- Christine
On n'a qu'une voix, un podcast pour découvrir ce que cache notre voix. Chaque mois, venez à la rencontre de mes invités qui lèvent le voile sur l'histoire singulière de leur voix. Au programme, des voix parlées, des voix chantées, des voix jouées et des voix parfois malmenées. L'intention ? vous procurer des émotions, vous faire voyager, vous apporter des conseils et vous proposer un pas de côté pour vous inviter à aimer votre voix. Dans cet épisode, on va continuer de découvrir des voix de podcasteuses. Oui, continuez, parce que si vous avez bien suivi, j'ai déjà accueilli quatre podcasteuses dans l'épisode précédent. Donc, si vous ne l'avez pas encore fait, Je vous invite à aller écouter Mafalda, Alban, Alice et Lucie dans l'épisode 15. En écoutant ces quatre nouveaux témoignages, ce qui m'a frappée, c'est à quel point la relation qu'on entretient avec notre voix est loin d'être linéaire. Pendant des années, on peut ne pas y penser, comme si sa présence était acquise pour toujours. Et puis, lorsqu'on commence à lui donner davantage de place, en créant un podcast par exemple, on s'aperçoit qu'elle est mouvante. bien vivante qu'elle peut être fragile et tour à tour nous exposer ou nous protéger. Alors je vous invite à écouter comment la place de la voix a évolué pour Laure, dont le podcast mêle lecture et échange, pour Florence qui a créé un podcast sur la reconversion des profs, pour Norah, sexologue qui aborde dans son podcast des questions liées à la sexualité, et enfin pour Solène, créatrice d'une émission pour nous faire vivre les émotions du sport. Bonne écoute !
- Laure
Bonjour, je suis Laure Agostini, et dans un ordre approximatif, on va dire lectrice, podcasteuse et autrice. Mon parcours professionnel est assez varié de toute façon, je suis passée par pas mal de métiers différents, comme animatrice et formatrice BAFA, vendeuse en magasin de mode, assistante d'éducation et CPE, serveuse, presque conductrice de car. Le métier que j'ai exercé le plus longtemps, c'est libraire. Et aujourd'hui, je suis gestionnaire de procédure. J'aime le changement en fait, avec toujours en fil rouge le contact et l'échange avec les autres. Et c'est exactement ce que j'ai la chance de faire aujourd'hui sur mon podcast. Donc ça s'appelle A vos textes. Chaque épisode dure une petite heure et je propose à chaque fois un texte court, lu en mode audiobook et un échange avec l'auteur.ice de ce texte autour d'une thématique sur l'écriture. Et c'est rigolo. parce que c'est vraiment en me posant seulement aujourd'hui la question de la place de la voix dans ma vie que je me rends compte qu'en fait, la voix a toujours eu une place assez singulière. Alors pas forcément la mienne d'ailleurs, plutôt celle des autres. J'ai toujours accordé beaucoup d'importance à la voix des gens. J'adore les voix graves, même un peu cassées. J'avais un collègue par exemple à la librairie qui était chaque hiver un peu malade et du coup il avait une voix très grave, voilà. Et je faisais exprès de l'appeler dans la journée pour l'entendre. En musique aussi, je suis assez sensible aux voix. En fait, j'écoute plus facilement des voix de chanteurs que des chanteuses, parce que les voix féminines, j'ai vraiment besoin d'une accroche avec leur voix. Je ne saurais pas forcément l'expliquer. La dernière chanteuse à m'avoir impressionnée, par exemple, c'est LP, une chanteuse un peu rock. Sa chanson la plus connue, qui n'est pas la mieux selon moi par ailleurs, c'est Lost on You. Je ne vous ferai pas l'affront de la chanter, vous irez écouter. Mais sa voix a un petit grain, un petit quelque chose que je trouve assez sympa. Et après, la voix a pris beaucoup de place dans ma vie assez tôt, dans le sens aussi où on m'a toujours dit très bavarde. Dans la famille, c'était toujours ce qui revenait. Laure, elle est bavarde. Je crois que je le suis moins aujourd'hui. J'ai tendance à préférer écouter... plutôt que parler, mais ça indique quand même que la voix avait une présence déjà assez particulière depuis toute petite finalement. Alors depuis que j'ai mon podcast, la voix forcément a pris encore plus de place. Au début je m'inquiétais un petit peu d'avoir du mal à m'écouter pour retravailler mes épisodes, mes enregistrements, parce que voilà, enregistrer un podcast ça implique de s'écouter parler longtemps, beaucoup. de s'entendre répéter plusieurs fois les mêmes choses, puisqu'on repasse plutôt régulièrement les mêmes extraits pour obtenir l'effet qu'on veut, par exemple, sur une lecture qu'on veut parfaite. Et je craignais vraiment d'avoir du mal à m'écouter, à m'entendre parler. Au final, non, je n'ai pas ressenti ça du tout. Dès le début, j'ai eu un espèce de détachement assez facile avec ma voix. Je m'entendais parler, je savais que c'était moi, mais c'était du boulot. J'ai pris ma voix comme une autre voix, une voix à travailler, à rendre la plus propre possible pour que l'écoute des épisodes soit agréable. Et j'ai pas eu de problème par rapport à ça. D'autant que j'ai eu des retours en plus assez positifs sur ma voix, auxquels je ne m'attendais pas par contre. Voilà, ça fait plaisir. Et c'est vrai que je m'amuse de plus en plus avec ma voix grâce au podcast. Je m'amuse à changer de voix lors de mes lectures. Quand dans les textes que je lis, il y a des voix de petite fille ou des voix de... garçonnets, des voix d'hommes bien graves, etc. Enfin voilà, je m'amuse de plus en plus à changer ma voix. Et ça me rappelle, j'avais fait une petite formation de conteuse à la Maison du Conte, à Paris. C'était une formation assez incroyable. Et on avait forcément, vous vous en doutez, beaucoup travaillé sur la voix. Donc c'était très intéressant. Et je reviens à ça, en fait, de plus en plus. Le fait de lire des livres, de lire des textes à voix haute. Je reviens à ce travail sur la voix, sur les différentes sonorités, tonalités que je peux lui apporter pour vraiment faire des personnages différents. Et ça m'amuse, mais incroyablement, vraiment beaucoup, beaucoup. Alors, il y a quand même des difficultés. La plus grosse que j'ai rencontrée, je dirais que c'est le rhume. C'est mon cas aujourd'hui d'ailleurs, à l'heure où j'enregistre ce message, j'ai un peu le nez pris. Et c'est vrai qu'avec le nez pris, justement, on prononce moins bien les mots. Et ça n'est pas très compatible avec un travail d'enregistrement de lecture. À la limite, si je suis enrhumée le jour de l'enregistrement d'un échange avec un auteur ou une autrice, ça me semblerait moins grave. Mais pour un audiobook, il faut que ça soit impeccable. Donc ça m'est arrivé de devoir décaler une séance d'enregistrement et donc de prendre un peu de retard dans le planning, etc. juste à cause de ça, à cause du rhume. Donc ça, c'est pour ma voix à moi, mais à chaque nouvel invité, je dois... faire face à des difficultés différentes, c'est-à-dire que je suis amenée du coup à travailler sur d'autres voix que la mienne, et parfois il peut y avoir des hésitations trop nombreuses à réguler pour garder un propos fluide, une voix trop fluette qu'on n'entend pas assez, ou trop rapide, donc gérer tout ça et le lisser par rapport à ma propre voix, tout en gardant bien sûr quelque chose de très naturel et sans dénaturer ni la voix, ni les propos de mes invités. Tout ça, ça a aussi parfois son lot de difficultés. Enfin, je ne sais pas, c'est peut-être plus de l'ordre du challenge finalement que de la difficulté peut-être. Quand on fait du podcasting, du coup, la voix est primordiale forcément, mais aussi quand on en écoute, je trouve. J'écoute pour ma part de plus en plus de podcasts sur plein de sujets différents, beaucoup en littérature, mais pas que. J'en profite d'ailleurs pour te remercier Christine pour ton invitation sur On n'a qu'une voix. Je me sens assez flattée de passer sur ton émission que j'adore écouter, notamment le matin, quand je vais au boulot. En fait, j'ai une demi-heure de marche à faire et c'est mon petit moment privilégié pour ça. Donc voilà, il y a plein de podcasts que j'aime, mais il y a quelques années, en lisant le livre sur l'écriture de Christelle Dabos, qui s'appelle « Et l'imagination prend feu » , j'ai découvert l'émission « Au cœur de l'histoire » sur Europe 1. Car Christelle en parle comme d'une source potentielle d'inspiration. Donc bon, c'est pas tout à fait un podcast à proprement parler, mais l'émission est présente sur les plateformes. Moi je l'écoute sur Podcast Addict. Et il y a deux animateurs différents, soit c'est Stéphane Bern, soit Virginie Girod, ils font ça à tour de rôle. Et bien en fait je n'écoute que les épisodes avec Virginie Girod, car j'adore sa voix. Elle nous raconte la vie de certains personnages historiques ou des événements d'histoire. Il y a quelques brutages, mais sa voix est très immersive. Elle met énormément d'émotion et de cœur dans sa manière de nous raconter ça. Elle peut passer vers le grave, elle remonte, elle rigole, elle nous fait vraiment voyager. Moi, ça me fascine. Cette émission, elle est assez chouette. Et effectivement, comme le dit Christelle Dabos, source d'inspiration, comme beaucoup de podcasts. Donc écoutez des podcasts.
- Florence
Je m'appelle Florence et je suis la créatrice d'Avant j'étais prof, un podcast qui traite de la reconversion professionnelle des enseignants. J'ai moi-même été professeure des écoles et cette émission a été une sorte de prétexte pour aller à la rencontre de profs reconvertis à une époque où je me posais beaucoup de questions. C'est en grande partie grâce à cette émission que j'ai fini par oser changer de métier. Je travaille à mon compte depuis 4 ans et le podcast fait aujourd'hui partie de mes activités professionnelles. J'accompagne aussi les enseignants et enseignantes dans leur reconversion, je remplis des missions de rédactrice web SEO, d'assistante virtuelle et je coanime Formation Podcast, un programme pour apprendre à créer et développer son podcast. Je pense que la voix a une place très importante dans ma vie professionnelle, mais pas forcément dans ma vie personnelle, ou alors j'en ai pas encore conscience. C'est forcément quelque chose qui était central quand j'étais enseignante, mais là ça l'est tout autant, puisque je l'utilise quand j'enregistre un podcast, quand je donne des formations, quand j'accompagne les enseignants qui ont appris à me faire confiance d'ailleurs à travers ma voix au fil des années. Donc je pense que c'est vraiment du côté pro que c'est le plus important. Quand j'ai lancé mon émission, je détestais ma voix, j'ai failli ne jamais oser lancer mon podcast à cause de ça. Je crois que j'ai enregistré ma bande d'annonces 57 fois, et la 57ème, c'était pareil que la première, j'étais pas plus satisfaite. Et puis, au fil des mois, des années, je crois que j'ai appris à l'apprécier, probablement à force de l'entendre au montage, peut-être aussi parce que j'ai reçu beaucoup de messages d'auditrices qui l'appréciaient, mais ce qui est certain, c'est que 5 ans plus tard, je l'aime vraiment bien. J'ai une meilleure relation avec ma voix. J'ai appris à la poser davantage aussi, à mieux articuler, à oser parler à mon micro, puisque dans mes premiers épisodes, je trouve qu'on entend vraiment ma timidité, comme si j'avais l'impression que mon micro allait me manger. Je parle aussi de façon plus grave que dans mon quotidien. J'ai l'impression que ça me fatigue moins la voix, que ça me permet d'être plus concentrée aussi, donc je pense que ça doit faire partie de ma posture professionnelle ou quelque chose comme ça. Quand je pense podcast, il y a deux voix qui me viennent en tête. qui sont toutes les deux très différentes, mais qui me procurent une émotion similaire. Ce sont les voix de Anne-Fleur Andrle du podcast French Expat, entre autres, puisqu'elle en a plusieurs, et celle de Marie-Sophie Larouy, qui anime notamment « À bientôt de te revoir » ou « À la recherche du ton à la catalane » qui me fait mourir de rire. Ces deux voix qui me donnent vraiment le sourire. Celle de Marie-Sophie, elle me fait vraiment juste rire, rien que le fait de l'entendre, déjà ses intonations. et au-delà de ça, tout ce qu'elle dit, il y a un côté très humoristique, forcément, mais c'est vraiment un tout. Après, je sais que je suis vraiment un très bon public aussi. Et celle d'Anne Fleur, c'est un peu différent. C'est qu'elle transmet tellement son propre sourire quand on l'écoute, que ça en devient communicatif. En tout cas, chez moi. C'est mon avis personnel. Donc c'est vraiment des types de voix vers lesquelles je vais me tourner si jamais je traverse des moments un peu moins marrants dans une journée ou dans une période de ma vie. Ce sont des types de podcasts que je vais écouter parce qu'on les entend, elles, et que... J'imagine que j'ai envie d'essayer d'être de bonne humeur dans un moment où ça va moins bien. Je ne sais pas si c'est une science exacte, mais en tout cas sur moi, ça marche.
- Norah
Bonjour, je m'appelle Norah Lounas, je suis sexologue clinicienne, je vis à Genève. Je suis sexologue depuis presque 23 ans, en cabinet et en institution. Je suis sociologue de formation, je suis également conférencière, superviseuse. J'écris une rubrique dans le journal gratuit de Genève qui s'appelle le GHI et également c'est le même article pour Cité Lausanne. Je vis à Genève depuis 2020, j'ai quasiment fait toute ma carrière en France mais à présent je suis basée en Suisse à Genève. Mais j'ai gardé des liens professionnels et des tas d'autres liens vicaux et familiaux avec la France. Depuis le 14 février 2025, je propose un podcast qui s'appelle Parlons Culture, La sexualité éventail. Et c'est un podcast solo qui a pour thème les différentes questions liées à la sexualité, des choses très techniques, ça peut être l'éjaculation prématurée, comme la baisse de désir, ou des questions sur le consentement, ou pendant très longtemps j'ai animé des ateliers sur les questions de vie affective et sexuelle en maison d'arrêt, dans les écoles, enfin un peu partout là où on voulait bien de moi. Et à partir de 2026, je compte faire un Parlons Culture l'interview où je vais discuter avec des personnes qui sont concernées de près ou de loin par la question de la sexualité, de la bientraitance sexuelle. Pendant l'été, juillet-août, pour un petit peu m'adapter un peu mieux à la technique, la technique du podcast, j'ai de manière hebdomadaire proposé une bande dessinée sur des questions de sexualité. J'adore les bandes dessinées et mon métier passion, j'ai essayé de l'associer à la question de la bande dessinée. D'ailleurs, j'ai un très très beau projet pour 2026 qui va concerner... la bande dessinée et un sujet lié à la question de la sexualité. La place de la voix dans ma vie, eh bien, avant d'avoir fait un podcast, je n'y avais jamais pensé. Et en fait, il y a eu plusieurs anecdotes dans ma vie, notamment quand j'étais à l'université à Paris VIII. J'ai fait des études, ce qu'on appelle des études féminines à Paris VIII. Et il m'a été demandé, avec d'autres étudiants, de présenter nos travaux. lors d'une conférence. Et en fait, c'était un public féminin très bavard. C'était uniquement des femmes universitaires. Et au moment de passer à présenter mon travail, les personnes étaient très bruyantes. Et je me suis mise à parler. Et tout le monde s'est tu et m'a écoutée. Et je me souviens que la première chose que je me suis dit, c'est que j'étais vraiment... Je devais vraiment être nulle. Parce que j'entendais ma voix qui n'était pas... Ce n'était pas celle habituelle, celle que j'utilise au quotidien. Semble-t-il qu'une nouvelle voix s'était imposée à moi pour parler de mon sujet. Et puis voilà, j'ai mis ça de côté, probablement un complexe. Et puis plus tard, je dirais peut-être 15 ans plus tard, alors que j'ai créé une association qui lutte contre les violences faites aux femmes, j'ai fait une conférence devant énormément de monde, je ne sais pas, quelque chose autour de 300-400 personnes, autour de la question de la pornographie. Et voilà, cette voix est de nouveau arrivée. Et je me suis dit que je devais vraiment être nulle. Et ensuite, une fois que j'ai terminé la conférence, il y a eu des applaudissements. Plus tard, des personnes sont venues me voir en me disant que j'avais une voix très claire, très douce, qui captait l'attention, il n'y avait pas une mouche qui volait, effectivement. Et je me souviens que mon ex-mari m'a dit « Waouh, je ne savais pas que tu pouvais mener une conférence de cette manière » . Et là, je me suis dit « Peut-être que ma voix, elle… Elle porte bien.» En fait, je pense que c'est un souvenir lointain de ma soeur qui, un jour que je chantais, une de mes soeurs m'avait dit que je chantais vraiment très mal. Alors que là, je parle de la voix, je ne parle pas du chant. Je pense que ça avait dû me marquer. Et c'est vrai que très souvent, je pense que j'ai une voix un peu grave. Je n'ai plus mes amygdales. Et je pense que le matin, j'ai besoin de chauffer un peu ma voix. D'ailleurs, depuis trois ans, je me suis mise au chant. J'ai une professeure de chant. C'est une professeure de chant lyrique. Alors, je ne fais pas du tout du chant lyrique, mais j'apprends à chanter. Donc, un rapport au début plutôt complexé. Plutôt, je dirais au début, je ne me pose pas de questions. Puis, un petit peu à la fois, dans des situations particulières, il peut y avoir un certain complexe. Et puis, peu à peu, une confiance en moi par rapport à cette voix. Il faut savoir qu'à mon cabinet, Je pratique différentes techniques, notamment une technique qui s'appelle TIPI, technique d'identification des peurs inconscientes, qui peut enlever des phobies. Et j'ai des patients parfois qui me disent « oui mais non, mais je pense que c'est votre voix, parce que vous avez tellement une voix qui est douce » . Je me souviens même une fois avoir fait des interventions auprès d'une association d'éducateurs, de psychologues, de psychiatres, une intervention de 20 minutes. Et à la fin de l'intervention, des personnes sont venues me voir en disant « vous avez une voix hypnotique » . Donc certaines personnes avaient eu l'impression que je les avais hypnotisées, c'est-à-dire, c'est ce qu'elles m'ont décrit, c'est-à-dire qu'elles n'arrivaient pas à se détacher de ce que je disais. Voilà, donc je peux dire que j'ai pris confiance en ma voix avec le temps. Quel rapport j'entretiens avec ma voix depuis que j'ai créé un podcast ? Je me rends compte que dans mes consultations, je veille davantage à poser ma voix. Conférences aussi. J'ai l'impression maintenant, quand je dois parler à un public plus large ou même réduit, puisqu'en consultation, il y a une ou deux personnes, j'essaie de poser davantage ma voix depuis que j'ai un podcast, puisque j'écoute davantage ma voix et je peux davantage la corriger. Oui, j'ai d'abord... davantage de retours. Alors j'en avais déjà. J'avais déjà des personnes qui me parlaient de ma voix, mais c'est sûr que maintenant encore plus, puisque des personnes m'écoutent et me font des retours. Et ce que je peux noter quand même, c'est que en fait, une voix, ça se juge. J'ai des personnes qui m'ont fait des compliments, et c'est appréciable, mais j'ai des personnes qui m'ont aussi, par exemple, dit que j'avais une voix sous-porifique, que j'endormais un peu, que c'était pas assez dynamique. Moi, je trouve personnellement que je parle très vite et je n'ai absolument pas de retour là-dessus. Alors, j'essaie moi de ralentir. Ce n'est peut-être qu'une perception puisque je n'ai pas tellement de retour là-dessus. Et donc, ce qui est intéressant, c'est qu'à partir du moment où on fait un podcast, il y a des personnes qui peuvent donner un avis sur la... voix et je trouve ça assez intéressant dans un monde où on juge beaucoup le physique et aussi on peut juger la voix. Ce que j'ai noté aussi c'est quand je rentre en interaction avec des personnes parfois je peux me dire tiens cette personne elle a la même voix que un tel ou un tel ou je me dis tiens cette personne elle devrait peut-être travailler sa voix donc je me mets aussi à l'écouter. Personnellement je ne le dis pas à la personne parce que ça. Je ne sais pas pourquoi je ne le dis pas. Je ne le dis pas peut-être parce que ce n'est pas agréable que quelqu'un vienne interpeller sur « tu devrais faire ceci ou cela » . Ce que j'ai pu aussi noter, c'est que je dois faire attention à ma voix. Depuis que je fais un podcast, quand j'ai, comme aujourd'hui, des problèmes de… je suis un peu malade, j'ai le nez bouché et j'ai la gorge prise. C'est sûr que je ne peux pas enregistrer de podcast à ce moment-là et je dois bien me soigner, je dois bien faire attention, je mets davantage mon cachet-nez à un tour de cou parce que je me rends compte qu'une voix, c'est fragile. Quand on en a besoin, il faut bien faire attention. Je pense à toutes ces chanteuses et chanteurs, à ces comédiens, comédiennes, acteurs, actrices. je pense même à Célidion qui à un moment donné avait perdu sa voix et je suis plus attentive à ma voix et aux voix en général. Les difficultés que j'ai pu rencontrer, je viens de les nommer, c'est de perdre la voix. J'ai été, cette année, à deux reprises totalement à faune. Alors, je l'étais déjà avant, mais j'étais à faune. Et puis voilà, écoutez, je vivais avec. Là, aujourd'hui, je me dis, je ne vais pas pouvoir faire mon podcast parce que la voix va être différente. Alors, j'aime bien un peu cette voix cassée et puis un petit peu ce côté nasal. mais il faut quand même une voix claire pour pouvoir être écoutée. Donc, être malade, ce n'est pas l'idéal. Donc, peut-être que je fais plus attention à ma gorge. Et il n'y a rien de sexuel dans ce que je viens de dire. J'ai envie de vous faire découvrir une jeune femme qui s'appelle Nisrine, qui a un vlog qui s'appelle Ninou Vlog, et qui a surtout un podcast qui s'appelle Fleurs Sauvages, ou La Fleur Sauvage, je ne me souviens plus. C'est une personne que j'ai rencontrée personnellement puisqu'elle parle cuisine et elle propose une cuisine végétarienne et locale. Et donc je l'ai invitée à nous apprendre à cuisiner avec des amis à moi. Et en fait, Nisrine, c'est vraiment une très belle personne avec une très belle voix. Je dirais une voix qui sourit. J'ai vu Nisrine en vrai et en fait, elle a toujours le sourire aux lèvres. Elle a des belles dents blanches, c'est une belle personne à l'intérieur comme à l'extérieur. Et en fait, quand j'écoute son podcast, je sais que c'est elle, c'est-à-dire que ce n'est pas une autre voix. C'est exactement Nisrine que vous la voyez, que vous l'écoutez en vrai ou que vous l'écoutez en podcast. C'est exactement cette voix-là. Alors en vous disant ça, je me dis que peut-être moi, quand je parle sur mon podcast, c'est véritablement ma voix. Très récemment, j'ai entendu qu'on peut écouter sa propre voix si on met... ses mains contre ses oreilles et on les approche un petit peu comme ça et on entend notre vraie voix. Alors j'ai fait le test et j'ai cru effectivement entendre cette voix de podcast, il semblerait mais je ne peux pas le garantir à 100%. Il semblerait que ça soit bien ma voix.
- Solène
Bonjour à toutes et à tous. Moi c'est Solène Rigoulet et je suis podcasteuse depuis 2020. J'ai lancé une première émission à cette période-là qui s'appelle Friendship qui traitait des relations amicales dans lesquelles je recevais des duos d'amis. Et désormais je suis la créatrice et l'hôte de Tribune et Podium, le podcast pour vivre les émotions du sport. Donc chaque semaine je reçois un athlète ou une athlète de haut niveau pour mettre en lumière l'humain derrière les performances. Je reçois pas que des athlètes, je reçois également des journalistes, des coachs, des kinés, enfin toutes celles et ceux qui font vivre le sport de haut niveau d'une manière ou d'une autre. Et ce podcast-là, il a un an dans la vie professionnelle, donc c'est le podcast qui m'accapare le plus de temps puisque j'ai tribuné podium, mais je suis aussi formatrice dans des écoles de communication et de journalisme. J'ai aussi une formation en ligne pour celles et ceux qui veulent lancer un podcast au service de leur business. Je fais aussi des podcasts pour des entreprises, donc voilà, ça accapare une bonne partie de ma vie professionnelle. Et pour finir de me présenter, j'oubliais quand même le plus important, parce que je le cale dès que je peux, je vis à Lyon, la plus belle ville de France du monde. Enfin voilà, n'hésitons pas dans l'exagération. De manière générale, quelle est la place de la voix dans ma vie ? Je dirais que ça dépendait des périodes parce que moi, j'ai été officiellement diplômée journaliste en 2016, donc ça fait 10 ans maintenant. Avant de commencer mes études de journalisme, je pense que je ne me posais pas tant la question de la voix. Je ne m'étais jamais même questionnée à ce sujet-là. C'est surtout quand j'ai commencé mes cours de radio et de télé où la question s'est posée parce que j'ai dû apprendre à poser ma voix. à prendre soin aussi de ma voix puisque je me suis souvent retrouvée affone à la fin d'un week-end parce que j'avais trop hurlé, trop crié. Et pour démarrer le lundi matin à l'antenne, c'était plutôt compliqué parce qu'il faut savoir que j'ai été chef ten-scoot pendant très longtemps. Et du coup, si on faisait un week-end avec une centaine d'enfants, il s'avère que ma voix était d'une utilité... très forte pour rassembler les foules et du coup à la fin du week-end j'en avais plus donc j'ai commencé en vrai à me poser un peu les questions autour de ma voix à cette période là parce que à la fois je devais en prendre soin pour mon métier et à la fois elle m'a toujours été utile pour cadrer les choses auprès des enfants dont je m'occupais donc je devais un peu jongler et plutôt que d'utiliser on va dire ça va être hyper technique mais Merci. la partie vocale de ma voix, plutôt utiliser la partie abdominale. Je ne sais pas si c'est comme ça qu'on dit, mais voilà. En tout cas, utiliser plutôt mes abdos pour faire porter ma voix, plutôt que mes cordes vocales, et donc pour préserver mes cordes vocales et éviter de me retrouver à faune, quoi. Le rapport que j'entretiens avec ma voix depuis que j'ai créé mon podcast, il est un peu ambivalent, parce que en fait, j'adore m'amuser avec ma voix. J'adore m'amuser à faire des voix-off. Dès que je vais dans un musée, j'adore faire l'audio guide à mes proches. Dès qu'il y a un panneau, je me mets en mode audio guide et tout. C'est des choses comme une autre, on peut juger. Mais moi, ça m'amuse. Mais par contre, avec mon podcast, j'ai vraiment beaucoup de mal, dès que je me retrouve derrière un micro, à parler autrement que de manière journalistique, de la manière dont on me l'a appris. Et c'est compliqué parce que... que ce soit dans Friendship ou dans Tribune et Podium, j'ai pas cette posture de journaliste, j'ai vraiment cette posture de personne qui échange avec une autre personne, d'humain à humain. Je me place dans la position de Solène Rigoulet et pas dans la position de journaliste. Du coup, le ton de ma voix souvent me convient pas. Parce que j'arrive pas à être juste dans la discussion. En fait, dès que je suis assise face à mon invité, je suis dans la discussion, y'a pas de soucis. Mais quand je fais mon introduction, alors là, d'un coup, je me replace dans la position de journaliste et dans cette tonalité de journaliste qui ne me plaît pas tant. Enfin, qui ne me plaît pas tant si j'aime être journaliste, mais dans ce ton-là, en tout cas sur mon podcast, ce n'est pas ce que je cherche. Mais en fait, mon cerveau, il n'arrive pas à faire la différence à partir du moment où il se met derrière un micro et qu'il a un texte sous les yeux. Eh bien, il est obligé de me donner cette voix. Et c'est un peu compliqué. Ça fait quand même plus de cinq ans maintenant que je le travaille. Six ans, bientôt, je vais pouvoir dire. Et je n'y arrive toujours pas. Donc voilà, c'est un rapport un peu ambivalent, on va dire. En fait, moi, je suis impressionnée par les podcasteurs et podcasteuses qui ont réussi à sortir de leur métier d'origine, en fait, de leur posture de base. Alors après, dans les podcasteurs et podcasteuses que je côtoie au quotidien, il y a peu de journalistes de base. Et je trouve que cette position de journaliste, moi, j'ai vraiment du mal à la quitter. Même... sur les réseaux, etc. Bon, là, on parle vraiment du podcast, mais j'ai ce truc de, si je me mets à parler normalement, J'ai l'impression qu'on va me connaître. Et en même temps, c'est bien pour le podcast, parce que c'est utile que les gens puissent s'identifier, c'est utile de pouvoir provoquer le moi aussi chez l'auditeur et l'auditrice. Mais ma voix de journaliste, en quelque sorte, elle me protège de « c'est pas vraiment moi » . Quand j'étais à l'antenne dans une précédente radio, mon prénom était le mien, mais on avait même changé mon nom de famille. Alors, c'était pas ma propre volonté, c'était... les règles de la radio, donc je me suis pliée aux règles, mais du coup, il n'y avait pas de risque, entre guillemets, qu'on me reconnaisse quoi, même si en vrai, quand on fait de la radio, on ne nous reconnaît pas tant, mais je ne sais pas, il y avait un truc de dissocier ces deux personnes-là, et du coup, bah même quand, enfin, dans la vie, en fait, je dissociais cette, bon, Solène Campari, en l'occurrence, je m'appelais, et Solène Rigoulet, et du coup, de devoir parler, enfin, ma voix journaliste, elle appartient à la solenne journaliste et ma voix du quotidien, ma voix de discussion, elle appartient à moi et du coup je trouve que, bon, c'est des interrogations qui n'ont pas vraiment trouvé de réponse parce qu'en fait je sais vers quoi je veux aller, je veux aller vers plus d'honnêteté, plus de moi-même, etc. Mais ma voix ne suit pas. Donc voilà. Si je fais face à des difficultés par rapport à ma voix lors de mes enregistrements ou de mes montages, globalement c'est ça, franchement c'est cette thématique-là que... qui est compliqué pour moi. Après sur les montages, je fais pas forcément de... j'ai pas de mal avec ma voix sur les montages, j'ai plus du mal avec mes tics de langage, notamment les hums que je viens de faire juste avant, les du coups... Voilà, en fait j'ai besoin de combler les silences, alors maintenant j'ai appris à les combler de manière à ce que ce soit facile à les couper au montage, c'est-à-dire que j'enchaîne pas un et voilà, et du coup c'est compliqué de... De couper la longue hésitation si je l'enchaîne avec un mot. Maintenant, je fais des hum qui commencent par un silence et qui finissent par un silence. Mais voilà, globalement, les difficultés que je rencontre, qui je pense, les tics de langage sont un peu... Tout le monde les retrouve en vrai dans sa manière de parler. Parce qu'en fait, tant qu'on ne s'entend pas parler, on ne se rend pas tant compte qu'on a des tics de langage. Le podcasteur ou la podcasteuse dont j'ai envie de faire découvrir le travail et notamment sa voix, c'est un peu compliqué parce qu'en fait j'ai envie de faire découvrir des podcasts qui sont un peu moins connus. Et en même temps, moi la voix qui m'a vraiment embarquée dans son histoire, c'est la voix de Sophie Rich dans Attendre d'attendre un enfant. Alors c'est un podcast où elle fait son journal de bord. En fait, elle raconte son parcours de femme en couple avec une autre femme qui... veut faire famille et qui a ce désir très fort de faire famille et donc d'avoir un enfant et donc elle raconte le parcours PMA et toutes les embûches et en fait elle parle toute seule donc elle a un texte écrit sous les yeux et moi dans sa voix dans ces émissions là je trouve que quand on parle un peu tout seul c'est parfois difficile d'intégrer l'émotion à la voix en tout cas moi de la manière dont on me la appris. Parfois, on a un ton un peu plus lourd si on annonce des morts liées, j'en sais rien, à des catastrophes climatiques, et parfois un ton un peu plus léger quand on va annoncer qu'une nouvelle ligne de métro a vu le jour. Voilà, pour donner un peu de contexte. Mais je trouve que quand on est tout seul face à son texte, c'est toujours un peu difficile de mettre des émotions. Et là, au vu du sujet, si elle ne met pas d'émotions, ça ne nous embarque pas. Et je trouve que là-dessus, elle a été vraiment très forte parce qu'on sent déjà beaucoup de douceur dans sa voix. On sent aussi la colère à certains moments, la tristesse forcément, parce que le parcours PMA n'est pas que joie et bonheur, même bien au contraire. Et en fait, moi, j'ai été vraiment prise dans ce podcast alors que le sujet ne me touche pas personnellement. J'ai binge écouté, on va dire. tous les épisodes, j'ai pleuré très souvent, mais en fait ça m'a fait un bien fou de me rendre compte que même seule, on est capable de transmettre des émotions avec sa voix et du coup je l'ai un peu pris comme un exercice de style en me disant wow le jour où tu seras capable de faire ça t'auras passé une nouvelle étape dans ta carrière de podcasteuse
- Christine
Un grand merci à Laure, Florence, Norah et Solène pour leur participation et pour la sincérité avec laquelle elles ont dévoilé la relation souvent intime qu'elles entretiennent avec leur voix. Je vous invite à retrouver toutes les informations les concernant dans la description de cet épisode et à aller jeter une oreille du côté de leur magnifique podcast. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode d'On n'a qu'une voix jusqu'au bout. S'il vous a plu, abonnez-vous dès maintenant pour ne pas manquer la voix de mes prochains invités. Et pour soutenir mon podcast, je vous propose de le noter et de le commenter sur votre application d'écoute préférée. Enfin, un merci tout particulier à Émilie Décla, qui a créé et interprété toutes les musiques d'On n'a qu'une voix. Retrouvez l'actualité du podcast sur le compte Instagram. ou LinkedIn entre voix et mots. À bientôt !