- Christine
On n'a qu'une voix, un podcast pour découvrir ce que cache notre voix. Chaque mois, venez à la rencontre de mes invités qui lèvent le voile sur l'histoire singulière de leur voix. Au programme, des voix parlées, des voix chantées, des voix jouées et des voix parfois malmenées. L'intention ? Vous procurer des émotions, vous faire voyager, vous apporter des conseils et vous proposer un pas de côté pour vous inviter à aimer votre voix. Dans cet épisode, vous allez entendre plusieurs voix. Leur point commun ? Ce sont toutes des podcasteuses et elles ont accepté de partager avec nous la place qu'a la voix et le podcast dans leur vie. Certaines m'ont confié qu'elles ne s'étaient jamais vraiment penchées sur le sujet de la voix avant. D'autres, au contraire, l'utilisent au quotidien et en prennent soin comme d'une amie précieuse. Et enfin, vous allez le découvrir, plusieurs évoquent l'évolution du rapport qu'elles entretiennent avec leur voix, notamment depuis la création de leur émission. Toutes vont vous partager la voix d'un podcasteur ou d'une podcasteuse qui les touche ou les accompagne. L'occasion de découvrir plein de nouvelles émissions, plein de nouvelles voix. Alors pour ce premier épisode, parce que oui, les participantes ont été nombreuses, j'en suis ravie, je vais donc vous proposer deux épisodes multivoix. Pour ce premier épisode donc, je vous laisse en compagnie de Mafalda, autrice et narratrice de livres audio, qui a créé un podcast sur la lecture, d'Albane, dont le podcast traite de la thématique du voyage, d'Alice, ingénieure du son, créatrice d'un podcast sur l'histoire et le devoir de mémoire, et enfin de Lucie, coach business, qui adore partager ses astuces derrière son micro. Bonne écoute !
- Mafalda
Bonjour, je suis Mafalda Vidal, je suis autrice d'imaginaire, narratrice de livres audio et podcasteuse. Mon podcast, c'est un podcast lecture qui s'appelle Inky et Peete se livrent. Inky et Peete, c'est deux petits chats de bibliothèque. Dans la vie, j'ai pas de chat, mais si j'avais des chats, ils s'appelleraient Inky et Peete. Inky et Peete se livrent, c'est un podcast lecture donc en dix minutes à peu près qui donne vie et voix au premier mot d'un livre et vous donne envie de découvrir les suivants ou pas. Donc concrètement, je commence chaque épisode en lisant à voix haute l'incipit d'un livre. L'incipit en littérature, c'est le début. Les premiers mots, les premières pages. Donc pendant cinq minutes. Et ensuite, pendant cinq autres minutes, j'explique de manière très objective pourquoi il est intéressant de lire ce livre. Voilà. C'est un podcast qui sort toutes les semaines, tous les vendredis. Et régulièrement, je teste des trucs. Donc en janvier, par exemple, je fais un calendrier de l'après avec les coups de cœur lecture 2025 d'auteurs, d'autrices, de chroniqueurs, de chroniqueuses. Histoire de bien commencer l'année avec une pile à lire bien remplie.
La voix, aujourd'hui, a une place essentielle dans ma vie, que ce soit ma voix audio ou ma voix écrite, donc ma plume, ma voix d'autrice. Sans elle, déjà je serais très malheureuse, même si je pense que ça en reposerait certains et certaines, mais aussi je ne peux plus travailler sans ma voix, que ce soit à l'oral ou à l'écrit. Donc voilà, je ferais une très mauvaise petite sirène. Hors de question d'échanger ma voix contre quoi que ce soit. Pourtant, il y a encore quelques années, j'aimais pas du tout ma voix. Comme beaucoup de monde, je pense. Je la trouvais trop aiguë, trop nasillarde. Mais j'ai appris que c'était normal, en fait. Et que c'est une réaction physique tout à fait saine de ne pas aimer sa voix. En fait, ce n'est pas qu'on n'aime pas sa voix. C'est juste qu'on n'a pas l'habitude de l'entendre à l'extérieur de soi. On n'a pas l'habitude de l'entendre provenir d'une autre source que son propre corps. En fait, quand on parle, on entend sa voix à la fois dans l'air, mais aussi de l'intérieur, à travers nos os. Donc quand on s'enregistre pour un podcast ou que par hasard on tombe sur un enregistrement de notre voix, on n'a plus cette entente, cette écoute via nos os. On n'a plus que l'écoute via l'air. Donc forcément ça change beaucoup de choses. C'est comme si on vous enlevait une oreille en fait. Depuis que j'ai créé mon podcast et depuis que je fais des enregistrements très régulièrement, pour ne pas dire tous les jours, j'ai appris à aimer ma voix. Enfin aimer ma voix, je me suis habituée à ma voix on va dire. J'ai appris à jouer avec, j'ai appris à en faire un outil. J'ai appris aussi à l'analyser de manière très objective et presque chirurgicale, je dirais. Et d'avoir ce recul sur ma propre voix orale, ça me permet aussi, de manière logique ou pas, d'avoir un recul sur ma voix dotrice. et sur du coup ce que j'écris. Et je pense que progresser dans une voix me fait progresser dans l'autre aussi. Cette écoute et cette attention chirurgicale que je porte à ma voix orale, maintenant, fait que je suis très très sévère et très critique envers ma propre voix. Je ne l'entends pas comme un son que je dois apprécier ou pas, je l'entends comme une matière brute, comme une peinture. Je suis dans la position de cet artiste qui doit peindre un corps nu et qui ne voit pas la nudité ou le côté sexuel du corps, mais qui voit les formes, l'harmonie, les courbes. C'est rigolo comme le vocabulaire dans le monde artistique est commun finalement. Il y a des ponts entre la musique, la peinture, l'écriture, et en fait c'est tout à fait ça l'art. Quand on commence à avoir de l'expérience dans n'importe quelle pratique artistique, donc je prends l'écriture par exemple, on remarque beaucoup plus facilement les tics d'écriture. qu'on peut avoir. Et de la même manière, quand on commence à avoir de l'expérience dans le podcast, on remarque beaucoup plus facilement tous les tics de langage et tous les défauts de langage qu'on peut avoir. En particulier, je ne peux plus entendre ma voix sans que mon cerveau se mette en mode chasseur de bruit de bouche. Les bruits de bouche, c'est les bruits de salive, les bruits de lèvres. En fait, ce qui prouve que vous n'êtes pas une statue mais que vous êtes un être humain fait de chair, de sang et de liquide. Ça s'appelle aussi des clics. Mais bon, ça, ça devient insupportable pour moi. En revanche, quand j'écoute les enregistrements des autres, ça ne me gêne pas trop, ça ne me gêne même pas du tout. Mais quand c'est moi, intolérance maximale. Donc je passe beaucoup de temps, beaucoup trop de temps au montage à chasser tous ces petits bruits parasites. Heureusement, il existe des logiciels spécialisés, des plugins, etc. pour retirer ces bruits de bouche. Moi, j'utilise le plugin Declicker sur Audacity. Alors ça n'enlève pas tout. Les oreilles bioniques de psychopathes psychorigides que sont devenues les miennes en trouvent encore, mais ça fait une grosse partie du travail.
Après arrive la question qui est présente dans toute pratique artistique, à savoir le doute. Est-ce que ce que je fais est assez bien ? Est-ce que la valeur que j'apporte est une vraie valeur ? Est-ce que les gens vont m'écouter ? Est-ce que les gens vont me lire ? Est-ce que ça va plaire ou pas ? Pourquoi ? Et qu'est-ce que je peux faire pour améliorer encore ma création ? Bon, tout ça c'est des questions qu'on se pose tout le temps, qui n'ont pas forcément de réponse et avec lesquelles il faut apprendre à vivre. Voilà, donc moi je cherche encore. Si vous avez une solution ou des astuces pour cohabiter sereinement avec Monsieur Doute, je suis preneuse.
Il y a un podcast qui m'aide dans cette cohabitation et qui me suit depuis des années et des années qui s'appelle Procrastination. C'est un podcast d'écriture mais pas que. qui est animé par un auteur et deux autrices d'imaginaire et de grands, grands, grands talents, Mélanie Fazi, Estelle Faye et Lionel Davoust. Ce podcast, c'est une source d'inspiration sans fin pour moi. C'est aussi devenu un podcast doudou, qui me rassure, qui me dit « t'es pas toute seule » , qui me dit aussi « t'es pas folle » . C'est normal de douter, c'est normal de ne pas faire comme tout le monde. Bref, ces trois personnes ont toutes les trois des voix extrêmement particulières Que ce soit une voix orale ou une voix écrite, et ça j'adore. Procrastination c'est un podcast qui parle d'écriture et donc qui s'adresse à des personnes qui écrivent ou qui ont envie d'écrire. Néanmoins comme je l'ai évoqué plus tôt, toute pratique artistique se nourrit d'autres pratiques artistiques. Les ponts sont partout et donc je pense que tout créateur, toute créatrice peut trouver son bonheur dans ce podcast procrastination. Merci beaucoup Christine de m'avoir permis de m'exprimer sur ce sujet passionnant qu'est la voix. A bientôt !
- Albane
Donc si tu as entendu bruit derrière moi, c'est normal, c'est la réalité du voyage. Ce qui est important pour moi, c'est de montrer en fait ce qui se cache vraiment derrière toutes les photos Instagram. Parce que les réseaux sociaux ça montre vraiment une image fausse et ça engendre énormément de déception. Je trouve que c'est important de montrer ce qu'il en est vraiment pour que les personnes en fait soient préparées à ce qui les attend avant de partir. Et qu'elles puissent profiter pleinement de leur aventure. Chroniques de voyage, c'est un mélange d'épisodes solos et d'interviews à retrouver un jeudi sur deux sur ta plateforme préférée. Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais vraiment remercier Christine. Déjà parce qu'elle m'a beaucoup aidé à faire gagner en visibilité le podcast. grâce à son accompagnement SEO, mais aussi pour avoir pensé à moi, en fait, pour cet épisode. Cet exercice de réfléchir à ce que le podcast m'a apporté, ça m'a permis d'ouvrir les yeux sur des choses que je n'avais pas réalisées parce que je ne m'étais jamais posé ces questions. Alors un grand merci Christine et à toi qui nous écoutes, encourage-la, laisse un commentaire, un avis 5 étoiles sur ta plateforme préférée ou encore en partageant cet épisode autour de toi, ça l'aidera beaucoup. Je te partage maintenant ce dont je me suis rendu compte. Déjà, il faut savoir que de façon générale, m'exprimer à l'oral, c'est vraiment pas mon point fort. Je suis beaucoup plus à l'aise avec l'écrit. Si je dois parler de mes sentiments, de sujets sensibles, si je me suis un peu disputée avec quelqu'un, que j'essaie de présenter des excuses, ce genre de choses, j'ai comme un blocage, les mots sortent pas de ma bouche, alors qu'ils viennent vraiment beaucoup plus facilement sous ma plume. Je suis plutôt timide. Autant je peux parler beaucoup si c'est avec quelqu'un que je connais bien, je suis seule à seule. Mais s'il faut parler à plusieurs personnes, par exemple à une soirée, un repas avec une grande table, c'est plutôt rare d'entendre le son de ma voix, je suis plutôt celle qui reste en retrait à observer les autres. Et avant que Christine m'invite pour cet épisode, je ne m'étais jamais posé de questions sur ma voix. Ou le rôle qu'a pu jouer Chroniques de Voyage, mon podcast si tu as bien suivi, dans ma vie en fait. Aujourd'hui je me rends compte que bien comme je te l'ai dit, j'assume pas forcément ma voix, je me suis lancée dans le podcast naturellement. Pas une seule fois je me suis dit que ma voix ne méritait pas d'être entendue ou je ne sais pas quoi du genre qu'on peut se dire quand on doute. Je me suis juste jetée à l'eau directement. Je me suis installée derrière mon micro, j'ai commencé à parler. Je pense que le fait en fait d'avoir personne autour de moi pour me juger... ou pour m'interrompre, parce que ça c'est vraiment un truc que je ne supporte pas. Je préfère me taire quand j'ai une personne en face de moi que je connais qui est du genre à beaucoup m'interrompre. Je préfère la laisser parler tout seule que d'ouvrir ma bouche. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidée d'être seule face à moi-même pour enregistrer les épisodes. Et même si on va pas se mentir, je passe mon temps à m'auto-interrompre. Je suis le genre de personne à changer 100 fois de sujets dans la même phrase. Mais je pense que parler d'un sujet qui me passionne comme le voyage, parce que c'est toute ma vie, ça doit beaucoup aider. Une autre chose que m'a vraiment permis le podcast, et là franchement ça relève presque du miracle, c'est le fait de pouvoir écouter ma voix. Et j'aime pas ça. Avant je pouvais vraiment pas écouter ma voix. J'ai travaillé dans un centre d'appel et je devais tous les mois, tous les sites, tous les trois mois, tous les six mois en fonction de la période, etc. Écouter avec un superviseur mes appels et donc ma voix. Et en fait, ça relevait vraiment du supplice pour moi de m'écouter. Et en fait, dès le début du podcast, j'ai monté moi-même mes épisodes. Et ça implique forcément d'écouter ma voix parce que comment tu fais du montage si t'écoutes pas la voix de la personne ? Ça se peut pas. Et encore une fois, je l'ai fait naturellement. Je ne me suis posée aucune question. Je l'ai juste fait parce que je voulais sortir l'épisode. Et le fait de faire ça, j'ai l'impression en fait que ça m'a débloqué pour pouvoir écouter ma voix dans d'autres contextes aussi. Alors par exemple, j'ai écouté... Je suis passée dans d'autres podcasts et j'ai écouté les épisodes, mais aussi... Ça m'arrive maintenant des fois de réécouter un vocal que je laisse à une copine ou à une personne parce que je suis plus sûre de ce que je lui ai dit, je me suis interrompue en cours de message et je ne sais plus si j'ai dit ce que j'avais à dire ou quoi. Alors que c'était inimaginable avant, mais vraiment. Et maintenant je peux réécouter mes vocaux et même ne serait-ce que le fait de laisser un vocal, c'est vraiment une grosse évolution pour moi parce qu'avant... J'écrivais. J'écrivais uniquement. Jamais je laissais de vocaux. J'en écoutais, j'avais pas de problème avec ça, mais je répondais toujours par écrit. Et maintenant, je ne suis pas en laissée. Ça dépend de mon humeur. Généralement, plutôt, quand j'ai un message, quand je suis en train de promener le chien, c'est plus facile d'essayer un vocal. Donc, je le fais dans ce contexte-là. Le reste du temps, je préfère écrire. Mais je le fais aussi naturellement qu'écrire. Même des fois, j'ai la flemme d'écrire, je laisse un vocal. Ce qui était absolument inimaginable pour moi avant. Donc, le podcast m'a vraiment apporté beaucoup. Et ce, en fait, sans que je le conscientise, c'est venu de façon complètement naturelle. Donc je pense que je peux dire aujourd'hui que le podcast m'a vraiment énormément apporté, il m'a vraiment permis de libérer ma voix en fait, sans que je m'en rende compte. Et vraiment merci Christine de m'avoir permis de me rendre compte de ça, parce que je n'avais strictement aucune conscience, et à des moments quand il n'y a pas forcément beaucoup d'écoute, où on doute, ça fait du bien de se rendre compte de... la puissance du podcast que ça a pu apporter dans ma vie. Généralement, j'écoute des podcasts plus pour le contenu, mais il y en a un où vraiment la voix de la personne m'a marquée. C'est Beyond the Veil. En fait, la voix de Virginie, elle m'a captivée tout de suite. Je ne saurais pas forcément expliquer pourquoi. Je pense qu'elle a un côté doux et rassurant, mais en même temps... Elle s'affirme, je ne peux pas vraiment mettre le doigt sur ce qu'il fait mais je trouve qu'elle a une voix qui attire vraiment l'attention. Et en plus c'est sur un sujet que, on va pas se mentir, j'aurais pas écouté de moi-même, parce qu'elle parle de la mort. En fait elle la popularise, elle est conseillère funéraire de formation et elle montre en fait l'importance de parler de la mort pour en quelque sorte se réconcilier avec. Et donc j'aime beaucoup ce qu'elle fait, j'aime beaucoup son travail et vraiment je t'invite à découvrir son podcast.
- Alice
Donc je suis Alice, je suis ingénieure du son. J'accompagne donc les créateurs, créatrices de contenus radiophoniques, audiovisuels dans la post-production du son. avec du montage, du mixage, de la prise de son, du sound design, des bruitages, des ambiances, plein de choses. Depuis quelques années maintenant, sous le nom entre guillemets du studio Les Belles Fréquences et à côté de cette activité professionnelle, j'ai effectivement un podcast qui s'appelle Memento, le podcast qui explore l'histoire oubliée et le devoir de mémoire pour lutter contre l'indifférence et les discriminations. Et tout est un peu dit dans cette phrase-slogan. L'idée, c'est qu'avec des formats assez diversifiés, comme le format de séries documentaires, comme la fiction sonore, comme la chronique simple, solo, assez courte, je puisse explorer les différents événements qui ont été oubliés dans l'histoire et qui ont toujours une connexion avec notre présent ou qui au moins nous permet de comprendre davantage ce qui se passe dans notre société actuelle. Et surtout pour se rendre compte que que finalement l'histoire se répète, que beaucoup de mécanismes qui apparaissent aujourd'hui comme nouveaux ne le sont pas tellement. Par rapport à tout ce qui est montée des extrémismes, par rapport aux conflits qu'il y a aujourd'hui dans le monde, tous ces conflits, toutes ces montées, tous ces changements ont forcément une racine quelque part et cette racine se trouve dans l'histoire. Et c'est un peu mon but avec ce podcast, en plus de simplement entre guillemets expliquer les événements du passé. ramener de l'humain, ramener de la mémoire pour tout simplement ne pas oublier et faire grandir donc à travers les épisodes et à travers la communauté aussi le devoir de mémoire.
Alors c'est vrai que c'est assez particulier du fait de mon métier parce que finalement la voix a une place centrale dans le sens où je passe ma journée, mon travail, c'est typiquement ça, c'est d'analyser chacune des voix que j'écoute pour la mettre en valeur, la corriger, alors corriger... Corriger, c'est peut-être un mot un peu fort, mais en tout cas, essayer de venir atténuer tout ce qui pourrait empêcher une jolie écoute, une jolie mise en valeur de la voix. Je vais passer des heures à enlever les bruits de bouche, à chercher la fréquence qui gêne l'écoute, de comprendre comment fonctionne la voix. Effectivement, notre voix résonne différemment en fonction de notre corps, de nos résonateurs. de l'espace où on est aussi, où on se trouve quand on enregistre. Est-ce que ça résonne ? Est-ce que c'est très sec ? Est-ce que ça résonne plutôt dans les aigus, dans les graves ? Quel volume passe par la voix ? Qu'est-ce qui fait que ma voix et ma voix m'appartient ? Parce que chaque personne a forcément sa propre identité vocale. De plus, avec les podcasts ou même les enregistrements de manière générale, même en musique, vu qu'on va... Envoyer notre voix dans un micro, le micro avec sa technologie va forcément la transformer d'une quelconque façon. On n'est pas encore suffisamment développé en termes de technologie pour avoir une voix complètement fidèle à 100% fréquence par fréquence entre la réalité et ce qu'on va enregistrer, ce qu'on écoutera sur notre ordinateur. Et je ne parle pas du tout de la différence de perception. Vraiment si on prend deux voix, forcément que le micro va apporter des fréquences en plus, une chaleur en plus. Et c'est pour ça d'ailleurs que je passe aussi beaucoup de temps à choisir le bon micro pour la bonne personne, pour faire en sorte qu'elle soit bien mise en avant, bien mise en valeur et que ce soit chaleureux à l'écoute, que ce soit rond, chaud, que ce soit clair, intelligible. Tout ça fait forcément que la voix, de manière générale, a une place très importante dans ma vie. Vu que j'analyse la voix, que je la travaille en fonction des fréquences et comment elle va résonner dans tel ou tel endroit, parce que je crée mon podcast, etc., que je m'enregistre beaucoup. Ce qui fait que ma voix, je la connais très bien d'un point de vue fréquentiel, ce que je disais par rapport aux résonances et ce qui m'aide beaucoup parce que forcément, je sais à quel moment de la journée entre guillemets je vais pouvoir enregistrer, à quel moment ma voix ne va pas sonner de la même façon dans le sens où il faut que je fasse... quelques exercices d'échauffement, la respiration, etc. Est-ce que c'est plutôt tôt le matin, tard le soir ?
Grâce à cette connaissance de ma voix, j'ai pu « me créer une espèce de routine » pour enregistrer toujours de la même façon et avoir une espèce d'harmonie entre mes épisodes. Alors ce n'est pas du tout le but à atteindre quand on fait un podcast évidemment. C'est peut-être moi, ma parano d'acousticienne qui fait que je veux retrouver ma voix dans chaque épisode Et je veux faire en sorte que je puisse, avec le matériel que j'ai, les connaissances que j'ai, avoir le même résultat d'un épisode à un autre. Et ce qui fait que ça, le fait de bien connaître ma voix, mais dans les fréquences, dans comment elle résonne et dans ma tessiture, le timbre, etc., ça m'a beaucoup aidée grâce au podcast parce qu'avec... Forcément, j'ai beaucoup écouté ma voix. Et ma voix, qu'elle soit posée quand je parle comme ça ou ma voix quand je lis quelque chose, un script par exemple, forcément, ça va résonner d'une autre façon. Tous ces détails-là font qu'aujourd'hui, je connais très bien ma voix. Grâce au podcast, grâce au fait de se poser réellement devant un micro, fait que maintenant, je suis beaucoup plus à l'aise avec ma respiration et que je peux presque... Alors évidemment, c'est un exercice qui se fait sur du long terme. Maintenant, je peux presque choisir où est-ce que je dois poser ma respiration et où je dois donc mettre un silence dans mes phrases, dans les scripts que je lis, etc. C'est-à-dire que très peu... Maintenant, je finis une phrase complètement essoufflée parce que j'aurais décidé où est-ce que je mets ma respiration. Et ça, c'est un exercice que je fais de plus en plus parce que je trouve que c'est important. Ça fatigue moins la voix. Il y a aussi un aspect qui est très important pour moi, qui est la fatigue vocale dans ce contexte-là, mais aussi la fatigue auditive qui est forcément reliée. Mais dans le sens où le fait d'apprendre à bien respirer, à poser les respirations, qui passent à travers les cordes vocales et donc elles sont moins essoufflées, elles vont moins prendre de coups de froid entre guillemets. Ce qui fait que naturellement je peux parler plus longtemps en pensant aussi à mettre mes propres intentions en fonction des respirations que je vais poser. Alors évidemment ça ne m'empêche pas d'improviser, ça ne m'empêche pas de faire de longues hésitations parce que je cherche mes mots mais au moins je peux naturellement poser ma respiration et parler pendant longtemps. Les respirations, forcément, c'était problématique au début parce que je respirais mal, je respirais pas au bon endroit. Ce qui fait que ma voix était en l'air très souvent quand il ne le fallait pas. Ce qui fait que forcément, quand on a une voix qui n'est pas maîtrisée, en tout cas quand je parle seule, parce que c'est vrai que je ne l'ai peut-être pas précisé, mais dans mon podcast, je fais souvent des épisodes seule, donc assez scripté. Il faut que ce n'est pas comme une conversation avec de l'humain, un échange entre deux personnes où c'est vivant. et on s'en fiche un petit peu, entre guillemets, de où est-ce qu'on va mettre sa respiration. Ce n'est pas du tout le but. On est là pour parler, faire une conversation. Ça doit être naturel. Dans mon cas, moi, où j'ai fait des enregistrements et des épisodes seule, je veux faire passer un message. Je suis la seule à parler pendant une vingtaine de minutes. Donc il faut absolument que mon auditeur ou mon auditrice reste avec moi, entre guillemets, pendant ces 20 minutes et forcément que ça passe par la voix. parce que je n'ai pas de support image, j'ai de la musique certes, des bruitages, mais le premier plan entre guillemets ça reste la voix. Je reviens donc aux difficultés que j'ai pu rencontrer par rapport à ma voix, c'était de ne pas savoir où placer ma respiration et avoir du mal à poser une intention quand je disais une phrase parce que ma respiration n'était pas mise au bon endroit. Donc c'est un exercice qu'il faut toujours faire, se forcer à faire, poser sa respiration, bien s'échauffer pour faire en sorte de chauffer simplement tous les muscles qui vont être mobilisés pendant qu'on parle. Et depuis, évidemment c'est pas parfait, mais c'est beaucoup mieux.
Alors je pense tout de suite à une personne qui a lancé son podcast qui s'appelle « Nicéphore, histoire photographique » . La personne en question, l'hôte de ce podcast s'appelle Élodie Bonin. Elle fait un podcast documentaire où elle est seule et elle fait des épisodes absolument fabuleux et des séries aussi documentaires absolument fabuleuses. sur l'histoire de la photographie, tout simplement. Et c'est vrai que nos deux thématiques se rejoignent parce que forcément elle va mettre en lumière des photographes oubliés ou des événements autour de la photographie qui n'ont pas été mis en lumière et c'est pour ça aussi que ça m'intéresse beaucoup. Mais pour avoir eu la chance de discuter avec elle, elle met un énorme effort à travailler sa voix, à poser sa voix. Ses épisodes sont beaucoup plus longs que les miens donc elle a fait véritablement un travail de voix. apprendre à poser sa voix au micro, ça a été un vrai exercice pour elle et je trouve que c'est absolument réussi quand on écoute ces épisodes. Elle fait en plus tout un travail d'habillage sonore etc. Mais le mélange entre sa plume et comment elle pose sa voix sur cette magnifique plume fait que le résultat est absolument fascinant. On en apprend évidemment beaucoup mais on reste avec elle en fait tout au long de l'épisode parce qu'elle est seule aussi à parler. Et on reste avec elle parce qu'on est captivé déjà par son timbre naturel, mais un timbre naturel qui a été travaillé pour le podcast. Et je trouve que ça, ça fait toute la différence.
- Lucie
Je m'appelle Lucie Lortholat, je suis coach business. Entrepreneur depuis bientôt 9 ans, j'aide aujourd'hui les femmes entrepreneurs à vivre d'un projet qui leur tient à cœur grâce à des accompagnements autour de la vente, de la communication et du mindset. J'aide mes clientes à structurer leurs projets entrepreneuriales, à mieux se faire connaître et à générer des revenus plus confortables. Mon podcast, il s'appelle « L'Art de briller » . et il compte aujourd'hui plus de 130 épisodes. J'y partage des conseils pour faire grandir un business et en termes d'ambiance, je dirais qu'il y a une vraie intention derrière de le voir un petit peu comme une safe place. L'idée c'est d'instaurer de la proximité avec mon audience qui sont souvent des femmes entrepreneurs, souvent en galère et mon message c'est de dire on peut partager ensemble nos problèmes, recevoir du soutien, voir quelques déclics pour faire évoluer l'entreprise. son entreprise. L'Art de briller, c'est l'idée de pousser les femmes à faire plus de bruit, à se mettre plus en avant, à oser et à proposer ce qu'elles font de mieux sur cette terre parce que oui, on mérite d'être reconnue pour cela. Un épisode de l'Art de briller sort chaque mercredi matin. J'ai plutôt des épisodes solo, soit sur mes coulisses, soit avec des conseils et il comptabilise depuis sa création plus de 4000 écoutes. Mais à la base, peu de personnes auraient parié sur ma carrière de podcasteuse. Je vais être honnête, j'ai vraiment eu une relation d'amour-haine avec ma voix pendant des années. Je me souviens, adolescente, je me disais que ma voix n'allait pas du tout avec mon corps, je manquais beaucoup de confiance en moi. J'étais ce genre de fille qui doit toujours répéter ce qu'elle veut à la boulangerie car on ne l'entend pas ou qui quand elle dit pardon parce que quelqu'un la gêne dans la rue, pareil les gens ne l'entendent pas. je mesure 1m82, donc j'ai plutôt l'habitude d'être remarquée. Mais j'avais beau essayer de travailler là-dessus, ma voix semblait toujours trop basse, trop légère et inaudible pour la plupart des gens. Il faut dire que moi mon truc depuis mes 11 ans, c'est plutôt l'écriture que l'oral. D'ailleurs, j'ai souvent du mal à me concentrer pour faire des phrases si je ne sais pas exactement ce que je dois dire. J'ai vraiment... moins de facilité à m'exprimer à l'oral qu'à l'écrit. Je prends souvent un mot pour un autre par exemple, et d'ailleurs j'ai même tendance à perdre ma voix quand je suis malade. Ça m'arrive au moins une fois par an. Donc ouais, ma voix c'était pendant très longtemps pas du tout un atout dans ma vie. Mais depuis que j'ai créé mon podcast, je trouve vraiment que mon rapport à ma voix a évolué. Ma voix, c'est aujourd'hui un outil pour moi. Un outil fabuleux pour faire passer des messages et surtout, mon podcast m'aide à créer un lien avec mes futures clientes. J'adore personnellement le côté très spontané du podcast et pourtant, j'en écoutais très peu avant de lancer le mien. Je trouve qu'à travers le podcast, on ressent l'énergie des gens qui parlent, on ressent mon humeur à travers le ton que je peux employer, on peut ressentir mes sourires. à travers ma voix, c'est quand même dingue. Et on apprend souvent à me connaître à travers mes expressions, mon accent. Il paraît que je n'en ai pas, mais je viens du Sud et je pense que ça s'entend un tout petit peu quand même. J'aime l'idée en fait que des personnes qui ne m'ont jamais rencontré dans la vie peuvent se connecter à moi facilement à travers mes épisodes de podcast. Ils peuvent les écouter dans leur voiture, en allant chercher les enfants à l'école, dans les embouteillages ou encore en promenant leurs chiens. Et donc ça crée directement un lien ultra authentique entre nous. Et voilà, ça c'est vraiment la partie du podcast que je préfère et mon pourquoi profond du pourquoi est-ce que je continue mon podcast L'Art de briller. Mais du coup, globalement en fait, ma voix, je pense que depuis que j'ai créé mon podcast, elle a évolué et surtout la place qu'a ma voix dans ma vie. Je trouve qu'aujourd'hui, je m'exprime beaucoup plus facilement qu'avant et d'ailleurs, je me suis fait cette réflexion il n'y a pas si longtemps. Mais c'est très rare maintenant qu'on me demande de répéter quelque chose. Je ne suis plus cette personne qu'on fait répéter à la boulangerie. J'arrive aussi plus facilement à faire passer mes idées, mes intentions à travers ma voix, ce qui me sert beaucoup lors des accompagnements par exemple. Je fais beaucoup de visio avec mes clientes et donc c'est bien quand j'arrive à exprimer ce que j'ai dans ma tête beaucoup plus facilement. C'est vrai aussi que le podcast en fait il doit suivre un plan défini quand on a un message à faire passer, quand on veut apporter de la valeur. Comme on n'a pas de support visuel en fait dans le podcast, il faut vraiment être très clair pour se faire comprendre et donc ça m'a aussi aidé dans la pédagogie de façon générale et bien sûr du coup ça vient nourrir les accompagnements que je peux proposer. Je trouve aussi que je parviens mieux aujourd'hui à moduler ma voix, à donner un ton dynamique selon les enjeux de l'épisode ou à accélérer le débit si besoin, voire à créer quelque chose avec les silences. Aujourd'hui, je suis assez fière de ma voix. On me dit souvent d'ailleurs que j'ai une voix qui se prête bien au podcast et qui l'aurait cru vraiment. L'idée d'être une professionnelle de la voix, en fait, je pense que ça me fait un peu sourire parce que vraiment personne n'aurait pu parier là-dessus en me rencontrant à mes 20 ans. Bon, bien sûr, j'ai toujours quelques petits défis avec ma voix comme l'éthique de langage, par exemple. Je dis toujours « enfin voilà quoi » quand je ne sais pas comment terminer ma phrase. Donc c'est... parfois ça m'arrive de... Vous allez l'entendre peut-être 4-5 fois dans un épisode. J'ai aussi tendance à prendre un mot pour un autre, ça n'a pas changé. Et ça m'arrive dans ma vie de tous les jours d'ailleurs. J'avoue que finalement c'est pas très grave pour moi parce que le podcast, enfin ma vision du coup, dans la façon dont je le fais, il n'a pas besoin d'être parfait. Ce côté spontané, ça rend le contenu plus humain et à l'heure où l'intelligence artificielle vient souvent voler notre voix au sein des contenus écrits, je trouve ça intéressant que, justement, dans le podcast, ce soit vraiment notre voix et à la fois nos qualités et notre personnalité, voire nos petits défauts, nos petits tics de langage. Je trouve ça limite attachant finalement, donc c'est pas si choquant. Si je devais aujourd'hui vous faire découvrir un podcasteur que j'adore, car oui, depuis que j'ai mon podcast L'Art de briller, j'écoute quasiment tous les jours des podcasts, je suis devenue une fan de podcasts. Donc le podcasteur que j'adore, c'est vraiment Jonathan Langlois qui aborde dans son podcast Les Lueurs, des parcours personnels souvent avec pas mal de challenge et le thème c'est vraiment autour du développement personnel de la spiritualité. Personnellement moi ce que j'aime dans cette approche qu'il a, c'est sa posture. Il parvient en fait à faire naître un épisode de podcasts ultra riche autour du parcours et du chemin de vie de son invité tout en ayant une lui une posture très en retrait c'est à dire qu'il s'est posé les bonnes questions au bon moment appuyé sur quelque chose que l'autre a dit pour aller creuser là dessus mais lui il n'est pas là pour se mettre en avant il met vraiment en avant la personne qui l'accueille et voilà cette posture qui là je la trouve ultra intéressante ses questions sont toujours pertinentes et bien sûr sa voix est aussi très agréable à écouter récemment par exemple j'ai écouté l'épisode avec Julie Bourges sur l'épreuve qu'elle a vécu en tant que grande brûlée et son parcours autour de sa foi, la façon dont elle a pu renier sa foi et puis finalement y revenir. Et même si je ne m'identifiais pas à tout ce qu'elle a vécu bien sûr, et puis à toutes ces questions autour de la religion, cet épisode m'a questionné pendant plusieurs jours. Donc c'est drôle comment juste un épisode de podcast peut faire naître des questionnements, des réflexions, des déclics, et ça je trouve ça ultra intéressant dans le podcast du coup « Les Lueurs » de Jonathan Langlois.
- Christine
Un grand merci à Mafalda, Albane, Alice et Lucie pour leur participation et la sincérité avec laquelle elles se sont livrées. Je vous invite à retrouver toutes les informations les concernant dans la description de cet épisode et à aller jeter une oreille du côté de leur podcast. Je vous donne rendez-vous dans le prochain épisode pour découvrir les voix des autres podcasteuses qui ont participé à ce projet. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode d'On n'a qu'une voix jusqu'au bout. S'il vous a plu, abonnez-vous dès maintenant pour ne pas manquer la voix de mes prochains invités. Et pour soutenir mon podcast, je vous propose de le noter et de le commenter sur votre application d'écoute préférée. Enfin, un merci tout particulier à Émilie Décla, qui a créé et interprété toutes les musiques d'On n'a qu'une voix. Retrouvez l'actualité du podcast sur le compte Instagram ou LinkedIn, entre voix et mots. À bientôt !