- Christine
On n'a qu'une voix, un podcast pour découvrir ce que cache notre voix. Chaque mois, venez à la rencontre de mes invités qui lèvent le voile sur l'histoire singulière de leur voix. Au programme, des voix parlées, des voix chantées, des voix jouées et des voix parfois malmenées. L'intention ? Vous procurer des émotions, vous faire voyager, vous apporter des conseils et vous proposer un pas de côté pour vous inviter à aimer votre voix. Quand on essaie de lister les domaines dans lesquels la voix a une place importante, on peut avoir à l'esprit la radio, le théâtre, le cinéma, la publicité peut-être, à travers la voix off. ou encore l'enseignement, la prise de parole en public. Tous ces domaines, mon invité les a explorés à un moment donné ou à un autre de sa vie. Dans cet épisode, je vous propose de découvrir la voix de Mariana Charlot, passionnée de théâtre, qui aujourd'hui accompagne les autres à prendre la parole en toute confiance. Bonne écoute !
- Mariana
Bonjour, je m'appelle Mariana Charlot, je suis argentine, mais je suis française aussi. Je suis fière de ça. Depuis 5 ans, j'ai eu la nationalité française. Je suis en France depuis 11 ans déjà. J'habite à Gan. Je suis professeure d'anglais et d'espagnol. Je travaille à l'école de commerce comme prof d'anglais. Mais ma passion, c'est du théâtre. Je suis comédienne depuis... Je ne me souviens même pas. Enfin, quand j'avais... 22 ans, j'ai commencé à étudier théâtre et je l'ai fait pendant 8 ans avec le maître de l'Argentine. Vraiment le maître de l'Argentine, c'est pas pour dire mais bon, il est assez connu en Espagne par exemple et tous les comédiens réputés à Buenos Aires, ils sont tous passés par ses mains. Donc, après huit ans, j'ai fait un peu de télévision, de cinéma, du théâtre, bien sûr. Et tu sais, la plupart des comédiennes, on ne peut pas, tout d'abord, payer nos factures en tant que comédien. Donc, qu'est-ce qu'on fait, au moins en Argentine ? On fait de la pub. On va faire des castings. pour gagner une pub qui va nous donner un peu d'argent, voilà. Et donc j'ai fait ça pendant longtemps. Et un jour, j'ai devenu amie des patrons d'une des agences les plus importantes de Buenos Aires. Et donc un jour, Ernesto me dit, Mariana, tu dois diriger des castings, des publicités. Je le regarde, je dis mais... Mais tu rigoles ou quoi ? Elle me dit non, non. Parce que comme je te dis, toutes les personnes qui ont étudié avec Agustin Alezzo, nous sommes réputées pour avoir une certaine connaissance approfondie.
- Christine
C'est le maître dont tu parlais là.
- Mariana
Voilà. C'est ça. Bref, c'est comme ça que j'ai commencé et j'ai devenu directrice de casting. D'abord pour la publicité. Mais après, j'ai eu la chance, l'énorme chance de devenir directrice de casting de films internationaux.
- Christine
Pour le cinéma ?
- Mariana
Oui. Donc, j'ai fait la direction de casting de quatre films assez réputés. Le premier, c'était avec Robert Duval, qui est venu en Argentine pour tourner un film qui s'appelait Assassination Tango. Et donc j'ai fait tous les castings de Buenos Aires. Et après l'année suivante, c'était un réalisateur britannique, Christopher Hampton, qui est venu tourner un film avec Emma Thompson et Antonio Vanderas, qui s'appelle Imagine in Argentina. Et j'ai fait aussi tous les castings. De tout, il fallait... je ne me souviens pas. pas, mais presque 50 comédiennes, des binosaures. Et après, j'ai fait deux films de plus. Donc, voilà, c'est ça un peu mon parcours.
- Christine
J'ai l'impression que la voix, finalement, c'est une passion depuis toujours pour toi. Est-ce que tu es d'accord avec ça ?
- Mariana
Tout à fait. Tu sais, c'est rigolo parce qu'on raconte, la plupart d'entre nous, toujours la même chose. J'avais quatre ans et la question typique de la famille et des amis, qu'est-ce que tu voudrais faire quand tu seras grand ? Et à quatre ans, j'ai dit... Comédienne. En fait, mon père, à l'époque, tu sais, c'était pas comme maintenant. Mon père m'a dit, quand j'ai fini mon lycée, et mon père m'a dit, bon, Mariana, maintenant, quelle université, quelle carrière ? Je lui dis, comédienne. Et mon père m'a dit, non, non, non, non, non, pas possible. Ça, c'est pas sérieux. À l'époque, c'était comme ça. Heureusement, les choses... Sont évolués. Donc, bon, finalement, j'avais pas la permission. J'habitais à Mardel-Plata, une ville comme Biarritz. Donc, je devais déménager à Binozer. Enfin, bref, mon père m'a dit, hors de question. Tout ça pour te dire que, finalement, quand j'ai eu 21 ans, j'ai pu déménager à Binozer. Moi, j'avais un travail, déjà. Donc, voilà, c'est comme ça. Mais pour te dire que depuis l'âge de 4 ans, à l'école, partout où il y avait une opportunité de parler, c'était Mariana la première. Donc effectivement la voix pour moi c'est une passion, c'est un outil essentiel de ma vie, tu vois. Ça fait partie de ma vie de tous les jours, du coup je parle beaucoup. Tous les jours, dans trois langues différentes, ça c'est... Enfin, j'ai l'habitude, mais je peux te dire qu'il y a des jours que je ne sais pas si je parle anglais, français, espagnol ou quoi. Mais c'est très enrichissant quand même. Le fait de pouvoir parler les langues, les différentes langues. Ça te permet beaucoup de choses. D'abord, la communication. Ça te permet de rencontrer pour des vrais. Quand je dis pour des vrais, ce n'est pas que les basiques. Bonjour, comment allez-vous ? Qu'est-ce que tu fais de ta vie ? Enfin, quand tu peux parler la langue des autres, tu peux vraiment connaître la personne, avoir des discussions.
- Christine
Plus en profondeur.
- Mariana
Voilà, et je pense que c'est capital, vraiment, de parler une langue, peu importe laquelle. Mais j'ai eu la chance de faire, depuis la maternelle, l'école primaire, collège et lycée, dans une école britannique. À l'époque, c'était oh là là, et surtout dans ma ville, tu vois. Donc pour moi l'anglais ça faisait partie de ma vie aussi. Et donc voilà, c'est la voix, c'est les langues, tout est un peu mélangé. Et ça fait partie, comme je t'ai dit, de ma vie et de mon parcours.
- Christine
Donc là, puisqu'on est sur la partie langue, pour qu'on comprenne bien. Donc toi, ta langue maternelle c'est l'espagnol. Mais très vite est arrivé finalement l'anglais de par le type d'établissement dans lequel tu as été inscrite depuis petite, comme tu disais. Aujourd'hui, tu parles aussi français parce que tu es arrivée en France il y a 11 ans, c'est ça ?
- Mariana
Oui.
- Christine
Donc au final, au quotidien, c'est ce que tu disais tout à l'heure, tu manies finalement ces trois langues, c'est ça ? Donc quelle place tu leur donnes à ces langues dans ton quotidien et dans ta partie professionnelle ? Quelle place elles ont chacune ? Comment ça se passe pour toi ?
- Mariana
Écoute, c'est vraiment, comment te dire, étrange. Le fait que je dois parler les trois langues au même temps, tous les jours, c'est-à-dire que je n'ai pas un jour complet où je ne parle qu'espagnol, qu'anglais. Donc tous les jours, tout le temps, tu vois, je jongle entre l'anglais parce que je vais, par exemple, donner un cours, mais peut-être qu'à la pause... J'ai fait un message, je parle avec ma famille ou mes amis en Argentine. Après, il y a quelqu'un qui me parle en français. Donc, tu vois, maintenant j'ai l'habitude. Mais comme je te dis... Je t'avoue qu'il y a des jours que c'est fatigant, parce que c'est un très bon exercice. On sait par un tas d'articles scientifiques que c'est très bien d'apprendre une langue pour empêcher les Parkinson, par exemple, les maladies comme ça. Mais c'est vrai que, comme je te dis, c'est les trois langues tout le temps, tous les jours. sans pause donc voilà, mais bon j'ai l'habitude je ne me plains pas mais c'est un peu marrant donc c'est, si tu veux dans ma vie professionnelle par exemple, j'ai des élèves de bachelor 1 à l'école de commerce ok, je les donne des cours d'anglais mais la plupart des explications de grammaire et tout je dois les dire en français parce que si autrement ils ne comprennent rien Donc tu vois déjà un cours, c'est anglais, français. Je sors de là, et comme je te dis, peut-être que je fais un appel, ou j'envoie un message à ma meilleure amie en Argentine. Je rentre chez moi, je fais des cours en français. Après, je regarde la télévision. Après, je corrige en anglais. Après, j'ai des amis ici qui parlent anglais aussi. Donc tu vois... Pour moi, les langues se mélangent beaucoup entre le professionnel et la vie quotidienne.
- Christine
Et alors, quand tu enseignes l'anglais, est-ce que le fait que tu aies eu, on reviendra après sur ton parcours, mais tu as quand même prononcé le mot théâtre et le fait que tu es vraiment comédienne, je pense que c'est vraiment une de tes passions, comme tu l'as dit. Est-ce que, pour le coup, le théâtre a une place en tant qu'enseignante ? C'est-à-dire, est-ce que tu joues avec ta voix, tu joues avec ton corps ? Est-ce que tu... théâtraliser vraiment les cours, mais est-ce que tu vois ce que je veux dire un petit peu, comment ça se passe ?
- Mariana
Tout à fait. Écoute, quand on a fait huit ans d'études, comme je te dis, et après on a travaillé, j'ai fait radiothéâtre, je ne sais pas si on dit comme ça en français.
- Christine
Ou théâtre radiophonique, je ne sais pas.
- Mariana
Radiophonique, voilà. Et j'ai fait du cinéma comme comédienne, du théâtre, enfin. Et après, je continue, comme je te dis, tant que directrice de casting, ce n'est pas que distribuer les rôles. Je dois travailler avec les comédiennes. Parce que j'ai un réalisateur à côté de moi, qui, avec moi, on discute. Et parfois, je dis non, je préfère cette comédienne, pour ceci, pour cela. Et le réalisateur me dit, non, Mariana, non. Et pourquoi, par exemple, je me souviens un jour, Le réalisateur me dit, cette comédienne ne me donne pas ce que je cherche. Et j'étais convaincue que oui, tu sais, que le rôle c'était pour elle. Donc j'ai dit au réalisateur, est-ce que tu me donnes cinq minutes ? Oui, bien sûr. Donc je me suis approchée à la comédienne et j'ai travaillé avec elle comme comédienne. C'est pour ça aussi que je dis que pour être un bon... Directeur de casting, il faut être comédien, tu vois, parce que tu connais les problèmes, tu peux donner les solutions. Bon bref, finalement j'ai travaillé avec, et finalement cette comédienne a eu le rôle. Tout ça pour te dire que, pour moi, c'est impossible de ne pas, pour répondre à ta question, Mettre en valeur ou mettre en place le fait que je suis comédienne. Tu vois, parfois je fais les clowns, voilà, parce que j'aime bien travailler. Quand je te dis travailler, ce n'est pas que dans les cours de langue, avec mes ateliers, de la prise de la parole, peu importe ce que je fais. Je pense que l'humour est essentiel pour la vie en général. Donc, bien sûr que j'utilise la voix, les rythmes, les expressions, comment on bouge. Oui, voilà, moi je ne peux pas les séparer.
- Christine
Tu nous as dit dans ton parcours qu'il y avait tout ce qui est autour de la voix, puisque c'est quand même ce qui nous intéresse dans ce podcast essentiellement. Et pour le coup, il y a plein de choses à voir avec toi, donc c'est génial. Moi, je suis ravie de te recevoir. Tu as parlé de théâtre, tu as parlé de voix off aussi, puisque tu as parlé de la publicité, etc. Et à un moment donné, tu as parlé aussi de théâtre radiophonique. J'aimerais bien que tu expliques un peu ce que c'est ça, comment tu l'as vécu toi, et peut-être la différence qu'il y a entre le théâtre radiophonique et le théâtre tout court, pour comparer peut-être ces deux domaines-là.
- Mariana
Tu sais, c'était une expérience hors du commun. En fait, en Argentine, on a une radio nationale, qui est diffusée gratuitement, bien sûr, dans tous les pays. Et il y a déjà plus de 45 ans, il y a un espace, une fois par semaine, qui s'appelle Las dos caratulas, ça veut dire le deux rôles, ça serait à la louche la traduction. En fait, ce sont des comédiens professionnels réputés, mais très réputés, qui font une pièce de théâtre. par radio, par semaine, pour toute l'Argentine. Donc j'étais invitée à participer, je l'ai fait pendant un an. Et c'est incroyable parce qu'on faisait ça, tu vois, devant les micros, mais je te dis, des pièces entières. On a fait Molière, par exemple, en espagnol, bien entendu. Donc on est peut-être... 15, 20, ça dépend de la pièce. Chacun devant son micro, avec le scénario, bien sûr. On ne peut pas l'apprendre tout par cœur. Et on lit. Mais on lit, ce n'est pas que lire. On joue. Donc c'est comme si on faisait le théâtre. Mais tu peux voir l'importance de la voix. Parce que quelle est la différence ? Quand tu fais du théâtre, t'engages tout, ton corps, ton regard, enfin, c'est pas que la voix, tes mouvements, l'actitude corporelle, tandis que là, t'es dévoué et tu parles, tu fais ton personnage, soit Roméo et Juliet, soit les maladies imaginaires, soit peu importe, mais je te dis que c'était un truc... J'ai des souvenirs, c'était magique. La radio c'est magique déjà.
- Christine
Tu faisais déjà de la radio ? T'avais déjà fait de la radio ? Ah non,
- Mariana
j'avais fait un an de radio. Mais comme je t'ai dit, c'était qu'il y a des comédiens.
- Christine
Ouais, c'est ça.
- Mariana
Donc voilà, et donc après, des fois c'était en direct.
- Christine
Ouais, c'est ce que j'allais te demander.
- Mariana
La plupart des fois, c'était pas en direct. Mais on a eu quelques séances en direct avec des publics, dans un studio de radio. Ah là là, c'est magnifique. Et tu sais, même si la pièce, tu la connais ou pas, mais bon, tu l'entends. Mais qu'est-ce qu'il y a de magnifique par rapport à la radio ? C'est l'imagination. T'entends quelqu'un qui parle, peu importe de quoi. C'est ton cerveau, c'est tes images à toi. Donc, ce qu'on peut transmettre avec notre voix, qui est notre voix comme outil, c'est magique. Et ça fait la personne qui est en train d'écouter, comme je te dis, mettre en jeu l'imagination, les images, les souvenirs. C'est un moyen super, super intéressant.
- Christine
Comme là, les gens qui t'écoutent sont en train de se faire une image mentale à partir de ta voix, de qui tu es peut-être, de ton visage, je ne sais pas. Peut-être qu'ils voyagent, que tu les as embarqués en Argentine, on ne sait pas. Voilà. C'est génial la voix pour ça.
- Mariana
Et aussi, tu vois, par rapport, parce que c'est une question qu'on nous pose, oppose beaucoup. Quelle est la différence entre les théâtres le cinéma, la radio et la télévision ? Eh bien, déjà, les codes de travail, c'est complètement différent. Moi, je t'avoue que ma passion, c'est le théâtre. Enfin, comme le théâtre, le théâtre, c'est vivant. T'es là, dans ce moment, présent. Si tu fais des erreurs, si tu te trompes, s'il y a quelque chose qui passe, parce qu'il y a un tas de trucs. qui peut arriver, tu vois, en scène, eh bien, c'est là. Tu vois ce que je veux dire ? On ne peut pas couper, on ne peut pas éditer. Voilà. Et comment te dire ça ? Parce que c'est difficile d'exprimer des sensations et des émotions, c'est très difficile. Sentir les publics. en face de toi, même si t'es concentrée, mais l'énergie, tu vois, ce que le public dégage quand tu fais du théâtre, je te dis, ça me fait... ça me... Je suis capable de me mettre en pleurs, tu vois, je ne peux pas le faire, mais c'est émouvant. Faire du théâtre, c'est une sensation, mais... Je ne sais pas, c'est difficile, comme je te dis, de mettre des adjectifs, parce que voilà. Tandis que le cinéma, qui est magique aussi, on ne peut pas imaginer à quel point. Qu'est-ce que je veux te dire par là ? On regarde un film, on l'aime, on ne l'aime pas, ok ? On voit les comédiens, bien sûr, mais est-ce qu'on peut imaginer qu'on a un scénario, un bout de papier sur une table ? Il y a un réalisateur qui va lire ce bout de papier et va dire « Ok, je vais faire un film avec ça » . Donc on part. d'un bout de papier. C'est vrai, on n'a pas l'obligation de penser à tout ça quand on regarde un film. Et c'est vrai qu'on regarde les comédiens, tu peux dire la direction de la photographie, les réalisateurs, la déco, les paysages, mais on ne sait pas et on n'a pas l'obligation de savoir, encore une fois. Les noms des personnes qui sont impliquées pour passer d'un bout de papier à un film. Et c'est pour ça qu'il y a la fin d'un film. On a tellement de noms. Tu vois, j'entends des fois des personnes qui rouspètent, tu vois ce que je veux dire. Parce que, je ne sais pas, la copine ou les copains d'hier, « Attends, je veux regarder ça » . Oh là là, mais ça ne finit jamais ! Et bien sûr, c'est fou la magie qu'on peut faire à partir d'un réalisateur, comme je te dis, qui a un scénario, un projet. Comment de ça on peut faire un produit final, un film ? Quand t'es impliquée dedans, quand t'as eu la chance comme moi, tant que directrice de casting, je faisais le casting, mais souvent les réalisateurs m'engagent pour faire la direction de comédien sur place. Donc j'étais dans plusieurs tournages, heureusement. Et regarder, pas que, tu vois, les comédiens, enfin... Le maquillage, les coutumes, même les chefs, tu vois ce que je veux dire. Il y a un nombre de personnes, mais c'est hallucinant qu'il faut avoir ensemble, tous ensemble, pour avoir ce produit final qui est un film. Le cinéma est aussi... Voilà, j'utilise toujours le même mot magique, mais bon, enfin... Après, je voulais te dire que tant que comédien, le cinéma par rapport au théâtre a... Des avantages, tu fais la même scène 15 fois, 30 fois si tu veux, enfin si le réalisateur veut. Et après, on peut choisir, on peut couper, on peut faire des montages. Tandis que comme je te dis, quand tu es en train de faire une pièce, voilà, c'est ça, c'est là, c'est le temps présent. Et après c'est fini et ça y est terminé. Donc, la façon de faire, les codes. Elles sont complètement différentes. Mais c'est vrai que, comme je t'ai dit, ça c'est que selon moi. On est bien d'accord. Chacun son avis. J'ai fait télévision. Mais pour moi, je ne trouve pas, comme je t'ai dit, cette magie, cette énergie, cette chose. Particulière. Donc moi, je ne l'aime pas beaucoup. Tant que comédien. Tu vois, des fois, il me demande, Mariana, pourquoi tu as choisi d'être comédienne ? Pourquoi ? Eh bien, d'abord, toi, moi et tout le monde, on n'a qu'une vie. Tandis que quand on est comédienne ou comédien, on peut vivre mille vies complètement différentes. Donc déjà ça, mais quand tu fais des études plus approfondies, plus professionnelles, comme ça implique tellement de choses. D'abord sur toi, toi t'es ton outil. Toi, c'est ta voix, ton corps, tes émotions, ton expérience, ton parcours, qui tu es, d'où tu viens, enfin bref. Donc, tu es ton propre outil. Comme un musicien à la guitare, nous, c'est nous. Nous, un tout, intégralement, tu vois. Donc déjà, ça, plus. Après, le travail de faire des rôles différents. Tu peux faire, je ne sais pas moi, les rôles d'un assassin. Ou les rôles de, je ne sais pas moi, tu fais, il y a une variété de trucs que tu fais. Et tu apprends quoi ? Je trouve merveilleux ça. Ça t'ouvre la tête pour ta vie quotidienne. Parce que tu essaies de comprendre les motivations, pourquoi un tel fait ceci, cela, d'où cette personne vient. Tu vois, les circonstances qui t'amènent à être comme ça ou comme ça, c'est pas pour pardonner ni pour excuser, mais ça te donne, comme je te dis, une... Ouverture des têtes qui te permet peut-être beaucoup plus de te mettre à la place des autres.
- Christine
Aujourd'hui, j'ai l'impression que tout ce qui t'habite depuis des années... Tu le fais vivre aussi à travers un projet que tu as monté toi, qui s'appelle Présence et Voix. À l'intérieur de ce projet, j'ai l'impression justement qu'il y a plein d'éléments de ton parcours. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu l'origine de ce projet ? Qu'est-ce que c'est Présence et Voix, tout simplement ? À qui ça s'adresse ?
- Mariana
En fait, j'ai commencé ça il y a quelques années, à Buenos Aires. Ils m'ont proposé de donner des ateliers du théâtre, pas pour les gens, pour devenir comédienne. Pourquoi ? Parce qu'il y a plein d'outils qu'on peut avoir si on fait un atelier du théâtre. En fait, ce sont des outils théâtrales, des techniques du théâtre, qui vont nous permettre de nous améliorer beaucoup dans la vie quotidienne. Par exemple, si tu es timide, si tu as la peur de parler en public. Si t'as pas l'habitude de travailler en équipe. Enfin, il y a plusieurs choses que tu peux améliorer pour toi-même, dans la vie quotidienne. Et donc, j'ai commencé à donner des ateliers du théâtre pour ça, pour des adultes. J'ai travaillé que pour des adultes. Et du coup, des cours d'anglais, je travaille qu'avec des adultes. Et donc, après ça... Oh, à cause de ça. Et j'ai démarré avec des ateliers de la prise de la parole en public. Donc actuellement, j'ai fait ça, mais j'ai fait aussi des cours, comme je t'ai dit, du théâtre, pour les gens qui ne veulent pas devenir comédienne. Et c'est, tu ne sais pas à quel point... C'est une expérience tellement enrichissante de témoigner les processus d'une personne qui démarre dans un tel point, avec une telle difficulté, et avoir un parcours, et changer tellement. Tu vois, c'est... mais tu vois ça c'est Ça c'est très, très, très enrichissant pour moi. Et j'apprends aussi, j'apprends toujours. Bref, donc je me suis, si tu veux, entre guillemets, spécialisée un petit peu plus en tout ce qui a à voir avec la prise de la parole. À qui s'adresse ? Ah oui, Marianne, mais bon... Je ne suis pas le président, le CEO d'une entreprise qui a l'obligation de donner des présentations. Ah ah ! Eh bien, par exemple, des profs, et je connais plusieurs profs qui ont une connaissance de leur sujet approfondie, mais... de manière incroyable. Mais après, comment tu les transmets ? Tu vois ? Et c'est dommage quand même. Donc, ça peut servir un prof, un élève, pour un grand oral. Je te donne des exemples. On le voit, tu vois ce que je veux dire. Tu peux dire, cet élève a beaucoup étudié. Il sait, tu vois. Il ou elle sait. Et voilà, les tracts, la peur, l'attention, enfin bref. Et bon, ça y est, terminé. Tu vois ? Je vais te raconter, si tu me permets, une petite anecdote. Il y a deux mois, j'ai une collègue au travail. J'ai travaillé comme interprète pour l'Office d'immigration aussi. Donc j'ai une collègue qui est formatrice, donc elle a l'habitude de parler, c'est vrai que le programme c'est toujours le même, mais bon. Donc elle vient me dire, Mariana, je suis contente parce que j'ai le mariage de mon père, le douzième mariage de son père. Il faisait une fête incroyable avec 150 invités à la plage, enfin bref, un truc génialissime. Donc mon collègue qui s'appelle... Clémence a une soeur et un frère, entre 30 et 35 ans. Donc, OK, elle va au mariage. Quand je la revois, je dis, bon, raconte. Ah, Mariana, c'était génial, on a dansé jusqu'à 6 heures du matin. Elle me donne des détails. Mais elle me dit, Mariana, tu sais, je vais te raconter un truc. À un moment de la cérémonie... Il fallait dire des mots. Et donc, la femme de son père avait aussi trois enfants. Deux femmes et un homme. Aussi entre 30 et 35 ans. Eh bien, fin de l'histoire. Les trois enfants de la femme ont pris la parole pour dire... Voilà, c'était pas un discours... à la sorbonne, tu vois ce que je veux dire. C'était que des mots un peu émouvants que tu dis à ton père, à ta mère, ou à l'envers, enfin au couple. Je dis, ok Clémence, t'as dit quoi ? Elle m'a dit, Mariana, ni moi, ni ma sœur, ni mon frère, on n'a pas osé parler en face de tous ces gens. Je dis, mais c'est pas possible. Tu t'imagines ? C'est dommage quand même. Comme je te dis, il ne fallait pas faire un discours.
- Christine
Bien sûr.
- Mariana
Il fallait que toi-même, tu vois, improviser, dire à ton père ton ressenti par rapport à cette célébration, enfin. Donc tu vois, la prise de la parole implique la vie quotidienne de beaucoup de personnes, pas forcément une présentation de business.
- Christine
Oui, c'est pas forcément professionnel finalement. C'est des moments forts aussi de la vie, du coup, qui sont chargés émotionnellement. Et justement, parce qu'ils sont chargés, les personnes restent sans voix, si on peut dire.
- Mariana
Voilà, mais il y a des exemples, des exemples dans la vie quotidienne.
- Christine
Et alors toi, comment tu fais justement pour aider ? Parce que là, c'est vraiment intéressant. Tu nous as donné plusieurs cas de figure où tu peux aider justement à la prise de parole. On avait changé toutes les deux. Tu me disais que tu aimais bien que ce soit quand même... assez concret dans ta manière de transmettre aussi de la confiance, etc. Comment tu procèdes pour aider des gens qui, comme tu l'as dit, ont tout ce qu'il faut ? Dans la tête, il y a tout, mais ça ne sort pas forcément comme on voudrait par la bouche finalement. Si je résumais de manière un peu grossière, mais c'est un peu ça l'idée. Comment tu procèdes, toi, concrètement ?
- Mariana
En fait, l'atelier que je fais... Des fois, c'est des masterclass, ça dépend. Je peux donner un masterclass de 1h45, ou je peux donner un atelier de 2h, ou parfois, si c'est une entreprise, ça peut être une demi-journée et même une journée entière. Ça dépend des besoins. Alors, je travaille beaucoup, j'ai donc un peu de théorie pour expliquer, bien sûr. Mais je travaille avec la pratique. Je t'explique un élément clé pour être plus efficace ou pour améliorer ta prise de la parole. Et tout de suite, je dis, qui veut passer avec moi ? Hop, on va faire un exercice, tu vois ? Parce que c'est la pratique qui te donne les meilleurs exemples. Quand tu vois quelque chose, un exercice, tu dis, ah oui, c'est vrai, tu vois ? Donc déjà, je peux te dire que c'est... 20% des théories et 80% de se mettre à l'action. Alors, quand on parle de la voix, la voix ce n'est pas que le son qui sort de ta gorge. Il y a beaucoup de choses qu'on tient en compte quand on dit voix. Par exemple... L'intonation. L'intonation peut être ascendante, descendante, et ça peut te faire un discours monocorde. Si je parle comme ça tout le temps et je t'explique et je te donne des exemples, voilà, tu as le risque d'endormir ton public. Voilà, donc l'intonation, ça fait partie de la voix, les rythmes, la respiration. La respiration, c'est un élément clé pour la prise de la parole. Maîtriser la respiration, c'est une des astuces la plus importante pour maîtriser et gérer tes émotions. Et je vais te dire un truc, tu vas rire. Quand on arrive au cours du théâtre, les maîtres te disent... Vous ne savez pas respirer. Ha Tu vois ? Mais oui, mais on respire tous les jours. Non ! Vous ne savez pas bien respirer. Et c'est vrai. Donc, l'intonation, le rythme, la respiration, la diction, la prononciation. Donc tu vois déjà... Quand j'attaque la voix, il y a un temps d'éléments clairs à travailler. Après, l'attitude corporelle. Quand tu dis la prise de la parole ou la communication, tu penses à la voix. Oui, mais ce n'est pas que.
- Christine
Bien sûr.
- Mariana
Les corps parlent beaucoup. Donc les corps accompagnent. Les corps ont une voix aussi, qui accompagne la voix qui sort de la gorge. Donc tu trouves des gestes parasites, on ne sait pas quoi faire de notre main. Je peux te donner, je ne vais pas te donner mon atelier ici, mais le trac.
- Christine
Et la voix qui tremble, tout ça.
- Mariana
Elle a peur de le faire, de parler, tu vois ce que je veux dire, un public. Alors mon maître nous disait toujours un truc formidable. Quand on faisait des pièces du théâtre professionnel, on venait souvent vers lui. En lui disant à Agustin, j'ai encore une paire avant de rentrer sur scène. Et lui il te regardait, il te disait toujours la même chose. Marianne, les jours où tu ne vas pas avoir un peu de paire, c'est les jours où tu dois laisser cette carrière et aller vers une autre activité. donc ça c'est normal moi aussi je l'ai je l'ai maîtrise, peut-être un peu mieux mais ça ne veut pas dire que je ne l'ai pas quel est le problème avec la peur ? c'est quand ça t'angoisse c'est quand ça te paralyse ça on a un problème oui ça prend trop de place finalement et c'est très curieux Quand je fais des ateliers et j'attaque la peur, je pose la question. Vous savez peur à quoi ? Et il y a une variété de réponses, bien sûr. Mais il y a toujours des points en commun. Ah, être ridicule. Ah, me tromper. Ah, les gens vont me critiquer. Ah, tu vois ?
- Christine
Oui, c'est le jugement. On a peur du jugement, quoi.
- Mariana
On ne peut pas se débarrasser du regard des autres. Bon, ça, on attaque, moi j'attaque, tu vois ce que je veux dire ? Et on essaye de comprendre les pourquoi de chacun, ou en général aussi, au travail. Et comment on va attaquer ça ? Parce qu'on peut maîtriser, on peut gérer, même si ce n'est pas complètement. Mais on peut gérer pour avoir efficacité et pour ne pas être paralysé. Je travaille aussi, comme je te dis, par rapport à la respiration. Je travaille beaucoup avec des improvisations. Les gens te disent, mais ça n'a rien à voir avec la prise de la parole. Eh bien si ! J'essaie de te trouver un exemple. Quand les gens te disent, j'ai peur d'être en blanc, tu vois, de rester en blanc. D'oublier... Eh bien, si ton imagination et ta créativité est bien entraînée, hop, tu peux sortir un truc comme ça, voilà, qui va te sauver. Donc, l'improvisation, c'est un outil du théâtre. Pour la vie quotidienne encore. Qui te stimule l'imagination, la créativité. Je reviens encore à mon maître. Mon maître disait, l'imagination est un muscle. Il faut le travailler, hein. Voilà. Et je te dis, je travaille avec des personnes qui me disent, ah non, Mariana, j'ai aucune imagination. Non, créativité, je n'ai rien. Il faut deux exercices, je lui pose deux questions, il dit « ah oui, c'est vrai » , mais oui, il faut stimuler, on a tous créativité et imagination, et encore créativité, ça veut dire beaucoup de choses, il ne faut pas être ni musicien, ni comédien, ni peintre pour être créatif. Les gens ne se trompent pas. Tu dis, ah oui, je fais la cuisine, je te dis n'importe quoi. Ah oui, non, mais comme créatif, tu fais quoi ? Mais ça, c'est créatif quand même. Tu vois ce que je veux dire ? Donc voilà, je travaille beaucoup avec les impros aussi. Les regards, encore. Ah oui, pour communiquer, c'est la voix. Oui, mais pas que. Les regards communiquent. Donc, il y a beaucoup de choses à apprendre et à mettre en pratique par rapport au regard avec ton public, même si c'est qu'une personne. On transmet beaucoup de choses par rapport au regard. Le silence, oh là là, ça c'est un sujet, je veux te dire. On a tous peur, même dans la vie quotidienne.
- Christine
Toi, tu n'as pas peur du silence, parce que depuis le début de cette interview... Je me suis aperçue que tu les utilises beaucoup et c'est génial parce que ça donne du poids à tes propos, ces petites suspensions-là, les respirations aussi finalement.
- Mariana
Mais écoute, les silences sont primordiales. Alors, il faut savoir quand et où les placer, ça c'est sûr. Pourquoi, comme tu dis bien, ça t'aide à récupérer ta respiration, à ralentir ta vitesse, à donner des points importants dans une phrase ou des mots, récharger ta voix, surprendre. laisser la personne le temps d'imaginer les silences sont voilà et tu vois par exemple j'observe beaucoup les comédiens on observe l'observation fait grande partie de notre apprentissage tu vois je ne sais pas moi un couple de copains copines qui parlent ok et tu aimer Il me faut 30 secondes de silence ? Eh bien non. Je ne sais pas pourquoi, on a peur, tu vois, d'être avec quelqu'un à côté et de faire un silence. Et comme je te dis, on peut rester en communication, transmettre des émotions sans parler. Les silences, voilà. Donc je travaille beaucoup avec ça. Pour la richesse, c'est un outil indispensable. Et par rapport à la voix, par exemple. Je vais te dire un truc, tu vas me dire non. Peut-être pas. Je rigole un peu avec toi. Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que les gens, en général, on généralise ? Est-ce que les gens savent lire à voix haute ?
- Christine
Je suis un peu exigeante sur ça, parce que j'ai travaillé sur ça en tant qu'enseignante beaucoup, sur la voix haute, sur la lecture à haute voix. Je ne trouve pas trop, en fait.
- Mariana
Mais c'est incroyable, ce n'est pas de notre faute. Enfin, moi, je pense qu'à l'école, on ne fait pas ça. comme on devrait, selon moi. Voilà, donc après, quand tu dois prendre la parole, j'étais toujours en tant que professeure d'anglais dans le cadre des entreprises, avec des présidents des grosses entreprises internationales. Je disais, ah, Mariana, je ne peux pas lire en anglais. OK, très bien, ne t'inquiète pas. On va lire en espagnol, à l'argentine. Lis-moi ces paragraphes. Non, non, non, c'est le... Quoi ? Mais tu ne sais pas lire. Il y a des postes. Il y a des mots plus importants que d'autres dans une phrase. Il y a le rythme. Il y a l'intonation. Il y a la diction. On ne peut pas avaler la fin de mots. Enfin, tu vois ce que je veux dire ? Donc, il y a tellement d'éléments. À travailler pour l'efficacité de la prise de la parole, c'est un monde, tu vois, en soi-même, enfin. Et je te parle de mon expérience par rapport à cet atelier et cette masterclass. Je l'ai fait toujours en espagnol. Je l'ai fait il y a un an et demi, plusieurs fois en Espagne. À un moment donné, je me suis dit, ben bon, voilà, je dois aller faire un français. Et je me suis dit, ben Mariana, allez, quand même. Donc, je ne sais pas. Et mes amis, tu vois, mes collègues, mais Mariana, allez. Et tu vas me demander pourquoi. Eh bien, par rapport à mon français, je me suis dit, avec cet accent, avec les fautes de grammaire que je continue à faire, avec mon niveau de français, même si je me débrouille, mais bon, quand même. Donc voilà, je l'ai laissé de côté. Jusqu'au jour, je faisais la thérapie, jusqu'à l'année dernière. Je raconte ça à mon thérapeute. Mon thérapeute me dit, mais Mariana, vous devez les faire ici en France aussi, enfin c'est dommage quand même. Ah non, mais je ne peux pas. Et pourquoi ? Et par rapport à la barrière de la langue. Quelle barrière ? Je me dis, écoutez, je fais des fautes de grammaire, ma prononciation n'est pas très bien, voilà, mon niveau de français n'est pas si soutenu. Pour donner un cours à un atelier, et les thérapeutes, ils savent gérer le silence, ils sont des rois du silence, c'est génial. Il fait une pause, il me regarde, il me dit, Mariana, vous faites de la thérapie en français ? Et je lui regarde, je lui dis, mais oui. Il me regarde en silence. Il me dit, et donc, Mariana, si vous pouvez faire thérapie en français, comment vous pouvez penser que vous n'êtes pas capable de donner des ateliers, des cours, avec votre expérience, vous savez de quoi vous parlez. Enfin bref, c'est pas que... Et maintenant, je t'avoue, Christine, que... J'arrive chez moi, je me dis mais voilà, pourquoi pas, oui. Tu sais donc que mon objectif avec des ateliers, soit du théâtre, soit de la prise de la parole en public, c'est premièrement, bien sûr c'est s'améliorer, oui, mais c'est de... Récupérer, si tu veux, notre enfant intérieur, avec cette innocence, avec cette spontanéité, qui par rapport à l'influence culturelle, sociale, on doit se comporter, voilà, c'est normal, pour vivre en société. Mais malheureusement, il y a des inconvénients. On oublie qu'on a tous un enfant qui a besoin de s'exprimer en liberté, d'essayer, de jouer. Voilà. Et pourquoi on ne peut pas se débarrasser, comme on disait, du regard des autres ? Quand, en tant qu'adulte, on sait qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Voilà, il va y avoir des gens qui vont écouter ce podcast, qui vont me détester peut-être. Il va y avoir d'autres qui vont dire, ah oui, mais c'est normal. Mais Christine, tant qu'on fait de notre mieux, vous voyez, tu vois. Et voilà, quand on regarde les enfants jouer. Enfin, il y a un enfant qui est le cowboy et l'autre qui est l'indien. Il n'y a pas de jugement. C'est que la liberté d'être. La liberté de jouer. La liberté de passer un bon moment. Voilà si on fait des erreurs. J'ai commis plein d'erreurs. Je me rends compte maintenant de faute de grammaire. Bon voilà, peut-être que la prochaine fois, je vais le faire mieux. Quels sont les problèmes ?
- Christine
C'est ça.
- Mariana
Donc tu vois, le but c'est de beaucoup travailler pour s'améliorer, mais de passer des bons moments et de les prendre comme un jeu. Et comme je te dis, de retrouver la joie de notre enfant intérieur. Il faut rire, comme je te dis, il faut passer un bon moment, mais je te promets que n'importe quelle personne, avec n'importe quelle voix naturelle, tout le monde peut être efficace et prendre la parole en public d'une façon excellente. Ça c'est sûr et certain.
- Christine
On va se quitter sur ça parce que c'est encourageant pour les personnes qui n'oseraient pas. Elles vont entendre ce message-là. Je te remercie infiniment, Mariana, pour tout ce que tu as partagé, la passion qu'on a entendue dans ta voix. Merci beaucoup.
- Mariana
Merci à toi, Christine. C'était un vrai, vrai, vrai plaisir de partager avec toi ce moment.
- Christine
Pour contacter Mariana Charlot, je vous invite à consulter la description de ce podcast dans laquelle vous retrouverez ses coordonnées et celles de son site Internet. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode d'On n'a qu'une voix jusqu'au bout. S'il vous a plu, abonnez-vous dès maintenant pour ne pas manquer la voix de mes prochains invités. Et pour soutenir mon podcast, je vous propose de le noter et de le commenter sur votre application d'écoute préférée. Enfin, un merci tout particulier à Émilie Décla, qui a créé et interprété toutes les musiques d'On n'a qu'une voix. Retrouvez l'actualité du podcast sur le compte Instagram ou LinkedIn, entre voix et mots. A bientôt !