- Speaker #0
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiébaut, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Nouvelle semaine, nouvelle thématique. Chaque jour, du lundi au vendredi, on décortique un sujet en profondeur avec des doses courtes et actionnables de moins de 15 minutes. Bonne semaine et bonne écoute !
- Speaker #1
Nouvelle année, nouveau format pour oser l'efficacité. Chaque semaine, vous retrouverez une thématique décortiquée en 5 questions dans vos oreilles du lundi au vendredi. Et pour étreiner ce nouveau format, je reçois Catherine Le Clainche pour parler de transformation, et en particulier de transformation subie, comme c'est souvent le cas quand l'entreprise dont on fait partie évolue sans forcément prendre en compte notre avis. Catherine est consultante et coach sur les thématiques de la transformation, mais le mieux, c'est que je la laisse se présenter. Bonjour Catherine, je suis ravie de te recevoir. Je sais que le podcast est une première pour toi, alors, pas trop stressée ?
- Speaker #2
Non, ça va, je te remercie. Merci Perrine de m'accueillir sur ce podcast. Écoute, moi j'ai commencé ma… Enfin, j'ai fait à la base une école de commerce, j'ai intégré à la sortie de mon école de commerce un grand cabinet d'audit et de conseil. Voilà. qui est connu, il s'appelle PWC, dans lequel j'ai été formée, j'ai beaucoup grandi, j'ai été cooptée, associée. Et dans ce cadre-là, dans mes fonctions clients, j'ai mené et dirigé de nombreuses missions de conseil et de conseil en transformation avant de me mettre à mon compte, il y a de ça un peu plus de 10 ans, et de continuer finalement en freelance d'une manière un petit peu différente, à mener ces projets de transformation et accompagner des transitions. avant d'intégrer, en sortie de cette période de Covid, l'école de coaching d'HEC pour devenir coach certifié et accompagner les transformations peut-être de manière plus humaine que je ne pouvais le faire auparavant où j'étais plus centré sur la technique. Voilà, la technique et la gestion de projet.
- Speaker #1
Génial, merci. Alors, pour attaquer le sujet, est-ce que tu peux nous donner un peu de contexte ? C'est quoi une transformation, qu'elle soit subie ou choisie ?
- Speaker #2
Alors, une transformation, c'est une dynamique de mouvement, évidemment. Il y a des transitions choisies et il y a des transitions subies, ce qu'habituellement on appelle une transition choisie. Ça signifie que l'entreprise ou un individu, parce que les transitions, elles peuvent être collégiales en entreprise ou elles peuvent être individuelles, elles signifient que l'individu décide volontairement, résolument, de changer de poste, de métier, de trajectoire. Et cette décision, c'est souvent le fruit de sa propre réflexion personnelle, de son aspiration à évoluer, d'une quête de sens, d'une volonté de s'orienter vers un projet qui a du sens, en fait. Voilà, donc ça peut être changer d'entreprise, se reconvertir, quitter le salariat pour se lancer dans l'entrepreneuriat. Ça peut être prendre une année sabbatique et faire un voyage autour du monde pour souffler, réduire son temps de travail, voilà. Donc, c'est des changements qui sont, comme ils sont à l'initiative de l'entreprise ou de l'individu, évidemment, c'est des changements qui sont plutôt perçus comme positifs et qui sont motivés par un désir, en fait. Un désir d'atteindre des objectifs personnels ou des objectifs professionnels de performance. Dans la transition subie, ce n'est pas tout à fait la même chose. Évidemment, la transition subie, elle est imposée. Elle est imposée à l'entreprise ou elle est imposée aux individus. sans que, véritablement, les individus aient un contrôle sur ce changement. Donc, souvent, cela résulte de circonstances externes, indépendantes de la volonté des individus. Et pour parler des individus, on pourrait dire un licenciement économique, par exemple, qui peut vous toucher, la fermeture de son usine, une mutation qui n'est pas souhaitée, une mutation géographique qui n'est pas souhaitée, mais en quelque sorte vivement suggérée, on va dire comme ça, des contraintes de santé, la maladie qui peut imposer à moduler ses horaires de travail, voire changer totalement de métier, dans certains cas. Un accident de la vie, évidemment, qui peut là aussi, au plan professionnel, avoir de grosses répercussions. Un changement dans l'environnement familial qui peut avoir un deuil, par exemple le deuil de son conjoint, qui peut avoir des répercussions aussi sur son rythme de travail et la façon dont on exerçait son métier. Donc c'est plutôt ça qu'on appelle des transitions subies. Et comme elles sont souvent brutales, difficiles à accepter, c'est souvent perçu comme des ruptures. Il y a un vrai scénario de rupture et elle nécessite un effort particulier pour s'adapter, pour rebondir et peut-être pour retrouver une forme de stabilité. Voilà. Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question, Périne.
- Speaker #1
Si, c'est très clair. Et du coup, on est sur deux moteurs qui sont complètement opposés. C'est vrai que la transformation choisie, ça me parle particulièrement puisque le saut dans l'entrepreneuriat, je l'ai fait par choix. Personne ne m'a jamais mis le couteau sous la gorge. Mais du coup, comme on est sur la transformation dans les deux cas, mais complètement opposés, comment l'humain y réagit par rapport à ça ? C'est quoi les enjeux humains derrière la notion de transformation ?
- Speaker #2
Les enjeux humains de cette... Cette transformation, ça tourne autour de la capacité de résilience, de la capacité d'adaptation. C'est l'occasion de repenser des objectifs de carrière, de saisir des nouvelles opportunités ou pas dans un contexte difficile. Donc ça touche au contrôle de l'individu finalement sur certains changements. Ça touche aussi sa capacité à se préparer à des changements qui ne sont pas toujours choisis en fait. Et ces changements, ces transitions, c'est-à-dire ce mouvement qui va d'un passé connu, maîtrisé, vers un avenir qui est plus incertain, ce sont souvent des craintes. Il y a des peurs, alors il y a des peurs assez générales qui sont assez classiques, l'incertitude de l'avenir par exemple. Parce que dans les deux cas, même quand on choisit une transition, finalement le résultat n'est jamais totalement garanti.
- Speaker #1
Oui, c'est souvent le premier frein à ne pas aller vers la transformation parce qu'on a... peur même si on en a envie.
- Speaker #2
Exactement, exactement. Cette incertitude quant à l'avenir qui va évidemment bouleverser ou changer, modifier notre environnement de travail, nos relations professionnelles, nos missions professionnelles peuvent générer pas mal d'anxiété. Sur des mouvements de type passer par exemple du salariat à l'entrepreneuriat, ce que l'on rencontre c'est une peur de perdre une forme de sécurité. Évidemment le salariat offre une sécurité financière donc indirectement psychologique. Et finalement, le changement peut menacer cette stabilité et déclencher une peur, peur de manquer, peur de ne pas avoir suffisamment de revenus, peur de ne pas être capable de faire face finalement aux dépenses familiales. Donc tout ça se réactive à ce moment-là. Et puis il y a aussi le contrôle qui est touché, c'est-à-dire la peur de ne pas être à la hauteur dans le changement. Et ça, ce sont des peurs qui sont souvent mésestimées, mais qui sont pourtant réelles. Peur de ne pas pouvoir atteindre les nouveaux objectifs. Peur de s'être trompée dans le choix, donc dans le discernement même de la transition. Et puis après, il y a des peurs qui sont plus spécifiques, en quelque sorte, aux transitions ou aux transformations subies. Alors évidemment, dans les cas de licenciement, tu le comprendras bien, ou dans des restructurations un petit peu douloureuses, évidemment, il peut y avoir un sentiment d'échec, un sentiment de rejet. Ces décisions... qui s'imposent à nous peuvent toucher de plein fouet l'estime de soi et du coup générer après, avoir des impacts sur la confiance en l'autre, sur la confiance en l'avenir et encore une fois réactiver une forme de peur de ne pas être à la hauteur. Il y a aussi évidemment des questions de pression financière, une perte d'emploi entraîne immédiatement évidemment un stress qui est lié à la nécessité de rechercher de nouvelles sources de revenus. Quand ces transformations subies, donc typiquement par exemple un licenciement, touche des individus, il y a aussi parfois, et surtout quand les individus n'ont plus 20 ou 30 ans, une peur de l'obsolescence professionnelle. Est-ce que je vais encore être capable de me renouveler suffisamment ? Est-ce que j'ai les compétences aujourd'hui ? On est dans un monde qui bouge tellement vite. Est-ce que je vais être suffisamment compétent aujourd'hui pour me réadapter à un nouvel environnement de travail, à une nouvelle mission ? à de nouveaux systèmes d'information, à de nouvelles procédures avec lesquelles je ne suis pas du tout familiarisée. Donc tout ça, évidemment, touche les individus de plein fouet. Et puis, il y a des facteurs plus psychologiques qui rentrent en jeu, mais qui sont indirectement liés finalement à ces enjeux que je viens de décrire. La première, c'est la peur du jugement, du regard des autres. Changer, c'est toujours s'exposer au regard des autres. Et en particulier si on sent que les autres ne sont pas tout à fait... favorables à ce changement, s'il y a des réticences à ce changement, c'est-à-dire, mais si jamais je me suis trompée, si la transition devait échouer, qu'est-ce qui va se passer en fait ? Il y a souvent un syndrome de l'imposteur, notamment dans le cas où les transitions sont plutôt ascensionnelles, et là, c'est la peur de ne pas être à la hauteur du nouvel enjeu. Alors certes, il y a une forme d'excitation dans la transition, mais il y a aussi ce syndrome de l'imposteur bien connu qui réémerge en quelque sorte. Et puis, il y a la résistance au changement. Notre cerveau humain, il a toujours tendance à privilégier la sécurité, nos zones de confort. Et donc, quelque part, il refuse toujours un petit peu l'effort d'adaptation que requiert inévitablement toute transformation. Voilà.
- Speaker #1
Super. Et si tu avais un conseil à donner pour avoir moins peur, justement, la première chose à faire ?
- Speaker #2
Passer à l'action. Il n'y a que l'action qui permet véritablement de dépasser et de surmonter ses peurs. Passer à l'action.
- Speaker #1
J'adore l'idée, merci. Super. Bon, on va s'arrêter là pour aujourd'hui et on se retrouve demain. On abordera les bases de comment accompagner cette transformation.
- Speaker #2
Merci Perrine. À demain.