- Speaker #0
Une salle de conférence, un powerpoint, un speaker qui explique que l'industrie, c'est l'avenir. Comme c'est passionnant, comme c'est moderne. L'audience hoche la tête, consulte son téléphone. Ça ne trompe pas, ça fait de longues minutes qu'elle n'écoute plus. Elle aura tout oublié en sortant. Maintenant, imagine qu'à la place, tu lui tendes un morceau de métal froid. Et que dix minutes plus tard, elle l'ait transformé. De ses mains. Là, elle s'en souviendra. Elle aura détesté ou adoré, mais elle aura une idée vraie. Cette année, j'ai passé 4 jours à Global Industrie. 2500 exposants, des machines, il y en avait partout. J'ai même croisé un robot chien qui faisait des saltos. Des stands, des écrans, des promesses, des brochures. Et au milieu de tout ça, au cœur de J.I. Avenir, un stand où on te tend une pièce de métal, que tu vas plier toi-même. pour finir par la souder au laser. Et repartir avec quelque chose que tu as fait toi, pour de vrai. Ce stand-là, il avait quelque chose que les autres n'avaient pas. Des jeunes qui faisaient la queue pour souder, qui voulaient même revenir l'après-midi quand c'était complet. À l'heure du tout, tout de suite, ça donne une sacrée leçon. Ce que je vais te raconter aujourd'hui, c'est pas juste l'histoire d'un beau projet. C'est une leçon que l'industrie entière devrait entendre. En parler ne suffit plus. Il faut ouvrir, il faut inviter à essayer. Tôt. Reste bien jusqu'à la fin parce que la preuve la plus forte, elle vient pas forcément de là où tu crois.
- Speaker #1
Donc du coup là le but de l'atelier ça va être de fabriquer ton propre semoir à graines en métal pour faire tester la soudure. Donc on commence par plier deux plaques en métal avec directement le petit outil ici pour le plier. Et le but c'est de passer de ces plaques là à des plaques qui vont être pliées à 90 degrés. Et ensuite ils passent en soudure à l'atelier derrière pour pouvoir donner une pièce qui ressemble à ça. Et ensuite, par la suite, on va venir planter des graines avec ce fameux semoir. Donc il y a le petit pot, on met un peu de terre, on met les graines, on a roquet toutes ces boulettes comme ça, en plus on peut les manger. Et ensuite tu pourras repartir avec ton pot et ton petit semoir.
- Speaker #0
Un semoir, voilà ce qu'ils ont choisi de faire fabriquer sur leur stand. Et le choix du semoir, c'est pas un accident créatif, c'est une métaphore. Un truc qui tient complètement debout avec le projet. La Veb métallerie plante des graines, dans des destins. Mais ça, on y reviendra plus tard. Edwina Caffa est une ancienne CPE, puis éducatrice spécialisée en foyer. Elle a passé des années à regarder des jeunes issus de l'aide sociale à l'enfance se herter à la réalité du monde. Alors, elle a créé la Veb Métallerie.
- Speaker #2
La Veb Métallerie, c'est un atelier de production de structures métalliques, mais qui va être orienté juste vers l'insertion des jeunes de la protection de l'enfance. L'idée, c'est de créer un atelier où on fera des productions simples pour les entreprises industrielles et les entreprises du BTP. Concrètement, des gardes-cors d'immeubles, des grilles de sécurité, des rampes PMR, c'est de garder les jeunes 3 ans au minimum pour qu'ils puissent monter en compétence, prendre les codes de l'entreprise, avoir des réflexes professionnels pour pouvoir ensuite aller travailler chez les clients qui sont aussi des partenaires. Aujourd'hui, on cherche des commandes, mais on veut aussi des jeunes, des entreprises qui peuvent accueillir les jeunes pour que les jeunes puissent avoir des projections sur les différents métiers.
- Speaker #0
Avec son concept, elle travaille l'insertion professionnelle par le travail du métal. Ces jeunes apprennent sur de vrais projets, avec de vrais clients. Une association les épaule sur le logement. A la sortie, un réseau de partenaires peuvent leur offrir un métier.
- Speaker #2
En fait, la Veb Métallerie. Là, il y a la Veb Métallerie dont on parle, qui est l'atelier de production de structures métalliques. Mais adossée à cet atelier, il y a une association qui est là pour accompagner les jeunes sur le volet social, avec un logement. Le contrat de travail de l'atelier permet aux travailleurs sociaux de travailler le logement durable. Et une fois qu'ils sont dans le logement durable, là on travaille la sortie vers les clients qui sont aussi des partenaires.
- Speaker #0
C'est un accompagnement complet, des métiers concrets et porteurs. Comment tu as monté l'idée du stand ?
- Speaker #2
Avec un de mes partenaires qui est les métallistes, avec qui je travaille depuis le début de l'aventure, on a réfléchi à comment on pouvait faire les choses et on s'est arrêté. La Veb métallerie, l'idée c'est de mettre des petites graines, d'en prendre soin et que ça pousse. On a travaillé autour d'un semoir.
- Speaker #0
Ce qu'elle a construit, c'est un système complet. Formation, logement, emploi.
- Speaker #2
On cherche encore des partenaires clients, on a encore besoin de commandes. On a plusieurs groupes qui nous ont rejoints, typiquement MND, GTM Bâtiments, on a encore des syndicats de copropriété. Et il nous faudrait encore quelques clients pour pouvoir faire fonctionner l'atelier de manière confortable et faire en sorte que les jeunes montent en compétence.
- Speaker #0
Mais le moteur de tout ça, c'est la même idée que sur son stand. Tu ne convends pas les gens qu'avec des mots. Tu les mets dans l'action. Et là, quelque chose se déverrouille. Allez, on reprend les bases. Ce que tu touches, tu t'en souviens. Ce qu'on t'explique, tu l'oublies. Et pour que l'expérience soit réelle sur son stand, pour qu'il l'attire, pour qu'on parle du projet, qu'il décolle et qu'elle ait l'occasion d'échanger avec plusieurs ministres sur le salon, et même de faire souder Sébastien Martin, le ministre délégué à l'industrie, oui, rien que ça, eh bien, il fallait une technologie réelle. Alors, elle a ramené un de ses partenaires, Cosphi Laser. Leur métier, c'est de former des opérateurs sur des machines de soudure laser achetées par les entreprises. Un truc B2B assez fermé qu'ils travaillent actuellement à ouvrir en développant leur centre de formation. Et ce qu'ils ont accompli sur le stand de la Veb métallerie à Global Industrie en est un parfait exemple.
- Speaker #3
Nous pensons que la technologie laser, c'est vraiment une technologie d'avenir. De toute façon, avec ou sans nous, c'est une technologie qui a beaucoup de succès auprès du clinique. Il n'y a qu'à voir justement les gens qui viennent et qui sont très excités à l'idée de pouvoir tester ce genre de machines qui sont nouvelles. qui deviennent de plus en plus accessibles à la fois au niveau de la mise en œuvre, de l'utilisation, mais également du prix, parce que c'est une technologie dont les prix baissent régulièrement, ce qui nous tient à cœur chez Cosphi. C'est de former les gens, parce que c'est quand même une technologie qui est très dangereuse. Donc pour nous, le plus important, c'est de former les gens à utiliser leurs machines de façon sécurisée, mais également à savoir les utiliser au mieux de leur capacité. On a l'impression de pouvoir immédiatement fabriquer ses propres objets, et c'est vrai, mais c'est des machines aussi avec une certaine complexité et potentiel. énorme et donc on a vraiment un coeur de transmettre notre savoir. On parle régulièrement, pour moi, en fait la technologie laser c'est vraiment une technologie d'avenir et qui a beaucoup d'attrait auprès des jeunes mais des moins jeunes aussi. On a un public de tout sa âge et avec une prise en main qui demande une formation beaucoup moins longue par exemple pour la soudure que les formations en soudure classique traditionnelle. C'est une technologie qui est beaucoup plus propre dans sa mise en œuvre. Et donc il y a aussi cet attrait. En quelques semaines, on peut arriver à former du personnel compétent.
- Speaker #1
On peut faire la même chose en soudage traditionnel qu'en soudage laser ?
- Speaker #3
Justement, le soudage laser et le soudage traditionnel sont complémentaires. Il y a peut-être actuellement une réticence des soudeurs traditionnels vis-à-vis de cette technologie parce qu'effectivement, on n'obtient pas les mêmes résultats. mais on a des résultats très très intéressants. sur justement des domaines notamment par exemple les tôles très fines on peut arriver à faire des soudures par exemple quand on voit cette pièce on arrive à faire des soudures qui sont très propres qui demandent pas d'être retravaillé ou très peu retravaillé ensuite des soudures très fines sur des sur des tôles voilà mince ça c'est essentiellement une des trois difficultés en en soudure traditionnelle. Donc quelque part le laser vient en complément.
- Speaker #0
je vais vous montrer une soudure propre est-ce que tu vois ce qui se passe quand une technologie industrielle sort de son cadre habituel quand elle n'est plus réservée aux initiés quand elle devient enfin accessible je vais te montrer ça tout de suite bon clairement j'aurais pu rester spectatrice. Filmer, noter, interviewer, c'est mon métier, je fais ça tout le temps. Mais c'est quand même mal me connaître. Quand j'ai vu ce stand, il fallait que j'essaie. S'équiper, écouter les explications, manipuler le pistolet, voir les étincelles. et finir avec une soudure propre ou presque, un semoir qui tient, ça ne se ressent pas sur une plaquette. Ça ne se simule pas dans une vidéo corporate, ça se vit. Dans l'épisode sur ADTP, Grégory Challamel nous confiait que ses employés étaient particulièrement fiers de fabriquer des articles qu'ils trouvaient en magasin. C'est une preuve de plus que l'attrait vient du concret. Créer soi-même ancre quelque chose qui ne s'efface pas. Un attachement, une curiosité, une envie d'y revenir.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'a fait venir spécifiquement sur ce stand, tu en avais entendu parler avant ?
- Speaker #4
Oui, j'ai entendu tout à l'heure à l'annonce, atelier soudage, du coup j'étais venue pour tester.
- Speaker #1
Tu étais déjà intéressée par la soudure au départ ? Oui, c'est ça. Et du coup tu reviens cet après-midi pour tester ?
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #1
c'est vraiment ce truc-là que tu veux faire sur Global Industrie ?
- Speaker #4
C'est ça.
- Speaker #0
Ce garçon, il n'a pas pu souder du premier coup, il n'y avait juste pas de place et c'est ce qui arrive quand un stand est extrêmement prisé. Mais il reviendra l'après-midi parce que quelque chose s'est allumé. Parce que le truc qu'il veut faire sur le salon, c'est ça. La barrière entre ce jeune et l'industrie, ce n'est pas le désintérêt, c'est l'accès.
- Speaker #3
Parce que ce qui les attire, c'est justement la soudure laser. C'est vrai que quand on entend soudure laser, c'est futuriste aussi, et on sent que c'est un domaine, et c'est pas en sang, c'est un domaine qui change vraiment de la métallurgie. ces gros ateliers bruyants, avec de la poussière, voilà. Et donc là, on est dans quelque chose, une technologie beaucoup plus chirurgicale. Il n'y a qu'à voir, on a notre petite tente sur le stand, on rentre, on met notre blouse, c'est propre. C'est rapide, on va faire nos petites soudures immédiatement. Il y a vraiment, je pense, un aspect très très attractif vers les jeunes. Stimulant pour nous aussi, on se dit, on sent bien qu'il y a une volonté, il faut absolument trouver le moyen rapidement de former ces jeunes.
- Speaker #0
Enely a observé aussi quelque chose d'autre sur ce stand, un truc que personne n'avait vraiment planifié.
- Speaker #3
Ce sont vraiment les premiers surpris sur le salon, de voir l'adhésion de toutes ces filles. Les femmes sont très... attirées par le fait de, ah oui, nous aussi, on peut souder, c'est aussi à notre portée, on va pouvoir créer ça, comme si la soudure était un métier un peu réservé aux hommes, quand même, on peut faire de l'art, et quelque part, on a eu aussi cette, je te disais, cette petite fille de 10 ans, qui est venue, qui a soudé, qui tenait absolument, elle a tanné son papa, elle a voulu attendre, parce qu'elle voulait absolument tester la soudure et en fait une petite fille de 10 ans est capable d'aller utiliser un appareil laser et bien évidemment en toute sécurité là elle était encadrée elle avait son équipement son papa était avec elle mais pour dire que c'est voilà
- Speaker #1
c'est beau en fait de voir que c'est un métier qui peut évoluer c'est un outil qui peut faire évoluer le métier voilà c'est difficile de s'engager dans quelque chose qu'on ne connaît pas là on a vraiment l'opportunité de tester sans sans s'engager. finalement j'essaye quelque chose on a quand même tout intérêt à développer cette chose là d'aller prendre en main de prendre le métier en main finalement pour savoir ce que c'est et se projeter alors qu'on cherche des solutions pour féminiser l'industrie sur ce strand l'attraction elle est déjà là les
- Speaker #0
femmes viennent, les jeunes viennent parce qu'on les a laissé essayer je le dis tout le temps mais c'est dans le cadre qu'on explore sa créativité alors offrons un cadre pour explorer de nouvelles possibilités pour finir la preuve ultime que quelque chose a fonctionné sur ce stand, c'est quand les organisateurs du salon abandonnent leur badge pour quelques minutes pour venir dans la file, pour venir souder eux aussi.
- Speaker #1
J'ai adoré, il y avait des étincelles, ça met littéralement les étoiles dans les yeux, c'est fantastique.
- Speaker #4
Oh my god !
- Speaker #1
Wow ! T'as déjà planté ta petite plante?
- Speaker #4
J'ai pas encore planté et je me suis même dit qu'on pouvait l'utiliser un peu comme un vase contre le mur avec une petite fleur dedans. Il faut toujours tenter, il faut toujours essayer parce que si on n'essaye pas, on ne va pas savoir si on aime. Je n'aurais jamais pensé essayer ça ce matin mais je suis trop heureuse de l'avoir fait, ça a littéralement éliminé ma journée.
- Speaker #1
Est-ce qu'on est content chez GL Events d'avoir ce genre d'initiative sur les stands ?
- Speaker #4
Très content chez GL Events et très content sur Global Industrie.
- Speaker #0
L'industrie française a un problème d'image. On le sait tous. On se bat pour ça au quotidien. Et depuis des années, c'est quoi la réponse ? Des conférences, des campagnes, des vidéos, des mots ? Ce stand, il avait une réponse différente. Arrête d'expliquer. Laisse toucher. Laisse essayer. Tôt. La plus jeune sous deux sur le salon avait 10 ans. Alors oui, il faut surveiller. Il faut expliquer. Il faut encadrer. Mais avec ces résultats, ça vaut le coup, non ? Un semoir fait de tes mains, ça vaut 10 années de discours sur l'attractivité industrielle. La question maintenant, c'est combien d'entreprises ont le courage d'ouvrir leurs portes comme ça ? ça, avec des ateliers immersifs qui font réellement toucher du doigt ce que ça implique d'être industriel. Dis-moi en commentaire si tu connais des initiatives de ce type, j'ai très envie d'étendre mon panel d'exemples. Et si cette vidéo t'a donné envie de repenser la façon dont on présente l'industrie, n'hésite surtout pas à la partager, parce que ce message-là, il mérite d'aller plus loin qu'un stand dans un salon. Il mérite surtout de porter haut le message d'Edwina et de son projet. On se retrouve la semaine prochaine pour continuer à secouer le narratif industriel. D'ici là, abonne-toi pour ne surtout rien rater et surtout n'oublie pas d'oser l'efficacité.