- Speaker #0
Un recrutement, ça coûte déjà cher. Donc, refaire un recrutement, ça coûte deux fois cher.
- Speaker #1
On ne mettait pas bien en avant justement la difficulté du travail, l'environnement. Donc, la visite dans l'atelier, elle est primordiale pour que les gens comprennent ce que c'est que le métier. Je n'aime pas faire deux fois la même chose, jamais avoir à recopier deux fois une donnée. Il ne doit jamais avoir de chiffres à mettre. Il a tous les calculs qui sont faits automatiquement et il doit apporter des commentaires. arrêtons de jeter, le meilleur déchet c'est celui qu'on ne produit pas on ne peut pas faire un modèle circulaire sans avoir de performance économique la performance elle est obligatoire il y avait le feu dans le bâtiment, en 36 heures on avait relancé le site le nez plus ultra c'est d'arriver à savoir recycler ses propres produits faites vos poubelles, regardez ce que vous jetez et ça serait déjà une première bonne étape et c'est ce qui peut tuer le modèle
- Speaker #0
Industrie 4.0 ou 5.0, ça donne le vertige, l'offre déborde, tu ne sais plus où regarder. La vérité, ton besoin n'est pas clarifié. Je suis Perrine Thiebaud, fondatrice de Digetik. Avec mes audits de processus, on cartographie l'existant, on définit la cible et on lance un plan d'action pour digitaliser efficacement, sans copier le voisin, en partant de tes vrais besoins. Ici, je partage méthodes, outils et retours terrain pour te faire passer au niveau supérieur. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Bienvenue dans Oser l'Efficacité ! Aujourd'hui, je reçois William Avignon, directeur général chez Recyc' Matelas. Le nom est dans le titre, l'entreprise recycle des matelas. C'est donc un maillon incontournable de la circularité. Ça va donc être l'occasion de parler circularité, justement, de faire quelques rappels sur le recyclage aujourd'hui, de la place du consommateur comme des industriels dans le modèle. On parlera également de leur modèle d'emploi particulier, dont on a beaucoup à apprendre, et de la vision de William pour le futur de son industrie. Bonjour William, bienvenue sur Oser l'Efficacité. Comment ça va aujourd'hui ?
- Speaker #1
Bonjour Perrine, merci de me recevoir. dans ton podcast pour parler effectivement recyclage de matelas, circularité, insertion, j'ai hâte.
- Speaker #0
Très bien, et bien pour commencer, je vais te laisser toute la place de détailler ton activité, ça se passe dans la première séquence I need a hero. Donc le but de cette séquence c'est de dévoiler ton côté héros de l'industrie et tes super pouvoirs. Ma première question ça va être... Est-ce que tu es né dans l'industrie ou est-ce que tu y es arrivé par hasard ?
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas forcément né dans l'industrie, dans la famille, plutôt dans le bâtiment. Mais je pense qu'il y a des liens entre le bâtiment et l'industrie. C'est le côté concret et c'est ça qui me plaît, moi, dans l'industrie. C'est tout ce qui nous entoure, finalement, vient de l'industrie. Donc, j'ai fait une école d'ingénieur. J'ai toujours aimé bricoler, démonter. Même un radiocassette qui marchait, de regarder comment il était fait pour essayer de le réparer ou en tout cas de le refaire marcher. Ça m'a toujours plu. J'ai fait une école d'ingénieur. On m'a présenté à l'époque, c'est un ancien de chez Total qui est venu présenter un super projet, une énorme usine flottante. Projet à 4 milliards en eau profonde, etc. J'ai trouvé ça assez extraordinaire. à la fois du concret Un gros projet, des moyens aussi, une industrie qui avait des gros moyens. Et donc, je suis passé là-dedans, chez Total. Et l'industrie, ce qui me plaît effectivement, en plus du concret, c'est des hommes, c'est des hommes et des femmes, bien sûr. C'est aussi des odeurs, c'est des rencontres, on se déplace, on voyage. Et c'est tout ça qui me plaît.
- Speaker #0
C'est un beau message qu'on pourrait réutiliser pour tout ce qui est... Donner envie d'industrie, il n'y a pas si longtemps la semaine de l'industrie, à la rencontre des jeunes, de leur montrer ce qu'on peut faire dans l'industrie, c'est des rencontres, du concret, des odeurs, j'aime bien l'idée. Du coup, tu es plutôt dans le bâtiment au départ, et c'est quoi le moment où ça fait tilt pour en arriver au recyclage de matelas ? Ça ne paraît pas intuitif quand même le passage de l'un à l'autre.
- Speaker #1
Non, effectivement, il s'est passé beaucoup de choses, j'ai commencé dans l'industrie pétrolière. Chez Total, j'ai travaillé 6 ans un peu à travers le monde avec une expérience sur des plateformes pétrolières, sur un chantier sur les îles Châtelans, donc tout au nord du Royaume-Uni, des allers-retours aussi à Paris ou dans la partie bureau d'études. Donc j'ai fait un petit peu ce passage vers l'industrie pétrolière. Ensuite, je suis rentré en France pour faire de l'industrie, mais plutôt locale. Et à ce moment-là, je me suis un peu cherché. J'ai fait donc un petit peu de... de conseils dans l'excellence opérationnelle puisque moi ce qui m'intéressait c'est vraiment la perf donc ça tombait bien et puis ensuite je suis arrivé dans le déchet et j'ai travaillé dans une décharge, on appelle ça plutôt un centre d'enfouissement chez Veolia, j'ai travaillé pendant un an et demi là-bas et ensuite on est venu me voir pour me proposer un poste dans le recyclage de matelas et ce que je trouvais intéressant c'était de faire les... J'ai commencé sur une première partie de l'extraction de matière et ensuite jusqu'à l'enfouissement. Je me suis dit que si on pouvait arriver à boucler la boucle, ça serait bien. C'était tout naturellement que je me suis dirigé vers cette aventure et je ne regarde pas aujourd'hui.
- Speaker #0
Justement, puisqu'on parle de RecycMateLat maintenant dans le concret, comment t'expliquerais son activité à un enfant de 10 ans ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. RecycMateLat, c'est de se poser la question « mais pourquoi jeter quelque chose ? » en fouillant quelque chose même alors qu'il y a encore plein de choses dedans qui sont bonnes. Dans un matelas, il y a plein d'éléments. Globalement, les grandes familles, c'est de la mousse, du métal, du textile. Et souvent, on le change parce qu'il y a une petite partie qui est abîmée. On change de taille de lit ou on déménage, on n'a pas envie de le transporter, etc. Et donc l'idée, c'est de se dire à l'intérieur, je vais le dépecer et je vais récupérer chacune des parties. Et c'est d'ailleurs le métier du recyclage. à la prochaine On prend un élément complexe et on le sépare en plusieurs petites parties pour ensuite valoriser chacune des matières. Parce que c'est un tout qui n'a pas de valeur, mais dès lors qu'on le redécompose, chacune des matières peut avoir de la valeur. Et donc c'est ça aussi que Matla, mais c'est également une aventure humaine puisqu'on est une entreprise d'insertion où on va aider des personnes en difficulté pour leur donner une deuxième chance. On aide à donner plus de valeur à la matière et aux hommes qui la transforment, c'est ce qu'on aime dire.
- Speaker #0
Oui, ça, on va en reparler. Effectivement, le modèle d'emploi est très particulier. Il y a plein de choses intéressantes à en tirer. Il y a un truc qui m'a fait tiquer dans ta réponse. Dans les raisons pour lesquelles on change de matelas, tu n'as pas cité le fait qu'un matelas soit en fin de vie. Je trouve qu'on nous serine un peu qu'un matelas a 10 ans d'existence. Du coup, ce n'est pas tout à fait vrai ?
- Speaker #1
Si, après, je ne suis pas spécialiste du matelas. Je ne suis pas un vendeur de matelas. Effectivement un matelas peut s'affaisser, ça va beaucoup dépendre de la nature du matelas. Il y a des matelas en mousse par exemple, surtout si on achète un matelas de moins bonne qualité avec une mousse un peu moins bonne qui dans le temps va s'affaisser. Aujourd'hui d'ailleurs nous dans le groupe Recyc Matelas on a une entreprise où on reconditionne des matelas. On enlève cette partie affaissée et le cœur est toujours en bon état. On arrive à refaire des matelas, à reproposer avec Ecomatelas. On propose des matelas reconditionnés, ça évite du coup l'extraction de matières premières. et puis on remet sur le marché des matelas reconditionnés.
- Speaker #0
Très bien, c'est très clair. Sur Oser l'Efficacité, on aime bien les références un peu pop culture. Si tu devais comparer Recyc Matelas à un film, une série, un super-héros, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Oui, encore une bonne question, une question un peu piège. J'ai envie de dire presque retour vers le futur. En fait, le recyclage, moi je ne connaissais pas il n'y a pas si longtemps. C'est vraiment quand je suis rentré dans le déchet et puis après dans le recyclage de matelas. Je me suis beaucoup intéressé. En fait, on voit que ce que nous, on fait aujourd'hui, dans le passé, il le faisait depuis très longtemps. Aujourd'hui, on est arrivé dans une société de consommation à extraire toujours plus de matières premières, alors qu'initialement, tous les produits avaient une seconde vie, une troisième vie, une quatrième vie. On arrive toujours à retrouver de l'utilité. Donc, je dirais ça, retour vers le futur.
- Speaker #0
Ça tombe bien, puisqu'on a une section qui s'appelle « Retour vers le futur » dans ce podcast. Donc, c'est parfait, ça tombe bien. Ok, on a fait un peu le tour de ton origin story. Maintenant, on va passer sur une deuxième séquence qui s'appelle mythes ou réalité. Le but de mythes ou réalité, c'est d'aller défaire des mythes qu'on entend souvent sur les domaines qui vont te concerner, donc la circularité en particulier, et de me dire pour chacun de ces mythes, s'ils sont... complètement faux, donc c'est complètement un mythe et il faut absolument détruire cette croyance, ou malheureusement si c'est la réalité, donc réalité à 100%, et de me dire qu'est-ce qu'on peut faire pour changer ça quand c'est un peu trop réel. Alors mon premier mythe ça va être les filières REP, donc responsabilité élargie des producteurs pour nos auditeurs, sans engendre des taxes supplémentaires, sans réelle utilisation derrière.
- Speaker #1
Alors c'est complètement faux. Effectivement le principe de la REP... c'est d'arriver à financer la fin de vie des produits. Aujourd'hui, quand vous achetez un produit et que vous le jetez à sa fin de vie, ça peut être 3 secondes après quand c'est vraiment du jetable, ou 10 ans après si c'est un matelas, vous le jetez mais personne ne sait ce qui se passe derrière, qui va financer justement le matelas quand il est collecté, le recyclage. Donc l'objectif de la REP, c'est de dire que celui qui achète ou celui qui produit, et bien en fait il doit participer financièrement au recyclage, à la fin de vie de ce produit. C'est très important pour la filière.
- Speaker #0
Et qui c'est qui collecte cet ex dans ce cas-là ? Quelque chose d'organisé ?
- Speaker #1
Alors en France, c'est les éco-organismes, c'est des sociétés privées à but non lucratif et qui vont collecter auprès des metteurs en marché en fonction du niveau de vente, du nombre de produits qui ont été vendus, qui vont collecter cette taxe. Et cet éco-organisme, il est agréé par l'État. Donc ce n'est pas tout à fait, ce n'est ni public, ni privé comme on pourrait l'entendre. Mais c'est un entre-deux, on va dire.
- Speaker #0
Et après, c'est eux, du coup, qui redistribuent envers les centres qui s'occupent de la fin de vie de l'objet, une fois qu'il a été... enfin, qu'ils permettent sa collecte.
- Speaker #1
C'est ça, leur mission, effectivement, c'est de collecter cette éco-participation qui permet de financer le modèle. Et ensuite, ça va être d'organiser. Donc, ils ont aussi un côté opérationnel. Ils vont organiser l'ensemble de la fin de vie. et ça peut être soit en passant directement des contrats avec un ensemble de prestataires ou alors en mettant des personnes pour tout organiser et à la fin de sous-traiter. Par exemple, aujourd'hui, on va avoir un marché, si on parle du marché matelas, on va avoir Ecomaison qui va demander à Veolia, Paprec, etc. de poser des bennes dans une déchetterie et de les collecter, ensuite de faire le tri. on va avoir des... des contrats avec des transporteurs pour acheminer les différentes matières vers les filières, ensuite un contrat avec nous pour pouvoir recycler les matelas.
- Speaker #0
Ok, très clair.
- Speaker #1
Ils ont ce rôle de chef d'orchestre pour pouvoir justement s'assurer que la filière se passe bien et ils sont contrôlés par l'État parce qu'ils ont aussi des objectifs fixés par l'État.
- Speaker #0
Et tu disais que la personne qui la paye, du coup, c'est celui qui la met en marché, c'est ce qui est repéré ? répercuté sur le consommateur qui s'appelle Ecotax, Eco-Contribution ?
- Speaker #1
C'est ça. Alors après, il y a différentes façons de le voir. En tout cas, il y a une obligation pour les metteurs en marché d'afficher le montant de l'éco-participation. Ça veut dire que ça pourrait être eux qui prennent 100% de l'éco-participation comme ça pourrait être le client qui en prend 100%. Ou plutôt, un entre deux, le metteur en marché en prend une partie et le client va en prendre une autre partie. L'obligation, c'est effectivement l'affichage Merci. de cette éco-participation.
- Speaker #0
Oui, du coup, ce n'est pas parce que c'est affiché maintenant que le prix de l'objet qu'on paye a forcément changé. C'est juste que c'est obligé d'afficher que telle partie va être prise en charge pour s'occuper de la fin de vie de l'objet.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Très clair, ça marche. Mon deuxième mythe, c'est « C'est facile de trouver preneur pour la matière reconditionnée, c'est la mode en ce moment. »
- Speaker #1
Je ne dirais pas que c'est 100% faux, mais c'est pas tous les jours facile Ce qu'il faut avoir en tête c'est que pour le recyclage des matelas, c'est une filière qui est assez récente, on a fêté nos 15 ans cette année, et au début personne n'utilisait de la matière recyclée, je ne parle pas du métal qui est présent dans les ressorts, ça c'est facile, ça a toujours été une matière qui a été recyclée, mais par exemple de la mousse polyuréthane ou du latex, c'était quelque chose que personne ne faisait, donc on a dû aller voir des industriels pour justement les... leur donner envie d'utiliser et de remplacer les matériaux, en général de la matière vierge, par de la matière recyclée. Et aujourd'hui, il y a de plus en plus de personnes qui en utilisent, mais ça reste quand même quelque chose qui est difficile, puisque de la matière recyclée, c'est de la matière qui a une certaine, pas volatilité, mais en tout cas irrégularité, c'est une matière qui vaut quelque chose, ce n'est pas quelque chose qui est gratuit, elle a de la valeur cette matière, donc il faut accepter de la payer. potentiellement adapter un peu son process aussi en entrée pour prendre cette irrégularité et puis il peut y avoir aussi une saisonnalité. C'est pas une matière qui est facile, c'est pas si évident que ça, mais c'est nécessaire.
- Speaker #0
Et du coup là tu dis que vous avez dû démarcher les industriels, est-ce qu'aujourd'hui c'est encore les cas ou est-ce que vous en avez aussi qui viennent chez vous pour dire comment est-ce qu'on peut remplacer une partie de notre approvisionnement par de la matière recyclée ou c'est toujours vous qui trouvez les cas d'usage ?
- Speaker #1
Non, il y a les deux situations. On a effectivement certaines personnes qui viennent en disant « Ah, j'aimerais bien réutiliser telle ou telle matière. » Alors, dans cette situation, on a les deux typologies. On a ceux qui arrivent et une fois franchis les portes de l'usine, ils disent « Ah, ça ressemble à ça, bon, je fais demi-tour. » Ils n'avaient pas du tout intégré effectivement que c'était du déchet, cette matière. On arrive bien sûr à traiter. Et puis d'autres qui ont compris qu'effectivement, il y a cette irrégularité. Il peut y avoir par exemple de la saliture, un sujet d'hygiène, un sujet d'humidité, que nous on arrivera à réduire, on arrivera à réduire cette irrégularité, et ensuite à l'industriel de s'adapter pour arriver justement à prendre ce gisement tel qu'il est, ou en tout cas nous donner un cahier des charges qui ne soit pas trop strict non plus, mais qui soit acceptable. Et donc on a cette situation, mais on a aussi la situation où c'est nous qui continuons à aller des marchés, en général moi qui vais m'en occuper par exemple pour aller regarder, tiens vous fabriquez tel type de produit, vous utilisez tel type de matière, est-ce que vous êtes intéressé par remplacer votre matière vierge par de la mousse recyclée ? Et dans la mousse recyclée par exemple, on peut avoir la mousse post-production et la mousse post-consommation. parce qu'en fait on voit que quand on produit un matelas, on va couper dans un bloc de mousse et on a des chutes. Et donc le sujet du recyclage, c'est déjà quelque chose qui était introduit par réutiliser ces chutes de production et optimiser ces coûts, ces déchets. Donc on a quand même un bon nombre d'entreprises aujourd'hui qui font attention à être zéro déchet, à limiter un maximum, soit d'un point de vue environnemental, soit d'un point de vue économique, ou les deux. Et ensuite, il y a les entreprises qui se disent, je vais aller encore plus loin et je vais intégrer de la poste. production. Aujourd'hui, ce n'est pas obligatoire ou en tout cas, ce n'est pas obligatoire dans toutes les industries et sur toutes les typologies, mais demain, ça va arriver. Donc, c'est aussi des entreprises qui anticipent justement la réglementation à venir.
- Speaker #0
Ok, très clair. Mon troisième mythe, du coup, tu y as déjà parcellement répondu. Le reconditionné remplace la matière vierge à isoperformance.
- Speaker #1
Alors, je ne suis pas un spécialiste pour toutes les matières. En tout cas, sur le matelas, par exemple, on a des matelas, nous, On a des matelas reconditionnés où on prend un matelas qui est en fin de vie. Et ce que je vous ai expliqué tout à l'heure, il va avoir un petit taux d'affaissement. Et on va écrêter ce matelas, c'est-à-dire qu'on va enlever la partie supérieure et la partie inférieure. Et on va garder que le corps de cet âme de matelas. Et avec deux matelas, on va réussir à en refaire un. C'est un peu comme quand on fait ce qu'on aime dire, une salade de fruits, les fruits sont un petit peu abîmés. si on enlève les parties abîmées, on arrive à faire une bonne salade de fruits, avec le matelas on peut en faire pareil. Donc ça c'est ce qu'on fait avec Ecomatelas.
- Speaker #0
Oui, donc là on a clairement un matelas qui est neuf, et finalement on s'en fiche qu'il ait été recyclé ou pas, on a pris ce qui était bon et on arrive à la même qualité.
- Speaker #1
C'est ça, d'autant plus qu'on a un système, on a une machine d'hygiénisation, donc on a réussi justement à enlever cette barrière qui revient régulièrement, le sujet de l'hygiène. Donc les mousses sont hygiénisées avec une machine spéciale, et puis aujourd'hui pour le coup le textile, Lui est neuf, ce n'est pas du textile qu'on a pris sur des vieux matelas, c'est vraiment une housse neuve, ce qui nous permet d'avoir justement un produit de qualité. Et puis il a été testé par des organismes tels que UFC, ce qui démontre qu'on arrive à avoir la même qualité qu'un matelas neuf.
- Speaker #0
Ça marche. Le quatrième mythe, c'est un matelas, c'est simple à recycler.
- Speaker #1
C'est simple, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est simple. En fait, c'est un peu dans le sens où aujourd'hui, on a quand même l'impression qu'une fois qu'on a mis nos déchets au bon endroit, finalement, le recyclage va se faire tout seul derrière.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas si évident que ça. Effectivement, je ne dirais pas ni zéro ni cent, mais plutôt pareil entre les deux. Ce qu'il faut avoir en tête, c'est qu'il y a toute une logistique déjà à mettre en place derrière le matelas quand vous le jetez dans la rue ou quand vous le donnez au transporteur qui vient. vous livrez un nouveau matelas et derrière vous leur donnez votre ancien matelas toute une logistique à mettre en place derrière, tout un système de collecte et ensuite de massification. Ce que je dis souvent c'est que un matelas c'est facile à recycler c'est entre guillemets juste un coup de cutter pour enlever la mousse et séparer mais en recycler plusieurs milliers par jour, et c'est ce qu'on va faire sur une de nos usines par exemple on va recycler 3000 pièces par jour là c'est compliqué. Et c'est compliqué parce qu'en fait, il faut être bien organisé, il faut avoir des process qui se tournent. Et le monde du déchet, c'est un monde de volume. Ça veut dire que pour pouvoir faire tourner, il nous faut des gros volumes et on ne pourra jamais vivre avec un seul matelas. Parce que derrière, il y a tout un sujet économique. L'objectif, on parlait d'impact social, d'impact environnemental, mais il faut également avoir un volet économique qui fait qu'il faut être rentable pour pouvoir tourner. Et pour ça, il faut traiter des gros volumes. De la même façon, sur la massification, sur l'organisation de la filière. Il y a un sujet économique pour pouvoir arriver à quelque chose qui soit pérenne dans le temps.
- Speaker #0
Justement, c'est une des choses, parce qu'on a échangé pour préparer cet épisode entre autres, une des choses qui m'avait marquée, c'est que je me suis rendu compte que, à titre personnel, je n'avais aucune idée de où mettre un matelas usagé. Et ça m'a ouvert un peu plus sur le fait qu'il y a beaucoup de déchets, finalement, on ne sait pas quoi en faire. je trouve qu'on est assez mal éduqués pour savoir Qu'est-ce qu'on fait de tel type de déchets pour s'assurer qu'ils aient la meilleure vie possible derrière ? Est-ce que dans ce sens-là, tu as un message à faire passer aux auditeurs pour prendre les bonnes habitudes de ce côté-là ?
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment une très bonne remarque parce que quand j'ai commencé dans le déchet, dans l'enfouissement, je me suis rendu compte de là où ça allait. Donc le premier message, je dirais, c'est arrêtons de jeter. Le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas. Et donc déjà, ça serait une étape de se dire, tiens, comment je fais pour pouvoir réduire tous mes déchets au quotidien ? Moi, à chaque fois que je mets quelque chose dans la poubelle, je sais déjà où ça va terminer et en grande partie, ça va mal finir. et donc du coup c'est vrai que c'est très important de se dire déjà je commence par réduire la quantité de produits que je jette, que j'utilise, et ça serait déjà une première étape. Et ensuite, effectivement, le sujet de l'éducation, c'est un sujet de société, de savoir où vont nos déchets, arriver à bien trier, que ce soit les différentes poubelles qu'on a, faire un effort sur les encombrants, ensuite il y a la déchetterie, par exemple, où on vous demande de trier le plus important pour avoir une filière du recyclage qui soit efficace. c'est effectivement de mettre le produit au bon endroit le plus tôt possible dans la chaîne de collecte. Et c'est comme ça qu'on arrive à préserver, puisque l'idée c'est de se dire, dans le monde idéal, il ne faudrait pas que j'ai un déchet, un matelas, ou plutôt un déchet qui arrive chez moi, mais plutôt un matelas. Ça veut dire que j'ai toujours un produit en bon état, et là j'aurai vraiment peu d'action à faire pour pouvoir le remettre en service. Plus la collecte va être préservante, et plus ce sera facile d'avoir une économie circulaire et donc de remettre en service, quel que soit le niveau, que ce soit sur le même produit ou d'un produit dérivé, mais en tout cas je pourrais bien plus préserver mon produit et donc la valeur intrinsèque de l'élément qu'on va vouloir recycler.
- Speaker #0
Ça marche, très clair. L'autre point que je voulais aborder, puisqu'on en a déjà parlé un petit peu avant, mais pour qu'une filière circulaire fonctionne, il faut non seulement collecter la matière, mais il faut aussi pouvoir l'écouler derrière quand elle est transformée. Quel serait le conseil à donner à une entreprise industrielle qui voudrait changer son modèle, faire plus de circularité, pour devenir justement client d'une entreprise comme la tienne ? Comment elle fait un pas vers ce modèle-là ?
- Speaker #1
Je pense que sur une entreprise industrielle, le principe de la circularité, le nec plus ultra, c'est d'arriver à savoir recycler ses propres produits. Et si on n'y arrive pas, ça va être qui va pouvoir recycler mes produits ou quels produits, moi, je vais pouvoir intégrer. Et donc, la première étape à se poser, c'est de se dire, j'ai déjà des déchets de production, comment je fais pour pouvoir les réduire ? Et ça, c'est un premier exercice qui est... permet en fait on a tout à disposition donc on peut dire déjà je vais réduire ma quantité de déchets et est ce que dans mon process je peux réutiliser mes propres chutes de production et ça ça nous va permettre deux choses effectivement de réduire ses déchets ça va permettre de mettre un premier pied justement à l'étrier en disant bon ben voilà je me mets dans le recyclage et en plus on maîtrise vraiment sa chaîne l'inconvénient quand on va commencer à mettre de la matière recyclée c'est de savoir où est ce que je vais aller la chercher Est-ce que je vais aller la chercher à côté de chez moi parce que justement quelqu'un qui en produit ? Ou est-ce que personne ne le fait et je vais aller très loin et du coup j'ai un risque logistique, enfin en termes de flux logistique, est-ce que j'ai un risque d'approvisionnement ? Et donc pour moi c'est la première étape, c'est de se dire déjà avec mes propres chutes, est-ce que je suis capable de les recycler ? Et puis la deuxième étape c'est de se dire j'ai mon produit, est-ce que je peux proposer à mes clients par exemple d'en reprendre une partie, potentiellement de changer une pièce ou deux et dans ces cas-là, de... de redonner une seconde vie à ces produits. Donc je pense que commencer par ses propres produits, c'est déjà pas mal, c'est déjà une première étape. Et ensuite, c'est se dire, effectivement, sur quelle matière je peux travailler, laquelle est stratégique, laquelle je dois sécuriser, est-ce que demain j'ai encore telle ou telle matière qui sera disponible, ou j'ai pas un risque d'approvisionnement, et comment je travaille pour réduire ma dépendance, soit à ce produit-là ou justement intégrer de la matière recyclée.
- Speaker #0
Ok, très clair, ça marche. On va passer à la section suivante qui s'appelle cheat code. Alors le but de cheat code, c'est de tirer au maximum profit de ton expérience et ce que je voudrais aborder dans cette partie en particulier, c'est le modèle d'emploi que tu as, qui est loin d'être courant. Donc chez RecycMate là, l'essentiel des personnes, ou peut-être... toutes d'ailleurs, tu me corrigeras, sont des personnes initialement éloignées de l'emploi, qui ont des contrats chez Recyc-Malclat de maximum deux ans. Donc le but, c'est de se servir de l'entreprise pour après retourner vers un contrat normal et d'aller vers la réinsertion professionnelle. J'ai bon ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Pour plus de précision, on est une entreprise qui fait de l'insertion professionnelle, donc l'insertion par le travail. On a aujourd'hui 50% des effectifs qui sont en insertion professionnelle, avec des contrats, comme tu l'as dit, de maximum deux ans. Et c'est principalement des postes d'opérateurs. L'objectif, quand ils viennent chez nous, Donc ça va être de les accompagner vers un emploi durable. Un emploi durable, ça va être une formation qualifiante, un CDD de longue durée ou alors un CDI. La première étape, c'est d'identifier les freins de la personne. Pourquoi cette personne a des difficultés ? Est-ce que c'est la langue ? Est-ce que c'est des papiers ? Est-ce que c'est le logement ? Est-ce que c'est qu'elle n'a aucune formation ? Pendant ces deux ans, on va lever les freins, construire un projet professionnel, et arriver à placer cette personne ou à la remettre dans ce qu'on appelle l'emploi durable. Pendant ces deux ans, quand elle est chez nous, on va l'accompagner non seulement sur son projet, mais également à lui donner des codes, à lui expliquer comment fonctionne une entreprise. Avec des horaires, chez nous on est en 2-8 ou en 3-8. le respect des horaires, le respect des standards, de la sécurité. On va également avoir une stabilité financière. Chez nous, ils ont un salaire sur les deux ans. Ils vont pouvoir s'organiser, organiser une gestion financière pour petit à petit se reconstruire et derrière, en sortant de chez nous, arriver sur le marché du travail.
- Speaker #0
C'est un projet que je trouve absolument... Génial de pouvoir allier justement la responsabilité sociale et une entreprise performante, une entreprise qui produit quelque chose. Comment tu articules justement ce renouvellement forcé des ressources humaines, des gens qui travaillent avec toi, avec le fait que tu dois quand même continuer à produire et à traiter tes matelas ? Est-ce que tu as mis en place des choses qui font que c'est plus « simple » de comprendre le métier rapidement ? Si au bout de deux ans, la personne s'en va, il faut quand même que tu lui appries rapidement le métier avant qu'elle s'en aille et qu'elle soit en fin de contrat.
- Speaker #1
Alors, on l'a dit tout à l'heure, démonter un matelas, c'est facile. En démonter des gros volumes, c'est compliqué. Mais le métier en lui-même, ça prend relativement facilement. Mais la difficulté, elle n'est pas là. La difficulté, elle est d'accepter d'avoir un turnover important, d'accepter de devoir recruter, former et en fait de mettre des process, je pense que ça c'est quelque chose qui va te faire plaisir, de mettre des process sur justement le recrutement donc ça veut dire en amont avoir une bonne relation, nous on travaille beaucoup avec France Travail et donc du coup c'est d'arriver à bien se comprendre, bien se connaître pour que tous les profils qui arrivent chez nous soient avec justement identifiés et respectent les différentes cases donc comme nous nous on fait de l'insertion être sûr que ces personnes vont être éligibles à l'insertion. Et ensuite, on va avoir des séances de recrutement en groupe, collective, avec une visite d'atelier et puis ensuite des entretiens individuels. On a eu un moment, un taux d'échec assez important, où les gens ne crantaient pas et au bout d'une semaine, voire même le jour même, au bout de deux heures, ils allaient dire « Ah c'est ça, ils partaient ! » Donc ça fait beaucoup d'énergie pour rien. Donc en fait, on se posait la question « Mais pourquoi ? » Parce qu'en fait, on ne m'était pas... bien en avant justement la difficulté peut-être du travail, l'environnement. Donc la visite dans l'atelier, elle est primordiale pour que les gens comprennent ce que c'est que le métier. Et puis après, un entretien aussi individuel pour comprendre les difficultés et est-ce qu'elle va pouvoir aussi s'intégrer dans le parcours d'insertion. Et donc ça passe par ce recrutement, ça passe aussi par l'intégration, comment on intègre rapidement une personne, c'est-à-dire on a une séance d'entretien collectif le jeudi, le lundi, elle est dans l'usine. Est-ce qu'elle commence le matin ? Est-ce qu'elle commence en journée ? Comment on organise tout ça ? Qui fait quoi en fait ? Et donc du coup, il faut vraiment processer pour gagner en efficacité et d'être le plus rapide possible pour arriver à identifier les bonnes personnes. D'ailleurs, identifier aussi le besoin, de combien de personnes j'ai besoin demain pour faire tourner mon usine, sachant qu'on a quand même de la saisonnalité. Et ensuite, arriver à les intégrer au fur et à mesure dans les différentes équipes, les différents niveaux de qualification. parce qu'on a beaucoup de départs, beaucoup d'arrivées. Donc entre la RH, la partie OPA Ops, comment on travaille bien ensemble pour arriver justement à cette réussite.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'au-delà de ton modèle qui est particulier, qui nécessite effectivement d'avoir des process qui tournent pour le recrutement, parce que tu recrutes beaucoup, et il y a quand même le turnover qu'il faut aller assumer derrière, il y a pas mal de choses que tu as dites qui sont reproductibles dans les industries. Ce que je retiens particulièrement, c'est que quand tu ne fais pas visiter, quand tu n'es pas clair sur ce qui se passe et la réalité de ton métier, les gens ne restent pas. et ça je pense que c'est une des problématiques qu'on rencontre dans l'industrie globalement aujourd'hui. C'est que tant qu'on ne sait pas à quoi ça ressemble, c'est très difficile de se dire qu'on va rester.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, effectivement. Et puis, étant donné que nous, je pense qu'une industrie peut-être plus classique n'aura pas forcément autant de recrutement, et donc, en fait, elle ne prend pas le temps de se poser la question. Et comme nous, on le fait tous les jours, ou toutes les semaines, on recrute, on s'est pris le mur plusieurs fois, et donc, à la fin, on s'est dit peut-être qu'on va faire différemment pour pouvoir justement s'adapter. C'est par effet de volume qu'on a pu tester aussi certaines choses pour trouver le bon mode de fonctionnement.
- Speaker #0
Oui, tu dis que les industriels ont moins de recrutement, ils ne se sont pas posé la question. Et je suis d'accord que dans une industrie où tout se passe bien, on arrive à recruter et à garder, il n'y a pas à se poser la question. Mais aujourd'hui, vu que les gens ne restent pas, c'est peut-être le cheat code justement qu'on va récupérer de toi pendant cette section-là, c'est de se dire ben on fait au maximum pour que les gens n'aient pas envie de partir. Et que du coup, on puisse les garder et effectivement ne pas avoir tes volumes de recrutement puisqu'on n'en a pas besoin quand on n'a pas le modèle que tu as au quotidien. Mais par contre, on montre bien ce qui se passe dans notre usine pour pas que les gens aient envie de partir.
- Speaker #1
Non, d'arriver effectivement à identifier pourquoi la personne, elle postule par exemple chez vous, est-ce que c'est parce qu'elle en a besoin ? elle a déjà fait 50 entretiens et on lui a tous dit non, et là, du coup, elle se dit, tiens, je vais dire oui à tout prix, parce qu'elle a bien compris ce qui était attendu d'elle. L'inconvénient, c'est que ça prend beaucoup de temps. Donc, en fait, je pense que la première étape, c'est que quand les industries parlent d'eux, et en particulier, par exemple, sur les réseaux sociaux, ça permet justement aux candidats d'arriver à voir un petit peu ce qui se passe dans l'usine. en général on montre quand même On ne compte que les bons côtés, mais c'est déjà un premier côté. On a les portes ouvertes. Il y a plusieurs moments où on peut ouvrir son usine. Ça permet aussi aux gens de savoir un petit peu ce que c'est que l'industrie et de mieux comprendre justement les tenants et les aboutissants. Puis après, ça va être l'échange qui doit être le plus direct possible pendant les entretiens. Mais c'est vrai que ça demande beaucoup de temps pour chaque candidat. Donc le trade-off n'est pas forcément évident. Et ça dépend, je pense, beaucoup aussi du type de personne qu'on veut recruter. Si c'est un opérateur, si c'est un technicien de maintenance, si c'est un responsable de production ou un responsable de site.
- Speaker #0
Après, dans tous les cas, un recrutement, ça coûte déjà cher. Donc, refaire un recrutement, ça coûte deux fois cher. C'est la grosse problématique. Merci pour ces idées, en tout cas pour sécuriser un peu son recrutement dans l'industrie plus généralement. On va passer à la prochaine section qui s'appelle la fierté du patron. Alors, le but de la fierté du patron, c'est que tu vas pouvoir nous raconter tes belles réussites. Et en particulier, si tu as rencontré une difficulté particulière dans ton métier aujourd'hui chez Rostik Matla et qui s'est transformée en belle réussite quand tu as réussi à la traiter. Voilà, des choses... Des choses qui ont jalonné ton parcours et qui font qu'aujourd'hui, quand tu te retournes et que tu regardes dans le rétro, tu te dis que c'était quand même une chouette expérience de ce qu'on a mis en place à ce moment-là.
- Speaker #1
Oui, je pense à plusieurs choses. Il y a la gestion de crise où un jour à 5h du matin, le téléphone sonne une fois, deux fois. Je dis bon. Et là, je vois que c'est le responsable de site qui m'appelle plusieurs fois. Il y avait le feu dans le bâtiment, dans l'atelier. Donc là, c'est... En moins de deux minutes, j'étais dans la voiture, je suis parti sur place. Et après, c'est comment on gère, arrivé sur place, entre les salariés, de s'assurer déjà qu'il n'y a pas de blessés, les pompiers, ensuite l'adriate qui arrive, l'inspectrice de l'adriate. Également, comment on gère le flux des camions qui devait arriver, l'activité qui devait arriver pour le jour même. Et là, sur la fierté, c'était effectivement, on a tout Travailler ensemble, la solidarité, que ce soit au sein de l'équipe, ou même avec d'autres confrères ou même les clients, et de se dire qu'en moins de 36 heures, on avait relancé le site. Heureusement, il y avait eu très peu de dégâts. C'était plutôt l'eau qui avait créé du dégât, on va dire. Mais en 36 heures, on était d'attaque et on a pu re-réceptionner les camions très rapidement. Et on était retournés à 100% en quelques jours. Donc là, c'était vraiment à la fois de se dire, arriver à anticiper, d'avoir préparé un maximum de choses. Qu'est-ce qu'on fait quand il y a un problème ? C'est quoi le plan A, le plan B, le plan C ? Et puis ensuite, travailler en équipe pour arriver à résoudre le problème. Après, des fiertés, il y en a d'autres. Il y a effectivement le côté humain. On recycle des matelas, mais on a aussi justement une aventure humaine. Et donc, on a des personnes qui arrivent, qui sont vraiment en difficulté chez nous. Et à la fin, elles reviennent, par exemple, avec le permis, avec une bonne réponse. Et elles sont très, très fiers de ça. et puis euh Et puis en fait, nous remercie parce que c'est aussi grâce à nous qu'elles ont réussi à lever les freins. Et ça, rien que de voir dans les yeux de la personne, justement cette fierté, ça remplit beaucoup d'émotions. Et on sait pourquoi on se lève le matin. Donc c'est vraiment un très très bon moment. Et puis après, on fait du déchet et puis on est une petite entreprise avec des grands rêves. Mais au fur et à mesure, de voir l'évolution du groupe. Il y a 15 ans, on traitait un camion de rempli de matelas en plusieurs jours. Aujourd'hui, on a une dizaine de camions qui débarquent tous les jours, des milliers de matelas. Et on parle de ligne, on parle justement d'un site propre, on a un site qui tourne. Ce n'est pas encore l'automobile, mais on a quand même la volonté d'y arriver, d'avoir quelque chose processé, qui tourne vite et qui soit performant.
- Speaker #0
Je reviens sur l'épisode de l'incendie. Le jour où ça arrive, le plan à appliquer en cas de problème, il existe ? Ou tu improvises sur le terrain et le fait de faire en équipe, c'est ce qui fait que ça marche ? Ou il y avait vraiment des procédures qui existaient ?
- Speaker #1
Non, on n'avait pas de plan d'intervention d'urgence. Et c'est d'ailleurs quelque chose qui n'est pas aussi formalisé, parce qu'on n'a peut-être pas cadré toutes les possibilités. Mais c'est de se dire déjà qui doit faire quoi. effectivement la priorité c'est de c'est de sécuriser les équipes, c'est de sécuriser le site. La deuxième priorité, ça va être effectivement de faire en sorte que les camions ne débarquent pas. Et ensuite, comment je relance mon activité ? Donc, c'est ensuite d'arriver à identifier qui va pouvoir faire quoi. Et puis là, ce que je disais, effectivement, c'était le teamwork, c'est les gens qui se proposent en disant comment on peut t'aider, etc. Et donc, ça, ça fait plaisir de pouvoir compter sur les autres.
- Speaker #0
C'est quelque chose que vous avez formalisé depuis ? Vous êtes servi de cette expérience-là ?
- Speaker #1
On a une procédure. Après, le jour où ça arrive, la réalité, c'est que ce n'est pas quelque chose sur lequel on va s'entraîner tous les jours. Mais je pense que d'avoir les grandes lignes, c'est déjà important. Et puis, en toute honnêteté, c'est le genre de document qui va être dans le drive. Et le jour où il y a le feu, on ne va pas avoir le temps d'aller regarder la procédure. Donc, en fait, c'est plutôt de l'exercice. Et avant, d'ailleurs, je travaillais dans l'industrie pétrolière et on faisait régulièrement des exercices. d'évacuation, etc. Donc là, aujourd'hui, sur le site, on va faire, par exemple, ce type d'évacuation. De là à couvrir tous les scénarios possibles, ça reste compliqué. Mais les scénarios classiques, effectivement, évacuation, déversement d'un liquide ou ce genre de choses, un accident, ça, c'est des choses qu'on va répéter, malheureusement, qu'on peut aussi avoir sur le site. Et donc, du coup, c'est la pratique qui fait qu'on arrive ensuite à prendre les bons réflexes. Et on voit d'ailleurs aujourd'hui qu'on a ces bons réflexes. Et on essaie toujours de s'améliorer avec un petit retour d'expérience.
- Speaker #0
Ça marche. Sur la partie aventure humaine, il y a quelques mois maintenant, j'avais reçu sur le podcast l'association Bureau du Coeur qui propose d'associer entreprises et personnes justement éloignées de l'emploi, qui n'ont pas de logement, pour leur proposer des espaces dans les entreprises pour pouvoir avoir un logement temporaire. le temps de se remettre d'aplomb. Est-ce que ce type d'association, tu travailles avec justement dans le cadre de la réinsertion professionnelle ou c'est plus une activité complémentaire à la tienne ?
- Speaker #1
Je me rappelle très bien de cet épisode. Je l'avais écouté, ça m'avait beaucoup touché et je trouvais ça génial ce qu'il faisait. Non, c'est plutôt complémentaire avec la nôtre. On l'a dit tout à l'heure, des freins dans l'insertion, c'est le logement. Comment je me loge ? Comment je trouve un logement ? Comment je le paye ? Alors, quand on est chez nous, effectivement on a un bulletin de salaire, mais derrière d'aller présenter un dossier à un bailleur, un dossier qui est très très pauvre, avec des revenus qui restent faibles, très très compliqué. Et nous par exemple, dans la région en Vendée, où l'accès au logement est très difficile, on a monté un projet où on a loué une maison, qu'on a divisé en trois pour pouvoir faire une colocation, et donc on propose à des salariés en difficulté de louer une chambre. le temps de se refaire ou plutôt de monter un dossier et d'essayer ensuite d'accéder à un logement, une situation plus longue durée. Donc, c'est plutôt complémentaire, mais effectivement, en tout cas, tout seul et ceux, déjà, devraient écouter l'épisode, il est très intéressant, et après, de se reposer la question, effectivement, comment moi, je peux participer, justement, comment je peux apporter ma brique à l'édifice, et vous participer, effectivement, à ce genre d'initiative.
- Speaker #0
Oui, parce que ce n'est pas parce qu'on n'a pas, dans notre société, un plan de réinsertion vers l'emploi qu'on ne peut pas y participer, effectivement. Une salle de réunion qui est inoccupée après les heures classiques de bureau peut très bien servir de... de chambres d'appoint pour les personnes éloignées de l'emploi qui ont juste besoin d'un tremplin de 6 mois, 9 mois pour renouer avec une situation beaucoup plus pérenne. Je vous mettrai le lien dans la description pour revoir cette série d'épisodes sur Bureau du Coeur qui a aussi une action pour la réinsertion vers le monde de l'emploi et par l'emploi. Je ne sais pas si tu avais quelque chose à ajouter sur les fiertés. On en a déjà parcouru pas mal. On n'est pas revenu sur la performance, mais effectivement, je trouve que c'est... extrêmement intéressant de souligner qu'on peut être une entreprise à objet social et travailler néanmoins sans performance. Ce n'est pas antinomique. Parfois, on a un peu l'impression qu'on ne peut pas être performant, on ne peut pas faire d'argent dans le social et dans l'économie circulaire. Mais avec Rotic Matlat, tu as cette ambition de performance, d'être capable de traiter la matière. Et tu as parlé ligne, tu as parlé performance, c'est les codes de l'industrie plus classiques et ça s'applique parfaitement.
- Speaker #1
Oui, mais je pense que même c'est nécessaire. On ne peut pas faire un modèle circulaire sans avoir de performance économique ou de faire un modèle social en ne se basant que sur des subventions. La performance, elle est obligatoire. Et donc, il faut se reposer la question de comment on fait. Alors, la dualité entre performance industrielle et insertion, elle est très difficile à trouver, effectivement, d'arriver à l'équilibre entre les deux. Où est-ce que je mets le curseur ? C'est une question qu'on se pose tous les jours. quand on prend nos décisions. Et donc, il faut arriver à se dire, voilà, je vais aider une personne, mais en même temps, il faut aussi que l'usinelle tourne. Un exemple concret, une personne qui a une grosse difficulté, qui vient nous voir, et là, on va se poser la question, est-ce qu'on l'autorise ? On met un pas de côté, effectivement, on déroge à la règle, et si on le fait, c'est quoi l'impact que ça va avoir sur le reste des équipes ? tout le monde va venir ensuite toquer au bureau pour dire et moi et moi et moi et donc voilà ça c'est par exemple une question qu'on doit toujours se poser donc arriver à être ferme également pour arriver à faire de de la performance mais pas juste pour faire de la performance c'est aussi pour donner un cadre parce que faire de l'insertion professionnelle c'est aussi redonner un cadre donc c'est important d'expliquer que c'est pas chez nous il y a de la bienveillance on fait attention mais quand ensuite les gens sortent de chez nous ça reste un monde qui pète difficile et donc il faut aussi s'y préparer.
- Speaker #0
C'était d'ailleurs le sujet d'un épisode qui était chez Claire, l'industrie qui fait envie, puisque vous pourrez retrouver ce mois-ci aussi William sur le podcast de Claire Tenayau l'industrie qui fait envie, elle avait eu Amipi au micro où il parlait justement du fait que l'insertion il fallait que ce soit cohérent avec la réalité du monde professionnel. Si on fait un environnement qui est trop bienveillant, les gens ne sont pas prêts et on ne peut pas, derrière, prétendre à la réinsertion. Donc oui, c'est un vrai sujet. La bienveillance, oui, mais pas pour surprotéger par rapport à un monde qui, de toute façon, est difficile derrière.
- Speaker #1
C'est ça. Arriver à trouver le juste milieu. Et d'ailleurs, j'invite tout le monde à écouter aussi l'épisode sur Amipi qui était vraiment très intéressant.
- Speaker #0
On mettra aussi dans la description. Il y aura plein de choses, il y aura plein de ressources en description. C'est très bien. Mais tout ça, c'est des modèles qui sont extrêmement complémentaires, qui ne touchent pas les mêmes populations non plus et qui sont tous aussi importants pour renouer avec l'emploi pour des personnes en difficulté. Un mot à ajouter sur les belles réalisations chez RecycMate là ?
- Speaker #1
Je pense que c'est tout. On pourra en parler pendant encore très longtemps.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je pense que c'est déjà bien.
- Speaker #0
Ça marche. Dans la prochaine section, C'est un peu la section dont tu nous avais fait le teasing un peu en entrée, puisque ça va être la section retour vers le futur. Alors dans retour vers le futur, on va s'intéresser en même temps à ta vision pour RecycMateLat dans le futur et aussi tout ce qui va être sujet sur la transformation numérique, les sujets de digitalisation dans l'entreprise. Donc, la première question que j'avais sur le sujet, c'est quels outils tu utilises au quotidien pour piloter la production chez RecycMate là ? Est-ce qu'il y a des logiciels, des capteurs, des machines ? Qu'est-ce que tu as mis en place ?
- Speaker #1
Sur le pilotage, il y a plusieurs choses. Je pense que la base, ce n'est pas forcément les outils dans le sens effectivement capteur ou quoi. c'est plutôt d'avoir les bons KPI, savoir ce qu'on veut mesurer dans un premier temps, et ensuite les bonnes instances de pilotage à la bonne fréquence. Et donc c'est déjà une bonne organisation. Par exemple, quand j'ai commencé, je me disais, c'est quoi la bonne maille pour arriver à mettre un premier point d'équipe ? Et donc c'était plutôt la maille hebdomadaire, parce que quotidienne c'est trop tôt, c'est trop rapproché, c'est très lourd, et mensuel c'est trop tard, on a déjà trop de train de... 3 semaines de retard, 4 semaines c'est trop tard. Donc la semaine, la maille hebdo elle est bonne, et là on va se dire de quoi on va parler, on va parler de la sécurité, on va parler de l'ARH, des opérateurs, etc. Et ça pour moi c'est la première maille, c'est de se dire qu'est-ce que je regarde, comment je fais le reporting. Et le reporting ensuite, je le fais déjà pour moi, pour me dire, je fais un temps d'arrêt, et je regarde, je me dis, est-ce que j'ai passé une bonne semaine, et est-ce que la semaine à venir elle est belle. Et puis c'est déjà de se poser ces deux questions. Et ensuite, en termes d'outils, on a mis un ERP pour arriver à gagner du temps sur nos différentes opérations. Parce que mesurer, c'est une chose, mais si on passe une semaine à mettre les données dans le système, on a perdu toute l'efficacité qu'on cherchait. Et donc, d'avoir le bon ERP qui répond à mes besoins et qui répond aussi à mon activité. donc là on a une activité Bonk, c'est une activité low-code qui nous permet justement d'avoir adapté notre ERP à notre process et non l'inverse. Et ça, on a gagné vraiment énormément de temps. On a du temps réel quand les camions arrivent sur site et on a une donnée qui est structurée. Et cette donnée structurée nous a permis effectivement de savoir où on était et d'avoir de l'historique, de faire du factuel. et pas j'ai l'impression qu'il est toujours en retard donc d'avoir les chiffres c'est une bonne chose et au fur et à mesure de développer comme ça les différents outils pour s'organiser et aller chercher des points de performance petit à petit c'est bien tout ce que tu dis c'est ce que je prêche au quotidien dans Oser l'Efficacité donc j'ai bien fait de t'inviter tu
- Speaker #0
valides tous les messages donc ça c'est cool aujourd'hui ton ERP c'est le principal outil qui te permet d'alimenter tes points d'équipe justement ? Tu arrives à extraire tout ce dont tu as besoin pour alimenter tes points d'équipe ou il y a encore des choses de recherche manuelle de contact terrain qui sont peut-être plus difficiles à numériser ?
- Speaker #1
Non, je suis plutôt quelqu'un qui est feignant. Je n'aime pas faire deux fois la même chose et le principe de base, c'était de jamais avoir à recopier deux fois une donnée. C'était mon principe vraiment de base quand j'ai commencé à organiser, à digitaliser l'heure. différents process. Donc là l'idée c'est de se dire j'ai mon point hebdo, pareil j'ai utilisé du low code, ça s'appelle AppSheet, ce qui nous permet en fait à la fois d'être multi on va dire environnement et multi support donc le téléphone, l'ordinateur par exemple et donc j'ai connecté à la fois Bons mais aussi les quelques fichiers excel que j'ai encore même si j'ai essayé de les supprimer mais au moins eux ils sont organisés aussi en mode base de données, donc c'est aussi éduquer tout le monde à comment on organise sa donnée pour qu'elle soit propre et qu'elle remonte rapidement. Et l'objectif du reporting, moi ce que je vise à faire, c'est que celui qui va le remplir, par exemple sur les sites, c'est le responsable de site, il ne doit jamais avoir de chiffres à mettre, il a tous les calculs qui sont faits automatiquement et il doit apporter des commentaires, c'est-à-dire pourquoi justement on a fait le budget, pourquoi on n'a pas fait le budget, quel est le problème que j'ai eu et c'est quoi son analyse. plan d'action, etc. Donc il y a encore plein de choses à faire, mais l'idée c'était de se dire déjà la personne doit réfléchir aux chiffres et elle ne doit pas les mettre. Parce que si elle passe trois heures à faire son reporting de la semaine, du coup elle ne va pas avoir envie de le faire, elle ne va pas vouloir justement avoir beaucoup de valeur à rentrer des chiffres et potentiellement il y a aussi une source d'erreur. Et donc voilà, ce n'est pas que le ERP, c'est aussi des fichiers Excel, ça va être mon système de SIRH et puis après, une petite astuce aussi, moi j'aime bien faire du visuel. L'avantage d'une application comme ça, c'est que tous les rapports hebdomadaires, j'ai des photos, des photos de l'atelier sur les différentes zones, mais aussi des petits moments de vie, par exemple, une nouvelle personne qui est arrivée, on a fait un moment d'équipe, on a installé une machine qu'on attendait depuis longtemps, etc. Ça permet de rendre vivant un petit peu le rapport qui est ensuite à partager à tout le monde, à tous ceux du siège, mais également les autres personnes des autres sites.
- Speaker #0
Ça te sert aussi à alimenter la communication aux réseaux sociaux ? Ou pas trop ?
- Speaker #1
Tu veux dire le reporting ?
- Speaker #0
Là, tu me parlais de photos sur site, de rendre vivant. C'est quelque chose qui peut être intéressant en externe aussi pour voir ce qui se passe dans l'entreprise.
- Speaker #1
Effectivement, le côté des réseaux sociaux, c'est encore un autre sujet parce que ce ne sont pas les mêmes codes. Mais c'est un vrai sujet de comment je montre mon activité. Donc, je n'utilise pas exactement les mêmes outils. Je ne le fais pas encore assez de publier sur les réseaux avec des photos, des vidéos. Et c'est quelque chose que j'aimerais bien continuer à développer.
- Speaker #0
Ça marche. Est-ce que tu te sers du numérique pour faciliter l'intégration au poste ?
- Speaker #1
Pas encore. La principale difficulté, ce n'est pas tant de savoir c'est quoi le soft ou c'est quoi les outils que je vais utiliser, parce que ça, des idées j'en ai plein, ou on en a plein plutôt, mais en fait c'est plutôt de se dire, ça paraît bête, mais comment je mets un téléphone ou une tablette dans l'atelier avec les personnes que j'ai, sans que j'en achète un tous les jours. Et ce n'est pas juste que je mets une coque sur le téléphone pour ne pas qu'il se casse, même si ça c'est la base, mais c'est aussi toute une partie de management où je monte en maturité, je m'assure que le personnel a compris ce qu'il attendait, qu'il a une responsabilité, que le téléphone ne va pas être volé, qu'il ne va pas être cassé, qu'on va responsabiliser les différentes personnes. Pour l'instant, le sujet principal, c'est plutôt la montée en maturité des personnes, des encadrants, dans l'atelier. Mais la maturité industrielle, la maturité du Lean, ce n'est pas quelque chose où on ne se dit pas du jour au lendemain, j'arrive, même si elle est black belt ou quoi, elle ne va pas transformer des gens qui ne savent rien du sujet. Du jour au lendemain, on ne va pas faire une marche. C'est plutôt d'y aller comme on y va étape par étape. Il y a les différentes marches et ensuite comment on fait pour ne pas revenir en arrière. Donc c'est plutôt de backer et de sécuriser déjà les différentes étapes.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr qu'un projet numérique, ça se... C'est au-delà du logiciel, tu l'as rappelé plusieurs fois et je suis totalement d'accord avec ça. C'est que pour qu'un logiciel soit accepté, qu'on en tire un maximum, ça va avec tout ce qui est qu'est-ce qu'on va mettre dedans, comment je fonctionne, comment je mets le logiciel au service de mes process et pas l'inverse, ce que tu as très bien rappelé avec ton ERP low-code, mais aussi derrière en termes de matériel, qu'est-ce que je peux mettre ou là tu parles de niveau de maturité de tes gens, mais ça peut être aussi... de niveau de salissure de l'atelier. On peut avoir un environnement avec beaucoup de poussière, des éléments très volatiles qui sont parfois incompatibles avec un type de matériel standard. Tout ça, c'est des questions qu'on se pose avant de débarquer et de se dire, non mince, l'iPad n'a pas trop aimé la graisse. C'est un peu ce qu'on cherche à éviter. Je suis volontairement taquine sur le sujet, mais ça peut arriver. Comment est-ce que tu vois Recyc-Mathla dans les cinq prochaines années ? Quelles évolutions tu vois arriver ?
- Speaker #1
Alors nous notre objectif, notre vision c'est de toujours donner plus de valeur à la matière et aux hommes qui la transforment et donc il y a deux facettes, il y a le côté justement matière, environnemental industriel et puis le côté social je vais commencer d'ailleurs par le côté social c'est de se dire comment j'arrive à avoir un niveau de performance suffisant pour gérer la dualité dont on a parlé tout à l'heure et d'arriver justement à Ce n'est pas un sujet facile, l'insertion, on l'a dit, on en a beaucoup parlé, mais peut-être qu'on ne l'a pas assez rappelé. C'est des décisions qui sont difficiles, il y a de l'émotion aussi, il y a cette recherche de performance, et donc du coup il faut tisser tout un réseau, comme on se rapproche de tout le monde, de ses partenaires locaux pour arriver à être le plus efficace possible. Donc notre objectif, c'est d'accompagner toujours plus de personnes, mais aussi de le faire de façon qualitative. Ensuite sur la partie matière, aujourd'hui on reçoit des matelas, on les dépiote et on prépare de la matière. Et là l'idée c'est de se dire, j'ai de la matière première secondaire qui sort de chez moi, comment j'apporte un meilleur tri ou une meilleure transformation pour arriver à avoir un taux de recyclage qui soit le plus en plus élevé, voire même faire du réemploi, par exemple comme on l'a fait aujourd'hui avec Ecomatelas. Mais Ecomatelas c'est qu'une brique. derrière qu'est-ce qu'on peut faire. Notre objectif c'est de se dire de quoi ont besoin les industriels qui vont utiliser notre matière pour arriver justement à l'intégrer dans leur process. Là on est plutôt sur du développement vertical et puis après on va avoir un développement aussi géographique. Aujourd'hui on est en France et on est en Belgique et pour le coup en France on est vraiment en avance sur le système des REP et ça arrive dans les autres pays européens. Bientôt ce sera obligatoire, il y aura une REP à l'échelle européenne. Et donc là c'est comment on va dans les différents pays pour les accompagner d'une part, pour leur expliquer qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on fait en France, qu'est-ce qu'on fait sur l' recyclage des matelas et comment on peut faire pour avoir cette activité En Espagne, en Autriche, en Suisse, en Italie, au Danemark, etc. Et donc, on a cette volonté d'arriver justement à ouvrir des usines dans des autres pays. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on décrète tout seul, c'est quelque chose qu'on doit faire avec le territoire, avec la communauté de communes par exemple, avec un premier marché, etc.
- Speaker #0
Oui, c'est le sujet. Si tu débarques dans un pays où l'obligation n'est pas du tout encore là, ça risque d'être extrêmement compliqué, même s'il y aura peut-être toujours des gens qui voudront faire les choses en avance par conviction. Tu n'arrives pas en terrain conquis, c'est compliqué.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ça marche. D'ailleurs, tu parlais toujours plus de recyclage de matière et d'avoir des cas d'usage industriel. Comment aujourd'hui tu intègres un nouveau client ? Comment ça se passe ? Est-ce que tu t'en parlais un peu tout à l'heure ? D'un côté, il doit être prêt à baisser ses standards sur certaines matières ou alors à vous envoyer un cahier des charges. Comment ça se passe ces échanges-là ? Et du coup, ma deuxième question, c'est est-ce que tu as créé des passerelles numériques qui font que l'échange se passe mieux ou est-ce que ça reste encore essentiellement à la voie entre vous ?
- Speaker #1
Non, comment ça se passe ? Pour le coup, on n'est pas du tout dans le numérique, désolé, mais on est vraiment dans le contact. Le plus important, en général, ça va être, on va apprendre à se connaître, une petite présentation du groupe, mais c'est très rapidement et le plus vite possible. c'est de venir dans l'atelier, venir voir les matières et l'inversement une visite croisée, c'est-à-dire moi d'aller chez l'industriel pour voir la faisabilité. Et donc c'est de se dire quelle typologie de matière, pour faire quoi, et comment on adapte le cahier des charges pour avoir quelque chose qui va coller chez lui et qui va coller chez moi. Et rapidement de se dire est-ce que c'est possible, ou c'est pas possible aujourd'hui mais dans 3-4 ans ça sera le cas. Je pense notamment ici au recyclage chimique du PU qui consiste en fait à reséparer les molécules qui font... on a deux molécules quand elles s'additionnent qui fait de la mousse et aujourd'hui l'objectif c'est de recasser ces molécules pour avoir deux liquides. Et pour ça il va falloir avoir des outils performants pour faire un tri qui aujourd'hui n'est pas fait et donc comment on travaille sur cet outil par exemple. Et donc là c'est une vision long terme. Et ensuite c'est de se dire effectivement est-ce qu'on doit faire des tests ? Est-ce que c'est quelque chose qui est déjà éprouvé ? Donc par exemple, oui, on a déjà travaillé avec des industriels qui vont faire de la mousse agglomérée dans le bâtiment, par exemple. A l'inverse, si c'est un nouveau produit, on va faire des tests et donc on leur envoie de la matière. C'est intéressant aussi, ça me fait penser, je discutais avec quelqu'un pour le recyclage du textile et puis moi, je cherchais des solutions et en fait, on commence à se parler et rapidement, je me suis dit, mais en fait, on ne parle pas l'immunité, les personnes parlent en kilos, comment je parlais en tonnes ? Donc en fait, moi, de trouver une solution d'une personne qui ressive quelques kilos de textile, ça ne m'intéresse pas un poids lourd. Un camion, on va mettre entre 18 et 20 tonnes. Donc voilà, on est très très loin du mémoire de gondole. Donc c'est aussi de s'accorder. C'est quoi vos besoins ? Est-ce que vous me demandez un effort surhumain, qui va me coûter très cher, pour à la fin ne prendre que quelques kilos dans l'année ? Ou est-ce qu'on va parler d'un camion tous les jours ? Et donc, c'est bien de parler la même langue, de s'accorder. Et d'où l'importance, je pense, de se voir, de montrer les choses, et ensuite de les mettre sur le papier, concrètement, avec un cahier des charges, avec une cible. Et ensuite, c'est du travail en erreur, et puis on trouve le bon mode de fonctionnement.
- Speaker #0
Oui, je comprends parfaitement. L'idée numérique que j'avais derrière, c'était plutôt dans le... dans le maintien de la relation derrière, quand tu vas avoir de la matière qui part vers chez ton client, peut-être d'avoir des indices qualité, des indices de correspondance à ce qu'il a demandé ? Est-ce que c'est quelque chose que tu suis peut-être aujourd'hui dans l'ERP, auquel ton client a peut-être accès ? Ou est-ce que c'est une vision que tu veux appliquer demain ? Non, aujourd'hui il n'y a pas de besoin spécifique, par contre effectivement nous c'est dans la vision du développement de l'ERP, c'est effectivement d'avoir une meilleure connexion avec nos clients pour arriver déjà à leur envoyer les différents documents. Là on a passé une certification, c'est justement sur le sujet de la mousse du recyclage chimique, pour s'assurer qu'on ait toute une chaîne de valeurs et que tout le monde respecte le sujet du recyclage, parce que malheureusement il y a eu des faux. Il y a eu de la triche dans d'autres univers du recyclage, ici c'était le sujet des huiles recyclées, et du coup il y a une certification qui existe pour montrer qu'on arrive à avoir toute cette traçabilité de la collecte jusqu'au produit final. Et nous on s'intègre dedans. Donc c'est effectivement comment l'ERP de mon client à mon communique avec le mien potentiellement. Aujourd'hui il y a beaucoup de papier, c'est déjà bien, et nous on scanne, etc. Mais demain comment on arrête de scanner ? et comment on se parle mieux effectivement sur nos outils et pareil sur les clients, sur l'aval, sur le produit fini. Et puis après, on va avoir effectivement tout ce qui va être échange de longues qualités, etc. S'il y a un problème, comment on discute de ces sujets-là.
- Speaker #1
Ça marche. Donc ça, des projets pour le futur. C'est bien d'avoir des projets aussi.
- Speaker #0
C'est bien.
- Speaker #1
On ne peut pas souffrir longtemps. C'est ça. On va passer maintenant à quelques petites questions rapides. Donc là, le but c'est vraiment de répondre en quelques mots à chaque fois. Ça se passe dans la section, le grill. Donc dans le grill, vraiment, je te pose des petites questions. Le but c'est vraiment, tu me réponds par oui, par non ou par quelques mots en fonction de la question. Et on ne développe pas plus. C'est vraiment le but, c'est d'aller hyper vite. Je vais essayer. Le coût caché numéro un de la circularité pour un industriel qui veut rentrer dans le modèle ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est la logistique. Aujourd'hui, on doit transporter la matière. Chacun va préparer une partie et les frais logistiques. C'est ce qui peut tuer le modèle. L'idée, c'est d'arriver à travailler avec des acteurs locaux.
- Speaker #1
Très bien. Le truc qui t'agace aujourd'hui et que tu n'arrives pas encore à régler ?
- Speaker #0
Des matelas qui arrivent encore très mouillés. Du coup, le sujet de la collecte préservante pour arriver à avoir un produit qualitatif et arriver à mieux le recycler.
- Speaker #1
Un seul indicateur qui mesure ton activité, ce serait quoi ?
- Speaker #0
La quantité de matelas qu'on reçoit dans nos usines tous les jours.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un indicateur que tu suis par obligation mais qui ne reflète absolument pas ton activité ?
- Speaker #0
Non, pas spécifiquement. Après, il y a le sujet du taux de recyclage. Le taux de recyclage, ça dépend beaucoup du périmètre. L'objectif, c'est quand on parle d'un KPI, c'est vraiment d'expliquer son périmètre, qu'est-ce qui est inclus et qu'est-ce qui n'est pas inclus dedans. Je pense que c'est important pour avoir toute cette transparence.
- Speaker #1
Un investissement numérique qui a vraiment payé, qui a fait la différence ?
- Speaker #0
Alors notre ERP.
- Speaker #1
Et un qui n'a pas tenu ses promesses et que tu as abandonné depuis ?
- Speaker #0
J'ai voulu faire beaucoup d'applications justement en low-code, no-code au début. Quand je suis arrivé et je me suis rendu compte que sans le management, ça ne sert à rien. Donc c'est des projets qui sont partis à la poubelle ou plutôt qui sont là dans l'armoire, qui prennent la poussière, mais qu'on va mettre demain.
- Speaker #1
Un nouvel opérateur doit être opérationnel en combien de temps dans l'idéal ?
- Speaker #0
En quelques jours, il est opérationnel dans l'usine.
- Speaker #1
Tu penses quoi quand tu vois un matelas en déchetterie actuellement aux encombrants ?
- Speaker #0
Ça me fait à la fois mal au cœur, parce que du coup, potentiellement, il n'est pas à sa place, surtout en déchetterie, et en même temps, je me dis qu'on a encore un gros gisement et encore une belle croissance à aller chercher.
- Speaker #1
Très bien, merci, tu as joué le jeu, c'est parfait. Pour conclure cet épisode, on va passer aux petites questions signatures. Ma première question que je pose à tous mes invités, c'est si tu étais ministre de l'Industrie, ce serait quoi ta première mesure ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si ce serait la première, mais en tout cas d'inciter fortement, donc plutôt de rendre obligatoire la réincorporation de matières premières et secondaires, et en particulier celles de leur propre cycle.
- Speaker #1
Ton pire souvenir numérique, c'est quoi ?
- Speaker #0
Bonne question. Une fois où on m'a donné un fichier Excel, où il fallait que je retraite l'ensemble du fichier, une base de données, et au bout de deux jours de travail acharné dessus, on m'a dit que ce n'était pas la bonne version qu'on m'avait envoyée. Et là, je me suis dit, merde, il y a un problème. Donc, c'est là que je me suis mis à apprendre un peu à coder pour pouvoir gagner du temps. Et donc, j'ai mis deux jours, mais deux jours sur lesquels j'ai appris à coder. Et en cliquant sur le bouton, c'était résolu. Donc, ça m'a servi dans le futur.
- Speaker #1
Toujours dans l'idée de ne pas faire deux fois la même chose.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. J'ai compris.
- Speaker #1
Quel conseil tu te donnerais la veille de te lancer dans l'aventure RecycMate là, avant de savoir tout ce qui t'attend ?
- Speaker #0
Réfléchis pas et vas-y.
- Speaker #1
C'est bien, c'est un bon conseil. On arrive vraiment au bout là. Où est-ce qu'on te suit ? Où est-ce qu'on prend contact avec RecycMate là ? Si on a plus de questions, si on veut approfondir l'échange.
- Speaker #0
Vous pouvez nous suivre sur LinkedIn, la page de l'entreprise, ou alors vous pouvez m'envoyer un message. et puis comme ça on pourra continuer d'échanger sur LinkedIn.
- Speaker #1
Ça marche, je mets tout ce qu'il faut en description pour te contacter et on va se conclure là-dessus. Un dernier conseil pour un industriel qui voudrait commencer à penser circularité de son modèle ?
- Speaker #0
Voilà, regardez déjà, faites vos poubelles, regardez ce que vous jetez et ça sera déjà une première bonne étape.
- Speaker #1
Très bien, on va rester là-dessus, faites vos poubelles, j'aime beaucoup. Merci William pour ton temps et pour ton passage sur Osez l'Efficacité. J'espère que tu as passé un bon moment.
- Speaker #0
Merci Périne, un très bon moment encore beaucoup de sujets je pense à développer donc j'espère qu'il y aura une suite
- Speaker #1
Très bien, on pourra se faire une V2 pour voir où on en est d'ici un ou deux ans, moi je suis preneuse de voir l'évolution, il n'y a aucun souci Moi je vous retrouve la semaine prochaine et d'ici là comme d'habitude, n'oubliez pas d'oser l'efficacité ! Merci pour ton écoute, tu veux du concret dans ta boîte mail ? Abonne-toi à Oser l'efficacité, la news Chaque semaine, tu reçois la synthèse des épisodes, les outils essentiels et un mini plan d'action pour te mettre en mouvement. Rendez-vous sur digetic.fr slash news n e w s Le lien est dans la description. A très vite !