- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiebaud, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ?
- Speaker #1
Quels sont les premiers pas pour analyser et rééquilibrer sa charge-capacité ?
- Speaker #2
C'est un peu ce qu'on disait dans l'épicette d'avant. Je pense que la première chose, c'est de se lancer. Ce n'est pas de se dire que c'est une fatalité et que dès qu'on mesure et qu'on se force à faire l'exercice, ça va s'améliorer. Notre mantra, c'est de se dire qu'il faut commencer aujourd'hui. Il ne faut pas attendre la nouvelle année, il ne faut pas attendre la fin du mois. C'est en faisant qu'on apprend. C'est effectivement souvent la change de capacité, ça dépend de plein de paramètres. Est-ce que nos gammes sont justes ? Est-ce que nos livraisons fournisseurs sont bien prévues aux bonnes dates ? Est-ce que nos commandes clients ? Il y a beaucoup de paramètres sur lesquels on se trouve un peu des excuses pour ne pas démarrer. Nos gammes sont fausses, nos temps sont faux. Il y a toujours plein d'excuses et en fait, c'est jamais s'il faut que ça, déjà. C'est ce qu'il faut se dire. Et en fait, juste le fait de se lancer, une des vertus de le faire, c'est que naturellement, tout va s'améliorer parce qu'on va trouver là où il y a des écarts et puis on va les corriger. Et du coup, c'est vraiment un service vertueux. Il y a une phrase un peu rigolote, une anecdote que je dis à chaque fois, c'est qu'on nous dit que chez nous, on n'est pas rigoureux, nos gammes ne sont pas à jour, nos livraison fournisseurs ne sont pas confirmés, on ne sait pas être rigoureux. Je dis que vous payez bien vos gens à la fin du mois, et tout le monde sait combien d'heures il a traité dans le mois. Ce n'est pas une question de rigueur, tout le monde est rigoureux, c'est juste que la donnée, pour être maintenue, il faut qu'elle serve à quelque chose. Et le simple fait de commencer à l'utiliser, à la maintenir, ça va la créer. Personne n'a envie de travailler dans le vide et de mettre à jour des gammes qui ne servent à rien. Donc à partir du moment où... ça devient l'outil du quotidien, l'outil de pilotage. On a un serveur que tu es, ce qui se crée. Et c'est rigolo, quand on parle avec des clients qui utilisent la solution depuis six mois, un an, ils ont les premiers gaps qui leur permettent de faire des bons en capacité en OTD. Et ce qui sort après un an, c'est... En fait, on s'est rendu compte que nos datas se sont énormément améliorées, parce que du coup, le moindre écart, on est capable de le détecter. Et ça, du coup, je trouve que c'est hyper intéressant. Donc, première étape, c'est se lancer. Ça paraît un peu bateau comme ça, mais c'est... C'est souvent le premier frein. Je dis, tout le monde peut commencer à faire la charge capacité. Il ne faut pas grand-chose pour commencer. On peut commencer avec un Excel. Il n'y a pas de sujet là-dessus. Et justement, je trouve que c'est bien de commencer simple avec ce qu'on a et du coup d'aller de plus en plus loin et d'aller ensuite sur des outils qui sont un peu plus élaborés. Mais il ne faut vraiment pas grand-chose pour commencer. Juste l'envie de le faire.
- Speaker #1
Je te rejoins complètement. À partir du moment où tu montres la valeur qu'apporte le travail de chacun, ce sera fait. C'est un peu ce que je prêche. dans mon métier aussi. Tu ne peux pas demander effectivement de mettre à jour des trucs qui ne servent à rien, personne ne le fera.
- Speaker #2
Oui, exactement.
- Speaker #1
Et du coup, on peut commencer avec pas grand-chose, super, mais par quelles données on commence ? Qu'est-ce qu'il nous faut absolument pour se lancer ?
- Speaker #2
C'est vraiment dur de faire sans commande client, mais quelque part, tout le monde a ça. Sans livraison fournisseur, mais quelque part... Tout le monde a des livraisons fournisseurs, on passe tous des commandes à nos fournisseurs. Et des niveaux de stock, alors des fois ils ne sont pas très précis, on n'a pas tout ça, mais c'est la même façon, j'ai fait beaucoup de logistique aussi derrière, et on disait souvent, notre stock n'est pas juste à 99%, et en fait un stock bon à 80% ça suffit pour faire marcher une sublation. Ce qui compte, c'est que les stocks qui soient faibles soient justes. J'ai souvent cette anecdote aussi, quand je faisais de la logistique, on voulait faire de l'inventaire en disant, tout notre stock est faux, on va aller recompter tout notre stock. En fait, il n'y a pas besoin de recompter tout notre stock. Quand tu as 10 000 pièces en stock, ça va avoir, si tu en as 10 000, 1 ou 9 999, ça a très peu d'impact. Par contre, quand tu en as 4, ça va avoir, si tu en as 2 ou 6, ça peut énormément avoir d'impact. Et du coup, c'est plutôt identifier facilement là où l'écart va avoir de l'impact. Et du coup, peut-être pour finir sur les dents de trait, et ensuite, c'est les ouvertures machines, les heures de présence des équipes. Mais ça paraît, c'est des données qui existent. Et souvent, s'il n'y a pas de gamme de fabrication, c'est assez facile de faire une macro-gamme. Et ça, ça suffit à le faire. On était il n'y a pas longtemps dans une usine de fabrication de boules de pétanque. Et c'était un truc finalement assez artisanal qui était en train d'être industrialisé. Ils n'avaient pas de gamme. Et finalement, on crée une macro-gamme assez approximative, mais finalement qui permet d'avoir un bon statut à l'échelle d'une semaine de la charge capacité du site. Et du coup, on peut commencer à travailler là-dessus. Et comme je disais tout à l'heure, petit à petit, on va du coup incrémenter, aller plus finement dans les différentes gammes de boules. Mais en tout cas, pour faire une première approximation, on commence à travailler. On fait une macro-game, ça a pris un quart d'heure, et puis on peut démarrer.
- Speaker #1
Je trouve ça génial d'entendre ça, de se dire que, encore une fois, on n'a pas besoin de trucs hyper précis, hyper avancés pour avoir de gros résultats. Enfin, tu disais que ça paraît simple, que se lancer, c'est le premier conseil. Mais en fait, c'est assez évident. Et tant qu'on ne commence pas, il n'y a pas de résultat.
- Speaker #2
C'est exactement ça. Et puis, je trouve que c'est aussi un contre-pied. On entend beaucoup l'intelligence artificielle aujourd'hui. Tous les projets d'intelligence artificielle sont basés sur des données hyper précis. Si on utilise aussi l'intelligence humaine, on peut avoir des résultats hyper intéressants, très rapides, sans avoir énormément de formation du modèle, d'itération sur le modèle. On peut commencer encore une fois tout de suite. Après, on pourra rajouter des modèles plus complexes. Ce que je disais aussi souvent, et c'est un peu notre mantra dans l'équipe, c'est keep it simple Faisons simple, arrêtons de vouloir faire des usines à gaz tout le temps. L'industrie, ça reste souvent un métier un peu caractérisé d'ingénieur. On aime bien construire des trucs compliqués. complexe et en fait il faut des choses simples qui marchent.
- Speaker #1
Tu as déjà un peu répondu à cette question mais je vais quand même te la reposer. On peut se lancer seul ou est-ce qu'il faut absolument un logiciel ?
- Speaker #2
Je pense effectivement qu'on peut se lancer seul et c'est vraiment ça l'important. Alors nous on définit plusieurs niveaux de maturité sur le processus d'équilibre échange capacité et alors nous je parle en temps que mon expérience un peu qu'on a eu en tant qu'entreprise mais... Ça marche d'autant mieux que les gens ont commencé à se lancer avec les moyens qu'ils avaient, parce que du coup, ils ont déjà des données, ils ont entamé la démarche. Et comme je disais tout à l'heure, le premier conseil, c'est de se lancer et faire ce premier step. Ça permet d'enchaîner ensuite plus vite. Et inversement, des clients, des fois, ou des prospects qui ont des cahiers des charges très précis et qui ne se sont pas lancés, en fait, on a vite une décorrelation entre le besoin qui est exprimé dans le cahier des charges et ce qu'il y a besoin sur le terrain pour faire avancer. Et on tombe un peu dans ce que je disais juste avant, dans beaucoup de complexités. on met des processus compliqués sur finalement des choses qui n'auront pas beaucoup d'impact. Et du coup, ça, on s'en rend compte en le faisant. Du coup, je trouve que c'est bien de commencer avec rien, avec un Excel, de voir là où on a besoin. Et ça permet d'identifier vraiment, ensuite de faire son cahier des charges, en disant, avec l'Excel, on est bloqué à ce niveau-là, on n'arrive pas à passer ce cap. Et du coup, de vraiment focaliser là-dessus. Plutôt que de se dire, il me faut un logiciel qui va gérer une séquence hyper compliquée de colorimétrie sur une machine d'injection qui... où il y a des temps de nettoyage couleur qui font. Et en fait, quand on regarde l'impact du temps de réglage sur la capacité de l'usine, on est dans l'épaisseur du trait. Et du coup, oui, c'est bien, mais au stade où on est actuellement, ce n'est pas ça qui va faire la différence. Donc c'est pour ça qu'y aller par étapes, c'est ce qui est important. Donc on peut se faire accompagner, mais encore une fois, pour sauter le pas, pour se lancer, c'est avant tout la volonté du directeur de prod, du responsable planning ou supply qui va faire qu'on va y arriver. être accompagné par un consultant ou un administrateur, ça va peut-être te faire le petit coup de pouce, mais en tout cas pour se lancer, il ne faut pas grand-chose.
- Speaker #1
Ça marche. C'est encore un truc sur lequel on se rejoint, parce que moi j'adore arriver dans des entreprises où il y a déjà des Excel, parce que ça veut dire qu'ils ont déjà réfléchi, même sur d'autres sujets. Je travaille globalement sur la numérisation des process, mais à partir du moment où il y a un Excel qui existe, c'est que quelqu'un a réfléchi à ce dont il avait besoin, et c'est un super point de départ.
- Speaker #2
Exactement, c'est vraiment ça. On partage complètement le constat.
- Speaker #1
Eh bien super, ça va clore notre épisode pratique aux pratiques. Et puis demain, on passe à un cas concret d'accompagnement.