Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast de la Parentalité Intégrative, l'espace dédié à l'accompagnement du développement psychologique et émotionnel de votre enfant. Comment accompagner votre enfant vers la meilleure version de lui-même, tout en respectant votre intégrité et l'harmonie familiale ? Pourquoi et surtout comment créer cet environnement dans lequel il pourra se sentir pleinement en sécurité et ainsi acquérir toutes les compétences qui feront de lui un enfant heureux ? Un enfant bien avec lui-même et donc un enfant bien avec les autres. Comment vous accompagnez-vous, parents, vers la guérison des blessures de votre passé, celles qui s'inscrivent dans le cadre de votre héritage familial et qui trop souvent entravent la parentalité que vous souhaitez de tout cœur offrir à votre enfant ? Je m'appelle Nathalie Griez et je mets mes compétences de thérapeute familiale et systémique au service de votre parentalité. Bonjour, ce podcast est le premier d'une série de plusieurs épisodes consacrés au développement émotionnel de votre enfant. J'ai créé cette série pour vous donner des clés, afin de soutenir votre enfant dans l'apprentissage de la gestion de ses émotions. La gestion des émotions n'est ni une compétence innée, ni quelque chose qui apparaîtrait spontanément chez votre enfant à un âge précis, simplement parce qu'il serait devenu plus mature. C'est une compétence qui s'acquiert progressivement au fil des années et pour cela votre enfant a besoin d'être accompagné et guidé par un adulte. Et cet adulte, c'est vous, son parent. Est-ce que, comme beaucoup de parents, il vous arrive parfois de vous sentir complètement démuni face aux crises émotionnelles de votre enfant. Comment réagir lorsqu'il fait une grosse crise de colère ou lorsqu'il tente avec toute son énergie de s'opposer à ce que vous attendez de lui en tapant du pied, en criant, en vous insultant des fois ? Et que se passe-t-il en vous quand votre enfant traverse une période dans laquelle il se retrouve en permanence envahi par la peur ou qu'il éclate en sanglots pour un rien ? sans que vous compreniez vraiment pourquoi. Dans ma pratique, je rencontre souvent des parents qui n'arrivent plus à gérer ces situations et qui se sentent dépassés. Les émotions de votre enfant peuvent prendre beaucoup de place dans votre quotidien. Elles influencent l'ambiance à la maison et elles vous touchent souvent profondément, surtout quand son désarroi semble inconsolable. Alors, à quoi servent ces émotions qui peuvent être si fortes chez votre enfant ? Comment pouvez-vous l'accompagner dans ces moments ? Et comment pouvez-vous l'aider à acquérir progressivement la capacité de les gérer pour qu'un jour, elle ne le submerge plus ? Tout d'abord, regardons ce qu'est une émotion. Une émotion, c'est une réaction spontanée déclenchée par notre cerveau et ressentie dans notre corps lorsqu'il se passe quelque chose d'important autour de nous ou en nous. C'est une réaction naturelle qui signale qu'un besoin essentiel est touché. Essayons de voir cela à travers quelques exemples tirés du quotidien. Imaginons que votre enfant entende soudain un chien aboyer. Instantanément, il sursaute, il a peur, il se rapproche immédiatement de vous. Cette émotion de peur apparaît parce que son besoin fondamental de sécurité est menacé. Un autre exemple, après une longue journée d'école, il vous voit arriver, il vous sourit dès qu'il vous aperçoit, il court vers vous avec enthousiasme, il est heureux de vous retrouver. Cette fois-ci, c'est l'émotion de joie qui apparaît parce que son besoin de proximité et de réconfort est comblé à ce moment-là. Une autre fois, vous demandez à votre tout petit bonhomme d'arrêter de jouer parce que c'est l'heure du bain. Il se met alors en colère et commence à crier. Son émotion exprime cette fois une frustration, son besoin de continuer à jouer ou d'affirmer son autonomie est contrarié. Dans tous ces exemples, l'émotion de votre enfant est intense et instantanée. Il ne choisit pas consciemment de réagir ainsi. Son corps et son cerveau déclenchent cette réaction de façon automatique. Lorsqu'il est submergé par une émotion forte, il a besoin de vous, il a besoin de votre présence rassurante pour comprendre ce qu'il ressent, pour apprendre à s'apaiser et progressivement pour apprendre à mieux gérer par lui-même ce qui se passe en lui et donc ses réactions. Maintenant que nous savons mieux ce qu'est une émotion, nous pouvons nous demander à quoi elle sert exactement. Pourquoi votre enfant ressent-il autant d'émotions et pourquoi certaines sont si intenses ? Les émotions ne sont jamais inutiles, elles ont toujours une fonction bien précise. Il y a trois grands principes. Premièrement, les émotions nous orientent. Une émotion agit comme un signal qui attire immédiatement notre attention vers quelque chose d'essentiel pour nous. Encore un exemple, votre enfant ressent soudain une peur intense lorsqu'il vous perd de vue dans un lieu public. Cette peur, elle n'est pas là par hasard. Elle le pousse immédiatement à réagir pour retrouver la sécurité de votre présence. De la même façon, la colère pourrait lui signaler qu'une limite importante a été franchie ou que quelque chose lui paraît injuste. La tristesse indiquerait qu'il a besoin de réconfort, d'être rassuré ou qu'il ressent un manque affectif. Chaque émotion intense qu'exprime votre enfant révèle ainsi un besoin fondamental. Et c'est très précieux pour vous en tant que parent, car cela vous donne des indications sur ce qu'il ressent vraiment. En deuxième, les émotions nous protègent. Elles déclenchent automatiquement des réactions adaptées à ce qui se passe autour de nous ou en nous pour nous permettre de retrouver rapidement notre équilibre intérieur. Quand votre enfant ressent de la peur, son corps se prépare instinctivement à réagir face au danger. Son cœur bat plus vite, ses muscles se tendent. C'est un mécanisme naturel qui lui permet de fuir le danger et de courir vers vous pour se mettre en sécurité. Même des émotions difficiles comme la honte ou la culpabilité ont une utilité. Quand un enfant ressent de la culpabilité après avoir fait mal à un camarade, par exemple, c'est son émotion qui va l'aider à comprendre qu'il a fait quelque chose qui blesse l'autre et qui peut abîmer l'amitié qu'ils ont. Elle l'aide à ajuster son comportement pour que les choses se passent mieux entre eux. Troisièmement, les émotions nous connectent à l'autre. Votre enfant communique ses besoins par ses émotions bien avant d'être capable de les exprimer clairement avec des mots. Quand il pleure, quand il sourit, quand il crie ou qu'il manifeste de la colère, il vous informe de ce qu'il vit à l'intérieur de lui-même. Et il a besoin de vous. C'est en répondant à ses émotions avec empathie et aussi avec présence que vous lui apprenez qu'il peut compter sur vous, que vous êtes là pour lui et que vous lui offrez un espace de co-régulation. Ces échanges émotionnels réguliers sont la base du lien d'attachement qui se construit entre vous et lui. Les émotions de votre enfant ne sont jamais inutiles ni exagérées. Elles sont naturelles, elles ont toujours du sens et elles sont là pour orienter, protéger et renforcer le lien qui vous unit. Alors, pourquoi votre enfant est-il submergé par ces émotions ? Vous vous demandez peut-être pourquoi votre enfant est si souvent débordé, pourquoi ses réactions peuvent être à ce point intenses, parfois même elles vous semblent disproportionnées. Et la réponse se trouve dans son cerveau. Son cerveau est encore en plein développement, et les régions qui permettent de gérer les émotions ne sont pas encore arrivées à maturité. En réalité, ces régions ne seront complètement matures que bien plus tard, à l'adolescence, voire même à l'âge adulte. Cela signifie que votre enfant ne peut pas encore gérer seul ses émotions quand elles sont si fortes. Il ne le fait pas exprès, il n'exagère pas, surtout pas volontairement. C'est parce que son cerveau n'est pas encore capable de calmer seul ses émotions intenses. Pour réussir à retrouver son calme et son équilibre émotionnel, votre enfant a besoin d'un adulte qui soit présent, calme et rassurant auprès de lui. Cet adulte, c'est vous, son parent. Votre présence à ses côtés est ce qui lui permet petit à petit d'apprendre à s'apaiser, à comprendre ce qu'il ressent et à réguler ses émotions. et donc son comportement. C'est précisément ce qu'on appelle la co-régulation. Vous êtes aux côtés de votre enfant quand il ressent une émotion intense, vous reconnaissez et accueillez ce qu'il vit et ainsi vous lui apprenez progressivement comment traverser et apaiser ses émotions par lui-même. Votre accompagnement lui permet petit à petit de développer ses propres capacités de régulation émotionnelle. Alors, comment pouvez-vous concrètement l'aider grâce à la co-régulation ? Cette co-régulation, c'est votre outil le plus précieux pour lui montrer le chemin. Elle consiste à être présent auprès de lui, à accueillir son émotion et à l'aider à retrouver progressivement son équilibre intérieur. Votre présence calme auprès de lui est essentielle. À ce moment-là, il perçoit instinctivement votre sérénité et c'est précisément cela qui lui permet de s'apaiser à son tour. En réalité, son cerveau, qui est encore immature, s'accorde à votre émotion. état intérieur plus calme et plus régulé. Il sent qu'il est en sécurité auprès de vous, ce qui fait progressivement diminuer son stress. Alors les régions de son cerveau qui l'aident à retrouver le calme peuvent s'activer de plus en plus facilement. Grâce à ces expériences répétées à vos côtés, il développe petit à petit ses propres capacités à gérer ses émotions. Une manière très naturelle d'être aux côtés de votre enfant lorsqu'il ressent une émotion intense consiste simplement à reconnaître ce qu'il traverse et à lui refléter doucement cette émotion. Vous mettez alors des mots simples sur son ressenti. « Je vois que tu es triste parce que ton jouet est cassé » ou bien « J'imagine que tu es en colère parce que tu voulais continuer à jouer » . En ajustant votre ton de voix et votre expression, vous lui montrez que vous comprenez sincèrement ce qu'il ressent. « Oh, ça a dû vraiment te faire de la peine ! » Ou encore « Ben oui, je comprends que tu sois très en colère ! » Cette manière d'accueillir et de refléter l'émotion ressentie par votre enfant est ce qu'on appelle le miroir affectif. Cela lui permet de mieux identifier ses émotions, de se sentir compris et progressivement d'apprendre à réguler lui-même ses réactions émotionnelles. D'ailleurs, si ce sujet vous intéresse particulièrement, un podcast entier de cette série lui est déjà consacré. Il s'intitule « Au-delà du reflet, le miroir affectif dans le développement émotionnel de l'enfant » . Alors que se passe-t-il si les émotions de l'enfant ne sont pas reconnues et ne sont pas accompagnées ? Lorsqu'un enfant ressent une émotion intense, mais qu'il ne reçoit ni reconnaissance ni accompagnement pour l'aider à la traverser, il y a des conséquences dans son développement. Tout d'abord, quand l'enfant est laissé seul avec son émotion, il reste submergé par ce qu'il ressent. Son cerveau va continuer à percevoir la situation comme menaçante et cela déclenche une sécrétion prolongée de cortisol, l'hormone du stress. Lorsque cela se produit trop souvent ou de manière trop intense, le cortisol a des effets négatifs sur le cerveau de l'enfant qui se trouve lui en plein développement. Concrètement, cela perturbe la maturation des régions cérébrales qui sont essentielles pour la régulation émotionnelle, comme par exemple le cortex préfrontal ou précisément toutes ces régions qui ont besoin de votre soutien et de votre calme pour pouvoir se développer correctement chez votre enfant. Si en plus de ne pas être accompagné, l'enfant reçoit des reproches ou des critiques parce qu'il exprime une émotion forte, comme par exemple « arrête enfin de pleurer » ou « arrête de pleurer » calme-toi tout de suite, tu fais des caprices. Alors il apprend que ses émotions ne sont pas acceptables, voire même qu'elles font de lui quelqu'un de mauvais. Peu à peu, il va intégrer en son fort intérieur l'idée que ce qu'il ressent n'est pas normal, qu'il y a quelque chose en lui qui n'est pas digne d'être aimé. Cette expérience répétée crée un sentiment durable d'insécurité affective et abîme profondément l'estime qu'il a de lui-même. Et pour ne plus ressentir cette souffrance d'être incompris ou même rejeté, votre enfant peut alors, sans en avoir conscience, commencer à se couper de ses émotions. Ce mécanisme inconscient, que l'on appelle dissociation émotionnelle, lui permet temporairement d'éviter la souffrance dans l'instant. À plus long terme, cela le prive d'une ressource intérieure pourtant si précieuse, ses émotions justement. Les émotions, nous le savons, elles jouent un rôle essentiel tout au long de la vie. Ce sont elles qui sont censées lui fournir des signaux précis pour qu'il puisse identifier ses propres besoins, comprendre les situations dans lesquelles il se trouve et faire les choix les plus adaptés pour lui-même. Ainsi, un enfant qui apprend tôt soit à se couper de ses émotions, soit à les cacher, risque plus tard d'éprouver de grandes difficultés à identifier clairement ses émotions, à exprimer ses besoins, à entrer en relation harmonieuse avec les autres ou même à prendre des décisions bénéfiques pour lui-même. À l'adolescence et à l'âge adulte, cela peut se traduire par des comportements problématiques comme de l'impulsivité, de la colère excessive, des difficultés relationnelles ou au contraire un grand vide intérieur, un retrait relationnel et un manque de joie et d'épanouissement. Enfin, certains parents, lorsqu'ils se sentent dépassés ou gênés par les émotions intenses de leur enfant, peuvent être tentés de le gronder fortement, de lui demander sévèrement de cesser immédiatement son comportement. Cette attitude est très contre-productive. En effet, l'enfant ne fait pas exprès. Il n'a pas encore les capacités neurologiques de s'apaiser seul. Ce dont il a besoin à ce moment-là, c'est précisément d'être accueilli, rassuré et guidé par son parent. Et dans ces moments-là, le stress s'intensifie. Il a déjà le stress, l'émotion par rapport à ce qu'il vit, et il reçoit en plus de ça une fâcherie de la part de son parent, et cette émotion, elle augmente. le stress s'accentue et la production de cortisol est encore plus forte. plus élevés. Alors, certains parents peuvent avoir des difficultés à accueillir les émotions intenses de leurs enfants, simplement parce qu'eux-mêmes n'ont jamais bénéficié de cet accompagnement lorsqu'ils étaient eux-mêmes petits ou lorsqu'ils n'ont pas appris à reconnaître et à gérer leurs propres émotions. Si un parent se trouve dans cette situation, il est important qu'il sache qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre à accompagner autrement son enfant. En effet, grâce à la plasticité cérébrale, notre cerveau reste capable, à tout âge, de développer de nouvelles compétences émotionnelles. Cela peut demander du temps, un peu de patience et parfois une aide extérieure, mais cet apprentissage est toujours possible. En faisant ce chemin, le parent construit peu à peu un lien affectif solide avec son enfant. Un lien qui va lui permettre de se sentir en sécurité et d'acquérir progressivement cette capacité à comprendre et à réguler ses émotions. Toute la famille grandit. Les neurosciences affectives nous informent clairement sur le développement émotionnel de l'enfant. Nous savons désormais que le cerveau humain est particulièrement sensible à l'environnement émotionnel, surtout dans les premières années de vie, quand l'enfant est en pleine construction. Lorsque vous l'accompagnez avec empathie et que vous lui offrez un environnement émotionnel sécurisant, son cerveau fait régulièrement des expériences positives de réconfort, d'apaisement et de sécurité affective. Ces expériences qui se répètent favorisent la maturation des régions cérébrales qui sont impliquées dans la régulation émotionnelle, notamment le cortex préfrontal. A chaque fois que votre enfant traverse une émotion intense en votre présence calme et rassurante, son cerveau apprend à mieux identifier cette émotion, à comprendre comment revenir au calme et à réagir de façon adaptée la prochaine fois qu'il sera confronté à une situation similaire. C'est ce processus que l'on appelle l'autorégulation émotionnelle. A l'inverse, un environnement émotionnel marqué par du stress, des réactions imprévisibles ou une absence d'accompagnement émotionnel affectent négativement le développement cérébral de l'enfant. En effet, lorsque les émotions fortes restent trop longtemps sans réponse adéquate, Son cerveau perçoit constamment une situation d'insécurité, de menace. Cela provoque une libération répétée de cortisol, comme nous l'avons vu plus haut, qui est l'hormone du stress, et qui, lorsqu'elle est trop fréquente et trop prolongée, perturbe le développement normal des régions cérébrales qui sont essentielles à la gestion des émotions. En conséquence, cet enfant pourra rencontrer des difficultés durables dans sa capacité à gérer ses émotions de manière autonome à mesure qu'il grandit. Alors, quel parent souhaitez-vous être au fond de votre cœur ? Lorsque vous pensez à votre enfant au fond de votre cœur, vous souhaitez le meilleur pour lui. Vous souhaitez certainement être un parent capable de lui offrir ce dont il a réellement besoin pour bien grandir, pour s'épanouir et devenir autonome et équilibré. Et si pour devenir ce parent que vous désirez être, il suffisait simplement de changer votre regard sur les émotions intenses que votre enfant traverse ? Non pas comme des difficultés ou des problèmes à résoudre, mais comme autant d'occasions précieuses d'apprentissage, aussi bien pour lui que pour vous. Votre enfant doit progressivement acquérir la capacité à gérer ses émotions et peut-être que vous aussi êtes en train d'apprendre à mieux accueillir les siennes, et les vôtres aussi d'ailleurs. En faisant ce chemin ensemble, vous progressez vers des conditions idéales, celles d'une famille où chacun peut se sentir compris, entendu et en sécurité. Cette façon de considérer les émotions de votre enfant vous ouvre la porte vers plus d'harmonie familiale, plus de complicité et de bien-être partagé. Parce que finalement, accompagner votre enfant dans la découverte et la gestion de ses émotions, c'est vous offrir à tous les deux la possibilité de grandir ensemble. Merci d'avoir été là pour cet épisode. Merci pour votre engagement, votre présence, votre écoute. Merci d'avoir rejoint la communauté de la parentalité intégrative le temps de ce podcast. Une communauté de parents en chemin, sensibles au lien, à la croissance intérieure, au respect de l'enfant dans sa richesse et dans la sensibilité de son être. Avant de nous quitter, je vous laisse avec ces quelques mots. comme une invitation à explorer un autre chemin. Le parent intégratif ne façonne pas l'enfant. Il s'emploie à protéger le lien dans lequel sa lumière peut rayonner librement. À bientôt !