Si Pierre Van der Meulen a tenu son serment dans l’épisode précédent en écrivant son Apocalypse dans l’Antéchrist et le potier (1947), évoquant la destruction totale du monde submergé par un nouveau déluge, nombreux sont les écrivains à avoir promis de même sans oser aller jusqu’au bout de la Révélation.
Et pour cause, la plupart de ces écrivains, romanciers, dramaturges, ont mis en scène un personnage qui a réellement existé (contrairement à Van der Meulen) ; un prophète devenu faux-prophète, un Messie transformé en apostat, une mystique frappée de luxure, en somme un prédicateur, un chantre de la fausse parole.
Si cet épisode commence avec Le troupeau galeux d’André Thérive (dont la présence demeure tout au long du podcast), chronique véritable d’Antoinette Bourignon, il tente surtout de dresser un vaste panorama de l’Europe des faux-prophètes en littérature. France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Hongrie, Espagne, Pologne… autant de pays dans la boue desquels on peut encore déchiffrer les mots d’une parole viciée.
André Thérive donc, mais aussi Isaac Bashevis Singer, Dmitri Merejkowski, Max Brod, Gabriel d’Aubarède, Roger Bésus, Armand Salacrou… Antoinette Bourignon, Sabbataï Zevi, le tsar Pierre 1er, David Rubeni, Thomas Münzer et Jean de Leyde, Jérôme Savonarole…
Tous chantres de la Nouvelle Jérusalem, de l’anabaptisme, du Triple Antéchrist, du messianisme juif, tous figures historiques et bientôt littéraires, mis en scène de multiples manières, entre roman historique, pièces de théâtre, roman d’apprentissage, chronique, roman expressionniste, jusqu’aux réflexions finales qui concluent cette « épopée transcendante » du Verbe.
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