.
- Speaker #1
Même en équipe de France. C'est vrai ? On va pas aller là-dedans, mais... C'est pas... Non, non, non, impossible.
- Speaker #0
Il y a eu des époques très compliquées avant l'ère Deschamps. Ça avait l'air très compliqué.
- Speaker #1
Il y en a toujours.
- Speaker #0
Toujours ? Tu m'as cassé un mythe. Je rêvais comme un gamin quand j'ai regardé 2018.
- Speaker #1
Tu as vu le dog sur les boules avec Jordan. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Jordan, c'est un tyran aussi. En équipe de France, il y en a certains.
- Speaker #1
Il y en a toujours.
- Speaker #0
On ne va pas balancer.
- Speaker #1
Il y en a toujours, c'est obligé.
- Speaker #0
Il y a aussi une capacité à encaisser la souffrance, à souffrir en fait, à encaisser des coups durs, mais même physiquement. Tu crois que ça vient d'où ? C'est acquis, cette tolérance à la douleur ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Pour le coup, c'est la compétence qui fera la différence entre les 15 ans, entre deux gamins qui sont très bons en sport, mais un qui est bon à l'école et un qui est très bon en sport. Celui qui est bon à l'école, qui... se fait mal mais qui n'ira pas, tu vois, se mettre minable à l'entraînement, il ira vers l'école. Donc grandes écoles, prépa, machin, etc. Et celui qui est très bon en sport et qui aime se faire mal physiquement, il va choisir le sport intensif.
- Speaker #0
Les deux, rarement ?
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
c'est très rare. Tu en as rencontré déjà ?
- Speaker #1
Oui, il y a en fait, tu as ça des fois en badminton, ça se passe par un peu un télo. Sport de matheux aussi, sport très logique, très matheux. mais globalement quand même le sport La plupart des sports, c'est de se faire mal physiquement. Donc, il faut aimer ça. Il faut aimer se faire mal physiquement, vomir après l'entraînement, prendre des coups, abandonner, etc. Et ça, en effet, c'est... Je pense qu'il faut déjà être un peu comme ça petit, mais il faut le décupler à un niveau hors du commun et limite dangereux.
- Speaker #0
Oui, je l'ai blessé, quoi. Parce que j'ai entendu que beaucoup de pros jouent blessés tout le temps, en fait.
- Speaker #1
C'est le locoman.
- Speaker #0
Sous infiltration, truc...
- Speaker #1
Ça, c'est le locoman.
- Speaker #0
C'est horrible parce qu'en fait, il y a tellement d'argent en jeu qu'il faut qu'ils jouent et qu'ils gagnent.
- Speaker #1
Si tu veux un jour voir les conséquences du sport sur les sports dits de haut niveau, tu vas assister à un bilan médical avec un médecin. Les gars sont en caleçon, tu vois leur corps, tu te dis « what's up » , c'est impressionnant. Tu verras leurs pieds et leurs mains. Et là, tu comprends un peu le délire.
- Speaker #0
C'est charcuté.
- Speaker #1
C'est le cul des pieds et les mains sont dans des états un peu particuliers aussi.
- Speaker #0
Il pousse vraiment le truc à l'extrême. Oui. Justement, tu as la fin de carrière. Il y a deux situations que je voulais exprimer. La première, c'est les personnes qui n'arrivent pas à devenir professionnels, mais qui ont tout donné pour ça. Je pense que tu as une dépression derrière. Et pareil, à la fin d'une carrière, quand tu as réussi à faire carrière et que tu changes ensuite de carrière, ça va être très difficile aussi. On va commencer par la première pour passer par pied. Les personnes qui ont tout donné. dans leur pré-formation et qui n'y arrivent pas est-ce que tu en as rencontré, est-ce que tu en as accompagné comment tu gères ça parce que finalement tu donnes tout dans le sport et après t'as peut-être plus rien si t'as choisi le sport ou les études c'est
- Speaker #1
90% des gamins en foot et 70% à peu près en rugby je pense dans les stats alors je veux que je ne comprends pas ça je le comprends pour être honnête mais je Le problème, c'est que ces gamins-là, on leur a menti. Ils se sont mentis aussi un peu à eux-mêmes, parce que quand tu les interroges, tu vois, à 35, 40 ans, ils savent très bien qu'ils n'étaient pas faits pour ça, qu'ils n'avaient pas le niveau, qu'ils n'avaient pas les capacités physiques ou mentales pour aller vers ça. Ils le savaient déjà, mais c'est juste qu'on les a mis dans un confort, on leur a laissé croire qu'ils pouvaient le faire. Donc ça, c'est une erreur pédagogique. des entraîneurs et du staff et de l'encadrement technico-physique qui laissent croire que, pour plusieurs raisons, soit il faut des joueurs pour l'entraînement. C'est très rude.
- Speaker #0
Il faut des plots.
- Speaker #1
C'est pas de la bienveillance.
- Speaker #0
Des plots de haut niveau.
- Speaker #1
Il faut des joueurs pour faire l'entraînement. En sport co, t'es obligé. Et en sport en div aussi, il y a besoin de ça. Soit les coachs n'ont pas osé casser le rêve ou les mettre dans la réalité. Et ça, pour moi, c'est une erreur de pédagogue.
- Speaker #0
Je pensais que chaque année, ils écrimaient une partie des promotions.
- Speaker #1
Oui, il y a toujours. Mais pas assez.
- Speaker #0
Puisque tu as un joueur à la fin.
- Speaker #1
Il y a un joueur. Là, on parle de foot rugby, mais l'avantage, c'est qu'en foot rugby, il y a beaucoup de clubs. Donc, tu peux avoir beaucoup de joueurs sur le terrain. Je pense qu'il y a peut-être 2-3 000 joueurs en Europe qui jouent au foot à un niveau pro. Si tu comptes Ligue 1, Ligue 2, championnat anglais, tout ça. Non en plus, je peux décompter mais ça fait quand même beaucoup de joueurs, en judo tu as un mec qui va au JO tous les 4 ans par caté de poids.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Un mec. Donc si tu veux... tout le monde ne devient pas tédier c'est très compliqué et ça dure souvent très peu de temps c'est payer beaucoup moins bien qu'un footballeur pro dans un club de ligue 2 ou un club de bas de tableau de ligue 1 c'est comme ça le sport on le fait parce que c'est un rêve au départ et qu'on adore ça c'est une passion et après c'est un métier il faut changer d'environnement de façon de le faire, de l'envisager
- Speaker #0
Les jeunes arrivent à se projeter ensuite dans autre chose ? Enfin, j'imagine que tu les accompagnes pour ça aussi, mais si t'en as ?
- Speaker #1
Beaucoup moins qu'avant, je fais moins ce travail-là. Je l'ai fait beaucoup avant, quand j'étais au CREBS, au centre de formation. Déjà que pour des gamins, trouver ce en quoi il est bon, c'est compliqué. Donc quand t'es un gamin que tu te penses bon pour un sport, et qu'on te dit non, t'as la double peine. Donc, il faut faire attention à ce qu'ils aient une scolarité à peu près normale et qu'on leur trouve des qualités et des compétences autres que juste être bon au foot, tirer un penalty ou je ne sais quoi. Que ce soit plus complexe que ça, en fait. Donc ça, c'est un vrai travail pour le coup de prof, de coach, de psy pour accompagner ces jeunes-là, en fait. Mais après, c'est compliqué quand tu joues au foot dans un club d'ensemble de formation français. Tu te vois déjà millionnaire à 18 ans. machin qui réussit, pas toi, pourquoi pas et les parents aussi rêvent beaucoup ça existe parce que quand tu traînes un peu sur
- Speaker #0
Youtube et sur les réseaux tu vois beaucoup oui ce joueur il avait moins de talent que moi mais il a plus travaillé et du coup il est devenu pro est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est un mythe ? c'est toujours ça vraiment ?
- Speaker #1
tu vois les gamins à 15 ans en crêpes, en pole, en ce que tu veux en somme de formation c'est jamais le plus doué qui est à la fin et le meilleur intéressant Il peut passer pro parce qu'il est très doué. Je vous donne des exemples rigolos. Par exemple, en tennis, Gasquet a tout le temps été vu comme le futur numéro 1 mondial. Il était le meilleur à 15 ans. Il était incroyable.
- Speaker #0
Il gagnait les championnats jeunes.
- Speaker #1
Il est quand même passé pro. Mais ça n'a pas été le numéro 1 mondial. En foot, des petits comme Ben Arfa ont été vus comme des génies, des pépites, tout ça. Pareil, bas de carrière. Mais ça n'a pas été le numéro 1 mondial.
- Speaker #0
Lui, il aurait pu être prétendant au Ballon d'Or un jour.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
S'il avait travaillé.
- Speaker #1
Deschamps, inversement, n'était pas du tout le numéro un au centre de formation, mais il avait un tel leadership, un tel goût de l'effort et une telle capacité à fédérer que ça a été un milieu de terrain incroyable.
- Speaker #0
Oui, mais tu crois qu'il n'était quand même pas très, très bon ? Il avait quand même pas un talent, quelque part ?
- Speaker #1
Si, il avait un peu de talent, mais ce n'était pas le meilleur.
- Speaker #0
Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas le meilleur, mais qu'en travaillant, il… Il est sorti du lot, quoi. Oui, tout à fait. Mais regarde Zidane, par exemple. Ça aussi, j'entends souvent, Zidane, ce n'était pas le plus talentueux et tout, mais quand même, à un moment, il devait être quand même au-dessus du lot, non ? Enfin, je ne sais pas.
- Speaker #1
De ce que je sais, non. Il était vers chez moi, à Bordeaux.
- Speaker #0
Oui, il était vers Bordeaux.
- Speaker #1
Mais non, ce n'était pas le meilleur à son âge. C'est qu'en fait, ces joueurs-là, à un moment donné, les choses s'alignent et ils ont des... Tu sais, tout le monde progresse par step, par palier. Et des fois, eux, ils font un palier qui est comme ça, qui est énorme, en fait. On a très peu de temps. Le travail et l'alignement des choses, du corps, de l'environnement, d'un coach, un machin, et les choses, clac, clac, clac, comme ça, ça arrange et ça prend une voie phénoménale.
- Speaker #0
OK, intéressant. Sur la partie, donc, deuxième sujet, sur la partie fin de carrière, est-ce que tu as vu des joueurs en dépression à l'approche de la fin d'une carrière ?
- Speaker #1
Ils le sont quasiment tous, sans se mentir, en fait. Je n'attendais pas cette réponse. Non, mais c'est quasiment obligatoire. Tu sais, quand tu bosses aussi dans le monde de l'art, ce qui est un peu mon gars, ou quand tu viens de là, quand tu fais une tournée de six mois tous les jours en bus avec 30 gars, etc., que tous les soirs, on t'acclame, t'es le héros, tout le monde crie ton nom, etc., et qu'après, c'est fini, c'est la dépression, tu vois ? Et elle est normale. En fait, c'est la rechute, la période de redescente. d'un trop plein, de trop d'énergie, trop d'émotion, trop d'intensité, qu'il faut que forcément il y ait une période de dépression, qui est franchement normale. Et quasiment même, je trouve, salutaire. La différence, c'est que chez certains, elle va durer très longtemps, beaucoup trop longtemps, et elle va prendre des conséquences très négatives. D'autres, ça va très vite retrouver son niveau de stabilité et de régularité.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est la différence qu'il y a entre Mbappé et d'autres joueurs. Mbappé, il part à la Coupe du Monde il y a quasiment 4 ans maintenant. Au bout de, je crois, 12 jours, il est déjà à l'entraînement. Tu as des joueurs, je ne vais pas te dire lesquels, ils sont restés quasiment un an en dépression. Un an en jouant, mais pas à leur niveau. Après la Coupe du Monde. Parce qu'ils n'ont pas eu la même capacité de reprise. Ça a eu un impact sur eux très fort, trop fort, négatif. Et ils n'ont pas su jouer comme ils devaient jouer, comme ils avaient été habitués à jouer.
- Speaker #0
Ça a été dur de se relancer après avoir gagné la Coupe du Monde. Enfin, peut-être qu'Emma Pellul a un moteur qui est encore plus grand. Il se dit, il faut que je sois... Je ne sais pas, qu'il gagne cinq fois la Coupe du Monde pour être heureux. Mais peut-être si ton but de vie, c'était ça, tu as 25 ans, après, c'est peut-être dur de se relancer. Qu'est-ce que tu vas chercher ?
- Speaker #1
C'est la bonne question. Et donc, qu'est-ce qu'ils vont chercher après ça ? 25, 27 ans, c'est souvent l'âge des changements de motivation chez un joueur. Ils vont chercher autre chose. De la connaissance de soi, un peu de religion, de spiritualité. Du business, parfois ? Du business, un peu aussi. Tu vois, élargir un peu leurs connexions et leur capacité d'influence sociale, en tout cas sur le foot. Les enfants aussi, beaucoup. La famille. Ils vont repenser leur projet, comme on fait tous d'ailleurs, mais eux c'est plus tôt que nous. C'est à 25, 27, 28 ans que l'espèce de crise de la quarantaine se fait, et qu'ils revoient leur motivation et leur parcours de vie.
- Speaker #0
C'est vrai qu'ils vivent tout en accéléré en fait, par rapport à une vie classique, leur retraite est plus tôt et tout. Donc ils vivent tous cette forme de dépression à la fin de leur carrière qui est normale. Tu disais, tu viens de l'art, j'ai lu sur ton site... Ouais, du cirque. Du cirque. Comment t'as atterri en université du coup dans la psychologie ? Oh ça, si je savais ! Là mais dans ta famille ça n'a pas été déception ? Tu ne reprennes pas le flambeau on va dire ?
- Speaker #1
Non, le cirque est presque mort aujourd'hui. Pour des questions économiques ça devient compliqué. Mon père en fait toujours, mon frère pas du tout. J'ai des cousins qui en font aussi encore un peu en Corse. Je réfléchis, je crois que c'est quasiment plus que les seuls maintenant. C'est du hasard, mais j'étais très bon à l'école petit. Sans travailler, sans travailler du tout. Et donc, ça m'a aidé à avancer facilement. Et quand j'ai eu 18 ans, que j'ai eu le bac, je cherchais quoi faire. Et j'avais en tête de faire Sciences Po, les Beaux-Arts, Stabs ou Psycho.
- Speaker #0
Tu vois, c'est quand même large.
- Speaker #1
Ça a été très large. Et j'ai fait un mix entre Psycho et Sport. Je me suis dit que ça allait marcher. Et voilà, j'avais ça en tête et du coup, j'ai foncé.
- Speaker #0
Sur l'art, tu accompagnes aussi des acteurs, des... personnes qui font du stand-up, je ne sais pas, d'autres... Enfin, ce type d'art, quoi.
- Speaker #1
Beaucoup moins qu'avant. J'en faisais beaucoup avant dans le monde de la danse classique contemporaine, du chant aussi, lyrique, l'opéra, tout ça. Comédien, j'ai fait un peu, mais je n'en ai pas du tout en ce moment pour des questions d'agenda et de demandes. Mais j'aime beaucoup ça, par contre. Et en fait, ce que j'adore faire dans mon travail, c'est mélanger justement ces profils-là. Et je trouve que les sportifs auraient... tout intérêt à gagner, à rencontrer, à parler avec des artistes et vice versa. Parce que les uns ont la sensibilité, les autres ont la force mentale ou la rigueur. Et le combo fait pour moi que c'est le génie, il est là en fait. Il est dans cette espèce d'association entre des profils inassociables, mais qu'on arrive à mettre ensemble et qu'ils font un truc de dingue. Et ce que tu retrouves dans l'art martial, c'est ça aussi. C'est... La capacité à se battre, à se défendre, à faire de la calligraphie, à être zen, à tirer à l'arc, tout ça. Cette espèce de mélange entre l'art, la philosophie et le sport, pour moi,
- Speaker #0
c'est un peu la force et le calme, quelque part.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Et tu as parlé de sensibilité. Et au début de l'épisode aussi, tu as dit ça, qu'ils avaient en commun un peu ce...
- Speaker #1
Soit hypersensible ou très froid émotionnellement.
- Speaker #0
Est-ce que l'hypersensibilité... tu vois parce que froid j'ai l'impression que du coup c'est plutôt un avantage dans le sport de très haut niveau c'est peut-être un préjugé et que du coup l'hypersensibilité c'est un défaut enfin en tout cas un frein dans une carrière est-ce que c'est le cas est-ce que quand tu dis hypersensibilité déjà est-ce qu'on peut le définir et comment ça se matérialise dans une carrière chez quelqu'un ouais
- Speaker #1
hypersensible c'est assez simple à comprendre intuitivement parce que ça renvoie plein de concepts et plein de choses que tout le monde je pense imagine donc c'est la Merci. La capacité que tu as de ressentir très fortement tes propres émotions, celles des autres, mais aussi les changements dans l'environnement, d'être très tactile, d'avoir les sens tout le temps hyper développés, hyper en alerte, et d'avoir souvent aussi une appétence pour le beau, tout ce qui est esthétique, tout ce qui est vraiment très fin, donc le son. Donc c'est des profils plutôt d'artistes généralement, artistes, designers, peintres, tout ça, pas forcément de sportifs, mais là où c'est marrant. c'est que justement les très grands sportifs ceux que l'on adore notamment en France sont hypersensibles et en fait ils ont réussi à combiner le travail du corps et de la sensibilité du psycho pour en faire un truc Zidane par exemple un esthète incroyable sur un terrain prostes, tous ces profils-là, qui sont des artistes plus que des sportifs, finalement. Et ce que l'on recherche chez eux, c'est ça. C'est cette espèce de capacité à transcender un art, un geste, une façon d'être, de penser, qui n'est pas juste là, qui est aussi belle et qui change quelque chose.
- Speaker #0
C'est comme ça qu'ils deviennent iconiques aussi. J'ai l'impression qu'il y a ce côté esthétique, justement, qui ressort,
- Speaker #1
en fait. Ce que les gens recherchent dans le sport et dans ces profils-là, c'est qu'on veut voir chez les gens qu'ils ont changé, qu'ils ont dépassé leur talent naturel ou leur profil naturel, impulsif, calme, gentil, pour en faire un truc plus grand que ça, au service de leur art.
- Speaker #0
C'est marrant, j'ai vu une interview de Fédé Rer, je crois que c'était chez Clique, où il racontait qu'il était ultra colérique au début de sa carrière et qu'il a switché. Et puis maintenant, Fédé Rer, c'est la grande classe. Tu lui dis quelle élégance et tout.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
C'est un peu ce côté-là, quoi.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Et les gens adorent ça. Enfin, je dis les gens, c'est nous, en tant que public, etc., spectateurs, on aime voir chez les autres cette espèce de travail, que ça a été modelé, que ça a été façonné, que ça a été un travail de longue haleine et que ça se récompense par des victoires, en fait. Mais c'est aussi de voir que la personne est devenue quelqu'un d'autre, qu'elle a grandi quasiment spirituellement ou sur le plan intellectuel. est devenue quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Une forme d'artisanat dans la construction de la personne.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Je trouve que le temps est passé très vite. Il reste 7 minutes. Si tu pouvais conseiller les personnes sur tout ce qu'on s'est raconté aujourd'hui, en utilisant ce que tu as vu chez les champions, comment on pourrait l'appliquer, nous, dans nos quotidiens ? On a dit la discipline, par exemple, mais est-ce qu'il y aurait d'autres choses qu'on pourrait appliquer ou en tout cas mettre en place ? pour essayer de faire de nos vies, tu vois, une vie meilleure, en tout cas, progresser. Voilà, c'est le mot, quoi.
- Speaker #1
Comment progresser ? Un des éléments centraux, je pense, quand même, c'est notre rapport au stress. Donc, comment on gère le stress ? Et là, là où les champions sont dingues, c'est que tu mets des gens face, je ne sais pas, au vide ou face à un danger particulier, il y a ceux qui vont fuir et ceux qui vont foncer dedans. Eux, ils foncent dedans. Voilà. Donc, il faut apprendre de ça. Donc il faut se... confronter au stress tout le temps, aller faire des trucs exceptionnels, dangereux tout en restant quand même en vie c'est important mais se mettre en danger c'est important quand même aussi d'avoir cette espèce de force de vie là de se confronter à ce qu'on aime pas donc faire des trucs aller à l'armée, faire des stages commando nager avec des requins si tu veux des trucs vraiment de ce style là qui sont déroutants, mais qui vont te renforcer en termes de gestion de tes propres émotions et stress. Ça, je te redis les routines. Pour moi, c'est très important d'avoir dans le quotidien des routines qui te correspondent. Physiquement, je te dirais aussi de faire des choses que tu n'aimes pas faire. C'est-à-dire, par exemple, tu vois, si tu es quelqu'un de très costaud, de très rugueux, je te dirais qu'il faut faire l'inverse, d'aller vers la souplesse, vers le yoga, l'étirement, etc. pour toi, développer au max aussi tes capacités corporelles qui sont très bien avec les capacités psychologiques mentales. Qu'est-ce que je peux te dire encore de méditer ? Un classique.
- Speaker #0
Parce que toi, tu es aussi spécialisé sur la partie méditation.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Juste rapidement, les bienfaits de la méditation, puisque je pense que mon audience, tout le monde n'est pas apte. C'est vrai. Je ne pense pas.
- Speaker #1
Méditer, c'est... En fait, on peut avoir l'image du méditant assis par terre en lotus, en train de faire sa séance de méditation, où c'est juste boire un café, un verre d'eau avec attention et juste être là dans ce que l'on fait.
- Speaker #0
Dans le moment présent.
- Speaker #1
Dans le moment présent, tout à fait. Donc quand tu fais du yoga, du surf, que tu commences à bien maîtriser le tennis, toi aussi tu médites, en quelque sorte. En bougeant, en jouant, mais c'est une forme de méditation. Quand tu fais de la calligraphie, quand tu peins, quand tu dessines, quand tu jardines, c'est aussi méditer.
- Speaker #0
Donc en fait, quand tu es pleinement concentré sur une tâche.
- Speaker #1
Exactement. Donc ce qui est l'inverse du multitasking, pour le coup, est l'inverse des écrans. Screwer devant les fics, tu veux dire ? C'est la mort du cerveau en termes attentionnels. Donc tout ça, il faudrait retrouver là-dedans un peu plus de tranquillité et de zen.
- Speaker #0
quoi te dire de plus je réfléchis j'oublie forcément des choses c'est déjà pas mal si on arrive à ouais à faire ça c'est cool quoi tiens on peut terminer là dessus j'ai vu hier un réel alors je dirais pas sûr quel média est la personne mais la personne disait que la performance est ce qui tue la société moi évidemment avec le podcast que j'ai ça ça m'a touché que pour moi non qu'est-ce que tu pourrais dire là-dessus la personne disait que la performance a mené au burn-out et que la planète est un burn-out à cause de cette recherche de performance ah bah dis donc avec ça on va aller loin j'en
- Speaker #1
pense que je comprends ce genre de phrase là et de philosophie mais que ça n'aboutira à jamais à rien parce qu'il y aura toujours des performants à côté de nous qui vont toujours nous tirer vers le haut ou vers le bas mais qui vont chercher le résultat. Le barmaid peut venir de là, mais il vient aussi beaucoup du fait qu'on met des gens à des places qui ne sont pas les leurs. On les surexpose, on les met trop en difficulté, en danger. Ils n'ont juste pas les compétences ou le profil pour ça. En effet, ça les fait se cramer sur le plan des attentions, de l'attention, des émotions, mais c'est un problème plus complexe que ça. Non, la performance, ça l'est obligatoire. L'art, c'est performer. Danser, c'est performer. Bien manger, bien manger, c'est performer. Enfin, c'est partout la performance.
- Speaker #0
D'accord. On peut terminer là-dessus, je pense. Merci Anthony.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Salut.