- Speaker #0
Si pour toi l'expert comptable, c'est la personne qui t'envoie un mail une fois par an avec ta liasse en pièces jointes, peut-être que tu passes à côté de la moitié des choses que tu pourrais faire pour ton entreprise. Aujourd'hui, on ose l'efficacité en partant à la rencontre de ce véritable partenaire de l'ombre de l'entrepreneuriat et à mon micro, je reçois Jérôme Garrigues pour nous parler de tout ça. Souvent obligatoire et associé à une charge, l'expert comptable est pour autant... une personne que l'on peut envisager comme un vrai partenaire stratégique et en envisageant la relation d'une manière totalement différente. Bonjour Jérôme, bienvenue dans Oser l'Efficacité.
- Speaker #1
Bonjour Perrine, j'y vais mais j'ai peur.
- Speaker #0
C'est parce que t'as peur que t'y vas, t'inquiète pas, on va passer un bon moment. La première question que je vais te poser, en fait, c'est pour s'intéresser à ton histoire, comment t'es devenu expert comptable. Donc ma première question, c'est comment tu as choisi ce métier ?
- Speaker #1
Alors, plutôt par hasard, j'ai atterri en fac d'éco parce que je n'avais pas suffisamment bossé au bac et en fait je ne voulais pas faire prof d'éco. J'ai fait une initiation à la compta, à la gestion, au droit et en fait ça m'a intéressé. Donc j'ai cherché tout simplement les métiers qui pouvaient tourner autour de ça. J'ai rencontré des gens, des DAF, etc. Et puis après je suis parti là-dedans et c'est rentré. facilement.
- Speaker #0
Et ça n'a jamais changé ?
- Speaker #1
A peu près, ça fait quelques années que je fais ça.
- Speaker #0
Je me pose une question, je me la permets, au niveau de la tenue, pour ceux qui nous regardent en vidéo, c'est pas tout à fait la tenue de combat de l'expert comptable standard ?
- Speaker #1
Alors, t'en as pas regardé récemment, parce qu'en fait, le métier a quand même évolué, il s'est féminisé. Et puis, je ne sais pas, tu voulais quoi ? Un costume ? Une cravate ?
- Speaker #0
Les derniers que j'ai vus, c'était plutôt costard-cravate, oui.
- Speaker #1
Parce que tu penses que ce que je vais te dire, ça aura plus de sens et ça aura plus de poids ? Ce sera plus juste si j'ai une cravate ou un costume ?
- Speaker #0
Alors non, là, tu prêches une convaincue. Je suis en permanence à dire qu'on n'a pas besoin d'un costard-cravate pour faire du conseil. Mais du coup, c'est pareil chez les experts comptables, c'est bon à savoir.
- Speaker #1
Oui, c'est du paraître, on n'a pas besoin de ça. Il faut dépoussiérer l'image de l'expert comptable. il faut le rajeunir et ça ira mieux on va le rajeunir tout de suite du coup
- Speaker #0
comment tu expliquerais ton métier à un enfant de 10 ans ?
- Speaker #1
on va rajeunir beaucoup comment j'expliquerais mon métier à un enfant de 10 ans ? alors on va dire que j'aide le chef d'entreprise pour que son entreprise fonctionne bien pour bien fonctionner Il faut encaisser de l'argent, il faut payer ses charges, il faut pouvoir payer tout le monde, aussi les impôts, les taxes, et puis s'assurer qu'au final, on fasse du bénéfice, on gagne de l'argent. Parce qu'une entreprise, c'est un centre de profit, et si on ne gagne pas d'argent, on ne peut pas réinvestir, et l'entreprise ne pourra pas durer bien longtemps. Et donc, quand il y a des décisions qui tournent autour de ça, on essaye d'aider le chef d'entreprise pour que l'entreprise... Elle progresse, elle se développe et elle dure le plus longtemps possible.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, ok, je ne ferai jamais ce métier comme les autres ?
- Speaker #1
Oula ! Alors, on ne m'a jamais posé cette question. En fait, ce n'est pas le jamais comme les autres, c'est-à-dire que je pense que c'est un métier où on passe énormément de temps. et en fait il faut être soi-même donc si tu rentres dans le costume d'un autre, forcément à un moment le costume il te va pas, il te dérange et t'es pas bien dans ta peau t'es pas bien dans ta vie et tu seras pas bien dans ton métier donc en fait il faut être naturel tout simplement
- Speaker #0
Si l'expertise comptable était alors là c'est un peu Ausha, moi j'aime bien les références pop culture dans Oser l'efficacité un héros, une série, un film, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #1
Je vais te décevoir parce que En fait, on est à l'opposé d'un héros. On n'est pas là pour prendre la lumière, on n'est pas là pour faire de l'ombre au chef d'entreprise. À la rigueur, le héros, c'est le chef d'entreprise.
- Speaker #0
Du coup, tu es plutôt le sidekick du héros, quoi. Tu es un peu le Bernardo Osoro ?
- Speaker #1
Je te remercie pour le Bernardo. Alors, tu sais quoi ? On va prendre le côté positif du Bernardo. Et à ce moment-là, le Bernardo, en fait, c'est... C'est motus et bouche cousue et c'est vrai que nous on est un métier où on est tenu au secret professionnel, on est le conseil du chef d'entreprise. Ce qui se dit dans notre bureau, on le garde pour nous. Et c'est pour ça qu'on est conseil de chef d'entreprise, parce qu'on sait garder des secrets. On n'a pas besoin d'aller sur les réseaux sociaux pour exprimer tout. Voilà, c'est tout.
- Speaker #0
Du coup, on pourrait peut-être plutôt te comparer, si Bernardo, tu n'es pas totalement satisfait, au Q de James Bond, qui fournit les gadgets pour que James Bond soit performant.
- Speaker #1
Alors là, tu nous donnes beaucoup, beaucoup trop d'importance. Non, alors effectivement, l'idée... Si on ramène ça à un chef d'entreprise, l'idée c'est de pouvoir fournir des outils, de pouvoir améliorer des situations, optimiser des situations. Donc on est là pour ça. Mais pour faire ça, en fait, avant tout, c'est un métier d'écoute, c'est un métier d'attention. Il faut s'intéresser à ses clients, il faut s'intéresser à l'entreprise. Parce qu'en fait, pour bien analyser... pour Trouver la solution à un problème, il faut d'abord se poser les bonnes questions. Ne pas fuir les questions qui fâchent. Il faut bien analyser la situation. Il n'y a que comme ça que tu peux trouver une solution qui soit adaptée.
- Speaker #0
C'est quelque chose qu'on aime beaucoup dans Oser l'Efficacité. Ne pas se préciser sur le problème et bien l'analyser pour trouver la bonne solution.
- Speaker #1
Et ne pas se voler la face.
- Speaker #0
C'est bien aussi, on doit le rappeler. Si tu devais te décrire en une phrase, une phrase marquante pour que les gens comprennent bien le service que tu rends. Et la façon dont tu le fais ?
- Speaker #1
Une phrase marquante. Je fais de la prestation de service, je suis au service de mes clients. Je ne prétends pas être le meilleur, mais je suis impliqué. Ça fait plusieurs phrases.
- Speaker #0
Mais je prends, ça marche. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas eu le temps de placer dans les différentes questions et qui compléterait ta présentation ?
- Speaker #1
Non. La devise des experts comptables, c'est science, conscience et indépendance. Et c'est vrai que c'est quelque chose qui me correspond assez bien. Parce qu'en fait, et c'est pas que moi, moi j'ai rien à vendre. Je vends pas de produits, je fais pas de placement, je suis maqué avec personne. Certes tu vas payer mes honoraires, mais quand tu vas me poser des questions, je vais répondre en toute indépendance. Et c'est ça le plus d'un expert comptable. Sinon, dans ce que je n'ai pas forcément dit, c'est vrai que je me présente souvent comme gestionnaire de rêve pour chef d'entreprise, que ce soit à la création d'entreprise, quand tout est beau. Donc on les aide pour les prévisionnels, pour les choix juridiques, pour que leur projet soit bien adapté, bien ficelé. On les accompagne dans les rêves du quotidien, c'est la gestion d'entreprise, c'est les déclarations de TVA, les impôts. Impôts, les taxes, les contraintes administratives, j'en passe et des meilleures.
- Speaker #0
Tout ce qui fait bien rêver, du coup.
- Speaker #1
Tout ce qui fait rêver, le bilan, forcément, ça fait rêver. Et puis, on est aussi dans le rêve, si jamais ça se passe mal et qu'on doit aller en procédure collective, au tribunal, on essaie de ne pas lâcher les clients parce qu'ils nous ont fait confiance jusque-là. Et si la relation de confiance est toujours là, on ne les lâche pas.
- Speaker #0
Super, merci pour cette présentation. Maintenant, je vais te proposer de passer à une autre partie de notre épisode. Je ne t'apprendrai rien si je te dis que le métier d'expert comptable est quand même baigné de mythes. On va essayer de débunker tout ça dans la séquence « Mythes ou réalité » . Alors, le principe de cette séquence, il est assez simple. Je te donne des mythes, tu me dis si c'est complètement faux, donc 0% de vérité, ou 100%, c'est pas du tout un mythe, en fait, c'est bien la réalité qu'on vit au quotidien. Et derrière, je te laisse la place pour argumenter derrière. C'est bon pour toi ?
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Mon premier mythe, c'est, ça c'est très dans l'écosystème français, les aides ont permis de supprimer le risque entrepreneurial.
- Speaker #1
J'adore. C'est un mythe. On ne devient pas chef d'entreprise parce qu'il y a des aides. Chef d'entreprise, c'est porter un projet. Ça va être beaucoup de sacrifices, beaucoup d'investissements, c'est des risques. Donc les aides ne peuvent absolument pas faire de toi un chef d'entreprise. Tu vas prendre des coups, des mauvaises nouvelles en permanence. Si tu n'as pas une force de caractère, si tu ne sais pas où tu vas, si ce n'est pas vraiment ce que tu aimes faire, et l'idéal même c'est qu'au niveau familial, dans ton entourage proche... Les gens t'accompagnent ? Il ne faut pas y aller, tu n'y vas pas pour des aides, surtout que les aides vont être là à un instant T, c'est une béquille. Par contre, ça peut aider au démarrage, c'est vrai pour certains qui vont franchir le pas, mais en aucun cas les aides peuvent faire de toi un entrepreneur.
- Speaker #0
Donc entreprendre sans prendre de risques, ce n'est pas possible.
- Speaker #1
C'est la définition même de l'entreprise, rien n'est acquis, il y a toujours des changements. Dans l'environnement économique, tu pouvais prévoir la crise en Ukraine, tu pouvais prévoir le Covid. Enfin, il y a un moment, c'est juste pas possible. Par contre, on demande de nous adapter. Il faut le faire.
- Speaker #0
Toi qui accompagnes justement des créateurs d'entreprises, est-ce que tu as un détecteur à projet bancal ? Parce qu'il y a des fois où tu te dis, ton truc là, c'est peut-être mieux même avec les aides de ne pas y aller quoi.
- Speaker #1
Alors clairement, oui. Mais ça, c'est en rencontrant le porteur de projet. En discutant avec lui, en creusant un petit peu, c'est-à-dire en piquant un peu sur certaines questions pour voir ce qu'il a ou ce qu'elle a dans le ventre, qu'on se rend compte. Et dans ces cas-là, c'est bénéfique de dire non. On préfère toujours dire oui dans la mesure du possible, c'est dans la nature humaine. Mais en fait, savoir dire non, et moi dans mon métier, savoir dire non, c'est indispensable, c'est un discours de vérité. Il vaut mieux dire non à quelqu'un avant qu'il risque ses économies, ce qu'il a mis de côté, ce qu'elle a mis de côté. C'est salutaire. Moi, j'interviens aussi sur le réseau initiative, on le voit dans des comités. Mais il vaut mieux de temps en temps dire non, intellectuellement, c'est plus honnête.
- Speaker #0
Très bien. Deuxième mythe, c'est... L'expert comptable, c'est un tampon pour ta création d'entreprise et tes bilans. Finalement, c'est la personne avec qui on échange une fois par an.
- Speaker #1
C'est deux choses différentes. Le tampon, si tu es en création d'entreprise, forcément, on va te demander un prévisionnel si tu veux souscrire un emprunt, etc. Et le tampon de l'expert comptable qui a validé un prévisionnel... forcément, c'est apprécié par la banque, c'est apprécié par les autres partenaires parce que c'est quand même plus un gage de sérieux.
- Speaker #0
Donc là, on est complètement vrai. Là, on est vrai. L'expert comptable.
- Speaker #1
Le bilan, je veux dire, quand on arrête un bilan, après, il y a la manière d'arrêter les bilans, mais moi, tous les bilans des sociétés commerciales, je les arrête avec mes clients. C'est un projet, on en discute, on vérifie si des choses vont bien, on les optimise éventuellement. Mais c'est vrai qu'il y a une fiabilité. Il y a une sécurité financière. Donc oui, ce côté tampon, il est vrai. Et la deuxième partie de ta question, je ne me rappelle plus.
- Speaker #0
Oui, la deuxième partie, c'était qu'on se voit qu'une fois par an. Mais tu as répondu aussi. Toi, tu n'es pas d'accord avec ça. Le bilan, en tant que tel, c'est un projet. Ce n'est pas juste se voir.
- Speaker #1
Alors, se voir une fois par an, c'est le minimum. Maintenant, ça ne suffit pas. Moi, j'ai l'habitude souvent de téléphoner ou de rencontrer mes clients en cours d'année. Alors après, ça dépend de la taille de l'entreprise, ça dépend des besoins du client, ça dépend de l'expérience, de la maturité du client, de ses compétences. Mais c'est vrai que de se voir ou même de savoir tout simplement au téléphone comment ça va, c'est quoi les prises de commandes, c'est quoi le chiffre d'affaires, est-ce qu'il y a des difficultés. Ça permet justement de détêter ces difficultés en amont, parce qu'aujourd'hui, le monde va vite. Gagner de l'argent, ça se fait petit à petit. En perdre, ça se fait souvent beaucoup plus vite, et surtout dans le monde actuel. Et tu vois, on parlait de rendez-vous de bilan. C'est vrai que le bilan, par principe, c'est le rétroviseur, c'est le passé. C'est une obligation légale. Ça permet de faire le point, si on a gagné de l'argent, si on peut optimiser un certain nombre de dépenses, si on peut s'améliorer, ça c'est bien, mais c'est le rétroviseur. Or aujourd'hui, ce qu'il faut, c'est regarder devant. Moi, quand en général je fais un bilan, on regarde aussi, c'est quoi la tendance, c'est quoi, gros smile, le prévisionnel de l'année à venir, est-ce que tu as des objectifs d'investissement, est-ce que tu dois embaucher, est-ce qu'il y a des nouvelles dépenses, pour savoir si en fait... tes dépenses vont être adaptées à tes produits. Et si on est en phase, est-ce qu'il faut aller chercher un financement ou est-ce qu'il y a des mesures à prendre ? Même si c'est grosse maille, c'est déjà bien. Après, on peut avoir des clients qui veulent un vrai prévisionnel, beaucoup plus détaillé, des tableaux de bord. des outils de gestion plus réguliers.
- Speaker #0
Ok, très clair. Mon mythe numéro 3, c'est c'est moi qui décide, l'expert comptable applique.
- Speaker #1
J'adore. Bien sûr que non. Alors, il y a du non et il y a du oui. Ça dépend. Un chef d'entreprise, oui, c'est quelqu'un qui décide. C'est-à-dire qu'il peut faire des choix. Et il doit assumer ses choix. Donc, on peut être là pour le guider, pour lui dire, attention, là, il y a tel risque. Mais au final, c'est lui qui décide. Si, par contre, il me demande de faire quelque chose de totalement illégal, à aucun moment, je vais valider. C'est-à-dire qu'à un moment, je ne suis pas là pour favoriser la fraude. Je suis conseil de chez l'entreprise. Des fois, on peut dire, attention, là, ça pourrait être mal interprété, il faut quand même faire attention. Mais il y a des lignes rouges, il y a des limites à ne pas dépasser, évidemment.
- Speaker #0
Ça m'amène du coup un peu à mon mythe numéro 4. Je paye mon expert comptable pour qu'il soit responsable à ma place. Est-ce que faire un chèque, ça déplace le risque finalement ?
- Speaker #1
Non. Alors, un expert comptable, c'est un sous-traitant. Tu ne sais pas faire ta compta, tu n'as pas les compétences ou... Tu n'as pas envie de le faire, en fait, on est un prestataire externe. Donc, au final, ce qui est déposé, c'est la responsabilité du chef d'entreprise. Mais si, quand on fait une déclaration, si, quand on fait quelque chose, on sait nous-mêmes tromper, là, oui, on a une responsabilité, etc. Mais par contre, je ne vais pas payer la TVA à la place du chef d'entreprise. Si on a déposé quelque chose en retard, on risque des pénalités. Si on a mal fait notre travail, on peut être inquiété. Mais on bosse au quotidien pour qu'il y ait le moins d'erreurs possibles. Maintenant, il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Dans la plupart du temps, on peut rectifier ses erreurs. Et surtout, on y fait face parce qu'on est là pour ça. Je ne change pas de trottoir. Quand je rencontre des clients, quand moi je vis ici depuis que je suis tout petit, il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Tu n'as jamais fui un client ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Mon dernier mythe, c'est changer d'expert comptable ne sert à rien, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
- Speaker #1
Alors pourquoi tu veux changer d'expert comptable ?
- Speaker #0
C'est une vraie question parce que je peux y répondre. Mais c'est toi qu'on a interviewé aujourd'hui je crois.
- Speaker #1
Et ce que changer d'expert comptable, c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Quand tu quittes un expert comptable, c'est rarement pour le prix. Quasiment jamais. Le prix, c'est un prétexte. Si tu fais ça, c'est que soit il n'y a pas de confiance qui s'est installée, ou elle a disparu, ou... il y a des services que tu ne rends pas alors que tu avais dit que tu les rendais. Mais c'est rarement une question de prix. C'est souvent une question de confiance. Après, ça peut être un désaccord profond. Ce qu'il faut, c'est que l'expert comptable, c'est comme une banque, en fait. Il n'y a pas de mauvaise banque. Il faut qu'il y ait un rapport de confiance. Donc si... tu n'as pas ce rapport de confiance avec ton expert comptable, effectivement, tu peux peut-être être amené à en changer. Mais je pense que c'est surtout ça. C'est rarement une question de prix.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question.
- Speaker #0
Complètement. Je comprends bien l'idée qu'effectivement, quand il n'y a plus de confiance, il y a un moment où changer, c'est une bonne idée. Il faut pouvoir travailler ensemble.
- Speaker #1
En fait, on est conseil de chef d'entreprise. De temps en temps, on est même psy de chef d'entreprise parce que justement, on est tenu au secret professionnel. Et puis, il y a des sujets, le chef d'entreprise va n'en parler qu'à nous.
- Speaker #0
Tu es un détenteur de secrets ? Je veux savoir du coup.
- Speaker #1
Évidemment. Je ne veux pas dire que c'est comme un médecin de famille, mais il y a un moment, c'est quand même le cas.
- Speaker #0
Je vais peut-être arriver à choper quelques secrets dans la partie d'après. Ça se passe dans la fierté du patron. Alors le principe de fierté du patron, c'est celle où tu peux nous raconter des belles histoires, des choses qui se sont bien passées, des relations clients. Et ce que j'aimerais qu'on axe dans cette partie-là, c'est vraiment cette partie des créations d'entreprises que tu as pu accompagner, des exemples de relations clients qui se sont bien passées et où ça dénote de ce que tu aimes dans ton métier et qui font que ça fonctionne bien. Donc oui, l'idée, c'est que j'aimerais bien qu'on regarde des... Des cas que tu as pu avoir qui peuvent nous éclairer aussi d'un point de vue méthode, un petit peu comment on crée son entreprise, comment on la crée bien. Et la première question que je vais te poser, et c'est celle que je trouve beaucoup quand on se lance en entreprise, c'est quel statut ? Et trouver des réponses là-dessus, c'est tellement difficile. Est-ce que tu as des exemples à nous donner ? Alors, SASU, SARL,
- Speaker #1
qu'est-ce qu'on veut ? SASU ou SARL ? En fait, il n'y a pas de réponse absolue. C'est que notre métier, c'est de faire en sorte de s'adapter au projet du chef d'entreprise, mais son projet immédiat, à court terme, et puis son développement. Quand on crée une entreprise, il y a des enjeux patrimoniaux. Il peut y avoir un, plusieurs associés, il peut y avoir des engagements de caution, on peut être marié, célibataire, il y a énormément de paramètres. Et en fait, c'est en discutant avec le porteur de projet qu'on va orienter vers un choix. On peut pas dire SRL ou SAS, mais ce sont deux outils. Et ces outils sont éventuellement interchangeables. On peut démarrer sur une structure et puis évoluer sur une autre après en fonction de l'évolution de l'entreprise, les envies, les besoins qui ont changé. Donc il faut vraiment s'adapter au chef d'entreprise. Par contre, effectivement, quand c'est mal calibré, quand tu as un mauvais choix au départ, moi j'ai des clients qui sont arrivés avec une mauvaise forme juridique. Et puis, il faut juste corriger parce qu'en fait, c'est... c'est très pénalisant.
- Speaker #0
C'est qui qui s'en rend compte dans ces cas-là de la mauvaise forme juridique ? Ils arrivent parce qu'ils sentent qu'ils ont un problème et tu leur expliques qu'ils ne sont pas dans la bonne forme juridique ou ils arrivent parce qu'ils savent qu'ils ne sont pas dans la bonne forme juridique, qu'ils ont été mal orientés et que du coup ils changent à ce moment-là ?
- Speaker #1
C'est parce qu'on leur explique. C'est parce qu'en fait, eux ne peuvent pas le savoir. Parce qu'en fait, il y a énormément de paramètres externes à prendre en compte. Eux ne peuvent pas le savoir. Je me rappelle d'un client qui est arrivé, agent commercial, il était en SAS et en gros on lui avait vendu, c'est super, tu vas avoir un salaire et puis tu vas avoir des dividendes, on va optimiser tout ça, super. Sauf qu'en fait la réalité c'est qu'il n'avait pas tant de chiffre d'affaires que ça, il avait des besoins personnels. Il avait besoin de sortir un salaire tous les mois pour rembourser des emprunts, parce qu'on sait que dans la région, quand t'as un emprunt, ça pique un peu, même quand t'as un loyer. Et en fait, quand on passait par là, qu'on lui remboursait ses frais, il n'y avait pas de bénéfice. Donc en fait, il payait beaucoup plus cher en cotisation, limite même une partie des frais qu'il avait, des frais réels qu'il avait, il ne pouvait pas se les rembourser. Et il s'enfonçait année après année. On a fait une diagnostic, on a regardé ça, et puis on a changé la forme juridique. Je lui ai fait une ordonnance, comme je lui ai dit, et puis après il est reparti. Et puis ça s'est amélioré assez rapidement. Mais la forme juridique n'était pas adaptée à son projet de l'époque. Aujourd'hui, avec le développement qu'il a, on pourrait se poser la question. Mais je pense qu'il a le meilleur statut.
- Speaker #0
C'est une fierté pour toi quand tu arrives à redresser une boîte comme ça, en mettant les bons outils au bon endroit, au bon moment ?
- Speaker #1
Une fierté si tu veux, mais en fait, c'est surtout que j'ai l'impression d'avoir fait mon travail, tout simplement.
- Speaker #0
Ça marche. Qu'est-ce que tu aimerais qu'un client te dise au premier rendez-vous ? Quand il a besoin d'un expert comptable...
- Speaker #1
Quelqu'un qui crée sa boîte ou quelqu'un qui vient parce qu'il veut changer d'expert comptable ?
- Speaker #0
Plutôt qu'une création d'entreprise. Qu'est-ce que tu aimerais avoir complètement sur la table ?
- Speaker #1
Qu'il m'explique son projet. Parce qu'en fait, il faut que son projet soit déjà... Qu'il ait mûri son projet. dans sa tête, qui m'explique un peu ce qu'il pense, comment il se voit dans un an, dans deux ans, dans trois ans. J'ai besoin d'infos sur son environnement personnel, familial, etc. Parce que c'est comme ça qu'on peut juger de la personne, juger du projet, et faire un conseil adapté, notamment pour la forme juridique. pour tout un tas de choses.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des clients qui sont venus te voir avec cette idée que, c'est un peu ce qu'on disait dans les mythes, tu vas mettre un tampon sur leurs documents et que tu as réussi à les ramener vers toi et à ce qu'ils te considèrent vraiment comme un partenaire stratégique et peut-être à plus t'en donner pour que tu puisses vraiment bien faire ton travail ?
- Speaker #1
Ça, c'est la relation de confiance. Ça se construit au fil des ans. Et puis, c'est l'avantage de connaître le client, de connaître son entreprise, de connaître son projet, de savoir où est-ce qu'il veut aller. Parce qu'en fait, de temps en temps, il faut l'anticiper. C'est-à-dire que lui-même ne va pas savoir quelles vont être les futures contraintes, quels vont être les écueils, s'il y a des changements à faire. Et le fait de discuter avec lui, ça peut permettre de faire ça en douceur. dans les meilleures conditions possibles.
- Speaker #0
Si on part maintenant sur les chefs d'entreprise un peu plus aguerris, quand tu récupères un oiseau brisé qui ne veut plus entendre parler d'expert comptable, mais il a quand même besoin, parce que c'est obligatoire, que tu le récupères, est-ce que c'est plus difficile de travailler avec un client qui a perdu confiance en le métier ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend si tu... Alors, quand il y a des nouveaux clients, quand il y a... quand tu as des clients qui veulent changer d'expert comptable, ce n'est pas que parce qu'ils ont perdu confiance en un expert comptable. C'est que, moi j'ai le cas, j'ai un client, il venait de créer sa boîte, enfin pas chez moi, et en fait il s'est fait mettre dehors avant la fin du premier exercice. Et il est arrivé, pas en catastrophe, mais en gros en cherchant un expert comptable, en disant, en gros, on m'a mis dehors. Pour telle raison, parce qu'il y avait soi-disant un compte courant débiteur, donc il avait pris trop. En fait, c'est juste que le confrère, c'était un plus gros cabinet, ils n'avaient juste pas traité le dossier en cours d'année. Et juste à la fin de l'exercice, ils ont pris peur. Alors que le client, en soi, il n'avait rien fait de mal. On ne lui avait juste pas expliqué ou il y avait eu un problème de communication. On a repris, on a traité. Et puis, on a régularisé la situation. Et puis après, on anticipe. Quand on sait que tous les clients n'ont pas les mêmes besoins dans leur vie. Il y a des clients qui ont déjà acquis leur résidence principale ou leur appartement. Il y en a qui vont devoir faire des emprunts, etc. Ils n'ont pas les mêmes besoins, ils n'ont pas les mêmes rêves, ils n'ont pas les mêmes ambitions. C'est pour ça que discuter avec le client, c'est important. parce que quand... tu sais un peu où le client peut aller, tu peux éviter certaines déconvenues. Moi j'ai des clients, mais il y a des fois, tu ne peux pas les croire, enfin je n'arrive pas à les croire quand ils me disent « Jérôme, cette année, je ne fais plus d'investissement, aucun problème. Tu parles un mois après, deux mois après, j'ai une idée, je suis tombé là-dessus. » Et en fait... Il faut anticiper. Sur les besoins de trésorerie, il y en a certains. On sait que ça peut être un sujet flottant. Donc, quand on connaît son client, en fait, on anticipe. Et on ne le met pas devant le fait accompli sur de mauvaises solutions qui sont souvent très pénalisantes.
- Speaker #0
Pour clore cette section fierté du patron, je suis toujours... à la recherche de plus de belles histoires est-ce qu'il y a un cas que tu aimerais nous raconter une histoire où tu t'es vraiment dit avec ton client on a vraiment fait un truc cool et c'est vraiment chouette de faire ce métier non
- Speaker #2
c'est vrai que c'est
- Speaker #0
C'était au moment de 2008-2009, donc on commence à avoir une crise économique qui se profile. C'est une première expérience qui est assez marquante. Je me rappelle, j'avais des clients qui faisaient du négoce. Ils étaient deux associés. Ils envisageaient d'ouvrir un deuxième point de vente. Ils avaient même pris les devants, avancé de l'argent pour ça, etc., Et puis, ils clôturent en décembre. On est le 10 février, quelque chose comme ça, pour arrêter le bilan. Et puis, c'est le meilleur bilan qu'ils avaient jamais fait. Le résultat, il était excellent. Vraiment tip-top pour aller chercher des financements, etc. Et puis je discute, prise de commande, la trésorerie. Et là, il m'explique que la trésorerie est en baisse. Ça fait les mois précédents, là, on n'a pas eu de bonne prise de commande. Plusieurs mois d'affilée, etc. Ils étaient dans le négoce de meubles. Et là, en fait, tu passes après l'expérience, tu regardes. Ils t'ont expliqué que la trésorerie, elle baissait. Tu sais qu'elle va continuer à baisser. Et en fait, là, c'est leur meilleur bilan. Et tu leur fais « Écoutez, les gars, c'est simple » . on va aller au tribunal de commerce et puis on va vous mettre en sauvegarde parce que vous êtes mort tout simplement, et votre banquier là qui commence à ne pas vous répondre il va continuer de ne pas vous répondre et il va se retourner contre vous et là effectivement c'était la bonne décision On les a sauvés parce que quelque part c'était des bosseurs. Oui, il y avait eu un mauvais concours de circonstances, plusieurs mois consécutifs avec de mauvaises prises de commandes. Mais en fait, c'est le modèle économique qui n'était pas sain à l'époque. Il y avait beaucoup de décalages. En fait, tu encaissais des accomptes et tu payais tes fournisseurs plus tard. Et bien voilà, ils sont allés en sauvegarde. Ils sont sortis de sauvegarde. Ils existent toujours. Et il n'y a pas de problème. Mais c'est vrai que c'était marquant d'avoir leur meilleur résultat. Et en fait, ils étaient condamnés.
- Speaker #1
Ça m'a fait hyper mal au cœur d'entendre cette histoire. C'est terrible. J'ai vraiment eu mon cœur qui se serrait. J'étais à fond dedans, mais c'est cool de savoir.
- Speaker #0
Non, mais la trésorerie, c'est le nerf de la guerre. Et en fait, tu peux tout à fait faire des pertes quand tu as de la trésorerie. Tu as les moyens de faire tes pertes. Mais aujourd'hui, par les temps qui courent, c'est compliqué. d'aller chercher de la trésorerie. Un banquier ne te prête pas de la trésorerie comme ça, il va te prêter de l'argent pour faire un investissement etc et il faut y être vigilant voilà c'est tout.
- Speaker #1
Très bien ok bah merci beaucoup pour ce partage sur la section d'après on va faire fonctionner toute ton expérience d'expert comptable et on va passer à la séquence cheat code. Alors la La particularité de cheat code, c'est que tu vas nous donner des petites histoires courtes de ce qui t'est arrivé et un enseignement que nos auditeurs peuvent appliquer directement. En gros, tu leur fais gagner des années de galère et tu leur évites de se planter la première fois avec ces anecdotes et ces conseils. C'est bon pour toi ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si je vais y arriver. Tu m'en demandes beaucoup là.
- Speaker #1
Tu as tes petits conseils en tête ?
- Speaker #0
On va voir. Dans les cas qu'on voit régulièrement, c'est... C'est le cas du chef d'entreprise qui décide plus ou moins vers la fin de l'année de faire des investissements un peu importants. Et puis, il n'a pas de prévisionnel, il n'a pas de tableau de bord, il n'a pas de situation. Et puis en fait, le banquier fait traîner, ne répond pas. le temps passe et puis après il va te dire on est bientôt à la fin de l'année, il nous faut le bilan. Et en fait ça retarde le projet de plusieurs mois. Et c'est vrai que dès qu'une boîte est un tout petit peu structurée ou si on sait qu'on doit aller faire des investissements, avoir un prévisionnel, avoir un tableau de bord, en fait ça permet d'inscrire une relation de confiance avec le banquier. et de communication. Parce qu'en fait, à partir du moment où on sait qu'il y a un prévisionnel, on sait qu'il y a des tableaux de bord, on sait que l'entreprise est les suivis. Et puis après, en gros, c'est tu dis ce que tu fais, tu fais ce que tu dis. Et quand il y a ce genre d'outils qui sont en place, eh bien après, c'est fluide. Et après, t'as pas ces contraintes-là, des décalages, des contrariétés où tu... Tu perds du temps parce que tu n'avais pas les outils en place. Donc c'est vrai qu'une entreprise qui régulièrement doit faire des emprunts, doit souscrire des emprunts, etc., ça peut être bien de faire un point intermédiaire. Il ne s'agit pas d'en faire des tonnes, mais ça rassure un partenaire bancaire, par exemple.
- Speaker #1
Donc ce qu'on retient, c'est vous voulez investir, faites un prévisionnel, rassurez votre banquier.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Un peu ça ? Très bien.
- Speaker #0
Après, à l'inverse, tu as... Le client qui achète cache plein de matériel en fin d'année, soi-disant pour faire baisser les impôts. Et en fait, ce qu'on appelle des petits matériels qui te permettent de passer en charge ces moins de 500 euros hors taxes l'unité, si tu vas faire un investissement, c'est pas une charge. On va l'immobiliser, on va l'amortir. Donc la seule chose que ça va faire... c'est que ça va te priver de ta trésorerie. Ta trésorerie, elle est partie. Voilà, tu t'es mis à poil et la trésorerie, c'est le nain de la guerre. Et tu n'auras pas tes charges, tu n'auras pas ton économie d'impôts. Donc ça, c'est une erreur que font beaucoup de chefs d'entreprise. Ce n'est pas grave de payer de l'impôt. Si tu gagnes de l'impôt, c'est que tu as gagné de l'argent. Une entreprise, elle est là pour gagner de l'argent. Et si tu gagnes de l'argent, ça te permettra de réinvestir. C'est là où de temps en temps, il y a des chefs d'entreprise inexpérimentés qui font un peu n'importe quoi. Puis en général, ils viennent te voir après coup. Donc quand c'est fait, après tu es dit « c'est pas grave, on va aller demander un prêt aux banquiers, on va faire le bilan et puis on ira demander un prêt aux banquiers après » . Mais c'est dommage parce qu'au final, ils ont dépensé de l'argent, ils se sont mis un crédit sur le dos. Si c'était des investissements indispensables, il n'y a pas de souci. Si c'est un peu du luxe...
- Speaker #1
Ne faites pas vos optimisations tout seul dans votre coin. Prenez le bon conseil au bon moment.
- Speaker #0
Et puis non, après, ce qu'il y a aussi, c'est quand il y a des difficultés. Alors effectivement, l'idée, c'est de communiquer régulièrement avec son client, mais quand on commence à avoir des difficultés quand on voit que on peut commencer à payer ses cotisations sociales qu'on a du mal à payer sa tva qu'on décale des fournisseurs il faut venir en parler soit il ya juste un effet saisonnier et puis ça va ça va rentrer ça va rentrer dans l'ordre naturellement juste prévenir le banquier voilà c'est saisonnier et puis y'a pas de y'a pas de souci si par contre c'est parce qu'on a eu plusieurs mois d'affilée ou le chiffre d'affaires était moins bon, les commandes étaient moins bonnes, etc. Il faut peut-être prendre les devants auprès des impôts, auprès des URSAF, pour mettre en place une solution adaptée, peut-être aller négocier un échéancier. Mais c'est toujours mieux de le faire avant ou de savoir en tous les cas comment ça va se passer. Parce que sinon, ça te coûtera toujours plus cher faire le mort, faire l'autruche. Ça n'apporte rien, surtout pas avec les impôts, surtout pas avec l'URSSAF. Parce que quand eux, ils n'hésiteront pas, quand tu auras une saisie sur ton compte ou ta trésorerie, elle sera partie parce que tu n'auras pas payé, je ne sais pas, ta TVA ou tes charges, tu crois, je vais pouvoir payer tel fournisseur ou mon salaire, et puis qu'en fait, ils arrivent, après, t'es bec dans l'eau. Donc il vaut mieux savoir avant comment ça va se passer pour éviter ce genre de désagrément.
- Speaker #1
Oui, la TVA, ils aiment bien te rappeler que tu as dépensé de l'argent qui n'était pas à toi. C'est les premiers à le faire. Ils n'ont pas tort d'ailleurs.
- Speaker #0
Mais c'est le cas.
- Speaker #1
Ben oui, tout à fait.
- Speaker #0
La TVA, une entreprise collecte. Alors là, j'ai le mauvais message du... enfin le message pas cool, mais c'est la réalité. Tu collectes de l'argent qui ne t'appartient pas.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc quand tu raisonnes, quand tu dis, tiens, je ne sais pas si tu avais une vente à 12 000 euros TTC, 10 000 euros hors taxe. En fait, ce n'est pas j'ai encaissé 12 000 euros, j'ai rentré 10 000. Oui. Les 2000, ils ne sont pas à toi. Si tu raisonnes comme ça, tu n'auras pas de problème.
- Speaker #1
C'est un truc que je me suis bien appliqué dès le départ et c'est vrai qu'en tout cas, si tu as un dépassement de ce côté-là, eux se chargent de te le rappeler régulièrement que l'argent n'était pas à toi. Mais je crois que ce que tu dis dans ton dernier point, c'est en plus quelque chose en tant qu'entrepreneur qu'on n'ose pas toujours s'admettre quand... Quand la trésorerie baisse, quand les ventes baissent, chercher de l'aide à ce moment-là c'est compliqué parce que c'est avouer un moment de faiblesse et pourtant on revient toujours au pilotage et à l'importance d'anticiper quoi, de prendre les vents et ça sera moins grave en anticipant qu'en faisant l'autruche mais de toute façon c'est ce que t'as dit quoi.
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément un moment de faiblesse. Regarde, la guerre en Ukraine, le Covid, comment tu veux le prévoir ? Le bazar dans lequel nous mettent tous nos politiciens aujourd'hui, l'incertitude, comment tu veux la prévoir ? Il y a un moment, les chefs d'entreprise ne sont pas responsables de tout. Ce sont des gens qui se lèvent le matin, qui bossent, qui sont plutôt résilients, qui ont beaucoup de courage. Donc il y a un moment où non. On peut avoir des difficultés, comme n'importe qui. Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide et puis à communiquer.
- Speaker #1
Il y a une certaine fierté chez l'entrepreneur qui fait que ce n'est pas toujours facile. Même quand les événements sont extérieurs, mais je comprends ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Il y a le côté solitude du chef d'entreprise, mais ça, ça existe.
- Speaker #1
Je vais te demander un autre cheat code. Est-ce que tu pourrais nous dire trois erreurs qui te font dire, toi surtout, lance pas ta boîte. Une sorte de checklist vérification.
- Speaker #0
Comme je t'ai dit, c'est souvent en discutant avec les clients, mais quand un client, en gros, je ne sais pas, déjà ne sait pas combien il va vendre un produit ou un service par rapport au prix où il l'achète, etc. Je ne dis pas... répondre à l'euro, etc. Mais il y a des fondamentaux. Le négoce, ce qui fait peur aujourd'hui dans le négoce, c'est que souvent, il faut vendre beaucoup d'unités, il faut faire beaucoup de volume avec de très faibles marges en montant pour dégager, pour peut-être te payer un salaire, payer tes frais généraux, etc. C'est des modèles qui sont risqués pour certains. Un gros stock, un loyer, il faut vendre des produits pour rentabiliser tout ça. Donc certains ne se rendent pas compte du volume ou de temps en temps dans le service aussi, de dire attention, il faut être rapide, il faut délivrer, il faut produire tant pour que tu gagnes ta vie, pour que ce soit rentable. Certains se confrontent à ça. Alors... Au début, tu peux avoir moins de contraintes et puis tu apprends, tu progresses. Mais c'est souvent là. Ou alors il y a des gens, on voit qu'ils n'ont pas du tout de maturité, ça va être dangereux pour eux. Si c'est pour qu'ils se retrouvent à faire trop de bêtises au niveau des impôts, des cotisations, à dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas gagné. Quand tu es chez l'entreprise, ça te revient toujours. Tu ne peux pas te cacher derrière ton petit doigt. Au final, c'est toi qui assumeras, c'est toi qui payeras.
- Speaker #1
Finalement, si je résume ça en trois conseils, ça fait être conscient de tes charges, être conscient des volumes dont tu as besoin et...
- Speaker #0
Ne dépense pas l'argent que tu n'as pas gagné.
- Speaker #1
Oui, c'est bien aussi. J'étais sur autre chose, mais c'est pas mal. Super.
- Speaker #0
Si, alors autre chose. Si, si, c'est du bon sens. Tu vois même par exemple pour la rémunération etc. c'est plus sain d'avoir une petite rémunération, de faire attention à ce que tu dépenses en cours d'année et quand tu sais que tu as gagné de l'argent, à ce moment-là tu peux très bien t'allouer une prime, tu peux très bien faire certaines dépenses ou investissements que tu voulais. Mais ce n'est pas la même chose. Alors, ça demande un peu de patience. Mais je parle plus pour la rémunération, pour les investissements. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Tu peux les financer par emprunt. Mais voilà.
- Speaker #1
Ok, super. On va passer sur la section d'après. Le moment des questions inconfortables. Je vais y aller. C'est le moment où Jérôme va passer sur le grill. Ma première question grill. Tu as déjà un petit peu répondu, mais je vais te la reposer quand même. Est-ce que tu as déjà dit à un de tes prospects, droit dans les yeux, franchement, tu ne devrais pas créer ta boîte ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors après, tu peux le dire de différentes manières selon la personne, mais oui, évidemment, c'est moral.
- Speaker #1
Est-ce qu'en France, tu penses qu'on surprotège les entrepreneurs ou qu'au contraire, on les laisse trop seuls ?
- Speaker #0
surprotéger les entrepreneurs à la manière dont on leur tape dessus. On leur ajoute des contraintes, des charges et des normes à tirer à l'arigot.
- Speaker #1
Ils ont plein d'aides quand même.
- Speaker #0
On ne doit pas connaître les mêmes entrepreneurs.
- Speaker #1
J'ai loupé la boca du diable, volontairement. Ne me frappez pas dessus en commentaire s'il vous plaît.
- Speaker #0
Non, mais non, mais objectivement, il y a des débats qui ne devraient presque même pas avoir lieu. Les chefs d'entreprise, les entrepreneurs, les chefs d'entreprise, les entreprises, ce sont elles, ce sont eux qui créent de la richesse. Après, il peut y avoir des taxes, des impôts... plein de choses. Mais en fait, il faut favoriser ça. On ne peut rien faire si les entreprises ne produisent pas de la valeur, ne sont pas en croissance, ne gagnent pas d'argent. Donc, il faudrait les aider, les favoriser à arrêter de leur taper sur la tête. Et là, aujourd'hui, on est dans un contexte hallucinant. Hallucinant.
- Speaker #1
C'est quoi faire des économies ?
- Speaker #0
Pour un chef d'entreprise, si tu lui dis qu'il sait que son activité va baisser, il te dit « je vais avoir moins 3, moins 5% » . Bref, s'il te dit qu'il faut faire 3% d'économie sur les charges cette année, en général il va être un peu prudent. Il va te faire 3,5 ou 4% d'économie en début d'année parce qu'il y a toujours des impondérables. Et puis au final, il atterrira à moins 3. L'État français, c'est qu'il diminue la hausse qu'ils avaient prévue, mais au final, de toute façon, ils ne font rien, ils dépensent. Et puis après, on constate qu'il y a des déficits en croissance. C'est juste une question de responsabilité entre les deux.
- Speaker #1
On a pris une petite balle au passage là. Ça marche ! Est-ce que certains entrepreneurs confondent expert comptable et psy ?
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai que de temps en temps, quand on voit un contexte économique, quand on voit les incertitudes qu'il peut y avoir, c'est naturel qu'on puisse avoir des états d'âme et en parler à ceux qui peuvent comprendre et qui sont nos partenaires.
- Speaker #1
Est-ce qu'on a rendu la fiscalité volontairement incompréhensible pour vendre du conseil ?
- Speaker #0
Mais si seulement, ça voudrait dire qu'on pourrait le défaire. Non, c'est surtout qu'on est un vieux pays qui était leader dans les impôts et dans les taxes. En termes d'imagination, on est très très fort. Et puis non, la complexité, ça vient aussi. Mais justement, ça vient aussi de nos élus parce que de temps en temps, on a des élus qui veulent faire des réformes, qui connaissent un peu le sujet. et puis la réforme elle peut aller dans le bon sens ça s'écrit dans une culture, dans une histoire, tout va bien. Et puis il y a des fois on te sort des textes juste parce que c'est une mesure populaire, parce que c'est du dogme, parce que... et puis il faut l'appliquer. Et puis tous les textes quand on les sort, il y en a certains ils sont clairs, ils sont nets, et puis il y en a plein. Il faut interpréter, il faut attendre les décrets d'application Il faut attendre une instruction d'administration, une interprétation d'administration. Des fois c'est compliqué, c'est des casse-têtes et il y a des histoires, elles sont dramatiques. Tiens, tu voulais des anecdotes ? Au moment du Covid, j'ai un client que je suis aidé depuis longtemps qui était pharmacien. Première période de Covid... où on n'a pas de masque, on n'a pas de gel, les médecins, les infirmières ne peuvent pas travailler, etc. Donc on est au début. Tu as les préfectures qui en fait utilisent les officines pour récupérer des masques, récupérer du gel, pour aller les distribuer aux infirmières, aux médecins, etc. C'est compté, c'est rationalisé, etc., Et puis là, tu as une salariée qui envole. En fait, là on te dit tout de suite, le pharmacien, le chef d'entreprise nous appelle avec le service social et puis en fait il s'aperçoit. Qu'est-ce qu'on lui dit ? C'est simple, c'est une faute. Vous ne pouvez pas passer outre. Oui ce sont des masques, ce sont du gel mais il y a un moment... il y a le préfet derrière, il peut y avoir des vies en jeu, etc. C'est votre responsabilité, vous devez... Vous n'avez pas le choix. Vous devez licencier cette salariée pour fautes graves, etc. Et puis tu te retrouves deux ans après au prud'homme, parce que forcément elle l'a emmené au prud'homme. Et puis en fait, t'as un juge qui va dire... Alors, première instance appel, hein ? Et puis t'as le juge qui va dire, mais c'était que des masques, c'était que du gel. Et là, un billet de 30 000. Il a fait quelle faute, le chef d'entreprise ? Donc il n'a rien fait. Et en fait, c'est juste des politiques et les services de l'État où il y a juste des dysfonctionnements. On n'est pas en adéquation.
- Speaker #1
Mais là, il y a un problème aussi de décalage. Deux ans après, on ne s'en souvient pas alors que...
- Speaker #0
Ça s'appelle la responsabilité pour les chefs d'entreprise. Ils l'ont, on leur demande au niveau fiscal, au niveau social, au niveau juridique, derrière...
- Speaker #1
On oublie qu'à une époque, on était presque en train de s'entretuer pour des masques et du gel. C'est fou. Tu m'as séché. Comment je vais sur ma prochaine question ?
- Speaker #0
Je vais y aller. On l'a raison.
- Speaker #1
Oui, je sais ce que j'ai à poser. Vas-y. Est-ce qu'un dirigeant qui ne regarde pas ses chiffres, il est encore aux commandes de son entreprise ?
- Speaker #0
Bien sûr. C'est comme un navire qui n'a pas de cap. Non, mais en fait, il faut avoir un cap pour arriver à un objectif. Tu as des chefs d'entreprise qui maîtrisent leur sujet et qui, avec quelques indications qui peuvent être professionnelles, pas seulement comptables... vont arriver à bien juger, jauger de l'activité de leur boîte. Mais c'est rare, c'est une minorité, c'est beaucoup de compétences et voilà. Donc la réponse, c'est clairement non. Il faut suivre l'activité de sa boîte. Après, ce n'est pas forcément que des chiffres, que de la compta. Ça peut être... différents indicateurs qui sont propres à chaque métier quand tu maîtrises ton activité. Mais il faut suivre son activité, parce que sinon c'est toujours ce qui se passe et dans le commerce et dans le négoce, le taux de marge en particulier. Parce que si tu attends ton bilan 12 ou 15 mois, en plus il peut y avoir des exercices qui sont plus longs, pour te rendre compte que tu ne gagnes pas l'argent que tu pensais gagner, En fait, le nombre de mois que tu as perdu ou que tu as perdu de l'argent et des points de marge, c'est de la perte. Et il va falloir la rattraper.
- Speaker #1
Est-ce que tu as déjà eu envie de rendre un client à son ancien cabinet ?
- Speaker #0
Alors, dans ces cas-là, ça ne se passe pas comme ça.
- Speaker #1
Oui, je sais qu'on ne peut pas le faire, mais on a hâte de le penser.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu passes la balle. Dans ces cas-là, tu mets relativement fin à la relation.
- Speaker #1
Tu ne fais pas que le penser, tu t'arrêtes là.
- Speaker #0
Oui, on travaille assez durement parce qu'on parle de moi, mais il y a un moment, je travaille avec une équipe de personnes qui sont compétentes, qui sont sérieuses. qui ont du boulot, parce que tout seul on ne fait rien. Un chef c'est quelqu'un qui a besoin des autres. Tout seul on ne fait rien. Parce qu'en plus si la mayonnaise ne prend pas, c'est une relation de confiance. Tant pis, il faut aller voir quelqu'un d'autre qui arrivera peut-être à installer cette relation de confiance.
- Speaker #1
Du coup, ça m'emmène à ma dernière question du grill. Qu'est-ce qui est rédhibitoire chez toi, chez un client ? Pour toi, chez un client ?
- Speaker #0
Le manque de respect pour les collaborateurs. À la rigueur, je peux me friter avec un client. On peut ne pas être d'accord sur quelque chose. On peut s'expliquer. Il peut ne pas être satisfait de quelque chose ou de quelque chose que j'ai fait, pas fait, dit, etc. Par contre, on ne touche pas aux collaborateurs. C'est-à-dire qu'à un moment, on vient me dire les choses à moi et pas aux collaborateurs. Ça, c'est rédhibitoire. Et puis... L'autre chose, c'est la mauvaise foi. Voilà. C'est-à-dire qu'il y a un moment, on parlait de relations de confiance, des personnes qui sont de mauvaise foi manifestent, allez voir ailleurs.
- Speaker #1
Très bien. Après cette séquence un peu inconfortable, j'ai pas eu l'impression que ce soit si inconfortable. Tu te traites bien au jeu des questions qui grattent ?
- Speaker #0
Bah non, ça va, ça va.
- Speaker #1
On va un peu s'interroger sur le futur du métier, donc on saute dans la DeLorean et on passe sur le retour vers le futur. Le premier sujet sur lequel je voulais te lancer pour ce retour vers le futur, c'est l'importance de l'expert comptable dans... Surtout ce qui peut être instabilité, nouvelles normes, lecture des nouvelles réglementations. Pour ça je te propose de parler, on ne va pas s'étendre sur le sujet, mais de parler un petit peu facture électronique qui fait couler beaucoup d'encre en ce moment, peut-être plus qu'il n'en faudrait, je ne sais pas, tu me diras. Mais en tout cas c'est un sujet que tout le monde a à la bouche en ce moment. C'est quoi la position, le rôle de l'expert comptable pour accompagner un chef d'entreprise à qui on balance ce genre de réformes qui en plus changent tout le temps ?
- Speaker #0
Alors, deux-trois choses. Déjà la réforme de la facturation électronique, elle vient de loin. Les premiers textes, c'est européen. Clairement c'est pour faire de la lutte contre la fraude, la fraude à la TVA en Europe parce que c'est ce qui coûte le plus cher, lutte anti-blanchiment, etc. Ça vient de 2006, les premiers textes sortent en 2006. Il y a eu des réformes qui ont été repoussées. Par contre, là, clairement, ce ne sera pas repoussé. On y va, on y est presque. Il y a des grosses échéances. Alors, on entend souvent 2026. Pour l'Europe, c'est 2028, 2031, 2035. Pour la France, pour se préparer à 2028, le début de la réforme attaque en septembre 2026. Et donc, on y va. Il n'y a pas de... ça ne sera pas reporté ou annulé. Après, les outils vont changer. Aujourd'hui, c'est vrai que j'ai tendance à dire qu'il est encore urgent d'attendre, parce que la réforme a été reportée, forcément il y a des éditeurs de logiciels qui ont eu des cahiers des charges, des contraintes un peu tardivement. Il faut qu'ils s'organisent. Et il y a aussi un changement fondamental, c'est que maintenant les éditeurs de logiciels devront être certifiés. Avant, les éditeurs fournissaient une attestation comme quoi le logiciel était aux normes requises par l'administration fiscale. Maintenant, il va falloir qu'il soit certifié. La certification, c'est un organisme qui le fait passer, donc forcément, il faut du temps et ça coûte. Ce qui est sûr, c'est que... Tous les éditeurs de logiciels ne seront pas sur la ligne d'arrivée. Donc pour ça, alors les gros du secteur, il n'y aura pas de problème. Mais pour certains, ça risque d'être compliqué. Et c'est là où je dis aux clients, attention, ne vous précipitez pas pour aller sur tel ou tel logiciel, enfin commercial qui viendrait vous vendre quelque chose. Parce qu'il faut être sûr que ce soit un éditeur qui soit là. L'année prochaine, voilà.
- Speaker #1
Parce que les logiciels, les petits qui ne vendront pas cette certification, même si ça coûte, ils n'ont pas d'avenir. Tu ne pourras pas exister avec un système...
- Speaker #0
C'est bien pour ça que c'est dangereux parce qu'en fait on va te vendre, je ne sais pas, un logiciel de facturation, un logiciel de caisse et puis dans un an il sera obsolète parce que l'entreprise ne vendra pas sa certification. Donc ça c'est dangereux. Si par contre tu vas sur des gros éditeurs, normalement il n'y a pas de souci. Là, maintenant, on est bien d'accord. On parle de TPE, de toutes petites entreprises. Une grosse structure, il faut qu'elle se prépare maintenant et qu'elle ne tarde pas parce qu'il y a un temps de mise en place, de rodage, etc.
- Speaker #1
Et en plus, on est d'accord que pour les toutes petites entreprises, 2026 pour eux, c'est la réception des factures. Mais par contre, l'émission, ils ont encore un peu plus de temps.
- Speaker #0
Encore un an de plus, non ? Oui, on ne va pas rentrer dans trop de techniques. Je vois quand même que tu as bossé un peu ton sujet.
- Speaker #1
Non plus quoi !
- Speaker #0
Non mais en fait, l'idée si on en revient à ce que doit faire l'expert comptable, déjà nous par exemple, on a changé d'outil, on est en train de changer d'outil, on prépare nos clients et l'idée c'est de les préparer en douceur parce que de toute façon une réforme importante, c'est anxiogène Ça bouscule les habitudes, ça prend un peu de temps. Donc l'idée c'est d'accompagner les clients en leur disant on est sur la réforme, on va s'occuper de vous, on sera dans les délais. Voilà, déjà ne paniquez pas. Et puis après, la réforme ne s'applique pas de la même manière et au même rythme à tous les clients.
- Speaker #1
Plus globalement, sur tout ce qui est réforme, nouvelle loi, est-ce que d'un point de vue fiscal, j'entends, est-ce que je peux me reposer en tant que chef d'entreprise sur mon expert comptable pour me déléler les sujets ou est-ce que je suis obligée d'être moi-même informée et d'aller voir après avec mon expert comptable ce qu'on fait de ces informations ? Ça fait encore beaucoup de choses à gérer pour un pauvre petit chef d'entreprise.
- Speaker #0
Je vais te dire les deux, mais il y a un moment où on ne peut pas tout faire à la place. à la place du chef d'entreprise.
- Speaker #1
On paye quand même.
- Speaker #0
Oui, mais après tu peux payer plus cher parce qu'il y a un moment, il y a des choses, c'est du service que tu prends en plus. Donc il n'y a pas de souci, on peut faire beaucoup de choses. Il faut juste être sur la même longueur d'onde. Après il y a des choses, oui, on va aider nos clients du mieux qu'on peut.
- Speaker #1
Le deuxième sujet sur lequel je voulais te lancer sur la partie future, C'est l'impact qu'a pu avoir le numérique, maintenant et demain, sur la relation client. Est-ce que par exemple chez toi tu as digitalisé une partie ou toute la relation client ? Comment tu places par rapport à ça ?
- Speaker #0
Alors ce que tu appelles la relation client…
- Speaker #1
Oui au sens très large. Oui au sens très large parce que…
- Speaker #0
Parce que la relation client, tout ce qui est contact téléphonique, humain, mail, etc. Non, là-dessus, il faut être en contact avec le client. Il faut être en contact régulièrement avec le client. Par contre, pour toute la partie production, ça fait des années qu'on a mis en place des outils qu'on fait évoluer sans cesse parce qu'on avait déjà de la digitalisation. de la dématérialisation. Là, on est en train de passer sur de nouveaux outils qui vont nous permettre d'aller sur la facturation électronique, parce que tu en as parlé, mais ce n'est pas tant la facturation électronique qui va poser problème. Tout le monde parle de ça, mais le vrai sujet, le plus complexe, c'est le e-reporting qui arrive juste derrière. Et c'est ça qui va mettre beaucoup de contraintes et qui complexifie beaucoup des choses. On a des incertitudes sur les plateformes agrées, etc., mais on va faire des choses. C'est pour ça qu'on fait un peu patienter parce que là, il y a encore un peu de flou, notamment de coûts, notamment d'argent. Voilà qui va payer, comment ?
- Speaker #1
Et est-ce que le fait que maintenant avec les outils numériques, j'ai l'impression que le chef d'entreprise a beaucoup plus accès à ces chiffres qu'avant, plus de temps réel. Est-ce que tu as l'impression que les chefs d'entreprise aujourd'hui comprennent mieux leurs chiffres que ça pouvait être le cas il y a 10 ou 15 ans ?
- Speaker #0
Alors si tu prends les chefs d'entreprise... qui était là il y a dix ans et qui est aujourd'hui là, j'espère qu'il comprend mieux ces chiffres parce que sinon c'est que j'ai mal fait mon job.
- Speaker #1
Oui d'accord,
- Speaker #0
je parlais plus de gens qui se lancent maintenant. Si par contre quelqu'un qui se lance maintenant, c'est quelqu'un qui débute. Donc par principe la personne va peut-être être, va maîtriser un secteur d'activité, elle a des compétences techniques, elle a des compétences... Mais ça va dépendre des personnes, certaines ne seront pas... pas à même de bien appréhender leurs chiffres. Et c'est notre rôle que de les aider à comprendre leur bilan, comprendre les enjeux. Il ne s'agit pas qu'ils tiennent expert comptable ou comptable, mais voilà.
- Speaker #1
Donc le numérique n'a pas changé fondamentalement ça ? C'est une appétence du dirigeant de base ?
- Speaker #0
En fait, ce n'est pas ça. C'est qu'on est dans une société de consommation et même de surconsommation. On est noyés dans les réseaux sociaux, dans... Il faut acheter plein de choses, il faut posséder plein de choses, etc. Les chiffres, les outils numériques, on peut te noyer sous plein de chiffres, sous plein d'informations. Un tableau de bord, ça veut tout dire et rien dire. Ah, j'ai un tableau de bord, super ! Il est fait comment ? Il y a quoi dedans ? En fait, est-ce qu'il est fiable ? Il faut un peu de recul, il faut comprendre les enjeux. Je veux dire, la trésorerie, si tu ne payes pas tes fournisseurs, ta trésorerie elle monte. Si tu encaisses des à-compte clients ou un peu plus d'à-compte clients, ta trésorerie elle monte. Ce n'est pas pour autant que tu as gagné de l'argent et que dans 15 jours, 3 semaines, 2 mois, ta trésorerie elle n'aura pas plongé. Donc... Tu vois ce que je veux dire ? C'est quoi que tu mets en place ?
- Speaker #1
Est-ce que tu vois disparaître Word et Excel comme outils de facturation ou on en est encore un peu loin ?
- Speaker #0
Alors non, il y a de moins en moins d'Excel et de Word comme outils de facturation. Mais il y en a encore. Et en fait, on est un pays d'irréductibles. irréductibles gaulois. Et il y en a certains, mais par contre, les irréductibles gaulois Word et Excel, ils vont bientôt disparaître parce que là, ils n'auront plus le choix. Avec la facturation électronique, ils n'auront plus le choix. Donc eux, ils n'ont plus beaucoup de temps.
- Speaker #1
Quelle évolution tu vois pour ton métier dans les futures années ?
- Speaker #0
toujours plus de réactivité, plus d'automatisation, etc. Mais toujours besoin de conseils. Les chefs d'entreprise auront toujours besoin de conseils parce que justement le monde va de plus en plus vite. Il y a un moment où il faut être capable d'analyser, il faut garder la tête froide. Je pense qu'on sera toujours là et qu'on sera utile pour ça. Moi, ça fait 20-25 ans que j'entends que le métier d'expert comptable va disparaître. Je pense qu'on est utile et qu'on n'est pas prêt à disparaître parce que vu la simplification... qui est en place, qui est mis en place, qui sera mis en place, qui a déjà été mise en place, etc. Tu vois, c'est des chocs de simplification, etc. Je pense qu'on est encore là pour de nombreuses années. Mais après, la digitalisation, ça nous permet aussi de gagner un peu de temps sur certains sujets et puis de faire du conseil. Et en fait, on reproche tellement aux experts comptables de ne pas faire de conseil que voilà.
- Speaker #1
Le gros message d'Osez l'Efficacité, on supprime les tâches à non-valeur ajoutée pour se concentrer sur celles qui en ont. Et ici, c'est le conseil.
- Speaker #0
On essaye.
- Speaker #1
On va clore l'épisode sur les questions signatures. Je pose à peu près toujours les mêmes questions à mes invités pour finir. Jérôme, si tu étais ministre de l'économie, qu'est-ce que tu ferais pendant tes premières 24 heures ?
- Speaker #0
Alors, pas grand chose parce que 24 heures, ce ne serait pas assez.
- Speaker #1
On va dire tes premières mesures.
- Speaker #0
Non, mais en fait, c'est une question de temps. Ce n'est même pas une question de personne. il faudrait enfin faire des réformes de fond, des réformes structurelles. Et pour ça, il faut du temps, il faut de la pédagogie. complètement... Et il faut pas qu'il y ait de dénigrement systématique. Aujourd'hui, on est dans un contexte politique qui est compliqué. Même s'il y a de bonnes mesures qui sont prises, en fait, il faut qu'on fasse des efforts. On le sait tous. Sauf que c'est pas vendeur et que dès qu'il y en a un, même si quelqu'un dit « Il faut faire un effort » , On a des oppositions, etc., qui ne font que du dénigrement. Là, je ne parle pas de partis politiques les uns ou les autres, c'est tous. Il y a une vraie cacophonie, c'est une cour de récré, ils ne s'entendent pas, ils ne s'écoutent pas. Et en fait, pour faire des réformes de fonds, il faut un peu s'entendre, en disant oui et être transpartisan. Et aujourd'hui, c'est compliqué. C'est compliqué. Nos élus, parce que nos élus manquent de responsabilité. Donc ils ne donnent pas l'exemple. Ils sont incapables de se mettre d'accord sur des budgets, sur... sur des programmes de bon sens. Donc, c'est compliqué.
- Speaker #1
Tu penses que les élus devraient plus se comporter en chef d'entreprise ?
- Speaker #0
Élu et chef d'entreprise. Alors, il y a une différence. Un chef d'entreprise, en général, quand il va se lancer, bien souvent on va lui demander d'avoir des diplômes, des formations, d'accord ? beaucoup de personnes qui se présentent en politique. Ça peut être le jeu, ce n'est pas un souci, mais quand on est incompétent, qu'on ne maîtrise pas un sujet, on ne se prononce pas, en ne voulant pas après être critiqué ou contredit. On se tait et puis on apprend. D'ailleurs, leur période d'apprentissage, c'est nous qui la finançons. En général, les chefs d'entreprise, il faut déjà qu'ils soient... Qu'il ait déjà d'expérience, qu'il ait déjà des diplômes, etc. Et puis un chef d'entreprise, il risque son argent, ses économies. Eux, ils risquent... Ah oui, notre argent. C'est pas le leur, c'est le nôtre qui risque. Et puis ils sont responsables de pas grand-chose. Un chef d'entreprise, il est responsable fiscalement, socialement, pénalement s'il ne respecte pas plein de choses. Eux, ben non, parce qu'en fait, ils n'étaient pas là avant, ils ne seront pas là après, c'est jamais de leur faute. Et non, ce n'est pas un exemple. Il faudrait déjà qu'ils montrent un peu l'exemple. Parce qu'en fait, on ne pourrait avancer que... On a besoin de travailler les uns avec les autres. On a besoin d'unité. Et là, il n'y a pas cette sérénité, il n'y a pas cette unité. Il faut que ça invectivez. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Je garde ça. Exemplarité et unité. C'est des bons mots-clés. C'est quoi ton pire souvenir lié au numérique ?
- Speaker #0
Écoute, je n'ai pas de pire souvenir. En fait, nous on bosse tellement avec l'informatique, avec le numérique, on en est totalement dépendant. Donc en fait, justement, on paye des logiciels, de la maintenance, des prestataires. pour éviter ce genre de problème parce que sinon on est en arrêt complet. Donc je n'ai pas de pire souvenir. En fait, on prend des assurances, on paye pour que ça n'arrive pas.
- Speaker #1
Tu achètes les bons souvenirs, c'est bien. C'est une bonne attitude. C'est dans le coup des honoraires.
- Speaker #0
Oui, mais en même temps...
- Speaker #1
C'est à nous que ça sert, à nous chefs d'entreprise. Quel conseil tu te donnerais juste avant de décrocher ton premier client ? Le truc qui te permettrait des galères pour après.
- Speaker #0
Le conseil que je me donnerais ?
- Speaker #1
Si tu pouvais revenir dans le passé et parler à Jérôme qui va signer son premier client.
- Speaker #0
Ah ! Non, reste droit dans tes bottes, garde tes valeurs. Ouais.
- Speaker #1
C'est bien. Ça me va très bien. Et pour toi, c'est quoi oser l'efficacité ?
- Speaker #0
C'est dans l'anticipation quand on sait qu'il va y avoir des changements. C'est de ne pas y aller reculons parce que ça ne sert à rien. Et puis, si, on peut dire aussi que dans la vie, c'est de ne pas se voiler la face, de ne pas mettre la tête dans le sable parce qu'en fait, ça ne résout... jamais, jamais, jamais les problèmes. Ça ne fait que les empirer.
- Speaker #1
Donc être efficace, c'est anticiper.
- Speaker #0
Et faire face.
- Speaker #1
Et faire face. Très bien.
- Speaker #0
On peut faire des erreurs. Il n'y a que ceux qui font rien qui ne se trompent pas. Mais on fait face.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'on te contacte ? Comment est-ce qu'on peut travailler avec toi ?
- Speaker #0
Par téléphone.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Par mail.
- Speaker #1
Très bien. Je mettrai tout ça dans la description.
- Speaker #0
En me voyant, en venant me voir. Oui.
- Speaker #1
Je mets ton adresse aussi ? Les gens peuvent aller sonner directement au cabinet ? En tout cas, je mettrai tous tes contacts dans la description.
- Speaker #0
Ils peuvent, mais il est possible que je sois en rendez-vous.
- Speaker #1
Très bien. On va faire comme ça. Est-ce que tu as un petit mot pour conclure, un dernier conseil avant qu'on raccroche ?
- Speaker #0
Oui, entreprendre, c'est une belle expérience. Par contre, c'est une expérience que tu dois faire pour toi. C'est un projet qui va prendre du temps, Tu peux engager des capitaux ou tu peux prendre des coûts. Donc il faut vraiment que ce soit profondément ancré en toi, que ce soit vraiment ce que tu as envie de faire. Si tu ne le fais pas pour les autres, tu ne le fais pas pour le paraître. Et ce faisant, quand tu fais ça, tu es utile à la collectivité parce que tu produis de la richesse, tu permets au pays d'aller de l'avant. Et ce qui serait bien, c'est qu'on puisse te dire merci au lieu de te taper sur la tête.
- Speaker #1
Je pense que beaucoup d'entrepreneurs se retrouveront. On va s'arrêter là-dessus. Moi, je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode Dosez l'Efficacité. Le mieux pour ne rien rater, c'est toujours de s'abonner. Abonnez-vous. Vérifiez bien que vous êtes abonné. Des fois, on pense qu'on l'est. En fait, on ne l'est pas. Vérifiez, abonnez-vous et d'ici là, d'ici la semaine prochaine, n'oubliez pas Dosez l'Efficacité.