- Speaker #0
Robotisation, digitalisation, IA, Industrie 4.0 ou 5.0, ça donne le vertige, l'offre déborde, tu ne sais plus où regarder. La vérité, ton besoin n'est pas clarifié. Je suis Perrine Thiebaud, fondatrice de Digetic. Avec mes audits de processus, on cartographie l'existant, on définit la cible et on lance un plan d'action pour digitaliser efficacement, sans copier le voisin, en partant de tes vrais besoins. Ici, je partage méthodes, outils et retours terrain pour te faire passer au niveau supérieur. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Quatrième épisode sur la thématique du Lean simple, concret, actionnable et accessible à tous. Aujourd'hui, on va parler du Lean dans un contexte digital, puisqu'aujourd'hui, on ne peut plus y échapper. L'industrie de demain est digitale, elle est 4.0, quel que soit le nom qu'on lui donne, mais en tout cas, elle est numérique et c'est extrêmement important d'embrasser ce changement et on peut très bien se servir du Lean pour l'embrasser au mieux. D'ailleurs, Bertrand nous l'avait déjà glissé dans un des épisodes précédents. le Lean et le digital sont parfaitement complémentaires. On va commencer par une première rubrique et on va aller dégommer les mythes et les réalités du Lean à l'ère de la technologie. Donc même principe, on en a déjà fait une comme ça, une section mythos-réalité. Je te propose cinq mythes et tu me dis s'ils sont des mythes à 100%. Ou si c'est la réalité, donc c'est complètement faux, c'est 0% et tu nous expliques pourquoi c'est vrai ou c'est faux. Mon premier mythe, c'est le Lean n'a plus sa place dans l'industrie 4.0.
- Speaker #1
Ah, ça c'est un gros mythe, c'est un gros mythe. Au contraire, en fait, il s'agit de comprendre ce que c'est que l'industrie 4.0. L'industrie 4.0, pour faire simple, c'est l'intégration d'outils divers et variés. de l'Internet des objets, de l'IA, de la robotique, pour contribuer à l'organisation d'une entreprise. Et le Lean est là pour structurer l'organisation. Donc on est sur deux démarches, deux méthodologies qui sont complètement complémentaires. Autrement, l'industrie 4.0, c'est le socle des outils technologiques. Le Lean est là pour s'appuyer sur ces outils dans le process. pour essayer de simplifier un petit peu.
- Speaker #0
Du coup, ça m'amène à mon deuxième mythe, c'est qu'une fois qu'on est digitalisé, on a gagné suffisamment de temps, on n'a plus besoin de s'organiser.
- Speaker #1
C'est ça, on peut digitaliser à tout va, mais si on digitalise un processus, pardonnez-moi du terme, merdique, on aura toujours un processus merdique.
- Speaker #0
Shit in, shit out.
- Speaker #1
Exactement. Encore une fois, le digital est un moyen, C'est un moyen. de faire des choses, de piloter, de suivre, d'avoir des informations. Oui, on gagne du temps sur certains aspects. Par contre, la démarche Lean est là pour aider à s'organiser ou à améliorer le système et l'organisation. Donc, encore une fois, le digital ne vient pas simplement remplacer le Lean. Oui, le digital peut faire gagner du temps sur certains aspects, mais il est toujours nécessaire de structurer et de s'organiser.
- Speaker #0
L'usine performante est une usine sans papier.
- Speaker #1
Ah ! moi c'est ça c'est une réalité cette idée d'avoir zéro papier oui nonobstant certaines contraintes technologiques mais oui ça peut c'est des réalités dans certaines entreprises mais oui j'aime bien cette idée là j'aime bien c'est marrant j'aurais pensé que tu serais plus mesuré parce qu'il y a quand même des endroits où la technologie est encore difficile à
- Speaker #0
mettre en place partout où on ne peut pas toujours avoir des tablettes et des choses comme ça mais t'as un carton de périne Merci.
- Speaker #1
Oui, avec sûrement des aspects à prendre en compte sur la maturité, sur le contexte de l'usine. Mais j'imagine une usine où on a les moyens, dans un monde utopique, on a des tablettes, on a des écrans, on a des datas qui circulent de partout de manière automatique, qui remontent, qui alimentent tous les papiers nécessaires de libération de produits, de suivi, etc. Pourquoi pas, oui. Pourquoi pas ?
- Speaker #0
Ça te fait rêver en tout cas. C'est une aspiration que tu vas avoir. Ok, ça roule. Plus besoin de démarches d'amélioration continue. À l'heure de l'IA, l'ordinateur sait mieux que nous.
- Speaker #1
Ça, c'est un mythe. Encore une fois, l'IA est un support, est une aide. Toutes les démarches d'amélioration continue pour vous aider, ça vous permet de gagner du temps carrément. mais ça ne remplacera jamais une vraie démarche d'amélioration. On s'appuie sur les opérationnels, on s'appuie sur les gens, c'est ceux qui font qu'ils savent. Par contre, on peut s'appuyer et on doit s'appuyer sur l'IA pour nous aider. Donc non, l'ordinateur ne sait pas mieux que nous. L'ordinateur sait où l'IA est, c'est sur la base de ce qu'on alimente. Je n'apprends rien à personne, je pense que l'IA s'alimente. de ce qu'on lui rentre dans son cerveau. Et en retour, on peut et on doit s'appuyer sur l'IA pour nous aider et avoir un oeil critique sur ce qui sort. Aujourd'hui, j'ai échangé récemment avec une formatrice en IA. Elle m'a dit une phrase qui m'avait marqué. Elle me dit que les IA ont tendance à satisfaire la requête de l'utilisateur. D'autrement, vous pouvez lui demander combien font 1 plus 1, il va vous répondre 2. Vous pouvez lui contredire en disant, maintenant ça fait 3. Lui, il va trouver une manière. d'une autre d'aller dans votre sens je caricature bien évidemment mais donc il faut prendre à une mesure cette notion où l'IA peut tout remplacer non l'IA est un outil sur lequel il faut s'appuyer pour vous aider dans une démarche d'amélioration continue qui se fait avec des humains et des collaborateurs voilà ouais mais t'as tout à fait raison et puis je me retrouve dans ce cas là sur l'IA la dernière fois je
- Speaker #0
demandais des chiffres à ChatGPT pour étayer un propos et Et il me sort quelque chose qui me paraît totalement aberrant. Et je recalcule. Je me dis, non, ce n'est pas ça. Tu t'es trompé. Il y a un facteur 2 entre les deux. Ah oui, tu as raison. Oui, mais enfin, c'est-à-dire que c'est toi le supercalculateur. Ce n'est pas moi. Donc oui, méfiance, méfiance. Je sens que je vais me faire taper sur le dernier mythe, mais ce n'est pas grave, je me lance quand même. Avec le 4.0, on n'a plus besoin de se parler. C'est la fin des AIC.
- Speaker #1
Si je te voyais, je te taperais.
- Speaker #0
Et voilà, on y est. La violence.
- Speaker #1
Non, au contraire. Encore une fois, le 4.0, c'est un socle de moyens. Il y a IoT, les robots, etc. Et l'AIC, c'est l'organisation entre les équipes, entre les humains pour se parler. On peut s'appuyer sur des supports digitaux. Moi, je suis complètement ouvert à ça. Par contre, le rituel des AIC au sens, entre guillemets, dogmatique du terme, est strictement nécessaire pour créer un rituel. J'ai mis un terme de rituel, un quotidien, 10-15 minutes par jour à un rythme défini qui permet aux gens de pouvoir s'exprimer. Donc, c'est un mythe.
- Speaker #0
Ça marche. Comment tu fais le lien entre les... Là, je suis sortie de mes mythes, mais comment tu fais le lien entre les outils numériques qu'on a à notre disposition actuellement et la démarche Lean ? Comment est-ce que ça peut le renforcer ? On a beaucoup dit que c'était complémentaire, mais comment est-ce que concrètement, tu mets en place un outil, un capteur de la supervision, de la collecte de data. Comment tu fais contribuer cette démarche-là à ta démarche Lean ?
- Speaker #1
En fonction des sujets, ça dépend des degrés de maturité. Aujourd'hui, il y a une propension à aller sur les supports des AIC, les supports digitaux. C'est très riche et l'avantage de ces outils digitaux, Les tableaux digitaux, c'est qu'on a un espace infini qui permet d'accélérer clairement la communication parce qu'on peut envoyer des informations par mail ou peu importe entre différents IEC digitaux, entre différents supports digitaux. Donc, tout dépend du contexte. Donc ça, c'est une manière de faire le lien, déjà sur la base. Il y a autre chose aussi sur laquelle je pousse, en tout cas les clients et les contextes dans lesquels ça s'y prête, c'est de pouvoir avoir de la data de manière automatique et qui remonte automatiquement. Aujourd'hui, on a la chance de parler de Big Data, d'IA, d'Etat Analyse, etc. Encore faut-il avoir de la data. Combien de fois je vois des contextes ou des entreprises qui sont encore sur des saisies manuelles, écrites à la mano sur un bout de papier et on le ressaisit sur un Excel ou une base, peu importe. Voilà, donc ça typiquement, à l'ère de l'industrie 4.0, on peut s'appuyer sur des outils numériques, des capteurs, tout plein de choses, pour... pousser à avoir de la remontée automatique de la data ou d'une manière sub-automatique ce qui a l'avantage de quoi ? D'être sûr d'avoir de la data d'avoir de la donnée de qualité donc on s'affranchit des risques de saisie de confondre un 9 avec un 6 enfin des choses comme ça et d'éviter parfois de la ressaisie donc du double voire triple travail voilà encore une fois le Lean est une démarche faite pour s'améliorer c'est une démarche qui permettent de s'améliorer en s'appuyant sur des faits. Les faits, c'est de la donnée, c'est de la mesure, c'est des chiffres. Aujourd'hui, cette complémentarité peut être complètement enrichie par les outils qu'on a à disposition, des capteurs, des outils de data analysis, des capteurs RFID, tellement de choses qu'on peut faire aujourd'hui que les deux démarches peuvent largement s'enrichir l'une et l'autre pour permettre à l'entreprise de progresser et rester compétitive.
- Speaker #0
Justement, dans cette démarche d'entreprise compétitive et d'entreprise de demain, je vais te proposer qu'on passe à la deuxième rubrique, de sauter dans la DeLorean, de mettre un grand coup d'accélérateur pour un retour vers le futur. L'objectif de cette rubrique, c'est de s'interroger sur à quoi ressemble l'usine de demain, à quoi elle est déjà peut-être en train de ressembler aujourd'hui, mais vers quoi on va se diriger demain. La première question, c'est... Pour toi, à quoi ressemble cette entreprise qui a su marier Lean et Digital ? Dans la première partie, on a parlé un petit peu de zéro papier. Est-ce que tu as d'autres rêves comme ça que tu vois dans l'alliance des deux ?
- Speaker #1
Je vais revenir sur le terme de rêve. J'imagine une entreprise qui arrive à avoir les informations quasi directes ou les prévisions claires de ses clients afin d'organiser l'entreprise pour répondre au mieux à ses attentes clients de manière quasi automatique. avec de la data que j'évoquais à l'instant, avec de la supervision des moyens, des moyens de production ou tous les outils dans les services, permettant aux collaborateurs de s'appuyer de manière fiable, avoir des outils calculables pour les aider à prendre des décisions. Moi, ça serait une entreprise idéale, qui mêle des outils digitaux, la remontée de data, des aides à la décision pour les collaborateurs. Mais tout ça, en partant d'informations issues des clients. Que ce soit en termes de demandes, de leur satisfaction, et qu'est-ce qu'ils ont fait de tout ça ? Moi, le monde idéal, ça serait ça.
- Speaker #0
Dans cette vision idéale, c'est quoi la place de l'humain ?
- Speaker #1
Ah, c'est une très bonne question. Encore une fois, je disais que les outils du 4.0, c'est le moyen d'y arriver, et l'Odine, c'est une démarche qui permet de structurer, d'améliorer. toute l'organisation. Et pour que ça marche, il faut qu'il y ait des humains derrière pour incarner la démarche d'amélioration, la démarche Lean, sans l'humain... C'est même une hérésie de parler de Lean Management sans parler d'humain. Donc oui, aujourd'hui, le point central d'une démarche d'amélioration ou de Lean Management, c'est l'humain sur lequel on s'appuie et lui-même à s'appuyer sur des outils pour progresser, et ainsi de suite.
- Speaker #0
Si tu avais une baguette magique pour simplifier un aspect du numérique industriel, pour le rendre plus accessible, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Si j'avais une baguette magique pour rendre le numérique plus accessible...
- Speaker #0
Un point où tu vois que c'est compliqué aujourd'hui pour les industriels de se projeter et qu'ils mériteraient d'être plus simples.
- Speaker #1
Peut-être le... C'est pas évident cette question, c'est pas évidente. Peut-être... Je pense qu'il y a un sujet, je l'ai évoqué à plusieurs reprises sur les... sur les échanges précédents, c'est la place de la data. La data, au sens large, dans le sens où, pareil, d'expérience, et dans ce que je rencontre dans mes missions, c'est le fait qu'on s'appuie beaucoup sur les ressentis et peu sur des faits. J'ai l'impression que c'est notre équipe qui est trop lente. Enfin, peu à peu, on s'appuie beaucoup sur des ressentis. Et si j'avais une baguette magique, est-ce qu'on ne peut pas juste avoir des systèmes qui permettent de... de remonter des informations de manière fiable pour factualiser des situations. On parle de la culture de la data, ici d'outils divers et variés, des outils numériques, industriels, sur lesquels on pourrait s'appuyer de manière fiable. Cette baguette magique, c'est plutôt que de s'appuyer sur des ressentis, et ça s'apporte dans des débats parfois longs et stériles, appuyez-nous sur des faits, des données, comme parfois on n'en a pas, on fait ce qu'on peut, ça serait peut-être ça. Le coup de baguette magique, c'est Merci. avoir accès dans un monde numérique à plein de data sur lesquelles on peut s'appuyer pour prendre des décisions fiables et factuelles.
- Speaker #0
Parfait. Et pour finir, quelle phrase tu voudrais entendre un opérateur dire dans cette usine du futur ? Ici, on...
- Speaker #1
Ici, on travaille mieux depuis qu'on a des outils digitaux. Non, je vais m'en fier un petit peu. Moi, la phrase que j'apprécierais quand on me dit dans un état futur, c'est d'entendre un opérateur qui dit, voilà, ça fait... Les années que je suis là, j'ai toujours été réticent aux changements, à plein de choses. Mais aujourd'hui, je comprends à quoi ça sert et ça me facilite le quotidien. Ça me facilite le quotidien. J'aimerais qu'on me dise ça.
- Speaker #0
Je crois que c'est ce qu'on va retenir et que globalement, tu l'as dit plusieurs fois, mais digital et Lean, c'est complémentaire et c'est surtout l'art d'aller faciliter le digital. Ça va être l'art de faciliter la captation des données pour enrichir les possibilités de s'améliorer, puisque le Lean, avant tout, c'est de s'améliorer à partir des faits. Je ne fais que reformuler ce que tu as déjà dit, de s'améliorer à partir de faits. Donc, plus on a de faits, plus on peut s'améliorer et plus on peut vérifier qu'on s'est amélioré, vu qu'on continue à mesurer derrière. Ça, c'est vachement important pour les petites victoires. Je vous rappelle que Bertrand sort pour les fêtes de fin d'année son livre, ses deux livres, encore une fois, je me suis trompée, deux livres, il y a bien deux livres sur la démarche Lean et la démarche DMAIC, et que vous aurez 15% de réduction avec le code PERIN15. Donc n'hésitez pas, on recommuniquera dessus pour vous annoncer la sortie. Donc ça arrive tout bientôt pour les fêtes de fin d'année, pour vous-même ou pour vos collègues ou pour des étudiants qui préparent des certifications. Il y a tout ce qu'il faut. dans les livres que vous préparez par Bertrand. Demain, on arrivera à notre dernier épisode de la série où on parlera pratico-pratique, le lean du quotidien, comment on commence demain matin. Merci pour ton écoute. Tu veux du concret dans ta boîte mail ? Abonne-toi à Oser l'Efficacité, la news. Chaque semaine, tu reçois la synthèse des épisodes, les outils essentiels et un mini plan d'action pour te mettre en mouvement. Rendez-vous sur digetic.fr slash news n e w s. Le lien est dans la description. À très vite.