- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiébaut, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ?
- Speaker #1
Alors Catherine ? C'est quoi ta vision de la transformation en entreprise dans les années à venir ?
- Speaker #2
Alors, je crois que les transformations dans le monde professionnel, évidemment, vont continuer à s'accélérer, à s'accélérer extrêmement rapidement avec toutes les évolutions technologiques, sociétales, les défis économiques, sociaux, géopolitiques. Les dirigeants, aujourd'hui... je crois, doivent se préparer à un environnement qui est en perpétuel changement, doivent développer des approches toujours plus proactives, agiles, mais aussi humaines. Et d'ailleurs, on le voit bien aujourd'hui, c'est bien finalement l'accélération du rythme de changement de ces dernières décennies que nous avons du mal à gérer et qui nous jette finalement dans la transition. Une transition, c'est cet espace. entre un départ et un futur, entre un départ et une arrivée. Donc, je crois que ça ne va faire que s'accélérer, en fait.
- Speaker #1
Oui, ok. On n'est pas sortis de l'auberge, quoi.
- Speaker #2
Ah non, non,
- Speaker #1
je crois pas. Et comment on se prépare à ça ?
- Speaker #2
Alors, je crois qu'il y a quelques règles, peut-être dont certaines sont de bon sens à respecter. La première, évidemment, c'est de rester en veille, en veille et en anticipation continue. Mettre en place des systèmes de veille. technologique, économique, sociétal, pour essayer le plus rapidement possible, finalement, d'avoir des alertes sur les signaux faibles de nos organisations et d'être capable d'initier des projets de transformation. C'est aussi peut-être avoir recours à des outils type benchmarking pour s'inspirer, finalement, les uns les autres et d'un continent à l'autre. C'est aussi simuler parfois dans une perspective stratégique des options et se préparer à potentiellement plusieurs futurs possibles en même temps. Mais c'est aussi peut-être temporiser, c'est-à-dire qu'il ne faut pas non plus gérer toutes les transformations en même temps. Il faut savoir là aussi les prioriser, les séquencer de manière stratégique et tactique. Donc ça, c'est peut-être la première règle, une règle de veille et de hiérarchisation des priorités. La deuxième, c'est peut-être une règle de flexibilité et d'agilité. C'est-à-dire que les projets de transformation ne vont cesser de se succéder et de se surajouter les uns aux autres. Donc, il faut éduquer toutes les équipes pluridisciplinaires à travailler en mode agile, c'est-à-dire avec des itérations courtes, des itérations ajustables. où tout peut être mis en cause et hop, on s'adapte. Il faut vraiment rentrer dans cette agilité qui n'est pas évidente. Mais je crois vraiment qu'il y a des groupes aujourd'hui qui sont très agiles et qui le démontrent, des grands groupes. Donc, ce n'est pas tellement lié à la taille de l'organisation. Je crois que c'est plutôt une question d'acculturation et d'éducation professionnelle. L'autre règle, peut-être, c'est d'intégrer la contingence. Et s'il se passait ça, qu'est-ce qu'on fait ? Et au pire du pire, c'est de se poser ces questions un petit peu fondamentales. pour être capable d'anticiper toutes les choses qui risquent de mal se passer, le plus rapidement possible, c'est de clarifier ses raisons.
- Speaker #1
Finalement, simuler des scénarios du pire, ça nous permet aussi de savoir ô combien ils sont improbables, et de bien se préparer à ceux qui, au contraire, sont probables. Il y a des fois, on parlait de la peur dans le premier épisode, il y a des peurs qui, en fait, si on le met sur papier, ça n'existe pas. Il y a trop ! d'événements qui doivent être coordonnés pour que ça arrive. Donc ça nous permet de mettre des poids sur qu'est-ce qui peut arriver et qu'est-ce qui est moins probable quand même.
- Speaker #2
Tu as raison, mais on a vu par exemple sur des projets de cybersécurité que tu connais comme moi, qu'il y a aussi des... Enfin finalement, il y a des événements dont la probabilité d'occurrence est très faible, donc auxquels on ne se prépare pas. Mais s'ils surviennent, ça peut faire du dégât.
- Speaker #1
On est sur une évaluation de risque. Clairement, si l'occurrence est très faible, mais que la portée est très grave, il faut s'y préparer quand même. Ça, on est d'accord. Effectivement, la cybersécurité est un très bon exemple.
- Speaker #2
Voilà. Après, dans les autres, peut-être qu'on peut évoquer, il y a... bien clarifier sa raison d'être. On le voit notamment avec le développement de l'IA, par exemple, de l'intelligence artificielle. On voit à quel point, finalement, on a des risques. Enfin, toutes les organisations ont des risques aussi de dépendance, se posent des questions de souveraineté numérique, etc. Et donc, dans les moments où ça peut chahuter, où l'organisation peut être prise dans des turbulences, c'est important de bien garder le cap et de clarifier sa raison d'être. C'est là où la raison d'être est fondamentale. Quelle est la raison d'être de notre agir, en fait, collectif ? Et puis de travailler sur la confiance, favoriser les initiatives internes, inciter les collaborateurs à tester des nouvelles idées, autoriser des droits à l'erreur, favoriser la prise d'initiative, créer des… Il y a beaucoup d'organisations qui créent aujourd'hui des laboratoires d'innovation. Alors, on le voit beaucoup dans le conseil, des approches de type bac à sable. On voit ça pour tester un petit peu des solutions sous forme de prototypes avant de les déployer à grande échelle, mais sans perdre le sens. Et puis évidemment, investir, on le redit, on ne le dit que trop sur ces projets de transformation. La formation, l'accompagnement sont fondamentaux, fondamentaux.
- Speaker #1
Super, donc là on a vu ce que l'entreprise peut faire pour se préparer. Est-ce qu'à titre individuel, on peut faire évoluer nos postures pour mieux encaisser le changement ? Et si oui, comment ?
- Speaker #2
Oui, je crois que les dirigeants, les cadres dirigeants, les entrepreneurs peuvent jouer un rôle essentiel dans la capacité qu'ils ont à permettre à leur organisation de naviguer dans les transformations. La première, c'est peut-être d'avoir une posture, là encore, de leader agile. C'est développer un leadership agile, c'est-à-dire être dans une grande ouverture à différents changements et être capable finalement de pivoter rapidement. et de s'adapter en fonction des circonstances et des facteurs exogènes, notamment réglementaires par exemple, ou géopolitiques, auxquels peuvent être soumis les organisations. On l'a vu par exemple avec les conséquences du conflit en Ukraine récemment. Il faut être capable de cultiver une vision à long terme, je crois, tout en restant attentif aux besoins immédiats de l'organisation. Il faut pouvoir gérer le temps à deux horizons complètement distincts, et puis pratiquer le management adaptatif dans une grande écoute des équipes. Je crois qu'il faut aussi être très authentique, faire preuve de transparence, vraiment cultiver la confiance. Toute transformation finalement impose des remises en question profondes aux individus, professionnels et personnels. Et pour qu'ils restent engagés, je crois qu'il faut aider les gens à traverser cette zone, cette zone de transition précisément, cet espace neutre entre deux. qui nous est souvent si inconfortable en donnant du sens, en expliquant pourquoi les changements sont peut-être inévitables, mais comment ils peuvent contribuer à une croissance individuelle et collégiale. Et puis, moi, je crois beaucoup à la collégialité en tant qu'actif et en tant qu'intelligence collective, quoi. Encourager la co-création, la créativité. la collaboration entre les services, les contributions, s'entraider, s'appuyer sur le collectif pour arriver à surmonter la complexité de certaines difficultés ou de certains problèmes, créer des espaces de dialogue. Tout ça est fondamental dans une attitude, une disposition que je vais qualifier peut-être de plus intérieure, qui serait une disposition d'empathie et d'écoute. Et comme on le disait dans les jours précédents, c'est peut-être de reconnaître, donner droit aux émotions, reconnaître la résistance, l'honorer, l'accepter et consentir. Elle fait partie, finalement, ces résistances. Nos avancées, nos reculs, nos enthousiasmes, nos régressions, etc. font partie du chemin. Et accompagner individuellement les collaborateurs. comprendre leurs besoins et leurs préoccupations, c'est absolument fondamental. Il faut prendre soin des équipes en finalement les écoutant par une qualité de présence. Voilà, par une qualité de présence au sein de la transformation. Je crois que c'est ça le plus important.
- Speaker #1
Magnifique. J'aime beaucoup cette clôture. Je vais revenir sur ce que tu disais sur l'intelligence collective, mais au-delà de ce qui se passe au sein de sa propre entreprise. Je vois que ça commence à se développer, mais ça prend encore du temps. Aller voir ce qui se passe ailleurs, chez un concurrent. parler avec des gens qui font le même métier de manière différente. Ce n'est pas parce qu'on est concurrent qu'on ne peut pas collaborer et qu'on ne peut pas apprendre les uns des autres. Ce n'est pas parce qu'on va échanger avec un concurrent qu'il va tout nous piquer et qu'il va devenir meilleur. Devenir meilleur ensemble, c'est souvent la meilleure façon de rendre l'ensemble d'un secteur meilleur. Et je trouve qu'on s'en prive très souvent.
- Speaker #2
J'ai l'air à 200%.
- Speaker #1
Super. Eh bien... Je crois qu'on a fini sur le sujet. Je pense qu'on l'a bien traité. Je vais te poser mes trois petites questions pour clore l'épisode. Catherine, qu'est-ce qui te rend folle ?
- Speaker #2
C'est une question... Ce qui me rend folle aujourd'hui, et je vais répondre spontanément, c'est de voir des gens souffrir dans le monde du travail. C'est de voir que finalement, nos vulnérabilités que nous portons tous ne sont pas toujours acceptées et assumées. Je crois que c'est ça ma plus grande souffrance, c'est de ne pas laisser une place aux fragilités et nous en avons tous.
- Speaker #1
Merci pour cette réponse authentique. C'est quoi ton pire souvenir lié au numérique ?
- Speaker #2
Mon pire souvenir lié au numérique, c'est un démarrage justement d'un projet de dématérialisation de factures, cette fois-ci client. où personne ne s'était perçu au moment du démarrage qu'il y avait une erreur dans l'identification du compte bancaire sur lequel devaient arriver les règlements.
- Speaker #1
Pardon.
- Speaker #2
Donc à grande échelle, ça peut être problématique. Oui,
- Speaker #1
tu m'étonnes. Je pense que ça se classe pas mal dans les pires souvenirs.
- Speaker #2
Donc heureusement, le démarrage était à toute petite échelle donc ça a pu être corrigé très très vite mais ça aurait pu être extrêmement grave et en tout cas je me souviens d'une... Montée d'adrénaline, là, pour le coup, très importante de l'ensemble des équipes.
- Speaker #1
C'est ça. Et pour finir, c'est quoi ta plus belle réussite inattendue ?
- Speaker #2
Ma plus belle réussite inattendue ? Alors, c'est dans les pires moments, en fait. Dans les moments où on se dit On ne va jamais y arriver Que justement, la force du collectif joue à plein. Qu'on oublie complètement cette... aspiration à la performance individuelle pour ne regarder que la victoire collective, en fait. C'est on est arrivé ensemble, quoi. Et ça, c'est vraiment, chez moi, une source de dynamisation et de joie intérieure profonde, pour le coup.
- Speaker #1
Super. Le ensemble, c'est fort. Je te rejoins là-dessus. Eh bien, Catherine, c'était un véritable plaisir de t'avoir à mon micro. Merci. Comment est-ce qu'on te contacte si on veut continuer à creuser le sujet avec toi ou si on a besoin d'accompagnement ?
- Speaker #2
Alors... on peut me contacter de plusieurs manières différentes la première c'est d'aller sur ma page LinkedIn où vous avez mes coordonnées la deuxième c'est de se connecter à mon site qui est effig-conseils au pluriel et puis sur mon site vous trouverez mes coordonnées téléphoniques donc vous aurez et puis vous aurez mon adresse mail aussi donc vous pouvez me contacter à tout moment il n'y a pas de soucis ce sera une joie je mettrai ton LinkedIn et le site internet dans la description de l'épisode comme ça vous avez tout
- Speaker #1
et plus d'excuses pour ne pas contacter Catherine.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Eh bien, on s'arrête ici pour aujourd'hui. Je vous retrouve lundi avec une nouvelle thématique. Et puis d'ici là, osez l'efficacité.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si le podcast te plaît, tu peux m'aider à le faire grandir en lui laissant 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute préférée. Et si l'opérationnel te prend trop de temps, que tu as besoin de respirer pour te concentrer enfin sur ta stratégie, viens m'en parler sur LinkedIn. Ensemble. on analysera tes processus pour les rendre plus efficaces et les numériser. A la semaine prochaine et merci de faire partie de l'aventure Oser l'Efficacité.