- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental. Je suis Kevin Rich, cofondateur de KERN, K-A-I-R-N, une application mobile qui démocratise l'accès au coaching mental d'élite. Chaque semaine, je partage des conseils pratiques, des interviews d'experts, ainsi que des témoignages inspirants d'entrepreneurs, de sportifs et d'artistes. Mon objectif est de vous aider à développer votre mental pour performer en toute sérénité, que ce soit dans votre vie professionnelle ou extra-professionnelle. je vous souhaite une excellente écoute salut Quentin salut comment vas-tu ?
- Speaker #1
ça va et toi ?
- Speaker #0
très bien merci de venir sur le podcast trop ravi d'être ici on va remercier Thibaut qui nous a mis en contact c'est grâce à lui que je t'ai chopé c'est un vieux frère pour toi et un jeune frère pour moi exactement mais j'ai l'impression que vous entendez bien je m'entends trop bien c'est un bête de gars donc Thibaut salut à fond Thibaut merci je vais te présenter très très rapidement Quentin donc tu es ex-athlète pro en demi-fond Donc, 1500 et 3000, l'épreuve un peu reine de l'athlée. On va évidemment couvrir cette partie-là de ta vie. Et tu as créé un running club pour ASICS qui s'appelle Mouvement. C'est un peu ta nouvelle vie. À côté de ça, tu continues tes études à Sciences Po. Tu viens de me le dire juste avant, je viens de l'apprendre, mais en industrie créative. Et ça, ça va m'intéresser aussi de comprendre comment tu as fait ce switch-là. C'est une passion depuis le moment que d'être. On va commencer par un vrai ou faux. C'est un peu la nouveauté de cette année. Donc tu réponds par vrai ou faux, tu peux expliquer. Si t'en as envie, si t'as pas envie, on passe à la prochaine question.
- Speaker #1
Y'a un problème.
- Speaker #0
Alors première affirmation, pour performer sur 1500, le mental compte autant que les jambes ?
- Speaker #1
Ouais, 100%.
- Speaker #0
On pose des affirmations et après on étayera dans l'épisode.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Le sport de haut niveau te construit plus qu'il ne t'abîme.
- Speaker #1
Ouais je crois dans l'ensemble, il peut t'abîmer et tout s'il y a des fragilités ou c'est sûr que ça peut t'abîmer à des endroits mais beaucoup plus construit, on en reparlera peut-être plus tard mais toute ma vie et tout qui je suis aujourd'hui ça a vraiment été construit grâce au sport et à travers le sport de haut niveau donc oui.
- Speaker #0
Notamment la discipline peut-être ?
- Speaker #1
Ouais la discipline, franchement le mental, en vrai tout,
- Speaker #0
Quand toute ta vie est structurée autour d'un chrono ? tu finis par confondre ta valeur et ta performance ouais
- Speaker #1
100% je crois aussi et c'est dur de comprendre surtout très jeune en fait le sport de haut niveau souvent c'est très jeune que tu commences le sport et du coup pas forcément à un âge où t'as la maturité de comprendre certaines choses et du coup c'est vrai que très vite quand tu contreperfes t'as vite tendance à te dire que t'es nul en fait en tant qu'individu et moi je l'ai vraiment ressenti ça genre que ton individualité elle se dissout dans ta performance Après, il faut être bien entouré et avoir des choses à côté pour comprendre que si tu fais des mauvaises performances, tu n'es pas une mauvaise personne. Oui,
- Speaker #0
tu n'es pas une merde, comme dirait Thibaut.
- Speaker #1
Non, je fais ça. Le running amateur copie parfois les codes du haut niveau sans en comprendre les conséquences et les risques. Peut-être, oui, si, peut-être. En tout cas, je vois beaucoup de gens qui veulent se suréquiper sur le matériel, qui s'entraînent beaucoup. Et en vrai de vrai, ce n'est pas forcément nécessaire quand on regarde le niveau à la fin. Et qu'ils se prennent beaucoup la tête en fait. Moi, j'ai été formé par un gars qui s'appelle Pierre Chevrier. Et après, c'est Farouk Madassi qui a pris le relais. Et Farouk et Pierre, les deux, ils m'ont toujours inculqué ce truc de... À la base, la course à pied, c'est un sport noble, c'est un sport sain, c'est un sport simple. Et en fait, il faut commencer par là. Et en fait, toute ma carrière et toutes mes courses et tous mes entraînements, ils se construisaient toujours sur cette idée-là. Et en fait, parfois, j'ai l'impression que certaines personnes, en tout cas une partie du milieu du running, prend le problème dans l'autre sens et commence par des trucs très compliqués, alors qu'en fait, à la base, c'est un truc très simple. Donc ouais, je crois.
- Speaker #0
Super intéressant. On va parler évidemment du running en deuxième partie de l'épisode et je veux bien qu'on revienne là-dessus.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Surtout avec les modes. La discipline d'un athlète est un avantage dans la vie en général ?
- Speaker #1
Ouais, 100%. Ça t'apprend le respect, ça t'apprend les valeurs, ça t'apprend l'humilité, ça t'apprend l'honnêteté, ça t'apprend la résilience, ça t'apprend... En vrai, tout, et encore une fois, ça rejoint ce que je disais tout à l'heure, rien que le fait dans la vie d'aller parler à des gens, de toujours essayer de me confronter à des points de vue divergents, tout ça, c'est que des choses que j'ai apprises grâce au sport de haut niveau. Et aussi, en fait, le fait qu'à mon sens... la vie d'un sportif de haut niveau c'est d'être inconfortable l'inconfort tout le temps et en fait d'avoir été habitué à cet inconfort et ça c'est une grosse carte aujourd'hui dans la vie parce que du coup j'ai tendance à plutôt voir le verre à moitié plein que à moitié vide tout le temps et ça ça aide beaucoup mais il y a beaucoup de choses donc oui
- Speaker #0
100% vrai trop bien on peut passer à une présentation on peut le pousser Quentin est-ce que tu peux te présenter en parlant de ton parcours d'athlète Mais pas que, tu peux aller plus globalement sur ta personne.
- Speaker #1
Moi, en fait, le truc, c'est que je me suis énormément cherché et je me cherche encore beaucoup. Et je pense que toute ma vie, je vais me chercher. À l'école, j'étais un gros turbulent et tout, qui était un peu désintéressé dans la manière, mais dans le fond, qui n'était pas désintéressé. Mais juste, c'était les choses très concrètes qui m'intéressaient, genre l'histoire, le français, des trucs comme ça. Et les trucs que je savais qu'ils allaient me servir à rien franchement ça me saoulait vite et tout et j'étais insupportable pour mes parents. Franchement ça a été vraiment horrible même j'en reparlais avec ma mère de temps en temps. Vraiment j'étais un cancre de ouf. J'avais quand même des bonnes notes mais franchement je travaillais pas. Et mes profs ils me disaient toujours c'est trop dommage d'avoir du talent à l'école et de pas l'exploiter. Juste j'étais pas dans le moule en fait et j'avais pas envie de rentrer dedans et ça me plaisait pas donc je voyais pas pourquoi je rentrerais dans le moule. Et en fait par grâce je suis tombé sur l'athlée quand j'avais genre 15 ans. Et en fait c'est ça qui m'a fait accrocher à un truc dans la vie et qui m'a fait me rendre compte qu'il y avait des chemins parallèles qui étaient possibles.
- Speaker #0
Mais tard quand même.
- Speaker #1
Mais tard ouais, 15 ans c'était tard. Après j'ai fait beaucoup de choses avant, franchement j'ai fait genre 12 ans d'école de musique donc j'ai fait de la batterie à plutôt bon niveau, j'étais dans une harmonie, j'étais dans plusieurs groupes et tout. J'ai fait de la magie, ça peut paraître bête mais j'ai fait énormément de magie et franchement j'ai vraiment poussé le truc assez loin aussi. J'ai fait genre 2 ans de patinage artistique, en fait j'ai vraiment essayé de me chercher dans plein de domaines différents. mais il n'y avait pas vraiment la musique quand même ça m'a plu de fou mais il y a un moment où ça m'a saoulé et en fait en gros j'ai été repéré moi en course à pied par un gars qui s'appelle Serge Durieux qui était entraîneur à Grenoble et qui entraînait déjà ma mère avec la mairie à l'époque de Grenoble et un jour ma mère m'a ramené parce qu'elle était un peu franchement elle en avait trop marre que je fasse rien de ma vie et du coup elle s'est dit vas-y je vais le faire rencontrer des gens on venait de déménager à Grenoble parce qu'à la base je venais d'un petit village qui s'appelle Saint-Laurent-du-Pont Merci. Et donc du coup je connaissais personne, ça se passait pas bien à l'école et tout, et elle m'avait dit bah vas-y tu vas rencontrer des gens de ton âge et tout, et du coup elle m'avait emmené dans ce groupe là d'entraînement, et en fait le gars il m'a vu courir, il a dit vas-y faut que tu viennes avec nous et tout, et moi je l'ai plus pris comme un divertissement tu vois, je me suis dit bah vas-y en vrai ça va remplir mes jeudis et mes mardis soirs, ça va être cool je vais y aller, et en fait effectivement le groupe était cool, c'était pas du tout mon kiff de courir, c'était cool tu vois mais c'était pas un truc qui m'habitait de ouf, par contre j'avais trouvé un vrai groupe de potes, et ça c'était hyper cher pour moi, et donc j'ai commencé à y aller parce qu'en fait ça me faisait trop plaisir de voir mes potes et tout. Et franchement, après, j'ai été pris dans un espèce de tambour de machine à laver. Et je n'ai jamais loupé un entraînement pendant dix ans. Tu vois, en fait, plus ça avançait, plus ça avançait, plus ça avançait, plus mon niveau, il progressait. Et plus je prenais mon pied dans ce truc-là. Et en fait, c'était genre une machine infernelle, tu vois.
- Speaker #0
Je comprends maintenant, en fait, il y a plein de liens avec ce que tu fais maintenant, en fait, les industries créatives. En fait, c'est ce que tu as exploré déjà petit. C'est touché plein de choses. Ah ouais, et puis l'artistique, en fait. L'artistique et le côté social, en fait, c'est ce que tu as cherché dans ce club d'athlètes à 15 ans. Et je comprends maintenant le running club. Oui, c'est ça,
- Speaker #1
c'est hyper important. Et puis vraiment, l'art aussi. Moi, c'est un truc qui m'a beaucoup aidé. En gros, je suis resté à Grenoble jusqu'à 21 ans. Et là, j'ai commencé à atteindre vraiment un bon niveau à ce moment-là. Et là, la question s'est posée de... Ok, c'est moi qui me la suis posée tout seul, tu vois. Mais est-ce que je reste à Grenoble dans cette structure-là ou est-ce que je pars dans un groupe pro, en gros, tu vois ? Ce n'était pas écrit que si je restais à Grenoble, je n'allais pas faire des grandes performances. Mais en tout cas, moi, je m'étais dit, c'est toujours important pour moi de me questionner de où je suis. à ce moment-là, tu vois, et est-ce que c'est le bon choix ? Et d'essayer de trouver des contre-exemples, etc. Et là, en vrai, à la fin de la discussion solitaire, je m'étais dit qu'il fallait que je parte, parce qu'il fallait que j'aille avec un coach qui avait vraiment connu ce que c'était que le sport de haut niveau, et en fait, surtout avec des mecs qui me challengeaient, parce que moi, genre, dans ma ligue, à l'époque, donc j'avais genre entre 18 et 21 ans, franchement, genre, de ma catégorie d'âge, je gagnais tout, et il n'y avait pas de concurrence, en réalité, sur les courses de niveau régional, donc que ce soit les courses de club, les courses, les interclubs, les choses comme ça. les championnats de France en 2018 quand j'étais junior je les avais gagnés haut la main et tout et en fait je me rendais compte que moi ce qui péchait énormément c'était le mental, c'était en fait quand j'arrivais dans des courses de grands, donc quand les organisateurs de meetings ils se disaient ah ouais ce gamin il court vite et tout on va le mettre dans des grosses courses, et bah en fait ça péchait et j'arrivais pas à suivre devant parce que je sais pas, il y avait un truc qui fonctionnait pas et au bout d'un moment j'ai compris que en fait si t'es jamais challenger à l'entraînement, quand t'arrives en compét' et qu'on te challenge en fait moi je me braquais en fait et donc du coup là je me suis dit il faut que tu partes et donc du coup c'est à ce moment là que je suis parti à Reims avec que... donc Farouk Madassi, qui a pris le relais après Pierre Chevrier, même si je suis toujours resté très en contact avec Pierre. Et en fait, je suis parti aussi là-bas parce qu'il y a un athlète qui s'appelle Maïdine Mekissi Benabad, qui est triple médaille olympique, et qui était connu et qui est toujours connu pour être l'un des meilleurs athlètes de tous les temps. Et j'étais un peu en contact aussi avec Maïdine, et je sais qu'il n'était pas contre le fait que je vienne m'entraîner avec lui. Et il y avait d'autres très bons athlètes, il y avait Clément Desnault, un excellent coureur de 800 mètres, Romain Sévrin, un excellent coureur de 800 mètres, Julien Rebec, un excellent coureur de 5000 mètres. Il y avait vraiment une grosse équipe. Et donc du coup, là, je me suis dit, bah vas-y, j'en ai parlé avec Pierre. Et il m'a dit, bah en vrai, si tu penses que c'est la bonne solution, il faut partir. Et donc là, j'ai commencé mes quatre grosses années. Et donc du coup, pour faire le lien... Ben là, à ce moment-là, je suis parti de chez ma famille, parce que je vivais chez mes parents et tout ça. Et là, j'habitais dans un creps, donc il y a un centre d'entraînement, une structure régionale, si tu veux, dans une petite chambre. Genre de, je sais pas, 8 mètres carrés, vraiment minuscules, avec un lit, une place.
- Speaker #0
Je vois le genre.
- Speaker #1
Entrée en hibernation, tu vois. Entrée en religion, tu vois. T'es presque une entente en religion. Je te jure, franchement, c'est ça. Vraiment, tu vas manger à la cantine, tu t'entraînes, tu retournes manger à la cantine, tu te réentraînes et tout. Et moi, à ce moment-là, l'art, ça m'a trop servi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
genre c'est là que j'ai découvert la littérature, c'est là que j'ai découvert les films, c'est là que j'ai découvert les peintures, les sculptures et tout. Parce que dans les grands moments de solitude qui découlaient de l'entraînement d'un sportif de niveau, j'arrivais à trouver une oreille et quelque chose qui me parlait à travers l'art et tout. Du coup, ça m'a beaucoup touché. Et maintenant que j'ai arrêté le sport, j'ai l'impression que c'est l'art qui me permet de faire cette transition et qui me permet d'être à un endroit où je me sens bien.
- Speaker #0
Tu t'es construit sur plusieurs piliers directement.
- Speaker #1
j'ai essayé et tout et encore une fois ça m'aide de fou depuis que j'ai arrêté ma carrière parce que ça me permet de pas avoir qu'un truc et qu'en fait j'ai des petits rados de sauvetage là sur lesquels je peux sauter et qui me permettent de pas me noyer et quand tu à 21 ans tu te fiques des grands objectifs quand
- Speaker #0
tu veux partir à Reims parce que parfois c'est t'avais un peu le profil quand même de personne qui voulait d'abord kiffer son sport mais qui avait pas forcément de grands rêves, qui tout l'espoir rêve d'être champion olympique et tout
- Speaker #1
En fait ça s'est fait doucement ça quand même Quand j'ai fait le choix de partir à Reims Moi je me suis dit maintenant tu veux partir à Reims C'est pour être le boss Et moi j'avais une discussion avec mon coach et tout C'était en mode maintenant tu viens ici Maintenant c'est pour faire partie des grands C'est toujours dans ce truc de J'aime pas faire les choses à moitié Et je me rappelle l'année dernière ça m'avait touché Il y avait Ouda Benyamina qui est la réalisatrice du film Divine Et qui est la fondatrice De l'association 1000 visages Qui est une association de cinéma Et j'étais dans cette association l'année dernière Je prenais des cours qui avait dit un soir, moi j'adore le chaud, j'adore le froid, mais je déteste le tiède. Et moi je trouve que cette phrase, elle est trop vraie aussi pour moi, et donc du coup je m'étais dit, toujours dans ce truc de, si je pars à Reims, c'est pour y aller à 100%. Et j'avais peur qu'en restant à Grenoble, ça allait rester genre un petit kiff, genre un kiff, je me fais kiffer et tout, mais en fait au bout d'un moment j'ai compris que si tu voulais faire partie des meilleurs, en vrai de vrai, il fallait passer par des moments compliqués et tout, pas forcément compliqués, mais en tout cas t'investir pleinement dans ce projet-là. Et donc du coup, si, après, à partir de ce moment-là, j'avais plus que ça dans la tête. Genre vraiment, c'était genre mon rêve, il prenait une consistance sensible. C'était vraiment genre physiquement, les secondes que j'essayais de rattraper tous les jours, elles étaient là devant moi et je mangeais avec elles et elles me suivaient et tout, tu vois, c'était vraiment genre un engagement total pendant quatre ans.
- Speaker #0
Et là, tu visais du coup les JO ?
- Speaker #1
Ah, les JO, mais je visais, j'avais même pas l'habitude et tout, franchement. Ouais, les JO de Paris, parce que moi, on m'a toujours répété depuis que j'étais jeune que j'étais la génération Paris 2024.
- Speaker #0
Ok. C'était quand même, il y avait des... Ouais, depuis, ok.
- Speaker #1
Bah ouais j'ai fait le championnat du monde en 2018 Et t'avais une espèce de courbe de la performance Je sais plus comment ils appelaient ça mais il me semble que c'était ça Et en gros la FED il te montrait que Bah ta progression elle devait être linéaire Comme ça et t'avais deux courbes Une courbe basse et une courbe haute Et moi j'étais dedans tu vois et en fait le but c'est pas en sortir En tout cas de pas en sortir vers le bas Et nous ils nous ont toujours répété franchement à partir de J'avais genre 17-18 ans quand je suis rentré dans le cercle des équipes de France En mode vous vous êtes l'élite vous êtes légère et moi je m'en souviens du discours des championnats du monde en mode vous vous allez faire rêver les français en 2024 et ça va être exceptionnel et en vrai ça et bah c'était magnifique et tout et moi j'ai je me suis investi à 100%
- Speaker #0
et je me suis dit vas-y tu vas faire partie de ça et tout et c'était genre même de faire en fait de représenter la France et dignement tu vois pourquoi pas d'aller chercher une médaille ta vie en fait tourne autour de ça tu commences passe le processus sur ces 4 ans parce que du coup il y a quand même plusieurs années t'as un titre de champion de France tu l'avais avant par contre je l'ai eu en 2018 mais je l'ai reçu en 2021 les espoirs
- Speaker #1
J'ai été une fois champion de France chez Espoir J'ai été vice-champion de France Espoir aussi J'ai fait vice-champion de France en 3ème Je sais plus deuxième ou troisième Mais là ton parcours dit quand même que tu y vas Ah ouais j'y vais Et puis franchement jusqu'à Honnêtement jusqu'à 2023 C'était la progression J'ai eu quelques années un peu blanches Honnêtement j'ai eu quelques années blanches 2019, 2020, 2021 c'était un peu compliqué A part mon titre de champion de France mais c'est dans des conditions un peu particulières parce que je me blesse toute la saison et franchement c'est pas du tout attendu à ce que je sois champion de France et du coup je pense que ça rend ce souvenir le meilleur souvenir de ma vie je pense encore plus beau ouais c'était trop magnifique mais par contre à partir de 2023 vraiment c'est l'année où tu te dis franchement là tu peux aller au jeu tu peux aller au jeu parce que déjà t'es à deux secondes des minima première chose c'est très peu et en plus de ça il y avait une marge franchement il y avait une marge on était en juin c'était une des premières courses de la saison Et en fait, j'allais repartir en stage derrière, j'allais refaire des courses. Franchement, tout était écrit pour que ça aille plus vite. Et ça n'est pas allé plus vite en 2023. Je ne sais pas si c'est par épuisement mental ou si c'est par manque de mental. Parce que moi, j'avais un gros problème, ça pêchait beaucoup dans la tête, en vérité. J'étais beaucoup plus fort à l'entraînement qu'en compète. Et c'était la grosse problématique de plein d'athlètes de haut niveau.
- Speaker #0
J'allais te poser la question, du coup on ne l'a pas formulée, mais tu rates les JO pour deux secondes. Ce qui est que dalle.
- Speaker #1
et j'allais te demander qu'est-ce qui a péché pour toi c'est le mental à ce moment là ouais je pense c'est le mental parce que franchement quand je vois moi je repense à des séances que j'ai passées et les gens ils le savent pas parce que franchement pour moi c'est pas une fierté que d'avoir passé des séances de fou malade et d'en compète que ça bloque mais franchement tous les entraînements qui étaient derrière le vélo moi j'étais genre j'étais trop fort et moi je m'en souviens d'une fois en 2000 il me semble que c'est en 2023 il me semble que c'est en 2023 à la fin d'année avant les élites et franchement les élites je passe en finale et tout mais genre sur le fil Merci. Et ça se passe pas bien les élites, enfin je sais pas, genre vraiment je suis pas du tout dans le coup, je suis dans le coup à la cloche et après il se passe plus rien mais vraiment à aucun moment je suis dans le coup. Et une semaine avant, ou genre 8 jours avant, j'avais un test sur 1000 mètres à l'entraînement à Grenoble et je l'avais fait avec un pote derrière le vélo et tout et l'idée c'était genre un peu un fond de course tu vois, genre en gros fond de course on dit, quand on dit fond de course c'est entre le 400 mètres et le 1200 mètres tu vois, en gros du 1500 mètres donc c'est vraiment au milieu et c'était la partie qui se veut être la plus lente normalement tu vois. Parce que la fin du 1500 mètres elle va vraiment vite, le début il va vraiment vite. Et le milieu, c'est un peu, tu vois, ça va vite, mais tranquille, on se regarde. Mais en même temps, comme on était entraîné sur, là, plutôt une course type meeting, donc une course qui va vite, là où il faut que tu ailles chercher des perfs et pas une course de championnat où le but, c'est de gagner. Ça allait quand même vite, quoi qu'il arrive, tu vois. Mais vite, plutôt bas que plutôt haut.
- Speaker #0
Ouais, je vois.
- Speaker #1
Et franchement, ce jour-là, je fais un petit 2,18 au mille. Donc 2,18, les connaisseurs, ils se prendront compte. Au kilomètre c'est facile même pour ceux qui s'entraînent pour leurs courses qui le mettent vraiment très très vite Tu te dis que si au lieu de passer 2.18 tu passes 2.21 au 1000 et tu fais 500 mètres encore derrière sur les mêmes allures ça fait 3.33 tu vois Et c'est les minima pour le jeu Oui j'allais te demander c'est 3.33 Et franchement le 2.18 il était genre mais trop facile mais c'était fou Moi même j'avais pas les temps de passage et tout et à la fin mon coach il me dit devine combien t'as fait et tout et 2.18 Et en fait quand ça passe pas derrière en compét' c'est trop frustrant C'est trop frustrant parce que tu te dis, t'as un niveau de fou furieux et des exemples comme ça, j'en ai mille. Des séances de ouf que j'ai réussi à passer et tout. Et je sais pas pourquoi ça péchait, mais en fait parce que j'avais peur.
- Speaker #0
T'as pas eu l'occasion d'avoir un préparateur mental ? Si,
- Speaker #1
sur ma dernière année, j'avais 6 préparateurs mentaux. Pour mes deux dernières années, ma dernière année et demie. Mais bizarrement, je remets pas la faute sur quiconque et tout, tu vois. Mais moi, l'année 2024, c'est celle qui s'est le moins bien passée. Et franchement, c'est ça aussi des fois qui me rend triste quand je repense à ma carrière, c'est qu'en fait, c'est super mal fini. C'est un peu une fin que j'ai pas choisie, tu vois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est un peu une fin que j'ai pas choisie. Mais en fait, il y avait beaucoup de choses qui voulaient que ça fonctionne pas. En réalité, genre en février, je me fais opérer d'une opération un peu chiante, genre du pubis. Ouais. Pour une pubalgie.
- Speaker #0
Pubalgie, ouais.
- Speaker #1
Et donc franchement, quand début février, tu te fais opérer pour une pubalgie, alors qu'il faut faire les minima début juin, en vrai de vrai, c'est compliqué. Compliqué, hein. Et moi, c'était déjà des mois que je m'entraînais sur la douleur. Mais genre la douleur, ça faisait vraiment, vraiment mal. Et un matin, je me suis levé, j'avais eu mal toute la nuit. C'était horrible, ça m'avait empêché de dormir et tout. Et là ce matin je me suis dit non vas-y c'est pas possible J'ai appelé mon médecin et là on a qu'à aller en opération Mais genre en 3 jours tu vois 3 jours après j'étais sur le billard Donc ça allait très vite et en vrai une équipe au top Donc ça c'est trop bien je remercie d'ailleurs Jacques Pruveau Et Gilles Roboul Qui m'a opéré Une équipe médicale au top
- Speaker #0
T'as pas peur à ce moment là quand tu te fais opérer En fait c'est un choix de ouf mais en même temps tu te dis
- Speaker #1
Moi à ce moment là je m'étais dit C'est soit tu vas jusqu'au jeu, mais tu prends le risque soit de te péter complètement, soit... En fait, mentalement, c'est horrible. En fait, mentalement, tu y vas deux fois par jour à l'entraînement et tu pleures de douleur. En vrai, ça faisait vraiment mal. Franchement, je devais m'échauffer genre 50 minutes pour pouvoir faire une séance tellement que ça me faisait mal. Et je me rappelle des SP15, il fallait que je fasse des 15 fois 100 mètres avant, des lignes droites et tout,
- Speaker #0
des trucs... Vous avez une tolérance à la douleur qui est bien bien super à la normalité. Pour vous, c'est normal en fait. Ouais, c'est normal.
- Speaker #1
Non mais franchement, il y a... il y a très peu de matins où je me souviens m'être levé et j'avais pas mal nulle part pour m'entraîner mais ça c'est pas un problème à la limite c'est inhérent pour moi au sport de haut niveau mais par contre là c'était devenu insoutenable en vrai de vrai c'était devenu insoutenable et donc du coup je m'étais dit soit je fais le choix de pas m'opérer mais je le fais à 100% c'est à dire que tous les matins je vais à l'entraînement et je bronche pas soit je fais le choix de l'opération et à ce moment là pareil j'accepte tout dont l'éventualité que ça fonctionne pas et que je sois pas prêt à temps et en vrai de vrai c'était une galère genre ça allait bien on essayait tout le temps d'être sur le positif quand on est parti à fond remuer en stage derrière Merci. On était là en mode, ok, il y a quand même des trucs qui vont bien, ça, ça va bien, ça, ça revient vite et tout. Mais en fait, quand tu dois enchaîner les courses, ça ne suit pas parce que tu n'as pas le foncier de ces mois-là que tu as loupé d'entraînement. Et en fait, ouais, factuellement, c'est compliqué. Et donc, du coup, ce qui est dur, c'est que c'est une fin un peu que je n'ai pas choisie quelque part. Je m'étais fixé comme limite les Jeux parce que je savais que c'était et la fin de mon parcours académique. la première partie de mon parcours académique et la fin d'un cycle olympique et en fait juste je m'étais dit ça sera le moment de faire un choix parce que t'as un moment de ta vie, les jeux olympiques c'est tous les 4 ans c'est long la préparation, j'ai 24 ans est-ce que t'as envie de te lancer encore pour 4 ans et moi je m'étais dit juste vas-y je refais une pause 28 ans ça le fait plus ? ça le fait de ouf mais même 32 ans ça le fait encore en vrai de vrai jusqu'à 35 ans ça le fait c'est juste que j'avais envie de voir d'autres choses et franchement nerveusement j'en pouvais plus ouais ouais je comprends En fait à la base je m'étais pas spécialement dit genre tu vas t'arrêter Ou tu vas truc juste je m'étais dit Là ça s'arrête un moment parce que là j'en peux plus Genre j'en peux plus d'avoir mal tout le temps D'avoir des problèmes de conscience tout le temps Sur tout ce que tu fais tout le temps dans ta vie J'avais tout le temps l'impression que Il y avait quelqu'un qui me suivait il y avait personne Mais c'était la culpabilité de tout le temps le sport de haut niveau Et ça c'est le gros côté négatif
- Speaker #0
Genre sur l'alimentation sur les sorties Tout en fait
- Speaker #1
Genre ouais quand Dès que tu vas sortir un peu de ton régime alimentaire, je n'avais pas vraiment de régime, mais juste de manger du sucre, de manger ça en fait. Parce que les charges d'entraînement sont tellement énormes. C'est 12 entraînements par semaine tous les jours. Il y a très peu de jours de repos. Tu ne bois pas d'alcool et tout. Je ne suis pas alcoolique en mode je ne buvais pas d'alcool. Non, mais il y a plein d'entraînements qui te plaisent. Oui, voilà. Et en fait, tu es sorti de ça. Et puis, c'est aussi un facteur de sociabilisation. Donc, tu sors de ça. Et puis, tu sors de la vie normale dans laquelle du coup, je n'ai jamais été avant 24 ans en fait.
- Speaker #0
J'allais te poser la question parce que t'as des potes d'enfance ou des potes en général d'études et tout.
- Speaker #1
Moi je suis pas resté en contact en fait avec les gens avec qui j'ai grandi, pour être très honnête. Et donc du coup directement les gens que j'ai rencontrés c'était des gens qui vivaient dans ce même milieu. Donc j'ai vécu dans un milieu qui était très serré et tout. Après j'avais mes potes, j'avais quelques potes tu vois, je pense notamment à Esteban Chevalier qui est actuellement mon coloc. Et en fait lui il était très bon en athlète mais il était pas dans ce truc de très haut niveau. Et du coup il avait quand même un peu la vie et tout à côté. Mais sinon, en fait, en vrai de vrai, après à Reims, j'étais tellement concentré sur mon truc à 300% que c'était même pas un sujet. Mais dans le fond, ça te travaille et tu y penses un peu et tout. Et du coup, c'est pas évident. Et vraiment, ce truc de culpabilité tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps dans tout ce que tu fais. Et franchement, ça, c'était insupportable.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que tu as dit à un moment. En 2024, c'était la pire année. pour le coup t'étais accompagné d'un psy et préparateur mental,
- Speaker #1
ça t'a pas aidé du tout si ça m'a aidé sur plein de trucs je pense que ça aurait été d'autant plus calamiteux s'ils étaient pas là et puis presque ça se trouve j'aurais même pas osé mettre le pied sur une ligne de départ en fait ils m'ont aidé aussi à me dire en fait le psy, la psy ça a surtout été sur le plan perso parce que moi il y avait beaucoup de sujets sur le plan perso et le prépa mental il m'a vraiment aidé en année 2024 j'étais un peu en crise avec mon coach ok en crise relationnelle et tout et ça arrive c'est dommage que ça arrive là mais on est arrivé un peu à un moment où la cocotte s'est récipée et en fait le prépa mental il m'a surtout aidé pour ça pour en fait un peu en sas de décompression entre le coach et moi et ça ça m'a beaucoup aidé et aussi de me laisser en fait de pas me faire baisser les bras la dernière année et de me dire bah vas-y va quand même même si t'es pas à 300% et tout va quand même te confronter à l'autre va quand même prendre le départ d'une course va quand même machin et en fait tout un travail que j'aurais dû faire vraiment avant de préparation mentale qui a été commencé trop tard malheureusement à part si j'avais continué ma carrière et tout mais quand même tu vois des trucs de bah moi je sais que j'avais vite tendance à sortir de mes courses donc en fait on reprenait des situations où je sortais quand je dis je sors de ma course c'est à dire que je suis concentré et il y a un truc qui rentre dans mon environnement personnel pendant la course par exemple un gars qui me pousse volontairement ou non et moi en fait ça me sortait de la course et en fait je m'énervais dans ma tête je me disais vas-y il m'a poussé machin c'est abusé on va se taper et tout alors qu'en fait et... Genre à la fin, celui qui gagne, c'est celui qui est premier. C'est normal que ça pousse.
- Speaker #0
Et en plus, au très haut niveau, il y a un peu de vis.
- Speaker #1
Il n'y a que ça. Départ des séries des championnats du monde, tu avais un mec qui était à côté de moi, je m'en souviens, un Algérien. Il arrive et il me crache limite sur les pieds, genre sur une de départ, genre comme ça. Il aurait pu cracher devant lui en vrai. Il me crache sur les pieds et moi, je suis rentré dans le jeu. Comme un débile Genre en mode dans ma tête j'étais là en mode mais attends il vient de me cracher Alors qu'en fait on s'en bat les reins Et genre le mec il fait que ça C'est que ça le sport de haut niveau Toi tu l'avais pas ce vis là Non pas trop moi j'avais un peu un truc Insouciant un peu un truc machin grande fête Et tout grande carnet Alors qu'en fait pas tant après je suis rentré dans ce truc là Parce que j'ai compris que c'était important Tu vois des trucs tout bêtes mais je sais que moi Du coup après les championnats du monde Je suis arrivé au championnat de France Et je t'ai favori et tout Et bah moi je savais qu'il fallait que je montre un air un peu désintéressé et tout, et que genre par exemple je t'ai rentré, je me rappelle, je t'ai rentré en dernier en chambre d'appel, la chambre d'appel c'est l'endroit où tu dois venir avant ta course, genre 30 minutes avant ta course, où tu dois faire valider ton dossard, où tu dois faire valider tes pointes, il y a plein de trucs, des trucs un peu, comment dire, techniques,
- Speaker #0
logistiques.
- Speaker #1
Et en fait tu passes par là et c'est une pièce dans laquelle tu es enfermé avec les 12 autres gars contre qui tu vas courir ou les 16 autres gars qui vont courir. Donc c'est très stressant.
- Speaker #0
T'as l'ambiance là-dedans.
- Speaker #1
C'est une ambiance un peu comme ça. Et quand t'as genre le favori qui rentre en dernier, en vrai ça envoie un message quand même important aux autres. Genre en mode je m'en bats les reins. Genre je suis le serein. Et en fait c'est des petits trucs mais que t'apprends au fur et à mesure. Et chacun a une technique différente. Par exemple Jacob Ingebrigsten qui est un des meilleurs athlètes. Et bah lui il était dans ma série aux championnats du monde et il était rentré en premier. Et je m'en souviens, il est rentré en premier, tout le monde s'est précipité vers la chambre d'appel pour rentrer dans la foulée. Donc dans ce truc de mimétisme en fait Et pareil Pas peur de toi je viens quoi Pas forcément mais dans ce truc de ah mais s'il le fait c'est que ça doit être la bonne chose Et moi je me rappelle au championnat de France Pareil en série et tout Et deux années où j'étais bon A chaque fois que je faisais un truc dans la chambre d'appel Toute la chambre d'appel elle faisait pareil Et en fait c'était des trucs de tu te tapes un peu la jambe Toute la chambre d'appel elle va se taper la jambe Avant la course elle fait une ligne droite Alors qu'en fait ça change rien et ça montre aussi que En fait il y a assez peu de gens qui savent comment rentrer dans sa course à soi sans se laisser influencer par ce que les autres font. C'est assez dur en vrai.
- Speaker #0
Quand tu approches une course, tu as un sentiment un peu de... Tu disais quand tu passes en élite avec les grands, tu avais un peu un syndrome de l'imposteur parfois ?
- Speaker #1
Ouais, moi je l'ai toujours un peu eu et tout. Mais je pense que c'était un peu inconscient. En fait, j'ai toujours... Et ça, Farouk, tous les jours, il me le répétait que j'avais ma place, donc mon coach. Et moi, je pense qu'il y avait toujours un peu un truc dans ma tête qui me disait, ils sont meilleurs que toi. Miaou, miaou, tu vois. et en vrai c'est dur de passer au-delà de ça et t'as des moments, moi j'ai eu des moments de grâce et j'ai eu des moments de grâce où j'ai réussi à passer au-delà et souvent c'était quand on touchait à mon égo et à ma fierté, et en fait ça mon coach il a assez vite compris donc du coup il s'en est assez vite servi donc pas d'un point négatif ou quoi parce que ça fonctionnait et pareil, championnats de France Espoir en 2021, blessé toute la saison et tout franchement, saison catastrophique et il s'était passé des choses A l'entraînement, j'ai eu des altercations avec des autres athlètes et tout machin truc, qui m'étaient un peu rentré dedans à l'entraînement en mode, ah mais t'es nul toi non ? J'étais là en mode, bah ouais je suis nul, mais je me suis blessé tout l'hiver, ça a été compliqué pour moi et tout machin. Et puis de toute façon, c'est la compète, le juge de paix, tu vois.
- Speaker #0
Bonne ambiance quand même.
- Speaker #1
Bonne ambiance et tout. Et je m'en souviens, quand j'arrive au Championnat de France, avec mon coach, les séries elles passent un peu, elles passent bien, mais pas exceptionnelles, tu vois, pour passer en finale. Donc les séries, c'est en deux jours, t'as les séries la veille et la finale le lendemain. Je passe en finale des Championnats de France, et là je m'en souviens, je marche. avec mon coach et j'entends genre alors je sais plus si j'entends quelqu'un ou si quelqu'un me rapporte mais qu'en gros il y a quelqu'un dans la tribune qui dit ouais Malric il va se faire déboîter aujourd'hui et tout machin il est nul limite je l'ai vu à l'entraînement à fond remue il était nul et tout et moi j'entends ça et tout et je me dis mais attends mais ils sont qui les gens pour penser ça et tout machin qu'est-ce qu'ils savent de ta vie qu'est-ce qu'ils savent de ce que t'as fait et tout mais moi ça m'avait touché profondément et mon coach je m'en souviens qu'il s'était servi de ouf de ça parce qu'il me disait tu vois ce qu'il pense là tout le monde tout le stade il pense la même chose Il m'a dit, tout s'il pense que tu vas te faire des beautés et tout. Alors toi, tu vas faire un truc. Et en fait, moi, tout le temps, j'attaquais à 700 mètres de la ligne d'arrivée. Et tous les 100 mètres, j'accélérais un peu. J'ai la lessiveuse. Et il m'a dit, cette fois-ci, tu n'as pas le niveau pour attaquer à 700 mètres parce que c'était trop loin de l'arrivée. En vrai, la vérité, c'était que mon entraînement n'était pas du tout optimal. Par contre, toi, tu as une rage en toi que les autres n'ont pas parce que tu as traversé des trucs que les autres n'ont pas traversé cet hiver. Et du coup il m'a dit tu vas pas attaquer au 700 là où les gens vont t'attendre et tu vas attendre et pendant toute la course tu vas attendre et ça va être une course d'attente et en fait tout ce qui t'est arrivé cette année et tout ce que t'entends et ce que t'as entendu avant la course et tout ça va tourner dans ta tête ça va tourner dans ta tête ça va tourner dans ta tête et le moment où tu vas la poser Tu vas tout ressortir, toute la haine et toute la frustration et tout, tout, tout, tout, tu vois, même tes problèmes perso et tout, tu vois. Il appuie sur le doigt, sur tous ces trucs-là et tout ça, machin. Et tu vas faire parler tes jambes. Et en fait, il m'avait dit, t'attaques dernier 300 mètres. Et en fait, du coup, j'attends et je m'en souviens que j'attaque pas aux 700. Et il y a un peu un truc dans la course en mode, c'est bizarre, il a pas attaqué aux 700. Et après, on arrive aux 1000 et j'attaque pas. Ah, c'est bizarre, il a pas attaqué aux 1000 et tout. Et je m'en souviens qu'à 400 mètres de la ligne d'arrivée, c'est Maël Gouillette, qui est aux Jeux Olympiques sur 1500 mètres, qui attaque. Et moi tout de suite je me mets dans sa rouille aux 300 mètres, genre vraiment tu vois ça montait, ça montait, ça montait, et aux 300 mètres genre j'ai tout envoyé, genre all in, et j'ai gagné ce jour là, et franchement c'était trop magnifique, cette manière aussi d'apprendre le truc, et de se dire qu'on se sert des mauvais moments par lesquels on est passé, et des trucs que les gens ont pu dire sur nous etc, pour se dépasser tu vois.
- Speaker #0
C'est ouf, c'est un peu bizarre et tout,
- Speaker #1
mais d'un autre côté tu peux pas fonctionner pendant toute une carrière, et moi mon prépa mental il m'avait dit ça, il m'avait dit tu peux pas construire une carrière sur de la frustration. en fait c'est pas possible donc en même temps ça peut te permettre de faire des coups et ça peut te permettre de, moi je sais que j'ai toujours voulu réussir dans quelque chose et donc je sais que ça dans ma tête c'est tout le temps un peu dans ma tête et c'est ça qui me permet toujours de faire le pas de côté ou d'aller m'engager dans un truc et tout mais tu peux pas construire toute une carrière sur la frustration et moi le problème c'est qu'en vrai plus j'avançais plus c'était construit là dessus et je pense que c'est aussi pour ça que le château de cartes il
- Speaker #0
s'est effondré comment ça se passe pour la qualif au JO c'est une course ?
- Speaker #1
ou c'est sur plusieurs et bah en fait t'as des minimas t'as des minimas donc nous c'était genre 3,33,50 je crois 3 minutes 33,50 toi t'avais 3,35 moi j'ai fait 3,35,99 et en fait si tu cours ces minimas donc ces minimas ou plus vite que ces minimas et qu'il y en a en gros ils emmènent 3 mecs aux jeux olympiques maximum ou 3 femmes et s'il y a moins de 3 personnes qui font les minimas ou 3 personnes qui font les minimas
- Speaker #0
après il faut aller au championnat de France qui fait office de meeting de sélection et il faut prouver ta forme au championnat de France donc il faut que tu fasses dans les 3 premiers parce qu'ils estiment que si tu fais les minimas pour les Jeux Olympiques mais que t'es pas foutu de faire podium en France tu vas faire quoi aux Jeux Olympiques ? Conduire le bus ? et s'il y a plus de 3 personnes qui font les minimas, soit ils vont chercher sur un ranking donc en gros t'as un truc où c'est comme le classement ATP en tennis en gros t'as toutes les courses et il faut que t'ailles prendre les courses où il y a beaucoup de points et ensuite t'as un classement mondial avec les points que tu as pu engranger avec des bonus en fonction des courses où tu vas courir et tout donc après à toi et à ton agent d'être intelligent sur quelle course tu vas les courir parce que peut-être que cette course elle est un peu moins bonne en niveau mais il y a des points bonus donc faut aller courir dessus et tout. Voilà et donc du coup ils vont chercher sur le ranking et en plus tu as toujours cette histoire de championnats de france où il faut prouver ta forme aux championnats de france et en gros moi quand ça s'est pas fait c'est ma dernière année en gros j'ai fait une course au minima comme tu fais souvent Donc en gros soit t'es très très très très fort et les minima c'est pas un problème pour toi donc en gros tu fais une course t'as les minima terminer bonsoir voir si t'es vraiment très fort t'as même pas besoin de faire les minima et de prendre d'office mais en France c'est pas trop le cas à Paris-Dine sur 1500m et même lui je pense qu'il doit faire les minima et en fait de course en course je faisais pas les minima tu vois et en fait j'ai rentré dans une spirale un peu négative et en fait le jour où j'ai appris que j'irais pas au jeu je le savais en fait c'est ça c'est que toute la dernière année en vrai de vrai il y avait une petite voix dans ma tête qui me disait mais en fait déjà que tu vas pas y aller T'étais un peu en fond comme ça T'étais un peu en fond tout le temps et tout
- Speaker #1
Ce qui ne te donne pas du positif
- Speaker #0
Ce qui ne te donne pas du positif Et moi je m'en souviens une course en 2024 Je courais un soir à Strasbourg Gros meeting Et on m'avait fait rentrer au meeting Exceptionnel Et je me rappelle il y avait un coucher de soleil Parce que les courses ça part tout le temps tard le soir Vers 22h Et on s'est mis sur une de départ T'avais 12 mecs affamés qui étaient là pour leur qualification au jeu Et moi j'avais un coucher de soleil au bout, franchement vous voyez que ça c'était magnifique. Et moi j'étais là en mode mais c'est délicieux ce coucher de soleil, c'est exceptionnel. Et là j'ai pris du recul, je me suis dit mais là tu dois être le seul trou de balle qui pense au coucher de soleil, tu as pas conscience.
- Speaker #1
Sûrement.
- Speaker #0
Tu vois, et en fait à ce moment là je me disais là il y a un problème quand même. Et en vrai je sais plus combien j'ai fait, je crois que j'avais fait 338 ou 337, ce qui était pas non plus une mauvaise performance. Mais genre juste à ce moment là tu te dis, ouais t'es plus dedans Browser. C'est fini quoi. Bah ouais, c'est fini avant même d'avoir commencé. Donc en vrai la dernière année elle était compliquée pour ça Parce que juste à chaque fois je me disais Mais qu'est-ce que tu fais là J'avais chopé le Covid en plus à la fin de l'année Franchement c'était horrible, avant ma dernière course à Genève Rien qu'à aller, j'avais chopé le Covid Et j'étais allé courir à Genève en fin de Covid Donc l'ambiance était catastrophique Et je me rappelle mon agent il m'avait inscrit à la course Il m'avait pris les billets pour que j'aille à Genève Et quand j'arrive j'étais pas dans la bonne série En gros t'as plusieurs séries, la première c'est la meilleure Et la deuxième elle est moins forte Merci. Et j'étais arrivé, j'étais dans la série 2, et là j'étais là en mode mais c'est pas possible, et en fait ce qui est trop bizarre c'est que, limite j'avais un truc, une voix dans ma tête qui m'a dit, genre j'étais content, en mode j'ai fui le combat, en fait au fond de toi si t'as pas envie tu peux pas le faire, c'est simple la conclusion du truc, c'est qu'en fait pendant longtemps ça m'a animé, et j'avais trop envie et j'avais vraiment une dalle et tout, mais au bout d'un moment si toi au fond de toi t'as plus envie, et que tu le fais parce qu'il y a des gens qui ont des attentes, parce qu'il y a des gens qui attendent ci de toi, parce qu'il y a des gens qui attendent ça de toi et tout machin,
- Speaker #1
Ouais, t'es un peu dans la machine à laver. En arrivant,
- Speaker #0
on m'a dit, ben non, t'es en série 2. Et je sais pas, j'ai râlé un peu pour la forme, tu vois. Mais au fond, j'étais en mode... Mais au fond, j'étais en mode en vrai. J'étais mieux, tu vois.
- Speaker #1
C'est dingue. On va parler de la bascule. Du coup, on sent que c'était intense quand même, forcément, cette période-là. Et j'ai l'impression qu'après, tu bascules dans autre chose. Comment se fait cette transition ? Déjà, quand tu te dis, là, en fait, je vais arrêter. Qu'est-ce qui se passe après, quoi ? Franchement, t'es qui ? Tu deviens qui ? Ouais. Qu'est-ce que tu fais tes journées ? Parce qu'en fait, tu passes de une vie qui est minutée à faire du feu.
- Speaker #0
Avec tout le monde qui s'occupe de toi et le temps du monde.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Ouais, c'est ça, exactement.
- Speaker #0
Donc déjà ça, un peu un point négatif, c'est que du coup, maintenant, j'ai l'impression que des fois que je suis le centre du monde, alors que ce n'est pas le cas. En fait, c'est dur de le faire sentir quand t'es dans des podcasts. C'est ça, mais plein de trucs, plein de trucs. T'as plein de trucs davantage encore, tu vois, en tant qu'athlète de haut niveau et tout. Moi, je m'en souviens, ça m'a marqué. Donc à Genève je fais ma course et tout Alors que je le savais depuis des mois que ça allait pas le faire Mais en fait quand je me pose dans le train Et que je mets mes écouteurs et tout machin Et que je me mets un petit son un peu triste Et là je m'effondre et tout parce que je me dis bah ouais maintenant genre c'est fini Et il y aura plus de Jeux Olympiques à Paris Et peut-être qu'il y aura d'autres Jeux Olympiques un jour Mais en tout cas ce qu'on te susurre dans l'oreille Depuis des années, depuis 2018 En mode tu vas en être et qu'en fait tu te rends compte Même s'il y a un côté de toi au fond Qui savait mais tu te mens à toi-même Et bah en fait le moment où t'es complètement transparent avec toi Et que tu te rends compte que ça va pas le faire En vrai de vrai tu tombes d'une montagne Genre moi je suis tombé d'une montagne Mais c'était bizarre parce qu'en même temps c'était un soulagement De ouf Mais une déception en même temps En mode maintenant je dois plus rien à personne T'as vu si j'ai envie de me coucher tard Si j'ai envie de faire ci je fais ça Et bizarrement depuis ce jour là pendant 6 mois, j'ai trop bien dormi et en fait je dormais pas mal avant mais je me suis rendu compte que en dormant bien je me suis rendu compte que je dormais mal avant j'étais pas là en mode ah je dors mal mais quand j'ai commencé à bien dormir je me suis dit ah mais en fait tu dormais mal poto t'avais quand même une charge mentale en moins je dormais bien, léger, magnifique et donc j'avais écrit tout un texte et je m'étais rendu compte que je m'en souviens ce soir là un rêve peut donc mourir écrasé par son propre poids et en fait c'était vraiment ça que j'ai ressenti pour moi il n'y a pas de phrase qui explique mieux le truc c'était que c'était vraiment un rêve, c'était sincère et j'y croyais vraiment dur comme fer et je pense que j'ai vraiment été pas loin de toucher ce rêve et tout et je l'ai vraiment effleuré et j'ai adoré l'effleurer et tout, mais en fait juste ça a pris le dessus et j'ai pas été capable de porter ça et de porter le ouais en fait tout ce que ça a demandé tout ce que ça a demandé en fait c'est une belle phrase un rêve peut mourir écrasé par ton propre poids et ça j'y ai pensé de ouf Merci. J'y ai pensé de ouf et je sais pas c'est la phrase elle m'est venue comme ça Et après bah c'est Franchement en vrai c'est un deuil C'est genre une partie de toi qui s'éteint Et là tu te rends compte aussi que En fait tes performances les gens ils en ont rien à cirer Ouais Et que c'est des trucs c'est comme les réseaux sociaux C'est tout les gens ils oublient du jour au lendemain en fait tu vois ce que je veux dire Tu trouves que c'est éphémère du coup Ouais c'est super éphémère et donc du coup en fait Si ça avait pas de sens pour toi Si ça avait pas de sens pour toi Je pense vraiment que t'as perdu beaucoup de temps de ta vie et j'ai eu de la chance que ça ait toujours eu du sens et même dans ma dernière année en 2024 où c'était compliqué et tout et ben en fait de me confronter à ça quand même et d'être dans cette position et me dire bah t'as dit que t'allais jusqu'à là tu vas jusqu'à là et tu fais les choses jusqu'à la fin même si c'est un enfer et ben genre ça je trouve que c'est trop important et c'est trop un truc qui m'apporte du que du positif pour la suite
- Speaker #1
C'est ce que tu en retires là finalement de cette dernière année D'échec on va dire
- Speaker #0
C'est de dire que t'es quand même allé au bout Franchement sur toute ta trajectoire c'est de me dire que Et j'ai toujours été Acteur dans Ma carrière tu vois de me dire que Quand je voulais faire un truc je le faisais Quand je voulais pas faire un truc je le faisais pas Et que quand j'ai dit que ma carrière elle s'arrêtait Et si je voulais qu'elle s'arrête elle s'arrête Et pourtant en vrai que j'ai eu des appels et des trucs machin Pourquoi t'arrêtes En vrai il y a plein de gens qui comprennent pas Les gens qui sont dans l'industrie Merci. En mode mais pourquoi t'arrêtes t'as un talent de fou et j'ai même entendu genre moi toute ma vie j'ai rêvé d'avoir ton talent et je l'ai jamais eu et toi t'arrêtes ? Et moi je suis là mais déjà je l'ai pas choisi. Tu dois rien. Je dois rien je l'ai pas choisi. Et tu sais j'étais un peu en mode sans faire de mauvaise comparaison mais les pouvoirs magiques d'Harry Potter est-ce que genre Harry Potter ok il doit faire le bien et tout dans le monde mais est-ce qu'il en a vraiment envie le brother tu vois ? ça n'a rien à voir mais genre dans l'idée et tout dans la métaphore moi j'étais vraiment dans un truc de ok cool mais genre je l'ai pas choisi et moi ça m'a permis de faire plein de choses mais maintenant c'est pas parce que j'ai ça en moi que je suis obligé de l'exploiter jusqu'à la moelle et tout et franchement je préfère partir en disant bah non maintenant c'est moi qui ai décidé de partir donc dans 8 ans je me dis mais attends mais ça fait 8 ans que t'es en train de te perdre dans un truc qui te fait plus vibrer ouais c'est vrai le voir comme ça aussi t'as raison parce que tu doubles encore le temps de truc quoi voilà mais d'un autre côté les émotions que j'ai vécu à travers le sport de niveau et tout et les moments de grâce que j'ai touché parce qu'en fait c'est pareil il n'y a pas longtemps j'en parlais avec quelqu'un et tout et qui me demandait qu'est-ce que tu cherchais en fait qu'est-ce que tu cherchais dans ta carrière parce qu'en fait en vrai courir c'est genre partir d'un endroit et revenir au même et qu'est-ce que tu cherchais et moi je me suis demandé c'est vrai c'est une vraie question et en fait après j'ai capté qu'il y avait des moments où genre le temps il s'arrêtait quand tu courais ou quand tu étais en l'empire un flot, un état de grâce je vois et un état de presque d'immortalité.
- Speaker #1
Ouais, ouais, je vois.
- Speaker #0
En fait, t'as un truc où t'as plus aucune notion de ce qui se passe autour, t'as presque un ultrason dans l'oreille, un espèce de bruit blanc. T'sais, pareil, la première fois que j'étais champion de France, quand je tourne la tête à droite, je tourne la tête à gauche, je vois qu'il y a personne, je regarde l'écran géant, je vois qu'il y a personne, et là t'as un truc comme un shoot d'adrénaline, un shoot de tu sais pas quoi. et où t'as toute ton année toutes tes années de travail, tous tes sacrifices tous les gens que t'as aimé, qui t'ont soutenu et tout machin, toutes les épreuves que t'as traversées qui te reviennent et qui te submergent et tu te noies là-dedans et c'est trop bizarre, en fait c'est un moment de grâce mais genre tellement ultime, qu'en fait quand tu le vis une fois, tu te dis je veux le vivre plein de fois ce truc et donc du coup je crois que c'était vraiment ça que j'ai cherché pendant toute ma carrière et ça quand ça s'arrête c'est dur de te dire que ça a pas été évident de le retrouver dans ta vie civile entre guillemets j'allais dire comment tu... pour l'instant je trouve pas franchement je trouve pas vraiment ce truc de grâce tu le trouves dans dans l'amour Je sais pas, t'es amoureux de quelqu'un et tout, t'as un moment, t'as toujours un moment où tu sens que t'es à ta place, où t'es bien, et où t'es là, où c'est léger, t'as l'impression de rider un nuage, tu te la régales. Donc il y a un peu ça et tout. Dans, je sais pas, des fois tu vas écouter une musique, ou tu vas être sur le vélo et le soleil il va pile poil taper au bon endroit, au truc, tu vois, tout va être parfait, tout va être bien aligné avec une petite mélodie dans les oreilles et tout. Mais genre au point d'une victoire sur une course ou d'un truc comme ça, d'un accomplissement et tout, franchement c'est dur à retrouver.
- Speaker #1
Ouais je comprends, je comprends. Comment tu te projettes ensuite 2024-2025 ? Donc après juin, du coup, les géopasses et tout. Comment tu te construis après ? C'est quoi la suite pour toi ? Comment tu la construis ?
- Speaker #0
Eh bien, je l'ai construit franchement avec un gros néant pendant des mois et des mois qui était très agréable en fait de se dire que juste t'as pas à tout penser dans ta vie, t'as pas à tout millimétrer, juste tu te pavanes, tu fais ce que tu veux et tout machin.
- Speaker #1
T'as l'air un côté libérateur là.
- Speaker #0
T'as l'air un côté libérateur et tout. Et puis en plus, à ce moment-là, moi je suis arrivé à Paris. Donc je suis pas de Paris à la base. Et donc la découverte de cette magnifique ville, même s'ils vivent là depuis 20 ans, ils sont blasés et tout. Franchement, quand t'arrives ici à 24 ans, moi je suis à Sciences Po, donc c'est une école qui est quand même stimulante intellectuellement. Et t'es dans ce truc de libération un peu après une carrière d'athlète, franchement c'est quand même magnifique. Donc là tu commences à comprendre ce que c'est que la vie. Tu vas au cinéma, tu vas au restaurant, tu vas voir des expos, tu vas au musée, tu te la régales, tu vas en soirée et tout, beaucoup de soirées, beaucoup beaucoup. Tu te dis à 23,
- Speaker #1
24 ans 24 ans Mais en même temps c'est
- Speaker #0
D'autant plus intense Que c'est ton choix Tu te dis maintenant je découvre ça Et t'es pas
- Speaker #1
Mais t'es pas tombé non plus dans l'extrême inverse C'est à dire de te faire que des
- Speaker #0
Pendant des semaines et des mois au début si Pendant 3 mois c'était limite malsain Je me rappelle l'été Franchement j'étais une épave tous les soirs Mais non mais je vomissais tous les soirs T'es horrible et tout. Et là au bout d'un moment je me suis dit non Quentin là t'abuses genre à un moment j'avais compté genre combien de temps genre ça faisait genre 8 semaines qu'il n'y avait pas un jour où j'avais pas bu tu vois. Mais c'était pas un truc d'alcoolique ou quoi c'était juste un truc en fait de faire relâcher la pression et en fait j'étais vraiment là en mode attends mais genre te repense à tous les jours et c'est mon goal. Repense à tous les jours de ta vie où tu voulais sortir avec tes potes et que tu pouvais pas pour ce soir là tu vois y aller ce soir. Prouve toi, prouve l'heure. Alors qu'en fait au bout d'un moment genre quand t'as connu ce que c'est qu'être bien dans son corps pendant longtemps. bah en fait t'as envie de le retrouver vite donc ça aussi c'est un truc que je retiens du sport c'est que j'aime bien me sentir bien dans mon corps j'aime bien avoir ma nuit de sommeil, j'aime bien bien manger j'aime bien tu vois sentir que mon corps il fonctionne qu'il est fluide,
- Speaker #1
qu'il est pas rouillé machin c'est quoi ta relation au sport maintenant ? elle est continue à courir ouais je continue à courir,
- Speaker #0
donc j'ai arrêté longtemps pendant 6 mois, 6 mois j'ai pas mis une paire de baskets, donc je suis passé de m'entraîner 12 fois par semaine à 0, donc pareil je pense que c'est aussi pour ça dans l'équilibre que en fait tes hormones elles comprennent pas tu vois, il y a des trucs ton corps il comprend pas et après j'ai repris doucement et tout et en fait je me rends compte quand même qu'il ya un vrai truc un vrai appétit de la performance quand même chez moi et du dépassement de soi et tout donc j'ai très vite tendance à retomber dans un truc de compétition dans un truc de dépassement de soi genre de m'envoyer comme un ratagaze là donc voilà mais je peux y aller aussi très tueur en gros on se mange quand genre deux fois par semaine trois fois par semaine il ya deux fois c'est très cool Et une fois, je sais pas, j'ai passé une mauvaise journée ou quoi, j'ai eu besoin de me faire du mal à la gueule et tout. C'est quand même un plaisir que de me faire du mal à la tête et tout. Et c'est un truc qui me fait du bien. Et surtout, en fait, je me rends compte que c'est un endroit... Moi, mon rapport à la course, c'est qu'en fait, c'est un endroit où je me retrouve. Genre, je sais que quand je mets ma musique et que je vais courir, j'aime bien courir tout seul. Et bah, genre, c'est un truc où...
- Speaker #1
C'est ton introspection. Ouais,
- Speaker #0
c'est mon introspection. Et en fait, aussi, ça me ramène plein de souvenirs de l'athlète. Et en fait, ça me fait du bien de les revivre par procuration aussi. Un peu, tu vois, de revivre ça. Parce que j'ai l'impression que... c'est ça aussi des fois qui est cool dans la vie c'est de revivre des moments à travers autre chose, à travers un livre tu as une relation amoureuse à travers un livre ou une déception à travers un livre ou un truc et moi je sais que dans la course avec une musique et tout bah souvent je vais me rappeler d'un moment que j'ai oublié et ça me fait du bien et en fait surtout ça me permet de me rendre compte que c'est beau ce que t'as fait tu vois genre en mode c'est stylé mec genre tu peux être fier de what et de revivre ces émotions et tout ça me fait du bien et donc du coup j'ai un rapport plutôt sain je crois aujourd'hui au sport
- Speaker #1
Même si j'ai une fâcheuse tendance à m'envoyer un peu.
- Speaker #0
Cette année, je fais le marathon de Paris avec ma mère.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Je fais le marathon de Paris avec ma mère. Elle a eu 50 ans cette année et je lui ai offert ça en cas de Noël.
- Speaker #1
Trop cool. Attends, tu passes du 1500 au 42.
- Speaker #0
Jamais je n'aurais pensé faire ça. Honnêtement.
- Speaker #1
Souvent, les athlètes qui courent des petites distances ont du mal, mais n'ont pas forcément envie. Moi,
- Speaker #0
tu m'aurais dit que tu me prépares pour faire une perle. Je leur aurais dit non. là je le prépare vraiment parce qu'en fait c'est pour vivre des émotions et c'est toujours pour chercher ce truc de grâce en fait moi ma vie c'est que ça c'est genre chercher la grâce et chercher ce truc, ce flow ce moment où tout s'aligne et tout et je pense que sur ce genre de truc tu peux le trouver en vrai tu fais un marathon avec une des personnes qui t'est le plus cher au monde c'est trop bien c'est trop magnifique et c'est des émotions je pense qui sont gravées à vie tu vois et c'est plus pour l'aventure humaine en fait qu'autre chose, en fait je m'en fiche de faire un marathon ou pas juste je sais que peut-être qu'il faut passer par un marathon pour vivre des trucs forts c'est possible Et en même temps... Et ça, je trouve ça vrai et tout. Je trouve que le sport, et c'est pour ça que j'ai construit des amitiés qui sont hyper solides à travers le sport de haut niveau, c'est qu'en fait, ça te met dans une position de faiblesse et de vulnérabilité qui est tellement forte, parce qu'en fait, c'est dur. Donc, tous les masques que tu as en société tout le temps pour te donner un genre, pour trucs et tout, quand tu es dans une grosse séance, tu ne peux pas te permettre de garder de l'énergie pour garder tes masques. Donc, en fait, tu es vraiment un nu. Tu es recourbé sur toi-même, tu es comme ça, les mains sur les genoux, tu n'es pas bien, tu es dans des positions qui ne sont pas gratifiantes et tout. Et donc du coup, en fait, quand tu vois des potes comme ça et quand des potes te voient comme ça, t'as un moment où je ne sais pas, où tu te dis on est dans la même famille, on est dans la même galère et tout. Et donc, du coup, t'as un truc de confiance qui se crée déjà d'entrée. Et en fait, mine de rien, c'est un peu ce qui va se passer avec ma mère aussi. Tu vois un truc de ben voilà, là, on se parle à nu, genre vraiment, tu vois, pas avec la parole, avec les jambes et tout, mais on va se retrouver à nu. Et ça, je trouve ça beau.
- Speaker #1
Là, il n'y aura pas de filtre. Il n'y aura pas de filtre. En fait,
- Speaker #0
t'es vraiment dans un truc de sincérité ultime. vis-à-vis de toi-même et en fait tu vois tu as si tu as envie de pleurer tu pleures si tu as envie de rire tu ris si tu as envie de dire que tu as mal aux jambes tu dis que tu as mal aux jambes tu vois tu es dans un truc je trouve de sincérité et tout et ça en vrai je trouve ça magnifique sur le marathon tu t'es préparé comment et enfin depuis combien de temps et moi je suis un peu le mauvais exemple je suis un peu le mauvais élève parce que j'avoue que la préparation n'est pas du tout optimale normalement tu vois marathon ça prend beaucoup de temps il faut vraiment surtout pas se lancer là dessus donc par exemple ma mère elle a une grosse préparation Donc elle s'entraîne vraiment beaucoup et tout, elle s'entraîne 4 fois par semaine, elle va courir, elle fait des sorties longues, elle a un plan d'entraînement, un programme et tout, et donc moi je l'aiguille aussi un peu à travers ça. Moi je suis dans un truc où j'essaie de courir un peu pour garder la forme, et surtout en fait parce que musculairement ça va être dur de courir pendant 4 heures, mais tu vois en vrai j'ai couru pendant 10 ans de ma vie, genre mon corps il connaît, il s'en est pris, enfin franchement je courais 130 km par semaine, toutes les semaines, donc en fait au bout d'un moment t'as quand même un truc de mémoire musculaire. et de foncier intrinsèque moi je le vois même si je m'arrête deux mois et que je vais retourner courir tout de suite il va y avoir un truc où je sais pas naturel genre ça roule mais c'est pas du tout un conseil que je donne à quelqu'un qui voudrait préparer un marathon bien au contraire c'est quelque chose qui se prépare qui est dur qui prend du temps moi pour ma préparation c'est plus de me dire il faut que j'arrive à courir quand même assez régulièrement pendant un peu longtemps pour pas que je me blesse en fait pour pas que je me fasse mal parce que courir un marathon à 10 km heure c'est plus de 4 heures d'effort et en vrai c'est long et moi j'ai jamais couru plus de 1h40 je crois dans ma vie donc c'est un challenge aussi c'est clair ouais ouais sur le macadam et tout ouais et puis en fait d'aller doucement t'as un truc aussi où les chocs ils vont vachement vers le bas et du coup tes cuisses elles prennent cher tu vois alors que quand tu vas vite t'as un truc d'inertie où ton énergie elle va vers l'avant et elle va pas que vers le sol elle est transmise vers l'avant et donc du coup il y a beaucoup moins de poids qui sont mis sur tes jambes et tu travailles beaucoup plus par exemple les ischios les mollets que là ça va vraiment avec les quadris parce qu'on va taper vers le bas tu vois ok c'est très différent donc toi tu t'es pas fait une prépa de fou pour ce marathon non je me suis pas pris une prépa de fou et tout après c'est dans un mois donc là je vais commencer quand même à faire des sorties un peu longues genre il faudrait que j'en cale au moins une ou deux des trucs d'au moins genre 25-30 kilomètres tu vois pour pas passer de
- Speaker #1
20 à 40 ce qui ferait du simple au double mais franchement non j'ai trop hâte et tout et ça va être extraordinaire j'ai trop hâte sur l'aspect mental d'une course pendant le marathon de Paris là tu t'y prépares ou juste toi t'y vas au talent et comment tu protèges franchement non je m'y prépare j'y vais au talent
- Speaker #0
mais genre je me prépare à ce que ce soit en fait je pense qu'on se rend pas compte parce que si il y a un truc de mais tranquille j'ai couru toute ma vie donc ça va être tranquille et tout mais en fait par exemple il y a pas longtemps je suis allé courir 1h40 et tout et franchement c'était hyper long et du coup je me prépare à en chier mentalement ça va pas être un truc je sais où ça va être un parce que franchement il y a des trucs mentalement en athlète qui étaient vraiment vraiment vraiment ardu t'as des journées d'entraînement franchement t'avais des journées d'entraînement ou là c'était vraiment dur je me rappelle à Fauromeu j'avais des mon coach Farouk Il était très attaché à ce qu'on enchiait à l'entraînement. Tous les jours. Un peu, tous les jours. T'as des coachs où tous les 5 jours, ils vont mettre une grosse séance. Et après, on s'économise et mentalement et dans les jambes. On va faire des journées avec des doubles footing. On va faire une journée avec une muscu. Après, on fait une grosse séance. Après, le lendemain, on fait footing et tout. Farouk, sa méthode d'entraînement, c'était tous les jours, je t'en mets un peu dans la gueule. Pour habituer à ce que ton cerveau ne soit jamais endormi. A ce que tes jambes ne soient jamais endormies. Et en fait... petit à petit avant de gravir les marches il faut les construire,
- Speaker #1
vraiment dans ce truc de tous les jours on construit une petite marque et tout t'assimiles un peu la douleur et la difficulté voilà c'est ça,
- Speaker #0
mais vraiment même avec le fait de s'être entraîné avec Maïdine aussi, grâce à lui j'ai pu faire des trucs quand même, et grâce à Farouk où en fait rien que de courir 3.35 franchement sans ces gars là je l'aurais jamais fait j'aurais jamais pensé qu'un jour j'en serais capable et Maïdine je me rappelle il disait tout le temps des phrases de ouf, genre c'est pas la séance qui doit faire mal, c'est toi qui doit faire mal à la séance ça veut rien dire mais en fait c'est un mindset c'est un mindset où tu te dis bah vas-y il faut que j'y aille il faut que je rentre dedans et tout et à fond remue Farouk des fois il te tapait des séances où t'avais genre 30 minutes de seuil en côte enfin t'avais une heure de seuil donc le seuil c'est genre un peu une allure que tu peux tenir longtemps confortable mais ça va vite tu vois donc je sais plus ça doit être un truc du genre 60% de ta VMA ou un truc comme ça je suis assez nul en truc comme ça mais en gros c'est moi c'était genre en gros c'était genre 3,20 tu vois en gros au kilomètre Merci. jusqu'à 3,10 ça dépend de tes catégories de seuil mais en gros c'est ça, c'est une allure que tu peux tenir c'est même pas ton allure marathon tu vois, c'est un truc que tu peux tenir vraiment longtemps mais qui fait grossir en fait ta caisse en gros, ta capacité de durer sur le long, très grosse, très schématiquement et en fait Farouk il aimait bien travailler les côtes, faire des côtes parce que les côtes c'est dur déjà June et de deux c'est bon musculairement aussi ça te renforce et en fait ça évitait de toucher à la piste trop tôt dans la saison parce que Farouk il aimait bien qu'on touche à la piste assez tard, qu'on aille sur la piste assez tard pour pas faire trop de pistes et de façon comme ça on allait déjà beaucoup en faire pendant la saison et lui il faisait genre des seuils en côte c'est à dire que des fois pendant 30 minutes à fond remue t'avais une côte qui faisait genre 7 km et demi de la montée et on avait une heure, enfin j'avais une heure parce que j'étais tout seul à faire ce genre de trucs, j'avais une heure pour genre monter en haut de la côte et redescendre donc à 15 à l'heure de moyenne et c'était un enfer Merci. Franchement c'était à la calme, pareil pour les connaisseurs, la côte de la calme, tu pars du bas de fond romeux, donc c'est un village dans les Pyrénées,
- Speaker #1
tout le monde s'entraîne,
- Speaker #0
donc tu pars à 1850 mètres et t'arrives à 2200 mètres, donc t'as quand même énormément de dénivelé, en 30 minutes c'est quand même beaucoup, et franchement c'est horrible, parce que pendant 30 minutes tu montes à 15 à l'heure, 15-16 à l'heure, donc c'est quand même assez vite, et t'es tout seul, t'es comme un rat crevé,
- Speaker #1
comme un VMA 16,
- Speaker #0
pour te dire, et tu cours comme ça, et là franchement à chaque fois pas, t'as envie de te dire j'arrête, t'as envie de te dire j'arrête j'arrête, j'arrête, j'arrête, j'arrête, la vie c'était horrible le lendemain c'était horrible et tu sais que le surlendemain ça va être horrible et tout et donc du coup je sais que ça sera pas de cet ordre là le mental du marathon tu vois quand t'as traversé des trucs comme ça tu te dis faut pas s'attendre à ce que ce soit facile mais ça va pas être non plus tu vois je pense un combat horrible mais c'est ce qu'on disait c'est qu'en fait avec ton passé d'athlète de haut niveau c'est que la douleur et ce truc là tu l'as en toi et après tu vas le passer quoi et en fait t'es moi il y a un truc qui m'a marqué aussi je me suis rendu compte au début quand j'ai commencé l'athlète Merci. que j'étais fort mais pas trop, genre quand j'avais 16 ans, j'arrivais pas à me rentrer dedans. À me rentrer dedans en mode à passer le cap. Et je m'en souviens qu'un jour, j'ai fait une course, et ce jour-là, je me suis rendu compte que je pouvais pas en mourir. Je me suis rendu compte qu'en fait, d'aller plus loin que la douleur, plus loin que le moment où ton cerveau disait « vas-y, arrête, arrête, arrête, c'est chiant » , et que t'allais plus loin que ça, en fait, il se passe rien, en vrai de vrai. Juste, tu t'actives une autre partie de ton cerveau, ou une autre partie de toi, qui prend le dessus sur ta tête en fait, tu vois, qui se dit ça c'est des informations, la douleur c'est une information, on va la mettre de côté et on va se rentrer dedans et tout. Et ce jour-là, j'ai vraiment appris à me faire mal et tout, et j'ai commencé à me faire mal à la gueule assez fortement.
- Speaker #1
C'est vachement bien que tu le dises parce que c'est vrai que souvent le cerveau te limite avant que... Ouais, ouais, ouais. Avant que tes limites ne te rapprochent. Ouais, et en fait le moment où il te dit j'ai mal,
- Speaker #0
tu peux aller genre 3 fois, 4 fois, 5 fois plus loin, genre vraiment vraiment plus loin. Parce qu'en vrai de vrai, le jour d'un meeting sur 1500 mètres, les jours où c'était facile, je les compte sur les doigts d'une main. sur des dizaines, des dizaines, des dizaines de courses et très souvent, sur un 1500 mètres, au bout de 400 mètres, j'étais comme ça. Tu vois ? Et il te reste encore 1600 mètres. C'est très long. C'est encore long, oui. Avant que tu entendes la cloche du dernier tour, c'est long, Mais ça tient, ça tient. C'est fou. Ça tient. Tu es dans un truc de ça tient, t'as les nerfs, t'as les dents qui raclent le parquet et tout, et t'as des jours ça fonctionne, tu vois au début du podcast on disait que ce qui a toujours péché chez moi c'est le mental et tout, mais en fait c'était le mental pour en fait c'était pour accéder, moi j'ai fait 3.35 à 3.29 tu vois c'est ce qui m'aurait permis je pense de courir bien plus vite et tout, mais déjà pour arriver à 3.35,
- Speaker #1
en fait t'as des moments où faut être fort dans la tête oui en fait l'échelle de mental est pas forcément la même pour toi que pour l'exemple d'antar et en fait ça,
- Speaker #0
ça m'a beaucoup aidé et ça m'a marqué aussi les séances qui étaient difficiles avec Farouk Merci. Et moi, je me souviens surtout des séances de côte. C'était trop dur, les côtes. Je m'en souviens, des fois, on pleure et tout. Et on faisait des spécifiques 1500 mètres en côte. Donc, c'est vraiment des séances à l'allure de ta course qui sont tout le temps sur la piste en temps normal. Et nous, Faro, qui nous les faisait faire en altitude, donc en dette d'oxygène et en côte. Donc, en fait, en vrai, de vrai, quand tu passes des séances comme ça, quand tu arrives sur la piste, t'as l'impression que t'es sur un tapis roulant que ça, t'as l'impression que tu traînais un sac à dos avec des pierres et tout. Et quand tu redescends en pleine, que tu mets tes pointes, pour aller bien vite et tout, que t'es tout nickel, que t'as de l'huile sur les jambes et tout machin, que tout est nickel et que t'arrives sur la piste, ah franchement, t'as l'impression que t'as des bouteilles d'oxygène, un jetpack, t'as l'impression que tu voles, et pareil, c'est une sensation qui est extraordinaire.
- Speaker #1
Bah tu vois, alors moi je parle énormément de préparation mentale forcément sur ce podcast, mais bon, c'est clair que la préparation de ton sport physique et tout, c'est quand même la base et que c'est aussi ça qui te fait...
- Speaker #0
Progresser mentalement Forcément Mais c'est ça en fait Parce que ça c'est de la prépa mentale Que ton coach te dit tous les jours Bah vas-y aujourd'hui Qu'est-ce qu'on va faire ? Bon on va en chier Allez c'est parti Et ce truc de se dire Et demain qu'est-ce qu'on va faire ? Bah vas-y on va en chier encore Et en fait rien que ce truc De t'en chier tous les jours Et en fait quand t'arrives A l'approche de la compète 4 jours avant la compète Tu te dis putain c'est marrant Il commence à alléger un peu A enlever un peu un truc Ah aujourd'hui y'a pas muscu Aujourd'hui machin Et en fait t'arrives Et en fait le jour de la course Et bah comme les 2 jours d'avant T'as pas fait grand chose Et bah en fait tes jambes T'as l'impression qu'elles sont Toutes légères Toutes légères Merci. et en fait tu bombardes donc en fait c'est une autre forme de prépa mental qui passe pas par les mots mais qui parle par bah vas-y maintenant je vais te faire gravir des montagnes et comme ça quand t'auras une petite colline bah tu vas la passer tranquille tu vois c'est marrant ce truc là sur le 1500 que tu l'as aussi que 3-4 jours avant quand t'as l'âge tu retrouves tes jambes parce qu'en prépa marathon t'as vraiment cet effet là genre
- Speaker #1
2 semaines avant t'es au pic franchement t'es éclaté t'as plus de jambes quoi et 4-5 jours avant tu sens que ça va bien tu dis ah ça c'est intéressant tu diminues vraiment et souvent nous ils nous met du rythme c'est à dire ils nous mettaient des trucs avec beaucoup plus de récup donc vraiment pas fatigant pour les jambes et tout
- Speaker #0
où ça allait vite, c'était des courtes distances mais avec beaucoup plus de récupération, tu vois, pour vraiment recommencer à avoir des sensations sur des allures rapides mais sans que ça te marque trop, mais sans que ça t'endorme non plus, parce qu'après le problème c'est que si t'es habitué à t'entraîner 12 fois par semaine et que pendant 4 jours tu fais rien c'est horrible faut pas que tu t'arrêtes non plus d'un coup du coup faut quand même en garder et moi la veille j'aimais bien faire un truc un peu vénère pour me re-réveiller, un truc un peu dur je refaisais un truc un peu dur pour me remettre dans des conditions dures et aussi je me rendais compte qu'en championnat j'étais jamais meilleur en finale qu'en série j'étais toujours meilleur en finale qu'en série donc t'as un truc aussi de, ok faut quand même faire attention parce que les séries c'est quand même dur il faut que tu te rentres dedans pour passer en finale et donc c'est à dire que t'es fatigué et pourtant t'es meilleur en finale donc pourquoi ? donc t'as un truc aussi de Il ne faut pas non plus trop s'endormir, je crois. Il faut quand même garder un truc ouf. Du jus,
- Speaker #1
quoi, ouais.
- Speaker #0
Sur le gros du truc, il faut quand même récupérer du jus. Mais par contre, avant, c'est bien de s'activer un peu et de s'envoyer un peu avant pour réhabituer ton corps.
- Speaker #1
Pour s'endormir, ouais. OK. Pour le marathon, ça peut être utile pour...
- Speaker #0
Exactement. Non, non, c'est bien. Moi, je lui ai dit ça, ma mère. Je lui ai dit qu'une semaine avant, il fallait vraiment qu'elle se calme et tout. Par contre, c'était bien si... genre 3 jours avant du marathon elle recommençait à faire un peu un fractionné un peu intense même plus rapide que ses allures de course pour qu'après sur la course elle soit tranquille et elle ait l'impression que ce soit facile et que ça déroule quoi je vois que le temps passe vite je voulais parler encore du club de running que tu as monté pour ASICS vas-y alors
- Speaker #1
pourquoi et quelle est l'approche que tu veux mettre en place dans ce club parce que les running clubs à Paris il y en a beaucoup il y en a 3000 ouais Merci. Qu'est-ce que tu as envie de transmettre dans ce club ? Toi qui étais athlète de haut niveau
- Speaker #0
Pourquoi ? C'est ASICS qui m'a proposé J'étais trop content parce que ça a toujours été mon partenaire Pendant que j'étais athlète de haut niveau C'est eux qui ont financé toutes mes saisons Etc Et en fait je suis toujours resté un peu en contact De près ou de loin avec eux Et en fait il y a quelques mois Il y a Clara, guitare qui est RP pour ASICS Qui m'a appelé et qui m'a dit Qu'est-ce que tu en penses ? On aimerait bien monter un truc autour d'une communauté running et on a pensé à toi. Et du coup, déjà, ça m'a touché qu'elle pense à moi. Et moi, je pensais que j'allais assez m'en éloigner du sport. Mais en fait, naturellement, en vrai, je me suis dit je suis dans un master en industrie créative. On te donne l'occasion de créer quelque chose. En vrai, t'es débile si t'y vas pas. Donc du coup, je me suis dit que c'était important d'y aller. Mais par contre, je me suis dit à une seule condition, c'était que j'ai carte blanche, première chose. Et la deuxième chose, c'était que ça dépasse le running. Et donc du coup, en fait, en gros... C'est un running club où il y a des gens qui vont se rejoindre toutes les semaines pour aller courir, c'est très inclusif et donc ça aussi c'est dur, tout le monde peut venir. Et en fait c'est dur de faire passer le message que justement tout le monde peut venir alors que tu sors d'un truc d'ultra performance et où ton image est associée à la rigueur et au sport de haut niveau en fait. Du coup ça c'est un peu le premier sujet auquel je me confronte et qui n'est pas évident en vrai, de se dire que tout le monde peut venir parce qu'en fait on va faire des runs qui sont de 6. à 7 km, entre 9, entre 10, entre 9 et 11 km heure, on va dire, tu vois. Donc, ils sont plutôt accessibles, même si, par définition, poser une allure, c'est exclure des personnes, tu vois. Mais voilà, c'est l'idée de se dire que...
- Speaker #1
Mais en footing, quoi. Tu vois, voilà. Normalement, tu peux... Que tu peux normalement suivre. Tu peux parler, quoi.
- Speaker #0
Tu peux parler et tout. Et même si tu peux pas parler, du coup, c'est l'occasion de te dépasser. Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, c'est tous les jeudis soirs. Départ souvent à 19h de Asics, même si les lieux vont changer souvent. Mais en tout cas, c'est ça. En tout cas, par exemple, ce soir, c'est ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais en fait j'aimerais bien dépasser ça et me dire qu'il y a plein de gens qui se rencontrent dans ce univers et à travers le running et tout. Et c'est qu'est-ce qu'on en fait en fait moi un peu le sujet. C'est qui sont les gens qui viennent, qu'est-ce qu'ils font de leur vie et tout. Parce qu'en fait le running c'est cool mais c'est pas une fin en soi, c'est pas une finalité. Pour moi c'est un peu une manière de se rencontrer et de créer du lien entre les gens. Et même que moi je rencontre des gens et tout et je trouve ça trop intéressant. C'est une manière saine en plus de se rencontrer. Mais par contre c'est qu'est-ce qu'on en fait, qu'est-ce qu'on produit. Et donc du coup pour moi mouvement c'est presque de l'ordre de la création digitale tu vois. C'est par exemple, on est en train d'écrire une websérie autour du running, tu vois, avec des collègues comédiens de l'année dernière. C'est, on essaie de faire des vidéos un peu cool autour du logo parce que t'as un gars qui a fait le logo, qui s'appelle Antoine et qui a bien travaillé sur le logo et donc du coup on essaie de mettre ça en avant. C'est un gars qui s'appelle Max Ken, un copain à moi qui a fait le jingle et qui bosse trop bien et donc du coup on se dit bah vas-y comment on va pouvoir mettre en avant ça. Et en fait c'est demain, ça se trouve qu'il y a quelqu'un, une photographe ou un photographe qui est passionné par le running et qui voudra faire... Je sais pas, une exposition photo autour du Marathon de Paris par exemple, et autour de la douleur, ou autour de la notion de dépassement de soi, ou autour de la notion de mental, pourquoi pas tu vois. Et du coup on se dit bah vas-y on va faire une expo, après le Marathon de Paris on va prendre des photos, notre arène ça sera le Marathon de Paris, on va faire une expo, et avec mouvement on va organiser ça. Et l'idée c'est vraiment de se dire que le point de départ c'est le running, mais en fait qu'est-ce qu'on en fait ? et qu'est-ce que ça nous apporte dans notre trajectoire et tout. Et donc du coup, c'est un peu ça la direction artistique de mouvement. Et moi, ça m'excite parce qu'en vrai, c'est l'occasion de monter un projet from scratch quelque part. Et donc du coup, c'est gratifiant aussi de se dire que tu as des gens qui te laissent la clé de la maison, qui te disent vas-y, fais-toi plaisir, j'ai confiance en toi. Même si ça fait peur un peu au début.
- Speaker #1
J'ai l'impression que ce club, c'est Asics qui t'a demandé de le faire et en même temps, c'est toi. En fait, il y a la partie création, art.
- Speaker #0
C'est tout moi.
- Speaker #1
social.
- Speaker #0
Ouais et puis aussi dans l'incarnation. Moi ils m'avaient dit en fait, pareil ça c'était tu vois de chaque côté il y a un peu des comment dire des attentes et eux c'était un peu en mode ok nous on veut que tu l'incarnes. On veut que ce soit incarné et que quand les gens ils pensent à Quentin ils pensent à mouvement et quand les gens ils pensent à mouvement ils pensent à Quentin et tout. Mais moi en même temps je sais que j'ai pas une grosse grosse grosse fibre d'influenceurs à la base de créateurs de contenu et tout. Même si je veux doucement en prendre le chemin et donc du coup je me dis comment je peux réussir à tout concilier Ce truc de j'ai une image perf, il faut que je la lisse un peu pour pouvoir toucher ces gens-là, mais en même temps, pas renier d'où je viens, parce que c'est une fierté pour moi que d'avoir participé à ça et d'avoir été défini par ça et tout, donc je suis content de garder une part de ça et tout. En incarnant le truc, mais en même temps que ça ne fasse pas moi-jeu, moi-jeu, et que ça ne fasse pas que ce soit pas du vent, parce que j'ai envie que ce soit un truc concret, qu'il soit inspirant, qu'il permette aux gens de... de s'y retrouver et tout, et puis comment tu dépasses le running. Comment quelqu'un qui ne court pas, qui n'est pas intéressé par le running, presque qui a du mépris pour les runners, parce qu'il y en a beaucoup,
- Speaker #1
il y en a beaucoup et tout,
- Speaker #0
et comment il peut trouver, il peut se frotter les mains et trouver du plaisir à consommer du contenu sur le mouvement.
- Speaker #1
Je trouve que tu as des portes d'entrée différentes qui sont super intéressantes. J'ai vu la vidéo que tu as fait sur le logo, justement, et la vidéo sur le son et tout. En fait, ça peut faire rentrer des personnes qui sont, on va dire, plutôt arty à la base. C'est ça.
- Speaker #0
crachent un peu sur le running et disent je vais peut-être aller mettre un jogging et voir les gens que j'ai rencontrés on va faire des soirées et puis il y a des gens qui ne courront pas et qui viendront pour la soirée et ça sera ok et qui participeront de près ou de loin au projet et moi je mets un peu d'espoir et un peu de l'énergie sur la partie web série aussi parce qu'en fait justement tous ces côtés moi même qui me font tiquer sur le running j'aimerais bien pouvoir les aborder dans la web série
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te fait tiquer dans le running ?
- Speaker #0
Ça prend une ampleur de ouf et on en perd un peu. En fait, il y a beaucoup de gens qui se prennent pour d'autres. Et qui n'ont pas conscience que tout ça, ça existe. Et c'est presque du manque de respect pour les gens qui travaillent très dur au quotidien. Je ne dis pas que les « runners » ne travaillent pas très dur. Mais je dis que c'est important d'en avoir conscience. Et en vrai, malgré tout, quand tu viens d'un milieu et qui est hyper et humble et genre où tu t'entraînes très dur et tout pour atteindre un truc et que t'es souvent malheureusement moins bien payé que beaucoup d'influenceurs, même si c'est un taf et même si c'est, tu vois moi je me rends compte j'essaie de le faire, c'est pas évident et c'est un taf et aucun mépris, aucun jugement et tout tu vois, mais je trouve ça cool d'avoir conscience que t'as des gens pour qui c'est la vie qui continue, moi j'ai arrêté mais pour plein de personnes, la vie continue des gens qui donnent toute leur vie à ça qui lâchent leur taf, qui lâchent tout Et qui ont rien. Et ça, franchement, je trouve ça important de se dire que, en fait, 30 minutes au 10 bornes, en vrai de vrai, entre nous, c'est naze. Et quand tu viens dans le milieu du running et tout, 30 minutes au 10 bornes, c'est une truc de fou. Moi, je connais des gars qui font 27-20, tu vois, c'est des gars qui sont inconnus. Mais du grand public, je veux dire. 27-20, ils sont connus, mais du grand public, ils sont inconnus. Et même, par exemple, 28-30, qui sont inconnus du grand public. Moi, j'ai des copains qui font 28-40, que personne ne connaît. 28-40, c'est genre monstrueux. Et ils, limite, n'en vivent pas. Et en fait, moi, ça, quelque part, ça me fait mal au cœur et tout. Et j'ai pas de jugement pour aucun des deux mondes. Oui, bien sûr, je m'entends. J'aime bien le rappeler. J'aime bien le rappeler et j'aimerais bien qu'il y ait un peu de cette identité-là dans l'idée de mouvement, de se dire que c'est trop chouette que les gens, ils se dépassent, que tout le monde a sa place, que toutes les performances, elles sont belles, mais qu'on pète pas plus haut que son cul. Oui, oui,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
juste parenthèse 30 minutes c'est naze dans le haut niveau dans le sport de niveau c'est exceptionnel exactement t'as raison pas du tout et moi je fais même pas 30 minutes maintenant donc je suis personne t'as raison t'as raison non non non c'est pas du tout naze mais juste c'est important de se rendre compte que genre il y a d'autres réalités qui existent mais même pas au JO c'est ça même pas au JO même pas au JO et ça c'est un vrai sujet toi tu on va clôturer l'épisode la Z.
- Speaker #1
Tu ne te vois pas faire une nouvelle carrière dans le 10, je ne sais pas,
- Speaker #0
10 kilomètres ? Franchement, en vrai, c'est souvent un truc auquel je repense et que je me dis que c'était quand même magnifique. Il y a toujours des petites voix dans ma tête qui me disent « mais ce n'est pas fini » .
- Speaker #1
Je ne dis pas forcément sur pit, mais sur route. Oui, c'est ça, j'entends.
- Speaker #0
Mais du coup, des fois, je me dis « pourquoi pas ? » Mais en fait, quand je repense à tout ce que ça demande, je ne sais pas si j'ai les épaules. Très honnêtement, je ne sais pas si j'ai les épaules. les épaules pour repartir là-dedans. Parce qu'en fait, il y a un truc de... Encore une fois, quand je fais un truc, j'aime bien le faire à 350%. Et je sais pas si j'ai les compétences et tout. Vraiment, vraiment, en fait, genre la capacité de me réinvestir autant dans un truc, et ça m'embêterait de me réinvestir dans un truc à moitié, tu vois. Et en fait, aujourd'hui, ça demande tellement de niveaux pour être à haut niveau. Mais genre, vraiment, ça demande tellement d'investissement. Et d'année en année, c'est de pire en pire. Que, en fait, honnêtement, et ça, c'est un aveu de faiblesse. Je pense que j'en ai pas... De lucidité,
- Speaker #1
pas faiblesse.
- Speaker #0
Je pense que j'en ai pas... J'en ai pas... Et la détermination, et la volonté, et l'énergie...
- Speaker #1
Mais tu peux l'utiliser dans ce que t'es en train de faire à côté. Exactement,
- Speaker #0
et si je fais constamment et je remets cette énergie dans mes projets, et ça se trouve un jour, je sais pas, je remettrai une paire de pointes pour une saison, pour deux saisons, ou une paire de baskets pour préparer... Pourquoi pas, j'en sais rien, en vrai y'a aucune porte qui sont fermées. Juste aujourd'hui, c'est compliqué. par rapport à mon train de vie et par rapport à mes ambitions trop bien Quentin,
- Speaker #1
est-ce que tu veux conclure l'épisode avec quelque chose qu'on a pas abordé sur le running je sais pas peut-être qu'ils peuvent toucher un peu tu vois les gens qui veulent se mettre à la course qu'est-ce que tu leur dirais en commençant bah moi je leur dirais qu'en vrai il faut,
- Speaker #0
c'est trop bien, c'est trop une manière de se retrouver soi de faire du bien à son corps et tout et en fait ouais le truc toutes les valeurs que ça t'apporte je trouve ça pourra tout le temps te faire du bien dans ta vie et c'est un des seuls moments aussi où t'es sans ton téléphone t'es tout le temps avec ton téléphone dans la vie et tout, moi le premier et bah c'est un endroit où tu te retrouves sans ton téléphone où t'es complètement en accord et en osmose avec qui t'es et en vrai de vrai au début c'est dur, mais ça en vaut le coup parce qu'il y a un moment où ça va plus être dur, ça va être moins dur et après il y a un vrai plaisir il y a un vrai plaisir à se dépasser et à y aller tous les jours et à se retrouver avec soi j'entends, ça peut être avec les autres aussi mais avec soi, et vraiment ce truc de moi je trouve que ça aide beaucoup à prendre sur soi que de courir, donc en vrai je crois qu'il faut foncer Merci.
- Speaker #1
Trop bien. On mettra le lien de la page Insta de Mouvement, la tienne aussi d'ailleurs.
- Speaker #0
Avec plaisir, avec plaisir.
- Speaker #1
Et donc c'est le jeudi soir. Le jeudi soir,
- Speaker #0
19h. Après, ça sera tout le temps en communication sur Mouvement. On le dira tout le temps parce qu'il y a des moments où ça risque de changer. Ça partira pas toujours d'Azix, mais pour l'instant, on reste un peu chez Azix pour créer une régularité dans les runs.
- Speaker #1
J'aurais dû prendre mes affaires pour ce soir. Ouais, t'aurais dû, mais la semaine prochaine. Je passerai la prochaine. Ça marche.
- Speaker #0
Merci Quentin. Avec grand plaisir.
- Speaker #1
Salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Ciao. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris des choses. Si c'est le cas, merci de mettre 5 étoiles sur Apple Podcasts ou Spotify et surtout de partager cet épisode autour de vous. N'hésitez pas à me faire part de vos retours pour les prochains épisodes. Je vous dis à bientôt sur Objectif Mental.