- Speaker #0
Bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on a un nouvel épisode de podcast et on va parler cycle menstruel avec Gaëlle qui va se présenter. C'est ce qu'on appelle Gaëlle.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Bonjour Astrid, bonjour à toutes et à tous qui nous écoutez. Donc je suis Gaëlle Baldassari, je suis la créatrice de Kif ton cycle. KifTan Cycle, on a pour but de faire de la médiation scientifique au sujet du cycle menstruel, c'est-à-dire permettre à un maximum de personnes de comprendre ce qui se passe et de transmettre des informations qui sont scientifiquement exactes et qui permettent d'aller vers le mieux-être menstruel.
- Speaker #0
C'est très intéressant. Toi, tu as une formation spécifique ou tu as appris sur le tas ?
- Speaker #1
Moi, je suis complètement autodidacte parce que tout simplement, quand j'ai décidé de me lancer, ça n'existait pas. on a créé la première formation d'éducatrice menstruelle mais il fallait bien qu'il y ait une première et donc effectivement ça n'existait pas et donc j'ai commencé par faire des recherches directement en contactant les scientifiques, les médecins en lisant les livres de médecine, les études scientifiques qui existaient et ça a été un très long travail de recherche personnelle pour réussir à ça. Alors j'avais une toute petite baisse scientifique universitaire puisque j'avais commencé mes études en biologie juste après le bac Merci. Mais je m'étais arrêtée bien vite pour travailler pendant 15 ans dans la banque. Donc, rien à voir.
- Speaker #0
D'accord. Donc, du coup, tu as repris, entre guillemets, le domaine qui t'était cher et encore plus, du coup, au niveau des cycles menstruels. C'est vrai que tu as raison. Il n'y a pas beaucoup de personnes et d'organismes qui donnent des détails là-dessus. Et c'est vrai qu'en tant que femme, on manque parfois d'informations et on vit un peu les cycles en voyant tous les chamboulements, mais sans vraiment non plus les saisir complètement.
- Speaker #1
Complètement. c'est malheureux de se dire le nombre de femmes qui me disent ah mais grâce à toi je découvre ça mais j'ai 47 ans j'ai bientôt terminé et oui c'est la réalité après on oeuvre pour les générations futures aussi exactement après ça permet aussi de transmettre et puis de
- Speaker #0
faire que ça aille mieux derrière quoi c'est aussi le but tout à fait d'accord donc quand je t'ai demandé un peu au niveau du fil d'Ariane que t'avais dans ce genre d'intervention tu m'as parlé du coup des quatre phases du cycle, etc. Je suppose qu'on va commencer par là, du coup.
- Speaker #1
Ah, ça, c'est complètement possible parce que ça fait partie des bases, en fait, on va dire. Donc, avec grand plaisir. Tu veux que je te les présente un petit peu ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Ok.
- Speaker #1
Moi, j'ai une métaphore pour présenter le cycle menstruel. Je trouve qu'elle marche plutôt bien. Moi, je suis bretonne. C'est vrai que je ne vous l'ai pas dit. Je suis basée en Bretagne. Et je trouve que le cycle menstruel, il fonctionne exactement comme les vagues. tu vois à chaque vague succède une autre vague succède une autre vague parfois il y a des toutes petites vagues parfois il y a des énormes vagues parfois on se prend un tsunami dans la tête et je trouve que c'est assez parlant par rapport à ce qu'on peut vivre et je me suis rendu compte que la société nous proposait assez classiquement de se prendre la vague dans la tête et il y a celles qui ont la chance d'avoir une toute petite vague celles qui se prennent une énorme vague dans la tête et qui se retrouvent tournées boulées et qui ne savent pas qu'en faire et en fait je me suis rendu compte qu'il y avait une autre possibilité que se prendre la vague dans la tête sans rien dire. Alors, il y en a une deuxième qui nous est proposée d'ailleurs par la société qui consiste à prendre la pilule pour arrêter les vagues. Tu vois, c'est vraiment ça l'idée.
- Speaker #0
Oui, c'est un peu l'art qui cache la forêt. Voilà.
- Speaker #1
Et du coup, moi, je me suis rendue compte qu'il y avait une troisième option à ça qui était d'apprendre à surfer son cycle menstruel, surfer ces vagues-là, ces vagues hormonales. Et je me suis rendue compte que c'est complètement fou, mais quand on fait une session de surf, on passe par les mêmes étapes que quand on... On passe par les étapes d'un cycle menstruel. Donc, ça m'a permis d'élaborer une métaphore que je vais te présenter tout de suite et j'espère qu'elle va vous parler. Le cycle menstruel, il fonctionne comme une session de surf. Donc, on commence le cycle menstruel, on est posé sur notre planche, c'est les règles. Au niveau hormonal, tout est au plus bas, tout est descendu en fait. Ce qui a déclenché les règles, c'est une chute hormonale. Et donc là, c'est le moment où on est tranquille, posé sur notre planche, on a envie de se reposer, de se ressourcer. C'est un moment intéressant pour faire le bilan sur ce qui s'est passé sur le cycle d'avant, comme sur la session de surf précédente, comment ça s'est passé, qu'est-ce qui m'est arrivé, tout ça. Et puis, c'est avant tout un moment de ressourcement, parce que je suis posée sur ma planche et c'est la période des règles. Et puis ensuite, je sens l'énergie qui remonte et quand l'énergie remonte, je vois la vague qui arrive tout au fond derrière moi. Et là, pour le coup, j'ai envie de me mettre à ramer. Et ça, ce qui se passe, c'est que dans notre cycle menstruel, c'est les oestrogènes qui commencent à monter tranquillement. Et quand les oestrogènes montent, ils fonctionnent un petit peu comme la pédale d'accélérateur du corps. Et donc, ils nous mettent en mouvement. Et donc là, on sent l'énergie qui monte. Et nous, au niveau de la phase, on se met en prise d'élan, tu vois, dans cette fonction. Moi, j'aime bien dire en prise d'élan, on ressemble un petit peu à Shiva avec des bras un peu partout autour de nous. On va à toute vitesse. Boum, boum, boum.
- Speaker #0
Je ne sais pas de quelle part tu parles. Ça me parle tellement.
- Speaker #1
Ça te parle ? Voilà.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc, ça, c'est la prise d'élan parce qu'on a cette remontée des oestrogènes qui nous appuie petit à petit et de plus en plus vite sur la pédale d'accélérateur du corps et qui nous met en mouvement. et puis à un moment on sent que la vague nous porte et ça c'est la période de l'ovulation on sent que la vague nous porte et on va pouvoir se mettre debout sur notre planche, on n'a plus besoin de s'agiter dans tous les sens, là on va plus nourrir les relations, l'interaction, on a envie de faire des bons petits plats, on a envie de faire plaisir, on a envie de dire coucou à des copines qu'on n'a pas vues depuis longtemps, enfin tu vois, ce moment un peu où on a envie d'être en lien avec le monde et nourrir les relations. Et bien ça c'est la période de l'ovulation, et ce qui se passe quand on est debout sur notre planche au niveau hormonal, c'est qu'on a ce boost d'oestrogène qui se termine, c'est vraiment le gros pic d'oestrogène mais en plus on va avoir un petit petit pic de testostérone. La testostérone, on croit souvent que c'est l'hormone des hommes, mais pas du tout, on en a nous aussi. Mais on a un petit boost à ce moment-là, et ce boost-là va nous faire tomber un peu les barrières sociales et nous donner envie d'aller vers les gens, en fait. Donc, juste avant, dans la prise d'élan, j'étais plus dans l'action. Là, boum, j'ai envie d'aller vers les gens, je suis debout sur ma planche, je rayonne, je me sens belle, voilà. Et puis, ensuite, l'ovulation est passée et je vais descendre dans le tube de la vague. Le tube de la vague, c'est aussi ce qu'on appelle la face prémenstrue. ou la phase luthéale, c'est la période où, en plus des oestrogènes qui sont présents, vont nous rejoindre la progestérone. La progestérone, c'est une hormone calmante, apaisante, anxiolytique. Elle est souvent décrite comme négative et pas du tout. C'est vraiment une hormone hyper sympa, mais elle va nous amener à nous ramener plutôt dans notre grotte. Tu vois, je suis dans le tube de la vague. Je vois moins les copains, les copines. Je suis plus avec moi, entourée par l'eau. Je vois moins le soleil aussi. Et je vois le dessous des choses. Je suis dans le tuto avec, je suis dans le tréfonds des choses. Donc, je vois le dessous des choses. Et c'est une période où je vais être invitée à regarder ce qui ne va pas dans ma vie. Donc, je vais commencer à critiquer les choses. Je vais voir ce qui ne me convient pas, tu vois. Mais c'est génial de voir ce qui ne va pas parce que c'est quand même le meilleur moyen d'avoir une vie qui nous ressemble. Mais voilà, c'est une période qui va venir challenger. Et ce qui est intéressant, c'est que si on considère que les oestrogènes, c'est la pédale d'accélérateur du corps, la progestérone, c'est la pédale de frein. Et ce qui va se passer dans ce tube de la vague, c'est qu'on va avoir des oestrogènes et on va avoir de la progestérone. Et les hormones, je ne sais pas si tu le sais Astrid, elles sont pulsatiles, c'est-à-dire qu'elles sont données par type pulsation dans notre corps.
- Speaker #0
D'accord, non, je ne sais pas du tout.
- Speaker #1
Et donc là, tu imagines, tu es au volant de ta voiture ou sur ta planche de surf et d'un seul coup, tu as fait frein, accélérateur, frein, accélérateur. Et bien, c'est ça qu'on vit dans le tube de la vague. Et donc, ce qui se passe, c'est qu'à un moment, j'ai plein d'énergie et puis la seconde d'après, j'ai juste envie d'être sous ma couille. être en train de rien faire. Et du coup, je suis un peu imprévisible. L'après-midi, je dis oui pour sortir. Et le soir, j'ai juste envie d'avoir mon gros pot de glace et de surtout pas bouger. Ça, c'est le tube de la vague. Donc, on a un regard un peu plus négatif. On n'a pas le soleil qui nous arrive. Et puis, on a cette alternance un petit peu j'ai plein d'énergie, mais en fait, j'en ai pas. Je veux voir du monde, mais en fait, j'ai pas envie. Et c'est une période très ambivalente. et qui peut remuer pas mal. Et ce qui est génial, c'est que du coup, c'est un cycle. Et donc, après cette période-là, d'un seul coup, les hormones vont s'effondrer et je vais pouvoir aller me poser sur ma planche. Et je vais pouvoir me ressourcer. Alors, ce qui est génial quand on découvre cette métaphore et ce processus, c'est qu'en fait, on a un chef de projet génial à l'intérieur de nous parce que je me ressource, je fais les plans, je me mets en action, je communique et j'interagis avec le monde, puis je regarde tout ce qui ne va pas. Et de nouveau, je me ressource, je refais les plans, je me remets en action. Tu vois ?
- Speaker #0
C'est vrai que c'est très bien fait. Moi, je sais que j'ai longtemps été dans l'inconnaissance des cycles menstruels et j'avais cette tendance à croire que c'était vraiment des menstrues, qu'on était au pire de son mois, tu vois. Et quand j'ai commencé à côtoyer d'autres femmes autour de la trentaine, je me suis rendue compte qu'en fait, le cycle prémenstruel, C'était peut-être le moment du mois où, en fait, on est, comme tu dis, j'ai envie d'être sous ma couette et laisser moi tranquille, peut-être le plus à fleur de peau. Tu sais, comme si vraiment, on sent qu'à ce moment-là, ça freine, ça va et ça descend en même temps et tu perds un peu l'énergie et envie de tout faire. Et en fait, j'ai en tout cas l'impression, en tant que femme qui a eu cet été reçu, comme quoi, ah, t'es dans ta nouvelle période du mois, alors que c'est pas forcément celle qu'on croit finalement à la période qui est la pire du mois.
- Speaker #1
ah oui moi j'aime beaucoup dire ça quand tu sais il y a cette petite phrase qu'est-ce qu'elle a celle-là elle a ses règles moi j'ai envie de dire qu'est-ce qu'elle a celle-là elle est en phase très menstruelle il y a plus de chances que ce soit un nid à ce moment-là en fait ce qui est intéressant ce qui est super intéressant avec cette phase c'est qu'elle est méconnue surtout elle n'est pas ce qu'on attend des femmes dans notre société puisqu'en fait c'est une phase où on revient plus à nous-mêmes on n'est plus au service des autres on n'est plus au service de l'action et on revient avec nous-mêmes et souvent on est aussi en lutte contre ça parce qu'on aimerait, si on est maman par exemple ou même dans le sein de la famille en fait on va souvent être en lutte contre nous dans cette période-là parce qu'on la comprend peu alors que c'est une phase qui est profondément à notre service parce que si on ne la vivait pas on vivrait potentiellement une vie à côté des ponts d'un côté de nos ponts c'est aussi une phase, il faut la comprendre à deux niveaux c'est une phase qui va être la phase où va se révéler tout ce qui s'est passé dans le reste du cycle, tu veux que j'explique un petit peu ça peut-être ?
- Speaker #0
Ah bien sûr oui !
- Speaker #1
Par exemple par exemple quand je suis quand je suis posée sur ma planche je vais prendre l'exemple à la maison mais faites la même chose avec le travail si c'est au travail que vous vous énervez enfin ça marche partout mais si je suis à la maison et que je vois des affaires qui traînent et que je suis posée sur ma planche j'ai pas d'énergie ça me saoule mais je vais ramasser parce que j'ai tellement pas l'énergie d'aller me confronter aux gens, tu vois. Donc, je ramasse, je fais. Puis ensuite, j'arrive en prise d'élan. En prise d'élan, je vois ces affaires qui traînent toujours et puis là, je vais les ramasser parce qu'après tout, j'ai l'énergie aujourd'hui, c'est bon, je peux le faire. Mais à chaque fois, je collecte des cailloux, de me dire quand même, c'est pas à moi de le faire, c'est pas cool, je suis pas la bonne niche, enfin, tu vois, des trucs un peu comme ça. Après, j'arrive debout sur ma planche. Debout sur ma planche, je veux nourrir les liens. Donc, je vais les ramasser, ces affaires. Parce que je n'ai pas envie de me prendre la tête avec les gens que j'aime, tu vois ? Et encore une fois, ça se transpose parfaitement au travail aussi. Et j'arrive dans le tube de la vague, et dans le tube de la vague, je vois cette couverture ou ces chaussettes qui traînent, et là, ça explose. Et en fait, ça explose parce que j'ai aussi collecté des choses tout le reste du temps, tu vois ? Donc, une des premières choses que moi, j'invite les femmes qui explosent en période prémenstruelle, par exemple, à faire, c'est ce que j'appelle l'hygiène émotionnelle. c'est-à-dire d'apprendre dans toutes les phases, avec toutes nos facettes, à être capable de dire les choses. Pour que j'arrive en période prémenstruelle, je n'ai pas l'effet cocotte minute avec déjà énormément de choses à l'intérieur qui ne demandent plus qu'à exploser. Déjà, ça,
- Speaker #0
c'est la capacité. Il faut arriver à être un peu constant, même s'il y a des fluctuations. Finalement, c'est ça aussi, je pense, l'importance de connaître son cycle, c'est justement d'arriver, comme tu dis, à prendre la vague et à arriver à gérer le truc pour que justement la… Le tsunami ne se déclenche pas au mauvais moment, finalement.
- Speaker #1
Voilà, donc en fait, la première chose que moi je conseille, c'est ça, c'est effectivement aller voir l'émotionnel, comment on fait pour accumuler, etc. Et puis la deuxième chose, qui est quand même très présente dans notre vie moderne, j'ai envie de dire, c'est les déséquilibres hormonaux. Et ils se révèlent aussi dans cette période prémenstruelle. C'est-à-dire qu'on a banalisé et normalisé le syndrome prémenstruel, comme si c'était normal d'avoir... des douleurs au sein, de se sentir gonflé, d'avoir des maux de tête, des maux de dos. Il y a plus de 150 symptômes qui sont liés au syndrome prémenstruel, mais on les a normalisés. Or, ce n'est pas normal. Ce n'est pas normal, c'est toujours le signal d'un déséquilibre hormonal. Et ce déséquilibre, il va aussi nous impacter au niveau psychologique. Et donc, si on arrive à soutenir le corps pour limiter, voire rééquilibrer ce système hormonal, en fait, ce qui se passe dans l'immense majorité des cas, c'est qu'on a trop d'oestrogènes, pas assez de progestérone. Et donc, si on arrive à rééquilibrer ça, eh bien, on revient aussi à une phase prémenstruelle qui n'est pas souffrante. Et alors, elle va juste être un peu inconfortable parce que je chausse mes lunettes noires et je vais détecter tout ce qui ne me convient pas. Mais si je sais qu'elle est à mon service et si elle n'est pas souffrante, eh bien, elle redevient assez joyeuse, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'après, c'est aussi finalement, comme tu dis, voir le positif dans le petit trou noir dans lequel on est. et C'est intéressant de savoir, parce que c'est vrai qu'on nous dit tout le temps, c'est normal, tu as mal au ventre, tu as tes règles, va prendre la pilule, etc. À mon époque, quand on était ado, on nous disait, tu as mal au ventre, tu as des règles douloureuses, va prendre la pilule. Mais non, en fait, ce n'est pas vraiment l'objectif de la chose, surtout quand on sait maintenant l'impact qu'a la pilule sur le corps et tout ce que ça amène derrière. C'est vrai que c'est intéressant et en même temps... en apprenant ces cycles-là et aussi les hormones, on peut aussi voir comment l'énergie est impactée par rapport à ça.
- Speaker #1
Complètement. Mais c'est vrai que s'il y a quelque chose de souffrant, si on souffre de ces règles ou si on souffre de la période prémenstruelle, tout va être un peu tordu. Et c'est fou. C'est complètement fou. Je ne sais pas si tu vois, mais imagine si tu allais chez ton médecin et que tu disais « j'ai mal au coude » et qu'il te dise « oh, c'est normal » . Tout le monde regarderait le médecin en mode « mais non, c'est pas normal » . Et là, on a normalisé quelque chose qui est absolument pas normal. Ça n'est pas physiologique de souffrir. Je veux dire, à un moment, il faut arrêter. La nature n'a pas mal fait les choses au point de te faire souffrir à des temps. Les femmes, ça n'est pas physiologique de souffrir. C'est toujours le signal qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
Après, c'est vrai qu'on ne l'a pas dit. Comme tu dis, tu vas voir le médecin et il te dit que c'est normal. Donc, quand tu es fait un médecin qui te dit que c'est normal, finalement, tu ne vas pas faire grand-chose. On est aussi dans une société qui, finalement, ne prend pas en compte tout ce cycle menstruel non plus. On a faim de travailler comme les hommes et d'être aussi efficace, même voire plus. Donc, c'est vrai que ça aussi, ça sécrète aussi des hormones, des hormones de stress, des hormones qui impactent aussi le corps et qui, du coup, sûrement aggravent aussi peut-être les symptômes derrière.
- Speaker #1
Et oui, alors que le pire, c'est qu'on peut faire largement autant que les hommes sans aucun problème. C'est juste qu'il faudrait qu'on accepte qu'il y ait des périodes d'accélération et des périodes de décélération. Et en fait, dans cette espèce de montagne russe accélération-décélération, on peut largement en faire autant. Parce que, encore une fois, dans les périodes d'accélération, tu vois, si je me suis bien reposée dans les périodes de décélération, je vais à fond dans l'accélération et j'en fais dix fois plus, tu vois. Donc, ce n'est même pas la masse de travail qui est problématique. C'est d'avoir créé une société par et pour les hommes, tu vois, qui nous met dans une exigence de linéarité qui est aberrante.
- Speaker #0
Voilà, c'est comme dans une zone de constance, alors que nous, on est plutôt des vagues, quoi. C'est ça, exactement comme tout à l'heure, finalement.
- Speaker #1
Je vais te donner l'exemple. C'est comme si, en fait, d'un seul coup, tu vois, tu avais des extraterrestres qui dormaient, par exemple, par tranche de cinq minutes, qui prenaient possession de la Terre, tu vois, et qui disaient à tous les humains, en fait, vous devez faire comme ça. Et donc, les hommes compris se retrouveraient à devoir dormir que par tranche de 5 minutes régulièrement. Et on voit bien qu'ils seraient fatigués et ils diraient « Mais ça ne va pas, ce n'est pas mon rythme. Moi, j'ai besoin de dormir la nuit et de me réveiller le jour. » Avec le cycle menstruel, on nous demande de faire ça. C'est que nous, on a un cycle. Il y a le cycle quotidien jour-nuit, mais en plus, on a ce cycle menstruel et on devrait pouvoir justement bénéficier de ces accélérations et se reposer dans les décélérations et trouver ce juste équilibre. Et on a... pas créé la société pour ça.
- Speaker #0
Exactement. Malheureusement, c'est vrai. Et je pense que c'est aussi pour ça que de plus en plus de femmes finissent soit par rester chez elles pour aussi les enfants, mais aussi pour ça et puis à se lancer aussi dans l'entreprenariat pour aussi avoir des rythmes qui leur conviennent aussi. Moi, je connais beaucoup de femmes qui se lancent dans l'entreprenariat en disant non seulement il y a mon rythme de vie de famille, mais il y a aussi mon rythme de femme qui n'est pas compatible avec ce que je faisais dans le salariat et finalement, ça ne me convient pas comme ça. trop difficile, ça devient épuisant aussi.
- Speaker #1
Après, il y a des astuces que moi, je transmets quand même qui permettent de bien vivre le salariat. Je ne sais pas si tu veux qu'on en parle un petit peu.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Après, le but aussi, c'est de faire comprendre aux femmes qui nous écoutent que ce n'est pas forcément quelque chose à subir. C'est de connaître mieux son cycle et puis, comme tu disais, d'arriver à prendre les vagues comme on veut, mais aussi de leur donner des conseils pour justement arriver à ne pas subir, mais plutôt à l'accompagner.
- Speaker #1
c'est ça parce que tu sais l'entrepreneuriat moi je suis entrepreneuse et donc j'en côtoie aussi beaucoup et ça peut nous donner l'impression que bah oui on va pouvoir gérer etc et en fait c'est plus compliqué que ça c'est pas toujours le cas je suis d'accord voilà c'est ça quand je fais des conférences par exemple je vais pas arriver à dire excusez moi j'ai mes règles aujourd'hui écoutez je vous laisse discuter entre vous je vais m'allonger tu vas me mettre la tête là tu vois je, non je vais pas faire ça et j'ai des rendez-vous hyper importants à des dates que je ne peux pas prévoir, etc. Et justement, ce que je trouve intéressant, c'est de ne pas croire qu'on devrait organiser notre agenda en fonction du cycle. Déjà parce que je trouve que c'est problématique pour moi, je vais dire pourquoi, parce que si j'organise mon agenda en fonction du cycle, déjà il faut que j'ai un cycle suffisamment régulier pour le faire.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Déjà. Moi, ce n'est pas mon cas, j'ai un syndrome, un SOMP maintenant, c'est le nouveau nom du SOPK. On commence tout juste à le prendre en bouche. Et donc, avec ce syndrome-là, moi, j'ai des cycles assez réguliers. Donc déjà, on n'est pas tout en capacité de le faire.
- Speaker #0
Je vais juste vous apporter, c'est le syndrome des ovaires polykystiques. C'est ça, tout à fait. Pour ceux qui ne savent pas, du coup, c'est avoir des kystes sur les ovaires.
- Speaker #1
Et donc, ils changent de nom pour s'appeler le syndrome... Oh là là, ça y est, tu vois, je le perds, c'est horrible. J'essaye de me le mettre dans la tête, mais... En gros, c'est justement pour arrêter de dire qu'il y a des kystes, et pour dire que justement, c'est un syndrome bien au-delà de la question de l'apparence des ovaires, en fait. Et donc, c'est une maladie chronique du cycle, comme il en existe plusieurs. Et donc, il y a cette question de, déjà, est-ce que le cycle est hyper régulier ? Et ensuite, même, combien même... il y aurait un cycle de 28 jours. Alors, je pose ici, il n'y a que 13% des personnes menstruées qui ont des cycles de 28 jours. Donc, ça n'est pas la majorité. Et donc, ça n'est pas non plus la normalité. Ça n'est juste qu'une norme sociale très pratique pour faire les calculs en biologie quand on est à l'école. Mais voilà, il n'y a pas du tout de problématique d'avoir un cycle différent de 28 jours. Mais quand bien même, j'aurai un cycle de 28 jours avec une ovulation à J14 exactement et tout, eh bien, tu vois, je ne sais pas. En fait, en fonction... de l'énergie dans laquelle je suis, de ce qui se passe dans ma vie à ce moment-là, eh bien, par exemple, ma phase posée sur ma planche va durer plus ou moins longtemps. Tout comme les autres phases, en fait. Elles vont s'accordéoniser en fonction du besoin du corps, du besoin de ce dont j'ai besoin aujourd'hui. Et donc, si moi, je mets systématiquement aller quatre jours poser sur ma planche, eh bien, c'est potentiellement faux. Je ne sais pas si ça ne va pas démarrer un ou deux jours avant mes règles. Tu vois, je... je ne sais pas et donc quand on anticipe et quand on gère son agenda en fonction de son cycle et bien on redonne le contrôle au mental qui dit moi je sais tu vois et moi j'ai une autre proposition à faire qui est plutôt une proposition au quotidien parce qu'en fait notre énergie du jour elle dépend de notre cycle menstruel mais elle va aussi dépendre de est-ce que j'ai bien dormi est-ce que j'ai des enfants qui se sont réveillés la nuit est-ce que j'ai bien mangé est-ce que je digère bien est-ce que les projets que je fais en ce moment me portent tu vois moi j'aime bien dire on a un millefeuille de cycles tu vois la saison aussi moi j'ai pas la même énergie tu vois en ce moment ça y est il recommence à faire beau tu vois j'ai plus d'énergie mais oui voilà et bah tout ça c'est le millefeuille qui fait l'état dans lequel je suis aujourd'hui et je vais te donner ma façon de faire donc moi je prends mes engagements comme tu vois de répondre à ton podcast aujourd'hui bah à l'avance donc je ne me demande jamais dans quelle phase je vais être au moment où je prends ces engagements là donc je regarde chaque matin les engagements que j'ai dans ma journée c'est ce que j'appelle les rochers tu vois on continue la métaphore du surf on est à la plage les rochers Merci. c'est donc mes engagements du jour. Ceux-là, ils ne bougent pas, quoiqu'ils y sont là, et je vais les faire, tu vois. Et puis autour, il y a le sable. Et le sable, c'est tout ce que j'ai d'autre à faire, mais qui va pouvoir bouger en fonction de l'énergie dont je dispose. Et donc chaque matin, réellement, je fais cet exercice-là, chaque matin, je regarde mes rochers, je me pose la question, OK, dans quelle énergie je suis aujourd'hui ?
- Speaker #0
de quelle énergie je vais disposer une fois que j'aurai fait mes rochers et je choisis du sable que je rajoute c'est intéressant et ça c'est vraiment chaque jour que je le fais à tel point que moi c'est carrément mon ordinateur qui par routine me pose la question en me disant dans quelle énergie te sens-tu aujourd'hui c'est vraiment une routine que j'ai mise en place et ça, ça a l'intérêt de pas être de pas gérer mon agenda menstruel en fait, parce qu'encore une fois mon énergie du jour elle ne dépend pas que de mon cycle menstruel, mais ça me permet de me respecter Merci. Et j'ai appris à dynamiter beaucoup de rochers dans ma vie. Il y avait beaucoup de tâches que je considérais des rochers, comme des tâches de la vie quotidienne, de la famille, de faire à manger, des choses comme ça, que j'ai appris à dynamiter pour les faire devenir du sable, pour pouvoir les mettre les jours où j'ai beaucoup d'énergie, et peut-être m'en extraire les jours où j'en ai moins, tu vois. Comment on fait pour s'extraire des tâches ? Ça peut être demander de l'aide, ça peut être déléguer. Moi, j'adore dire que... Quand je suis posée sur ma planche, quand j'ai peu d'énergie, c'est les jours où je vais dire à ma fille, si tu as envie de faire une pizza ce soir, tu peux nous la faire. Tu vois, moi, je m'assieds dans le fond de la cuisine, je la regarde faire et puis au moment d'enfourner, je me lève et j'enfourne. Ça, c'est une manière de dynamiter un rocher, tu vois. Plutôt que de se sentir obligée de faire les repas à chaque repas. Donc voilà, en fait, mes conseils, c'est vraiment de repérer ces rochers, de repérer si ce sont des vrais rochers. parce qu'on peut demander de l'aide, que ce soit dans la famille, les voisins, je ne sais quoi, tu sais, pour aller chercher un enfant à l'école ou je ne sais... Parfois, on peut demander vraiment, tu vois, et on ne le fait pas par habitude. Voilà, d'aller repérer ces endroits-là où on s'est mis des rochers qui pourraient être dynamités et puis de s'autoriser à mettre un max de sable dans les jours où j'ai de l'énergie, tu vois.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi et c'est vrai que c'est... Moi, je fais aussi des ateliers organisation et charge mentale, etc. Et c'est vrai que souvent quand je fais des accompagnements avec les mamans, on me dit, ça, ça, ça, ça va faire dans la journée. Je me dis, mais attends, quelle est l'obligation dans ta journée, finalement ? Quel est le truc qui est vraiment obligatoire et le truc que tu peux te délaisser ? Est-ce que faire quatre fois l'aspirateur dans ta journée, c'est essentiel ? Est-ce que, voilà, parce qu'après, c'est vrai que, comme tu dis, j'aime beaucoup ta métaphore du millefeuille, parce que c'est vrai que non seulement il y a les cycles qui vont et qui viennent, et du coup, comme tu disais tout à l'heure, il peut y avoir une accumulation d'émotions, de ressentiments, etc. Mais il y a aussi l'épuisement mental, l'épuisement physique.
- Speaker #0
qui s'accumulent en plus de ça sur ça donc effectivement avoir beaucoup de sable c'est pas beaucoup plus mal finalement pour l'enlever ou le rajouter comme on veut c'est super sympa et s'autoriser à en mettre beaucoup par contre quand là on a de l'énergie et dire bah voilà c'est pas le moment qu'on m'embête là j'ai du sable à traiter tu vois donc c'est intéressant aussi ça permet aussi de communiquer avec les personnes dans la famille et puis moi je trouve que ça permet aussi de dire à nos enfants on n'est pas des machines de guerre tu vois moi je regardais ma maman qui s'arrêtait jamais Et je t'avoue, quand je suis devenue ado et jeune adulte, je me disais « mais j'y arriverai jamais » . Tu vois, j'y arriverai jamais. Je la vois, elle est là tout le temps à 1000% et tout. Et moi, ça m'a créé une angoisse de me dire « je ne vais pas y arriver » . Et je suis ravie aujourd'hui de pouvoir dire à ma fille, tu vois, maman elle est chef d'entreprise, elle mène sa barque et ça se passe bien. Et en même temps, il y a des jours où tu retrouves maman allongée sur le canap' quand tu rentres de l'école. Parce que voilà ! Et j'aime bien ça, tu vois, remettre du vivant aussi dans ce qu'on transmet à nos enfants.
- Speaker #1
Et montrer qu'on peut aussi s'arrêter, effectivement, et avoir des moments de pause. C'est vrai qu'on a beaucoup parlé de la génération de nos mamans. C'est un discours qui est beaucoup revenu. Nos mamans, c'était guerrière, elles ne s'arrêtaient jamais, elles travaillaient, elles s'occupaient de nous, etc. Mais derrière, il y a parfois aussi des non-vies, des tabous, de la liberté. Voilà, exactement, c'est ça aussi. Et effectivement, on a aussi un corps, c'est comme... je regarde les notes que tu m'as données je pensais aux émotions, surtout au fait de pleurer tu sais des fois t'as envie de pleurer, t'as tout qui déborde un peu tu sais t'as une sensation où tu pleures et tu sais pas trop pourquoi et j'avais vu un réel sur Instagram d'une maman qui pleurait devant une glace je sais pas si tu as déjà vu ce réel non ça ne dit rien mais je vois très bien la scène je pense elle pleurait devant une glace et en fait son fils arrive par derrière et lui demande de... maman est-ce que ça va ? et en fait la maman mange sa glace et ne lui dit rien et le petit regarde sa mère et il part en courant dans la maison en criant maman elle a serré que personne ne l'approche j'adore et en fait ça m'avait fait rigoler parce que je me suis dit je ne sais pas si la vidéo est vraie ou si c'est une mise en scène mais en tout cas la vidéo elle montre que tu peux t'autoriser à laisser déborder vraiment quand c'est un trop plein mais il faut et qu'en plus la transmission qu'il y a avec l'enfant derrière elle est quand même super importante et en plus c'est un garçon donc d'autant plus importantes. Et voilà, ils avaient trouvé ça très sympa parce que c'est vrai qu'on se dit « Ah, j'ai envie de pleurer, mais je vais tout garder pour moi. » Il y a cette espèce de rétention qui se fait et qui ne devrait peut-être pas forcément non plus se faire.
- Speaker #0
Déjà, il faut savoir que les larmes, c'est très, très positif dans notre système de fonctionnement physiologique. Donc, si elles viennent les lâcher, c'est une bonne idée, vraiment. Et je te rejoins complètement sur cette notion d'exemplarité et de ce qu'on transmet à nos enfants. Moi, quand ma fille était petite, j'avais, et je l'ai toujours à la maison, j'ai un magnète qui présente dans quelle phase je suis. Tu sais, c'est la petite surfeuse, en fait. Du coup, on voit, d'ailleurs, c'est notre mascotte maintenant, notre mascotte en forme d'utérus utique et sur sa planche. Et du coup, on le voit dans les différentes positions, tu vois, sur sa planche. Et on met le magnète en fonction de l'énergie dans laquelle on se sent aujourd'hui. Et je me souviens que toute petite, ma puce, elle avait quoi, trois ans, un jour, je m'agace, tu vois. il se passe un truc à la maison, je m'agace et ma fille va sur le frigo, regarde la manette elle voit que j'avais mis tube de la vague et elle se tourne vers moi et me fait un gros câlin c'est bien,
- Speaker #1
elle avait vraiment 3 ans ! c'est le tableau des émotions pour adultes finalement et d'être capable elle,
- Speaker #0
elle a aussi été capable bien avant d'avoir ses règles, de changer elle aussi sa petite roue pour dire dans quelle énergie elle se sent aujourd'hui, et ça aussi c'est important Merci. Et ça peut être pour les petits garçons aussi. C'est pour ça qu'on a mis aussi la mascotte, on a arrêté de mettre la femme. Parce qu'en fait, ça peut être n'importe qui qui dit « Moi, aujourd'hui, clairement, je suis dans le tube de la vague. Moi, je me souviens d'un prestat homme qui m'avait dit un jour « Oh là là, aujourd'hui, je suis une caricature du tube. » Il connaissait la métaphore parce qu'on avait travaillé ensemble. Et ça, c'est génial parce que tout le monde peut se parler. Parce qu'en vrai, il y a le cycle menstruel, mais il y a tout le reste. Et toutes les personnes non menstruées, les hommes, les personnes en ménopause, enfin, tu vois, les ménopause et tout. elles ont le droit aussi, et les enfants, d'être dans ces différentes énergies.
- Speaker #1
Exactement. Puis tu le disais tout à l'heure très bien, tu parlais des hormones et des impacts que ça peut avoir à différents moments du cycle, mais ces hormones, elles restent quand même dans notre corps, qu'on soit menstrué ou pas, ou plus. Et donc finalement, elles influent aussi. Et un dérèglement hormonal peut arriver à tout le monde. Et un pic d'hormones pour une raison inconnue ou précise peut arriver aussi. Et du coup, effectivement, c'est important de pouvoir le verbaliser aussi.
- Speaker #0
Oui, de toute manière, les sensations qu'on a, elles sont multifactorielles. Donc, c'est important d'apprendre à les verbaliser. Mais je trouve qu'avec le cycle menstruel, on a un truc qui nous entraîne un peu à ça et qui nous aide. Et moi, je gage que si dans toute la société, toutes les femmes transmettaient ça à leurs enfants, à leurs conjoints, en famille, etc., eh bien, on arriverait dans un système qui regarderait beaucoup plus l'humain en nous et qui apporterait beaucoup plus la diversité des ressentis. Et voilà. Moi, c'est le pari que je fais.
- Speaker #1
J'espère que tu vas le gagner. C'est vrai que c'est quelque chose qui arrive de plus en plus, au final, cette recherche de vagues, de creux, de verbaliser ce qu'on ressent et comment on sent, etc., et la vitalité qu'on peut avoir. Et c'est vrai que nous, quand on était au collège ou au lycée, qu'on nous apprenait le cycle menstruel, on nous parlait juste des règles, on nous faisait un dessin d'utérus au tableau en nous expliquant vaguement ce qui se passait. Bon, ça se décroche et voilà, et ça saigne. espérais qu'il n'y avait pas le tout de ce qu'il y avait autour. Et c'est vrai que le travail que tu fais pour ça est génial. J'ai lu qu'en plus, il y avait des ambassadrices. Ça veut dire que ce programme est vraiment quelque chose qui se dissipe et qui se propage finalement à toute la France.
- Speaker #0
Même toute la francophonie. Et même au-delà de ça, il y a des éducatrices menstruelles francophones qu'on a formées qui interviennent dans des pays non francophones, qui même traduisent des documents et tout ça. Oui, il y a plus de 300 personnes qui ont été formées comme éducatrices menstruelles. et qui donne des ateliers depuis les premières règles, donc kiffe tes premières règles, c'est nos ateliers pour les enfants, jusqu'à la ménopause, dans tous les écosystèmes, dans les établissements scolaires, auprès de particuliers, mais aussi dans les clubs sportifs, dans les entreprises, dans les maisons de quartier, tu vois. On essaye de faire se diffuser ça au maximum.
- Speaker #1
C'est génial, vraiment, franchement, je suis super... Moi, personnellement, je suis super contente d'avoir trouvé ton organisation et ton site, parce que vraiment, tu me dis 300 ambassadrices, et c'est vrai qu'on entend... Moi, je n'avais jamais entendu parler de vous. Et je me dis que ce genre de projet, c'est un sujet de société. C'est vraiment quelque chose qui est utile à la société et qui devrait vraiment avoir un pignon sur rue, si je peux dire, et être vraiment beaucoup plus connu que ça pour vraiment...
- Speaker #0
C'est ce qu'on essaye, mais allez-y, communiquez. c'est vraiment ce qu'on essaye de faire après on le fait avec nos petits moyens et voilà mais c'est vrai que clairement moi mon but c'est de changer le monde on va se le dire à ce présent je veux dire mes ambitions sont très claires c'est de changer le monde je veux que le bien-être menstruel devienne la norme dans la société et je veux surtout que chaque jeune fille qui a ses règles elle sache ce qui lui arrive, elle sache ce qui est normal elle sache ce qui est pas normal qu'on lui explique avec des mots doux avec de la compréhension, qu'elle comprenne aussi Tu vois, en fait, aujourd'hui, quand on présente le cycle menstruel, on le présente systématiquement comme la notion de reproduction, tu vois.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais quand on parle à une petite fille de 10, 11 ans...
- Speaker #1
Ah mais...
- Speaker #0
Excuse-moi, mais... C'est pas le problème ! C'est pas le problème ! Tu vois, on n'en est pas là !
- Speaker #1
Elle est loin de ça, elle est loin de ça.
- Speaker #0
On n'en est pas là. Et en fait, moi, ce que je veux, c'est qu'on commence par leur parler de ce qui se passe dans l'ordre. qu'on commence par leur parler de ce qui se passe, tu vois, les premières hormones, dans leurs culottes, qu'est-ce qui est normal, qu'est-ce qui n'est pas normal. Moi, j'ai cru pendant des années que les pertes blanches, c'était que j'avais un problème, tu vois, parce qu'on m'en avait jamais parlé. Tu vois ? Toutes ces choses-là, en fait, qu'on devrait savoir. Et qu'on ne nous transmet pas, quoi.
- Speaker #1
Je te rejoins d'autant plus. Moi, j'étais menstruée à 11 ans et on ne m'avait jamais parlé.
- Speaker #0
Eh oui, c'est ça.
- Speaker #1
Autant te dire que le jour où ça m'est arrivé, je me suis sentie dans un méta. j'ai glissé un mot sous la porte des toilettes à ma grande soeur pour lui dire j'ai mes règles tu vois et j'avais tellement honte tu sais j'ai tellement d'empêches pour toi bon c'était il y a longtemps mais je me suis dit comment je vais faire vraiment j'étais à peine en 6ème vraiment personne m'en avait parlé ni les profs ni la famille j'ai appris bien tout ça et c'est vrai que quand on est comme ça on attend souvent les parents ont souvent du tout parfois du tabou à en parler parce que c'est un sujet un peu délicat c'est pas facile, les professeurs en parlent mais ça arrive qu'au collège en 4ème ou 3ème mais parfois c'est trop tard pour certaines fillettes quand t'as tes règles à 10-11 ans pas pour certaines fillettes,
- Speaker #0
pour l'immense majorité il y a 70% des fillettes en fin de 6ème qui sont menstruées,
- Speaker #1
donc je te donne la réponse c'est beaucoup trop tard et c'est vrai que tu te retrouves avec toutes ces petites filles parce que c'est encore des petites filles ce sont des enfants,
- Speaker #0
ah mais moi je te rejoins à 100%
- Speaker #1
ils peuvent se sentir c'est reperdu et voilà moi je sais que j'avais expliqué à mes filles très tôt comme moi je les avais tôt je me suis dit quitte à ce qu'elles aient été tôt au moins qu'elles soient au courant et j'avais expliqué ça à mes filles elles avaient 8 et 9 ans et d'ailleurs mon fils qui était là je lui ai dit coude bien tant qu'à faire viens j'ai essayé bon sûrement beaucoup moins bien que toi je vais pouvoir peut-être plus passer sur les émotions etc. tu vois mais je me suis dit j'ai pas envie qu'elles revivent parce que moi j'ai pu vivre tu vois et finalement voilà je pense que c'est vraiment c'est le travail des parents mais aussi de tout le monde au final des éducateurs sportives, des écoles, vraiment de tout le monde, parce que il se pourrait que demain, tu aies une petite fille qui soit avec toi et qui ait ses règles au monde avec toi et finalement qui se retrouve un peu perdue sans savoir ce qui lui arrive. Donc c'est aussi bien que d'avoir une formation, mais au moins des connaissances pour pouvoir la rassurer et derrière, amener les choses tranquillement.
- Speaker #0
Et moi, mon rêve, c'est que tous les enfants, garçons comme filles, passent par une session d'éducation menstruelle qui leur permet de comprendre avec des personnes formées aussi, dont c'est le métier, tu vois. Parce que la problématique aussi du cycle menstruel, moi je le vois beaucoup avec les formations d'adultes qu'on fait, c'est qu'en fait, les adultes nous disent « Ah, mais c'est bon, je sais ! » Et à la fin, je me souviens d'une formation que j'avais faite comme ça auprès d'agricultrices, où en fait, au début, elles devaient se noter sur leur connaissance, et à la fin, elles se renotaient sur leur connaissance. Et il y en a une qui a levé la main en disant « Excusez-moi, je peux récupérer ma fiche du début ? » Et ce qui est très drôle, c'est qu'il y en a trois, j'en avais sept, il y en a trois qu'on dit moi aussi je vais récupérer ma fiche du début parce que je m'étais surévaluée totalement je ne savais pas que je ne savais pas et la difficulté en fait des adultes qui veulent transmettre, et bien c'est est-ce que je transmets des choses vraies ou pas, est-ce que j'ai vraiment les connaissances et c'est pour ça que nous on voudrait que ce métier d'éducatrice menstruelle il émerge vraiment parce qu'on les forme pendant 6 mois avec nous, elles ont des connaissances extrêmement solides et donc elles sont vraiment en capacité de transmettre les informations tu vois, sur un juste niveau d'information Merci. qui permettent à la fois de réassurer et à la fois d'orienter vers des professionnels de santé quand il y a des problématiques. Tu vois ? Et c'est un petit peu ça aussi notre désespoir, c'est qu'on voit qu'il y a des bénévoles qui viennent, qui font des interventions là-dessus. Mais il y a vraiment des connaissances importantes à avoir pour transmettre sur la situation.
- Speaker #1
Ce n'est pas parce qu'on le vit qu'on connaît forcément.
- Speaker #0
Et c'est ça.
- Speaker #1
On en est trois vivantes, je crois, finalement. Voilà. On a tendance à l'impression... Moi, à la base, je suis au CERF de puériculture. Et quand j'ai commencé en entrepreneuriat, j'ai eu des mamans émerger sur les réseaux sociaux en me disant « je vais faire de la compagnie en parentale » . Et moi, je regardais les comptes se créer en me disant « mais en fait, tu es maman, certes, je le suis aussi, mais si tu savais tout ce que tu ne sais pas, parce qu'en fait… » finalement de tes propres enfants, mais il y a tellement de choses autour encore à savoir auxquelles tu n'as pas forcément accès. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Sur l'éducation menstruelle, c'est exactement la sensation que nous, on peut avoir. Moi, je suis parfois terrifiée d'entendre des retours d'interventions qui ont pu être faites dans des établissements scolaires par des bénévoles très motivés. Il n'y a pas de sujet. Mais quand j'entends ce qui a pu être dit à certains enfants, je me dis que c'est sérieux. C'est un sujet sérieux. On ne peut pas transmettre des... des informations qui sont fausses. En tout cas, moi, j'aimerais qu'il y ait beaucoup plus d'éducatrices menstruelles formées et que les ateliers se fassent et que les tabous tombent, mais avec des mots pesés, mesurés pour nos enfants, avec aussi la compréhension des conséquences de ce qu'on peut transmettre à nos enfants.
- Speaker #1
Après, on ne remet pas en cause l'amour du bénévolat ou la moitié d'un peu, etc. C'est pas du tout ça que tu as mis en cause. Pas du tout.
- Speaker #0
même si on a envie de tout notre coeur et les choses ne sont pas forcément faites la valeur devrait être faite de la bonne manière mais après c'est il vaut mieux ça que rien on va se le dire mais c'est vrai que je me dis si on prenait ce sujet au sérieux moi j'aime bien quand même rappeler qu'il y a 100% de l'humanité qui vient du cycle menstruel tu vois ce que je veux dire et que ce sujet il est considéré un peu comme par-dessus la jambe Il y a très peu d'études scientifiques sur le sujet. C'est fou. Moi, j'accompagne la GD directrice de mémoire pour une jeune fille en école de sages-femmes sur le syndrome prémenstruel. Justement, elle a fait son mémoire dessus. Et c'est fou parce qu'il n'y a pas de module sur le syndrome prémenstruel pour les sages-femmes, par exemple. Mais pas plus pour les médecins. Et tu vois, on se dit « Waouh, c'est fou ! » Ce mécanisme que vit la moitié de l'humanité.
- Speaker #1
Et qui concerne aussi les sages-femmes en premier lieu.
- Speaker #0
Elles sont formées sur le terrain.
- Speaker #1
heureusement mais pas sur oui et puis moi je suis ravie que les âges femmes existent qu'on se le dise là pour les enfants ah non mais on est d'accord mais ce que je veux dire c'est que c'est pas de leur faute après parce qu'il y en a qui se forment après à côté etc bien sûr dans les écoles même on ne passe pas de formation spécifique sur ce sujet alors que quand on se retrouve dans la société c'est elle que l'on va voir quand on a besoin de contraception quand on a mal au ventre c'est quand même assez dingue quand même de voir qu'elles n'ont pas ce genre de formation derrière quoi Merci.
- Speaker #0
Non, complètement. Mais par contre, oui, on est ravis qu'elles soient là. Heureusement qu'elles sont là. On se le dit, c'est très bien. Je ne suis pas du tout capable de faire le métier de sage-femme. Pour le coup, moi, je fais de la médecine scientifique, mais je ne fais pas les métiers du soin et de la santé.
- Speaker #1
Non, non, mais de toute façon, elles sont compétentes dans énormément de choses et même des choses où on les sous-estime vraiment. Après, moi, je ne renais absolument pas à cause de ce métier. J'ai travaillé avec elles. Ça fait partie des personnes avec qui je travaille.
- Speaker #0
quand je travaille et vraiment et heureusement je pense qu'aussi il n'y a pas ce genre de choses en école après heureusement qu'on a aussi des professionnels bienveillants qui vont faire des recherches par eux-mêmes complètement et il y en a qui se forment chez nous d'ailleurs tu vois sages-femmes médecins qui se forment à l'éducation menstruelle pour avoir cette couche supplémentaire et qui me disent ah ouais on ne savait pas tout ça tu vois donc je confirme je
- Speaker #1
trouve que les organismes comme le tien sont utiles et que justement il n'y a pas que les écoles de médecine il y a des Merci. d'autres choses à côté qui sont bonnes aussi à apprendre et qui sont très utiles aussi pour complémenter toutes les connaissances que l'on peut avoir qu'est-ce que soit notre poste au final dans la société tout à fait complètement et voilà la transmission en tout cas celles qui sont mamans qui nous écoutent les
- Speaker #0
enfants on en parle avant 9 ans je pose ça ici vraiment et on réactive les choses jusqu'aux premières règles c'est pas juste une fois la conversation nous le grand classique qu'on a quand on va dans les écoles C'est les enfants qui nous disent « Ah non, moi, on n'en a jamais parlé. » Et puis après, on discute avec les parents qui nous disent « Bah si ! » Et en fait, quand on n'a pas réactivé la mémoire, l'enfant ne s'en souvient plus, vraiment. Donc, on réactive tranquillement les choses. Quand on fabrique la petite trousse, par exemple, pour qu'elle puisse avoir ce qu'il faut en cas de besoin, si ça arrive à l'école ou des choses comme ça, on réactive les connaissances, on explique à un enfant comment se... Un truc tout bête, tu vois. On explique à un enfant comment on met une serviette, par exemple, dans la culotte. Merci beaucoup. On lui fait la démo, on le fait avec elle. Ou alors, on fait un atelier. C'est tout fait,
- Speaker #1
c'est tout fait. On ne sait pas forcément à le faire, mais effectivement, quand on se retrouve face à elle, qu'on ne sait pas ce que c'est, c'est avec nous, ça nous paraît logique. Mais dans l'esprit d'une enfant de 10 ans, peut-être pas. Ce n'est pas si logique que ça, finalement.
- Speaker #0
Non, c'est ça. Ou alors, on l'emmène faire un atelier, kiffer tes premières règles, et puis du coup, elle va kiffer et tout le monde va repartir avec le sourire.
- Speaker #1
C'est génial. Est-ce que tu veux nous faire un peu de publicité, nous donner les contacts pour les mamans, les professionnels qui voudraient, peu importe. tout le monde qui voudrait du coup faire un atelier, approcher l'organisme, même pour être ambassadrice ou peu importe. Bien sûr,
- Speaker #0
avec grand plaisir. En fait, vous allez sur le site kifetonsicle.fr Donc ça, c'est assez facile. Comme sur les réseaux sociaux, il suffit d'aller sur votre réseau social préféré et de chercher Kifetonsicle. On s'appelle partout, pareil. Et sur le site kifetonsicle.fr, il y a une zone qui est nos ateliers en région. Et là, ce sont les ateliers des éducatrices mensuelles qui font partie du réseau des ambassadrices Kifetonsicle. donc ça ça permet de retrouver les éducatrices menstruelles locales et puis vous avez la possibilité si ça vous intéresse de devenir éducatrice menstruelle et bien d'aller sur la page devenir éducatrice menstruelle on a fait simple et là il y a une présentation de l'académie et puis on fait régulièrement des conférences en ligne pour en parler et pour en parler comme on s'en parle ici c'est quand même plus sympa que de lire toute une page et d'aller donc n'hésitez pas à regarder s'il y a une conférence dans pas longtemps et à vous inscrire super,
- Speaker #1
Gaëlle je te remercie beaucoup c'était vraiment intéressant Je suis ravie de t'avoir contactée pour faire ce podcast. Tes métaphores sont vraiment géniales.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Je te remercie encore une fois vraiment beaucoup.
- Speaker #0
Merci Astrid et merci à toi de t'emparer de ce sujet parce qu'on peut changer le monde en diffusant les connaissances. Donc, merci de mettre ta pierre à l'édifice.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. Je te souhaite une bonne fin de journée.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Au revoir.
- Speaker #0
Au revoir.