Speaker #0Bienvenue dans Parle-moi de cheval, le podcast où on papote chevaux sans filtre, entre passion, réflexion et petites remises en question. Je suis Marion, propriétaire d'Eol, un poulain curieux et de roi, un châtelain avec plus de caractère que de centimètres. Mes chevaux vivent à la maison et ici, je te partage tout. Mes expériences, des interviews inspirantes, des études scientifiques et quelques anecdotes croustillantes. Parce qu'avoir un cheval c'est magique, mais ce n'est pas que des licornes et des paillettes. Avec moi, on parle vrai, on parle bien-être et surtout, on parle cheval. Un nouvel épisode t'attend chaque semaine, alors installe-toi bien, on en a des choses à se raconter. La semaine dernière, je t'ai raconté mon parcours et comment la demi-pension a complètement changé ma relation au cheval. Mais en fait, je me rends compte maintenant que je ne t'ai même pas expliqué ce que c'était vraiment. Alors la demi-pension, ou souvent on dit DP pour les intimes, c'est un échange de bons procédés entre le propriétaire d'un cheval et un autre cavalier. En gros, si je pouvais résumer, ce serait un échange contre participation financière, souvent la moitié de la pension, où le cavalier s'occupe du cheval du propriétaire quelques jours par semaine. Et bien sûr, il existe de nombreuses variantes. Là, je vais t'en citer deux. Le tiers de pension, c'est le même principe que la demi-pension, sauf qu'il y a moins de jours dans la semaine, souvent deux. Ou encore le confiage. Là, c'est un peu différent. Le cavalier, il va gérer tout comme si c'était son propre cheval, sauf que légalement, il ne l'est pas. Le proprio, lui, garde tous ses droits dessus, même s'il ne met jamais un pied aux écuries. En général... tout se formalise avec un contrat signé entre le propriétaire et la DP, histoire d'éviter de nombreux conflits. Personnellement, j'ai eu deux expériences de DP qui ont carrément changé ma vie de cavalière. Ça, tu le sais déjà si tu as écouté l'épisode de la semaine passée. Si ce n'est pas le cas, je t'invite à faire une pause et à aller l'écouter avant d'entendre la suite. Avec ces deux expériences, j'ai appris mille fois plus qu'avec mes dix années en centre équestre. surtout au niveau de la gestion du cheval et de ses soins. Ça m'a aussi permis de passer à l'achat de mon propre cheval et même de mes propres chevaux beaucoup plus sereinement. Mais, parce qu'il y a toujours un mais, je trouve que la DP traîne une sale réputation sur les réseaux sociaux. Je lis souvent des histoires de galères, de proprio abusives, de cavaliers dépassés, avec des conflits de communication. Bref, on entend surtout parler des ratés. Et en matière de demi-pension, je pense qu'on peut vite passer du rêve au cauchemar. Alors aujourd'hui, je te propose de faire le tour de la question sous trois angles. Le premier avec mon expérience personnelle et des petites anecdotes croustillantes à souhait. Le point de vue des propriétaires et en dernier celui des demi-pensionnaires avec toutes mes astuces pour que ça se passe bien. Avant d'entrer dans le vif du sujet, il m'était essentiel que je te partage mon propre vécu en tant que demi-pensionnaire. C'est grâce à ces expériences et avec leur réussite et leurs difficultés que j'ai pu tirer des leçons sur ce qui fonctionne et ce qui peut poser problème. Alors lorsque j'ai eu 18 ans, je me suis mise à la recherche d'une première demi-pension. Par manque d'options au niveau transport, je me suis orientée vers Vigil. Un poney dont la propriétaire partait faire ses études dans un autre département. Elle souhaitait simplement qu'il soit bien entretenu en son absence. A première vue, ça semblait vraiment être une super opportunité. La propriétaire était sympa, le cheval était agréable, et moi je pouvais enfin profiter d'un cheval à moi, entre guillemets bien sûr. Mais très vite, j'ai vu beaucoup de limites à cette situation. Déjà, je manquais d'objectifs clairs. En tant que cavalière de club, j'avais toujours évolué sous la direction d'un coach qui me guidait à chacune de mes séances. Me retrouver seule face à un cheval, sans programme défini ni objectif précis, ça a été une véritable difficulté pour moi. Sans cadre, il m'était vraiment compliqué de réussir à structurer mon travail et mes séances. À de nombreuses reprises, faute d'inspiration, mes séances se résumaient à simplement faire brouter le cheval. Et en club, on m'apprenait jamais pourquoi faire telle ou telle chose, si bien qu'en autonomie, je savais pas vraiment par quel bout prendre ma séance. La deuxième limite, c'était que la pension était complètement inadaptée à mon profil. Le cheval était hébergé dans une écurie tournée vers la compétition de saut d'obstacle, et c'était pas du tout mon objectif. Et en plus, comme il s'agissait d'un centre équestre, les installations étaient régulièrement occupées par des cours collectifs, que ce soit... en soirée ou les week-ends, les seules heures où moi j'étais disponible pour pouvoir venir. vu que j'étais étudiante. Autre difficulté, ça a été l'intégration au sein de la pension. Les autres propriétaires formaient déjà un cercle assez fermé, pour beaucoup ils se connaissaient depuis des années, et je ne me sentais pas suffisamment à l'aise pour leur proposer des sorties en extérieur notamment. Résultat, je n'osais pas partir en balade seule, puisque je ne connaissais pas les chemins, et je me retrouvais un peu à tourner en rond. La dernière limite, ça a été le manque de communication avec la propriétaire. Dès le départ, nous n'avions pas clairement défini nos attentes respectives, et notamment en ce qui concernait la fréquence de mévenus. Il arrivait donc qu'on soit présentes en même temps, ce qui pouvait agacer soit l'une, soit l'autre, c'est normal. Et le résultat, ça a été que cette demi-pension a duré un an, mais elle a été loin d'être épanouissante. J'avais pas de réel projet, la communication avec la propriétaire était parfois un peu bancale, et je me suis sentie de plus en plus frustrée dans mon équitation. C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'une demi-pension, ça pouvait être bénéfique seulement si elle reposait sur des bases solides. Une entente claire avec la propriétaire, des attentes définies au préalable, et un cadre qui correspond à mes besoins et à mes envies. Et bien sûr, à ceux de la propriétaire aussi. Deux ans plus tard, j'ai eu l'opportunité de tester une seconde fois l'aventure de la demi-pension, avec un cheval cette fois-ci. complètement différent. Il s'agit de Kétio, le petit crémélo dont je t'ai parlé la semaine passée, qui appartient à mon ami devenu ami, Cassandre. Cassandre partait vivre à l'étranger et je devais donc assurer la gestion du cheval sur le long terme. Cette fois la situation était donc beaucoup plus engageante pour moi. Et dès le départ, Cassandre, elle a été très claire sur ses attentes. Elle cherchait déjà quelqu'un de fiable, qui soit capable d'assurer le bien-être quotidien de son cheval. notamment au niveau des soins, de l'alimentation, du suivi véto ou encore du podologue. Elle souhaitait aussi un travail régulier afin qu'elle puisse retrouver son cheval en condition optimale lors de ses retours l'été. L'engagement avait lieu sur plusieurs mois puisque son départ était déjà prévu sur une longue durée de plusieurs années et surtout ce qu'elle souhaitait en premier lieu je pense, c'était un suivi détaillé avec des nouvelles fréquentes et la possibilité pour elle de donner son avis sur l'évolution de son cheval. En contrepartie, le tarif de la demi-pension était plutôt très avantageux puisque je payais 50 ou 70 euros par mois. Je ne sais plus, je ne suis plus trop sûre. Le tarif a changé au cours des années. Avec une seule obligation pour moi, c'était de prendre deux cours mensuels avec la coach de la pension. Et avant de commencer, j'ai d'ailleurs dû être évaluée par cette même coach pour s'assurer que je répondais bien aux attentes du cheval et qu'on allait pouvoir matcher ensemble. Mais ça, ça m'allait bien parce que suite à ma première expérience, j'avais réalisé que j'avais besoin d'encadrement pour apprendre à mener des séances seules et avoir un suivi pour progresser. Je voulais vraiment développer mon autonomie. La dernière chose, c'est que nous avons mis en place un contrat de demi-pension très clair. Nous y avons défini les responsabilités de chacune, les conditions de la demi-pension et les attentes. Le fait de formaliser, ça a évité des zones d'ombre et des incompréhensions pour la suite. Sur le papier, c'était vraiment la demi-pension idéale. Mais la réalité, elle a été tout autre, puisqu'elle s'est révélée bien plus difficile que prévu. Déjà, les premiers mois ont été particulièrement éprouvants. Keicho était un cheval difficile, il se cabrait souvent, devenait inapprochable par moments, voire même, il refusait de respecter mon espace. J'ai commencé doucement à douter de moi-même et de mes capacités, et surtout, je ne me sentais plus vraiment en sécurité avec lui. Et puis il faut dire que la communication à distance, c'est pas évident non plus. Ça a vraiment été un défi pour toutes les deux. Nos échanges se faisaient principalement par message, sur Messenger, et j'avais de plus en plus de mal à exprimer mes difficultés avec Keicho. Je me sentais jugée et je me sentais nulle. Quand Cassandre est revenue après un an, la situation était plutôt tendue. Elle trouvait que je travaillais pas assez son cheval, notamment sur la partie montée, et que je passais trop de temps à pied. Elle pensait aussi que je baissais doucement le niveau de son cheval et de mon côté, moi, je ressentais une énorme pression. Je savais plus vraiment comment justifier mes choix, d'autant plus qu'à cette période, Kétio était souvent irrégulier dans sa locomotion. On comprendra bien plus tard qu'il s'agissait en fait des prémices d'arthrose, mais je passais donc mon temps à le remettre en route constamment. Le dialogue avec Cassandre devenait compliqué et j'ai appris par d'autres propriétaires qu'elle envisageait de vendre Kétio ou même d'arrêter la demi-pension. C'est à ce moment-là que nos amis communs et les professionnels de la pension nous ont beaucoup aidés. Ils ont joué un rôle clé en agissant comme médiateurs dans notre relation afin de nous aider à mieux communiquer. La première chose qu'on a mis en place ensemble, c'était de se retrouver pour passer des moments tous les trois. et faire davantage connaissance dans le monde réel. Grâce à ça, on a appris le temps de nous comprendre réellement et notre relation s'est doucement apaisée. Ça aurait pu être un échec et c'est finalement devenu l'une de mes meilleures expériences équestres. Déjà, le bilan est super positif. J'ai énormément progressé en équitation, notamment grâce aux cours obligatoires que Cassandre m'avait imposés qui m'ont permis de mieux comprendre la biomécanique du cheval et le travail à pied. J'ai appris à gérer un cheval de façon autonome. Soins, suivi vétérinaire, anticipation des problèmes de santé. Cette expérience a été super précieuse quand j'ai accueilli mes propres chevaux, qui plus est, à la maison. J'ai enfin trouvé une équitation qui me correspondait. Ça m'a aussi montré que j'ai eu raison de persévérer pendant toutes ces années. Kétio m'a appris plus en 4 ans que mes 15 ans de centre équestre auparavant. J'ai aussi rencontré des personnes formidables sur cette route. Cassandre est devenue bien plus qu'une simple propriétaire �� mes yeux. Aujourd'hui, c'est une de mes meilleures amies. Si je devais résumer mon expérience de demi-pensionnaire, c'est que ça peut être vraiment une aventure exceptionnelle. Mais pour ça, il faut que certaines conditions soient réunies. Déjà, il faut que tout soit clairement défini dès le départ. Et surtout, c'est comme un vieux couple. Il faut savoir persévérer. C'est pas parce que c'est pas toujours tout rose. qu'on ne peut pas s'acclimater de demi-pensionnaire à propriétaire et vice-versa. C'est surtout que sans cadre précis, une demi-pension, ça peut très vite devenir une source de frustration. Dans la suite de ce podcast, je vais justement te donner mes conseils pour faire de ta demi-pension une vraie réussite. Maintenant, on va se mettre du côté du propriétaire. Pourquoi prendre une demi-pension ? Comment choisir la bonne personne ? Et surtout, comment éviter les galères ? Et spoiler alert, ici ce ne sera pas juste une question d'argent. Je te conseille de ne pas sauter pour aller à la partie qui te concerne parce que crois-moi, je pense que savoir se mettre à la place de l'autre, c'est la clé pour éviter beaucoup de conflits. Alors maintenant, c'est parti ! La première question à se poser selon moi, c'est pourquoi tu veux une demi-pension ? Et attention ! Il y a des bonnes et des mauvaises raisons. Si c'est juste pour l'argent, je pense que tu ne vas pas réussir à partager ton cheval. Alors ça risque d'être compliqué. Parce qu'une demi-pension, c'est avant tout une relation et pas simplement une location de cheval. Selon tes raisons, tes attentes ne seront pas les mêmes. Tu ne vas pas chercher le même cavalier si ton objectif, c'est juste que ton cheval se bouge un peu ou si tu veux vraiment chercher à le valoriser. Alors laisse-moi te citer quelques raisons. qui pourraient t'amener à prendre une demi-pension. La première pour moi, c'est d'assurer une régularité du travail. En effet, on a tous connu le manque de temps et c'est vrai qu'une demi-pension peut te permettre de travailler ton cheval plus souvent et qu'il garde donc une bonne condition physique. La seconde raison, ce serait d'offrir plus d'attention au cheval puisqu'avoir une demi-pension, ça permet d'éviter qu'il reste trop longtemps au champ sans activité. Ça lui offre davantage de stimulation et d'interaction. La troisième option, ce serait de chercher à valoriser. En effet, quand on est propriétaire, on n'a pas forcément un niveau incroyable. Et on peut apprécier l'idée de voir notre cheval évoluer avec quelqu'un d'autre. Et on peut même parler de valorisation si tu as des pays à un meilleur niveau que toi. En dernier, on va voir tout ce qui va être autour de la flexibilité. puisque la demi-pension, ça permet de se dégager du temps. Et du temps, on n'en a pas beaucoup quand on est cavalier propriétaire. Alors pour pouvoir partir en week-end la tête sereine, avoir une demi-pension, ça peut être un super deal. Et j'ai mis en bonus, parce que moi ça s'est passé comme ça, de trouver un partenaire. Parce qu'une demi-pension, ça peut aussi devenir un ou une amie pour la vie. La raison financière... peut, selon moi, arriver dans un second temps. Car si c'est ta raison principale, tu ne laisseras jamais une place confortable à ta DP. Et la DP, si elle est là, c'est pour s'amuser avec ton cheval. Donc, il est vrai, ça peut être un élément, mais il ne faut pas que ce soit celui qui fasse pencher la balance. Une fois que tu as défini le pourquoi, il va falloir que tu fasses ta recherche de demi-pension. Pour ça, tu peux créer une annonce où tu fouilles. Je te conseille d'aller voir les groupes Facebook qui regorgent de petites annonces, ou encore Le Bon Coin, ou même parfois, suivant ta pension, tu peux avoir des murs de petites annonces où tu peux mettre que ton cheval recherche une demi-pension. En tout cas, en amont de cette création d'annonce, je te conseille de lister les points que tu souhaites. Je t'en ai mis pour essayer de te guider si un jour tu te mets à la recherche de ta demi-pension. En premier lieu, j'ai mis tout ce qui était autour du niveau du cavalier. Est-ce que tu veux un cavalier débutant, intermédiaire ou confirmé ? Et ça, ça va être en fonction de l'expérience de ton propre cheval. Est-ce que c'est un cheval sensible, jeune, très énergétique ou plutôt l'assurance vie ? Est-ce que ce cavalier, il aura besoin d'autonomie ? Ou est-ce qu'il aura un besoin d'encadrement ? Est-ce que tu peux lui proposer des coachs, peut-être, dans ta pension pour l'y aider ? Et la dernière chose au niveau du cavalier, c'est est-ce qu'on décide d'imposer des cours ? C'est vrai que beaucoup le font. Moi, c'est ce que j'ai vécu. Et ça peut être une vraie chose parce qu'on sous-estime beaucoup cette notion d'autonomie avec le cheval. En deuxième, il va y avoir tout ce qui va être l'engagement de la demi-pension. et sa disponibilité. Il va falloir définir un nombre de jours par semaine. Est-ce que ce sont des jours fixes ou est-ce qu'ils changent ? Est-ce que le cheval, il va être travaillé plutôt sur du plat, du saut, de l'extérieur, de l'allonge ? C'est vrai que si vous êtes deux à le travailler, c'est bien de coordonner les séances pour que le cheval, il ne se retrouve pas à faire trois fois de l'allonge et pas du tout d'extérieur, par exemple. Et aussi définir si tu autorises en tant que propriétaire la sortie, en concours ou non. En troisième élément, j'ai mis le type de relation avec le cheval. Il faut que tu recherches un cavalier qui soit patient et respectueux avec ton cheval. Est-ce qu'il a une approche dite éthologique, classique ou autre, par exemple western ? Il va y avoir aussi une question sur le respect du mode de vie du cheval, notamment si par exemple on envisage de déplacer le cheval ou quoi. Je pense qu'il faut vraiment veiller à ce que le cheval ait accès à l'extérieur tous les jours, qu'il ait à manger à volonté, etc. Et voilà, il faut trouver le cavalier qui s'accorde avec comment ton cheval vit au quotidien. La quatrième question, et pas des moindres, ça va être le budget et la participation financière. Il va falloir que tu définisses un tarif pour ta demi-pension. Est-ce que c'est un forfait qui va être fixe ou est-ce qu'il va dépendre... certains mois de la venue par exemple du maréchal Ferrand. C'est une possibilité à envisager. Est-ce que justement ta demi-pension va participer aux frais annexes ? Le maréchal, l'ostéo, le vétérinaire, etc. ? Ou pas du tout ? Et il va aussi falloir que tu te renseignes sur les obligations de ton demi-pensionnaire, notamment au niveau des assurances responsabilité civile ou encore la licence FFE. Le cinquième point, ça va être l'accès aux installations et les conditions de monte. Donc est-ce que tu mets à disposition les infrastructures, carrières, manèges, chemins de balade ? Si chemin de balade il y a, il faudra sûrement aller lui montrer. Est-ce qu'on peut sortir en balade seul ou non ? Ensuite, il va y avoir une question au niveau du matériel. Est-ce que la DP utilise son propre matériel ou est-ce que tu fournis tout, même allant jusqu'aux brosses, aux produits de soins, etc. En numéro 6, et en dernier, j'ai mis tout ce qui va être affinité. Donc, il me paraît essentiel qu'une rencontre et un essai aient lieu avant de s'engager. Il faut que tu réfléchisses à est-ce que tu rends possible ou non une période d'essai et surtout, il faut que tu prévoies ton contrat pour clarifier tes conditions. Bien sûr, tu ne vas pas mettre tout ce que je viens de t'énumérer dans ton annonce mais ça va t'aider à trier, je pense que tu vas pouvoir avoir Mais aussi ça va t'éviter beaucoup de mauvaises surprises. Et petit conseil, je préconise un premier contact par téléphone. Ça te permettra déjà de voir si ça colle avant même de programmer l'essai. Le but c'est de ne pas perdre de temps. On arrive sur un point des plus laborieux, tout ce qui va être paperasse. Faire monter ou travailler son cheval, c'est pas anodin, puisque le cavalier est en cours des dangers. Le cavalier sera sûrement pas professionnel. et il vaut mieux anticiper les accidents. C'est un peu pénible, mais nécessaire de parler des papiers. Un contrat doit être rédigé en bonne et due forme. Il en existe beaucoup, beaucoup, beaucoup sur Internet. Mais attention, certains ne valent rien. Je te conseille d'aller voir le compte Instagram d'Othello Droit et Quint qui a fait des posts à ce sujet. Elle est avocate et donc elle sait mieux que personne de quoi il en retourne. Elle y explique les obligations des deux parties, la typologie de contrat à mettre en place, etc. Voici dans les grandes lignes quelques éléments à mettre dans ton contrat malgré tout, même si je t'invite vraiment à aller détailler ça plus en profondeur. L'identité des parties, donc du propriétaire et du demi-pensionnaire. La description du cheval, nom, âge, race, particularité. De mettre les conditions aussi de monte, les jours autorisés, discipline, encadrement obligatoire ou non. Bref, on reprend un petit peu les points qu'on a énoncés plus tôt. Est-ce qu'il y a accès aux installations ou non ? La participation financière, la gestion des soins, qui paie quoi, maréchal, vétérinaire, ostéo, etc. Le matériel fourni ou non et auquel cas des règles d'utilisation, par exemple dire quand on utilise la selle ou on la graisse ou des choses comme ça. Et en dernier lieu, les clauses de résiliation, notamment s'il y a un préavis en cas d'arrêt de la demi-pension. Bien sûr, je te conseille aussi de faire valider ce contrat par ton gérant de pension, car peut-être que lui aussi aura des exigences à ajouter à ton contrat, notamment... la prise d'une licence FFE. Justement, la licence, parlons-en. Il s'agit d'une assurance responsabilité civile ainsi qu'une assurance individuelle cavalier. Elle couvre les dommages matériels et corporels causés à des tiers en action d'équitation, donc de la sortie du prêt au retour au prêt, ainsi que les dommages causés aux licenciés directement, mais avec des montants qui ne sont pas exorbitants. Le minimum obligatoire dans le cas de la demi-pension... c'est l'assurance responsabilité civile et ça, il peut le prendre avec la FFE. Il est aussi important que le propriétaire vérifie que son assurance couvre la mise en place d'une demi-pension. On n'y pense pas souvent, mais ça peut faire partie des petites lignes. Et franchement, prends une heure de ton temps pour checker tout ça. Un accident, ça arrive vite. Une fois que tout ça s'est validé, tu rencontres la bonne personne, le feeling passe bien au téléphone, tu vas préparer tes papiers, Eh bien là, c'est l'essai. Et là, pas de raccourci. Le demi-pensionnaire, il fait tout de A à Z. Il va chercher le cheval, le brosser, le préparer, le monter, le soigner, le ramener au pré. Tu vas me demander pourquoi, mais c'est parce que c'est pas juste une question de niveau à cheval. C'est un tout. Il faut que le cavalier, il gère dès le début. Dès le moment où il faut attraper le cheval. Si on se rend compte qu'il n'arrive même pas à mettre un licol correctement, ça commence mal. Tu peux aussi faire l'essai avec ton coach pour avoir un regard extérieur et tu peux choisir aussi que l'essai, il ait une durée plus longue. Par exemple, ça peut être une séance ou alors ça peut être une semaine, voire un mois. Tu prends le temps de voir si ça colle. Et surtout, tu écoutes ton ressenti. Un cheval, ce n'est pas une voiture qu'on prête, c'est un partenaire. Donc si toi, tu ne le sens pas, tu n'insistes pas, tu auras toujours raison de t'écouter. On arrive donc au début de l'aventure. Si on est là, c'est qu'on a trouvé la perle rare. Maintenant, le maître mot, ce sera la communication. À vous deux, en tant que binôme, d'apprendre à dialoguer et à trouver votre rythme. Notre meilleur conseil avec Cassandre, ce serait de vous prévoir régulièrement des moments à trois pour vraiment créer de la complicité et de la confiance. Ce qui nous a aidés, nous aussi, ça a été de partager des stages ou des concours ensemble que l'une groume l'autre. À tour de rôle ! Ma conclusion à cette première partie sera que une DP, c'est pas juste un plan financier. C'est un partage, une organisation, mais c'est surtout une relation à construire. Maintenant, il est temps d'inverser les rôles et de se mettre à la place du demi-pensionnaire. Tout comme le propriétaire du cheval, la première question à se poser selon moi, c'est pourquoi. Parce que suivant ta motivation, tu n'auras pas... pas forcément la même recherche. Voici quelques raisons qui pourraient te faire envisager la recherche d'une demi-pension. En premier, d'accéder à un cheval sans en assumer la pleine responsabilité. Devenir propriétaire, ça implique un engagement financier et un temps conséquent. La demi-pension, ça permet de profiter d'un cheval sans avoir à en assumer tous les coûts et toutes les responsabilités. Deuxièmement, on peut monter plus régulièrement qu'en club. C'est vrai qu'en demi-pension, le cavalier a souvent plus de liberté qu'en centre équestre et il a aussi la possibilité de monter plusieurs fois par semaine en autonomie. Troisièmement, on crée une relation vraiment privilégiée avec le cheval. Contrairement aux chevaux de club qui sont montés par différents cavaliers, à un cheval de demi-pension, on développe une réelle complicité en venant plusieurs fois par semaine. Ça permet aussi de progresser plus vite. Avoir un cheval attitré, ça permet de travailler déjà plus régulièrement. sur les mêmes bases, d'affiner sa technique et d'évoluer avec le cheval. On rentre plus en profondeur dans le travail. Cinquièmement, ça permet aussi d'avoir plus de liberté dans la pratique. Selon l'accord qu'on a avec le propriétaire, la DP peut choisir son type de travail. Est-ce qu'on va plutôt accentuer le dressage, l'obstacle, ou alors vraiment le loisir avec la balade ? C'est à la DP d'organiser ses séances à son rythme. Ça permet aussi de tester l'engagement. avant un achat. Pour ceux qui envisagent un jour d'acheter leur propre cheval, la DP, c'est un excellent moyen de transition entre le club et être propriétaire. Ça permet de tester si l'engagement, ça leur convient ou non avant de prendre trop de responsabilités d'un coup. Et dernièrement, comme je l'ai dit chez le propriétaire, ça peut aussi permettre de trouver un partenaire parce que l'aventure demi-pension, ça se vit à deux humains. C'est une expérience super enrichissante. Et c'est aussi l'occasion de se faire des amis. Bref, comme tu peux le voir, les raisons sont vraiment vastes. A chacun d'écrire sa propre histoire, et il n'y a pas de meilleure raison qu'une autre. Avant de foncer tête baissée dans les annonces, prends un temps pour lister tous tes critères. Ça t'évitera de perdre du temps et de te retrouver dans une demi-pension qui te convient pas vraiment. Alors voici quelques idées qui pourront t'aider. Déjà, il faut que tu estimes ton niveau. Est-ce que tu es débutant ? Est-ce que tu es confirmé ? Est-ce que tu as de l'expérience dans toutes les disciplines ? Auras-tu besoin d'un encadrement ou seras-tu autonome ? A partir de là, tu vas pouvoir te dire que tu vas chercher un type de cheval. Avec un âge et de l'expérience, est-ce que tu préfères un jeune à former ou plutôt un vieux cheval expérimenté ? Est-ce que tu préfères ensuite un tempérament calme ou plutôt énergique et sensible ? Tu choisiras aussi ton cheval en fonction de ta morphologie. C'est-à-dire que si tu es vraiment grande ou si tu as plus de poids que d'autres, et bien peut-être que tu vas te dire que le poney c'est pas la meilleure des solutions. Et ensuite tu choisiras tes disciplines. Est-ce que tu recherches une DP pour faire du CCE ou alors est-ce que tu recherches de la DP plus pour du travail à pied ? Ensuite il faudra que tu sois très clair. Il faudra choisir une fréquence et une organisation pour tes séances. combien de jours par semaine es-tu disponible, est-ce qu'il s'agit de jours fixes ou de jours flexibles, et il faudra que tu vois ensuite tout ce qui sera autour de la pension et des installations. Est-ce que tu auras accès à un manège, une carrière, un cross, est-ce qu'il y a des chemins de balade à proximité, est-ce que la pension où se situe le cheval est proche de chez toi, ou alors est-ce qu'il est déplaçable, est-ce que c'est facile d'accès, as-tu une voiture, es-tu véhiculé, ou est-ce que tu auras besoin des transports en commun ? Et je t'amènerai aussi à te poser la question sur le type de pension que tu recherches. Est-ce que tu préfères une petite écurie de propriétaire avec très peu de pensionnaires où tu vas vraiment avoir un suivi plus personnalisé ou est-ce que tu préfères plutôt aller dans une grosse structure, quelque chose que tu connais peut-être déjà ? Cinquièmement, il va falloir que tu penses à ton budget. Quel tarif es-tu prêt à mettre dans la demi-pension ? Il va aussi falloir réfléchir à est-ce que tu participes aux ferrures avec le vétérinaire, etc. Est-ce que tu auras aussi besoin de fournitures ? Est-ce que tu devras prendre ton propre matériel ? Est-ce que tu es déjà équipé ? Ou alors est-ce que tu prendras le matériel du propriétaire ? En dernier, j'ai mis de réfléchir aussi aux attentes que le propriétaire pouvait avoir de toi. Est-ce que c'est un engagement sur du long terme ou sur du court terme ? Quel travail il souhaite lui pour son cheval ? Est-ce que tu te sens capable d'assurer des soins si jamais le cheval venait à se blesser ? Et est-ce qu'il y a la possibilité de sortir en compétition ou non si tu le désires ? En fait, je préfère te le dire. Tu ne trouveras sûrement pas le cheval parfait qui coche toutes les cases. Mais cette liste, elle t'aidera à prioriser certains chevals et surtout à savoir ce qui est essentiel pour toi. Ensuite, si une annonce venait à te plaire, il va y avoir une première prise de contact. et au cours de celle-ci, le propriétaire et toi, vous allez pouvoir vérifier que les critères sont bien respectés. C'est aussi un moment pour voir s'il y a déjà du feeling ou non. Personnellement, Kassandre m'avait appelée pour me parler et je me souviens comme si c'était hier. J'étais à la piscine en maillot de bain en plein été à faire les 100 pas autour du bassin, au téléphone avec elle. Et six ans plus tard, ce que je retiens de ce coup de téléphone, c'est l'amour et la passion qu'elle avait en parlant de Kétio. Elle a pu entrer davantage dans le détail et me parler de son cheval, notamment sur l'aspect tempérament. Elle était aussi super lucide sur nos critères. et j'ai vraiment eu une très bonne intuition sur la personne. Avec le recul, je sais que c'est ce qui a fait la différence avec toutes les autres propriétaires qui m'avaient contacté suite à mon annonce. Maintenant, concernant les papiers, je ne vais pas te refaire tout le topo. Mais ce que je vais te dire, c'est ne néglige pas le contrat. Lis-le attentivement et n'hésite pas à poser des questions, voire à revoir certains points s'ils te posent problème. Et petit plus... Perso, j'ai pris une assurance complémentaire pour les risques et accidents de la vie. L'équitation, c'est vraiment un sport à risque et les garanties de la licence FFE ne couvrent pas forcément tout. Alors à toi de voir si c'est pertinent pour toi. Et je dis ça pour les DP mais aussi pour les cavaliers, propriétaires. L'essai va venir ensuite et il est super important. Je te conseille de prendre le temps. Voir si le cheval est ok dans toutes les situations, que ce soit au pré, au pensage, en selle, en extérieur. Je te conseille aussi de tester différentes disciplines, le travail à pied, le dressage, l'obstacle, bref, tout ce qui te plaît. Il faut aussi observer le propriétaire monté, ça te permet de mieux comprendre son fonctionnement. Et je dirais que le point important c'est écoute-toi. Si tu ne le sens pas, c'est ok de dire non. Il n'y a pas de pression et la DP c'est avant tout une question de feeling. et d'envie. Ne te force pas. Pas de pression inutile, si ça ne fonctionne pas, c'est que c'était pas le duo cheval-gardien qui était fait pour toi. Il y en a sûrement un autre qui t'attend ailleurs. Si tu as franchi toutes ces étapes avec brio, c'est que tu peux enfin débuter une merveilleuse aventure. Je te souhaite de vivre ce que moi j'ai vécu avec Etio et je sais que ce sera pas tous les jours facile, mais ça je crois que c'est notre sport qui l'exige. Nos chevaux nous poussent à nous remettre en question. à revoir nos méthodes et à reculer pour mieux avancer. Surtout, favorise une belle communication avec le propriétaire dont tu es la demi-pension. N'aie pas peur de dire quand ça ne va pas, parce que c'est lui qui connaît le cheval mieux que personne et il aura sûrement plein de très très bons conseils à te donner. N'hésite pas aussi à proposer des moments à trois, c'est pas toujours au proprio de faire le premier pas. Prends le lead, tu en as le droit aussi. Et voilà, on arrive au bout de cet épisode. J'espère que mon expérience et mes conseils t'auront éclairé sur la demi-pension et surtout que je t'aurai évité quelques galères en route. Parce qu'on ne va pas se mentir, c'est une aventure vraiment géniale. Mais ça peut aussi être un vrai casse-tête si c'est mal géré. Je sais que beaucoup hésitent à se lancer, soit par peur, soit à cause d'une mauvaise expérience passée. Mais comme dans toute relation, une demi-pension, ça s'apprend. Ça demande de la communication, des ajustements et souvent des compromis. Oui, oui, un peu comme dans un vieux couple. Mais quand ça fonctionne, ça peut être une des plus belles expériences équestres que tu vivras. La semaine prochaine, on change totalement de sujet. Mais alors, vraiment, vraiment, on va parler d'un fléau que je connais que trop bien, la dermite. J'en ai fait l'expérience en club, avec Etio et surtout avec mon petit roi. Entre les traitements miracles. Spoiler qui n'en était pas. Les tests à gogo, l'argent volé. J'ai fini par accumuler pas mal de bons plans et d'astuces. Alors si ton cheval passe ses étés à se transformer en grattoir sur pattes, rendez-vous dans le prochain épisode la semaine prochaine. En attendant, si cet épisode t'a inspiré, si tu as des questions ou même un sujet que tu aimerais que j'aborde, fais-moi signe. Tu peux laisser un commentaire ou m'envoyer un message sur Instagram. Je serais ravie d'en discuter avec toi. Et puis qui sait, j'en ferai peut-être un futur épisode. Je te dis à très vite, à la semaine prochaine.