- Speaker #0
À l'heure où la nécessité de digitaliser ces processus industriels est dans toutes les bouches, les logiciels ont pignon sur rue. C'est un océan rouge dans lequel toi, industriel, tu peux facilement te perdre. Mais si la vraie question n'était pas de bien choisir le logiciel, mais de soigner son intégration. Ce mois-ci, dans Oser l'Efficacité, j'accueille l'équipe de 2Gi Technologies qui se bat pour remettre l'intégrateur au cœur des discussions. Pour ouvrir ce plateau, j'ai avec moi Guillaume Gimenez, le fondateur, et Olivia Morlain, la directrice administrative et financière. Bienvenue à tous les deux sur le Hotel d'Efficacité.
- Speaker #1
Salut Périne.
- Speaker #2
Salut.
- Speaker #0
On est en plus sur un studio un peu éphémère, au cœur de votre stand sur Global Industrie. Pour commencer, on va s'intéresser à votre histoire, comment vous en êtes arrivée là aujourd'hui, comment vous avez construit votre conviction, puis comme c'est indiqué là-dessus, dire à vos clients, vous voulez un logiciel ou vous voulez que ça marche. Ça se passe tout de suite dans I Need a Hero. Alors ma première question c'est, est-ce que vous avez toujours travaillé dans le milieu industriel ? Olivia, je vais commencer par toi.
- Speaker #2
Alors, depuis presque 20 ans qu'on travaille ensemble avec Guillaume, je pense que je peux dire que j'ai toujours baigné dedans. Ce qui me plaît, c'est de voir les clients et leur satisfaction quand on a résolu leurs problèmes et qu'ils ont une meilleure performance de leurs usines. De voir ce qu'on peut apporter, c'est très gratifiant.
- Speaker #0
Et toi Guillaume, tu as toujours été dans ce milieu-là ?
- Speaker #1
Alors effectivement, moi j'ai toujours baigné dans le milieu de la... technique, technologie, en milieu industriel, c'est mon dada, on va dire.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a déclenché la prise de position de cette importance de l'intégrateur ? Il y a un événement particulier où tu t'es dit, non, le logiciel, il n'y a pas que ça.
- Speaker #1
Effectivement, il y a une notion historique. On va dire à l'époque, quand j'étais plus jeune, l'automaticien devenait informaticien par héritage des compétences. Et aujourd'hui, on se rend compte que ces compétences-là sont... Ils sont devenus des compétences d'experts, d'où la particularité aujourd'hui du métier d'intégrateur qui va plus identifier le scope, les besoins du client pour pouvoir intégrer de l'acquisition jusqu'à l'IT. On a une particularité à 2Gi, c'est qu'on se positionne entre l'IT et l'OT et c'est sur cette couche-là où on déploie notre expertise.
- Speaker #0
Est-ce que tu as un souvenir particulier ? ou c'est le logiciel qui a été blâmé, alors qu'au final, c'est l'intégration qui aurait dû être soignée.
- Speaker #1
On est souvent sollicité pour remettre en état des installations et on se rend compte que le produit était super. Mais dans ce contexte-là, dans une mauvaise intégration, on se rend compte que ça n'atteint pas du tout l'objectif du client. Et effectivement, on a beaucoup d'expérience chez beaucoup de clients où on a remis en état. le même logiciel mais dans un contexte avec une vraie conception, une vraie intégration dans l'écosystème du client qui a fait une réussite du projet.
- Speaker #0
Ça peut avoir un côté rassurant peut-être un peu pour vos clients de se dire que c'est pas forcément l'outil qui a rien justement à faire ou finalement l'investissement quand on a loupé l'intégration.
- Speaker #1
En fait effectivement le vrai sujet c'est que le premier coup a été dimensionné à l'échelle du produit et que du produit et pas avec le service d'intégration qu'il y a autour. Donc souvent, le premier budget est dilapidé avec le produit. Et nous, quand on arrive, forcément, on a peau de chagrin en termes de budget. Mais ce n'est pas grave. C'est-à-dire que nous, notre particularité à 2Gi, c'est qu'on est capable de s'investir à la réussite du projet, mais aussi pour créer un partenariat avec le client en plus long terme, si je peux dire ça comme ça. Et en fait, on se paye dans le partenariat, dans l'exercice des mises à jour, de la pérennité du système, etc. Et donc dans le temps, on s'y retrouve, si je peux dire ça comme ça, largement.
- Speaker #0
Dans vos élus d'efficacité, on adore les références pop. Donc Olivia, si tu devais dire que l'intégrateur est un super-héros, un film, une série, tu dirais quoi ?
- Speaker #2
Je dirais que ce serait l'inspecteur gadget, parce que ce n'est pas le héros qu'on attend. Il est décalé, il est simple, mais efficace, il arrive toujours à trouver les solutions. Et puis il n'y arrive pas tout seul, il a des gadgets. Et il y a toute une équipe derrière qui est là pour la réussite. Donc je trouve que ça nous représente bien.
- Speaker #0
Il y a une Sophie qui structure la créativité quelque part, je sens bien ça.
- Speaker #2
Il y a une Sophie qui canalise, oui, et qui fait en sorte surtout que les seuls problèmes que les collaborateurs aient, c'est des problèmes techniques, et qui fait en sorte que leur environnement soit agréable pour qu'ils pensent qu'à la technique.
- Speaker #0
Et au quotidien, est-ce qu'on n'aurait pas un petit côté Ironman qui fédère une équipe autour de lui ?
- Speaker #1
Alors effectivement, si on me pose directement la question, c'est clair que... C'est Ironman avec tout son écosystème, si je peux dire ça comme ça, qui a une connotation et qui me ressemble un peu dans l'innovation, l'esprit un peu décalé. Ça me ressemble tout à fait.
- Speaker #0
Très bien. Dans la suite de cet épisode, je vais vous proposer d'aller vous attaquer à des mythes que vous combattez au quotidien auprès de vos clients. Donc je vous proposerai certaines situations. Vous me direz si c'est des mythes complets, qu'il faut arrêter de penser ça tout de suite, ou si c'est malheureusement la réalité. Donc ça se passe dans Mythe ou Réalité. Pour la section mythes ou réalités, on est rejoint cette fois-ci par Nicolas Raflegeau, qui est chef de projet et donc en première ligne pour éteindre les incendies que d'autres avant vous ont allumés chez vos clients. Ma première proposition c'est, tout ce que j'ai à faire c'est de trouver le meilleur outil SCADA, la mise en place c'est du gâteau.
- Speaker #1
C'est complètement faux, donc un gros mythe.
- Speaker #0
Le deuxième mythe c'est, si mon SCADA est esthétique, c'est qu'il est efficace, mes équipes aimeront l'utiliser. Nicolas,
- Speaker #3
c'est un mythe. C'est un mythe parce que un SCADA... est fait pour être implanté dans des usines, dans des milieux où ce n'est pas forcément visible, où l'opérateur a besoin de son information très très rapidement, ce qui peut aller à l'encontre de l'esthétique qu'on peut retrouver dans d'autres logiciels informatiques.
- Speaker #1
On communique beaucoup avec les clients pour le faire revenir dans la réalité de l'ergonomie esthétique, etc., du terrain, et qui fait que, comme dit Nicolas, il y a des contraintes de luminosité, de portabilité, de taille d'écran, de... de touch ou pas touch, etc. Et là, c'est fondamental. Donc, on revient souvent sur la pertinence de l'IHM et non pas juste à l'aspect joli de l'IHM.
- Speaker #0
C'est des discussions qui sont difficiles avec les clients, ça ?
- Speaker #3
Avec les opérateurs, en général, c'est assez facile parce que c'est des gens qui ont besoin d'avancer, qui sont assez cash. Par contre, avec leurs équipes au-dessus, qui peuvent être décideurs, eux, si ça ne leur plaît pas, ils peuvent demander, ah oui, mais on aimerait bien un truc un peu plus rond, un peu plus carré. Alors que nous, il faut qu'on ressente les discussions sur le besoin de l'opérateur et pas de l'équipe IT qui est forcément au-dessus.
- Speaker #1
Dans notre proposition, on essaie de contenter tout le monde. Parce qu'effectivement, il peut y avoir des besoins sur une IHM, une application de beau, pour un aspect de présentation, de publication ou autre chose, et un aspect très fonctionnel pour les opérateurs. Donc ce qu'on fait aussi, c'est qu'on découpe l'application en deux et on propose une interface pour... Toute la communication et une interface dédiée à la production. On essaye de rallier les deux mondes, toujours avec du SCADA et de la data, mais pour essayer de contenter aussi tout le monde. C'est une des forces aussi de 2Gi, de s'adapter à tous les besoins du client.
- Speaker #0
Très bien. Mon troisième mythe, c'est une fois que j'ai mon SCADA, je suis tranquille.
- Speaker #3
Pour moi, c'est un mythe aussi. Parce que le SCADA, c'est un outil qui est indispensable dans une usine, mais c'est un outil aussi qui permet de stocker des données. Et avec ces données-là, des besoins naissent, ce qui fait que les SCADA évoluent en d'autres outils. Par exemple, vous pouvez attaquer la couche MES, la couche au-dessus qui va vous permettre d'administrer votre production. Tout ça à partir des données produites par le SCADA.
- Speaker #1
Dans SCADA, on met beaucoup de choses. Donc dire, c'est bon, j'ai un SCADA, donc ce sujet ne me concerne plus en tant que dirigeant d'usine par exemple. En fait, non, pas du tout. Le SCADA, comme dit très bien Nicolas, c'est le point d'entrée de la data. Mais si on veut le pérenniser, pérenniser la data, la faire évoluer, la sécuriser, la consolider, tout ce qu'on peut faire derrière, le SCADA est bien évidemment une pièce maîtresse, mais il y a toute sa continuité qui doit avoir du sens pour faire évoluer le client dans la maîtrise de sa data. C'est le point d'entrée à une vraie aventure dans la data.
- Speaker #0
C'est l'utilisation qui fait l'usage.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mon quatrième mythe, c'est que si j'ai un doute, au pire je choisis le devis le plus cher et ça sécurisera mon projet.
- Speaker #3
C'est un mythe aussi. Surtout pour les très longs projets, un devis cher, ça veut peut-être dire des contrats associés à des produits SCADA. Ça peut être des développements qui ne sont pas forcément attendus par le client, qui vont alourdir le système. Il y a toujours un juste milieu à respecter, d'autant plus si le client veut faire vivre son SCADA pendant des dizaines d'années. Ou si on choisit le produit le plus cher, le plus complet. Ça va nous servir car 20% de fonctionnalité pendant 10 ans, mais pendant 10 ans on va payer les contrats de maintenance, on va payer l'entretien de ce SCADA, ce qui fait qu'on aura répondu peut-être aux besoins fonctionnels, mais l'usine ne sera pas plus performante dans la mesure où elle aura perdu économiquement avec une solution qui est beaucoup trop chère par rapport à ses besoins.
- Speaker #1
Notre approche sur le « cher » sur le coût, pour moi quelque chose de cher, c'est quelque chose d'inadapté. C'est-à-dire que... C'est cher forcément si ça ne fait pas atteindre les objectifs de l'industriel. C'est cher si on ne peut pas le faire évoluer. C'est cher si le choix de l'infrastructure, etc. est inadapté. Ça, c'est cher. Par contre, nous, on fait un effort dans l'analyse du besoin client, dans l'architecture, etc. pour rendre le système à son juste prix. Et le juste prix, en fait, on ne parle pas de cher. On démontre que c'est le prix par rapport aux besoins du client, aux contraintes, etc. C'est le bon prix pour qu'il gagne ensuite sur tous les tableaux. Bien évidemment à la première installation, mais aussi dans le temps. La maintenance, comme disait Nicolas, la maîtrise de son évolution, etc. Et ça, on parle plus de cher, pas cher. On parle du bon prix, juste, dès le départ.
- Speaker #0
Très bien. Donc pour évaluer d'un devis, on va plus aller regarder la capacité d'évolution derrière que la société. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on se rend compte que souvent, il y a des installations qui ont été mal conçues dès le départ et qu'il faut mettre à la poubelle pour pouvoir en avoir une nouvelle qui sera, elle, pérennisable. Et ça, c'est du coup l'amortissement. On peut comprendre que le coût est meilleur. Par contre, des solutions... Qu'on installe et qu'on doit mettre à la poubelle au bout de trois ans parce qu'elles ne sont pas évolutives, ou elles auraient été mal conçues, ça, ça coûte cher.
- Speaker #0
Super, on y voit plus clair en tout cas sur ce qu'il faut penser et comment on envisage un projet logiciel en industrie. Dans la prochaine section, je vais vous proposer des situations qui arrivent, peut-être parfois un peu trop souvent justement dans l'intégration logicielle. Et pour chacune, vous allez me dire si c'est classe, il faut absolument faire ça tout le temps. Ou ça casse, malheureusement c'est carton bouche. Ça se passe dans le C-Class, ou ça casse. Première proposition, un éditeur qui s'occupe de l'intégration.
- Speaker #1
Ça casse. Ça casse grave.
- Speaker #0
Un éditeur qui vend le logiciel sans faire l'intégration et n'en dit pas un mot dans le devis.
- Speaker #3
Ça casse.
- Speaker #1
Ça casse. Mais bon. Ça, c'est limite de la responsabilité du client. Ce n'est pas forcément la faute de l'éditeur. Il faut aussi que le client ait la bonne perception de ce qu'il achète, comment il achète, avec qui il achète, etc. Le client doit aussi monter en compétence sur les réflexes. perfection, ce qu'il peut voir autour d'un salon comme celui-là par exemple, ce qu'il peut glaner sur internet, etc. Il doit avoir une culture avec du recul de savoir concrètement qu'est-ce qu'il achète. Et donc, si il y a un devis où il n'y a pas marqué l'intégration, etc., etc., les torts sont partagés.
- Speaker #0
Mais il y a des clients qui sont persuadés de pouvoir faire l'intégration tout seul.
- Speaker #1
Oui, mais c'est par manque de recul, je pense. C'est-à-dire que si vraiment... Il y a un recul en disant, bon voilà, vous me vendez ce logiciel-là, quel niveau de compétence il faut pour pouvoir le mettre en œuvre en toute autonomie ? Déjà, c'est aller voir ses équipes, ensuite de dire, voilà, on va acheter ce logiciel-là, est-ce que dans mes équipes, j'ai quelqu'un qui a cette compétence-là, celle-là, Ne serait-ce que ce recul-là, déjà, ça permet de dire, je ne sais pas le faire, revenir vers l'éditeur en disant, je n'ai pas les compétences en interne, comment je dois l'intégrer ? L'éditeur... Il doit là par contre rebondir sur le fait de dire qu'il y a des intégrateurs qualifiés, certifiés sur le produit, qui vont comprendre votre contexte et pouvoir l'intégrer de la bonne façon dans votre usine.
- Speaker #0
C'est deux métiers différents.
- Speaker #1
Et c'est ça qui est très important.
- Speaker #0
Très bien. Un logiciel qui fait tout, même le café si on demande gentiment.
- Speaker #3
Ça casse. Je n'y crois pas.
- Speaker #1
Alors là, effectivement, quand on voit des plaquettes ou quand on va sur des stands de logiciels, etc., le jeu du commercial, c'est forcément d'être captif, donc de proposer un maximum, même si certaines fonctionnalités sont un peu perfectibles, mais proposer un maximum parce que c'est le jeu du commerce, et donc il le fait volontiers et il le fait bien, généralement. Et donc, il ne faut pas tomber dans ce piège-là, mais pour pouvoir savoir si un produit... sait tout faire ou qui sait faire le mieux, etc. La meilleure façon, c'est de faire de la veille technologique. Donc, soit de la veille technologique en interne chez le client parce qu'il a la compétence et la possibilité de le faire, ou soit, pareil, s'appuyer sur l'intégrateur qui, lui, fait de la veille technologique pour pouvoir identifier les bons logiciels, pour les bonnes fonctionnalités, les bons besoins, etc. qui, lui, a forcément cette qualité-là de pouvoir dire ce logiciel est bien pour faire ça, mais pas pour ça. Il est complémentaire à celui-là qui fait bien ça et pas ça. Et ça, c'est aussi le métier d'intégrateur.
- Speaker #0
Très bien. Et bien du coup, à l'inverse, c'est un logiciel qui... Enfin, plein de logiciels d'ailleurs, qui ne font pas grand-chose, mais qui le font vraiment très très bien.
- Speaker #3
Ça casse en termes de budget. Parce que maintenir une multitude de logiciels peut coûter cher pour une usine, tandis qu'avoir un logiciel qui permet de centraliser tous les besoins, c'est quand même un peu plus raisonnable financièrement.
- Speaker #1
Il ne faut pas partir dans l'extrême. d'avoir 12 logiciels pour résoudre une problématique. Donc là aussi, c'est la veille techno qui permet de synthétiser le bon logiciel dans le bon contexte, qui permet de résoudre le maximum de fonctionnalités techniques et après rajouter éventuellement les quelques briques qui manquent pour compléter.
- Speaker #0
Passer des mois à décider du logiciel à prendre.
- Speaker #3
Ça peut être classe. Parce qu'en effet, certains clients ont des projets qui sont au long cours. Je parle de la dizaine d'années. Et éprouver les différentes solutions de marché avant de faire son choix, avant de lancer un appel d'offres, etc. peut être une bonne solution. Ça prouve que le client est investi et puis qu'il évalue ce que les intégrateurs peuvent mettre en place pour lui. Donc pour moi, ça passe.
- Speaker #1
Il vaut mieux prendre trop de temps. Que pas assez en fait. Mais là je rajouterais toujours s'appuyer sur un expert pour aller plus vite et être plus précis.
- Speaker #0
Donc à l'inverse, décider du logiciel sur un coup de tête ?
- Speaker #3
Ça casse.
- Speaker #1
Ouais là ça casse, bon, on sait pourquoi.
- Speaker #0
Très bien. Appelez un éditeur en lui disant il me faut absolument un SCADA.
- Speaker #3
Ça passe. Ça passe, j'aime bien. En fait, l'éditeur a la responsabilité un peu de guider ceux qui s'approvisionnent en logiciel vers des intégrateurs qualifiés. Donc, selon la présence de l'éditeur dans un milieu industriel donné, ça peut être tout à fait classe ou tout à fait l'inverse. Pour moi, ça passe. Mais ça dépend beaucoup trop de l'éditeur pour que ce soit classe.
- Speaker #1
Alors moi c'est un peu plus perfectible, c'est-à-dire que pour moi, le client doit identifier son problème et consulter vis-à-vis d'un problème et non pas d'une pré-solution. Parce que dire déjà, il me faut un SCADA, c'est peut-être pas un SCADA qu'il te faut pour résoudre tel problème. Donc revenir un peu en arrière, consulter des experts comme de G.I. et dire voilà, j'ai ce problème-là, dites-moi ce qu'il me faut. Et après, s'il faut un SCADA, c'est bien, il faut un SCADA, mais on se rend compte que des fois... Chez des clients, il y a des systèmes qui ne sont pas des systèmes dédiés à une fonctionnalité.
- Speaker #0
Un intégrateur qui fait une remise.
- Speaker #3
Un intégrateur, ça casse, mais un partenaire, ça passe. Parce qu'en tant qu'intégrateur, une fois qu'on entre dans une usine, on propose un produit qui marche bien. Donc l'usine veut d'autres produits et avec la bonne entente entre l'usine et l'intégrateur, enfin l'usine ou autre chose, on peut s'accorder des remises parce que l'intégrateur gagne du temps sur la communication avec les équipes de l'usine, etc. Donc ce qui fait qu'un partenariat commercial peut se nouer après une première itération avec un premier logiciel.
- Speaker #0
Très bien. Et une SN généraliste qui fait un projet dans l'industrie ?
- Speaker #1
Bref. Ça dépend du niveau d'exigence du projet techniquement parlant. Ils sont très forts commercialement, mais dans l'exécution on se rend compte que ce ne sont pas des experts puisque ce sont des généralistes et que ça manque d'expertise justement.
- Speaker #0
Et puis la dernière pour résumer un peu tout ça, prendre le temps de faire le point sur cette situation et se faire accompagner dans le choix de solutions en fonction des besoins et problématiques réelles.
- Speaker #3
C'est classe.
- Speaker #1
Oui c'est classe, mais en même temps c'est clairement dans cette position que nous on est. Et aujourd'hui, on a... Beaucoup de partenaires parce que nous clients, on est partenaire avec nos clients et donc on voit que cette cette couche de services d'expertise est très demandée et on est très content.
- Speaker #0
Merci pour ces réponses cash en tout cas on va adoucir un petit peu l'ambiance dans la prochaine section je vais vous proposer de replonger dans des expériences vécues et d'en tirer une leçon que nos spectateurs justement peuvent retenir sans avoir à être passé par l'expérience douloureuse que vous avez fait. Ça se passe dans la partie cheat code. J'aimerais que vous nous racontiez le jour où un éditeur vous appelle car l'intégrateur qui l'a choisi lui a simplement planté son projet.
- Speaker #1
Alors oui, on a pas mal d'expériences comme ça. Donc comment ça se passe ? C'est l'éditeur qui veut valoriser son produit parce qu'il ne veut pas que ce client-là dise à d'autres clients J'ai mis en œuvre telle marque de produit et donc ça ne marche pas ce produit émerdique. Et donc ils nous appellent un peu à la rescousse pour intervenir. Donc là pareil, on intervient en pompier, Nico intervient en pompier. Et là on fait le job et en fait on remet sur pied et on fait en sorte que les objectifs soient atteints.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on retient à ça ?
- Speaker #1
C'est le client, il faut qu'il prenne du recul, choisir le bon intégrateur, se faire aider. c'est des bonnes... Bonnes pratiques et bonnes façons de faire.
- Speaker #0
Nicolas, il y a aussi des enseignements qui s'apprennent beaucoup plus proche du terrain. Est-ce que tu veux me parler de la fois où vous aviez des données mouvantes encore jusqu'au tout démarrage de l'application ?
- Speaker #3
Oui, effectivement. Classiquement, un projet dans le domaine du SCADA, le client nous fournit des données d'entrée et nous, on développe la partie SCADA en fonction du cahier des charges et de ses données d'entrée. Si d'un point de vue projet et communication avec le client, on est un peu éparse dans la communication, on part dans un tunnel de développement de SCADA qui fait qu'on perd un peu le contact avec le client. On arrive pour le jour de la mise en service et on s'est rendu compte que les équipes qui gèrent par exemple l'automatisme ont complètement changé leur table de variables, ce qui fait que notre SCADA n'est plus aligné avec le terrain et l'usine. Donc c'est dans ces moments-là où on transpire un peu en tant qu'équipe, on arrive quand même à intégrer, mais on apprend quand même une grosse leçon qui est de vraiment garder la communication avec le client. en termes de strates administratives, projets et aussi équipes terrain, ceux qui sont en charge vraiment de la technique, de la data que nous allons consommer par l'intermédiaire de notre SCADA.
- Speaker #0
Donc on est vraiment sur éviter d'aller mettre un projet sur cloche comme on le voit quand même souvent. Exactement.
- Speaker #3
Il faut absolument éviter l'effet tunnel dans un projet, même si tout est bien présenté au départ, le cahier des charges il est au top, il faut toujours intégrer au cours du développement. Des points avec les opérateurs qui se serviront du logiciel et des points aussi avec les équipes projet pour voir si on reste bien aligné en termes de données. Parce qu'un SCADA qui marche bien dans une usine, ce n'est pas que l'intégrateur, c'est aussi les équipes de l'usine qui mettent en place tout ce qu'il faut pour que les données puissent remonter dans notre SCADA.
- Speaker #0
Très bien. Guillaume, au tout début de Géignes, tu gagnes un projet contre une entreprise beaucoup plus grosse que la tienne. qui est choisi par le client, malgré peut-être de petites inquiétudes. Comment ça se passe à ce moment-là ?
- Speaker #1
Effectivement, 2Gi a été bercé, si je peux dire ça comme ça, par un très gros projet dans la télégestion, dans le métier de l'eau. Et effectivement, au départ, on n'était que 2-3 personnes à 2Gi Technologies. Et on a réussi à gagner un projet pharaonique pour 2Gi à cette époque-là. Et d'ailleurs... Lors de la signature, le PDG de cette entreprise-là m'a dit « Je signe, mais donnez-moi un argument pour que je signe avec vous. » Et mon argument, ça a été « Si vous voulez que ça marche, prenez-moi un nom. »
- Speaker #0
Il faut croire à son truc pour l'assumer. Ça marche derrière.
- Speaker #1
Et l'expérience, elle a été extraordinaire. Tous les objectifs sont atteints. Et ce client-là est encore un partenaire de G.I. exceptionnel.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu retiens de ça ?
- Speaker #1
Il faut croire aux atouts qu'on a, il faut croire en nos collaborateurs, il ne faut pas rester enfermé dans un carré de compétences, mais toujours faire de la veille techno, être présent au bon moment, bien évidemment saisir les opportunités, mais être droit dans ses baskets et s'engager auprès de clients.
- Speaker #0
Bon, ça va être moins cool pour la suite. On va te placer sur le siège le plus inconfortable de l'émission. Ça se passe dans le grill. Alors dans le grill, je te pose des questions qui sont volontairement inconfortables. Si jamais tu as le droit à un joker, mais pas plus. Ah bon ?
- Speaker #1
Non, pas de joker.
- Speaker #0
Tu réponds à tout ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ça marche. La solution n'est pas le logiciel. C'est pas un peu un argument d'intégrateur pour vendre ça ?
- Speaker #1
Oui, mais bon, il faut savoir se démarquer et assumer la position dans laquelle on veut être. Et clairement... Ça le fait.
- Speaker #0
C'est quoi un bon logiciel ?
- Speaker #1
Un bon logiciel pour moi c'est un logiciel adapté à la fonctionnalité pour le client. C'est le meilleur logiciel.
- Speaker #0
Donc un classement top 10 des meilleurs logiciels qui font ceci, cela, tu n'y crois pas toi ?
- Speaker #1
Non, je ne pense pas. Pour moi un logiciel peut être très bon dans un contexte, chez un client, dans une usine, dans un process, et pas bon du tout dans un autre contexte. Il n'y a pas de vérité, classement, podium ou autre chose.
- Speaker #0
Est-ce que tu as déjà été obligé d'admettre que tu t'étais planté ?
- Speaker #1
Bien sûr, tant mieux. J'adore me planter. Pourquoi ? Parce que ça veut dire déjà que j'ai essayé et ça veut dire que j'ai appris quelque chose. Donc me planter, j'adore.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Au vu que je me plante plein de fois encore.
- Speaker #0
C'est quoi le mot qui est rabâché tout le temps en ce moment et que tu ne peux plus entendre ?
- Speaker #1
On a toujours fait comme ça. C'est terrible.
- Speaker #0
Un bon discours d'industrie. Tu réponds quoi au client qui veut vibe-coder son SCADA ?
- Speaker #1
Il n'y a pas de sujet, c'est énorme.
- Speaker #0
Ok, effectivement, tu étais plutôt à l'aise sur les questions. On va aller vers presque notre dernière section, qui est retour vers le futur. Dans Retour vers le futur, j'essaye de voir quelles sont les tendances que vous percevez pour votre métier, globalement le futur de l'industrie, du logiciel dans l'industrie. Et la première question que je voulais vous poser, c'est quelles sont les tendances ? Que vous percevez dans l'intégration logicielle ?
- Speaker #1
Alors en fait, la tendance elle est plus sur la data, c'est-à-dire que les logiciels vont suivre les besoins clients et aujourd'hui les besoins clients c'est la data en général. Ce qui va évoluer fortement demain, c'est les besoins, l'exigence qu'il y a autour de la data et donc les logiciels vont s'adapter à ça et dans la data aujourd'hui, bien évidemment, on parle beaucoup de IA et donc il y a un vrai sujet dans l'industrie. Il faudrait 2-3 heures pour en parler, mais l'évolution n'est plus aujourd'hui dans le SCADA, MES, IOT, etc. C'est plutôt du standard et de la mise en œuvre relativement simple pour nous, mais elle est plus dans la consolidation, la valorisation de la donnée, la mise à disposition et demain tout ce qui est prédictif bien évidemment et IA.
- Speaker #0
Nicolas, tu avais quelque chose à ajouter ?
- Speaker #3
Oui, il y a aussi une autre tendance qui est un peu plus industrielle qu'on détecte nous de notre côté, c'est le mélange entre l'OT et l'IT. C'est-à-dire que les équipes de production dans l'usine et les équipes d'information et télécommunication dans les usines ont tendance à se mélanger dans la mesure où on commence à déployer des outils qui servent à la fois aux équipes de production et à la fois aux équipes IT. Donc ça aussi c'est une tendance où on est obligé de faire converger des standards côté SCADA mais aussi des standards web. Ce qui fait qu'on se retrouve à développer des logiciels qui peuvent parler à plusieurs types de clients.
- Speaker #0
La multiplication massive des solutions en ce moment, c'est un truc où je vois globalement que les industriels sont complètement perdus quand il s'agit de choisir une solution. C'est une bonne ou une mauvaise chose ?
- Speaker #3
Moi, je dirais que c'est une bonne chose parce que ça permet l'innovation. Mais ça rajoute de la charge côté client où il doit intensifier sa vieille technologique, faire référence à des clients par exemple déjà passés pour un intégrateur. Pour moi, pour l'innovation, c'est une bonne chose. Mais d'un point de vue industriel, ça se complexifie.
- Speaker #0
Vous, en tant qu'intégrateur, vous êtes en veille permanente sur tout ce qui sort ?
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #0
Pour conseiller au mieux ?
- Speaker #1
Alors oui, effectivement, on est en veille permanente sur un maximum de sujets. On essaye de comprendre comment l'industrie va évoluer. dans notre métier bien évidemment, pour pouvoir ensuite faire de la veille sur les produits, que ce soit hardware, spotware. Parce qu'un produit qui est superbe et qui n'est pas adapté à un besoin, il est juste super. Par contre, de connaître, d'être avant-gardiste sur un besoin dans un an, deux ans, trois ans, autour de la data, et identifier un produit qui va répondre à ce besoin dans un an, deux ans, trois ans, ça c'est la bonne... La bonne façon de faire la veille technologique, c'est comme ça qu'on la fait à deux jours.
- Speaker #0
Et à propos des changements technologiques, tu as commencé à en parler, mais justement la montée en puissance de l'intelligence artificielle, comment vous vous positionnez par rapport à ça ? Est-ce que vous voyez que parfois ça peut jouer contre l'intégration logicielle ?
- Speaker #1
Le vrai problème, enfin le problème si je peux dire ça comme si c'était un problème, la première perception qu'on a de l'intelligence artificielle aujourd'hui, elle est liée à ce qu'on vit au quotidien, chacun dans son côté, le soir dans notre salon où on parle à Tchad, JPT, à Gemini, etc. Sauf qu'on oublie qu'en milieu industriel, tout est différent. Les besoins sont différents, la culture est différente, les compétences sont différentes, les objectifs sont différents. Donc, faire le parallèle direct entre l'IA qu'on a dans notre quotidien et l'industrie, pour moi, c'est la première grosse erreur à ne pas faire. Par contre, l'IA dans l'industrie, oui, mais avec une vraie compréhension de l'industrie et un vrai objectif de résoudre des problématiques industrielles.
- Speaker #3
Donc oui, je partage ceci parce que quand on met en place des SCADA, le noyau du SCADA, c'est la donnée. Et cette donnée-là est essentielle, c'est le principal carburant de tout ce qui peut être IA, que ce soit LLM, reconnaissance d'image, etc. Et donc on est au cœur de ces réflexions et il faut recadrer, guider les clients sur ce qu'on peut faire ou pas avec leurs données et l'IA.
- Speaker #0
Je suppose qu'il doit y avoir beaucoup d'industriels qui, soit veulent en mettre partout, mais sans avoir ce qu'ils veulent faire, soit disent « j'en ai pas besoin » parce qu'effectivement, ils se projettent sur ChatGPT qui va leur donner des recettes de cuisine le soir. Exactement,
- Speaker #1
c'est le même sujet qu'on évoquait tout à l'heure. Il faut s'approprier l'IA, il faut comprendre, il faut comprendre pour quels besoins et quels enjeux, et savoir après bien l'intégrer, bien évidemment. Mais là aussi, on fait beaucoup de veille de notre côté, et on est prêts déjà aujourd'hui à faire de l'IA en milieu industriel.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup pour toutes ces visions sur le futur de votre métier. Il est temps de conclure. On va te libérer, Nicolas. On va faire revenir Olivia pour les questions signatures de l'émission. Olivia, ce serait quoi ta première mesure si tu étais ministre de l'Industrie ?
- Speaker #1
Les ministères aiment bien les chocs et je trouve qu'il serait bien qu'il y ait un choc de différenciation. On voit souvent entre les petites entreprises et les grosses, on a les mêmes normes, on a la même paperasse qui sont faites pour et par des grands groupes. Je trouve que ça a tait un peu l'innovation et toute l'essence qui vient du terrain à cause de toutes ces normes et de cette bureaucratie.
- Speaker #0
Ce serait quoi le conseil que tu donnerais à Guillaume qui va rentrer dans la vie active, avec le recul que tu as maintenant ?
- Speaker #2
Fuis !
- Speaker #0
Non, zut !
- Speaker #2
Non, non, on ne fait pas un métier facile, bien évidemment, c'est un métier de passion, c'est un métier de cœur, il faut être investi, c'est la technologie, c'est la technique, c'est l'innovation, c'est l'industrie, c'est que des contraintes tout ça en fait, donc il faut être animé, il faut que ça plaise. Je dois un métier de passion et donc je dirais, t'es sûr que t'es passionné quand même ? Voilà.
- Speaker #1
Et la réponse maintenant ?
- Speaker #2
Au moins, avec ma fougue de la jeunesse, j'aurais dit, mais bien sûr, qu'est-ce que tu dis ?
- Speaker #1
Super. Et toi, Olivia ? Moi, peut-être, fais-toi confiance. Parce que c'est le travail, c'est la persévérance et encore une fois, la connaissance du terrain qui t'apportera toutes les réponses. Écoute-toi.
- Speaker #0
Et c'est quoi pour toi, oser l'efficacité ?
- Speaker #1
Oser l'efficacité, c'est quand on connaît son objectif et qu'on sait où on veut aller. On ne cherche pas, on va droit au but.
- Speaker #0
Pour toi ?
- Speaker #2
Alors moi, oser l'efficacité, c'est oser travailler avec des experts de la taille d'entreprise comme 2Gi parce que c'est un choix de taille. Donc remettre dans l'écosystème de l'ingénierie, de l'expertise, de l'industrie, etc. Ça nous réussit, ça réussit à l'industrie et c'est un gage de qualité.
- Speaker #0
Du coup, vous étiez les invités idéals pour cette émission finalement ?
- Speaker #2
J'espère, c'est à toi de le dire.
- Speaker #0
Merci à vous. Comment est-ce qu'on vous contacte ? Comment est-ce qu'on vous suit ? Comment est-ce qu'on travaille avec vous ?
- Speaker #2
On vient de boire un coup à Marseille avec moi et puis on se tape dans la main, on parle de l'industrie ou de ce qu'on veut et c'est les meilleurs contacts et les meilleurs projets et partenariats ensuite.
- Speaker #0
Alors, pour prendre un rendez-vous, pour boire un verre, du coup ?
- Speaker #1
Si vous voulez, le pire, il reste notre site Internet, bien sûr. Oui,
- Speaker #2
alors, on nous retrouve sur LinkedIn, on nous retrouve sur le site Internet, etc. On est complètement transparents et accessibles.
- Speaker #0
S'il y avait une chose à retenir de cet épisode ?
- Speaker #2
Si vous voulez que ça marche, appelez 2Gi.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup. Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo. En attendant, n'oubliez pas de vous abonner pour ne surtout pas la rater. Et d'ici là, n'oubliez pas d'oser l'efficacité.