- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiebaud, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ?
- Speaker #1
Une fois qu'on a fait l'équilibrage de sa charge capacité, quelles nouvelles possibilités ça offre à l'entreprise ?
- Speaker #2
Je pense que c'est un peu le résumé de ce qu'on a dit dans les épisodes précédents. La première chose, c'est être plus dans l'action, c'est-à-dire que moi passer du temps à essayer de récupérer des données pour prendre des décisions, mais prendre des décisions vraiment et faire des choix et réfléchir sur des actions plutôt que sur chercher où est l'information. Et derrière, un des retours aussi qu'on a, c'est que ça apporte beaucoup de sérénité dans l'atelier et souvent le avant-après, c'est... J'ai plein de commandes dans mon atelier et en gros je priorise parce que mes clients m'appellent pour savoir quand est-ce qu'ils vont être livrés leurs commandes ou je découvre le jour même que leur commande va partir avec deux semaines de retard. Et en fait il n'y a rien de plus désagréable pour un client que de savoir le jour où on attend sa livraison d'être annoncé deux mois de retard. C'est quelque chose qu'on aurait pu le savoir bien en avance. Et du coup ça permet de sortir un peu du mode pompier, peut-être plus dans l'anticipation. Et du coup il y a un mot qui revient souvent chez nos utilisateurs, c'est la sérénité. C'est un mot un peu bateau, mais finalement, ça illustre bien ça aussi, le fait de sortir du monde pompier, des clients ou des ADV qui sont dans l'atelier, qui appellent tout le temps pour savoir quand est-ce que les commandes vont sortir. Il faut prendre la maîtrise et être plus dans l'anticipation plutôt que de subir la charge. Un client qui utilise ce terme, c'est qu'avant, on subissait la charge, maintenant, on anticipe. En fait, c'est deux choses complètement différentes et ça apporte beaucoup de différences dans la façon de piloter.
- Speaker #1
Est-ce que ça redonne de la place à l'innovation ?
- Speaker #2
Effectivement, je pense que l'innovation, finalement, c'est beaucoup d'itérations. Et du coup, c'est finalement être dans l'action. On a souvent en tête, l'App Store, c'est fait en une nuit ou sur un compte-table. En fait, ce n'est pas comme ça que ça marche. En fait, c'est beaucoup d'itérations, d'innovation. Et pareil, Facebook n'a pas été fait en une nuit. Mais en tout cas, sortir du monde pompier, retrouver de la place, retrouver de la maîtrise de son temps et passer dans l'action, c'est justement pouvoir se permettre d'aller innover. Que ce soit des nouveaux procès de fabrication, des nouveaux produits, des nouvelles façons de... piloter mais je pense que c'est effectivement très lié de toute façon on n'est pas capable d'innover quand on a nos clients qui nous appellent quatre fois par jour pour savoir où est donnée leur commande c'est pas là dedans qu'on veut innover du coup je pense que c'est hyper lié j'avais jamais vu ça comme ça mais c'est sûr
- Speaker #1
je te rejoins tout ce qui est innovation créativité ça n'est dans un esprit libre quand on est en mode pompier ça marche pas et en termes de planification de croissance est ce que c'est quelque chose que tu vois chez tes clients qu'ils sont plus en mesure de la planifier et de prévoir le futur plus sereinement ?
- Speaker #2
Oui, on n'a pas de boule de cristal et on n'est pas capable de prévoir tout ce qu'il fait. Par contre, ça permet d'être beaucoup plus sain dans ses analyses, d'avoir des scénarios hauts, des scénarios bas qui sont aussi changifrés, et de tester la robustesse de ces scénarios. Oui, on accompagne aussi pas mal de... La majorité de nos clients font de la croissance, et même si c'est l'industrie, c'est souvent des croissances à plus de 20% annuelles, donc c'est hyper important pour eux de savoir... Comment faire ? Et d'identifier un peu le goulot qu'ils auront dans six mois. Qu'est-ce qui va être bloquant ? Est-ce que c'est une personne qui part à la retraite avec une compétence critique ? Est-ce que c'est une machine ? Et comment on va travailler là-dessus justement pour ne pas que le jour où Pierrot part à la retraite, on se rend compte qu'il n'y a plus personne qui s'est changé un moule dans une ville. Il y a plein de vertus derrière qui permettent d'être beaucoup plus sereins sur l'avenir, que ce soit à court terme mais aussi à long terme.
- Speaker #1
Merci pour cet échange. Je vais passer à mes... trois petites questions signature avant de clôturer. Xavier, qu'est-ce qui te rend fou ?
- Speaker #2
Alors, il y a la plateforme de l'Ursaf, mais les blagues à part. Et en plus, je pense qu'ils travaillent beaucoup dessus en ce moment. Ce qui me rend fou, j'ai ce défaut depuis longtemps, c'est que je vois vraiment la production et les process comme un orchestre et j'aime bien quand tout est bien organisé. J'ai toujours cet œil quand je suis dans un restaurant ou n'importe où, de regarder comment c'est organisé, comment ça marche. Et des fois, je n'arrive pas à passer outre le fait quasiment d'aller regarder comment ils font pour les challenger, essayer d'optimiser avec eux. Et du coup, la non-organisation me coûte énormément d'énergie.
- Speaker #1
Il n'y a pas très longtemps, j'étais au restaurant et on a mis deux heures à avoir nos entrées. Je pense que tu serais peut-être parti en fait.
- Speaker #2
C'est possible. Et voilà, il y a un film qui m'a marqué et je trouve que c'est The Founder, le film sur le fondateur de McDonald's. Il y a une scène où il essaie de concevoir ses cuisines et c'est quasiment orchestré comme un chef d'orchestre où il fait quasiment danser ses postes. Et moi, j'ai vraiment un peu la même vision. On va essayer de mettre tout en musique. Et quand je dis, alors dans ce moment, la charge capacité, c'est le chef d'orchestre et c'est ça qui va donner le rythme. Et du coup, j'ai vraiment cette vision. Et quand je vois que ce n'est pas fait, du coup, c'est ça qui me confond. Donc, ton restaurant, probablement que ça. J'aurais eu un mot. Un échange en tout cas.
- Speaker #1
Ça marche. Quel est ton pire souvenir lié au numérique ?
- Speaker #2
Alors j'ai commencé chez Renault. Au début de ma carrière, j'ai passé un petit peu de temps chez Renault. Et on avait un logiciel qui s'appelait MRP88. C'était un Monetary Law Punishment 1988. Et c'était la partie de réalité. Donc c'était une sorte d'AS400. Mais ça a été fait en 88. Et Renault à l'époque avait fait le choix de dire on va créer notre propre code de langage aussi. faire des premiers RP sur le marché, mais c'était aussi avec des spécificités, c'était un code, un langage spécifique, du coup très un maintenance. Et on passait tous les matins une heure quasiment à prendre les extracts de ça et à refaire des tableaux pour les KPIs. Et ça m'avait un peu rendu fou. C'était un hyper mauvais souvenir. Et puis assez vite, on a voulu automatiser ça. Et il y a une phrase que ma chef, qui s'appelle Asni, à l'époque m'a dit. Elle m'a dit... En fait, l'intérêt de faire ça, c'est aussi que tout le monde comprend les indicateurs, parce que tout le monde les voit tous les jours et comprend ce qu'il y a derrière. Et c'est quelque chose que j'ai gardé en tête depuis quasiment presque 15 ans maintenant. Dire qu'en fait, pour que la donnée soit utilisable, il faut que les gens la comprennent aussi. Et pour eux, c'était peut-être long, c'était peut-être une heure passée par jour, mais à la fin, tout le monde savait ce qu'il y avait dans son indicateur de productivité et de rentabilité, parce que tout le monde le reconcevait tous les jours pour ses résultats de la veille. Et en fait, en le concevant, ils comprenaient là où ils pouvaient avoir de l'impact et l'améliorer. Je ne dis pas qu'il faut tout faire manuellement, mais en tout cas, c'est un biais qu'il faut avoir en tête, que cracher de la donnée d'indicateur si les gens ne le comprennent pas, on perd le sens derrière. C'est un mauvais souvenir, mais c'est aussi un des plus gros apprentissages que j'ai eu. Il faut que les gens maîtrisent leurs données et la comprennent, pour que ça ait de la valeur.
- Speaker #1
Ça rejoint un petit peu aussi la formation globalement, des choses qu'en tant qu'avancé, senior, on n'a plus forcément besoin de faire, mais qu'un junior aura de l'intérêt à faire pour bien le comprendre. Et au fur et à mesure, on décale ses tâches parce que c'est hyper important d'en apprendre la base. Je ne sais pas ce que tu veux dire. Quelle est ta plus belle réussite inattendue ?
- Speaker #2
Il y a un exemple que je donne souvent. Dans une de mes précédentes expériences, j'étais responsable d'un site et on avait énormément de recrutements. Et on avait travaillé avec des apprentis d'auteuil aussi sur la réinsertion de personnes. Et une personne qui se présente qui avait 17 ans, qui sortait d'un truc de boulangerie. qui avait un passé personnel hyper compliqué. Et elle avait vraiment une envie, une énergie assez folle. Et c'est la première fois où j'ai fait signer un CDI pendant l'entretien. On avait eu beaucoup de recrutements, donc c'était sur le contexte. Et elle a progressé hyper vite. En deux ou trois mois, elle était chef d'équipe dans l'atelier alors qu'elle était rentrée comme opératrice. Et du coup, c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué, de dire que, quel que soit notre passé F, ça peut être hyper compliqué, mais il ne faut pas juger le passé. Le passé, on ne peut pas le changer. Par contre... On est encore maître de notre avenir et je trouve que c'est la meilleure illustration que j'ai là-dessus. C'est-à-dire, il peut y avoir un truc hyper compliqué, une situation personnelle horrible, et si on a envie et on est capable de le faire, on peut vite progresser et gravir les échanges. Je m'attendais à qu'elle performe dans son poste, mais pas à ce niveau-là. Et ça, j'étais hyper content pour elle, qu'elle ait pu progresser aussi vite. Et puis, j'avais cette énergie incroyable.
- Speaker #1
C'est une belle leçon. Merci pour ce partage. Comment on te contacte si on a besoin des services de Komuji ?
- Speaker #2
Monsieur... Comogy.io, notre site internet, il y a une rubrique Contactez-nous sur LinkedIn. Ça y est, j'ai fait le temps sur LinkedIn et je suis disponible pour échanger.
- Speaker #1
Ça marche. La typologie de clients que tu recherches ?
- Speaker #2
Nous, on est surtout sur des PME-ETI, plutôt petites et moyennes séries. C'est vraiment là-dessus qu'on est plus fermement parce que ça rejoint ce qu'on disait avant. Typiquement, on ne fait pas de la production de masse parce que ce n'est pas là-dessus qu'on aura le plus d'impact. Mais on est assez ouvert, on fait beaucoup de dispositifs médicaux, beaucoup d'aérospatial défense. Mais on travaille dans plein de secteurs d'activité différents.
- Speaker #1
Dont les boules de pétanque.
- Speaker #2
Dans les boules de pétanque et dans les petites activités luxe aussi. Donc, vraiment assez hétérogène.
- Speaker #1
Super. De toute façon, je vous mets les liens de contact pour Xavier dans la description de l'épisode. Et puis, pour clôturer, est-ce que tu as un dernier conseil pour nos auditeurs pour se lancer dans ce type de projet ?
- Speaker #2
Oui, parce qu'on peut répéter ça dans tous les épisodes. Il n'y a pas de bon ou de mauvais moment pour se lancer. Il faut y aller, il faut passer le pas, il faut faire avec ce qu'on a. Et puis itérer, itérer, itérer, itérer. Et finalement, on a très, très vite des super résultats.
- Speaker #1
Top. Merci pour cette note encourageante. On arrive à la fin de l'épisode. Encore merci pour ton intervention. De mon côté, je vous retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle thématique. Et d'ici là, n'oubliez pas d'oser l'efficacité.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si le podcast te plaît, tu peux m'aider à le faire grandir en lui laissant 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute préférée. Et si l'opérationnel te prend trop de temps, que tu as besoin de respirer pour te concentrer enfin sur ta stratégie, viens m'en parler sur LinkedIn. Ensemble, on analysera tes processus pour les rendre plus efficaces et les numériser. A la semaine prochaine et merci de faire partie de l'aventure Oser l'Efficacité.