- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiébaut, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Nouvelle semaine, nouvelle thématique. Chaque jour, du lundi au vendredi, on décortique un sujet en profondeur avec des doses courtes et actionnables de moins de 15 minutes. Bonne semaine et bonne écoute !
- Speaker #1
Une personne qui part à la retraite, c'est une bibliothèque qui brûle. Ces quelques mots échangés au SEPEM avec Mathieu Poissard m'ont donné envie de lui tendre le micro, doser l'efficacité. Parce que soigner ses départs, c'est essentiel en entreprise, particulièrement chez les PME. Heureusement, il existe des solutions, et Shiroo est l'une d'entre elles. Mais le mieux, c'est que je laisse la parole à Mathieu pour la suite. Mathieu, bienvenue, est-ce que tu vas bien ?
- Speaker #2
Je vais très bien, je te remercie Je profite pour te présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2025 Peut-être pour les auditeurs qui nous écouteront dans le futur pour resituer ça dans le temps Très ravi d'être ici avec toi aujourd'hui
- Speaker #1
Merci pour tes voeux, je te souhaite également une excellente année Je suis ravie de te recevoir sur le podcast Pour commencer, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi ?
- Speaker #2
Oui, avec mon plaisir Alors déjà, juste... Pour rendre à César ce qui est à César, cette citation par laquelle tu as introduit cet épisode, elle n'est pas de moi, elle provient d'un de nos clients, de nos utilisateurs sur Shiroo, qui nous a fait ce retour et effectivement c'est une petite punchline qui nous plaît beaucoup. Mais pour revenir à moi, je suis Mathieu Poissard comme tu l'as dit. J'ai rejoint Araïko, une société spécialisée en intelligence artificielle, en septembre 2024. Et concrètement, dans cette société, je m'occupe du lancement et de la commercialisation de Shiroo. qui est le premier produit édité et estampillé Araïko. C'est donc une application de gestion des connaissances boostée et basée sur des technologies IA. On aura l'occasion de revenir là-dessus. Mais avant ça, j'ai occupé des postes de direction marketing dans des sociétés plutôt tech, que ce soit dans l'IA, où j'avais déjà travaillé pendant plus de cinq ans dans une autre entreprise, ou des outils liés aux développeurs logiciels, ce qu'on appelle des dev tools. J'ai plutôt un background marketing tech.
- Speaker #1
Super. Dans tout ça, comment est né Shiroo ?
- Speaker #2
Shiroo, en fait, c'est une solution qui est née dans le constat. Il faut savoir qu'Araïko accompagne depuis plus de 4 ans des PME et des ETI industrielles, notamment sur des diagnostics d'Ataïa. Et donc, ces PME et ETI constituent le vrai maillage économique industriel de notre pays. Et au travers de ces accompagnements... on a pu identifier une problématique transverse et stratégique retrouvée dans la plupart de ces entreprises qui touche la gestion des connaissances dans les entreprises industrielles. Et quand on va un peu plus loin avec la gestion, c'est la transmission des expertises et des savoir-faire. Concrètement, chaque société industrielle va disposer d'un savoir-faire et d'une expertise spécifique voire unique sur lesquelles il est vraiment primordial et stratégique de pouvoir capitaliser. Et du coup, c'est face à ce constat qu'on s'est dit on a une problématique qu'est-ce qu'on pourrait amener comme solution ? Et donc, on a vraiment essayé d'imaginer une solution qui soit la plus intuitive dans son utilisation, rester au plus proche de l'humain, que ce soit le plus naturel possible. Et donc, on a pris en compte tout cela lors de la conception et du développement de Shiroo.
- Speaker #1
Et c'est une nouveauté, cette criticité de la conservation des connaissances ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si c'est totalement nouveau. Je pense que c'est quand même une problématique qui est là depuis un petit moment. Mais on va dire qu'elle est devenue particulièrement critique sur ces dernières années, puisqu'en fait on est face à un enjeu majeur qui est la transition générationnelle. On ne va pas refaire un cours d'histoire, mais concrètement la génération des boomers arrive en fin de carrière, malgré le fait qu'on ait repoussé l'âge de départ à la retraite. Mais donc on a à peu près, selon différentes études, 30% des experts actuels qui seront partis à la retraite d'ici 2030. Donc on pourrait se dire... 30%, ça aurait pu être pire, c'est pas si grave que ça, parce qu'il reste quand même 70% des experts dans l'entreprise à l'horizon 2030. Mais en fait, quand on croise ce pourcentage avec une autre donnée, on se rend compte que c'est une vraie problématique. Globalement, on a à peu près 80% des savoir-faire et des expertises des entreprises qui restent tacites. C'est-à-dire qu'en fait, ces expertises-là vont rester dans la tête de quelques experts et ils n'ont pas su ou ils n'ont pas pu les expliciter, et donc on ne pourra pas les transmettre facilement. Donc quand on croise... Ces deux données, ces deux informations, on peut se dire qu'à horizon 2030, si rien n'est fait, les entreprises industrielles perdront en moyenne 25% de leur savoir-faire et de leur expertise. Et là, on peut commencer à se dire que ça pique.
- Speaker #1
Oui, c'est énorme, effectivement. C'est quoi les plus grands défis sur la conservation de ce savoir-faire ?
- Speaker #2
Les plus grands défis, il y en a deux. D'une part, c'est réussir à expliciter une expertise. Souvent, on va, de manière un peu mécanique ou un peu automatique, réaliser des tâches, faire appel à des expériences passées, à des savoirs qu'on a, et on va réaliser une tâche. Et quand on nous demande concrètement comment faire, c'est là que c'est un petit peu plus compliqué, il faut vraiment réussir à poser... Les choses noir sur blanc, créer des processus. Et c'est en général loin d'être la tasse de thé des experts métiers. Ce n'est pas quelque chose qu'ils aiment particulièrement faire. Et quand bien même on va réussir à créer ces connaissances-là, à les expliciter, reste la question de l'accessibilité. Créer des connaissances, c'est bien. Si elles ne sont pas accessibles, concrètement, elles ne servent pas à grand-chose.
- Speaker #1
Si on ne fait pas cet effort au départ, de la fois d'acquérir et de rendre accessible la connaissance, à quoi on s'expose ?
- Speaker #2
Pas mal de choses. Donc, concrètement, si on a une mauvaise gestion de ses connaissances, ça va avoir des impacts sur deux dimensions principalement, selon moi. Donc, une dimension humaine et une dimension économique. Au niveau humain, en fait, on va avoir énormément de frustrations. Des experts, en fait, qui vont avoir à se répéter sans cesse, qui vont un peu perdre du sens aussi dans leur travail. C'est-à-dire qu'en fait, voilà, ils vont tout le temps répéter les mêmes choses. Ils ne vont pas avoir vraiment d'avancées concrètes. Et de l'autre côté, on va avoir les... les collaborateurs un peu plus novices qui vont se sentir un petit peu infantilisés, bloqués et également frustrés du coup, puisqu'ils ne pourront pas réaliser les tâches qui sont dans leur giron facilement et de manière autonome. Il y a un vrai gap en fait générationnel entre les seniors et les juniors actuellement qui ne se comprennent pas toujours et il est important de venir le combler pour assurer une bonne transmission. Et au niveau plus économique, concrètement, si on perd de l'expertise, il y a des choses qu'on ne saura plus faire. Donc, je... on va perdre des parts de marché, des opportunités business, puisque si on ne sait plus faire quelque chose, la concurrence sera ravie de le faire à notre place et de grappiller des parts de marché. À côté de ça, c'est plutôt sur les opérations où on va pouvoir aussi perdre de l'argent, on va perdre en productivité. Voilà, la planification sera plus compliquée, l'ordonnancement aussi, les opérations de maintenance pourraient aussi prendre beaucoup plus de temps. Et donc, on sait qu'une chaîne de production à l'arrêt, c'est des euros qui s'envolent.
- Speaker #1
Ok, très clair. Traditionnellement, aujourd'hui, comment on fait en entreprise pour gérer sa base de connaissances ?
- Speaker #2
Déjà, c'est bien quand on la gère. Il y a beaucoup d'entreprises qui ne la gèrent pas du tout, et donc c'est très freestyle. Mais globalement, quand on a des entreprises qui se posent vraiment sur la question et qui essaient de mettre des choses en place, on va avoir deux grandes approches. On a tout ce qui va être apprentissage ou mentorat. Et donc là, on va avoir des connaissances qui sont transmises de manière assez naturelle et humaine. principalement à l'oral. Le problème c'est que le cerveau humain il a ses propres limites, il n'est pas fait pour tout retenir d'un coup en one shot et il y a des études qui démontrent qu'en moyenne on va retenir à peu près 10% des nouvelles informations qui nous sont transmises par jour ce qui laisse entendre qu'il faudra donc de nombreuses répétitions, de nombreux points de contact pour vraiment faire passer une expertise d'un senior à un junior. Il y a aussi d'autres dynamiques, d'autres phénomènes qui sont à l'œuvre actuellement, avec des temps de concentration et d'attention qui sont en chute, notamment avec l'utilisation de certaines applications. On est face à des problématiques concrètes. Et la seconde façon de faire ça, ça va être par de la documentation. Donc comme je disais, c'est réussir à expliciter des expertises métiers sur des documents. Alors déjà, si on passe du papier au numérique, c'est pas mal. Ça permet de centraliser et de rendre tout ça un peu plus accessible et pérenne dans le temps. Mais la finalité, ce n'est pas de créer un document, c'est qu'il puisse être consommé et que l'information présente dans ce document puisse être trouvée et être appropriée par tous les collaborateurs. Le problème, c'est que dans les milieux industriels, on a souvent besoin de l'information quand on est sur site, que ce soit dans un atelier ou lors d'une intervention. Et le problème, c'est qu'on n'a pas souvent son PC avec soi. Donc, il est difficile d'accéder aux bonnes informations dont on a besoin à l'instant T.
- Speaker #1
Merci pour cette mise en contexte. Demain, on va plonger dans le concret et on va s'interroger sur comment on met en place une base de connaissances efficace.