- Speaker #1
Le monde des petites entreprises est fascinant. C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité. Mais parfois, on manque de compétences clés pour aller plus loin. Tu le ressens aussi ? Alors ce podcast est fait pour toi. Je suis Perrine Thiébaud, consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils, méthodes et technologies pour gagner en efficacité. Seule ou avec mes invités, je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité. Alors, prêt à oser l'efficacité ? Dans l'épisode précédent, on parlait d'ancrer une culture managériale visuelle. Et une fois qu'on a bien défini ces procédés, qu'on a bien défini ce dont on a besoin, qu'on a des cultures visuelles qui roulent, on peut s'interroger sur le fait de digitaliser, d'aller apporter un peu de numérique là-dedans. Toujours dans le bon ordre des choses, ne pas numériser quelque chose qui n'est pas encore bien sec. Mais on peut commencer à se poser la question quand ça commence à rouler. Pour toi Matthieu, quels outils digitaux peuvent améliorer le management visuel sans... qu'on complexifie inutilement ? Parce qu'on a quand même parlé jusqu'à maintenant de garder les choses simples. Parfois, on rajoute des usines à gaz dans lesquelles on se perd. Sur quoi on se concentre pour que ce soit un gain de temps et soit plus facile aussi, sans se perdre ?
- Orateur #2
Alors ça, ça doit être une discussion. Alors, que vous soyez consultant, en tout cas, nous, je ne sais plus ça, en tant qu'ami des conseils, comment est-ce qu'on fonctionne ? Je pense qu'un lead manager, ça doit être la même chose. Quelqu'un qui drague ce projet-là, ça doit être la même chose. Il faut vraiment en parler au début à la direction. Quand vous créez la vision, finalement, à un moment donné, vous allez quand même vous poser la question s'il y a du travail hybride, par exemple. C'est-à-dire, oui, il y a des équipes décentralisées, mais les deux travaillent ensemble, il faut qu'elles se parlent. Par exemple, sur une usine, on ne le voit pas forcément, mais par exemple, sur des entreprises qui font de la sous-traitance de maintenance ou sur des assurances avec différents centres d'appel. sur des équipes, on va dire office, service, qui sont décentralisées et qui ont plusieurs centrales et dans lesquelles ces centrales se parlent, à un moment donné, le sujet de digitalisation va forcément tomber. On va dire non, non, attends, on ne va pas faire de la route pour aller se voir et parler derrière un tableau en scène de poutine, qui a du sens d'ailleurs. Donc, le sujet du digital doit se poser au tout début avec la direction, en disant OK, il y a le sujet un peu management, organisation, les AIC à mettre en place de manière technique. la mécanique qu'il doit y avoir derrière, mais aussi le sujet au-dessus de quel outil on choisit. Parce que bizarrement, il y a plein d'outils sur le marché, ils ont l'air tous bien, mais lequel va nous correspondre ? Donc, il faut vraiment prendre le temps d'établir un cahier des charges avec eux et de faire un peu le tour des services en parlant au manager, en leur disant, écoute, nous on utilise par exemple une grille d'interview, en leur disant, voilà un peu le système qu'on veut mettre en place. Si on mettait en place un outil digital, ce serait quoi un peu tes attentes ? Qu'est-ce que tu attends de cet outil ? Est-ce que tu as déjà vécu d'ailleurs des expériences avec d'autres outils où ça a bien marché ou pas marché ? Eh bien, oui, ça a bien marché avec un tel. Par contre, ça n'a pas marché avec un tel. Ça, ça ne fonctionnait pas très bien, peut-être au niveau de l'ergonomie ou au niveau de la gestion des plans d'action. Enfin, je n'en sais rien, il peut y avoir plein de sujets. Et le but, c'est de commencer avec toutes ces interviews-là à compiler un cahier des charges pour dire, bon, j'ai toutes ces fonctions-là qui m'ont été un peu énoncées dans mes interviews. Ensuite, avec un groupe de travail, je vais élaguer parce que je ne vais pas me faire une fausse promesse, comme tu dis. Faire une usine à gaz en ne mettant en place toutes les fonctions, c'est de se dire nous qu'est-ce qu'on veut de manière prioritaire. C'est vraiment ce qui va définir le choix de notre outil. Ensuite, qu'est-ce qui peut être un bon complément ? Il faut vraiment casser les deux. Il faut dire on a des fonctions principales et on a des fonctions secondaires. Les fonctions principales, ce sont des choses qui ne doivent pas être supprimées ou simplifiées. Les fonctions secondaires, ce sont des compléments, ce sont des choses en plus. C'est ça, il faut vraiment faire ce travail de cahier des charges.
- Speaker #1
J'ai tendance à dire que finalement, choisir un outil numérique, c'est un peu comme de faire un recrutement. On doit avoir des critères sur lesquels on ne peut pas déroger et puis des bons compléments. Mais en fait, le fait de le formaliser, ça va nous permettre de faire un choix raisonné. Parce que le souci, si on ne fait pas cet effort-là avant, c'est que l'émotionnel peut prendre le pas. Et on se retrouve face à un commerciaux qui est... très très bon, qui vend super bien son outil et peut-être que son outil est très bon, c'est pas le souci on remet pas en question l'outil mais il peut ne pas être adapté, c'est pas le bon fit pour la société à ce moment-là et on se retrouve avec un outil qui n'est pas adapté alors que si on avait eu un cahier des charges qui est précis et qui avait cette liste de fonctionnalités sur laquelle on ne pouvait pas déroger, on avait cette grille de notation qui après permettait de pondérer en fonction des fonctionnalités additionnelles qu'on était prêt à avoir, effectivement on aurait pu prendre la décision en connaissance de cause.
- Orateur #2
C'est pour ça, nous, on n'est pas maquillé avec des outils en particulier. Je sais que certains cabinets le font et il y a un avantage, c'est que d'un côté, je pense qu'ils peuvent être formés toute l'année, invités, etc. et mis à jour très rapidement parce qu'ils vont avoir la formation en direct. de la part de l'éditeur. Nous, on n'a pas fait ce choix-là, on a fait le choix de se maquer avec personne. Alors certes, on s'entend bien plus avec certains que d'autres, comme dans toute relation finalement un peu pro et de réseau, mais le but, c'est qu'on ne se maque pas avec quelqu'un parce qu'on se rend vite compte que même sur un sujet de management visuel digital, finalement, entre chaque client, ils n'ont pas tous le même besoin non plus et tous la même vision de l'outil qu'ils veulent avoir. Certains veulent avoir un truc qui est ultra personnalisé, d'autres veulent quelque chose d'un peu… plus robuste et standardisée, quitte à faire quelques concessions. C'est vraiment deux cultures différentes, deux besoins clients différents en fonction de ce qu'attend aussi la direction, le chef de projet, les équipes. C'est quelque chose où il faut vraiment faire le tour d'horizon. Ce n'est pas parce qu'on a vu cet outil super sexy qui nous plaît, foncer tête baissée. Peut-être que ce sera le bon. Il faut vraiment prendre le temps de faire le 360 et ensuite de choisir le bon.
- Speaker #1
Tel que tu dis le cri, ça me fait le parallèle avec le choix de sa robe de mariée. Rien à voir, mais c'est un peu ça. La robe qu'on a repérée sur le catalogue, ce n'est pas forcément celle qui tira le jour J. Je ne sais pas pourquoi ça me fait penser à ça.
- Orateur #2
Je ne me marie pas encore et en plus, je ne mets pas de robe de mariée. Je veux bien te croire.
- Speaker #1
Je sais, ça te parle encore. Mais oui, l'idée, c'est un peu ça. C'est de dire qu'on met beaucoup d'espoir dans quelque chose qu'on a vu, qui nous paraissait très beau sur le papier et qui n'est pas forcément ce qu'il nous faut. Moi, je trouve ça très bien, les cabinets qui se maquent avec des éditeurs, parce que comme tu l'as dit, ils sont formés toute l'année, ils sont très bons sur ce logiciel-là. Par contre, en contrepartie, je trouve qu'il faut être capable de dire quand on ne sait pas faire. Tu maîtrises très bien ton outil, tu dois pouvoir être capable, en conseil, de se dire, là, aujourd'hui, je pense que l'outil que je défends d'habitude n'est pas le bon pour vous. Et ça, ce n'est pas toujours évident à faire.
- Orateur #2
Et bon. C'est le biais du consultant aussi, et tout cabinet de conseil, nous comme d'autres, c'est de dire qu'on n'aime pas dire qu'on ne sait pas faire. Un consultant ne doit pas savoir dire qu'on ne sait pas faire, ça doit toujours trouver une solution finalement. Et c'est pour ça, nous on préfère ne pas être expert d'un outil, parce qu'on n'est pas intégrateur, on est vraiment sur cette position qu'on appelle de MOA, d'animateur de projet, pas facilitateur parce qu'on va vraiment rentrer dans la technique, on va essayer de challenger les éditeurs et les intégrateurs, parce qu'on comprend leur langage. Mais par contre, c'est de dire qu'on connaît ces éditeurs-là, mais on connaît aussi leurs intégrateurs. Et nous, le but, c'est que tout le monde fonctionne ensemble, clients compris, et nous, on est plus là pour driver, faire avancer les choses, challenger les choses et donner la bonne info aux clients. C'est très bien, un intégrateur, en général, il va raconter ce qu'il a envie de raconter, forcément. Et le client ne comprend peut-être pas, il n'arrive peut-être pas forcément à se parler de manière technique. Nous, elle est plus là, donc on va leur ajouter. C'est très dur pour le client de manière simple. que les devs ne sont jamais très simples à comprendre, et de l'autre côté, de traduire le métier client aux devs, parce que des fois, ce n'est jamais très simple non plus, dans notre sens, de comprendre réellement les attentes.
- Speaker #1
C'est la position que je défends aussi, c'est qu'effectivement, entre un intégrateur logiciel et un client, souvent, on ne parle pas le même langage. D'un côté, on ne parle pas techno, de l'autre, on ne parle pas forcément le métier. Je suis assez épatée par certains logiciels que j'ai pu voir, pas tous, heureusement, mais qui répondent à un besoin terrain. sans réellement comprendre le besoin terrain. Disons que ceux qui ont conceptualisé le logiciel au départ l'avaient, mais l'ensemble des équipes, ce n'est pas forcément le cas. Et du coup, c'est super compliqué pour les clients de s'y retrouver. C'est un peu dommage. Parce que des fois, tu as des pépites, mais qui sont un peu cachées. Mais oui, tu disais tout à l'heure, quand tu es consultante, tu n'aimes pas dire non. Je pense que même quand tu es maquée avec un logiciel et que tu reconnais que ce n'est pas forcément ce que tu sais faire, ça ne veut pas dire que tu ne connais pas quelqu'un qui sait faire. Enfin, non, non. on en parlait au début, mais c'est la force du réseau, c'est de pouvoir renvoyer vers les bonnes personnes, de travailler ensemble et de ne pas se replier sur soi en se confortant sur le fait qu'on sache faire quelque chose et que si on donne du business à des partenaires ou même à des concurrents, on n'aura plus de business pour soi. Non, c'est juste qu'il y a un équilibre à trouver.
- Orateur #2
Oui,c'est ça. On sait trouver nos limites en disant qu'on ne prend pas tout comme projet non plus parce que quand on veut tout faire, on ne fait rien et on n'est expert de rien. Mais par contre, c'est dire qu'on connaît un tel. Et on a confiance en lui parce qu'on l'a déjà testé ou quoi sur d'autres projets. Et on peut vous mettre en contact. C'est comme ça, en fait, qu'on veut fonctionner et qui est bien perçu finalement chez le client parce qu'au moins, on lui donne une réponse. Et il ne reste pas sur sa faim en lui disant, non, ce n'est pas possible chez nous.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des conseils, des grandes lignes directrices pour bien choisir son outil digital ?
- Orateur #2
Oui, je pense qu'il y en a deux. Comme ça, si je te le dis à chaud et de tête. La première, en fait, c'est vraiment sur la partie technique. C'est sur le cahier des charges. Il faut... que vous soyez structuré au niveau de vos cahiers des charges et que vous les présentiez à un maximum de solutions. Je sais, des fois, vous avez déjà un peu votre idée en tête sur les solutions. Laissez-vous surprendre. Parce que vous pouvez être surpris. De toute façon, envoyer un mail avec le cahier des charges et une solution, ce n'est pas cher payé. Déjà, vous verrez en fait sa réactivité. Parce que des fois, on les relance 3 fois, 4 fois. Donc, tu comprends vite que déjà, juste, parce qu'on va quand même leur filer du business à ces gens-là et qu'ils sont compliqués à lancer, vous allez vite comprendre aussi qu'à un moment donné, dans le projet, ça ne va pas être si simple que ça de faire avancer les actions, de faire avancer le projet. Si déjà, ils sont lents commercialement, ça veut dire que... De l'autre côté, dans l'intégration, même si ce n'est pas les mêmes personnes, je pense de la boîte générale, c'est que ça va être compliqué pour eux.
- Speaker #1
En tout cas, ça ne donne pas une bonne image.
- Orateur #2
Ensuite, il y a un peu aussi le feeling que vous avez avec la personne, même au niveau commercial. S'ils sont très bons commercialement, c'est de comprendre que derrière, ils peuvent être structurés sur tout leur process. Moi, le pire des trucs, des fois, je me dis, mais les commerciaux, ils n'ont pas été formés ou on leur a mal expliqué les choses, mais ils ne me donnent pas du tout de visibilité sur… le processus commercial qu'ils vont avoir ou quoi, ça me donne déjà une puce à l'oeil en me disant « ça me fait peur pour les opérations » . Même si la solution paraît bien, finalement, l'outil, c'est qu'une partie du succès. Le succès, c'est comment est-ce que le projet va être amené et comment est-ce qu'on va le faire ensemble. Et ça, c'est aussi une question de feeling avec la personne. Si on s'entend plus ou moins bien, s'il est plus ou moins ouvert aussi à nous partager de l'information, tout de suite, s'il commence, ça nous est déjà arrivé, des solutions, il nous envoie certaines mises à jour qui vont sortir dans un mois. en nous mettant en copie un NDA de confidentialité, en disant, si vous signez ça, on vous enverra la mise à jour et on va vous envoyer ce qu'on va faire dans un mois. On comprend vite que nous, on est très ouverts dans le partage de contenu et tout quand même. On se dit, on n'est pas du tout dans la même mentalité. Très bien, peut-être que vous fonctionnerez mieux avec d'autres cabinets, mais en tout cas, nous, ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. C'est sur la confiance. De toute façon, si la confiance est trahie une fois, après, on ne se rappellera plus. Donc, le but, ce n'est pas de trahir cette confiance-là non plus. tout cet aspect humain aussi à prendre en compte, au-delà de la partie technique.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Le point auquel je pensais aussi, c'est la capacité de l'outil à bien s'intégrer dans l'écosystème du client, parce qu'on n'a pas envie de lui imposer quelque chose ou de lui ressaisir des données. Moi, c'est mon grand cheval de bataille, on saisit une donnée une fois et ensuite elle transite dans tout le système dans la mesure du possible. Si l'outil peut communiquer avec votre MES, votre ERP, c'est mieux.
- Orateur #2
Ça, c'est sûr. Sur la partie intégration, C'est-à-dire toute la partie gestion des données, dans l'architecture IT, comment est-ce que l'outil va se présenter et va s'intégrer. C'est un sujet parce que déjà, ça va être de l'énergie à faire. C'est aussi des risques, même. Au-delà de cyber, ça va être des risques techniques, en termes d'outils qui vont à un moment décrocher, buguer, ou il y a certaines infos qui ne vont pas passer. Et dans le choix de l'outil, c'est juste de se poser la question, peut-être que l'outil est moins performant d'un côté, mais bon, il s'intègre mieux. On va moins se prendre la tête quand même sur la partie intégration. Et ça ne sert à rien de se faire de fausses promesses dans « oui, oui, l'intégration, on va bien la faire, on est les meilleurs et finalement, on va aller jusqu'au bout. » Et en fait, on se rend compte que dans ce mois, il n'y a rien qu'à avancer parce que certes, l'outil est peut-être sympa, mais dans votre architecture aujourd'hui, il s'intègre très mal. Donc, il faut choisir autre chose. Il faut trouver un compromis. Tu vois, sujet très drôle parce que j'ai eu la discussion en début de semaine avec un industriel qui cherche un outil. une solution IA pour faire de la détection de défauts dans le textile. Donc ça existe bien, il y a pas mal de solutions qui font ça. Et il me demandait un peu mon avis sur les différentes solutions, ce que je connaissais et tout. Je lui ai dit, tu vois, il y en a une que nous on aime bien, enfin en tout cas on a déjà bossé avec eux, ils fonctionnent plutôt bien, je peux te mettre en relation avec eux et même avec d'autres. Et je lui ai dit, mais en fait, aujourd'hui dans votre architecture, comment vous fonctionnez et tout, et en fait en creusant, je me rends compte qu'ils utilisent déjà une solution. plutôt sur la partie d'optimisation de découpe de tissus textiles. Et en fait, la solution vient de sortir aussi un module de détection des défauts qualité avec l'intelligence artificielle. Certes, ils sont peut-être un peu moins matures, un peu moins performants, puisque je lui disais, c'est ne te prends pas la tête et essaie de rajouter pour un outil. Déjà, essaie de challenger la solution que tu as aujourd'hui en leur disant comment est-ce que ça fonctionne, votre IA qualité pour mon besoin. Est-ce que je peux avoir un test ? Est-ce que je peux tester ? Est-ce qu'on peut tester ensemble ? Allant de vouloir remettre une couche digitale d'outils dans ton architecture et de compléter une usine à gaz qui est déjà assez conséquente aujourd'hui.
- Speaker #1
Le nombre de fois où je me suis retrouvée dans des contextes où il y avait un outil qui était implémenté mais où l'implémentation avait été faite soit en interne, pas forcément chapeautée par l'éditeur, pas de consulting, rien du tout, et où finalement les personnes veulent changer d'outil parce que... Ça fait pas ce qu'on veut. Mais t'es sûr que ça fait pas ce que tu veux en fait ? En fait, je pense que juste, tu ne sais pas ce qu'il fait l'outil. Et peut-être la première chose, c'est d'aller voir qu'est-ce qu'il peut faire, comment il peut te rendre service, comment on fait matcher ton besoin avec. Parce que changer d'outil, ce sera forcément un chantier qui est plus long. Peut-être qu'il n'y aura pas le choix, peut-être que tu as raison. Mais si tu n'as jamais fait l'effort d'aller voir ce qu'il peut t'offrir, tu risques de passer à côté d'une pépite en fait.
- Orateur #2
C'est sûr, je pense. En plus, on est honnête, les industriels n'ont pas forcément une culture digitale très développée non plus. Quand on sort d'école ou quand on sort de quelques années d'expérience dans le milieu de l'industrie, en tant que chef d'équipe, en tant que responsable de production, des choses comme ça, on n'est pas les personnes qui soient très tech dans l'ADN. Ou alors, j'ai déjà vu des pépites, des gens qui ont plus cette sensibilité-là. Et en faisant une généralité, on n'est pas les plus tech. Donc forcément, si on commence à se dire qu'il nous faut un nouvel outil, juste posez-vous la question, essayez de les contacter, de voir avec eux… S'ils le font déjà, ça vous fera gagner du temps et puis vous prendrez un peu de recul sur la solution que vous avez aujourd'hui. Parce que si ça se trouve, il faut juste choisir une deux en un, une autre. Donc prenez le temps de regarder ce qui existe. C'est des commerciaux, envoyez un mail à un moment donné, ils vont forcément vous répondre et ils ont envie de vendre. Donc ils répondront à vos questions normalement. Et s'ils n'y répondent pas, déjà ça va vous mettre la puce à l'oreille comme quoi peut-être qu'ils ne sont pas si ouverts que ça et l'intégration va être compliquée avec eux.
- Speaker #1
On en revient finalement à tes pires souvenirs liés au numérique. C'est que quelque part, des fois, ces outils-là qu'ils n'ont pas exploités, c'est des résultants de projets qui se sont mal passés. Et du coup, ils n'ont pas forcément envie de leur laisser une deuxième chance. Donc, c'est là où ça peut être un peu dommage.
- Orateur #2
Non, c'est clair. C'est clair.
- Speaker #1
Pour clôturer, est-ce que tu as des solutions digitales que tu préconises, des choses qui marchent bien ?
- Orateur #2
Il y a plusieurs solutions qui existent aujourd'hui sur le marché. Je peux vous en citer quelques-unes. De toute façon, même si, par exemple, vous êtes curieux ou curieuse, vous regardez sur notre site Internet, on les a tous cartographiés, ce qui existe, l'écosystème des solutions de management digital, parce qu'on n'aime pas être maqué avec quelqu'un, même si on a des bonnes relations avec certaines solutions, ce qui est très bien, parce que derrière, ça déclenche des sujets un peu plus rapides, etc. Mais on essaie vraiment d'avoir cette vision globale. Les grosses solutions que vous allez retrouver, vous en allez retrouver plusieurs. Vous allez retrouver Pinkflow, qui sont basées à Lille. Vous allez retrouver Fabric. sur Paris. Et vous allez retrouver aussi toute la partie, on va dire, d'iObeya. Donc, c'est un peu les précurseurs dans le management visuel digital, en tout cas, la solution digitale. Fabric et Pinkflow s'en reviendront un peu après, mais ont aussi rattrapé le tir, en fait, dans leur croissance. Les trois, ce qu'on pense aujourd'hui, on va dire, dans ces grosses et les top players de solutions de management visuel et digital. Prenez le temps de discuter avec eux parce qu'ils ont aussi leurs différences. Ce n'est pas parce que c'est une solution de management digital avec des tableaux de bord, des plans d'action, ils ont même des modules pour certains de tour de terrain, etc. Même si dans l'appellation, ça paraît être les mêmes, c'est comme par exemple un ERP, c'est jamais les mêmes. Du coup, c'est intéressant aussi de comprendre comment chacun fonctionne et finalement, quelle est leur solution et s'ils sont très standardisés, s'ils sont dans l'ultra-personnalisation, parce que certains sont dans l'ultra-personnalisation, tandis que d'autres poussent plus la robustesse et la standardisation. Et en fonction de votre métier aussi, si vous n'êtes pas de l'usine, et que vous êtes dans les assurances, je pense qu'il y a certaines solutions qui sont plus adeptes que d'autres. Ça, il faut prendre le temps de mapper tout ça. En gros, c'est les top players. Puis après, il va y avoir un peu d'autres solutions qui vont arriver un peu en amont, mais qui commencent à décoller aussi. Par exemple, il y a Ubiquen, qui est basé du côté de Compiègne, qui a été racheté il n'y a pas longtemps. Voilà. Et je pourrais regarder même sur notre site en essayant de lister un peu tout le monde. OK.
- Speaker #1
J'avais une dernière petite question à te poser sur le sujet. Comment tu arbitres entre un affichage physique et un affichage digital ?
- Orateur #2
Il y a plusieurs choses. Si vous voulez passer digital, des fois, on ne peut pas avoir ce step, ces marches-là de « j'ai rien, je passe au papier, puis je passe au digital » . Des fois, vous n'avez rien et vous devez passer au digital parce que les équipes sont toutes en distanciel, parce que vous devez mutualiser plusieurs sites entre eux. Il va y avoir des tableaux de bord un peu croisés. Par exemple, sur des fonctions R&D ou même dans de la construction, des fois, vous êtes… forcément passer par du digital parce que le fait est que les gens ne vont pas tous être au même endroit, donc vous n'avez pas le choix. Il y a une chose aussi, c'est au niveau de la remontée des données. Et je l'entends, par exemple, quand c'est uniquement papier, c'est pour ça que nous, on aime de plus en plus pousser le digital. Quand c'est uniquement papier, ce n'est pas le plus top de remonter les indicateurs à la main, il faut aller les chercher dans ces systèmes d'infos, que ce soit ERP, MES, Excel, ou bien aller compter, ça peut arriver. Donc de se dire à un moment donné j'ai une solution digitale qui est connectée à mes différents systèmes d'information, on parlait d'architecture c'est ça, qui est connectée à mes différents systèmes d'information et qui remonte directement à la donnée et je veux ça à tout prix. Bon, il va falloir passer sur le digital. C'est une question de coût aussi. Qui dit digital, dit qu'il y a un coût CAPEX, il y a un coût OPEX. C'est-à-dire qu'il y a un coût de lancement, d'intégration de la solution. Même si ce n'est pas un ERP, il va y avoir un petit coût quand même de développement, si vous voulez du personnalisé, de formation, parce qu'il va falloir qu'il y ait quand même des key users dans la boîte. Donc, il y a tout ce package, on va dire, de lancement qui est à prendre en compte. Puis après, il y a la partie, on va dire, récurrente d'abonnement. Parce que souvent, c'est des solutions... ça fonctionne sous forme d'abonnement qu'il va falloir prendre en compte pour des grosses boîtes et encore des fois les grosses boîtes challenge aussi ce qui est normal, ça peut passer ce type de solution digitale et quand on atterrit dans une petite PME de 30 personnes où ils se posent la question de comment est-ce qu'ils peuvent être plus matures industriellement, mettre en place ce type de pratique si on commence à leur pousser directement pour cette PME des tableaux de bord digitalisés à 10 000 euros par an Je dis 10 000 euros, ça dépend. Franchement, je vous ai donné un chiffre très rond, mais c'est pour un peu grossir le trait. Ça va tout de suite leur faire peur là-dessus. Ils n'en ont pas forcément besoin. Il faut juste passer papier pour le moment. Peut-être qu'un jour, soit par des financements, soit parce qu'ils en trouvent vraiment l'intérêt, ils ont envie d'être une vitrine, une usine du futur. Même en tant que PME, de faire cette démarche-là, qui est très bien. Ils ont envie d'investir, qui est très bien. Et pour ce type de boîte qui n'a pas forcément des budgets colossaux non plus, le papier, ça suffit. Il ne faut pas se faire de fausses promesses en disant « je vais leur fourguer un truc qui coûte une blinde » et en fait, ils ne font pas tellement en mesure à l'EROI non plus.
- Speaker #1
Ok, super. On a tout ce qu'il faut pour faire passer notre management visuel à l'ère de l'industrie 4.0. Dans le dernier épisode, on s'intéressera à comment mesurer l'impact de notre management visuel et l'améliorer en continu.