- Speaker #0
Chez nous, la réussite a longtemps eu un visage, celui du bon élève. Le bon diplôme, la bonne logique et surtout une grosse puissance intellectuelle. Et voici que l'intelligence artificielle arrive et qu'elle analyse mieux que nous, plus vite, sur plus de données et sans fatigue. Alors si la puissance intellectuelle devient une commodité, qu'est-ce qui nous reste ? Mon invité du jour explore cette question depuis plus de 15 ans et il y répond d'une manière qui va vous surprendre. Régis Rossi a passé 12 années au sein du groupe. groupe La Poste, notamment dans la communication interne et l'accompagnement des transformations, avant de créer son entreprise en 2021. En parallèle, il a pratiqué l'illusionnisme, du close-up au mentalisme, en passant par le pickpocket. J'ai même entendu dire qu'il avait pickpocketté un ancien président. La conviction de Régis, c'est « notre réussite dans le monde actuel est davantage fondée sur notre intelligence émotionnelle que sur nos capacités intellectuelles » . A son actif, plus de 1200 conférences auprès de 250 000 participants, trois ouvrages publiés chez Erol, dont « Les pouvoirs de l'intelligence émotionnelle » récompensé par le prix du livre qualité-performance 2021 et des interventions régulières auprès de dirigeants de grandes entreprises et d'étudiants, notamment à l'ESCP et à Cage Business School. Alors la question rituelle pour commencer, Régis, qu'as-tu envie de nous dire pour qu'on t'écoute ? Jusqu'au bout.
- Speaker #1
J'aimerais leur proposer une expérience très simple. Qu'ils pensent à la personne qui les a plus marqués dans leur vie. Dans leur vie professionnelle. Un management, un dirigeant, un collègue ou un professeur. Se souviennent-ils précisément de son diplôme, de son quotient intellectuel ou de la qualité de ses tableaux Excel ? Probablement pas. Et en revanche, ils se souviennent de la manière dont... cette personne les a regardées, les a écoutées, encouragées ou mises en confiance. Ils se souviennent de ce qu'ils ressentaient lorsqu'ils travaillaient avec elles. Et en fait, c'est ça que j'aimerais explorer. Pourquoi certaines personnes, sans être les plus brillantes sur le papier, réussissent-elles à faire grandir les autres, à obtenir leur engagement, à créer une véritable dynamique collective ? Et surtout, puisque... Nous avons beaucoup d'auditeurs. Comment est-ce que nous, nous pouvons développer cette capacité très concrètement ? Donc, voilà, si les auditeurs restent jusqu'au bout, je leur promets qu'ils repartiront avec quelques pratiques simples qu'ils pourront tester dès demain. Donc, on oublie souvent ce que les gens nous ont dit. On oublie parfois ce qu'ils ont fait, mais on n'oublie jamais la manière dont ils nous ont fait nous sentir.
- Speaker #0
J'ai fait l'exercice pendant que tu nous disais tout ça et je confirme. OK, juste avant qu'on commence, est-ce qu'il y 1 à 1 point sur lequel tu travailles en particulier en ce moment ?
- Speaker #1
Travaille-moi sur ce qui se passe entre les personnes et qui ne se voient pas toujours. Donc, je vais travailler sur l'attention, sur les émotions, sur la confiance, sur les perceptions, sur la communication, sur la coopération. Voilà, ce sont vraiment mes champs d'investigation. Et tu l'as dit, depuis maintenant une quinzaine d'années, j'utilise un outil assez singulier qui est l'illusionnisme. Alors non pas pour divertir les entreprises pendant le temps d'une conférence, mais plutôt pour rendre visibles nos automatismes. Et donc une illusion, elle nous montre que nous pouvons regarder sans voir, écouter sans entendre et être absolument certain que quelque chose est vrai alors que tout est faux. Donc... En entreprise, c'est exactement la même chose. On interprète beaucoup trop vite une attitude, on prête une intention à quelqu'un, on confond parfois notre perception avec la réalité. Et donc, voilà, moi, j'essaie de créer des prises de conscience très concrètes auprès de différents sujets, la qualité de notre attention et de notre écoute, la confiance, l'engagement et la coopération, l'influence des perceptions sur nos décisions. et puis notre capacité à transformer les pépins en pépites, c'est-à-dire à apprendre de ce qui nous arrive.
- Speaker #0
Tu parles de prise de décision. Classiquement, on pense que les gens qui prennent les meilleures décisions sont les gens les plus intelligents, et pourtant, on a des contre-exemples.
- Speaker #1
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est toutes ces transformations parfaitement pensées sur le papier. La stratégie est cohérente, les données sont solides, le calendrier est précis et les arguments sont irréfutables. Et pourtant, elles échouent. Pourquoi ? Eh bien parce que les personnes chargées de les mettre en œuvre, elles ont été simplement informées, mais jamais réellement écoutées. On leur a expliqué pourquoi elles devaient changer, sans véritablement chercher à comprendre ce qu'elles avaient peur de perdre. Et donc, j'ai vu des décideurs extrêmement brillants répondre à toute une batterie d'objections par de nouveaux arguments rationnels. et plus les équipes exprimaient leurs inquiétudes, plus ils apportaient. des chiffres et des réponses extrêmement rationnelles. Mais le problème, c'est qu'on ne répond jamais à une émotion avec un tableau Excel. Quand quelqu'un dit « je ne comprends pas cette réorganisation » , il ne va pas toujours demander une nouvelle explication. Mais ça peut simplement vouloir dire « je ne sais plus quelle sera ma place demain » , « j'ai peur de ne pas être à la hauteur » ou « je crains de perdre ce qui faisait la valeur de mon travail » . Donc, la mauvaise décision n'était pas nécessairement la transformation elle-même. Mais c'était plutôt la manière de la conduire. Donc, on peut avoir raison sur le fond et pourtant tout perdre dans la relation.
- Speaker #0
Est-ce que c'est dû, d'après toi, à notre éducation ? Parce qu'on entend souvent, à lui, c'est un super, il a une puissance intellectuelle incroyable, etc.
- Speaker #1
Oui, en réalité, ce que j'ai remarqué, c'est que plus les gens ont des consciences de leur intelligence, au sens QI, moins ils écoutaient. Parce que, évidemment, vous flattez l'ego, et l'ego, on en a tous, mais le problème de l'ego, c'est qu'il supprime cette capacité d'écoute, parce qu'on pense toujours avoir raison, on pense avoir les bonnes personnes. Et c'est comme ça qu'on se coupe, finalement, de tout ce qui est autour de nous, et donc rien n'est fait pour que... nous n'allions pas dans le mur. Et donc, ce n'est pas qu'une question d'éducation, c'est aussi une question, j'ai envie de dire, d'humilité. Et je trouve qu'aujourd'hui, il faut cultiver davantage l'humilité plutôt que de cultiver l'ego.
- Speaker #0
Et l'intelligence artificielle dans tout ça, à ton avis, c'est un facteur qui va plutôt dans le bon sens, c'est-à-dire que tu vas obliger les gens à trouver d'autres capacités, puisqu'aujourd'hui, en termes de puissance intellectuelle, On sent bien qu'on est challengé très, très fort et on nous laisse peu d'espoir qu'on gagne la bataille sur ce terrain-là. Est-ce que pour toi, c'est quelque chose de positif ? Ça m'intéresse en fait, de ton point de vue, de savoir si l'intelligence artificielle, c'est quelque chose de positif dans le domaine de l'entreprise ou est-ce que c'est quelque chose de plutôt négatif ?
- Speaker #1
En réalité, pour moi, c'est quelles questions on pose ? Parce que la question, ce n'est pas seulement de dire, mais que va faire l'intelligence ? artificielle à notre place, la vraie question, à mon sens, c'est que voulons-nous faire, nous, du temps et de la puissance que la machine nous rend ? Et donc, on peut très bien utiliser ce gain pour produire encore davantage, accélérer encore, remplir chaque espace disponible, ou nous pouvons en profiter pour retrouver du temps d'écoute, de présence, de créativité et de relations. Donc l'IA, elle peut nous proposer les mots d'un feedback. mais elle ne peut pas prendre notre responsabilité relationnelle à notre place. Et donc, elle peut également analyser les signaux d'un dysfonctionnement ou d'un désengagement, mais elle ne remplace pas une conversation courageuse. Elle peut rédiger un message de reconnaissance, mais elle ne remplace pas la sincérité d'un regard. Et donc, l'IA, elle calcule, mais elle n'espère pas. Elle synthétise, mais elle ne fait pas confiance. elle génère une réponse, mais elle ne construit pas à elle seule une relation. Et donc, à mon sens, à mesure que l'intelligence émotionnelle, elle progressera, eh bien, on devra investir davantage dans ce qui nous rend, nous, profondément humains.
- Speaker #0
Très intéressant. C'est aussi mon point de vue, d'ailleurs. Je pense que, de toute façon, l'IA ne nous fera jamais incarner, en fait, qui on est. Et elle nous aidera peut-être au niveau décisionnel, etc., mais effectivement, au niveau relationnel. Et la mise en action, ce sera toujours nous qui irons.
- Speaker #1
Nous sommes des animaux sociaux. Nous avons besoin, et d'ailleurs c'est bien pour ça qu'à un moment donné, s'était posée la question du full office. Tout le monde chez soi, le télétravail quasiment chez soi. Et en réalité, pourquoi ça n'est pas possible ? Tout simplement parce que nous sommes des animaux sociaux, que nous avons besoin de nous rencontrer, de nous voir, d'échanger ensemble. chacun chez soi ne fabrique pas une société dans laquelle humainement nous nous épanouissons.
- Speaker #0
Avant qu'on parle d'intelligence émotionnelle, j'ai quand même envie de faire un petit détour par un de tes métiers qui est l'illusionnisme, parce que c'est très atypique en fait, je pense comme approche. En fait, tu es illusionniste et quel est le rapport ? Qu'est-ce que ça t'a appris sur les management ou les chefs d'entreprise ou la vie dans l'entreprise que je dirais les voies classiques ne t'auraient pas appris ?
- Speaker #1
L'illusionnisme m'a appris que notre perception n'est pas la réalité. Nous ne voyons pas le monde tel qu'il est. Nous ne le voyons qu'à travers notre histoire, nos attentes, nos croyances, nos émotions et l'endroit vers lequel notre attention a été dirigée. Donc en fait, moi, dans une salle, je peux faire vivre exactement la même expérience à plusieurs centaines de personnes. Elles ont toutes assisté à exactement la même scène, mais en fait, elles ne vont pas... pardonner tout à fait le même récit. Eh bien, c'est exactement la même chose dans une organisation. Un dirigeant annonce une transformation. Pour lui, c'est une opportunité. Pour un management, c'est une charge supplémentaire. Et pour un collaborateur, c'est peut-être une menace. Même événement, réalité émotionnelle différente. Donc, l'illusionnisme m'a également appris qu'avant de vouloir convaincre quelqu'un, il faut comprendre ce qu'il regarde et ce qui mobilise son attention. Enfin... J'en parlais tout à l'heure, il m'a appris l'humilité. Quand nous sommes victimes d'une illusion, on n'est pas stupide, mais notre cerveau cherche simplement à construire rapidement une réalité cohérente. Donc, le danger n'est pas d'avoir une perception, le danger, c'est de croire qu'elle constitue toute la réalité.
- Speaker #0
Si je comprends bien, ça veut dire que tu auras beau expliquer les choses à quelqu'un de ta manière, il ne le comprendra pas de la même manière que toi. Donc, la première chose à faire, c'est de voir qui tu as en face de toi et puis d'essayer de trouver les mots qui vont construire la bonne réalité, en fait. Et alors, évidemment, je ne peux pas empêcher de poser la question. Un illusionniste, c'est quelqu'un qui ment, finalement, puisque c'est quelqu'un qui crée une réalité qui n'existe pas. Et du coup, est-ce que mélanger cette histoire d'illusionnisme avec le management, il n'y a pas un truc, une dérive qui peut être dangereuse ? On imagine tous ces gourous, je dirais un petit peu illuminés, qu'il y a dans certaines boîtes, et que finalement, la boîte finit par ressembler à une espèce de secte. C'est-à-dire qu'on est complètement dans une réalité qui est alternative, qui n'a plus rien à voir avec la réalité commune. Je ne sais pas comment on dit s'il n'y a pas de réalité commune. Mais tu vois ce que je veux dire ? Est-ce qu'il y a quelque chose d'un petit peu risqué qui pourrait s'apparenter à la manipulation ?
- Speaker #1
Oui. Oui, tout à fait. La frontière se situe pour moi dans l'intention, dans la transparence et dans la liberté laissée à l'autre. L'influence, elle est inévitable. Dès que vous, moi, on prend la parole, qu'on pose une question ou qu'on choisit une information, on influence. La manipulation, elle commence lorsqu'on utilise les émotions de quelqu'un, principalement à son bénéfice à soi. en dissimulant son intention et en réduisant la liberté de choix. Je peux tout à fait utiliser ma compréhension des émotions pour obtenir artificiellement un oui. Ou alors, je peux l'utiliser pour créer les conditions d'une décision libre et éclairée. L'intelligence émotionnelle, elle n'est pas automatiquement morale. Elle va donner une capacité supplémentaire. Tout dépend de ce que nous en faisons. Donc moi, je me pose toujours trois questions. Est-ce que... mon intention, elle est respectueuse de l'intérêt de l'autre. Ça, c'est la première. Est-ce que je pourrais expliquer ouvertement la manière dont je cherche à l'influencer ? Et enfin, troisième question, est-ce que l'autre conserve réellement la possibilité de dire non ? Et en réalité, si la réponse est non, alors on se rapproche de la manipulation. Donc, l'influence, elle cherche l'adhésion. La manipulation, elle cherche la soumission. Donc, vraiment, l'intention, c'est le maître mot entre influence et manipulation.
- Speaker #0
Ok, ok. En plus, je pense que c'est assez cohérent quand on est management. Peut-être qu'on peut manipuler quelqu'un une fois, mais comme on est amené à vivre longtemps ensemble, la deuxième fois, ça doit marcher moins bien et la troisième, pas du tout. Donc, effectivement. Donc, faire la différence entre adhésion et soumission. Ok. Alors, intelligence émotionnelle. Alors, moi, tu vois, ça fait longtemps qu'on parle de management sur ce podcast et il y a une opinion qui est très répandue, qui est qu'il y a des gens qui sont faits pour le management parce qu'ils sont doués avec les gens et puis il y a des gens qui ne sont pas faits pour le management. Ça, on l'entend très, très souvent dans le milieu de l'entreprise. C'est vraiment quelque chose contre lequel on se bat chez Outils du manager parce que nous, on pense que... Le management, c'est plus une question de système, de rituel. Voilà, c'est quelque chose qui s'apprend. Et j'ai l'impression qu'il y 1 à 1 peu la même chose sur l'intelligence émotionnelle. Il y a des tempéraments, il y a des gens, et probablement qu'au départ, il y a des gens qui sont plus doués que d'autres dans ce domaine-là. Nous, on utilise beaucoup le modèle DISC, tu vois, et on sait que quelqu'un qui a le tempérament ou, je dirais, le profil consciencieux, il est un peu moins doué pour les émotions que quelqu'un qui a le... profil influent il va se méfier des émotions il va pas aimer les émotions etc etc et l'eau c'est quoi ton point de vue par rapport à l'intelligence émotionnelle est ce que c'est un truc qu'on a ou qu'on n'a pas voilà est ce qu'il ya des gens qui sont plus doués au départ peut-être en prenant des exemples de peut-être de gens que tu as conseillé tu pourrais nous dire si bah oui quelquefois c'est juste pas possible et parfois ça fonctionne mieux de se former à l'intelligence émotionnelle.
- Speaker #1
Oui, oui. Pour moi, je partage cette position. L'intelligence émotionnelle, alors ce n'est pas un don qui est réservé à quelques personnes qui sont naturellement empathiques. On a évidemment des dispositions différentes. Alors certains vont identifier plus facilement leurs émotions et d'autres sont plus à l'aise pour écouter, pour entrer en relation. Mais toutes ces capacités-là, elles peuvent se travailler. C'est ça qui est extraordinaire avec l'intelligence. Autant le QI, ça va être compliqué d'avoir un QI beaucoup plus élevé, autant le QE, donc le quotient émotionnel, lui, peut évoluer à mesure qu'on le travaille. L'intelligence émotionnelle, elle repose sur quatre aptitudes. C'est percevoir ce que je ressens. Donc, c'est vraiment percevoir ce que je ressens. Donc, c'est une écoute de soi. Comprendre ce qui se joue. en moi. Pourquoi ? Donc, c'est déterminé et pourquoi ? Le pourquoi va nous permettre de comprendre. Ensuite, la troisième chose, c'est réguler la réaction parce que très souvent, une émotion nous amène à réagir et donc on va, quand on développe son intelligence émotionnelle, y réfléchir plutôt que d'agir et c'est ce qu'on appelle la régulation. que de réagir sur le vif. Et puis, également, très important, prendre en compte les émotions de l'autre dans sa communication et dans ses décisions. On ne va pas du tout parler de la même manière selon les personnes et les profils des personnes qui sont en face de nous. Donc, ce sont des compétences, et une compétence, elle s'entraîne. On ne devient pas émotionnellement intelligent en lisant seulement un livre. on va le devenir par des comportements répétés. Donc, prendre quelques secondes avant de répondre, poser des questions, reformuler, demander un feedback, reconnaître une maladresse, nommer un désaccord sans attaquer la personne. Vous voyez, ce sont des signaux qui vous permettent finalement de vous dire « Ah, là, je suis en face de quelqu'un qui est émotionnellement intelligent. » Ou si ce que je viens de dire est complètement absent, là, vous savez Merci. que la personne n'a pas beaucoup développé son quotient émotionnel. Donc, l'intelligence émotionnelle, elle va devenir concrète lorsqu'elle va transformer en habitude des rituels malagériaux. Donc, voilà, l'émotion, de toute manière, est spontanée. Mais c'est la manière dont nous choisissons d'y répondre qui va s'apprendre.
- Speaker #0
En fait, dans les trois... Premier thème que tu as cité, c'est en fait, c'est vachement un travail sur soi, puisqu'en fait, tu as commencé par dire qu'il fallait être capable d'analyser ce qui se passait en soi avant de même, tu as même placé ça avant d'écouter l'autre. C'est-à-dire qu'en fait, il faut se connaître soi avant tout. Et comment ça marche ? Comment on fait pour se connaître ? Parce que souvent, en fait, pourquoi j'ai ça ? C'est parce que souvent, on est pris dans l'action, finalement. C'est assez rare finalement, par exemple quand on est en entretien avec quelqu'un, qu'on arrive en colère contre cette personne. Et pourtant, en quelques minutes, elle peut nous énerver et on peut se retrouver dans un état de colère. Et du coup, quand on est en colère, en général... On perd ses moyens et on fait peut-être ce qu'il n'aurait pas fallu faire. Comment ça marche, en fait ? Il faut s'arrêter ?
- Speaker #1
En fait, il faut comprendre une chose, c'est que le management, avant tout, ce n'est pas un psychologue. Lui, il a une équipe à faire tourner, il a des missions, et donc, évidemment, il a cet objectif qui est très clair et qui est généralement... qui lui est attribuée. Donc, souvent, on pense qu'il faut être un fin psychologue. Mais en fait, pratiquer l'intelligence émotionnelle, ça ne signifie pas de se demander chaque matin, à soi ou même à ses collaborateurs, de raconter son enfance, de comprendre le parcours, de comprendre pourquoi ils réagissent comme ça. Parce que très souvent, quand on tire le fil, On va chercher évidemment à nos blessures, souvent d'enfance. Mais en revanche, cela signifie tenir compte d'une réalité. Les émotions, elles influencent l'attention, les décisions, la coopération, la prise DISC, la créativité, l'engagement. Donc une personne qui est inquiète, elle ne va pas traiter une information comme une personne sereine. Une personne humiliée, elle ne va pas coopérer. avec une personne qui ne la respecte pas. Une personne qui ne se sent pas écoutée, elle finit souvent par ne plus parler ou par résister. Donc, on peut décider de ne pas s'intéresser aux émotions, mais elles, elles continueront malgré tout à agir. Donc, le rôle de chacun et d'un management, ce n'est pas de soigner les personnes, mais c'est de créer un cadre dans lequel, eh bien, elles peuvent travailler, parler franchement progresser, prendre leurs responsabilités. Donc, l'intelligence émotionnelle, ce n'est pas une couche de gentillesse déposée sur le management, mais c'est la condition de la performance durable. Et pour ça, quand tu parlais de travail sur soi, c'est de se poser et c'est de comprendre, finalement, de toujours partir d'un cas. Tu parlais de la colère. Eh bien, si 1 à 1 moment donné, tu t'es mis en colère, il faut comprendre d'où elle vient cette colère. Quel a été finalement le lien déclencheur et pourquoi elle nous a mis dans tous ces états ? Est-ce que c'est quelque chose qui est récurrent ? Est-ce que c'est quelque chose qui… Voilà, ou est-ce que c'est… À l'inverse, c'est vraiment extrêmement rare. Donc, se poser ce genre de questions va nous permettre finalement de… de mieux nous comprendre et surtout de se dire, mais si demain une telle situation arrive à nouveau, est-ce que je peux réagir différemment ? Voilà. Et donc, c'est pour ça que l'écoute est très importante, l'écoute de l'environnement, de l'autre, mais également l'écoute de soi. Il y a Taoupté, qui était un vizir égyptien, qui disait, celui qui sait écouter deviendra celui qu'on écoute. et... Et ça, c'est vraiment un de mes mantras.
- Speaker #0
En fait, c'était une de mes questions. Moi, quand on évoque ces sujets, souvent la réponse est non, mais tant. Moi, je suis chez une entreprise, je ne suis pas psychologue. Parce qu'effectivement, il y a ce mélange de dire si je dois commencer à aniser l'autre, je fais de la psychologie. Et en fait, ce que tu viens de dire, c'est une approche beaucoup plus mécanique des choses. Il se passe ça, je réagis comme ça, la prochaine fois, comment je vais réagir ? Ça ne veut pas dire que tu vas aller en profondeur à l'intérieur des gens pour essayer déjà de comprendre leurs blessures intimes, etc. Je veux dire, clairement, ce n'est pas du tout le job d'un management et d'un chef d'entreprise. Et je suis d'accord avec toi, je pense que ça peut même être dangereux, parce qu'on n'a pas tous les outils qu'un psy a.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
En revanche, ce que tu dis, qui est de dire, écoutez l'autre. Se dire, bah oui, mais il est dans tel état, donc forcément, je ne peux pas lui parler comme à quelqu'un qui serait dans un autre état, qui serait d'écoute, etc. C'est juste, on regarde l'extérieur de la personne, on ne regarde même pas à l'intérieur de la personne, on regarde comment elle réagit. Et la deuxième chose aussi que j'ai retenue dans ce que tu dis, parce que tu vois, je te dis, quand tu es en colère, en général, tu es sous le coup de la colère. Donc, c'est très difficile de prendre du recul et puis, dans l'action, de te dire, c'est ce que je suis en train de faire. effectivement, il faut peut-être commencer par se dire « mais la dernière fois que je me suis mis en colère, c'était pourquoi ? » C'est-à-dire le faire en dehors de l'action, en fait, pour avoir une espèce d'analyse qui se développe comme ça.
- Speaker #1
Et puis de se dire, est-ce que ça a apporté ses fruits ? Est-ce que d'avoir réagi de cette manière a été plutôt positif ? Est-ce que ça a permis de débloquer des situations ? Est-ce que ça a permis finalement d'aller vers un certain succès ? Si la réponse est non, et très souvent la réponse est non, ça veut dire qu'il faut faire différemment. J'en reviens au sens de la communication. Le sens de la communication est toujours obtenu par la réponse que l'on... Enfin, c'est toujours le... Pardon. Le sens de la communication dépend beaucoup de la réponse que l'on obtient. Voilà. Et que notre interlocuteur, il nous renvoie toujours le sens de notre message. Et que nous avons une part de responsabilité dans le comportement à venir de l'autre. Donc, ça, il faut en avoir conscience. Si vous êtes dans un espèce de jugement où c'est le tu accusateur, évidemment, c'est là que la relation s'effrite et puis finalement, elle va disparaître.
- Speaker #0
Ok. Alors moi, j'aime bien parler de ce qui est très pratique, tu sais. Oui. En fait, j'aimerais bien que tu donnes des conseils peut-être de pratique pour les gens qui nous écoutent, qui pourront mettre... en marche assez facilement sans avoir besoin de faire appel 1 à 1 spécialiste pour déjà peut-être tester un petit peu ce genre de truc, en gardant à l'esprit, c'est ce que tu viens de dire, qu'en fait on est là pour obtenir des résultats. Un chef d'entreprise, un management, il n'est pas là pour faire de la psycho, il est vraiment là pour obtenir une suite d'actions qui vont mener à des résultats positifs pour son entreprise. C'est quand même ça qu'on vise. Tout en évitant de manipuler les gens. Si tu as, je ne sais pas,
- Speaker #1
Bien sûr, Oui, oui. Alors, première pratique, remplacer le réflexe de réponse par le réflexe de question. Lorsqu'un collaborateur, il vient vous exposer une difficulté, eh bien, très souvent, on a le réflexe de donner immédiatement la solution ou une solution. Et en fait, ça, ça nous rassure. Ça nous donne le sentiment d'être utile. Alors qu'on pourrait très bien commencer par lui demander, mais comment est-ce que tu vois la situation ? Qu'est-ce que tu as déjà essayé ? Selon toi, quelle serait la première étape ? De quoi as-tu besoin de ma part ? Et en fait, en pratiquant le questionnement, ça évite de confisquer le problème et en plus de ça, ça va développer l'autonomie. Donc le rôle outils du manager n'est pas toujours d'apporter la bonne réponse. il est parfois d'aider l'autre à construire la sienne. Donc, moi, ce que j'invite nos auditeurs à tester, c'est que lorsqu'ils vont avoir, lors de leur prochaine sollicitation, eh bien, ils posent trois questions avant de donner le moindre conseil. Ça, c'est ma première pratique. La deuxième pratique, très, très, très, très sous-estimée en entreprise, c'est de pratiquer une reconnaissance précise. Moi, dans mes conférences, je... parle même de reconnaissance authentique. Dire bravo, c'est super, ça fait plaisir. Mais en réalité, ça renseigne peu la personne sur ce qu'elle a réellement bien fait. Donc une reconnaissance authentique ou utile, elle doit être extrêmement précise. Dans cette réunion, tu as laissé le client terminer, puis tu as reformulé son inquiétude avant de lui répondre. Ça, ça fait baisser la tension et ça nous a permis de trouver une solution. Voilà. Donc cette reconnaissance, elle dit trois choses. Un, je t'ai vu. Deux, ce que tu as fait a compté. Trois, voilà l'impact de ce que cela a produit. Donc ça, ça renforce le comportement qu'on souhaite voir se reproduire. Donc, encore une fois, à tester dès demain. Et ça, je vous invite à le faire très, très, très régulièrement. Alors pas tous les jours, dans un premier temps. vous allez pouvoir le faire une semaine, mais après, vous allez voir, ça va être du quotidien. Eh bien, chaque semaine et ensuite chaque jour, vous adressez une reconnaissance précise, intense, sincère à une personne en nommant le comportement observé et son effet.
- Speaker #0
Ça, j'aime bien. J'aime vraiment bien parce que, un, on est plutôt éduqué pour remarquer ce qui va mal. C'est ce qui nous permet de réussir en entreprise. Ce truc-là, il va mal. Et donc, chez nos collaborateurs, on peut avoir cette tendance de ne relever que ce qui ne va pas dans ce qu'ils ont fait. ou quand on fait un compliment, de le marier tout de suite avec quelque chose de négatif pour se dire, etc. Et puis le fait que ce soit sur quelque chose de précis, ça évite ce que j'appelle la bienveillance bête, c'est-à-dire on nous dit, il faut être gentil, et du coup c'est n'importe quoi, c'est-à-dire que tu es content de tout en permanence, il n'y a pas de mauvaise idée, il n'y en a que des bonnes, etc. Et finalement ce n'est pas crédible du tout et ça se retourne contre toi. Être très passif et travailler sur l'impact, en plus, ça permet de renforcer aussi ce qu'on attend du collaborateur. Donc,
- Speaker #1
top. Une troisième pratique que vous pouvez réaliser, c'est créer un temps entre l'émotion et l'action. Une émotion, c'est toujours une information. Ce n'est jamais une instruction. Donc, quand je suis contrarié, je peux avoir envie de répondre immédiatement 1 à 1 mail. ou d'interrompre quelqu'un ou de prendre une décision radicale. Et pourtant, ce n'est pas toujours le meilleur moment. Donc, moi, ce que j'invite, et c'est un outil que j'utilise au quotidien, c'est d'appliquer un rituel extrêmement court, qui revient à ce qu'on se disait tout à l'heure sur la connaissance de soi. Qu'est-ce que je ressens ? Qu'est-ce qui a déclenché cette émotion ? De quoi cette émotion cherche-t-elle à m'informer ? Et quelle réponse... sera utile à la relation et à la situation. Donc, on pourrait résumer très facilement en nommant, on nomme, on comprend et on choisit. Donc, le but, c'est surtout pas de supprimer l'émotion, mais c'est d'éviter qu'elle décide seule à notre place. Donc, attester encore une fois, ne pas envoyer un message important sous le coup d'une émotion forte. Voilà. On peut rédiger. Et ensuite, on attend. On le relie en se demandant, mais quel effet produira-t-il ce mail ? Et voilà. Donc, quand vous êtes dans une émotion très forte, même une émotion extrêmement positive, quelle que soit l'émotion, mais quand elle est très, très intense, à ce moment-là, c'est vrai que prendre le temps, c'est toujours le meilleur choix à faire. Voilà. Et puis peut-être une autre clé, une autre pratique, c'est de faire un pas de côté. Lorsqu'on est plongé dans une situation, nos émotions, très souvent, elles vont rétrécir notre champ de vision. Donc une question qui nous permet de reprendre de la hauteur est la suivante. Si un collègue que j'apprécie me racontait exactement cette situation, quel conseil lui donnerais-je ? Donc, voilà, on peut aussi se demander, mais qu'est-ce que je sais réellement ? Qu'est-ce que je suis en train d'interpréter ? Quelle autre explication serait possible ? Et donc ça, c'est vraiment, vraiment utile lorsqu'on prête une intention à quelqu'un. Lorsqu'on dit, oui, cette personne-là ne me respecte pas, ou cette personne-là cherche à me contourner, ou cette personne-là est toujours opposée au moindre changement. Peut-être, mais au départ, ça reste une interprétation. Donc... attesté, c'est séparé, et souvent on le fait par écrit, les faits qu'on observe de l'histoire qu'on est en train de nous raconter, et puis les faits et la réalité que l'on voit en définitive. Donc ça c'est vraiment toujours intéressant. Et puis il y 1 à 1 outil, j'y avais pas pensé, mais en t'en parlant je me dis ça, c'est d'installer une météo relationnelle. Alors ça, vraiment, ça devrait être une obligation. Vas-y,
- Speaker #0
qu'est-ce que c'est ce truc-là ?
- Speaker #1
Alors, c'est-à-dire qu'au début d'une réunion d'équipe, chacun peut répondre en quelques secondes ou en quelques mots à une question simple, dans quel état d'esprit j'arrive aujourd'hui ? Donc, là encore, je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est pas une séance de thérapie, mais c'est juste de rendre visible une information qui va influencer. de toute façon, la réunion. Une personne peut dire, écoutez, moi, je suis très, très préoccupé par un dossier. D'autres vont dire, voilà, moi, je suis très enthousiaste. Ou d'autres qui vont dire, je manque d'énergie. Ou simplement donner une note de disponibilité. Et en fait, ça, de le pratiquer, ça va permettre d'éviter énormément d'erreurs d'interprétation. Un silence peut venir d'une inquiétude personnelle ou d'une surcharge. et non d'un désaccord ou d'un manque d'application. Donc, un petit tour de table de quelques secondes, sans commentaire, sans jugement, je vous assure que c'est la meilleure des manières de co-construire une réunion extrêmement efficace.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'inclus dans la météo ? C'est-à-dire que toi, en tant qu'animateur de La Réunion, est-ce que tu donnes aussi ton état d'esprit, ta notre disponibilité ? Oui,
- Speaker #1
bien sûr, bien sûr. Oui, oui, un management, ce n'est pas un homme tout puissant. C'est un homme avec des émotions. Et donc, nous sommes des êtres relationnels. Et donc, je trouve que c'est très courageux de dire, écoutez, aujourd'hui, je suis très préoccupé, sans aller... expliquer ce qui nous préoccupe ou j'ai un problème personnel qui fait que je suis parfait je me rends compte que je suis que je peux être irritable voilà tout ça fait du bien ça fait du bien de l'entendre vous voyez parce que sinon on peut commencer à se poser des questions et interpréter ce comportement par rapport à soi alors que il n'y a aucun lien et une des grandes erreurs que je vois moi dans les organisations c'est l'interprétation il m'arrive très souvent d'interpréter des situations et entre une réalité et une interprétation, il y a souvent un fossé. Donc oui, oui, tout le monde doit le faire et je vous assure que c'est tellement peu pratiqué que quand c'est pratiqué, ça fait du bien et les gens vous remercient.
- Speaker #0
Et je me rends compte, pendant que tu en parles, que je le pratique dans une de mes boîtes et pas dans l'autre et je suis d'accord, c'est tellement simple. Et ça change tellement tout que c'est super facile de dire, la première fois c'est un peu bizarre, tout le monde se dit, qu'est-ce qu'il y prend ?
- Speaker #1
Évidemment,
- Speaker #0
de la troisième réunion, tout le monde est habitué. Alors, si on se projette, imaginons maintenant on est dans une boîte et puis toutes les personnes de la boîte font les 4 ou 5 pratiques que tu viens de partager, qu'est-ce que ça va produire dans 6 mois, dans cette entreprise ou dans cette équipe ? C'est quoi qui va se transformer ? Qu'est-ce qui va se passer, en fait, finalement ?
- Speaker #1
C'est une excellente question.
- Speaker #0
C'est un intérieur à toi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, bien sûr. Alors, c'est une excellente question. Et d'ailleurs, c'est la question cruciale, en définitive. Pourquoi investir autant ? Pour quels résultats ? Eh bien, en fait, les résultats, on peut le voir dans les comportements très concrets. En fait, les collaborateurs, ils vont oser davantage dire, je ne sais pas, ou... Je ne suis pas d'accord. Les problèmes remontent plus tôt avant de devenir des crises. Les réunions comportent moins de silence de façade et davantage de vrais échanges. Les management vont donner moins systématiquement les solutions et les collaborateurs vont prendre davantage d'initiatives. Les erreurs sont analysées au lieu d'être dissimulées. Les feedback deviennent plus précis. et les tensions sont traitées plus rapidement. Donc, on peut également poser régulièrement quelques questions anonymes. Puis-je exprimer un désaccord sans craindre d'être pénalisé ? Mon management, est-ce qu'il prend réellement compte de mon point de vue ? Les erreurs peuvent-elles être abordées ouvertement ? Est-ce que je comprends comment mon travail contribue au collectif ? Est-ce que les réussites et les progrès sont reconnus ? Aïe, oh ! Évidemment, on peut aussi observer l'absentéisme, le turnover, l'engagement ou les résultats. Mais je n'aime pas trop réduire l'intelligence émotionnelle 1 à 1 score. Le premier signe de progrès, il est très simple, c'est la qualité des conversations qui change. Donc une équipe qui progresse lorsque les sujets difficiles peuvent être abordés plus tôt, plus clairement et avec moins de peur.
- Speaker #0
J'ai une question spécifique. En fait, en entreprise, on peut avoir des relations en tête-à-tête avec les gens et on peut avoir des prises de parole devant un public qui est plus important. Et moi, c'est toujours une question que je me suis posée. Quelqu'un comme toi qui est intervenu de nombreuses fois auprès du public, qui sont quand même… composé de personnes toutes complètement différentes les unes des autres comment tu fais parce que ce que tu viens d'expliquer ça marche vachement dans de la relation en one to one c'est à dire en duo ouais voilà parce que je lis directement les réactions de la personne en fait de moi etc ça marche peut-être en petit comité avec cinq personnes et je pense que ce que tu dis de démarrer la réunion en disant bah chacun met son mood du jour etc ça ça permet déjà de... Mais quand tu es devant, je ne sais pas, tu dois faire une prise de parole et devant toi, tu as 100 personnes. Comment ? Comment tu gères ? Comment tu fais pour être convaincant pour chacun de ceux qui sont devant toi, sans pouvoir analyser chacun de ceux qui sont devant toi ? Parce que tu as une technique là-dessus, je te prends un petit peu au dépourvu là-dessus, mais je trouve que c'est peut-être l'angle mort qu'on n'a pas évoqué.
- Speaker #1
C'est une très bonne question, et en réalité c'est mon quotidien professionnel, puisque moi je peux intervenir devant des tout petits comités, un comèque de 9-10 personnes, Et puis je peux intervenir devant une très grande assemblée, plusieurs milliers de personnes. Et puis entre-temps, tous les formats, 50, 100, 200, 300, 500, 700. Donc c'est une véritable question. Moi, je suis parti quand je me suis intéressé à ce concept d'utiliser les mécanismes de l'illusion pour offrir un nouveau regard sur l'art managérial. Je me suis dit, en ayant vu beaucoup de conférenciers quand j'étais plus jeune, me dire, je ne veux pas offrir seulement un beau discours. Le discours que je veux offrir, c'est un discours de preuve. Je veux prouver ce que je dis. Et donc pour prouver ce que je dis, il va falloir que je fasse des expériences. Donc je fais des expériences en live qui sont à la croisée des chemins entre les sciences sociales, les sciences cognitives et les sciences de l'illusionnisme. Ces expériences vont créer un effet « waouh » parce que c'est très surprenant, c'est inattendu. Mais ce qui va être doublement « waouh » et c'est là que ça va être intéressant, c'est d'expliquer. tout le processus cognitif, émotionnel qui m'a permis de réussir. Et quand j'explique ce processus, je vais montrer que, oui, comme les gens qui sont en face de moi, j'ai des compétences, un savoir-faire, évidemment, sinon je ne serais pas là. Mais si j'ai réussi, c'est aussi parce que j'ai activé d'autres leviers, des leviers plus émotionnels et en réalité des leviers plus invisibles. Parce que tout ce dont on a parlé, ce sont que des... C'est de l'invisible. Quand on parle d'écoute, quand on parle de confiance, quand on parle d'engagement, quand on parle de coopération, ça passe rarement par des mots, ça passe aussi par des gestes, des attentions. Et donc, l'idée pour moi, c'est de rendre visible l'invisible. Et quand je fais ça, évidemment, je crée une double surprise, c'est un peu le deuxième effet qui se coule. Et en fait, ça amène l'auditoire à se réinterroger sur ses propres pratiques. Parce qu'en faisant ça, je ne parle plus de moi, je parle d'eux. Et donc, du coup, ça amène finalement chacun à se réinterroger et à se dire « Waouh ! » Mais moi, dans mon quotidien professionnel, je suis également confronté à ce type de situation. Et est-ce que, quel est le chemin que je prends, moi, pour y faire face ? Voilà, donc, ce sont toujours des démonstrations. Et moi, je crois fondamentalement, d'ailleurs, c'est pour ça que ça marche, parce que finalement, on se reconnaît. J'agis comme un espèce de miroir. Un miroir grossissant, mais un miroir quand même.
- Speaker #0
Super. Alors, si on a envie d'aller plus loin, si on a envie justement d'assister à ça, comment on peut faire ? Comment on peut te voir ou comment on peut voir cette chose-là se faire sous nos yeux ? Comment on fait ?
- Speaker #1
Oui. Alors, en fait, il y a deux moyens. Moi, mais aujourd'hui, les personnes pour qui j'interviens, ce sont exclusivement des entreprises... ou des administrations. Et ça peut être une toute petite entreprise. Je peux intervenir pour une PME de 10, 20, 30, 40 personnes, vous voyez. Et puis, je peux intervenir jusqu'à des management ou des dirigeants d'un grand groupe du CAC 40. Donc, ça part toujours d'un besoin d'un dirigeant quand c'est une PME ou d'un DRH, d'un DIRCOM, d'un... d'un DG par rapport à ça. Il y a ces interventions-là, publiques, privées, et puis il y a beaucoup d'associations en France de dirigeants, j'en cite quelques-unes, mais le CJD, l'APM, les DCF, le METEF, qui organisent, eux, des événements avec, très souvent, des dirigeants d'entreprises, des entrepreneurs, et donc, hop, eux, ils me... Ils me contactent pour venir réaliser une conférence devant un auditoire. C'est les deux moyens pour me voir. Moi, je ne me produis pas seul. Je n'organise pas d'événement où j'invite les gens. Je rentre toujours dans un événement qui est créé par une personne ou une organisation.
- Speaker #0
D'accord. Donc, on mettra en descriptif du podcast la manière... dont on peut te joindre et être au courant de ce que tu fais. Est-ce que tu as une dernière chose que tu as envie de dire aux dirigeants et aux management qui nous ont écoutés, qui pensent peut-être que ça, ce n'est pas trop pour eux ?
- Speaker #1
Ah oui, moi je leur dirais que l'intelligence émotionnelle, elle n'est pas réservée aux personnes démonstratives, ou extraverties, ou particulièrement sensibles. Il ne s'agit pas de devenir quelqu'un d'autre, il s'agit simplement de mieux comprendre ce qui se passe en soi, et entre soi et les autres. Donc on peut commencer très modestement, écouter une minute de plus, poser une question avant de répondre. reconnaître une contribution ou attendre avant d'envoyer un message écrit sous le coup de l'agacement. Vous voyez, ce sont des gestes simples, mais qui vont vous amener vers le développement de l'intelligence émotionnelle. On ne transforme jamais une culture d'entreprise en un jour, mais par contre, on peut transformer une interaction dès demain matin. Une culture, c'est finalement rien d'autre que la répétition de milliers d'interactions. Donc voilà. Moi, c'est ce que j'essaie de développer à travers mes conférences, à travers mes écrits. C'est pour ça qu'il y a des livres. Je publie aussi trois fois par semaine sur LinkedIn. Ce sont toujours des réflexions sur l'intelligence émotionnelle, le management, l'attention, la relation humaine. Voilà. Et donc, dans un monde où finalement, ce qu'on disait, c'est que les machines étaient de plus en plus capables de nous répondre. eh bien... Notre valeur, elle résidera peut-être dans notre capacité à mieux nous écouter.
- Speaker #0
On est bien d'accord. Merci infiniment, Régis. Et puis, à une prochaine fois.
- Speaker #1
Avec plaisir.