- Speaker #0
Aujourd'hui, on va parler d'un secteur qui en fait rêver certains, qui fait peur à d'autres, et que les industriels ne connaissent tout simplement souvent pas. La défense. Alors qu'aujourd'hui, c'est quand même un sacré fournisseur d'opportunités. Mon invitée du jour est contrôleuse générale des armées en deuxième section, et s'est donné une nouvelle mission, construire des ponts entre le militaire et le civil. Marie-Noëlle Quiot, bonjour, et bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- Speaker #1
Merci, bonjour bonjour, Perrine.
- Speaker #0
Pour commencer cette émission... Je vais m'intéresser à ce qui t'amène là aujourd'hui, à ton parcours, à finalement ta backstory de super-héros. Ça se passe tout de suite dans I Need a Hero. Ma première question, c'est comment on devient général ?
- Speaker #1
En fait, il n'y a pas un chemin particulier pour devenir général au sein du ministère des Armées. Il y a plusieurs voies, mais je dirais que le point commun à toutes ces voies, c'est qu'il faut quand même pas mal de travail. une envie de servir et puis aussi un engagement dans la durée, puisqu'il faut quand même un certain temps avant d'arriver au grade de général. Pour ma part, j'ai eu la chance de réussir le concours de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr et de faire ensuite un début de carrière au sein de l'armée de terre, très opérationnel. On pourra éventuellement revenir dessus, si tu veux. Et ensuite, j'ai eu la chance, une nouvelle fois, de réussir un autre concours, le concours du contrôle général des armées. Le contrôle général des armées étant l'inspection générale du ministère des armées. Et en fait, au cours de cette deuxième partie de carrière, c'était beaucoup plus, on va dire, tourné vers l'audit, le contrôle, le conseil, puisque l'objectif du contrôle, c'est aussi de sécuriser les décisions du ministre. Et là aussi, j'ai eu un peu de chance, puisque j'ai fait des missions d'audit, de contrôle, de conseil. sur des sujets très variés, mais j'ai aussi eu la chance d'occuper des postes dits d'administration active, c'est-à-dire d'être chef de l'inspection de l'environnement du ministère, mais aussi secrétaire générale du contrôle ou secrétaire générale et directrice par intérim de l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire.
- Speaker #0
Alors je veux bien qu'il y a une part de chance sur le fait qu'il y ait des opportunités qui se proposent à toi, mais la chance de réussir un concours, il y a quand même se donner les moyens pour réussir un concours, non ?
- Speaker #1
Oui, oui, j'ai bien dit que derrière tout ça, il y avait du travail.
- Speaker #0
Oui,quand même. Je trouve que chance est beaucoup ressortie, mais il y a du boulot.
- Speaker #1
Oui, parce que je mesure le fait que, évidemment, tout n'est pas arrivé tout cru. Tout n'arrive jamais tout cru, je pense, quelle que soit la voie qu'on choisit. Je pense aussi qu'il y a ce facteur chance, ce facteur bonne étoile, et aussi cette volonté de la saisir. Et on reviendra peut-être sur la notion d'oser, mais peut-être que ça va avec aussi.
- Speaker #0
Toi, tu as fait 30 ans dans l'armée, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, j'ai fait 32 ans, exactement.
- Speaker #0
32 ans. D'un autre côté, ton papa, il a été convaincu que désindustrialiser la France, c'était une connerie. Nous on parle beaucoup d'industrie, dans Oser l'efficacité forcément, comment ces deux héritages se croisent dans ta tête ?
- Speaker #1
Alors, outre le fait que mon papa s'est battu contre la désindustrialisation de notre pays, il était aussi un peu anti-militariste. Oui, en plus. Mais il a toujours été d'un soutien énorme, y compris dans les moments un peu difficiles, parce qu'il y a de la chance, mais il y a aussi des moments difficiles. Et en fait, je crois que ce que je retiens et ce que m'a légué mon père, parce qu'on reçoit toujours et on est toujours le fruit de quelque chose, et ce que m'a légué mon père, c'est l'engagement. Et c'est un engagement peut-être un peu différent. Mon père était cadre dans la banque et il était aussi délégué syndical. Il a d'ailleurs fini sa carrière comme délégué national syndical d'un groupe, d'une banque. un grand groupe français. Et dans ses fonctions de cadre, il a tout particulièrement apprécié et travaillé à aider les entreprises en difficulté. Et il était, je me rappelle, de discussions à la maison, ou même parfois de clients qui sont devenus un peu des amis dans une deuxième partie, une fois qu'il était évidemment plus chargé de leur compte. Des gens qui ont beaucoup apprécié cet investissement et cet engagement. parce qu'il croyait à l'industrie française. Il était convaincu que la richesse d'un pays se construit grâce à l'industrie et pas uniquement grâce aux services.
- Speaker #0
Et ça, il te l'a légué, du coup ?
- Speaker #1
Et il me l'a légué, oui. Alors, je pense qu'il m'a légué cette force d'engagement, cet engagement. Et il m'a légué aussi cette idée qu'effectivement, la richesse d'un pays, elle vient de nos industries, en grande partie.
- Speaker #0
Ça ressemble à quoi, les repas du dimanche midi, quand on est antimilitariste mais qu'on veut soutenir sa fille à tout prix ?
- Speaker #1
Ça ressemble à un repas de famille. vivant, où on débattait. C'est aussi quelque chose, je pense, que mes parents m'ont transmis, cette capacité de débattre, cette capacité de discuter avec des gens avec qui on n'est pas forcément d'accord sur tout, pour dégager des points de vue, etc. Et donc, j'en garde d'excellents souvenirs, en fait.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu crées une société pour aller combler les ponts, entre autres, entre le militaire et le civil. À quel moment tu t'es dit, il y a un problème, il y a un fossé, il faut que quelqu'un le comble ? et ce quelqu'un, c'est moi.
- Speaker #1
Je me suis rendue compte que finalement, on a le monde de la défense, le monde des armées. qui est un monde fermé, mais comme tous les mondes en fait, parce qu'il n'est pas non plus plus fermé qu'un autre, puisqu'on est tous mariés à des conjoints qui ne sont pas forcément militaires, on a des enfants, on est dans la société. Mais dans le travail, c'est un milieu quand même un peu fermé, avec des métiers qui sont des métiers assez particuliers, et avec un degré de disponibilité, des particularités. De notre côté... On a des industries qui doivent travailler avec le ministère. Et je suis convaincue que pour pouvoir travailler avec un client, et là, pour le coup, le client, c'est le ministère des Armées, il faut le connaître, il faut le comprendre. Et dans le cas du ministère des Armées, des besoins de défense, c'est quand même parfois un peu complexe et compliqué de comprendre. Et c'est aussi, d'un autre côté, assez compliqué pour les militaires, parfois, d'exprimer le besoin. Alors au ministère des Armées, en France, on a la chance d'avoir une direction générale de l'armement, puisque les armées expriment le besoin opérationnel. Le chef d'état-major des armées est responsable de la cohérence capacitaire. Et on a en face le directeur général de l'armement, qui lui est chargé d'équiper les forces et de préparer l'avenir, avec évidemment sa direction. Le sujet étant qu'il reçoit l'expression du besoin opérationnel et tout ça doit se traduire. Alors il le fait, il a des ingénieries brillantes, mais il le fait aussi très rapidement. Il y a l'industriel qui rentre dans la boucle et ne serait-ce qu'aussi pour essayer de capter les innovations qui peuvent exister en privé. D'où aussi la création de l'agence d'innovation de défense et d'un certain nombre de dispositifs pour accompagner et arriver à capter tout ça. Ce dont je me suis rendue compte, c'est que finalement, malgré les efforts qui sont faits côté DGA, côté ministère, malgré les efforts aussi que certaines entreprises font pour essayer de comprendre le ministère, il y a toujours une problématique de compréhension. Sachant qu'en plus, derrière tout ça, il y a aussi le code des marchés publics, que travailler avec la défense n'est pas forcément toujours très simple. Donc je me suis dit qu'à l'image de certains camarades qui font aussi ce genre de choses-là, forte de mon parcours au ministère et forte de mon passage aussi chez Capgemini, puisque j'ai passé trois ans chez Capgemini, j'allais pouvoir peut-être aider à traduire et à culturer dans un sens et dans l'autre.
- Speaker #0
Justement, j'allais te demander ce passage chez Capgemini, c'est ton retour au civil un peu ? Retour, non. Arrivé dans le civil, puisque tu n'avais pas travaillé dans le civil.
- Speaker #1
Ah si, si, si, je m'insurge en faux.
- Speaker #0
Oh là là pardon, alors raconte-moi.
- Speaker #1
J'ai travaillé toute jeune, j'ai commencé à travailler à 16 ans.
- Speaker #0
Pardon ?
- Speaker #1
Et donc, avant de rentrer à Saint-Cyr, j'ai quand même trié les pêches dans un verger. Et donc, j'ai appris ce que c'était que de travailler, se lever tôt le matin et rester debout toute la journée, un travail d'ouvrière. J'ai ensuite travaillé à la BNP, à la banque. Et puis, j'ai aussi été équipière chez McDonald's. Donc, ça fait quand même beaucoup d'expérience, je trouve.
- Speaker #0
Effectivement. Mais écoute, on n'avait pas encore parlé de tout ça, donc je l'apprends. On va dire alors pour ton retour au civil, je reste sur ma première formulation. Qu'est-ce qui te... Le truc qui te choque le plus, qui te surprend le plus à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ce qui m'a le plus frappée, et je vais lire mes notes un peu aussi parce que je ne veux surtout pas faire d'impair, ce qui a été sans doute le plus déstabilisant, c'est de ne pas avoir, quand j'arrivais, un véritable organigramme, de ne pas avoir de notes d'organisation, pas d'adjoints aussi. Dans le paysage, il n'y a pas d'adjoints, alors que dans les armées, finalement, à chaque fois que je suis arrivée quelque part, il y avait des notes d'organisation. il y avait un temps de passation de consignes et souvent il y avait un adjoint qui servait aussi un peu de passeur en fait et lorsque ça n'existait pas la première des choses que je faisais en arrivant c'était de faire une note d'organisation. L'idée étant que la note d'organisation, pour moi, au lieu d'être quelque chose qui empêche, c'est au contraire un cadre qui est clair et qui permet de connaître l'environnement dans lequel on travaille, de mieux le maîtriser et donc d'avoir plus de liberté.
- Speaker #0
Est-ce que quand tu es arrivée, tu avais un PC et une chaise pour t'asseoir ?
- Speaker #1
Alors oui.
- Speaker #0
C'est déjà pas mal. Parce qu'il y a plein d'entreprises où le premier jour, ça ne se passe pas comme ça.
- Speaker #1
Oui, alors ce que je ne veux surtout pas laisser entendre, c'est que Bien sûr, Capgemini ne serait pas première entreprise de service numérique française et pas parmi les dix premières entreprises de service numérique au niveau mondial, sans avoir des processus, une organisation et tout ça. Mais je dois avouer que je suis arrivée. C'était loin de tes standards. C'était un peu loin de mes standards. Mais à part ça, j'ai trouvé un environnement de travail agréable et puis avec plein de pépites, en fait.
- Speaker #0
Si je te demandais de te présenter sans dire les mots militaire, défense et conseil, tu dirais quoi ?
- Speaker #1
Je dirais que je suis une femme d'un âge qu'on peut qualifier de mûre. On est en plein dans le débat autour des seniors, j'aime bien appuyer sur ça aussi. Parce que je trouve que... J'ai beaucoup apprécié ma jeunesse, mais j'ai beaucoup apprécié la période 30-40 ans. Mais j'apprécie aussi beaucoup la période d'aujourd'hui où finalement les enfants sont grands, on a une nouvelle... Donc je le dis, je l'affirme, je suis une femme d'âge mûre et fière de l'être. je dirais que j'ai eu la chance de... encore le mot chance, de réaliser une carrière riche d'expérience humaine d'abord et professionnelle dans des environnements qui étaient très variés, souvent très exigeants, durs mais qui ont contribué à me faire grandir et j'ai eu vraiment le sentiment de servir et de me rendre utile. Et en fait, aujourd'hui, mon objectif c'est aussi de continuer à me rendre utile. Je dirais aussi que je suis une femme qui continue à aimer relever des défis et sans doute une incorrigible optimiste. Je pense que c'est hyper, hyper important parce que si on est soi-même pessimiste, émoreuse, on ne peut pas embarquer les gens et faire briller les yeux pour regarder devant et avancer.
- Speaker #0
Je suis assez d'accord avec toi. Pour continuer à agir, il faut une dose d'optimisme.
- Speaker #1
Et enfin, comme je suis convaincue que nous ne formons qu'un, évidemment, on a notre vie professionnelle, mais on a aussi notre vie personnelle. Et qu'on est la même personne. Donc, quand on va mal d'un côté, souvent, ça a un impact sur l'autre côté et vice versa. Donc, je tiens aussi à dire que ce qui me caractérise, c'est que je suis une femme mariée depuis 32 ans, presque 33 ans. Avec le même nom, mes étudiants, à chaque fois que je leur dis ça, ils sont complètement... Et ils ne reviennent pas. Et maman de deux enfants, dont je suis particulièrement fière. Voilà, fière de ce qu'on... qu'on a construit et de ce qu'on continue à construire tous ensemble.
- Speaker #0
Dans Ouzé, l'efficacité, j'aime bien les références pop. Alors, si tu étais une super-héroïne, un film, une série, n'importe, c'est toi qui choisis, qu'est-ce que tu serais ?
- Speaker #1
Alors, j'adore les séries. Je suis une dévoreuse de séries. Mais là, j'ai choisi, c'est un clin d'œil à un camarade qui, un jour, est revenu d'un voyage avec un mug et c'était Wonder Woman dessus. Voilà. Et une brune. parce qu'elle est brune elle est forte elle a une posture forte aussi elle craint pas d'affronter les situations difficiles et puis par dessus tout elle a gardé une part de féminité aussi on a beaucoup Marvel dans les références sur le podcast je suis désolée mais non t'as pas à l'excuser en même temps culture pop j'aurais pu dire les Totally Spice ou alors une référence beaucoup plus ancienne mais là après il y a des gens qui n'auraient pas compris c'était les drôles de dames ah oui bah si quand même ça parle encore les drôles de dames je sais pas Merci. On a revu les drôles de dames avec Totally Spice. En fait, un petit peu, c'est une espèce de remake en bande dessinée. Mais ce que je les aimais bien aussi, les trois.
- Speaker #0
Et donc, tu seras les trois. Un mélange des trois. En général, c'est fait pour ça. On se reconnaît un peu dans tout. C'est ça,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Super. Dans la prochaine partie, on va se plonger dans des histoires que tu as vécues. L'idée pour nos auditeurs, c'est de repartir avec quelque chose d'actionnable sans avoir eu la souffrance de l'histoire ou sans avoir eu à vivre l'histoire. une sorte de coup d'accélérateur. Et donc, ça se passe tout de suite dans la partie cheat code. La première histoire sur laquelle je voulais t'interroger, c'est finalement la première fois où tu es confronté au déséquilibre entre ce que le civil projette sur le militaire. Alors, ce n'est pas une expérience industrielle. On est sur la Préfon, donc la retraite des fonctionnaires.
- Speaker #1
La supplémentaire retraite.
- Speaker #0
La supplémentaire retraite. Merci de me corriger. Les mots sont importants. Donc, la supplémentaire retraite des fonctionnaires qui essaye... de projeter le modèle des fonctionnaires plus classiques sur le modèle militaire et ça ne fonctionne pas. Tu peux nous raconter ?
- Speaker #1
Alors, en fait, deux petits mots sur la Préfon. La Préfon, c'est effectivement une supplémentaire retraite qui a été créée à la sortie de la guerre, il y a un peu plus de 60 ans maintenant, pour répondre à une problématique qui était que les fonctionnaires, un certain nombre de fonctionnaires étaient payés avec des primes, et les primes n'étaient pas prises en compte dans la retraite. Ce qui fait qu'au moment de partir à la retraite, ils se retrouvaient avec un taux de remplacement, C'est-à-dire... une pension de retraite qui était largement inférieure à leur... Qui était calculée sur le fixe. Exactement. Et donc, de ce constat est née la Préfon. C'est une association qui est co-gérée par les syndicats. Et alors, pourquoi j'y suis ? Non pas parce que je suis syndicaliste, c'est mon père qui l'était. Mais les militaires ne pouvant pas se syndiquer, il a été décidé que, comme les militaires... pouvait adhérer à la Préfon et souscrire à la Préfon, il était important qu'il soit représenté au conseil d'administration et au bureau qui s'occupe de donner les grandes directives pour la Préfon. Donc, le directeur général actuel, d'une discussion que nous avons eue, considérait qu'effectivement, il y a des prospects au ministère des Armées, il y a un certain nombre du personnel civil et du personnel militaire. qui représentent des prospects pour la préfond et donc des gens à aller chercher. Sauf que le constat aussi, c'est que finalement, c'est toujours le principe de base, c'est qu'un prospect c'est bien, mais si le client, il faut le connaître, il faut connaître ses besoins pour pouvoir répondre et lui dire qu'est-ce qu'on peut lui apporter, est-ce qu'on peut éventuellement répondre à certains de ses besoins. Donc l'objectif, ça a été de faire une acculturation défense aux salariés de la préfond, de manière à ce que, d'abord... On reviendra aussi peut-être un peu dessus, ça contribue à la force morale de la nation. C'est d'abord leur présenter notre outil de défense pour qu'ils aient une vision un peu générale et ensuite faire un zoom sur les ressources humaines du ministère afin qu'ils comprennent qu'un militaire, il a une solde. D'abord, il n'a pas un salaire, il n'a pas un traitement, il a une solde. Que cette solde, elle varie d'un mois à un autre, surtout pour ceux qui sont en unité opérationnelle, puisque... Parfois, ils vont en opération extérieure. Parfois, ils vont en mission courte durée à l'étranger. Parfois, ils sont sur Sentinelle. C'est les militaires que vous voyez tourner en France. Et donc, lorsqu'ils sont en exercice, en OPEX, etc., ils ont des indemnités. Ce qui fait qu'ils ont un salaire qui va varier du simple, parfois au double, voire un petit peu plus. Il est important aussi de préparer l'avenir. Et donc, l'idée, c'était... de leur expliquer tout ça, de se battre aussi un peu contre quelques idées parfois un peu préconçues. Certains pensaient que les militaires étaient logés. Pas vraiment. Par contre, ils n'avaient pas conscience que pour les officiers, il y a un élément assez particulier, c'est qu'il y a une obligation de mobilité, une obligation de disponibilité. Derrière cette obligation de disponibilité, il y a une mobilité. Donc les officiers sont mutés tous les deux, trois ans. Ce qui veut dire que quand on est muté tous les deux, trois ans, c'est un peu compliqué d'acheter sa maison. Or, la maison, c'est souvent le premier pas pour préparer sa retraite. L'idée était vraiment d'acculturer à la défense dans son ensemble pour bien comprendre qui, quoi, comment, et ensuite faire un zoom en fonction du besoin de la Préfon. Et là, le besoin était clairement de comprendre ce dont les militaires et le personnel civil aussi de la défense, mais surtout les militaires en tant que militaires et donc un peu particuliers, ce dont ils pouvaient avoir besoin.
- Speaker #0
ton acculturation ? Est-ce qu'elle intervient après qu'ils se soient rendu compte qu'ils n'arrivent pas à vendre aux militaires ? Ou est-ce que c'est une démarche préventive, quelque part ?
- Speaker #1
C'est un peu les deux, en fait. L'état actuel, le suivi de nos prospects, des transformations, etc. n'est pas aussi fin que ça. Et donc, on n'a pas forcément un suivi par catégorie. Je ne sais même pas si on aurait le droit de le faire. Mais c'était un peu un constat des deux. Parmi les salariés, il y avait les personnes du centre d'appel. Et j'ai bien vu dans leurs yeux qu'ils apprenaient des choses. Et j'ai bien vu aussi, certains l'ont partagé, qu'ils s'étaient retrouvés face à des situations qu'ils n'avaient pas compris.
- Speaker #0
Et du coup, ils ont pu développer de nouveaux produits plus adaptés ?
- Speaker #1
Non, les produits, ce sont les produits de la Préfon.
- Speaker #0
C'est le discours qui s'adapte. Je vais rebondir sur le fait que tu viens de dire répondre aux besoins du client. pour passer sur la deuxième histoire qui est, aujourd'hui, le ministère des Armées, comme à peu près n'importe qui en France, a des besoins pour lesquels il émet des appels d'offres. Et parfois, la rencontre est un peu douloureuse avec des sociétés du civil qui voudraient répondre, avec des incompréhensions. En plus, tu l'as déjà un peu dit, mais l'appel d'offres publiques n'est pas toujours simple à comprendre. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette difficulté finalement qu'on a à faire rencontrer les deux mondes ?
- Speaker #1
Ce n'est pas toujours simple de bien tout saisir et ensuite de se dire comment je vais répondre. Parce qu'une fois qu'on a essayé de comprendre le besoin, qu'on a compris le besoin, qu'on s'est débrouillé pour... lire ce qu'il y avait derrière les lignes. Il faut répondre. Et il faut répondre dans un langage aussi particulier. Et tout ça rend les choses difficiles. Et ça rend les choses d'autant plus difficiles que certaines entreprises de taille moyenne n'ont pas forcément de personnel dédié à ça. Or, rédiger une réponse à un appel d'offres, c'est un travail qui est quand même un peu fastidieux. Et qui est difficile parce que du côté de l'entreprise, c'est pareil. On doit répondre à la partie administrative, à la partie prix. Évidemment, il y a le prix qui est très important, mais il y a aussi la réponse technique. Qu'est-ce qu'on va pouvoir apporter ? Et qu'est-ce qui fait qu'on va être un peu différent des autres aussi ? Parce que dans un appel d'offres, ça veut dire qu'on va être en concurrence avec les autres et qu'on ne sait pas ce que vont proposer les autres. Pas tout à fait.
- Speaker #0
Justement, quand tu as une entreprise qui reçoit cet appel d'offres, qui pense avoir compris, qui pense qu'elle a à peu près les compétences peut-être, c'est quoi la première erreur qu'elle va faire ? quasiment à coup sûr, si elle n'a pas l'habitude de travailler avec l'armée ? Peut-être pas assez d'écrire,
- Speaker #1
pas assez expliqué, en considérant que c'est simple, en fait. Tout le monde sait ce qu'ils font. Oui,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Alors que non, parce qu'en plus, pour être comparé aux autres, il faut pouvoir comparer dans les détails, en fait. Donc, je dirais ça. et après Je pense que dans les choses aussi qui sont... Quand je dis qu'il faut lire derrière les lignes, ce n'est pas que le ministère cherche à cacher un certain nombre de choses, mais c'est qu'il y a des choses qui sont complètement aussi intégrées. Un peu comme l'entreprise, elle ne va pas penser à décrire certaines choses, parce que pour elle, c'est de l'acquis, c'est normal. Quelque part, côté ministère, c'est pareil. On ne va pas s'amuser à les décrire que pour un besoin d'une tablette, on ne va pas forcément le décrire tel quel. mais des tablettes qui vont peut-être aller équiper des soldats. Ces soldats, les tablettes vont être utilisées par les soldats dans différentes conditions, peut-être en exercice en France, mais aussi peut-être au fin fond de l'Afrique et peut-être aussi aux confins de l'Europe, de l'Est, avec des températures qui peuvent aller de moins 20, on va dire, peut-être un peu plus, un peu moins, jusqu'à plus 30, plus 40, plus 50 selon les pays. Et puis en plus, c'est les utiliser dans des conditions qui vont être un peu difficiles, dans un véhicule tout terrain, où ça bouge, où on n'a pas la même précision que quand on est derrière un bureau. En fait, c'est le genre de choses dont on se rend compte d'un temps, quand les opérationnaires disent « mais pourquoi ils nous ont fait un truc comme ça ? Ce n'est pas possible, on ne peut pas l'utiliser » . Et en fait, moi, je suis convaincue que ces erreurs, d'abord, on apprend des erreurs, et que pour les éviter, ça passe par une bonne compréhension des deux. Je veux dire,
- Speaker #0
c'est un truc qu'on a déjà dans l'industrie. Parfois, entre deux bureaux, on ne se rend pas compte de la réalité du terrain industriel. Tu parles de chaleur, de température froide, de conditions difficiles. Dans un atelier, avec des gants, avec de l'huile, avec de la poussière, avec... parfois une proximité de four où ça fait monter. Des fois, on ne le sait pas alors qu'on travaille à côté d'eux. Donc, effectivement, difficile de savoir ce qui se passe de l'autre côté du monde.
- Speaker #1
Non, mais c'est exactement ça. Là, on a fait un zoom sur le côté appel d'offres. Mais à chaque fois, finalement, on voit bien que dans les organisations, on parle des silos. Et donc, pour casser les silos, on va se mettre en mode projet ou en faire des organisations matricielles. Donc on va modifier tout ça. Sauf que le final dans tout ça, c'est qu'un informaticien, il parle informaticien. Un juriste, il parle juriste. Un technicien, il parle de sa technologie. Et normalement, dans une organisation un peu hiérarchique, il y a des échelons intermédiaires. Et les échelons intermédiaires, à chaque échelon, ce sont des gens qui sont censés être capables d'aider à la traduction et d'aider à mettre de la transversalité. Or, ça, c'est parfois aussi un peu compliqué, surtout quand il n'y a pas forcément une grande culture de managerial.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des industriels qui sont hors jeu de base pour répondre à un appel d'offre du ministère ?
- Speaker #1
Ça dépend des cas, mais pour le coup, a priori, il faut être une entreprise française ou européenne. Et donc, il y a un élément, et je pense que tu voulais qu'on revienne sur ça, c'est la règle ITAR. La règle ITAR, c'est une règle qui a été édictée par les États-Unis, qui est pour le contrôle de l'exportation. des exportations et qui en fait s'appliquent même dans les matériels ou les produits qui vont intégrer des composants américains. Et donc cette règle, elle est importante parce que ça veut dire que compte tenu de ce contrôle à l'export, ils ont la même mise sur la capacité d'utiliser ou pas le produit fini qui va inclure un petit composant mais qui a été produit aux Etats-Unis et dire, puisqu'il y a un composant américain, la règle ITAR s'applique. Et donc, je ne veux pas que ce matériel soit utilisé sur tel ou tel théâtre. C'est une règle qui est hyper importante. Si on veut préserver cette fameuse souveraineté, autonomie, indépendance, de pouvoir avoir des matériels ITAR-free.
- Speaker #0
Oui, parce que là, tu prends zéro risque, effectivement. À l'inverse, est-ce qu'il y a des industriels qui pensent qu'ils n'ont absolument rien à apporter au ministère des Armées et qui, en fait, se sous-estiment eux-mêmes, finalement, et qu'il y a des besoins qui, aujourd'hui... pourrait être couvert s'il y avait une meilleure communication entre les deux mondes ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas d'exemple précis en tête, mais j'en suis convaincue.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une autre chose avec laquelle tu voudrais que les auditeurs repartent sur cette connivence qui mérite d'exister entre le civil et la défense ? Et le militaire, parce que la défense est aussi civile.
- Speaker #1
Oui, en ministère des Armées, on a du personnel civil, il ne faut pas l'oublier. Ça représente quand même plus de 30% des effectifs.
- Speaker #0
Oui, et puis il y a l'industrie de défense qui n'est pas... que militaire non plus.
- Speaker #1
Quand on parle d'industrie de défense, en fait, c'est clairement établi. Le périmètre n'est pas tout à fait, mais c'est quand même clairement établi. En fait, être industriel de la défense, c'est appartenir à la base industrielle technologique de défense. Et donc, ça veut dire être identifié par la direction générale de l'armement, la fameuse DGA dont j'ai parlé tout à l'heure. Et cette BITD, c'est quand même neuf grands donneurs d'or, mais plus de 1700 entreprises. Et ce sont des entreprises qui ne travaillent pas exclusivement avec la défense. Je pense qu'elles ne pourraient pas vivre sinon. Donc, c'est ça qu'il faut voir, en fait. C'est un tissu. Et je ne sais pas si on reviendra dessus après ou pas, mais sur la question de, finalement, comment cette base industrielle et technologique de défense peut être un élément moteur pour la réindustrialisation de notre pays, ce dont je suis profondément convaincue, c'est que finalement... face à 20-30 années de désindustrialisation, on a préservé en France cette fameuse BITD, puisqu'on a fait le choix pour notre défense d'équiper nos armées avec du matériel français, ou quasiment, excusez-moi, français. Ça a eu un coût pour nos armées, parce que c'est des matériels qui ont parfois coûté plus cher que si on avait acheté sur étagère. Ça a été permis aussi par le jeu des exportations, qui est maîtrisé par l'État aussi. Mais tout ça, c'est une grande force. parce que ça nous a permis de maintenir des capacités, de maintenir des savoir-faire. Et je suis convaincue que cette BITD, c'est une base solide qui maintenant est scrite dans la durée et qui est capable de faire des petits et d'être le fer de lance de l'organisation.
- Speaker #0
Ta vocation aujourd'hui, c'est en partie d'acculturer le monde civil aux militaires. Et donc, je vais te proposer... des moyens de le faire dans la prochaine section avec des médias créés spécialement pour toi. Pour chacun, tu me diras si c'est classe, on le lance demain, c'est go direct ou ça casse, tu vas beaucoup trop loin, on parle militaire ici, on est sérieux quand même. Ça se passe tout de suite dans le c'est classe ou ça casse. Je te propose Secret Défense, une série d'interviews avec des industriels du secteur défense qui prouvent que la défense, c'est aussi un truc de civil.
- Speaker #1
oui c'est classe c'est classe ? oui la défense pour les nuls des épisodes de 5 minutes où tu démystifies un terme bien précis puisque les mots ont leur importance et ça aussi c'est super classe en fait c'est ce que j'aimerais faire dans mon bouquin que je traîne désespérément à écrire et bien enregistre des épisodes de 5 minutes et après ça fait un bouquin à la fin et je vais réfléchir je vais réfléchir si Fred m'entend m'écoute je vais lui en reparler on va en reparler mais oui oui je en On va peut-être reparler aussi des forces morales de la nation. Je pense que tout ce qui peut être de nature à faire comprendre ce qu'est la défense, parce que la défense, ce n'est pas que l'affaire des armées, même si l'outil de défense est grandement porté par le ministère des Armées, c'est aussi tout un tas d'autres choses, en fait. Ce que j'aime bien aussi dire, ce que je dis à mes étudiants, c'est que la politique de défense irrigue aussi d'autres politiques publiques, la politique économique via la BITD, mais aussi la politique mémorielle, puisque... le ministère des armées avec l'office national des anciens combattants et se charge de tous les monuments et donc les cérémonies, etc. Ça contribue à la politique mémorielle du pays, par exemple.
- Speaker #0
Proposition suivante, objectif défense, tout pour répondre à son premier appel d'offre pour la défense sans se prendre les pieds dans le tapis.
- Speaker #1
Tu vois, classe aussi. C'est vrai, c'est classe aussi.
- Speaker #0
Je travaille.
- Speaker #1
C'est classe aussi. Ça prêtera peut-être concurrence. Je crois que j'ai des camarades où il y a un certain nombre d'entreprises qui ont commencé à se monter pour aider justement dans la réponse aux appels d'offres. La concurrence est saine quand elle est faite en des conditions où chacun a sa chance, en fait. Parce que si finalement...
- Speaker #0
on répond à un appel d'offres et qu'on sait très bien qu'on a zéro chance, le risque, c'est qu'au final, le ministère se retrouve avec plus qu'un candidat ou deux, peut-être. Ce qui est important aussi, c'est que parfois, pour certains appels d'offres qui sont énormes, ce serait peut-être arriver à mieux consolider plusieurs entreprises qui pourraient répondre ensemble.
- Speaker #1
C'est vachement important ce que tu dis sur la... L'importance de la concurrence saine, j'avais en ligne un industriel il n'y a pas très longtemps qui m'expliquait que lui, tout ce qu'il faisait en termes d'innovation technologique, tout ce qu'il installait, il le communiquait. Tout était public parce qu'il voulait être copié. Il voulait que les entreprises du coin fassent la même chose parce que quand le collectif va bien, lui va mieux.
- Speaker #0
Oui, mais ça pour le coup...
- Speaker #1
Et ce n'est pas encore si courant que ça comme façon de penser.
- Speaker #0
Ce n'est pas courant. Et c'est pourtant, moi, c'est une évidence. Je l'ai appris ça en classe préparatoire. J'ai appris ça en classe prépa où on avait des enseignants qui ont passé un concours. Donc, le concours, c'est très individuel. On réussit, on ne réussit pas. On est seul devant sa feuille. Mais ils nous avaient dit, la classe, vous obtiendrez des meilleurs résultats et tous, collectivement, vous aurez plus de chances si vous vous entraidez et si vous travaillez ensemble. Donc, c'est un peu contre-intuitif au départ, mais le résultat, c'est que oui, effectivement, dans cette classe-là, c'était une classe préparatoire à Normale Sup, on était une trentaine d'étudiants. Chaque année, il y avait une quinzaine, entre 10 et 15 étudiants qui rentraient à Normale Sup. Et pour Saint-Cyr, on était trois candidats, on a tous les trois réussi.
- Speaker #1
Je vais aller sur ma dernière proposition, défense d'avoir peur. Ton oeil sur la situation géopolitique actuelle ou tu éclaires sur l'importance de l'outil défense ?
- Speaker #0
C'est aussi très classe.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
c'est aussi très classe. Carton plein pour moi. C'est aussi très classe parce que la situation géopolitique d'aujourd'hui est très anxiogène. Je pense qu'il ne faut pas mentir, qu'il faut être au courant de ce qui se passe à travers le monde. Je pense qu'il faut se préparer. C'est pour ça que je pense aussi qu'on doit avoir un outil de défense solide et qu'on doit avoir un État solide. Mais ce n'est pas pour ça qu'on doit vivre dans la peur. On sait qu'il y a des gens qui sont plus ou moins honnêtes. Il y a des voleurs. Il y a des gens qui volent, qui rentrent dans les maisons et qui volent. Et on sait aussi que dans beaucoup, beaucoup de cas, c'est des vols opportunistes. Donc, la porte d'entrée est ouverte, on rentre. Donc, fermer la porte d'entrée à clé, ce n'est pas être traumatisé. C'est juste être précautionneux et avoir compris qu'il y avait ce risque et que pour maîtriser ce risque et pour... quasiment, on n'est pas à l'abri d'être cambriolé, il ne faut pas dire que ce n'est pas. Mais pour limiter le risque, il y a une action simple, c'est fermer sa porte à clé, mais y compris quand on est à l'intérieur. C'est un peu la même chose en fait. Pour moi, être au courant de tout ce qui se passe et se préparer, ça ne veut pas dire qu'on doit vivre dans la peur, mais ça veut dire qu'on ne doit pas être naïf, on ne doit pas se voiler la face et que plus on se prépare... Et moins on a de chances que ça arrive, parce que d'abord, c'est un peu le principe aussi. C'est plus on a une défense force, moins on risque d'être attaqué. Et en plus, si un jour il y a une catastrophe qui arrive, on est prêt et c'est beaucoup plus facile de reprendre un état normal.
- Speaker #1
Ça me va. C'est rassurant, mais sans être... C'est pas trop optimiste non plus. Il faut être réaliste par rapport à la situation actuelle. Non, non, non.
- Speaker #0
C'est pas du... Et ce n'est pas ni être optimiste ni pessimiste, c'est être réaliste. C'est une situation, c'est comme ça, c'est la vie. Et puis, soit on ne vit plus et on vit dans l'angoisse, soit on se dit, OK, qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qui est de notre ressort ? Qu'est-ce qui n'est pas de notre ressort ? Et voilà, et puis on continue à vivre et on continue à avancer. Parce qu'après la guerre, il y a la paix.
- Speaker #1
Je vais te mettre maintenant sur le siège le plus inconfortable de l'émission. Tu vas passer sur le grill. Alors le grill, c'est très simple. C'est quatre questions plus inconfortables que les autres. L'idée, c'est de répondre rapidement sans trop y réfléchir. Ma première question, c'est quoi ta plus grosse erreur de carrière au ministère ? Celle que tu n'as jamais racontée à personne.
- Speaker #0
En fait, je me suis creusé la tête.
- Speaker #1
Tu n'as jamais fait d'erreur ?
- Speaker #0
Si, j'ai fait des erreurs. Non, ça, certainement pas. Parce qu'il y a une adage qui dit qu'il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d'erreur. J'ai fait des bons bugs, j'ai fait des bugs d'erreur de grade. Voilà, ça, c'est... C'est bête, c'est machin, mais ça fait qu'on devient blanc comme un linge, qu'on se dit qu'il va y avoir une espèce de retour de bâton. Me planter dans un horaire de ne pas assister à une réunion où c'était moi en plus qui devais faire la réunion.
- Speaker #1
Ah oui ! Ça, on peut bien transposer aussi.
- Speaker #0
Il n'y a pas de problème. Et après, ce n'était pas une erreur, mais j'étais toute jeune. J'ai fait une reconnaissance pour faire une course d'orientation avec ma section. Et donc, j'étais partie avec mon adjoint en petite moto sur les terrains dans la forêt. Et en fait... je me suis plantée c'est pas une erreur c'est un plantage en fait mais je me suis donc j'ai la route devant qui est partie d'un côté la route derrière de l'autre ah oui plantée-cassée d'accord voilà donc je me suis vraiment plantée petit compte rendu j'avais cassé la moto voilà donc c'est c'est c'est clairement une erreur de conduite de ma part parce que j'ai pas anticipé machin mais voilà et même ça vous voyez mon adjoint était prêt à me courir mais Mais même pas.
- Speaker #1
Quand tu étais au ministère, tu étais assez critique de la façon dont il gérait l'externalisation. Ou peut-être parfois l'absence d'externalisation de certaines choses. Est-ce que ça t'a attiré des ennuis ?
- Speaker #0
Oui et non. En fait, je ne suis pas opposée à l'externalisation. Je voulais revenir sur le sujet parce qu'au cours de ma carrière, j'ai connu plusieurs grandes transformations du ministère. Il y a eu la première grande transformation, ça a été la professionnalisation des armées, avec la suspension du service national annoncé par le président Chirac en 1997. Et puis, la deuxième grande transformation, ça a été au moment de la révision générale des politiques publiques avec le président Sarkozy, où là, la transformation, ça a touché les armées vraiment de manière profonde, puisqu'il y a eu une modification de l'organisation des soutiens. Et finalement, à chaque fois qu'il y a eu ces grandes transformations, se sont posées des questions en matière de ressources humaines, en matière de finances, d'emprise territoriale, etc. Et l'externalisation, donc faire-faire, était toujours une solution à certaines des questions. Par exemple, quand on a professionnalisé, on s'est dit, les soldats, il faut qu'ils soient absolument sur leur cœur de métier, qu'ils se préparent aux opérations, etc. On était vraiment une armée tournée vers les opérations extérieures, avec de nombreux engagements, notamment en Afrique, mais aussi au Kosovo, en Afghanistan. On a eu beaucoup d'engagement à l'extérieur. Et donc, la bonne idée, ça a été de se dire, on va externaliser le gardiennage des bases militaires. Pour moi, en fait, la critique, elle venait surtout du fait qu'on avait parfois du mal à prendre la solution externalisation dans son ensemble, et surtout de bien analyser l'impact que ça allait avoir, que ça pouvait avoir. Parce que, je vais prendre un exemple, souvent... Les fonctions qui peuvent être externalisées, ce sont des fonctions de soutien, de support. Pour le coup, dans mon domaine, qui était le domaine à l'époque où j'étais dans l'armée de terre, donc la maintenance, on voit bien qu'un mécanicien, dans le privé, il n'a pas besoin d'aller faire de sport, il ne va pas faire du tir, il ne va pas faire d'exercice. Donc, il a tout son temps pour faire son métier de mécanicien. Donc forcément, par rapport à un militaire qui, lui, va faire son travail de mécanicien, mais va se préparer et va se maintenir en condition opérationnelle, lui, en tant que personne, donc faire du sport, parce que ça fait partie d'une obligation, partir parfois en opération extérieure, etc., faire du tir, etc. Forcément, même malgré le fait qu'une société privée, elle doit faire des bénéfices, dégager de la marge, etc., l'un dans l'autre, ça peut coûter moins cher de finalement dire « Bon, on va faire la maintenance de nos matériels par du personnel, par une entreprise privée. » Sauf que, le jour où on part en opération extérieure, Les mécaniciens de l'entreprise ne peuvent pas partir. Il n'y a pas d'obligation. C'est le statut militaire qui fait qu'on peut et qu'on a une obligation de partir. Et on ne peut pas envoyer quelqu'un qui n'a pas maintenu sa compétence technique. Donc, tous ces métiers, c'est valable pour le domaine de la mécanique, mais c'est valable dans le domaine de la restauration, c'est valable dans plein de domaines, dans le domaine de la santé. Donc, tous ces domaines de soutien et de support qui peuvent paraître un peu loin du cœur de métier. militaires, opérationnels, tels que l'infanterie, la cavalerie, donc des gens qui vont être sur le théâtre en première ligne. C'est une idée, mais il faut bien analyser les conséquences et voir quel est l'équilibre. Et donc, moi, je me suis battue et ça a été parfois un peu compliqué contre une position qui peut être un peu trop dogmatique.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un sujet tabou dans le monde de la défense que personne n'ose dire à voix haute en dehors du ministère ?
- Speaker #0
C'est vrai que le ministère était un peu assimilée à la grande muette, avec finalement une espèce de boîte noire où il se passe des tas de choses et on ne sait pas trop ce qui s'y passe. Alors, il se passe des tas de choses dont on n'est pas forcément au courant, mais pas parce que ça se cache, mais parce que tout simplement, c'est la vie, c'est comme dans une entreprise. Tout ce qui se passe dans l'entreprise n'est pas su à l'extérieur, et c'est bien normal. Maintenant, moi, je trouve que le ministère s'est éloigné d'être aujourd'hui la grande muette et que... Même sur des sujets qui sont difficiles, et je vais prendre un sujet qui me concerne au premier chef, c'est le sujet de la féminisation. C'est un sujet qui n'a pas été facile, il y a eu quand même un certain nombre d'articles dans les journaux qui ont mis en avant des situations. qui était vraiment anormale. Je pense que le ministère a été courageux, parce qu'il a été évidemment titillé, parce qu'il s'est passé des choses à l'extérieur, des choses qui sont sorties, mais il n'empêche qu'à partir de là, il y a un vrai travail qui a été fait de fond pour comprendre, analyser, savoir si tout ce qui avait été écrit était réel, et mettre en place des solutions. Et des solutions qui, aujourd'hui, ont été des solutions un peu précurseurs, si je peux me permettre, si je peux dire, par rapport à ce qui existait dans le privé. Alors, ça ne veut pas dire que tout est nominal. Ça ne veut surtout pas dire que la situation des femmes dans les armées est complètement... Ça dépend des situations, ça dépend des endroits, ça dépend de plein de choses. Mais il n'empêche que ce sujet, qui pouvait être un peu tabou, a quand même été pris, a quand même été abordé.
- Speaker #1
Est-ce qu'on dort bien la nuit quand on a fait l'essentiel de sa carrière dans l'armée ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si tout le monde dort bien, mais en ce qui me concerne, c'est possible. Je pense que j'avais un capital de départ, mais je pense qu'il a été travaillé aussi. Parce que j'aime bien raconter cette histoire. Quand on est à l'école, à Saint-Cyr, on fait des stages commandos. Et le principe d'un stage commando, c'est qu'on ne sait jamais ce qu'on va faire dans les cinq minutes qui suivent. Or, la devise des commandos, c'est être et durer. Et en fait, on comprend très vite que derrière cette devise, c'est dès que tu peux, tu dors. Voilà. Et donc, on apprend que le sommeil, c'est hyper important, que ça doit être un moment réparateur. Et on apprend aussi à faire des pauses pour se reposer. Et donc, on était quelques-uns, quasiment tous d'ailleurs, à dormir, y compris dans un camion, balotté sur un banc à l'arrière d'un camion entre deux déplacements. Parce que ne sachant pas trop ce qui nous attendait à l'arrivée du camion, on profitait du transport pour se reposer. Une fois, il m'est arrivé de commencer à somatiser et à me réveiller la nuit. Vous savez, ça tourne en boucle et on n'arrive pas à se rendormir. Et là, j'ai demandé à quitter le poste que j'avais parce qu'il en allait de mon équilibre et de ma santé.
- Speaker #1
Merci, tu as fini ton grill. Maintenant, je voudrais qu'on s'intéresse au futur du militaire, peut-être la connexion civile-militaire. Ça se passe tout de suite dans retour vers le futur. Dans dix ans, tu imagines quel type de PME qui ne travaille pas forcément pour la défense aujourd'hui, mais qui pourrait combler un besoin qui n'est pas encore analysé aujourd'hui ?
- Speaker #0
Sans doute dans le domaine du quantique, les technologies sont arrivées à un certain degré de maturité et qu'il y aura une place à prendre pour les entreprises, les industries. Sans doute qu'en plus, ce sera un marché très dual. Mais après, je ne vais pas m'aventurer plus avant parce que je ne saurais dire comment ça se traduira. Parce que pour moi, c'est... Puis je vais me faire taper sur les doigts par mon fils. Il m'a dit de manière très solennelle, un jour, je sais ce que je veux faire. Je veux contribuer à la réindustrialisation de la France. Je lui ai dit, écoute, ton grand-père serait fier, serait content. Et je pense que c'est une belle mission. C'est ça.
- Speaker #1
Ça fait du bien de l'entendre chez les plus jeunes, en tout cas. Donc, très bien. Justement, la réindustrialisation de la France passe par la défense. Ce sont tes mots à toi. Est-ce que tu peux me dire comment tu vois l'imbrication ? Dans l'immédiat, une ou deux prochaines années, entre l'état de notre industrie actuelle, les opportunités défense.
- Speaker #0
Il y a une actualisation de la loi de programmation militaire qui est en train d'être votée, avec plus de 36 milliards d'euros. La loi de programmation militaire prévoyée de 2025 à 2030, là on est déjà en 2026, donc ça va s'appliquer pour les années d'ici 2030, mais par rapport aux 413 milliards qui avaient été votés pour la loi de programmation militaire, c'est quand même un effort supplémentaire énorme. Et donc tout ça, ça va se traduire par des commandes, ça va se traduire par des achats, puisque l'objectif étant de répondre aux besoins des armées. Et sachant qu'il y a une partie de ce budget qui va évidemment sur la partie ressources humaines, mais une grande partie est pour l'équipement de nos forces. Donc ça veut dire que concrètement, il y a de quoi et il y a des marchés qui vont arriver ou qui vont se continuer et pour lesquels on a une... meilleure garantie, une meilleure visibilité que ce qu'on pouvait avoir il y a quelques années. Après, sur quel secteur, quel domaine ? On voit bien que les grands secteurs sur lesquels il y a des efforts, il y a la reconstitution de nos stocks de munitions, parce qu'en plus, il y a beaucoup de munitions qui ont été utilisées ces dernières années, donc c'est un dernier temps. Là, il y a un gros travail. Après, j'ai cru comprendre que l'objectif c'était de préserver les forces traditionnelles, classiques. telles qu'on a su les préserver jusqu'à présent, avec évidemment le nucléaire, mais aussi les forces navales, notre force aérienne, notre force terrestre, avec toutes les composantes, mais que va s'adjoindre des éléments supplémentaires, notamment tout ce qui est drones, et que ce soit des drones aériens, des drones en accompagnement de l'armée de terre, ou des drones pour la marine en accompagnement de nos forces navales. Donc là, il y a un vrai boulevard aussi. Après, On voit bien aussi qu'il y a un gros enjeu derrière les systèmes d'information, la transparence du champ de bataille, la guerre électronique. Donc finalement, le champ est assez vaste. Et je me dis que pour nos entreprises, qu'elles soient des entreprises, des industries, plutôt d'un, je ne suis pas une grande spécialiste, mais de mécanique, d'optronique, d'un domaine du numérique ou des systèmes d'information, finalement, je pense qu'il y aura de la place un petit peu pour tout le monde.
- Speaker #1
Je vais encore une fois reprendre tes mots. Tu m'as parlé de force morale de la société, de faire société, de faire nation pour résister aux difficultés actuelles. Concrètement, aujourd'hui, une PME industrielle ? Comment elle fait corps avec ces idées-là ?
- Speaker #0
L'organisation de la défense, elle est basée au départ sur l'analyse des menaces. En fait, on construit notre défense face aux menaces, à l'évaluation des menaces qui pèsent sur notre pays et nos intérêts. L'année dernière a été actualisée la revue stratégique, qui était un peu le successeur des livres blancs, et qui fait une espèce d'état des lieux de la menace. Et face à ces menaces hybrides, qui sont aussi... peuvent aussi être internes dans notre pays, il est apparu que finalement, la défense devait être globale. Et que donc, au-delà de ce que porte notre outil de défense avec le ministère des Armées, c'est la société dans son ensemble qui devait se préoccuper de la défense de notre pays. Et donc, c'est là qu'est née cette idée, qu'il y a eu une espèce de regain autour des forces morales de la nation. Et les PME, oui, bien sûr qu'elles doivent y contribuer, parce qu'elles font partie de la société, et donc c'est un effort national pour comprendre. et puis savoir ce qu'on a à défendre. Les PME, elles le font, je pense, au quotidien, par la richesse qu'elles produisent, parce que quand elles payent des impôts, ça permet aussi de financer l'outil de défense, de manière directe ou indirecte. Mais elles peuvent le faire aussi, de manière peut-être, selon les cas, en s'investissant aussi dans la réserve. Il y a la réserve opérationnelle, la réserve citoyenne, pour véhiculer et contribuer à cet esprit de défense.
- Speaker #1
On va rester là-dessus, on va pouvoir clore l'épisode ensemble. Il ne me reste plus qu'à te poser les questions signatures. Ce serait quoi ta première mesure si tu étais ministre de l'Industrie ?
- Speaker #0
Je crois que je ferais comme j'ai fait à chaque fois que je suis arrivée sur un poste. Une note d'organisation ? Une note d'organisation. Je commencerais par me faire une bonne idée de l'état des lieux. Et après, dans l'état des lieux, on voit aussi quelles sont les parties prenantes. Et la deuxième étape, c'est d'aller voir les parties prenantes, en fait. Donc, je crois que la première mesure, ce serait de ne pas prendre de mesures de suite. Ce serait de prendre le temps d'aller rencontrer, à partir. Et puis, je m'appuierai évidemment sur, je pense que j'aurai un cabinet avec des gens brillants. J'aurai une inspection générale. Je te le souhaite. Donc, je m'appuierai sur tout ça parce que je pense que c'est important de s'appuyer aussi sur les gens qui connaissent le ministère. Et puis après, je crois que je m'attèlerai aussi à faire le tour des régions parce que dans notre pays, on a quand même donné, confié aux régions, une responsabilité de développement économique. Et je pense qu'il y a vraiment quelque chose à faire en termes d'articulation entre... Le rôle du ministre qui doit conduire à la politique économique du pays, donner une impulsion et qui a des services en propre, notamment la Direction générale des entreprises et le CIC, etc. pour la sécurité économique, mais qu'il doit pouvoir aussi s'appuyer sur les régions pour le développement économique et trouver des solutions qui sont peut-être aussi des solutions plus terre-à-terre, basiques, locales. et qui en plus permettront peut-être aussi de travailler à cette politique territoriale et à une redistribution de la richesse.
- Speaker #1
Toi, tu interviens beaucoup dans les médias. Tu as même collaboré sur l'écriture de livres. Tu en as un qui est en cours. Je voulais te demander, c'est quoi ton pire souvenir média ? Et j'espère que ce n'est pas aujourd'hui.
- Speaker #0
Non, pas du tout. Mon pire souvenir média, c'est un jour, une interview où en fait, clairement, les journalistes qui étaient en face de moi n'avaient pas du tout préparé l'interview.
- Speaker #1
Ça arrive.
- Speaker #0
Et donc, ils ne savaient pas qui j'étais. ils avaient des questions toutes faites et j'ai trouvé ça très désagréable j'ai trouvé que c'était une forme de manque de professionnalisme.
- Speaker #1
Ce serait quoi le conseil que tu te serais donné que tu te donnerais maintenant avec le recul au moment où tu choisis d'aller vers le militaire ?
- Speaker #0
Je me dirais que la vie est belle et qu'elle est longue il faut avoir la santé mais qu'il faut oser, que la clé elle est là qu'il faut savoir saisir savoir encaisser mais savoir aussi saisir les opportunités Comme je l'ai dit, j'ai beaucoup dit que j'avais eu de la chance, mais j'ai eu... C'est une copine qui me dit, arrête de dire que tu as de la chance. Je dis oui, mais en fait, c'est marrant parce que mon binôme de Saint-Cyr, dans son discours de départ en deuxième section, a dit aussi ça et dit qu'il avait une bonne étoile. Et je trouve que c'est peut-être ça, mais c'est aussi parce qu'on c'est aller la favoriser, la chancer et aller la chercher. Peut-être que le choix de ma société, c'est aussi lié à ça. c'est trouver les interstices, c'est trouver... trouver ces zones, ces signaux faibles, qui font qu'on va arriver à les capter et qui vont nous aider à oser et qui vont nous aider à grandir et à faire de belles choses.
- Speaker #1
C'est quoi pour toi, oser l'efficacité ?
- Speaker #0
Alors, c'est surtout ne pas avoir peur de chercher à faire mieux. Dans l'administration en général, on parlait beaucoup à un moment donné d'efficacité versus efficience. Parce qu'on allait à la chasse au coût. Ce qui est aussi essayer de faire en sorte de dépenser au mieux l'argent public, ce qui est normal. et je me suis rendue compte que Parler d'efficience, c'était parfois un peu compliqué parce que réduire les coûts, faire mieux et réduire les coûts, mais quid de ceux qui font les efforts ? Qu'est-ce qu'ils ont en retour ? Parce que bien souvent, ça se traduit par des baisses d'effectifs ou par des budgets qui sont coupés parce qu'on se dit finalement, vous avez choisi, vous êtes bien réorganisé. Et finalement, là où on était déjà à l'os, on continue à être à l'os. Donc, je dirais que... Moi, je trouve que c'est important parce qu'il faut continuer toujours à aller de l'avant, mais qu'il faut faire très attention aussi à la manière dont on le met en œuvre, en fait, pour embarquer les équipes et pas les épuiser.
- Speaker #1
Quand on est complètement d'accord avec toi, comment on te contacte et comment on travaille avec toi dans le futur ? C'est quoi le moyen le plus simple de rentrer en contact avec toi ?
- Speaker #0
Alors, le moyen le plus simple, et ce qui me ferait très plaisir, vous allez voir le site Interstices Conseil.
- Speaker #1
On le met dans la description et on veut vos avis sur le site Interstices.
- Speaker #0
interstices donc au pluriel - conseil .fr vous aurez un petit peu comme ça tout mon offre de service tout ce que je fais il y a aussi un petit peu une biographie les deux bouquins les deux livres qu'on a sortis avec ma promotion de Saint-Cyr donc le choix de l'engagement et il ne faut pas être sorti de Saint-Cyr qui ont été édités par un éditeur toulousain et sinon sur LinkedIn aussi mais
- Speaker #1
voilà et ben voilà on met tout ça dans la description je te laisse le mot de la fin une chose à retenir de cet épisode
- Speaker #0
Merci beaucoup de m'avoir donné l'opportunité de m'exprimer sur un sujet qui est important, je pense, l'industrie. Et un sujet qui aussi me tient beaucoup à cœur, c'est faire en sorte que la défense, l'industrie et finalement notre société dans son ensemble ne fassent qu'un, fassent nation autour, non pas face à la peur, mais au contraire pour surmonter tout ça et aller de l'avant.
- Speaker #1
C'est aussi ça, oser l'efficacité, c'est explorer des pistes qui ne sont peut-être pas encore assez pour trouver des opportunités pour nos industries. Moi, je vous dis à la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo. D'ici là, n'oubliez pas de vous abonner pour ne surtout pas la rater. Et surtout, n'oubliez pas d'oser l'efficacité.