- Speaker #0
Robotisation, digitalisation, IA, Industrie 4.0 ou 5.0, ça donne le vertige, l'offre déborde, tu ne sais plus où regarder. La vérité, ton besoin n'est pas clarifié. Je suis Perrine Thiebaud, fondatrice de Digetic. Avec mes audits de processus, on cartographie l'existant, on définit la cible et on lance un plan d'action pour digitaliser efficacement, sans copier le voisin, en partant de tes vrais besoins. Ici, je partage méthodes, outils et retours terrain pour te faire passer au niveau supérieur. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Dernier épisode pour notre ligne accessible, notre ligne simple, notre ligne actionnable, toujours avec Bertrand Tailly. Aujourd'hui, ce qu'on veut montrer, c'est que le ligne n'est pas réservé aux experts et qu'on peut commencer petit à petit dès demain matin avec un bon sens de l'accueil. Avec du bon sens, plus qu'un bon sens, du bon sens et de la curiosité. C'est vraiment la conclusion qu'on voulait donner avec Bertrand à cette série. Et donc, on va commencer tout de suite par des choses assez actionnables avec la rubrique cheat code. Donc Bertrand, le premier cheat code, c'est l'observation. Comment on le fait bien sans juger ? Qu'est-ce que tu pourrais nous dire là-dessus ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. J'ai observé ces... Pour observer, il faut aller sur le terrain. Déjà, il faut aller sur le terrain. Comment bien faire sans juger ? Une observation, déjà, c'est différent de regarder. Observer, c'est aller analyser et capter ce qui peut vous étonner. Le premier petit code, c'est structurer votre observation. Qu'est-ce que vous voulez voir ? Est-ce que vous voulez voir ce qui peut vous étonner en termes de sécurité, de pratique ? Peu importe. Le petit code que je conseille, c'est préparer... Une dizaine de questions sur la manière de faire, sur le pourquoi c'est fait, etc. Pour ne pas être dans le jugement, mais au contraire, être sur l'analyse de la situation sur le terrain. Préparer une liste de questions type, une dizaine, 5 à 10 questions, ça permettra d'orienter l'analyse sans pour autant être dans le jugement. Et surtout, comme vous avez observé, n'interagissez pas avec ceux qui font. On va dire, tu fais comme ça, mais pourquoi tu ne fais pas comme ça ? Laissez les faire et puis... Vous prendrez un instant plus tard pour échanger.
- Speaker #0
On doit être dans une démarche assez candide en fait.
- Speaker #1
Oui, on n'y va qu'à l'œil neuf, naïf, exactement.
- Speaker #0
Il n'y a pas de mal à être naïf.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Le deuxième cheat code, c'est questionner. Pourquoi est-ce que c'est plus puissant que de décider seul ?
- Speaker #1
Ça rejoint l'expense que j'ai vécue sur l'entreprise qui... Il n'y avait qu'une seule tête qui décidait.
- Speaker #0
Dans l'épisode 1, si jamais vous l'avez raté.
- Speaker #1
Oui, pardonnez-moi. À les questionner, c'est déjà comprendre ce qui se passe sur le terrain, comprendre ce qui se passe dans la tête des gens, ce qui est vécu par les opérationnels. Décider seul, souvent, c'est on y va avec sa propre vision, ses propres ressentis ou sa propre analyse, qui parfois peut être biaisée parce qu'on n'a pas toutes les composantes issues de celles et ceux qui font le travail sur le terrain. Donc, aller poser des questions. à les poser des questions ouvertes pour comprendre comment c'est fait, pourquoi c'est fait, quels sont les irritants et aussi qu'est-ce qui pourrait être amélioré avec les personnes qui font le travail. D'où la puissance d'aller questionner et d'être dans une écoute active. C'est bien plus puissant que de simplement décider seul dans son coin et penser avoir raison. Parce qu'on n'a pas toutes les composantes, toutes les variables permettant de prendre les bonnes décisions seul.
- Speaker #0
On revient à ce que tu disais dans un des épisodes précédents, la vérité vient de ceux qui font. Le troisième cheat code, c'est tester. Comment savoir si une idée est bonne sans lancer un projet de six mois ?
- Speaker #1
La réponse est continue dans ta question. Comme disait l'autre, la question est vite répondue. Je suis à tester. L'idée, c'est que dès que vous avez, face à une situation, une idée, une amélioration, si l'idée est accessible en temps, en ressources, ça ne coûte pas trop cher. tester et conclure. Moi, je suis toujours dans une phase, mais moi-même, je suis en permanence dans le test and learn. Je teste, j'analyse et j'apprends. Est-ce que ça marchait ou pas et qu'est-ce que j'en fais de ça ? L'idée, c'est d'être en permanence dans une boucle d'amélioration et pas besoin de lancer des chantiers de six mois. Tester quelque chose, un jour après, regarder le résultat pour des idées accessibles et suivre la situation avant-après. Quelle était la situation ? avant la mise en œuvre de l'idée. Quelle est la situation après ? Est-ce que ça s'est amélioré ? Ou pas, ou qu'on se rend à ce dégradé ? Ça permet de conclure et de reprendre des actions si nécessaire et d'être en perpétuelle amélioration. Pour ça, cette phrase, d'être dans le perpétuel, test and learn, je mets cette tâche qui est par nature la définition de l'amélioration continue. Je teste, je conclue, j'apprends et je réapprends de manière perpétuelle.
- Speaker #0
Ça marche. Du coup, j'ai un petit bonus. Est-ce qu'il y a un faux bon réflexe que tu vois souvent dans les boîtes qui se lancent dans le Lean ?
- Speaker #1
Oui, le plus gros faux bon réflexe, c'est de dire j'ai été formé ou j'ai lu sur un livre que c'était tel outil. et je l'applique d'une manière brute et d'une manière presque imposée dans les équipes. Mais ce ne sont pas des outils, ça ne marche pas comme ça. Et malheureusement, le fait d'appliquer un outil, puis un deuxième, puis un troisième, etc., malheureusement, au bout d'un temps, le drill management, ce n'est pas simplement qu'une boîte d'outils. D'autrement, combien de fois j'ai vu des entreprises, ou même au préalable, dans d'autres expériences passées, dire, moi, j'ai fait un 5S, j'ai fait trois résolutions de problèmes, On était juste dans une application d'outils sans prendre en compte que c'était une démarche plus globale sur l'état d'esprit, sur la posture et pourquoi on fait ça. Et on était plus là à challenger le nombre de groupes de travail, de résolution de problèmes faits, pour répondre à des objectifs personnels, des objectifs dans des entrées de tiers annuels, etc. Donc voilà, le faux bon réflexe, c'est d'appliquer bêtement des outils pour s'inculer, c'est juste une boîte à outils.
- Speaker #0
D'ailleurs, si une entreprise qui n'a aucune culture Lean veut commencer demain, c'est quoi la première action à faire ? À part t'appeler peut-être.
- Speaker #1
Déjà, formez-vous.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Formez-vous pour comprendre l'objectif du Lean. Je ne prêche pas ma paroisse. Il y a plein d'organismes de formation qui sont très bons. Du coup, je ne m'occupe pas de moi, je ne suis pas trop mal non plus. Formez-vous pour comprendre toutes les dimensions du Lean. Ce ne sont pas des outils, on parlera d'état d'esprit. Effectivement, on s'appuie sur des outils. Mais on le recontextualise, pourquoi on fait du Lean, etc. Et pourquoi pas, juste après la formation, faites-vous accompagner par quelqu'un pour mettre en place une démarche localisée. Pas pour mettre en place l'outil, je parle bien de démarche. Et démarche, ça inclut l'acculturation des équipes, travail sur la posture des acteurs, posture des managers, quels objectifs on atteint, etc. C'est beaucoup plus large qu'un simple outil. L'outil, oui, il y a des outils. Mais ce n'est qu'une infime partie de l'ensemble de la démarche, qui est une démarche de progrès, de posture, d'état d'esprit, etc.
- Speaker #0
Ça marche. Et comment on ne se décourage pas quand on a lancé ça ? Parce que le risque, c'est un peu de lancer et que ça ne donne jamais rien. Comment on tient ?
- Speaker #1
Commencez petit et faites petit. Ne lancez pas des gros chantiers, soit sur un grand périmètre au sens géographique. Je lance un 5S sur l'ensemble de mon atelier qui fait 4000 m². Commencez petit. et cibler les sujets où l'impact peut être important. Je m'explique. Il suffit qu'il y ait un sujet où la situation est tellement dégradée qu'une petite action Lean peut avoir un impact palpable. Ça permet de donner de la consistance à la démarche. Et peu à peu, ça permet de motiver ou de remotiver les troupes pour dire, voilà, ça fonctionne. On a gagné un petit peu, mais on a gagné quand même, et ainsi de suite. Moi, c'est ce que j'ai fait quand j'accompagne les... Quand j'accompagne sur des démarches sur le long cours, sur des démarches de transformation, après une phase de diagnostic formation acculturation, dès qu'on passe sur le terrain, je leur dis, quels sont les plus gros sujets ? Et parfois, je leur dis avec des mots, qu'est-ce qui vous emmerde le plus aujourd'hui ? Et on travaille dessus. Il y a des petits gains qu'on peut avoir, c'est pour permettre aux gens de dire, ça marche, on palpe des gains et on continue. Et on alimente ça. Et ça travaille sur le long cours, une démarche de transformation. il faut prendre le temps, il faut laisser le temps au temps de traiter ces sujets, de capter, de voir les gains, et puis on recommence, et ainsi de suite. On revient un petit peu sur l'aspect test and learn de ces démarches-là.
- Speaker #0
Ça marche. Super, écoute, on arrive à la fin de cette série, il ne me reste plus qu'à te poser mes questions signature. Ma première question, c'est, si tu étais ministre de l'Industrie, ce serait quoi ta première mesure pour remettre du bon sens sur le terrain ?
- Speaker #1
En plus, c'est l'actualité, tout ça.
- Speaker #0
Oui, complètement, il y a de la place.
- Speaker #1
je ne me détruirais pas en ce moment si j'étais ministre de l'industrie comment remettre du bon sens elle est vague cette question est-ce que je dis un peu humoristique est-ce qu'il n'y a pas une loi qui devrait imposer au directeur d'aller sur le terrain tout simplement pour comprendre ce qui se fait et puis faire parler le bon sens faire parler le bon sens mais aussi bah tiens les gars d'une manière un petit peu plus officielle, il y a un truc qui existe qui s'appelle le Lean. Peut-être que le Lean est là aussi pour renforcer et structurer le bon sens qu'il y a sur le terrain. Tout le monde a du bon sens, mais le bon sens de l'un n'est pas le bon sens de l'autre. Et le Lean est peut-être là aussi pour aider à structurer ce bon sens-là. Mais c'est une bonne idée de sa périne. Imposer, légaliser, légiférer la mise en place du Lean dans les entreprises. Je plaisante.
- Speaker #0
C'est vague parce que... Il y a plusieurs façons d'appliquer Lean, ce serait compliqué à faire, mais pourquoi pas. Moi, j'avais bien l'idée de patron incognito sur l'atelier, pour aller voir ce qui se passe. On pourrait faire une bonne émission de télé. Ah non, ça existe déjà, pardon. C'est quoi ton pire souvenir numérique ? Alors là, ma question, elle est vague. J'ai eu des tas de réponses différentes et le site de l'Ursaf revient régulièrement, d'ailleurs. Mais c'est quoi ton pire souvenir numérique ?
- Speaker #1
Mon pire souvenir numérique, c'était dans une espace précédente où l'entreprise avait déployé un outil d'animation intervalle court sur digital au sein de l'entreprise. C'est sympa, on digitalisait. Et par contre, on a vécu, on a rencontré l'écueil de l'avantage de cet outil, c'est de pouvoir avoir effectivement des espaces infinis. On n'est pas limité par l'espace d'un tableau. Et on me demandait de créer plein de visuels, plein de tableaux, plein d'indicateurs, parce que on le demandait parce que le chef a dit que c'était ça. Et en fait, je ne sais pas... plus nombreux, on avait tellement de supports que personne ne les utilisait. Et le pire souvenir, c'était que comme personne ne les utilisait, on demandait à l'équipe dans laquelle j'étais d'aller prendre les informations à droite à gauche pour les réalimenter. C'était le monde en l'envers, c'était comme les gens ne le faisaient pas, on nous demandait de le faire à la place des autres. Je me souviens à l'époque, j'avais gueulé auprès de mon chef de l'époque pour lui dire que ce n'était pas notre travail, que j'étais chef de projet Lean. Je me suis battu, j'étais frustré personnellement. C'était un bon souvenir de ça. C'est un bon souvenir.
- Speaker #0
Ça marche. D'ailleurs, on va revenir du coup sur un début de carrière. Tu te donnerais quoi comme conseil à toi, version jeune ingénieur qui découvre tout juste le Lean ? Conseil que tu te donnes avant de commencer ce type de mission.
- Speaker #1
Moi, ce qui m'a beaucoup aidé à l'époque, c'est de me faire accompagner par quelqu'un. Moi, j'ai eu la chance, j'ai découvert ça, de me faire accompagner. J'avais plusieurs mentors dont un qui m'avait marqué dans l'aéronautique. Il m'avait beaucoup épaulé et c'était hyper fructueux. J'ai vraiment voulu en avoir après parce que j'avais une vision terrain. J'avais sa vision, lui c'était un ancien praticien et il donnait des conseils. Et si je faisais le parallèle avec ma toute première expérience où j'appliquais bêtement la démarche uniquement en m'appuyant sur la théorie, ça ne marchait pas. Là j'avais un oeil critique, j'avais quelqu'un qui avait de l'expérience. lui-même s'est cassé les dents, etc. Si j'ai un conseil à vous donner, c'est de trouver un mentor, quelqu'un d'entreprise, ou si vous avez la chance, déjà des équipes, avec des anciens qui ont pratiqué de l'excellence opérationnelle, faites-vous accompagner. Moi, ça m'a beaucoup aidé.
- Speaker #0
Super. Et pour terminer, c'est quoi, pour toi, oser l'efficacité ?
- Speaker #1
C'est une belle question, ça, pour conclure. C'est tout ce qu'on a dit précédemment. N'ayez pas peur d'échouer, n'ayez pas peur de vous casser les dents, je dis ça pour tout le monde, que ce soit des jeunes étudiants qui vont s'embaucher, des directeurs. Oui, le Lean Management, ce n'est pas une aventure facile, c'est même très complexe, on se confronte à plein de difficultés humaines, d'appropriation, etc. Mais essayez, et apprenez, et recommencez, recommencez. Ou osez faire, parce que le Lean Management, il y a plein d'autres démarches, il n'y a pas que ça. Ce sont des démarches qui peuvent largement contribuer à vous simplifier dans votre entreprise.
- Speaker #0
Comment on te contacte ? Comment on te suit ?
- Speaker #1
Merci Périne pour la promotion. Déjà, j'ai une page LinkedIn. Je suis assez actif sur LinkedIn pour partager ma vision de l'excellence opérationnelle. Vous appelez Dertrentail sur la barre de recherche et vous prenez son profil. J'ai également un site internet www.kaisen-up.com. Merci Périne de mettre le lien dans le post.
- Speaker #0
Je m'en occupe, oui.
- Speaker #1
J'ai aussi ce site internet et vous pouvez me suivre sur ces différents canaux.
- Speaker #0
Tous les liens seront dans la description, donc pas de souci, je vous note tout ça. Et puis on rappelle aussi que ton livre sort pour la période de Noël. Vous aurez pour tous nos auditeurs un code promo PERINE15, donc n'hésitez pas à l'utiliser. À ce moment-là, on refera une passe dès que ce sera sorti officiellement pour que vous puissiez l'acheter. Et je te laisse conclure sur une dernière action pratique, vraiment une phrase. On se lance demain matin. Juste une phrase pour terminer cet épisode.
- Speaker #1
Alors, suivez-moi sur LinkedIn et vous en saurez plus.
- Speaker #0
C'est une bonne façon de se former et de continuer à s'instruire sur le Lean. Eh bien, merci à tous d'avoir été là pour cette série sur un Lean facile. accessible et actionnable pour tous. J'espère que vous aurez appris plein de choses. Je vous retrouve la semaine prochaine. Et d'ici là, n'oubliez pas d'oser l'efficacité. Merci pour ton écoute. Tu veux du concret dans ta boîte mail ? Abonne-toi à Oser l'efficacité, la news. Chaque semaine, tu reçois la synthèse des épisodes, les outils essentiels et un mini plan d'action pour te mettre en mouvement. Rendez-vous sur digetic.fr slash news, N-E-W-S. Le lien est dans la description. À très vite.