- Speaker #0
Un grand penseur disait, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. Mais quand sa famille a créé un groupe industriel qui se bat au quotidien pour la souveraineté de son territoire, est-ce qu'on a vraiment le choix que de reprendre ce groupe ? La Réunion, c'est un département français comme les autres, sauf qu'il est à 9400 km de Paris, ou presque. Là où certains voient un enfer logistique, d'autres tirent parti de cette spécificité pour justement trouver des clés de souveraineté. C'est le cas du groupe industriel Océinde. qui œuvrent dans les télécommunications, dans l'agroalimentaire et dans d'autres secteurs qu'on aura le loisir d'aborder dans cet épisode. Comment est-ce qu'on rafle le déploiement du très haut débit à Mayotte, au nez et à la barbe d'Orange ? Comment est-ce qu'on reprend une société de fibres en faillite pour en faire le point de départ d'un des départements les mieux fibrés de France ? Tout ça, nous allons l'explorer avec le PDG du groupe industriel Océinde, Nassir Goulamaly. Bienvenue dans Oser l'efficacité. Bienvenue Nassir !
- Speaker #1
Bonjour Perrine, merci.
- Speaker #0
Je suis ravie de te recevoir dans cet épisode. Alors avant de rentrer dans la réalité du groupe Océinde, qui est vraiment le sujet de l'épisode, dans Oser l'efficacité, j'aime bien voir les parcours qui ont mené mes invités à l'industrie, puisqu'aujourd'hui on parle d'attractivité de l'industrie, c'est important de redonner envie. Donc je veux savoir ce qui, toi, t'as emmené là, et ça se passe tout de suite dans I Need a Hero. C'est ton père qui a fondé le groupe Océinde.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et toi, tu n'y as pas travaillé immédiatement. Est-ce que... Tu n'as pas voulu ou tu avais des choses à faire avant ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Non, alors du coup, effectivement, moi, je n'ai pas travaillé directement dans le groupe. Mais peut-être, pour répondre à ta question, je reviendrai peut-être un petit peu en arrière. Parce que c'est vrai qu'industriel, c'est familial, en fait. Et ça dure depuis très, très longtemps, en fait. Moi, je suis d'origine indienne, qui est passée par Madagascar, l'île de Madagascar, département français. Et c'est vrai qu'en fait, on a toujours été industriel. On a toujours été convaincu que l'industrie crée de la richesse, crée de l'emploi, développe les territoires dans lesquels nous avons investi. Donc c'était le cas à Madagascar. Puis l'indépendance du pays s'est très mal passée pour la famille puisque le groupe a été nationalisé. Et c'est en reprenant de zéro que notre père est arrivé à La Réunion et a bâti un groupe à nouveau industriel. Donc l'industrie, ça fait vraiment partie de nos gènes et ça a toujours été un savoir-faire que l'on développe avec beaucoup de passion et beaucoup de plaisir. Et puis donc pour répondre à ta question, j'ai commencé effectivement mon parcours professionnel en partant d'abord à l'étranger et travailler pour les autres. Mon père avait l'habitude de dire, va dépenser l'argent des autres avant de travailler pour toi-même. Et puis, du coup, je suis parti chez les meilleurs à l'époque. C'était dans les télécoms déjà. C'était chez Alcatel. Je suis parti en Indonésie. Très jeune, directeur financier d'Alcatel Indonésie.
- Speaker #0
C'est pas mal cette phrase d'aller dépenser l'argent des autres. Ça permet de se former. Mais du coup, tu as toujours su que tu serais dans l'industrie. C'était pas...
- Speaker #1
Oui, alors cette partie-là, oui. Après, est-ce que j'allais reprendre le groupe familial ? C'est peut-être un autre sujet. Mais être industriel, ça a toujours été quelque chose qui nous a passionnés. Vraiment, en fait, on sait qu'on peut accompagner. Alors effectivement, aujourd'hui, c'est un peu tarte à la crème de dire l'industrie en France, etc. Mais c'est vrai que c'est un sujet important de dire ça crée de la richesse, ça crée de l'emploi, ça développe des économies, ça recultive des territoires. Et moi, je suis très, très fan de ça, en fait. Donc c'est vrai qu'on a toujours été passionnés par l'industrie.
- Speaker #0
Pourquoi l'Indonésie ? C'était une opportunité ? Là,
- Speaker #1
c'était vraiment une opportunité. C'était vraiment, à l'époque, tu pouvais partir à l'étranger en tant que VIE, ça s'appelait comme ça. Donc je suis parti, c'était une opportunité. Donc l'Indonésie, je ne connaissais pas du tout et j'étais très très très content d'y être allé. C'est un pays exceptionnel. 17 000 îles, c'est assez particulier, c'était sympa.
- Speaker #0
Et le fait de reprendre Océinde, c'est arrivé quand dans le parcours ? Il y a un moment où tu t'es dit... Je travaillerais là. Oui,
- Speaker #1
alors ce n'était pas toujours évident. Effectivement, j'aurais très bien pu continuer ma carrière dans un grand groupe, continuer ma carrière. Après la formation que j'ai eue, poursuivre comme tout le monde, peut-être ailleurs. Mais non, c'était plus une décision rationnelle qu'émotionnelle. C'est qu'à un moment donné, je me suis très vite aperçu que soit tu pouvais impacter, tes décisions pouvaient avoir un impact, tu pouvais faire quelque chose de ta vie en ayant une vraie réalité de ce que tu faisais. ou travailler dans un grand groupe et être un pion parmi des centaines ou des milliers de collaborateurs. Là, c'est une chance, c'est une opportunité unique. Et donc, assez vite, tu te dis oui, ça vaut le coup, même si ce n'est pas évident, de revenir.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un moment où tu t'as imaginé dans une autre voie que l'industrie ? Très, très souvent. Oui, quand même.
- Speaker #1
Non, très souvent, tu as quand même envie de te dire non, tu vas te réaliser ailleurs, tu vas démontrer à ton père, justement, que tu peux faire mieux, différent. partir, voilà. Bah oui, rester en Indonésie, l'Asie. L'Asie, à l'époque, c'était quand même quelque chose qui se développait énormément. Donc tu sentais qu'il se passait beaucoup de choses en Asie. Donc j'aurais pu tout à fait réussir à me dire, non, ne reviens pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais j'ai eu envie de revenir. J'ai eu envie de revenir. Vers la trentaine.
- Speaker #0
L'âge de raison, du coup ? L'âge de raison, c'était un petit peu avant,
- Speaker #1
mais c'est ça.
- Speaker #0
C'est la raison qui est émotionnelle. Et du coup, au-delà de la trentaine, tu parlais de vraiment, c'est plus la raison. Il y a un événement qui fait qu'un déclic où tu dis c'est maintenant ou c'est vraiment progressif ?
- Speaker #1
Pour moi, ça a été progressif. Pour moi, ça a été doucement, doucement. Et puis après, à un moment donné, je me suis dit, tiens, mon père était encore... très actif et je me suis dit c'est le moment aussi où je vais apprendre de lui alors qu'après tu sais bien qu'on vieillit tous c'est peut-être le moment aussi de rentrer de l'accompagner lui-même me faisait des appels du pied de temps en temps quand même c'était pas... ça vient pas de nulle part il a fait quelques appels du pied puis le hasard a fait que je suis rentré
- Speaker #0
Aujourd'hui tu diriges le groupe avec ta soeur vous êtes organisé comment ? Vous avez vos spécificités ? Oui,
- Speaker #1
alors c'est intéressant parce que ça peut... ça parle aussi de gouvernance cette question et effectivement on a beaucoup de chance tous les deux parce que d'abord on n'a pas beaucoup d'écart d'âge, on a que deux ans d'écart d'âge on a tous les deux des bonnes formations et on s'entend extrêmement bien donc ça ça a toujours été une chance que notre père a beaucoup cultivé, c'est important de le dire aussi parce que c'est vrai que dans les groupes familiaux tu peux avoir des sujets de transmission, d'héritage etc qui peuvent compliquer la gestion d'un groupe entre nous ça s'est toujours bien passé parce qu'il a toujours été absolument égalitaire entre nous deux, dans tout ce qu'il a fait. Alors c'est assez moderne, je trouve, parce qu'on est quand même issus de familles où on favorise d'abord le garçon plutôt que la fille. Et chez nous, ça n'a pas été le cas. Ça a toujours été exactement pareil. Donc on a toujours grandi pareil, etc., avec les mêmes avantages l'un et l'autre. Et donc du coup, dans la gestion du groupe, ça s'est très bien passé. On a tous les deux aussi mis, je pense, nos égos de côté. et qui ont permis au groupe de grandir. Et je pense que les collaborateurs voient bien qu'il n'y a aucun stress entre nous deux et que tout est parfaitement fluide. D'ailleurs, on partage des bureaux côte à côte. Voilà, donc il n'y a pas de sujet.
- Speaker #0
C'est vrai que le jour où on s'est rencontrés, c'est au lancement du livre de Nicolas Dujardin que j'avais déjà reçu dans ce podcast. Vous pouvez aller voir l'épisode d'ailleurs qui est sorti. Je vous le mettrai en description. Et je trouvais que c'est quelque chose qui qu'on sentait entre vous deux.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Cette connivence. Ça fait plaisir.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on s'entend très, très bien. Oui, on a un parcours qui est intéressant. Alors oui, après, on s'est répartis un peu les rôles. Bien sûr, chacun a ses prérogatives ou son savoir-faire qu'il essaye de valoriser au mieux dans le cadre de l'entreprise. Donc, on est un peu différents quand même.
- Speaker #0
C'est quoi vos spécialités, du coup ?
- Speaker #1
Moi, je pense que je suis plus un bâtisseur qu'un gestionnaire. Je me qualifie beaucoup de bête comme ça. J'aime bien les projets. J'aime bien m'engager dans des idées, embarquer les équipes dans des projets, etc. là où Azimna va être plus... politique, plus dans la partie accompagner les équipes, les faire grandir, gérer peut-être aussi mieux que moi les activités, etc. Donc voilà, on est assez différents et complémentaires finalement, très complémentaires.
- Speaker #0
Il y a une entreprise que j'avais visitée qui s'appelle Nicomatic, qui est dans ma région en Haute-Savoie, qui eux ont un peu ce genre de double profil pour deux frères, mais eux ils sont en alternance de gestion. Tous les trois ans,
- Speaker #1
ils changent. C'est une façon de faire aussi. On y a pensé avec Azmina. On a souvent essayé de se dire, pourquoi pas, il y a aussi le groupe Decaux, qui est très connu pour ça, où les frères s'alternent. C'est une bonne idée. On y pense de temps en temps avec Azmina. Après, il y a aussi la nouvelle génération qui arrive, nos enfants aussi. On travaille beaucoup sur ces sujets en ce moment.
- Speaker #0
Qui sont attirés aussi ? Qui feront de l'industrie ? Pour l'instant,
- Speaker #1
les miennes sont plus âgées que ceux de ma sœur, mais pour l'instant, aucun n'a fait un appel du pied comme moi je l'ai fait à l'époque. Mais en tout cas, en fait, oui, ça transparaît dans la famille. On parle beaucoup de business malgré tout. On parle beaucoup d'affaires, on a beaucoup de projets, etc. On partage les projets. Ça me fait penser souvent à une idée que moi je critique souvent, c'est-à-dire qu'on dit souvent... Tes problèmes, tu les laisses au bureau quand tu arrives à la maison. Je trouve ça un peu faux parce qu'en fait, nous, on parle tout le temps d'affaires. Moi, je ne compte pas mes heures. Les week-ends, c'est pareil. Donc, penser que tu as un cerveau qui peut être séparé avec tes enfants qu' ils ne voient pas qu'en fait, tu as un stress ou pas. C'est illusoire. Donc, ils voient bien ce qu'on vit. Et des fois, ils en ont envie ou pas envie. On verra.
- Speaker #0
Et puis, dans ton cas, le bureau, c'est un peu la famille aussi. Enfin, ce n'est pas un peu la famille, c'est la famille. Exactement, c'est la famille. C'est plus compliqué. L'identité du podcast Oser l'efficacité, c'est un peu les références culture pop. Donc, je demande toujours à mes invités si leur boîte était un film, une série ou un super-héros, ce serait quoi ?
- Speaker #1
En fait, je n'ai pas beaucoup hésité. Moi, j'ai pensé à un super-héros. En fait, parce que c'est la génération de super-héros aussi. Mon préféré, c'était Spiderman. Mais bon, ça, c'est quand j'étais gamin. Et non, j'ai pensé à Iron Man. C'est peut-être un peu, là aussi, tarte à la crème. Mais je trouve que ça nous correspond bien, en fait, chez Océinde, parce que et parce qu'il n'a pas de super pouvoir. Et qu'en fait, c'est l'innovation, l'intelligence, les projets, la réflexion qui lui a permis de devenir ce qu'il est. Donc, voilà, çarépond à ta question.
- Speaker #0
Ça me va bien, c'est mon préféré en plus, donc je ne vais pas dire le contraire. C'est le plus beau. Oui, aussi, le plus drôle. J'aime beaucoup son humour. Il est drôle, oui. Mais c'est vrai que c'est un exemple qui revient souvent. Alors, je ne sais pas si c'est tarte à la crème, mais il y a vraiment ce côté ingéniosité. et je crois que... Ce qui est commun à mes invités dans le monde industriel, c'est le refus des super pouvoirs. On est des héros qui se construisent et qui faisons qu'on devient des héros, mais ce n'est pas tomber du ciel.
- Speaker #1
C'est vrai. C'est vrai que si je me permets, le mantra du groupe, c'est les trois I chez nous. Le premier I, c'est industriel. Comme tu l'as compris, on est vraiment industriel. Et le deuxième, c'est innovation. Et c'est vrai qu'on ne s'interdit pas. Et ce n'est pas de l'innovation pour dire on va sortir un nouveau produit, etc. C'est de ne rien s'interdire dans sa capacité à déployer des idées, des projets. Il va y avoir neuf échecs pour une réussite, mais au moins on laisse les équipes et les collaborateurs monter des projets.
- Speaker #0
Et le troisième I, du coup ?
- Speaker #1
C'est international, parce que c'est vrai que nous, on vient de la Réunion. C'est 2800 kilomètres carrés. Donc, tu as vite fait le tour. Ça reste quand même une petite île. Et donc, si on ne s'obligeait pas depuis 30 ans à partir... A dire, nos projets, on les investit ailleurs aussi et on accompagne d'autres territoires. Notre territoire de jeu, il était quand même assez petit.
- Speaker #0
Oui, on va en reparler de ça, justement, de l'essence du groupe qui se base à La Réunion. Ok, super, je suis ravie d'en savoir plus sur ton parcours. Dans la deuxième partie de cet épisode, on va revenir sur des événements de la vie du groupe, de choses qui se sont passées, duquel tu as pu tirer des leçons. L'idée de cette section, c'est vraiment que nos auditeurs puissent se servir de l'apprentissage sans avoir forcément eu à vivre l'expérience parfois douloureuse qui a mené à l'enseignement. Ça se passe tout de suite dans la partie cheat code. Le premier événement sur lequel je voulais revenir, c'est quand vous avez décidé de racheter une société de fibre qui est à ce moment-là en cessation de paiement. Vous décidiez d'y aller quand même et derrière, l'histoire est belle.
- Speaker #1
On parle d'une activité dans les télécoms où on a décidé de racheter une entreprise en cessation de paiement qui était à l'arrêt. Donc on a racheté pour un euro symbolique. La leçon, c'est de voir plus loin, c'est de voir à long terme. C'est vrai que je dis souvent, il faut exécuter vite, mais il faut être patient. Et en fait, avoir quand même cette capacité à se projeter dans ce qui va devenir dans 10 ans, dans 5 ans, etc. Alors, c'est sûr que ce n'était pas évident. Personne n'y croyait. Et après, c'est aussi un peu dans la vie. Il faut anticiper les choses en ayant un peu d'envie sur voir plus loin. Et puis, il faut avoir la chance aussi, malgré tout, dans les affaires. Il faut aussi avoir un peu de la chance. Il faut de la provoquer, mais il faut avoir un peu de chance. Donc, c'est ce qui nous a réussi dans ce projet. qui nous a permis du coup de transformer cet opérateur pour en faire le premier opérateur de fibre du département de La Réunion, mais aussi de transformer le territoire de La Réunion. La Réunion est devenue le premier, et encore aujourd'hui, le premier département fibré de France et de Navarre, donc devant Paris, Marseille, etc., qui sont quand même des territoires très développés. Et là, vous avez 97% de la population de La Réunion qui a accès à la fibre optique. Et ce sont des véritables outils, la fibre est un véritable outil de développement économique pour un territoire. On sait qu'un euro déployé dans la FIB, c'est 6 euros de PIB pour le territoire. Donc c'est vrai qu'il fallait anticiper ça. Et puis ne pas écouter aussi tout le monde. C'est-à-dire qu'on a eu beaucoup de freins de nos concurrents et amis qui nous disaient « mais ça ne marchera pas, la Réunion n'a pas les moyens, les Réunionnais n'ont pas d'argent, la fibre ça coûte trop cher, le territoire n'est pas assez dense, etc. » Donc c'est de l'ambition, du courage et quand même une vision un peu moyenne à long terme.
- Speaker #0
Et comment tu mesures le risque à ce moment-là ? Parce que tu l'as dit, il y a un peu tout le monde qui est contre vous. Tu sais que ça peut marcher ou ne pas marcher, même si tu mets tous les efforts. Qu'est-ce qui te fait y aller ? C'est les tripes ?
- Speaker #1
Oui, c'est un peu là. Il y a une de tes questions qui est importante, je trouve, c'est Oser l'efficacité. Donc, qu'est-ce qui fait ? C'est qu'à un moment donné, tu n'as pas toutes les réponses. Tu ne peux pas attendre toutes les réponses. Si tu attends toutes les réponses, tu n'avanceras jamais. Donc oui, à un moment donné, tu prends le risque, tu y vas, tu le mesures, tu sais, tu vas sur tes moyens, tu ne vas pas non plus au-delà de mettre tout ton groupe par exemple à risque, tu juges au moins ça, tu dis, est-ce que ça met un risque cette activité-là, de l'argent, des collaborateurs qui ont pris des risques avec toi, mais que ça, tu limites ce risque quand même à pas tout ton groupe, bon bah tu dis, j'y vais. Parce que de toute façon, les autres réponses, tu ne les auras jamais.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui fait que ça marche entre une boîte qui dépose le bilan, qui a une cessation de paiement, et après rachat ? Tu as dit que ce n'était pas facile, mais qu'est-ce qui fait que ça a changé ?
- Speaker #1
Dans ces cas-là, ce qui change beaucoup, c'est malgré tout les équipes que tu embarques avec toi. Il faut changer malheureusement toute l'équipe, parce que celle qui a souffert, elle est toujours en difficulté, elle vit toujours le passé, elle a toujours du mal à se reprojeter dans un nouvel avenir, et ce n'est pas évident. Et cette espèce de reset... permet quand même de repartir à zéro avec une nouvelle équipe et une nouvelle histoire à raconter.
- Speaker #0
Mais alors pourquoi on rachète si c'est pour tout refaire ? Il n'y avait pas moyen de recréer tout simplement une boîte de zéro ?
- Speaker #1
Non, parce que tu avais une belle marque, des projets qui avaient déjà été construits, initiés, des combats qui avaient déjà été commencés. Les combats sont importants dans les affaires. Ces combats avaient déjà été commencés par une équipe, il fallait lui redonner un nouveau souffle.
- Speaker #0
Ça marche. Du coup, qu'est-ce que tu retiens de ça ? de cette histoire ? Qu'est-ce que tu réutilises aujourd'hui ?
- Speaker #1
Qu'il faut vraiment s'écouter, se faire confiance à cette petite musique qui dit tu peux y aller, il faut l'écouter. Et ça, ça nous a beaucoup aidé. Savoir bien s'entourer. Le nerf de la guerre, c'est d'avoir des belles équipes autour de toi parce que tu ne fais jamais rien tout seul, de toute façon, ça c'est certain. Donc vraiment, avoir de la chance dans la vie pour recruter les bonnes personnes. Et j'ai eu beaucoup de chance.
- Speaker #0
C'est marrant. Le sujet de la chance, ça revient énormément chez... Chez mes invités. C'est vrai ? Toi, tu l'as dit, pour le coup, ça se provoque. Et je trouve qu'effectivement, quand on me dit « Ah, j'ai eu la chance de remporter ce concours, il y a quand même du travail derrière, mine de rien, il n'y a pas que de la chance. » Oui,
- Speaker #1
si tu prends cet exemple de déploiement de la fibre, effectivement, la chance, c'est quand même d'avoir été au tribunal à racheter cette entreprise, de faire une offre, etc. Donc, on provoque quand même le sujet. Et puis après, les gens autour de toi voient que tu fais envie aussi. donc du coup ils t'accompagnent. La chance, c'est ça. Ça se provoque.
- Speaker #0
La deuxième histoire que, en préparant cet épisode, j'ai trouvé absolument incroyable, c'est la fibre à très haut débit, à Mayotte. Peut-être pas la fibre, du coup. Très haut débit. Vous raflez le sujet avec le groupe à Orange, dans un contexte qui est particulier. Vous gagnez le projet trois jours après un cyclone. C'est assez incroyable comme histoire de par le contexte et de par le fait que... peut-être le plus petit joueur, sans mauvais mot de ma part, mais en face, il y a Orange. C'est assez fou, tu veux nous raconter ?
- Speaker #1
C'est une histoire qui mérite un podcast, je pense, à elle toute seule.
- Speaker #0
En elle-même ?
- Speaker #1
Tellement ça a été des bagarres et des combats et des histoires. Je faillis rater l'avion pour aller faire cette soutenance, mais l'avion était en retard, donc j'ai réussi à y aller. Et puis finalement, j'étais à l'heure, etc. Et puis, voilà, c'est...
- Speaker #0
Blague à part, j'ai un format pour raconter des histoires de réussite ou d'échec industriel. Je peux le faire, sans problème. Je le ferai avec plaisir.
- Speaker #1
C'est vraiment incroyable, cette histoire de Mayotte. Déjà, peut-être commencer là-dessus. Le combat pour la fibre pour tous à Mayotte, c'est un combat que moi, je mène depuis 10 ans. C'est-à-dire que ce qu'on a fait à La Réunion, Mayotte le mérite. Mayotte, c'est un petit territoire perdu au milieu de l'océan Indien. Et la fibre optique, encore une fois, permet de reconnecter ce petit territoire au monde. et je suis convaincu que la Réunion, ce qu'elle est devenue, ou ce qu'elle est en train de devenir, c'est grâce au déploiement de la fibre optique, des câbles sous-marins. Mayotte mérite la même chose. Donc c'est vrai que ça fait des années que je me bats là-dessus. Et puis bon, il y a eu un appel d'offres qui a été lancé par le département, accompagné par le plan France très haut débit, qui avait été initié par le président François Hollande. Et on a candidaté avec tout plein de sujets rocambolesques, ce qu'on racontera dans un autre podcast, si tu veux bien.
- Speaker #0
Le rendez-vous est pris.
- Speaker #1
Mais voilà, et puis après, ben... Je vais peut-être redire la même chose, il faut de la chance. Mais c'est vrai qu'avec mon collaborateur Emmanuel André, on s'est bagarré pour ce dossier. Notre dossier était meilleur malgré tout. Il était meilleur parce qu'on s'engage à fibrer tout le département, partout, dans toutes les petites communes et les petits territoires. On fibre, on ne fait pas que les zones denses et les zones riches, ce qui est le projet de notre confrère. On s'engageait aussi à aller vite, à déployer très vite. Et on est vraiment, comment dire, ancré sur ce territoire. Moi, je le connais. On a une usine sur place, etc. Donc, on sait où aller, comment aller et faire correctement. Notre dossier était en plus moins 10 ans en termes financiers. Moins d'investissement pour l'État et moins de subventions pour l'État. Donc, en termes d'offres, c'était intéressant. Sauf qu'il y a eu un cyclone d'une violence extrême. Je ne souhaite à personne ça. Mayotte a été rasée. Rasée. J'y suis allé une semaine après, j'avais jamais vu ça. Et pourtant des cyclones, j'en ai vécu dans ma vie. Et bien là, malgré tout, le président du département, parce qu'il a eu un courage incroyable. de remettre ses équipes au travail alors que le département était rasé, il n'y avait plus de toit, il y avait de l'eau qui tombait encore, ils n'avaient plus d'Internet, plus de machin. C'était quand même la guerre quand ils ont repris le travail. Et malgré ça, il a initié le vote et il nous a attribué le lot et on a été vainqueurs à un moment où personne ne pensait qu'on allait encore pouvoir voter. Et bien lui, il a eu le courage. Parce que là aussi, c'est un courage politique important de dire mon territoire mérite la fibre et malgré le cyclone, on va. Et c'est aussi intéressant parce que le cyclone a permis aussi peut-être de dire on va accélérer et on va pouvoir déployer plus vite.
- Speaker #0
C'est trop fascinant cette histoire et je serais vraiment ravie de la raconter dans les détails. C'est intéressant. Qu'est-ce qu'on en tire de ça ? Qu'est-ce qui te reste de cette histoire ? C'est le combat avec le gros, c'est d'être très ancré sur le territoire. C'est le courage politique. Le combat,
- Speaker #1
ce n'est pas fini encore une fois. Le combat, il n'est pas fini parce que finalement, malheureusement pour Mayotte, Orange fait tout pour bloquer le déploiement. ce que moi je retiens, c'est ce que nos parents nous disent souvent, de jamais lâcher. De jamais, toujours croire en soi. Croire en son projet, etc. Tant que ce n'est pas définitivement mort, il y a toujours une lumière et cette lumière, nous, on la saisit à chaque fois. Et voilà, donc maintenant, on est très fiers de ce qu'on a fait. En tout cas, les équipes ont fait un super travail. On peut être très, très fiers déjà d'avoir gagné et puis de permettre au département de Mayotte, peut-être un jour, d'avoir de la fibre pour tous.
- Speaker #0
Le troisième sujet que je voulais aborder avec toi, c'était, vous agissez aussi dans l'agroalimentaire. Vous avez une ferme de crevettes au Mozambique qui a été décimée par un virus. Toute une production qui, j'allais dire qui part à la benne, mais c'est différent, il faut tout brûler dans ces cas-là. C'est un impact sur 1300 familles. Comment on gère ce genre d'événement ? Comment on s'en relève ? Est-ce que c'est une goutte d'eau à l'échelle du groupe ou comment on le gère ?
- Speaker #1
Non, non, non. Alors en fait, c'est peut-être ma sœur pour le coup qui gère cette activité-là, qui serait plus à même d'en parler. Mais c'est 30 ans d'investissement. On a été pendant très longtemps le premier investisseur français au Mozambique. avant Total et ses gros projets. C'est effectivement énormément de familles, parce que c'est de l'agro-business, donc c'est des familles qu'on fait travailler. C'était un produit bio, on n'avait pas détruit de mangroves, on avait fait des efforts qui, il y a 30 ans, paraissaient complètement idiots. Mais aujourd'hui, quand on voit le réchauffement climatique, on se dit qu'on était quand même en avance sur pas mal de sujets. On faisait travailler des femmes, 250 femmes, dans une région où les femmes n'avaient pas le droit de travailler. Donc il a fallu convaincre. Non, non, ça a été 30 ans d'investissement mis à mal par un virus qui n'existait pas dans cette région. Alors écoute, qu'est-ce qu'on peut dire ? Alors on n'a pas eu de chance, parce que finalement il n'y avait pas de virus, il a été importé par... malheureusement, et cet impact a été majeur et massif. On a mis dix ans à essayer de se redresser, à trouver des nouvelles technologies qu'on a réussies. Azmina a réussi à trouver des nouvelles technologies accompagnées par des startups européennes. On a réussi à relancer l'activité. Et puis, à un moment donné, une fois qu'on a réussi à repartir, la leçon, c'est que la nature, d'abord, est quand même beaucoup plus forte que toi. Donc quand même... il faut être humble par rapport à tout ça et malgré tout à un moment donné plutôt que de laisser ces familles disparaître, on a réussi à vendre l'activité à un industriel Sur place. Et donc on est sortis de cette activité-là.
- Speaker #0
D'accord. Et par contre, l'activité tourne toujours aujourd'hui ?
- Speaker #1
Écoute, je pense que oui.
- Speaker #0
Ok. Ça marche. Ce que j'en retiens quand même, c'est que la première décision, ça n'a pas été de dire « Bon ben, tant pis, il y a quand même eu de l'investissement, de la relance, ça a été votre choix. » Alors, effectivement,
- Speaker #1
on ne baisse pas les bras facilement. On se donne les moyens sur le temps long. Et des fois, on nous a reproché d'être déraisonnables. Parce que ça coûte de l'argent. Parce que tous les ans, tu payes des pertes, en fait. Tu finances des pertes. Donc, des fois, on nous a dit, mais non, mais vous tenez trop longtemps. C'est notre style. On aime bien ça parce qu'on n'abandonne pas très vite. Donc effectivement, on a mis 8 ans après. Parce qu'en fait, on a été impacté par le virus il y a déjà 10 ans. Donc les 3-4 premières années, ça ne va pas du tout. On réessaye, ça ne fonctionne pas. Donc on a quand même eu 4-5 ans de beaucoup de pertes. Et après, Azmina a trouvé cette technologie qui lui a permis de se relancer l'activité. Mais bon, avec des années de pertes derrière, ça fait quand même... lourd. Et oui, on n'abandonne pas facilement.
- Speaker #0
C'est un des gros sujets qui revient régulièrement sur l'entrepreneuriat, c'est quand est-ce qu'on s'arrête ? Quel est le message qui doit dire que là, c'est trop ?
- Speaker #1
Oui, c'est très difficile.
- Speaker #0
Quand il y a autant de monde derrière qui dépend de ça, c'est compliqué de se dire que...
- Speaker #1
C'est très difficile et je ne pourrais pas dire qu'on soit mauvais là-dessus parce que je ne sais pas si c'est mauvais ou pas, mais nous, on décide là-dessus.
- Speaker #0
Tard. Pas, oui. Mais est-ce qu'il y a des cas où ça vous a donné... Parce que là, finalement, au bout de dix ans, vous en êtes sortis. Et finalement, il y a des années de pertes que le groupe encaisse, du coup, parce que ce n'est pas une activité isolée. Donc, ça permet d'être maintenu. Est-ce qu'il y a des cas où, vraiment, avec le recul, tu dis, là, on a eu tort ?
- Speaker #1
Oui, ça arrive. Et puis, il y a des cas où on s'est dit, on a bien fait de continuer.
- Speaker #0
Mais du coup, c'est quoi finalement l'équilibre ? C'est qu'il y a plus de cas où vous avez tort ou plus de cas où vous avez raison ?
- Speaker #1
Il y a plus de cas où on a eu tort.
- Speaker #0
Ah mince, ok. J'aurais voulu l'autre.
- Speaker #1
Oui, mais bon, ça n'empêche pas de continuer.
- Speaker #0
Oui, ok.
- Speaker #1
Ça n'empêche pas de continuer.
- Speaker #0
En même temps, si on ne persévère pas, il n'y a jamais de cas où on a raison. Oui,
- Speaker #1
mais on continuera. On est des grands combatifs.
- Speaker #0
Dans la prochaine catégorie, j'aborde des sujets un petit peu plus légers. Océinde a une activité aussi dans les télécommunications, médias. Et je me disais, peut-être qu'il vous manque un média. Et donc, je vais te proposer des médias que pourrait animer Océinde. Et tu me dis si c'est classe. Ok, on lance ça demain. On travaille ensemble. D'accord. Ça casse. On va se concentrer sur nos activités. Je veux bien, je suis combatif, mais quand même, on ne va pas faire n'importe quoi. Ça te va ? Ok. Ça se passe tout de suite dans le C'est classe ou ça casse. Ma première proposition, c'est souveraineté insulaire. Une plongée au cœur de la réalité des industriels isolés. Et ce que l'on peut en tirer de leur expérience pour la souveraineté en général et sur des territoires plus grands ?
- Speaker #1
Alors, classe. Oui, c'est classe.
- Speaker #0
Tu te sentirais d'animer ça avec des co-industriels ?
- Speaker #1
Oui, il y a beaucoup de choses à dire. Mais c'est un petit peu ce que tu fais là.
- Speaker #0
Moi, je traite de différents sujets. Mais oui, la souveraineté revient souvent. On ne va pas se le cacher.
- Speaker #1
C'est classe.
- Speaker #0
Prochaine idée, brique par brique. Tu revisites la construction du groupe Océinde et tu invites également d'autres dirigeants de groupe pour mettre en avant comment les choix se font dans les rachats d'entreprises, la diversification des activités et comment chaque choix s'inscrit dans la stratégie globale.
- Speaker #1
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la question, mais je dirais classe. C'est-à-dire que tu fais rentrer quelqu'un ? Non.
- Speaker #0
En fait, l'idée, ce serait de revenir sur ce qui a fait les différents choix du groupe, pourquoi vous avez décidé histoire par histoire. Et finalement aussi d'inviter d'autres industriels qui ont aussi construit des groupes. Comment ils ont fait leur choix ? On est plus sur de l'inspirationnel là. D'inspirer les autres sur... Oui, oui, moi je crois beaucoup à ça.
- Speaker #1
Moi je m'inspire beaucoup des autres, donc j'aimerais bien inspirer des gens si c'est possible. Mais oui, je crois beaucoup à ça. Donc oui, c'est classe.
- Speaker #0
Troisième idée. Là, vous avez dans votre groupe un studio d'animation. Donc je me suis dit, on peut leur confier un projet. Alors je ne suis pas sûre de la proposition. C'est Pipangaï ? Oui, Pipangaï. Je te propose une série à destination des enfants qui parle d'industrie. Quelque chose pour vulgariser, montrer l'industrie telle qu'elle est vraiment aux plus jeunes, pour contribuer à relancer son attractivité.
- Speaker #1
Je ne sais pas si les jeunes regardent encore, ça dépend de quel âge. Parce que nous, on s'arrête à 10-12 ans. Mais oui, ça peut être 10-12 ans peut-être, mais avant non.
- Speaker #0
Avec le collectif des industriels, le sujet de relancer l'attractivité de l'industrie au plus bas âge et d'éviter que justement on arrive au collège-lycée à pas du tout vouloir faire ses stages dans l'industrie, c'est quand même un sujet. c'est vrai que c'est un sujet après trouver le bon moyen de leur parler le vecteur est important et donc dernière proposition un talk show industriel vraiment les pieds dans le sable à La Réunion je ne suis pas trop sûre du thème actuellement mais si ça peut me permettre de partir en vacances moi ça me va tu es la bienvenue on fera ça à la plage je ne suis pas sûre que le son soit aussi bon sur la plage mais le décor sera parfait on trouvera une solution ok super merci de t'être prêté au jeu. Dans la prochaine section, je vais te poser des questions qui sont un peu plus inconfortables. Tu verras, ça va bien se passer quand même, je pense. Ça devrait le faire. En général, mes invités ne sont pas malheureux après ça. Ça se passe tout de suite dans le grill. Reprendre une boîte familiale, est-ce que c'est un parcours tout tracé, presque la facilité, ou une grosse pression assurée ?
- Speaker #1
C'est une immense chance et une immense responsabilité. C'est extrêmement dur. malgré tout. Et puis le regard des autres, c'est pas évident, il faut s'habituer à ça. T'es toujours le fils de ou la fille de, donc c'est pas toujours facile. Mais c'est une chance incroyable, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est que tu peux impacter des décisions, tu peux vraiment faire des choses intéressantes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, là on peut pas complètement enlever le facteur chance qui est que tu es le fils de, bon, ma foi c'est comme ça, mais il y a tous les côtés où, c'est pas aussi simple que ça.
- Speaker #1
Non, c'est pas aussi simple, ça dépend de ce que t'en fais après.
- Speaker #0
T'as eu une partie un peu rebelle où jamais je reprends le groupe, jamais je vais faire mon truc à moi ?
- Speaker #1
Ah oui, quand même. Il faut être honnête. Non, c'est pas ça. C'est-à-dire qu'il y a eu des moments où, une fois dans le groupe, t'as envie de partir.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
T'es revenu, tu fais des projets, puis tu te fâches avec ton père, avec ta sœur. Parce qu'il y a des moments quand même pas toujours faciles. Et là, tu te dis, je m'en vais, je vous claque la porte, je vais faire autre chose. Oui, mais j'ai eu des moments rebelles. Donc,
- Speaker #0
c'était plutôt après ?
- Speaker #1
Après, oui.
- Speaker #0
Après avoir décidé de revenir. OK. Et finalement, tu remontes.
- Speaker #1
Sale gosse, quoi.
- Speaker #0
Tu te considères comme un sale gosse ? Oui,
- Speaker #1
parce qu'à un moment donné, tu ne te rends pas compte que... Malgré tout, à un moment donné, tu oublies que tu as des responsabilités, que tu as des familles qui comptent sur toi et que toi, tu fais le gamin parce qu'à un moment donné, on ne t'a pas suivi sur une décision.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu vois ? C'est un peu ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu pourrais me donner une vérité sur l'outre-mer dont personne ne parle en métropole ?
- Speaker #1
Ce n'est pas un handicap, c'est une chance unique pour la France. Et on oublie ça. On oublie parce qu'on reste sur la partie négative de l'handicap, ça coûte trop cher, etc. C'est une chance unique d'avoir accès à un potentiel de multiterritoires, d'océans. La France est la deuxième puissance maritime mondiale grâce à ses outre-mer. Et elle est réveillée 24 heures sur 24. C'est un des rares pays encore à avoir cette chance-là.
- Speaker #0
Du coup, c'est peut-être un petit peu la même réponse, mais est-ce qu'il y a quelque chose dont on a conscience en métropole, à l'inverse, et qu'on cache sur l'Outre-mer ?
- Speaker #1
D'abord, on parle des Outre-mer. Moi, je ne connais pas bien les Outre-mer. Moi, je connais bien Réunion, Mayotte. La Nouvelle-Calédonie, je ne connais pas du tout les Antilles, par exemple. Je ne connais pas Saint-Pierre-et-Miquelon, qui fait partie des Outre-mer, Tahiti, etc. Donc je dirais, il y a une chose qu'on nous... C'est pas qu'on cache, mais on ne se rend pas compte à quel point nos territoires sont inclusifs. C'est-à-dire qu'en fait, moi je dis souvent, la Réunion ne s'appelle pas la Réunion pour rien. C'est une réunion de races, de religions, de personnes. de couleurs de peau, etc., qui se passe très, très bien. Le bien vivre ensemble à La Réunion, il est unique, en fait. Et on devrait s'en inspirer. Or, on ne l'utilise pas assez. On ne s'en inspire pas assez au niveau national, où on crée plus de tensions entre les gens, entre les religions, etc. Alors que je trouve que ce qui se passe à La Réunion est unique et une belle réussite.
- Speaker #0
Oui, on fait comme si on ne savait pas vivre ensemble, alors qu'on a des territoires où ça se passe très bien.
- Speaker #1
Où ça se passe très bien et où ça fonctionne. Et après, il faut s'en inspirer.
- Speaker #0
C'est quoi ta plus grosse erreur stratégique depuis que tu diriges le groupe ?
- Speaker #1
Des erreurs, j'en ai commises beaucoup. D'investissement, on parlait tout à l'heure de Zéop. Voilà, tout n'est pas un succès. Donc, ce qu'on dit souvent aussi, c'est que c'est les échecs qui te bâtissent et qui font que tu réussis plus tard. Donc après, je ne dirais pas ça, mais les erreurs que je commets souvent ou que j'ai commises souvent, c'est de vouloir aller trop vite ou de projeter des idées ou des projets sans avoir vérifié que tes équipes avaient bien compris. avaient bien intégré et avaient les capacités à t'accompagner sur tel ou tel projet. Et puis du coup, c'est des projets qui n'ont pas fonctionné. Et puis cinq ans plus tard, on te dit, Nassir, tu avais raison, c'était bien ce truc-là. Ben ouais, mais moi, j'ai voulu aller trop vite sans que les équipes soient prêtes. Aller trop vite,
- Speaker #0
c'est un truc que tu revois souvent dans tes...
- Speaker #1
Ouais, trop vite sans être préparé, sans avoir préparé.
- Speaker #0
On entend souvent qu'entreprendre en France, ce n'est pas facile. Est-ce que c'est encore pire ? en territoire isolé comme la Réunion ?
- Speaker #1
Pire, non, mais plus difficile, oui. Plus petit, donc plus difficile. Marché plus étroit. Les coûts sont plus élevés. Voilà, il faut être plus créatif, plus malin et réussir à faire mieux malgré les difficultés. Après, c'est pareil dans tous les territoires. Il y a des difficultés partout.
- Speaker #0
Tu es chevalier de la Légion d'honneur. Tu étais même premier officier cette année, si je ne dis pas de bêtises. 14 juillet c'est tout récent je pensais que tu étais le premier officier, enfin officier oui chevalier de la Légion d'honneur, non tu es le deuxième de mon podcast donc je vais pouvoir commencer une collection mais je me demandais comment on devient chevalier et comment on est premier officier ça se passe comment ?
- Speaker #1
alors je ne sais pas du tout parce qu'en fait c'est quelqu'un qui demande pour toi tu ne sais pasqui c'est moi je ne l'ai pas su et après comment ça se passe il y a une enquête sur ton pédigré et... si tu n'as pas un casier judiciaire, si tu n'as pas été rebelle, mais fait des bêtises, etc. Donc, il y a un peu de ça. Et puis après, tu le découvres un matin dans le journal officiel. C'est une magnifique reconnaissance, une belle surprise. Et voilà. Après, moi, je le dis souvent, je le dois à mes équipes. C'est les équipes qui ont fait un énorme travail. Et puis, ma famille, ma femme, mes enfants qui me font confiance, ma sœur qui me fait confiance aussi. Donc, c'est vrai que c'est un travail d'équipe, en fait. Et voilà.
- Speaker #0
Ça change quelque chose dans ta vie ?
- Speaker #1
Non. C'est un peu comme ta première question, je trouve. C'est-à-dire que quand tu hérites d'une entreprise familiale, il y a beaucoup de responsabilités. Et je trouve que la première fois où, en fait, c'était il y a dix ans, on m'a fait cet honneur, la première des réflexions, c'était les équipes, le merci, etc. Mais en même temps, ça t'engage encore plus, en fait. Donc, ça te met encore plus de pression, je trouve. Donc, c'est une bonne carotte qu'on te donne pour dire encore, vas-y. C'est bien ce que tu fais, continue. Moi, ce que je dis souvent, c'est que le groupe que je dirige, je ne cherche pas à bâtir un grand groupe, je cherche à investir dans des territoires pour les faire grandir. En fait, ce n'est pas un groupe avec un gros chiffre d'affaires, c'est un groupe qui s'engage dans les territoires dans lesquels il investit pour les faire grandir. C'est peut-être ça la reconnaissance de cette nomination, cette élevation. grade d'officier.
- Speaker #0
On n'est pas obligé de se réaliser que par le chiffre d'affaires et par l'engagement. Ça me va très bien, merci beaucoup. Dans la prochaine section, je voudrais qu'on s'intéresse au futur à la fois de ta boîte et du monde aussi qui nous entoure. Et ça se passe tout de suite dans Retour vers le futur. La première question que je voulais te poser, elle est assez actuelle parce que vous avez créé un énorme data center à La Réunion qui a ambition d'être au confluent des territoires entre l'Europe, l'Asie, l'Afrique. C'est un début, c'est ton ambition, quel chemin ça prend pour les dix prochaines années ?
- Speaker #1
Ce n'est pas un data center pour être un data center pour La Réunion. Pour l'instant, il est... C'est le plus gros de l'île, c'est le premier, c'est le plus important, mais ça reste un petit à l'échelle mondiale. Mon rêve absolu, c'est de transformer la Réunion en un hub de datas, de diffusion de datas vers l'Afrique subsaharienne. Parce que c'est d'utiliser en fait une faiblesse. La faiblesse, c'est qu'on est quand même une île perdue au milieu de l'océan Indien, mais qu'on est en France et qu'on est en Europe. Donc on a cette sécurité de la donnée, la sécurité et la souveraineté de la donnée. qui peut être utile pour des opérateurs qui ont besoin d'une zone sécurisée proche de l'Afrique subsaharienne. Donc mon ambition et mon rêve, c'est de transformer la Réunion en un hub de diffusion de data. Et donc là, si ça marche, il faut plus de data centers, plus de capacités sous-marines. Et donc ça, tu deviens vraiment un hub majeur en fait. Il y en a cinq dans le monde. On a deux aux Etats-Unis, deux en Asie et un en Europe, qui est Marseille, qui est en train de devenir un des plus gros d'Europe. qui adresse en fait 2 milliards d'habitants en Europe et 2 milliards d'habitants en Afrique, la Réunion peut être celui, le sixième ou septième, qui diffuserait vers l'Afrique subsaharienne. Le chemin est encore très long, mais voilà, c'est ça un peu l'ambition que j'ai sur ce sujet-là. Après, il y a toutes les questions de souveraineté, d'IA, de développement aussi économique pour le territoire de la Réunion, avec la possibilité de donner à... à des startups de monter leurs activités sur la Réunion, avec de l'IA, etc. Donc il y a aussi plein de potentialités derrière que tu accompagnes.
- Speaker #0
Donc on est au-delà de la diffusion de données, sur aussi une ambition pour le territoire. Oui, plus que de la donnée.
- Speaker #1
C'est vraiment une ambition pour le territoire.
- Speaker #0
Du coup, tu as déjà un peu abordé le sujet, mais tu disais d'utiliser cette force de territoire isolé. Est-ce que c'est quelque chose, justement, cette... On est isolé, c'est un fait que tu as l'impression qu'avec le groupe, vous avez surmonté et vraiment transformé en force. Ou est-ce qu'il y a encore des fois aujourd'hui, vous battez contre cet isolement dans certaines activités ?
- Speaker #1
Oui, c'est un combat permanent. C'est un combat permanent sur ce que j'appelle moi éviter l'isolation. Et tu as trois outils pour ça. Tu as les télécoms, les infrastructures, les câbles sous-marins, la fibre optique dont on parle longuement, etc. L'aérien et le maritime. Ces trois sujets-là nous permettent d'être souverains. Parce que le maritime, c'est l'accès à la marchandise, etc. Et c'est des sujets sur lesquels le groupe aussi travaille pour donner à ces îles leur indépendance stratégique. Parce que sinon, on est perdu au milieu de ça. On est tout petit. Mais malgré tout, c'est un combat de tous les jours.
- Speaker #0
On a un peu abordé l'agroalimentaire, les télécoms. On n'a pas parlé de toute la partie chimie du bâtiment sur laquelle vous êtes très actifs. Parce que de l'extérieur, ça fait un peu quatre sujets complètement différents. Comment tu choisis ? peut-être ton père avant toi aussi, sur les différentes activités que vous mettez en place. Comment vous choisissez vers où vous allez ? Qu'est-ce qui fait l'unité finalement du groupe
- Speaker #1
Océinde ? L'unité, c'est vraiment l'ambition des projets qu'on déploie sur la capacité à faire des projets qui sont pérennes et qui construisent de la richesse, encore une fois, dans les territoires dans lesquels on investit. Donc c'est vrai que c'est des marchés, après c'est des métiers qui sont malgré tout intéressants. On dit souvent le bâtiment, le bâti, on va toujours vivre malgré le développement des robots, de l'IA, etc. On va quand même tous vivre dans des bâtiments. Aujourd'hui, on voit les problématiques de réchauffement climatique. Les produits du bâtiment apportent des solutions très intéressantes pour pouvoir réduire la chaleur dans les bâtiments. Et donc il y a des sujets majeurs sur lesquels nous on travaille et sur lesquels on investit. Les télécoms, on voit bien un développement de ce... Tout le monde a toujours un smartphone maintenant, en permanence, etc. Donc on voit bien que la consommation de données est un sujet stratégique majeur. Donc on continue à investir là-dedans. Et puis l'alimentaire, on est 7 milliards, 8 milliards, bientôt 10 milliards d'habitants sur Terre. Faire des produits de qualité, des produits naturels, des produits bio, c'est un peu ce qu'on aime faire. Donc on continue à investir sur ces trois verticales-là, comme on dit.
- Speaker #0
Les besoins. Les besoins de l'humain, finalement.
- Speaker #1
On essaye de travailler là-dessus. Sur la chimie du bâtiment, par exemple, je dis souvent ça, on a beaucoup investi dans la recherche, dans notre laboratoire à La Réunion, tout petit territoire, mais 11 microclimats. Ces 11 microclimats déclarés par Météo France officiellement nous ont permis de travailler des produits dont les spectres d'utilisation sont extrêmement larges et qui aujourd'hui nous permettent d'avoir 12 usines dans le monde. avec des formules et des formules de laboratoire faites depuis l'île de la Réunion. Donc on a trois usines ici en France, on a six ou sept usines en Afrique, et on arrive avec des produits et des technologies adaptées au climat maintenant que l'on subit ici. qui sont parfaitement adaptés à nos climats de la Réunion qu'on exporte maintenant partout en Afrique en France métropolitaine,
- Speaker #0
en Europe Et mine de rien avec le réchauffement climatique et la perturbation des climats et des produits qui n'étaient pas adaptés à des climats avant qui sont en train de se transformer
- Speaker #1
Et là aussi on a eu de la chance C'est vrai qu'on a c'est un métier où on a 55 ans d'expertise et ce que je dis souvent c'est que c'est des métiers où l'âge comment dire le le Le savoir-faire, c'est le temps. Et le temps, ça ne s'achète pas dans le commerce. Le temps, il faut voir du temps.
- Speaker #0
Vous investissez aussi, je pense, aux peintures sur les sourcées différemment. C'est comme ça que j'ai entendu parler pour la première fois du groupe Océinde. C'est des peintures qui vont être à base de coquilles d'huître et de poudre de pare-brise. J'ai vu ça.
- Speaker #1
De produits recyclés. Moi, je crois beaucoup à ça plus que dans les produits bio, en fait, dans les peintures. je crois beaucoup au recyclé en fait à la réutilisation, au réusage des produits c'est le cycle sur lequel on investit beaucoup
- Speaker #0
Et c'est quelque chose qu'on retrouve dans vos autres activités aussi ?
- Speaker #1
Oui, par exemple sur les téléphones portables on travaille beaucoup sur les produits recyclés les téléphones recyclés c'est un sujet sur lequel on travaille énormément les box recyclés
- Speaker #0
Ça fait partie de l'ADN du groupe.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que le modèle que tu défends pour La Réunion sur une autonomie numérique, logistique, énergétique, de parler de l'isolement, finalement, on n'a pas le choix, ça pourrait inspirer la métropole et plus globalement l'Europe sur sa propre souveraineté ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on pourrait appliquer directement ?
- Speaker #1
Alors, ça serait d'abord extrêmement prétentieux de dire qu'on peut inspirer l'Europe. Mais ceci dit, oui. On voit bien aujourd'hui qu'on a une vraie problématique de souveraineté et qu'on doit se réapproprier, en fait, ces outils. Et la désindustrialisation qu'on a subie depuis toutes ces années en Europe nous coûte aujourd'hui extrêmement cher. Et on voit bien qu'on a abandonné des pans entiers d'industrie dans ce pays ou en Europe qui nous coûtent aujourd'hui extrêmement cher.
- Speaker #0
Tu dis que c'est prétentieux de dire qu'on peut inspirer l'Europe, mais finalement ce qui est en train de se passer, au-delà de la désindustrialisation, on a quand même deux voisins un peu éloignés, mais avec qui les relations se tendent. Donc mine de rien, apprendre à vivre avec l'isolement, c'est quand même quelque chose qu'on va devoir faire à un moment. Oui,
- Speaker #1
exactement. Moi, j'aime bien dire, par exemple, dans le monde de l'entreprise, c'est facile de parler de ses faiblesses. C'est facile de dire, ça ne va pas être de se plaindre, etc. Mais des fois, de ses faiblesses, on peut en faire des forces. Donc, si on retient ton idée là, c'est vrai qu'on était perdu sur une île au milieu de l'Océan Indien. On en a fait une force en développant des industries, de cette souveraineté, cette problématique. L'Europe, c'est ça maintenant. On reste maintenant des petits territoires, mais peut-être qu'il est nécessaire maintenant de se réapproprier cette souveraineté et d'investir et d'accepter que le modèle doit maintenant évoluer vers plus d'investissements, plus de croissance liée à l'industrie et au développement économique de nos territoires et d'en faire des forces en fait. Il n'est pas trop tard.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Non, non, non, il n'est pas trop tard. Non, non, mais c'est vrai, il n'est pas trop tard. Mais on a tendance à baisser les bras. Mais c'est vrai que c'est loin d'être le cas. Et puis en fait, il y a tellement de choses qui peuvent se passer encore. dans le monde que rien n'est perdu.
- Speaker #0
On pourrait presque finir là-dessus, pour finir sur une bonne note. C'est quoi ta prochaine aventure, le prochain secteur dans lequel tu as envie de t'aventurer ?
- Speaker #1
C'est une question difficile, il y a tellement de choses qu'on aimerait faire. Non, je ne saurais pas te dire. Non, mais continuer, j'aime bien ce qu'on fait. Moi, j'adore ce qu'on fait. J'aime beaucoup ce qu'on fait. Je suis passionné par ce qu'on fait. J'ai des gens avec qui je travaille avec beaucoup de plaisir. Non, mais être encore... Encore une fois, ce que je disais, être encore plus performant dans ce qu'on fait. Continuer à faire grandir les territoires dans lesquels on investit. Là, en ce moment, on travaille beaucoup sur l'Afrique. On a beaucoup d'usines, on a beaucoup de projets. Donc non, non, ça se passe bien. Ça se passe bien. Ne pas rater certains, malgré tout, certains sujets. L'IA étant un sujet majeur dans les télécoms. Ne pas passer à côté. Être capable de réagir vite. Le monde bouge très vite.
- Speaker #0
T'es en mode veille, du coup. Oui, oui.
- Speaker #1
Il faut quand même être très actif, très sensible à ça. et voilà,
- Speaker #0
on fait attention du coup ça va être le moment de conclure l'épisode il ne nous reste plus qu'une section ça se passe dans les questions signatures si demain on te nomme ministre de l'industrie ce serait quoi ta première mesure ?
- Speaker #1
je ne veux pas t'étonner simplifier et accélérer la création d'entreprises et d'industries dans ce pays simplifier et accélérer en fait aujourd'hui tu parlais des deux monstres entre guillemets monstres la Chine et les Etats-Unis. nous en France aujourd'hui notre ennemi c'est pas les Etats-Unis c'est pas la Chine c'est nous-mêmes en fait on se met tellement de barrières tous les jours dans les pattes qu'on nous empêche de travailler donc moi je dis déjà ça ça permettrait d'accélérer beaucoup beaucoup de choses je pense je peux que plussoyer je
- Speaker #0
vais pas dire le contraire c'est quoi ton pire souvenir média ?
- Speaker #1
j'espère que c'est pas aujourd'hui non c'est pas aujourd'hui parce que c'est mon premier vrai média c'est aujourd'hui avec toi donc j'ai pas de pire souvenir Ok.
- Speaker #0
Donc du coup, c'est aujourd'hui, finalement. Non,
- Speaker #1
non,
- Speaker #0
c'est pas le cas.
- Speaker #1
C'est très bien aujourd'hui. Pour l'instant,
- Speaker #0
c'est très bien. T'as jamais eu d'expérience journalistique ? Non, je n'ai pas.
- Speaker #1
Ou alors, je l'ai effacée. Mais non, ça ne me dit rien. Je ne suis pas très média.
- Speaker #0
J'ai de la chance. On a de la chance de t'avoir. On a de la chance de l'avoir. Quel conseil tu te donnerais ? D'habitude, avant la vie active, mais peut-être avant de décider de rejoindre le groupe, qui va être finalement la grosse décision structurante de ta carrière, qu'est-ce que tu te glisserais à l'oreille avec le recul d'aujourd'hui ?
- Speaker #1
N'attends pas toutes les réponses. Et c'est valable pour plein de choses, en fait. Et je trouve que souvent, j'essaye d'avoir tout screené comme optionnalité, comme risque, comme machin, comme truc. Et en fait, du coup, tu ne décides pas. Et en revanche, je pense qu'il faut décider vite, être patient dans les résultats, mais décider vite. Puis après, si je peux me permettre, j'ai une formule que mon père me disait beaucoup, que je ne comprenais pas du tout. Je ne comprenais pas ce qu'il me disait. Sa phrase, je ne sais pas d'où il la sort d'ailleurs, mais il disait, il faut donner du temps au temps.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et là, maintenant, avec le recul, je comprends ce que ça veut dire. Moi, je pensais qu'il me disait ne faire rien. En fait, non, c'est faire vite, faire les choses, ne pas s'interdire, ne pas penser que tu auras toutes les réponses à tes questions, bouger, mais après être patient dans les résultats. C'est patient dans le fait que ça arrive et qu'il ne faut pas être tout de suite dans l'urgence. Et c'est vrai que la génération dans laquelle toi tu es, mes enfants, ils veulent tout faire vite, tout doit être vite fait, tout doit marcher tout de suite, tout doit réussir tout de suite. Non, il faut faire les choses. En revanche, il faut bouger, mais pas penser que ça va arriver tout de suite. Et je trouvais que cette formule, donner du temps au temps, maintenant je la comprends.
- Speaker #0
C'est pas mal, oui.
- Speaker #1
Mais avant, je ne comprenais pas.
- Speaker #0
J'avais déjà entendu, c'est la première fois que... Tu me fais m'interroger, effectivement, sur ce que j'en aurais compris si on me l'avait seriné plus, parce que ce n'est pas non plus le cas. Mais effectivement, cette idée de faire pour que le temps ait la place de faire les choses, ce qui n'arrive pas si on ne décide rien, c'est pas mal.
- Speaker #1
Et ça rejoint un peu ce qu'on disait aussi tout à l'heure, c'est-à-dire la chance, ça se provoque. Mais c'est ça, c'est fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ne reste pas dans ton coin, ne pense pas que tout le monde va te donner la réponse parfaite, ça n'existe pas en fait.
- Speaker #0
Je garde. C'est quoi pour toi, Oser l'efficacité ?
- Speaker #1
C'est le courage de faire et de décider alors que tu n'as pas toutes les réponses. C'est ça. De faire les choses alors que tu ne sais pas que tu vas avoir toutes les réponses. J'insiste là-dessus parce qu'en fait, je trouve que moi, je vois mes enfants, c'est un peu souvent ce que j'essaie de changer, mais même avec tes collaborateurs. Ils vont revenir avec des slides, des tableaux. Et puis maintenant, avec l'IA, les slides sont de plus en plus longues. 20 slides, 30 slides pour t'expliquer un truc. Et finalement, à chercher, chercher, chercher, tu n'avances pas. Des fois, tu fais deux slides, tu fais, et puis après, on voit, tu corriges. quand ça n'a pas. Mais voilà, je dirais ça. Donc, l'urgence, c'est dans la décision et puis la patience dans les résultats.
- Speaker #0
L'urgence, c'est dans la décision. Ça pourrait être la miniature du podcast. Je crois que j'aime beaucoup cette phrase. C'est pas mal. Et puis, ça résume bien un petit peu ce qu'on s'est dit. Donc, très chouette. Comment est-ce qu'on rentre en contact avec toi ? Comment est-ce qu'on... Travaille avec toi, comment on se renseigne sur Océinde, c'est quoi le meilleur moyen ?
- Speaker #1
Je ne suis pas très réseau social, malheureusement je n'ai pas de compte, mais je suis sur LinkedIn. C'est assez facile, j'en réponds à tout le monde dans la mesure du possible, avec un peu de retard des fois. J'essaie de répondre à tout le monde sur LinkedIn, c'est la meilleure option je pense.
- Speaker #0
On mettra ton LinkedIn dans la description de cet épisode. Je vais te laisser le mot de la fin. S'il y a une chose à retenir de cet échange, ce serait quoi pour toi ?
- Speaker #1
D'abord, j'ai passé un super moment. C'était une expérience pour moi nouvelle. J'apprécie le format. J'espère que les gens auront envie d'écouter ce qui se passe. Et merci aussi d'avoir invité quelqu'un des Outre-mer. Je ne sais pas si ça t'arrive souvent, mais en fait, c'est vrai qu'on a beaucoup de choses à apporter, comme tu l'as dit. On a une richesse culturelle, une richesse économique, on a des options, plein de choses à réaliser. Et c'est vrai qu'on ne le voit pas toujours. Comme tu l'as dit, ta question était juste. juste, la France, des fois, métropole, cache un peu les choses. Oui, il y a plein de choses qui se passent et on a beaucoup de choses aussi à dire et je trouve qu'en fait, nos projets fonctionnent bien aussi quand on a l'écho de tout le monde. Encore une fois, c'est la thématique aussi. mais l'industrie. L'industrie, moi, je crois beaucoup à ça, sur la capacité à créer de l'emploi, à développer des territoires. En France métropolitaine et ailleurs, on développe des territoires. Ce n'est pas un groupe qui est là pour, encore une fois, grandir, mais pour bâtir des sujets qui fassent grandir les territoires dans lesquels on investit. Et ça, j'aime beaucoup ces idées-là. Je trouve que c'est un peu malheureux que depuis pas mal d'années en France, on est plutôt sur le combat du pouvoir d'achat, du prix bas. Je trouve que ça détruit de l'emploi, ça détruit de la richesse. Faire des produits de qualité, investir dans des produits de qualité, ça crée des LVMH qui sont capables aussi d'exporter dans le monde entier ou des Kering, d'exporter dans le monde entier le savoir-faire français. très haut de gamme, je trouve que même en France, on devrait aussi, métropole en tout cas, être plus convaincus que c'est des beaux combats, l'industrie.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode. Je vous retrouve dans deux semaines pour une nouvelle vidéo. Et d'ici là, n'oubliez pas d'Oser l'efficacité et surtout de vous abonner pour ne pas rater la suivante parce que c'est vraiment le meilleur moyen pour ne pas rater les prochaines vidéos. À bientôt !