- Speaker #0
Le coût de l'énergie n'est pas une fatalité. Pourtant, parmi les industriels, et en particulier chez les plus petites structures, c'est encore loin d'être une évidence. Acheter son gaz, acheter son électricité, c'est devenu une décision stratégique où la géopolitique a énormément d'impact. Et pourtant, chaque année, des dirigeants industriels continuent de renouveler leurs contrats comme on achète des stylos. Résultat, c'est des centaines de milliers d'euros qui restent sur la table, dans la poche de vos fournisseurs, alors qu'ils pourraient financer vos projets. Mon invité du jour passe ses journées à récupérer cet argent. Benoît Guiot, bonjour et bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Je suis ravie de te recevoir. Pour commencer cette émission, on va s'attaquer à qui tu es, d'où tu viens. Et ça se passe dans I Need a Hero. Pour commencer cette section d'ailleurs, je vais te demander si ton rapport à l'industrie, c'est plutôt un super pouvoir inné ou acquis ?
- Speaker #1
Moitié, moitié. J'ai eu un papa qui a travaillé dans les bureaux d'études pour faire des bancs d'essais dans l'aéronautique. Un peu la conception. Donc effectivement, il y a une petite partie d'inné et de transmis. Et il y a une partie d'acquis, puisque j'ai eu à piloter des contrats nationaux pour la métrologie pour certaines usines. Et j'avoue que quand on visite les usines Dassault, il y a un effet waouh qui est absolument génial. On apprend aussi à aimer l'industrie, parce que certains produits sont aussi des fleurons, sont des bijoux. Et particulièrement, ce que j'ai vu dans ces usines, c'est l'alliance de la très, très haute technologie et du savoir-faire manuel quasiment ancestral. Donc, au-delà du produit, il y a aussi la communauté humaine de production qui va avec. C'est une réalité. Donc, voilà, 50-50-50. J'ai même envie de dire, c'est aussi quelque chose qui se retransmet encore à la génération suivante, parce que ma fille est fan de l'émission Les Meilleurs Forgerons. Et donc, à 10 ans. petit stage avec un ami métallier et donc du coup il y a déjà eu l'apprentissage de l'amour du produit, de sa transformation donc ça se transmet 50% inné, 50% acquis
- Speaker #0
Le premier amour de l'industrie c'est quand même pas ton père parce que tu as utilisé le mot apprendre à l'aimer, c'est quand même l'amour il est venu plus tard Oui,
- Speaker #1
la révélation au final, les bases étaient là mais comme il a changé de carrière on dirait être à nouveau confronté à ce monde là et puis de la plus belle des manières parce que quand on entend vraiment les... Les gros moteurs décollés et la manière dont ces bijoux sont construits, ça confronte en fait à quelque chose de magique.
- Speaker #0
Toi, ta formation, c'est l'intelligence économique au départ, le lobbying. Maintenant, tu vas aider les industriels à récupérer l'argent de leurs contrats énergétiques. Comment on passe de l'un à l'autre ?
- Speaker #1
Il n'y a pas vraiment de passerelle innée, déjà. Mais surtout, c'est une même logique, puisque moi, je passais par la géopolitique, lobbying, intelligence économique, notamment avec l'école de guerre économique. où on apprend à voir les lectures de confrontation, de tension, d'asymétrie d'informations, de concurrence forte et un peu sans limite, un petit peu dans le couvert. Et le lien entre énergie et industrie est au cœur de l'ensemble des logiques de guerre économique, que ce soit entre entreprises, mais également entre États. Et donc, quelque part, travailler dans le lien. une meilleure compétitivité des approvisionnements énergétiques pour l'industrie, c'est aussi travailler dans les fondamentaux, dans les sous-jacents de ce que peut faire de la souveraineté, de ce que peut faire des éléments de continuité de notre modèle social français, parce que sans redéveloppement de l'industrie, il y aura un problème de ce côté-là. Donc c'est appliquer des techniques ou des grilles de lecture que j'ai appris, y appliquer sur certains domaines. dans le lien de la compréhension des marchés de l'énergie et du conseil aux industriels sur la sécurisation de ce poste budgétaire qui est quand même très important. Et encore une fois, les marchés de l'énergie, il y a un nombre de sous-jacents qui est impressionnant. Une maintenance industrielle qu'il faut détecter comme un signal faible en Norvège peut impacter le marché. Les tensions géopolitiques des Détroit d'Ormuz, c'est l'actualité, bien sûr, mais 10 000 informations. bas niveau, qui, mises en relation, font une lecture du marché, font une prévisibilité, personne n'a de boule de cristal, bien sûr, qui participent à sécuriser les décisions au maximum du long terme, c'est-à-dire dont ont besoin les investisseurs industriels, c'est-à-dire de la lisibilité, de la stabilité dans leurs décisions.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu travailles chez Premium Energy, qui est un courtier en énergie. Est-ce que tu t'es rendu compte, avant de l'état du marché de l'énergie et tu t'es dit il faut que je fasse quelque chose, que je trouve un emploi dans la branche ou est-ce que c'est quelque chose que tu as redécouvert ? par ton nouvel emploi ?
- Speaker #1
Alors précédemment, il y a toujours un précédemment, précédemment j'avais déjà touché le marché de l'énergie, notamment avec de l'énergie plutôt rurale, l'énergie propane, dans lequel j'avais travaillé justement sur le lien avec la compétitivité des territoires. Casser un peu le décrochage des territoires ruraux par rapport aux territoires urbains. Cette sensibilité du marché de l'énergie, je l'avais même avant d'intégrer le monde du courtage. Chez Premium justement, j'ai pu apporter à la fois l'énergie propane comme dans le scope de ce que l'on peut faire. donc les territoires, mais également développer la même logique d'analyse des marchés et de lien entre des grandes données, parfois un peu macroéconomiques ou géopolitiques, qui peuvent nous dépasser, et libérer cette charge de décision des acheteurs industriels en faisant l'interface de sécurisation des décisions. Donc c'est la même chose et je suis venu à l'énergie comme ça.
- Speaker #0
Pour en y voir plus clair, est-ce que tu pourrais m'expliquer le courtage comme un enfant de 10 ans ?
- Speaker #1
Alors le courtage, on pense que c'est un métier très financiarisé, très récent, mais pas du tout. C'est un métier moyenâgeux à la base. Vous aviez à l'époque les riches acheteurs qui voulaient certains produits. Et il y avait les courteurs qui étaient les gens qui couraient sur les marchés pour passer d'un stand à l'autre, comparer les prix et négocier pour ces riches acheteurs. Donc voilà, on court entre les différentes offres. Et on conseille sur la qualité des produits. Un électron, c'est le même électron en l'occurrence, mais on conseille sur les stratégies d'achat, un peu comme à l'époque. Alors, on ne court plus. Maintenant, les mails existent, heureusement. Mais le principe du marché, grosso modo, est resté le même depuis le Moyen Âge.
- Speaker #0
Si je prends le métier de personnel shopper, c'est un cousin dérivé du courtage. C'est ce métier de base qui est parti dans deux sens complètement différents ?
- Speaker #1
Je t'embête un peu, désolé. Dans le personnel shopper, il y a quand même une question aussi d'adaptation, de la projection d'image par les vêtements. On peut avoir à peu près la même logique avec des clients qui peuvent nous demander soit de l'énergie verte, soit des garanties d'origine, soit nous accompagner, les faire accompagner aussi dans certains éléments de transition écologique. Mais oui, de sobriété. Mais on va s'arrêter là, on ne va pas acheter des chapeaux.
- Speaker #0
C'est pour ça que j'avais dit lointain cousin. Mais si tu veux absolument trouver plus de liens, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
On peut toujours en trouver.
- Speaker #0
Si je te demandais de te présenter sans utiliser les mots stratégie, industrie et énergie, tu dirais quoi ?
- Speaker #1
Je dirais que je fais quand même un métier qui est quand même très particulier. Quand un industriel nous confie la renégociation de ses contrats énergétiques, au final, il nous confie la responsabilité de la sauvegarde d'une grande partie de sa rentabilité pour les années futures. C'est-à-dire que si une décision est mal prise, ça peut vraiment plomber ou, une bonne décision, aider la rentabilité. Donc, c'est un marché dans lequel la définition est surtout au niveau... de l'expertise et de la confiance. Il y a quand même un esprit de responsabilité, un esprit d'aide à la décision qu'il ne faut pas sous-estimer. On n'est pas du tout dans uniquement la comparaison de factures simple. Aujourd'hui, le vrai métier de courtier, c'est beaucoup d'analyse, beaucoup d'expertise en amont, un travail qui n'est pas vraiment valorisé dans le grand public. Il ne faut pas vouloir aimer être dans la lumière, comme aujourd'hui. pouvoir justement être le conseiller de l'ombre, mais qui ne doit impérativement pas prendre de mauvaises décisions, ou conseiller de mauvaises décisions, c'est le client qui est maître de son destin, quoi qu'il arrive. Donc la définition, ce serait plutôt ça, un gros esprit de responsabilité, et savoir laisser la place aux vrais héros, qui sont les dirigeants d'industrie.
- Speaker #0
Pour conclure cette section, je vais te demander, parce que dans Oser l'efficacité, j'aime beaucoup les références pop, Si tu étais un super héros ou un film, une série, tu peux choisir ce que tu veux, tu serais quoi ?
- Speaker #1
Jarvis. Jarvis, c'est l'IA qui assiste Tony Stark dans tout. C'est un héros méconnu, quelque part, qui prend en compte tout un tas d'informations, qui analyse, qui croise, qui met tous les signaux faibles qui existent dans un outil de décision et qui fait des préconisations de la meilleure réaction possible avant l'impact. d'Iron Man. Ce qui est très intéressant dans le parallèle, c'est que c'est Tony Stark qui continue à prendre la décision. Parfois, il peut se passer de la préconisation de Jarvis, mais sans Jarvis, il ne pourrait pas avoir la liberté d'être qu'il est.
- Speaker #0
J'ai eu un Tony Stark dans un épisode précédent. Il va peut-être falloir que je vous mette en relation.
- Speaker #1
C'est pas mal, parce que la réponse instinctive aurait pu être de dire Iron Man, mais le vrai héros, c'est Tony Stark. C'est l'humain qui est dans l'armée.
- Speaker #0
Dans la prochaine section. Je vais te demander des histoires que tu as vécues. L'idée pour nos auditeurs, c'est de repartir avec la leçon que tu as apprise en chemin. sans avoir à vivre l'histoire, donc de vraiment leur faire gagner un peu de temps.
- Speaker #1
Donc le bénéfice sans la souffrance.
- Speaker #0
Exactement, c'est ça. C'est exactement la définition de la partie cheat code. Tu m'as parlé d'un de tes clients qui signent un contrat d'énergie sur un an, en espérant un mieux. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors déjà, on avait beaucoup travaillé en amont, parce que le client avait une situation de base qui n'était pas simple, il y avait des modifications de consommation, des modifications de process. Bref, on n'avait pas d'état des lieux stable. Donc on avait beaucoup travaillé pour sécuriser la situation. On a fait un entretien avec le client qui a duré plus d'une heure et demie. Il posait beaucoup de questions très pertinentes. Il posait des questions qui étaient véritablement axées compréhension et chemin vers la décision. Il prenait des notes. Donc là, c'est un peu la checklist de tout ce qui va bien. Et à la fin, il nous annonce que ce qui lui pose problème, c'est qu'il aimerait bien que EDF lui refasse les mêmes offres. que ce qu'il avait avant. Donc on dit qu'il était resté coincé en 2006, le marché n'est plus le même, ce qui fait qu'il a préféré reprendre une décision à court terme avec un autre acteur. Et comme les prix ont monté significativement sur la période après, il s'est rendu compte que ce n'était pas forcément la meilleure décision. Et c'est une personne qui a pris le pas de reprendre les notes, d'essayer de comprendre ce qui avait fauté dans la décision. Il nous avait recontactés, il en a recontacté d'autres également, mais on a pu sécuriser au mieux la suite. Mais l'impact a quand même été là et sur plusieurs années. Donc ce qu'on perçoit comme leçon, c'est que parfois les croyances émotionnelles, ça impacte aussi. On a beau être le plus technique, le plus rationnel, on n'emporte pas toujours. la décision, ou tout moins l'adhésion du processus de décision de la personne qu'on a en face. Et dans les émotions, il y a aussi la question de réassurance. Je ne dis pas que c'était le mieux avant, mais la décision était beaucoup plus simple avant, quand le marché n'était pas libéralisé, et moins d'opportunités, moins de risques. C'était un autre monde. Et suivant les générations, il peut y avoir ce phénomène de perturbation de la décision rationnelle par cette évolution-là, mais je pense que nous y arriverons aussi.
- Speaker #0
Prendre une décision court-termiste dans le domaine de l'énergie, c'est jamais une bonne idée ?
- Speaker #1
Ça peut être des bonnes idées. Tout dépend de l'état du marché, des anticipations qu'on a. Quand on est sur un marché durablement baissier, comme ça a été le cas notamment en 2023, prendre des décisions de court terme, c'est refuser d'avoir un engagement plus cher que ce qu'on estime que le marché sera plus tard. Donc, c'est assurer l'accessibilité de l'énergie aujourd'hui et en se laissant la liberté de redécider à court terme. Donc même des contrats de six mois ou d'un an peuvent être parfois des bonnes décisions. Bien sûr, pouvoir sécuriser systématiquement le très long terme, par contre, est intéressant quand on est à peu près sûr d'avoir une bonne performance de tarif ou que l'on a des risques de volatilité sur des marchés qui sont très instables, voire haussiers. Donc chaque marché, chaque client, sa configuration, il n'y a pas de solution magique, de baguette unique pour tout le monde. Voilà, tout simplement.
- Speaker #0
Ça marche, d'où ton métier.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Sinon, ce serait un peu facile. D'ailleurs, en reparlant de ton métier, un des sujets qu'on abordait ensemble, c'est la fracture qu'il y a entre la France et ses voisins européens. En France, on est très peu habitués à faire appel à un courtier.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Peut-être encore plus en énergie. C'est vrai que moi, avant qu'on en discute la première fois ensemble, pour moi, le courtier, peut-être d'acheter ton appartement et c'est à peu près tout. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur l'état des chiffres actuellement ?
- Speaker #1
Il y a une étude européenne qui date de 2024, à qui indique que la pratique de passer par un courtier pour renégocier tel ou tel contrat est très variable d'un pays à l'autre. En France, on est, selon l'état d'entreprise, entre 15 et 25 %, une entreprise qui passe par des experts de la renégociation de contrat. En Angleterre, on est à 80 %, en Allemagne, on est aux alentours de 50 %. Mais il y a des choses qui expliquent, au final, cette différence. En France, on a eu, pendant très très très longtemps, une organisation du marché de l'énergie. qui était issue de l'époque et qui faisait qu'on avait un acteur qui était à la fois producteur, fournisseur et gestionnaire du réseau. Donc au final, il était relativement simple pour les dirigeants de l'entreprise de se dire on n'a pas vraiment besoin de pilotage ni de la consommation, encore toutes les notions de sobriété, ni de pilotage des contrats. Ne pas décider est une forme de sécurité. Et là, on est en train de vivre un choc culturel de ce côté-là parce qu'avec la crise de 2022, il y a eu beaucoup de prises de conscience que certains avaient fait des choix qui étaient plus sécurisants que d'autres, certains étaient conseillés ou pas, et que l'avenir des entreprises avait vacillé ou avait été sécurisé selon la manière dont ils avaient été accompagnés. Donc, on évolue. De l'autre côté, dans le monde plutôt anglo-saxon, un dirigeant d'entreprise ne perçoit pas forcément le fait de passer par des experts de la renégociation ou des experts d'un métier comme une faiblesse ou comme une faille personnelle. Il le prend plutôt comme le fait d'avoir un appui externe qui est totalement légitime face à une situation de besoin d'expertise ou de gestion d'un risque. Donc il y a cette dimension très différente. Enfin, une troisième couche, c'est que... dû à la situation historique, cognitivement, on a tendance à penser que l'électricité et le gaz naturel sont dans la même case que les ramettes de papier, je n'ai rien contre les ramettes de papier, ou les stylos, je n'ai rien contre les stylos. Mais ça passe sous le scope, ça doit être de base, et on ne pense pas forcément à les renégocier, alors que ça fait déjà un bon moment que c'est devenu pleinement stratégique. Ça, c'est une certitude. Donc il y a un aspect culturel qui est en train de changer. qui est avant tout basée sur le fait que ça peut paraître plus sécurisant de ne pas prendre de décision, de laisser se reconduire les choses, sauf que cette inaction, elle est confortable jusqu'à ce qu'elle ait un coût qui, là, devienne véritablement stratégique.
- Speaker #0
Quand un client t'invite à discuter avec lui, il y a toujours un coût d'économisation ou il y a encore aujourd'hui, je parle de gens qui n'ont jamais fait appelé à du courtage, parce qu'il y a encore des gens qui sont sur des contrats intéressants aujourd'hui.
- Speaker #1
On a en France une pyramide par taille d'entreprise qui fait que les plus petites entreprises sont sur des tarifs qui sont quasiment non optimisables, pour les vraiment très très petites. Ensuite, on a des situations qui sont très hétérogènes. Il y a des gens qui ont pris des contrats longs à des moments favorables, ils en ont encore. Donc, on ne va plus parler d'accompagnement et de sécurisation que d'optimisation, de génération d'économies systématiques. Alors, quand le marché monte ou est très volatile, effectivement, ça ne fait pas plaisir quand quelqu'un vous dit que la meilleure décision, c'est de prendre ce contrat. Oui, mais il est plus cher. Oui, mais il est moins cher que l'estimation du risque que vous pouvez avoir, etc. Quand le marché baisse, c'est effectivement plus facile, parce qu'on peut mesurer une économie, ça fait toujours plus plaisir. Sur cette donnée-là, la dimension prise de décision ne doit pas forcément être basée uniquement sur la génération d'économies. Le prix, on va dire... de l'électron ou le prix de la molécule qui est sur le contrat n'est qu'une composante parmi d'autres du coût global d'accès à l'énergie. La notion d'optimisation du contrat avec un alignement avec les besoins réels, parce que les conditions de production ont évolué, le contrat de base et les conditions données au gestionnaire de réseau sont anciennes, réadapter tout ça peut générer des économies également. Donc pas de réponse universelle, encore une fois, toutes mes excuses. Mais il y a des gisements d'économie qui ne sont encore pas assez diffusés dans le marché, pour lesquels justement le besoin de transmettre de l'expertise, de passer par un conseil ou un courtier, peut apporter des bonnes surprises. Chacun sa vie, chacun son contrat.
- Speaker #0
Je pense que c'est vraiment important d'insister sur le fait qu'on n'est pas forcément en termes d'économie, mais qu'il y a un enjeu de sécurisation des contrats aujourd'hui. Je pense qu'on ne le perçoit pas forcément. Et tant pis s'il n'y a pas de réponse universelle, mais en tout cas, c'est un élément à avoir en tête.
- Speaker #1
Mais si l'énergie est stratégique au moment de la payer, il faut aussi qu'elle soit stratégique au moment de l'acheter.
- Speaker #0
Il y a un autre sujet que je voulais creuser avec toi. C'est toi qui m'en avais parlé déjà. L'image du métier de courtier n'a pas forcément toujours bonne presse à cause de la déontologie du métier.
- Speaker #1
Alors, c'est un marché qui a explosé véritablement ces dernières années. Et comme tout marché qui explose, il y a une diversité très large, on va dire. de réelles compétences et de réelles pratiques sur le marché. Il y a effectivement tout un tas d'acteurs qui se montrent très agressifs dans leur communication commerciale. Et c'est quelque chose qui a donné une image d'épinal, un petit peu du métier qui n'est pas la réalité vécue, on va dire, par tout un tas d'acteurs sérieux du marché. Il existe aujourd'hui de l'ordre de 450 courtiers de toute taille en France et le marché se structure. autour d'un syndicat qui est le syndicat des courtiers en énergie, où il n'y a que 12 entreprises membres. Ce n'est pas un logo que l'on peut acheter, c'est un logo qui se mérite. qui se mérite par le respect de méthodes prouvées comme étant efficaces, qui se mérite par le respect d'une déontologie très stricte, il faut accepter de pouvoir prouver cette expertise, cette déontologie en étant audité par Bureau Veritas. Donc ça ne veut pas dire que ceux qui ne sont pas adhérents du syndicat sont tous en dehors du scope de l'acceptable, mais effectivement, c'est une véritable volonté de structurer ce marché de façon à pouvoir... lever les blocages par un alignement de bonnes pratiques que le marché demande activement. Parce que quand on fait appel à un courtier ou à quelqu'un qui dit faire le métier de courtier et qu'on a une mauvaise expérience ou que le futur du marché ne donne pas raison sur la notion de sécurisation, ça enlève un peu de la valeur à tout le monde. Aujourd'hui, on recrée de la valeur justement en mettant en avant la réalité de l'expertise. en sécurisant la prestation prise par le client industriel où il sait que peu importe le chiffre, ce sera fait avec une méthode qui est propre à avoir une analyse scientifique de marché économique et que la prestation est tout à fait propre. Donc il y a une évolution du marché vers, on va dire, un resserrement qu'on appelle vers des acteurs aux bonnes pratiques, tout simplement.
- Speaker #0
Je vais attraper la balle au bond sur la partie apport de valeur pour justement lancer ma prochaine section. Et là, je vais plutôt m'adresser à Benoît qui prend la parole sur les problématiques d'industrie, sur les thématiques d'industrie, de géopolitique, qui va faire de la sensibilisation auprès des entreprises justement sur les enjeux de l'énergie, même au-delà de parler directement de courtage, de c'est quoi l'énergie aujourd'hui, quel est le marché. Je vais te proposer dans la prochaine section des médias que tu pourrais créer potentiellement pour... propager ton expertise. Pour chacun, tu vas me dire C'est classe, je suis bien tenté pour le lancer demain, ou ça casse, arrête tes conneries Perrine, on est sérieux dans l'énergie.
- Speaker #1
Ça, c'est la section qui fait peur.
- Speaker #0
Voilà, c'est celle où tu n'avais pas d'informations avant.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça se passe tout de suite dans le C'est classe, ou ça casse. Ma première proposition, c'est le monde de l'énergie. Une revue de presse mensuelle où tu décryptes les actualités du monde et leurs impacts sur les coûts énergétiques des industriels. Donc l'actualité revue sous le prisme de l'énergie.
- Speaker #1
Ça passe !
- Speaker #0
Ça passe, c'est moyen ça ! C'est classe ou ça casse ?
- Speaker #1
Alors quand je dis ça passe, c'est que ce serait même carrément un outil, on va dire, global de valorisation de la profession, par exemple. Donc ça passe très bien, c'est classe, c'est très classe, c'est claquant même. Ce serait vraiment une bonne idée.
- Speaker #0
On prend alors. Très bien.
- Speaker #1
Tu as mis un copyright dessus ou pas encore ?
- Speaker #0
Je peux t'aider à le lancer. Deuxième proposition, énergie pratique. Tu reçois tes clients au micro, tu montres les résultats concrets qu'ils ont obtenus et les différences qu'ils ont pu avoir entre finalement anciens et vos contrats. Je n'avais pas forcément toutes tes réponses avant de lancer l'épisode, mais de ce que tu m'as dit, comme chaque contrat est différent, chaque personne est différente, il y a sûrement de la matière.
- Speaker #1
C'est justement le cœur du métier d'un courtier, c'est de faire de l'analyse comparative. Donc ce que tu décris là, c'est justement ce qu'un client devrait vivre avec chacun des courtiers avec lesquels il fait appel, c'est-à-dire une comparaison de la situation antérieure avec l'ensemble du détail des différents postes de son contrat et une comparaison avec deux, trois, quatre fournisseurs pour la situation future où on reprend les mêmes comparatifs. Et effectivement, on explique selon les enjeux spécifiques de chaque client, les points positifs, les points négatifs de chaque offre, c'est-à-dire du vrai conseil, de la préconisation, la décision restant toujours au titre du client. C'est ça. Ça existe déjà chez tous les bons courtiers.
- Speaker #0
Imagine un média avec des cas réels où le client peut déjà se projeter avant que tu sois là et te dire, il faut vraiment que je travaille avec ce type-là.
- Speaker #1
Alors ça, c'est classe. Et ça pourrait peut-être même être un outil un peu institutionnel. Peut-être une sorte de nutriscore des contrats énergétiques. Ça pourrait être pas mal.
- Speaker #0
On ne peut pas aller le vendre au syndicat des courtiers ?
- Speaker #1
L'appel est lancé ?
- Speaker #0
On va en reparler. Prochaine proposition, la guerre de l'énergie. C'est un clin d'œil à ton passé de guerre économique. On fait une revue...
- Speaker #1
Pourquoi passé ? C'est toujours le cas. Oui, d'accord, pardon. Mais de manière différente.
- Speaker #0
C'est un des premiers amours. Exact. Des premiers amours de guerre économique. On fait une revue des différents grands événements, passés, présents, futurs, pourquoi pas, et de leurs impacts sur l'énergie pour réutiliser le passé, pour comprendre ce qui se passe peut-être actuellement. Quelque chose de peut-être un peu plus story-tellé que les deux premiers que je t'ai proposés.
- Speaker #1
Alors, c'est classe. C'est très, très classe. et ça pourrait même encore une fois être un outil on va dire de formation dans notre métier donc c'est très très classe
- Speaker #0
Cool, j'ai touché juste, je pense qu'avec le dernier ça va être pareil, le prochain c'est quand même un vlog terrain Tu sors de chez les clients, tu racontes tout ce qui t'arrive, on te suit du lever au coucher, tu racontes le métier de courtier. C'est la seule manière de comprendre ce qu'est vraiment le métier et de finalement faire tomber la mauvaise image des fois qu'on peut en avoir.
- Speaker #1
Alors oui, il y a un côté humain.
- Speaker #0
Il n'ose pas dire sa casse, mais je vois que...
- Speaker #1
Non, c'est classe aussi. Et à vrai dire, il y a certaines enseignes de courtage pour lesquelles des salariés ou des indépendants, je ne sais pas, font ça. à titre personnel, sur Facebook, sur Instagram et sur LinkedIn. À vrai dire, moi, personnellement, je ne suis pas fan parce que, par nature, j'ai vraiment la confidentialité ancrée dans l'ADN. Ils ne dévoilent ni le nom du client, ni des chiffres, bien évidemment, mais ça redonne un côté aussi humain, émotionnel. Ça remonte la relation de confiance qu'il y a aussi. Donc, plutôt classe, mais avec des pincettes.
- Speaker #0
Ça marche, ouais, classe, mais pas pour toi. Chacun sa culture, c'est sûr que ça... Bon, il faut que j'aille plus loin la prochaine fois, ça manquait de ça casse, je cherche quand même un petit peu ça casse, je vais pas le cacher. Bon, du coup, je vais aller pousser le bouchon un peu plus loin, puisque maintenant je vais te mettre sur le siège le plus inconfortable de l'émission. On va attaquer avec le grill. Donc dans le grill, tu connais le principe, je vais quand même le réexpliquer pour nos auditeurs. Je pose des questions qui sont volontairement un peu plus inconfortables. Tu y réponds vite, sans trop réfléchir. Tu vois ce qui te vient. Alors, est-ce que tu as un souvenir mémorable d'échec commercial ?
- Speaker #1
Même configuration. On a pas mal travaillé pour le client. On a fait une présentation tout à fait propre, convaincante. On était vraiment motivés parce que c'était un cas sur lequel il y avait un vrai gap et on pouvait vraiment créer de la valeur pour le client. Tout était OK. Et le client nous informe qu'il a choisi de travailler avec un de nos concurrents. Parce que dans le logo, il y avait un élément qu'il considérait comme étant porte-bonheur pour lui.
- Speaker #0
Tu fais quoi contre ça ?
- Speaker #1
Déjà, on accepte.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Et on en tire la leçon que tout n'est pas rationnel. Et qu'il faut respecter les choses, tout simplement. Mais il y a des éléments contre lesquels on ne peut pas lutter. J'avoue que je n'ai pas préparé l'interview au point de savoir si ça lui avait vraiment porté bonheur ou pas.
- Speaker #0
Ah non.
- Speaker #1
À moi, pas en tout cas.
- Speaker #0
Tu parlais d'émotion tout à l'heure, il y a encore un niveau au-dessus de l'émotion, sur les convictions et les croyances, c'est compliqué. Quelle vérité sur le marché de l'énergie, personne n'ose dire en public ?
- Speaker #1
La France ne sera sans doute plus capable de produire durablement de l'énergie aussi faiblement tarifée que dans les années précédentes dans lesquelles l'industrie s'est construite. C'est-à-dire que l'industrie va devoir gérer de toute façon, à moyen long terme, des... tarifs d'approvisionnement électrique et d'énergie, au sens général, bien plus élevés que précédemment. Et ça, je n'entends pas des décideurs, notamment politiques, assumer les choses lorsqu'elles sont dites comme ça.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des moments où tu réalises, en prospection commerciale, que le client en face ne te fait pas confiance ? Et comment tu le gères ?
- Speaker #1
Pour réussir, il faut que le client, comme pour toute démarche commerciale, ait confiance dans la société, dans le produit ou service vendu. et dans le commercial. Parfois, il faut simplement accepter aussi que le client puisse avoir une vision de ce qu'est la confiance, une vision de ce qu'est la prestation d'expertise qui soit radicalement différente, qui puisse prendre des choix qui ne soient pas ceux pour lesquels nous, on porte de la confiance. Donc, il faut accepter le fait que le client soit le maître de son destin. Parfois, Tony Stark fait exactement l'inverse de ce que préconise Jarvis, c'est la vie, tout simplement. On a tendance à suivre quand même ces cas-là un petit peu plus précisément dans le temps, pour analyser les choses, et aussi pour montrer que la confiance ne se construit pas quand tout va bien. La confiance, elle se construit selon les réactions qu'on a, quand le marché devient instable, quand ça va mal. Et quand on continue à être totalement apporteur de solutions, on va dire calme, analytique, présent. au contact, eh bien, la confiance se crée. Donc, c'est là aussi une leçon. C'est-à-dire qu'il faut accepter les choses, pas forcément avoir de frustration sur le fait que la personne n'ait pas confiance en nous sur le moment. C'est la vie. Heureusement que chacun est différent. Heureusement que chacun a des modes de relation, qu'ils soient personnels ou commerciales, différentes.
- Speaker #0
Du coup, est-ce qu'on t'a déjà claqué la porte au nez ?
- Speaker #1
Oui, mais très violemment, bien évidemment.
- Speaker #0
Ah oui, violent ? On est sur un marché, comme on l'a dit tout à l'heure, sur lequel il y a beaucoup d'acteurs qui ont des pratiques commerciales qui sont extrêmement push, donc ça sature un peu les gens. Et quand on a des positionnements qui sont propres, qui sont audités, etc., c'est une réalité qui peut être cruelle, mais qui s'impose à nous, comme aux autres. Donc oui, la porte claquée au nez, c'est quelque chose qui est vécu, forcément.
- Speaker #1
J'avais une dernière question, mais je ne sais pas si tu aurais un exemple en plus, parce qu'on en a déjà eu quelques-unes. C'est sur des décisions stupides que tu as pu avoir. Malheureusement, je pense que le côté logo...
- Speaker #0
Alors, des décisions stupides que moi j'ai pu avoir. Sur le côté commercial. Il y en a quelques-unes, mais c'est personnel. Non,
- Speaker #1
ce n'était pas la question.
- Speaker #0
Des décisions stupides de dirigeants que j'ai vues.
- Speaker #1
Alors qu'avant, ils avaient l'air sensés.
- Speaker #0
Il y a eu pas mal d'études sur la prise de mauvaises décisions par des gens très intelligents. Ça a été très bien documenté. Je vais avoir deux exemples. Le premier, l'oubli, tout simplement. quelqu'un qui avait oublié qu'il avait déjà pris un contrat d'énergie sur les années 2028-2029 et qui en a repris un deuxième. Donc ça pose problème. Il faut annuler un des deux contrats avant même qu'il ait commencé. Et dans le contrat, il y a des clauses de pénalité qui sont lucifériennes parfois, qui correspondent à une perte sèche extrêmement pénalisable pour l'entreprise. C'est un premier cas de décision stupide. L'oubli, tout simplement. La deuxième est plus technique. J'ai eu le cas d'une cristallerie. qui s'ouvrait, qui était très contente d'être raccordée au gaz naturel, donc au méthane. Et puis quand ils ont commencé à démarrer leur activité, ça ne marche pas. Parce que le méthane n'a pas les qualités de puissance dans certaines configurations, et c'était du propane qu'il leur fallait. Donc il a fallu débrancher l'usine, il a fallu remettre une installation de propane à la place. Erreur technique.
- Speaker #1
Mais alors, comment on ouvre une cristallerie sans savoir qu'il nous faut du propane ? Alors, personnellement, je ne sais pas qu'il faut du propane pour une cristallerie, mais...
- Speaker #0
Alors, ils ont peut-être changé quelques éléments de process, qui fait que la qualité demandée ou la matière travaillée était différente. Mais tout du moins, effectivement, ils ont été dans ce cas de figure. C'est fin, la différence entre les deux ? Oui,
- Speaker #1
je comprends, oui. Ça me paraît fou. Je me boufferais les doigts.
- Speaker #0
plus que le porte-bonheur sur un logo ?
- Speaker #1
Ah, je ne sais pas. Il y a débat. Dites-nous en commentaire la pire. Je crois que c'est le mieux.
- Speaker #0
Tout le monde n'est pas rassuré. J'aimerais lire les commentaires des gens qui ont d'autres anecdotes.
- Speaker #1
En tout cas, tu as de sacrées histoires. Ça fait des choses à raconter. Du coup, on va redevenir un peu plus sérieux dans la prochaine partie. On va s'interroger au futur de l'énergie, de ton activité, de l'industrie qui sont toutes extrêmement liées. Donc, ça se passe dans retour vers le futur. La première question que je voulais te poser parce que ça a quand même un impact assez fort sur l'énergie actuellement tu vois quel impact de l'arrêt de l'ARENH dans les prochains temps sur l'industrie peut-être en particulier sur les petites structures comment tu places par rapport à ça ?
- Speaker #0
L'ARENH c'était un dispositif qui avait vocation à dynamiser la concurrence sur le marché libéralisé naissant et à continuer de connecter les prix de marché avec une partie des coûts de production de l'énergie nucléaire française. Ça a fonctionné ou pas selon les opinions des uns et des autres, ce n'est pas une question de faire un débat sur ça, mais il faut constater que la crise de 2022 a montré qu'aucun dispositif ne pouvait contrecarrer des vagues comme une augmentation dingue du prix de l'énergie et des difficultés de production nucléaire française. Donc ce dispositif a pris fin fin 2025. a été remplacé par le versement nucléaire universel, le VNU. Donc là, on est justement dans les différentes catégories de conditions, de fonctionnement du marché pour lequel un acheteur doit passer par un négociateur expert. Et ce passage vers le VNU montre également un changement de logique du marché. On accepte d'être déconnecté totalement des coûts de production. Et on va vers un marché 100% exposé aux variations du marché européen et avec tous les sous-jacents mondiaux qu'on peut imaginer. La logique est très clairement que si le prix de marché dépasse certains seuils, l'État intervient dans une logique de redistribution financière, de la valeur payée pour l'énergie. Pour un industriel, c'est un changement de logique qui est à gérer. Un industriel, il a besoin de stabilité, il a besoin de visibilité. Or, payer un prix d'énergie dans le cas où il augmente fortement et ensuite avoir une redistribution financière n'est pas instinctif dans une prévision de production, de coût de production. Ça, c'est une véritable évolution avec la fin de l'arène qu'il faut pouvoir expliquer avec pédagogie aux industriels et pouvoir les accompagner dans la mise en place d'outils, de techniques, de surveillance, de pilotage pour justement monitorer leur consommation d'énergie dans tel cas de figure ou intégrer dans leur contrôle de gestion l'éventuelle redistribution dans le cas où ça puisse arriver. Donc, on passe d'une logique... où le coût de production est encore une forme de variable du prix payé, à une logique de marché totale dans laquelle les notions de couverture de risque, d'anticipation des signaux faibles, sont un des critères de prise de décision beaucoup plus forts qu'auparavant.
- Speaker #1
Au-delà du contrat, il y a une nécessité de savoir au quotidien ce qui est consommé pour pouvoir anticiper ça. Ça va un petit peu dans le même sens que la transition énergétique qui est demandée à tous. C'est un même outil pour deux destinations ?
- Speaker #0
Pas vraiment, mais sur le VNU, on est sur une logique purement financière, coût de l'énergie, éventuelle redistribution. Dans le phénomène de la transition énergétique, il y a une question qui peut être posée, c'est effectivement de la soutenabilité de la transition énergétique et des impacts pour les industries. La question est plutôt de ne pas faire d'effet d'affichage avec l'industrie comme variante d'ajustement de décisions politiques. Une industrie a avant tout besoin d'une énergie qui soit compétitive, dans une logique de lisibilité durable, avant même que cette énergie puisse être vertueuse. Et là, les effets d'affichage ou de façade peuvent être des bonnes intentions, mais la mise en application doit tenir compte de la réalité économique d'une industrie qui a besoin de ce poste-là de manière lisible et fiable pour pouvoir assurer une production. on est dans une situation où... des industriels français ont une visibilité sur leur prix énergétique, parfois en fin de contrat à 6-12 mois, alors que leurs concurrents américains ou chinois n'ont pas ce problème-là et ont une visibilité à beaucoup plus long terme. Ça impacte la prise de décision industrielle largement au-delà d'un contrat d'énergie. La transition écologique est une nécessité, certes, mais elle impacte les industriels également dans le besoin, tu l'as dit, de... de pilotage parce que la mise sous tension du réseau électrique par l'électrification de tous les usages, pompe à chaleur, climatisation, chauffage, véhicules électriques, etc. Le réseau va être clairement beaucoup plus sous tension et ça va impacter la manière dont justement la partie acheminement d'électricité va être retransmise sur les factures. Donc aller sur des logiques de stockage, aller sur des logiques de modification et de pilotage de la production en tenant beaucoup plus compte de la notion énergétique. est un élément de solution, un élément que tu m'étends devant.
- Speaker #1
La question que je te posais, c'était effectivement, dans les deux cas, on a besoin de savoir ce qu'on consomme. Tu m'as déjà donné des éléments de réponse, mais pour toi, réindustrialisation et transition énergétique, aujourd'hui, c'est une volonté, mais ce n'est pas si simple que ça.
- Speaker #0
Alors, c'est compatible, mais il faut que l'industrie ne soit pas la variable d'ajustement d'une volonté politique. La vérité... peut être justement dans la volonté du marché, des consommateurs, que ce soit consommateurs finaux ou consommateurs B2B qui achètent les produits industriels semi-finis, d'intégrer cette logique de décarbonation dans leurs critères de choix. Une vérité peut être là. Par contre, si on réalise une transition écologique sans tenir compte du besoin des industries d'avoir une énergie compétitive, une chose est sûre. On va faire de la transition énergétique, on va faire de la décarbonation, avec de la désindustrialisation, des délocations et des pertes d'emploi.
- Speaker #1
C'est bien joli aujourd'hui de dire que la production de carbone diminue, mais en fait, on désindustrialise à tour de bras. Donc, c'est facile de ne pas... Je crois que c'est Natacha Polony qui disait ça. C'est facile de dire qu'on ne produit pas de carbone, qu'il n'y a pas d'émission de carbone, si on ne produit rien, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. Ou si on ne produit plus, si on n'a plus d'emploi en France industrielle, ou pas assez. Si on ne réindustrialise pas ou si on continue à perdre des pans d'industrie parce qu'on ne tient pas compte du besoin d'énergie compétitive avant même d'être vertueuse de l'industrie, oui, on décarbone, mais avec de la délocalisation. Donc, ce n'est pas vertueux pour le pays. Une des solutions pourrait être justement de faire confiance aux faiseurs, aux industriels qui ont également un intérêt à aller vers la sobriété, à aller vers un meilleur pilotage. pour des raisons aussi de progrès économique. Donc, voilà. Les initiatives de ceux qui sont en charge de la rentabilité de leur structure peuvent être aussi, à mon avis, très positives et ne seraient pas des effets d'affichage de façade, comme tu le mentionnais.
- Speaker #1
Personne n'a envie de consommer beaucoup. De toute façon, ce n'est pas un but en soi de consommer beaucoup. C'est vrai. Je parle d'énergie. C'est encore un autre débat.
- Speaker #0
Donc, Perrine manque de dire que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
- Speaker #1
Je ne pensais même pas à ça. Je pensais vêtements, je pensais... Bref. Très vêtements,
- Speaker #0
personnal shopper, vêtements. Oui,
- Speaker #1
je ne sais pas pourquoi, alors que ce n'est vraiment pas du tout mon truc. Mais bon, écoute, on est partis sur cette gamme-là. Aujourd'hui, une entreprise qui fait appel à un courtier pour ses contrats, qui ne l'a jamais fait avant, qu'est-ce qu'elle peut espérer comme résultat en cinq ans ? Qu'est-ce que ça change pour elle, concrètement ?
- Speaker #0
Alors, déjà, ce que ça change, ça peut être moins de cheveux blancs sur la tête du dirigeant. C'est-à-dire que... La capacité à pouvoir défendre une prise de décision est le cœur de notre métier. Nous, nous faisons des préconisations structurées. Le dirigeant, le chef d'entreprise, reste pilote de sa décision. Néanmoins, notre métier, une vision de notre métier, peut être de, avant tout, éviter au chef d'entreprise de prendre une mauvaise décision. Encore une fois, c'est un métier sur lequel on accompagne une prise de décision importante. une mauvaise décision sur un contrat d'énergie qui représente entre 3 et 5% du chiffre d'affaires, voire parfois bien plus, c'est soit aider, soit plomber sa rentabilité pour des années. Et ce que l'on peut apporter sur 5 ans, c'est justement soit une meilleure compétitivité de notre client par rapport à son petit copain d'à côté qui a pris une décision autre, donc un effet de levier compétitif, une sécurisation des investissements, ou même, dans certains cas, effectivement, ou... on peut générer des économies par rapport à des contrats préexistants, retrouver des marges de manœuvre et de capex pour mener d'autres projets, de la sobriété, de l'export, de l'innovation, etc.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un avis sur le mix énergétique qui nous attend dans les prochaines années ?
- Speaker #0
Est-ce que tu as d'autres questions compliquées ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, je te demande ton avis, tu as le droit de dire non.
- Speaker #0
Alors, sur le mix énergétique qui nous attend, le nucléaire va rester totalement prépondérant, mais on ne va pas avoir le même nucléaire. L'EPR2... Son coût de production du mégawatt-heure est estimé, selon les études, à environ 100 euros du mégawatt-heure. Donc le nucléaire ne sera plus forcément synonyme d'énergie durablement moins chère comme on l'a vécu sur la base d'un parc nucléaire déjà amorti. Pour des raisons écologiques, les ENR vont continuer à se développer, éoliens, photovoltaïques et autres, ce qui va générer aussi des besoins. de régulation des tensions sur le réseau. Parce qu'il y a des variations beaucoup plus fortes qu'il faut pouvoir gérer. Sur le mix énergétique, il devrait y avoir également une notion qu'on peut prendre sous un axe pas tellement technologique qui permette la production, mais lieu de production, l'autoproduction pour l'autoconsommation, de façon à justement éviter les tensions sur le réseau, sera quelque chose, à mon avis, bien plus valorisé et nécessaire. Ce qui nécessite... de l'utilisation de CAPEX. Donc, le mix énergétique que l'on peut prévoir après même 2030 ou 2035 a un besoin d'être anticipé véritablement dès aujourd'hui, mais demain matin, en rentrant au boulot, posez-vous la question. Qu'est-ce qu'il est possible de faire ? En quoi ça peut être rentable aujourd'hui ou demain ? Parce que si tout le monde se met à faire la même chose au moment où ça devient une évidence et un besoin pour tout le monde, La capacité à réaliser ces travaux nécessaires sera en général plus chère que quand on est les premiers à anticiper ces logiques-là. Ce serait peut-être même ça, d'ailleurs, oser l'efficacité.
- Speaker #1
Oser l'efficacité en anticipant la suite dès maintenant, avant que tout le monde se jette dessus. Ça me va bien. C'est pas mal pour conclure cette partie retour vers le futur. Pour conclure l'émission, maintenant, on va passer à mes dernières questions, qui sont les questions de signature. Ce serait quoi ta première mesure si tu étais ministre de l'Industrie ?
- Speaker #0
Il ne faut pas forcément penser en format « j'interdirais ça, je rendrais ça obligatoire » . Il y a, à mon avis, une autre logique, c'est justement lier la notion d'industrie et de territoire. Il y a des pôles industriels, comme la Vallée de L'Arve en Savoie.
- Speaker #1
C'est chez moi.
- Speaker #0
Ah bah tiens. Comme le pôle agroalimentaire en Bretagne, le pôle mécanique et aéronautique dans le Poitou, dans lequel ces zones-là peuvent être... on dit plus accompagnées, chouchoutées, pour favoriser leur développement. Parce que dans l'ensemble de ces pôles, partout sur le territoire français... il y a des PME incroyables qui ont absolument tout pour devenir les ETI dont on a besoin. Donc ça peut véritablement être un axe différent d'accompagnement de l'industrie sur ce niveau de décision. Puis on peut aussi peut-être envisager le Nutri-Score des contrats énergétiques, peut-être éventuellement un outil qui puisse permettre à un dirigeant de dire, voilà, mon contrat, il est E. Ok,
- Speaker #1
on lance l'Energy-Score. C'est bon, c'est acté. On en a parlé deux fois, je pense que c'est une très bonne idée. Pourquoi pas. Toi qui as l'habitude de t'exprimer auprès des industriels, et sur LinkedIn aussi, ce que j'ai vu, est-ce que tu as un pire souvenir média ? Et est-ce que ce n'est pas aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, j'ai un pire souvenir média, ça n'est pas aujourd'hui. Je vais dériver, je ne vais pas forcément dire média, je vais dire un souvenir de prise de parole en public. Oui, c'est bien, ça me va. 2021, je dois faire de la pédagogie sur le marché de l'énergie. auprès des maires ruraux de Savoie, justement. Comme quoi les Savoyards parfois ne portent pas...
- Speaker #1
Moi, je suis de haute Savoie, l'importance... Ne rentrons pas dans le débat. Voilà.
- Speaker #0
Ne rentrons pas dans le débat. Et j'ai une prise de parole qui est prévue après un débat préalable. Ce débat préalable est justement entre l'Assemblée des maires, dans laquelle il y a beaucoup d'agriculteurs, beaucoup de chasseurs, et des représentants de la préfecture sur la question des dégâts faits par les meutes de loup. Donc après une heure d'empoignade format village d'Asterix, je prends la parole et puis je commence à parler et personne ne m'écoute. Tout le monde continue la discussion avec une virulence intense. Et j'arrête de parler et puis j'attends et je range mes petites affaires et je pars parce que plus personne n'écoutait. Je vais tirer une leçon parce que maintenant je demande toujours qu'est-ce qu'il y a avant ? Et ça m'a permis d'éviter, je pense à peu près la même chose avec la notion d'ours dans les Pyrénées.
- Speaker #1
Ah bah oui ! je pense que t'étais vacciné oui c'est l'effet d'expérience il t'arrive des trucs incroyables quand même je tiens à le souligner on en discutera après mais oui oui quel conseil tu te donnerais à toi à l'aube de rentrer dans la vie active premier stage premier emploi ne
- Speaker #0
pas tenir compte des personnes parfois même très proches qui peuvent vouloir me rabaisser pour se donner l'opportunité de elles briller pour finir c'est quoi pour toi oser l'efficacité je crois que t'as déjà donné la définition en partie en partie C'est peut-être avoir une lecture d'anticipation, une vision positive quelque part de la vie, mais réaliste sur ce qu'il faut faire pour aller vers le positif. Et puis c'est aussi être dans l'action. La seule chose stable, c'est le mouvement. Si on est dans une posture dans laquelle l'inaction peut être tout à fait rassurante, le coût de l'inaction, on le voit que quand on a une grosse facture devant nous, oser l'efficacité, c'est justement... être dans une démarche d'amélioration continue. Et pour ça, il faut avoir du recul sur ce qu'on fait. Il faut aussi, je pense, avoir un ensemble de bonnes pratiques qu'on peut nous mettre sous le nez ou des conseils d'experts ou d'amis. Et c'est justement aussi le format de ton podcast. Et c'est, je pense, une bonne nouvelle de montrer qu'il y a des belles histoires à raconter. Il y a une communauté qui peut apporter du progrès aussi à l'ensemble du monde industriel, mais des leçons aussi professionnelles qu'on peut avoir dans le cadre privé.
- Speaker #1
Parfait. Tout est amélioration continue, je me tue à le dire. C'est parfait. Comment on te contacte ? Comment on travaille avec toi ?
- Speaker #0
LinkedIn. Les coordonnées peut-être dans la description, je ne sais pas.
- Speaker #1
On va faire ça.
- Speaker #0
Comme vous voulez. Vous pouvez me suivre sur LinkedIn si vous le souhaitez.
- Speaker #1
Et meilleur moyen de te contacter aussi, LinkedIn ? Je pense, oui,
- Speaker #0
c'est le plus durable. Très bien. Sinon, site internet de Premium Energy.
- Speaker #1
Très bien, je fais ça.
- Speaker #0
le partenaire de ceux qui produisent en France.
- Speaker #1
Parfait. S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir de cet épisode, ce serait quoi ?
- Speaker #0
L'opportunité de pouvoir parler, je pense relativement directement, de sujets qui peuvent paraître effectivement très techniques, mais pour lesquels il y a à la fois la diffusion de good vibes, de solutions, et discuter avec un petit peu plus de légèreté, sans s'empêcher d'être sérieux dans ce qui est dit. C'est un format qui est sympathique, je trouve.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup. en tout cas être sérieux sans se prendre au sérieux c'est exactement la signature de cette émission c'est tout pour aujourd'hui trop sérieux,
- Speaker #0
ça passe ou c'est classe trop sérieux aujourd'hui ouais ouais ouais,
- Speaker #1
c'est classe ou ça casse à revoir, je ferai mieux la prochaine fois, promis moi je vous retrouve la semaine prochaine, d'ici là abonnez-vous pour ne pas rater la prochaine vidéo et surtout, n'oubliez pas d'oser l'efficacité