Speaker #0Bienvenue dans Parle-moi cheval, le podcast où on papote chevaux sans filtre, entre passion, réflexion et petites remises en question. Je suis Marion, propriétaire d'Eol, un poulain curieux, et de Roi, un Ausha avec plus de caractère que de centimètres. Mes chevaux vivent à la maison et ici, je te partage tout. Mes expériences, des interviews inspirantes et des études scientifiques. Voir même quelques anecdotes croustillantes. Parce qu'avoir un cheval... c'est magique, mais ce n'est pas que des licornes et des paillettes. Avec moi, on parle vrai, on parle bien-être, mais surtout, on parle cheval. Un nouvel épisode t'attend chaque semaine, alors installe-toi bien, on en a des choses à se raconter. Pour ce nouvel épisode, j'ai pris le parti de parler d'un sujet qui revient à chacun de mes printemps depuis maintenant une dizaine d'années, à savoir la dermite. On l'appelle aussi de façon un peu plus pro. La dermite estivale récidivante. Pour ceux qui ne connaissent pas cette maladie, il s'agit d'une pathologie chronique qui revient donc tous les étés. Elle se traduit par des démangeaisons qui sont souvent observées à la base de la queue et à la crinière. Mais ces zones de grattes, elles peuvent s'étendre. Par exemple, si tu me suis, tu sais que Roi s'est gratté sur toute la ligne de dos, les épaules, la croupe et même la tête. Tu l'as compris ? chaque cheval a son degré d'atteinte. Certains vont s'arracher quelques crains et d'autres vont se ronger la peau jusqu'au sang. On reconnaît souvent le cheval gratteux car il a pas ou peu de crinières et de crains en général. Si les démangeaisons sont fortes, il va même jusqu'à altérer sa peau. Elle devient comme du carton au toucher et la repousse du poil devient vraiment compliquée. Dans la première partie de cet épisode, je vais t'expliquer ce que c'est. que cette maladie d'un point de vue plus scientifique. Je vais t'expliquer ce qui crée ces démangeaisons et tout ce qui se passe dans le corps de ton cheval. Ensuite, je te parlerai de mon expérience avec mes différents chevaux atteints. Je te partagerai les solutions que j'ai tenté de mettre en place avec ce qui a marché ou non. Car il faut être honnête, la dermite, aujourd'hui, c'est devenu un véritable business où chacun y va un petit peu de sa potion miracle. En tout dernier, j'aurai... une partie un petit peu spéciale qui parlera de la charge mentale qu'engendre ce type de maladie quand on les a sur nos chevaux et qu'on doit gérer ça en tant que propriétaire ou même demi-pensionnaire. Avant d'entrer dans le vif du sujet, il faut que tu saches que les informations que je vais te donner sont issues de mes connaissances personnelles, à savoir que je possède une licence de biologie et un solide bagage en microbiologie, ainsi que de sources théoriques comme l'IFCE, que tu pourras retrouver dans la barre d'informations de cet épisode. Selon moi, la première chose à savoir au sujet de la dermite, c'est qu'elle touche environ 1 cheval sur 10 aujourd'hui en France. C'est donc une maladie qui est plutôt récurrente, et qui est à connaître pour savoir la gérer au mieux. Comme je te l'indiquais en introduction du podcast, il s'agit d'une maladie saisonnière. Elle apparaît souvent au printemps, elle s'intensifie l'été, et elle va diminuer à l'automne pour s'arrêter complètement l'hiver. Mais il faut tout de même dire qu'aujourd'hui, avec le changement climatique, les propriétaires de chevaux atteints observent que tout ça, ça change. La dermite est donc de plus en plus longue et laisse peu de répit aux chevaux touchés. On observe aujourd'hui... que ça s'intensifie aussi avec les années. Et je vous avoue que je n'ai pas trouvé le pourquoi. Les démangeaisons, elles dégénèrent seulement petit à petit. La cause de la dermite, c'est une hypersensibilité à des allergènes présents dans l'environnement. Tu vas me demander qu'est-ce qu'un allergène ? Un allergène, c'est une substance qui déclare une allergie. Donc si on veut comparer par exemple à nous les humains, la dermite... c'est juste une allergie. L'allergène va venir produire une réaction inflammatoire chronique, donc qui va revenir, dans le corps de notre cheval. En gros, ça veut dire que l'organisme de ton cheval va recevoir une information que l'allergène agit comme un agresseur. Et face à cette agression, le corps va vouloir se défendre, comme face à un virus par exemple. Il va donc déclencher une inflammation. qui a pour but de venir à bout de l'intrus, ici l'allergène. Il va donc envoyer plein plein plein de petits soldats du système immunitaire pour combattre l'allergène. Et cette réaction, elle entraîne souvent un gonflement, une rougeur, de la chaleur et de la douleur. Ces quatre éléments, ce sont les symptômes d'une inflammation dans le corps. Maintenant, tu vas sûrement me demander quels allergènes dans l'environnement du cheval font que les chevaux réagissent. Et t'as bien raison. Sur internet, et même chez beaucoup de vétérinaires, on vous parlera souvent que la cause, c'est la salive des moucherons culicoïdes. qui piquent les chevaux au niveau du ventre. Mais en fait, la réalité, elle est autre. Parce que ça peut venir de n'importe quel allergène dans l'environnement. Que ce soit les acariens, les thans, les culicoïdes, ça peut même être directement dans l'alimentation, avec par exemple le plantain, etc. Le corps, il ne va pas venir à bout de l'allergène avec ses petits soldats, puisqu'en fait, l'allergène est partout, tout le temps. Il va donc développer une réaction inflammatoire chronique. Ça veut dire que le corps de ton cheval va lutter contre l'allergène toute la journée, pendant des mois et des mois et des mois. Si le cheval est donc réactif à son environnement, il va présenter les premiers symptômes entre 2 et 6 ans. Mais les premières années seront légères en comparaison de la suite. Je note aussi quelque chose d'important, qui me tient particulièrement à cœur. c'est qu'il existe une prédisposition génétique à la dermite. En effet, certaines races et lignées sont plus touchées que d'autres. Notamment, par exemple, le Shetland est le plus race espagnole, tu l'as dans le mille. Cependant, les gènes mis en cause ne sont pas encore connus. Mais ça signifie cependant qu'il est important, si tu achètes par exemple un jeune cheval, d'aller voir les parents et de voir si eux ne sont pas sujets à ce type de maladie, puisqu'il y a quand même... pas mal de chances que ça se retrouve chez ton poulain, mais plus tard, pas forcément maintenant. Pour savoir si un cheval est atteint ou non, il faudrait vérifier en réalisant des tests de réaction aux allergènes. Ces tests sont, je le sais que trop bien, assez coûteux. Donc souvent le vétérinaire, il le diagnostique avec la récurrence et la typologie des lésions qu'il va observer sur la peau. Tu l'as compris, la cause du problème de la dermite... c'est donc l'environnement. La logique voudrait que si nous, humains, on agit sur l'environnement de son cheval, la dermite cesse. Seulement, si toi tu as la solution pour éradiquer les temps, les acariens et tout ce qu'il y a qui peut être allergisant, ben j'aimerais bien que tu me la donnes. Face à ça, les propriétaires sont donc facilement dépourvus et la prévention reste la meilleure option pour lutter contre la dermite, puisqu'il n'existe aujourd'hui aucun... traitement réellement efficace entraînant vraiment la guérison totale. Il faut débuter les actions de prévention très tôt dans la saison, à peu près dès qu'il atteint les 10°C dehors. Sinon, il reste aussi la possibilité de traiter les symptômes et donc les démangeaisons avec des baumes, des cures, etc. Ou dans des cas vraiment plus avancés, le vétérinaire peut même aller jusqu'à prescrire des corticoïdes, mais encore une fois, ça ne soigne pas le problème. seulement le symptôme. Maintenant, laisse-moi te parler de mon expérience en tant que cavalière avec la dermite. Déjà, dès le centre équestre, j'ai très tôt côtoyé des chevaux dermiteux. Ça a commencé par Roscoe, un petit Shetland, puis avec Jumper, un grand double poney que j'ai monté pendant longtemps. Eux deux étaient légèrement atteints. Ils avaient juste... plus vraiment de crin, mais il n'avait pas forcément de liaison au sang. Il n'y avait donc pas de traitement en dehors de quelques shampoings de temps en temps. La dermite, je l'ai recroisée ensuite, quelques années plus tard, avec Ketio. Il a une dermite légère qui est accentuée suivant les différents environnements. En effet, avec Ketio, on a pu changer plusieurs fois de pension et j'ai vite constaté que dans certains, sa dermite s'aggravait drôlement. notamment dans les milieux un petit peu forestiers, puisqu'on a pu tester une pension dans laquelle il vivait dans un sous-bois, et là, ça ne lui a vraiment pas réussi. On a tenté beaucoup de traitements, notamment le bye-bye itch, qui revient souvent si tu connais la dermite, qu'on mettait pas en interne, mais plutôt en externe, comme un lait nourrissant. J'ai aussi tenté le shiatsu, alors il faut savoir que... Je ne suis pas très adepte de ce type de médecine, ça fera peut-être l'objet d'un autre épisode de podcast. En tout cas, pour ne pas mourir bête et ne pas rester dans des idées un petit peu fermées, j'ai testé de faire venir une praticienne à deux reprises, mais sans résultat. Ensuite, la dermite s'aggravant par moment, j'ai tenté la couverture. Alors déjà, c'était compliqué d'en trouver une qui lui taillait bien. Et en plus, j'avoue que je trouvais que ça le rendait un peu fou de ne pas pouvoir se gratter comme il en avait envie. En interne, j'ai aussi pu tenter l'ail, sans résultat. Ce qui fonctionnait encore le mieux, c'était des shampoings réguliers pour assainir la peau. notamment dans les zones de grattes où il pouvait y avoir des lésions, donc la crinière et la queue pour Ketio, voire un petit peu le ventre. On a aussi opté pour les sprays insecticides, bien chimiques, mais qui sont les plus efficaces puisque malheureusement, les produits naturels qu'on a pu essayer de tester n'étaient pas concluants. Ketio, j'ai envie de vous dire que c'était purement esthétique, dans le sens où... Ok c'était un petit peu gênant, il se grattait mais c'était pas de là à se rendre fou. Donc c'était plus pour moi qui essayais de faire pousser les crains l'hiver et qu'il voyait tout s'arracher au printemps. Ça me dépitait un petit peu mais bon voilà. En tout cas lui il en avait pas des grandes grandes souffrances. J'ai laissé passer, on a tenté des traitements en vain, ça ne fonctionnait pas et j'en suis restée un petit peu là. L'objectif... C'était pas de le démoraliser en lui faisant des soins dont il avait pas forcément envie pour un aspect purement esthétique. Ensuite, le vrai gros dermiteux que j'ai eu dans ma vie, c'est Roi. Il faut savoir que quand je cherchais un cheval, l'un de mes seuls critères, au-delà du fait que ce soit un petit poney Shetland, c'était qu'il ne soit pas gratteux. Vous l'avez dans le mille, j'ai bien loupé mon casting. Déjà, il faut savoir que quand je l'ai acheté, il était pas du tout gratteux. Roi, je l'ai acheté à une dame qui ne possédait pas les parents, donc je n'ai pas pu attester par moi-même si les parents étaient sains ou non. J'ai juste vu le poulain, je l'ai bien aimé, je l'ai acheté. Et rapidement, je dirais que l'été de ses deux ans, il faut savoir que Roi, je l'ai acheté, il avait 16 mois à peu près. Enfin, je l'ai ramené à la maison à ses 16 mois, mais à ses deux ans, j'ai commencé à avoir des premiers signes de dermite. Je me suis vite rendu compte qu'il s'agissait de dermite puisque je l'avais déjà vécu. J'ai donc décidé de prendre à bras le corps rapidement le problème. Et alors là, vu que c'était mon cheval, j'ai testé mille choses. J'ai testé beaucoup, beaucoup de crèmes. Et j'ajouterai, faites attention aux produits photosensibilisants puisque suivant les potions magiques, même j'allais dire remède mais non, on va dire potions magiques c'est mieux. Il peut y avoir de l'huile qui est photosensibilisante au soleil, et tu l'as dans le mille, la dermite, ça arrive l'été, quand il y a du soleil. Donc on peut se retrouver avec des plaies énormes, alors qu'on tentait juste de soigner son cheval. Donc mon premier conseil, c'est lis les produits qu'il y a pour faire ta potion magique. Comme ça, tu peux prévenir des bobos. Et surtout, c'est à tester sur des petites zones, avant d'aller l'étaler sur toute la queue. J'ai aussi tenté la gémothérapie, sans résultat. Les shampoings sans résultat. Et tout ça a corrélé, ça a fait que très vite, mon poney, il s'est mis à détester les soins. C'était une lutte de réussir à lui mettre de la pommade dans la crinière. Et aujourd'hui encore, il en garde des séquelles puisque tout ce qui est brosse à crin, shampoing, etc. c'est vraiment pas quelque chose de positif. Malgré que j'ai essayé de mettre ça en renforcement positif justement pour ne pas le dégoûter. Mais je crois que trop, c'était trop. Sur les conseils de Mavetto, on a testé le Dairfly, pareil, un insecticide, qui a un peu mieux fonctionné, mais c'était toujours pas des résultats mirobolants. La lotion qui a le mieux fonctionné pour nous, je dirais que c'était la lotion anti-démangeaison de chez Cura Natural, puisqu'elle ne laisse pas un fini gras et que ça, ça le rendait fou. On arrive doucement à l'été de ses trois ans, l'été dernier, où Roi était obèse. Et là, la gratte s'est devenue quelque chose. Et quand je dis quelque chose, c'est qu'il passait ses journées entières à se gratter contre son abri en tôle, si bien qu'il arrivait même à plier les tôles tellement il se grattait fort. Et ça a commencé à devenir l'enfer parce qu'il ne supportait plus qu'on le touche. Il était devenu vraiment hypersensible. et pour le coup il se faisait de vrais plaies, là on était vraiment au sang et surtout la zone de gratte a commencé à s'étendre là où les premiers étés on était à la crinière et à la queue on a terminé l'hiver dernier avec un cheval qui n'avait plus de poils ni sur les épaules, ni sur le dos, ni sur la croupe il commençait même à s'arracher les poils de la tête Et ça a été difficile de le voir dans cet état. Je pense qu'un des facteurs qui a vraiment aggravé cette année, c'était l'obésité. En effet, l'obésité, ça a produit de l'inflammation dans le corps, et l'organisme de Roi est par définition déjà très inflammé avec sa dermite. Donc obésité plus dermite, ça a vraiment fait un mauvais cocktail. On a tenté de lui mettre une couverture et ça le rendait fou, parce qu'il n'arrivait pas à se gratter autant qu'il le voudrait. Et du coup, j'avais un poney qui était plutôt déprimé. Je ne le reconnaissais plus, il n'était plus halant, il ne recherchait plus le contact avec l'humain. On voyait que c'était quelque chose de vraiment pesant pour lui et que là, au-delà de s'attaquer à l'aspect physique, ça commençait à vraiment tâcher le moral de mon poney. J'ai testé des drainants. Ça, je pense que ça nous a plus aidé sur l'obésité finalement que sur la gratte. Mais en se disant que... L'idée du drainant étant d'éliminer des choses, c'était plutôt positif pour la gratte. Il est arrivé à la maison au mois d'octobre, novembre, très très très abîmé. Et j'ai dû en plus lui retirer sa couverture puisque dans notre pâture à la maison, il y a beaucoup d'arbres puisqu'il s'agit d'un verger. J'ai fait le choix de faire venir la vétérinaire pour qu'elle me donne un regard sur la situation. Elle m'a proposé qu'on essaye de stopper le cycle de la gratte, et je suis donc ressortie avec un sacré protocole de corticoïdes, par piqûres et par voie orale, de désinfectants, de prédnidermes et de butox. Le butox, parlons-en, puisqu'il a vraiment mauvaise presse, et je le comprends. Il n'est pas bon pour l'environnement, il n'est pas bon pour nous, c'est toxico-possible, malheureusement, ben force est de constater que ça marche un peu mieux que le reste. Donc j'ai fait le choix de me diriger vers le chimique. Nous sommes donc partis sur ce protocole. Comme je vous l'avais dit, les soins c'est difficile, donc il a dû beaucoup prendre sur lui. Mais c'est vrai que grâce aux corticoïdes, on a pu observer une amélioration. A savoir que les corticoïdes ont été possibles parce que j'avais déjà entamé une phase d'amaigrissement de mon poney. Puisque le risque avec les corticoïdes, c'est la prise de poids et pour un Shetland, d'aller en fourbure. C'est donc un traitement à prendre vraiment en dernier recours. Mais là, l'idée, c'était de se dire qu'on souhaitait vraiment stopper le cycle de gratte et voir comment ça allait, puisque là, on était dans une frénésie de démangeaisons et que rien n'arrivait à stopper ça. Et le poney, il en était... Il en devenait fou, quoi. On a beaucoup discuté avec ma vétérinaire. Et étant donné que Roi est jeune, il semble quand même un bon candidat à tenter la désensibilisation. Elle m'a donc expliqué le protocole ainsi que le prix, et cette année, je me suis dit que j'allais le tenter. Il faut savoir que la désensibilisation, on estime que c'est une réussite dans seulement 70% des cas. En tout cas, je dis une réussite, mais ce n'est pas forcément une guérison, mais au moins une amélioration. Au point où on en est avec Roy, si déjà il pouvait arrêter de se gratter au sang, ce serait déjà formidable. L'idée pour moi c'est de lui apporter quand même un quotidien beaucoup plus confortable. Donc en fin d'année dernière, c'est là que ma vétérinaire est venue pour faire une prise de sang à Roi, qu'elle allait envoyer en laboratoire afin de connaître à quels allergènes Roi était réactif. Le prix de cette piqûre est quand même de 350 euros, donc c'est déjà un sacré budget à anticiper. Je te le fais dans le mille. les résultats ont été un petit peu durs à avaler puisque Roi est revenu réactif à pas moins de 10 allergènes. En principaux, on va avoir les acariens de stockage. Donc ça veut dire que le foin, notamment, le rend allergique. On va avoir aussi les culicoïdes, mais plus faiblement, ainsi que les thans et une autre espèce de culicoïde. Et il est aussi allergique à... herbes dans l'environnement, notamment le plantain, le chénopode et le pariétaire. Oui, je suis en train de lire parce que je ne les ai pas tous notés de tête. Suite à cette analyse, normalement on revient allergique sur un, deux ou trois allergènes et à partir de ça, le laboratoire en question va élaborer un sérum qui sera injecté au cheval. Nous, le problème... ça a été que voilà, Roi il est allergique à une dizaine d'allergènes différents et qu'il allait falloir faire des choix puisque je ne peux pas le désensibiliser à tout. Donc on en a beaucoup parlé avec ma vétérinaire et on est parti sur une double désensibilisation, c'est-à-dire la création de deux sérums différents. Et on a choisi un premier sérum spécialisé dans les acariens, puisque c'est là où il revenait le plus allergique, et un second sérum avec les temps, les culicoïdes et le plantain, dont il revenait le plus fortement allergique. Cette double désensibilisation va s'étaler sur une durée de 16 mois et va se passer en deux phases. La première phase, ça va être le protocole d'initiation et ensuite il y aura le protocole de suivi. Le protocole d'initiation m'a coûté 350 euros. C'est là où on en est actuellement. J'ai donc reçu par le biais de ma vétérinaire une boîte contenant les deux sérums, en sachant que chacun des sérums est disponible en deux exemplaires, un exemplaire moins concentré, un exemplaire plus concentré. Le protocole de la désensibilisation, ça va être d'injecter de façon très régulière ce sérum dans le cheval. Le but, c'est que le cheval, il reçoit ces sérums dans son corps et qu'il se rende compte qu'en fait, ce ne sont pas des ennemis et que ça ne nécessite pas de créer de l'inflammation. On va commencer à le piquer avec des petites doses à faible concentration et au fur et à mesure des semaines et des mois qui passent, on va augmenter la dose et la concentration pour qu'on arrive à une concentration qui peut côtoyer dans son environnement et qui n'entraîne pas de réaction inflammatoire. C'est donc... Donc là que nous en sommes actuellement, Roi, il arrive à sa 6e ou 7e piqûre quasiment. Il reste encore plusieurs mois pour la fin du protocole d'initiation et ensuite on recommandera de nouveaux sérums pour la phase de suivi. Je ne peux donc pas te dire le prix que ça va me coûter à ce moment-là, mais je pense qu'au global, sur la désensibilisation de Roi, en sachant qu'il a une double désensibilisation, on sera sur environ 1000 euros. Donc c'est quand même un vrai coût. Tout le monde ne peut pas les sortir, c'est clair, ça s'anticipe, mais on veut se laisser une chance, même si je le sais et je le mesure, c'est un traitement qui ne promet pas la guérison et qui même peut ne pas fonctionner. Cette année tu l'auras donc compris, mon cheval de bataille ce sera la désensibilisation, après étant donné qu'on est sur le début du protocole, il est possible qu'il soit encore très réactif cette année. Et pour ça j'ai quand même... d'autres pistes que je mets en parallèle, notamment l'apport d'oméga-3 et de vitamine E qui diminuent l'inflammation dans l'organisme. Donc l'oméga-3 et la vitamine E, on le trouve notamment dans les graines de lin et avec des CMV, donc j'ai rajouté les graines de lin et les CMV qu'il avait déjà, mais en faisant attention à la quantité de vitamine E dans sa ration qu'il prend tous les jours. Je mettrais aussi en place sur bon retour de propriétaires qui ont tenté notamment sur les élevages de Shetland, l'ajout de benzoate de méthyl en application locale sur les zones de grattes pour l'aider à calmer ses démangeaisons. Et cette année, on va faire attention plus plus plus à la gestion de son obésité et donc le rationnement à l'herbe. J'ai acheté un panier, notamment pour la mise à l'herbe. Il n'ira que quelques heures par jour, mais si même ça c'est trop, il ira quelques heures avec un panier. Je réfléchis aussi à aménager la pâture en fonction de l'environnement, notamment avec un abri avec des rideaux en PVC pour limiter les insectes à l'intérieur de l'abri et qu'il ait une zone tranquille, puisque chez les chevaux gratteux, on conseille l'été de les rentrer pour ne pas qu'ils soient confrontés au temps et au culicoïde, tu l'as compris. Voilà un petit peu où on en est avec Roi et vers quoi on se destine cette année. Tu l'auras compris, c'est quand même pas évident à gérer, mais quand on n'a pas le choix, on le fait. Comme tu l'as compris, la dermite a été particulièrement présente dans ma vie de cavalière. Et cette maladie, pour moi, elle ne vient pas seule. Elle s'accompagne d'une sacrée charge mentale. Déjà, voir son cheval mal et se sentir impuissant, c'est pas évident. En plus, quand on veut essayer de rester au naturel, mais que finalement on est obligé de passer au chimique, etc., c'est pas forcément ce qu'il y a de plus facile, et le regard des gens peut vite être très négatif, dans le sens où on peut facilement nous reprocher de choisir la facilité, alors qu'en fait, tout ce qu'on veut, c'est soigner son cheval. Aussi, il y a le fait de réussir à assumer les coûts financiers, les crèmes, etc., que toute cette maladie engage. C'est une maladie chronique, c'est des frais qui reviennent sans cesse et dont on néglige un petit peu la proportion, puisque souvent on achète une crème 15 euros, on achète ensuite un shampoing 20 euros, et pas forcément en même temps, mais quand on fait le cumul en fin d'année, c'est un budget qui est non négligeable. Ensuite, c'est aussi le temps que cette maladie prend. Ce temps-là, c'est le temps des traitements, des shampoings, des crèmes, c'est le fait de devoir venir tous les jours aux écuries. Aujourd'hui j'ai de la chance, mes chevaux sont chez moi. Mais il fut un temps où c'était énormément d'aller-retour, juste pour aller mettre une lotion ou un complément alimentaire. Et ça, c'est pas forcément facile à gérer dans la charge du quotidien. Je pense que le plus dur dans cette charge mentale, ça a été de gérer le fait de voir ma relation avec mon cheval se dégrader parce qu'il ne supporte plus les soins que l'on réalise au quotidien et que moi, en tant qu'humaine, je veux continuer parce que je mesure que ça peut lui apporter du positif. Mais bon. En bref, cette maladie, elle est chronique et elle change le quotidien. Et ça, c'est pas anodin. Ce qui a pu m'aider à m'apaiser un petit peu, c'est de parler avec des personnes qui traversent la même chose que moi, notamment dans les groupes Facebook dédiés à la dermite par exemple. Même si je vous mets d'ores et déjà en garde que tous les conseils ne sont pas bons à prendre et qu'il faut savoir faire le tri. En tout cas, voilà. Ce style de maladie, ce n'est pas que de l'argent et ce n'est pas que un traitement. C'est aussi tout ce qui va autour, et ça je tiens à en parler parce qu'on néglige souvent la charge mentale que ce typologie de maladie introduit dans nos vies. Et ça, il n'y a pas vraiment de solution à part essayer d'avoir une gestion des plus faciles, peut-être voir avec ton gérant de pension pour tenter d'améliorer la situation, trouver de l'entraide et de la bienveillance, et réussir à s'entourer correctement pour gérer tout ça au mieux. Et voilà, on arrive déjà à la fin de cet épisode. Pas le plus fun, je te l'accorde. Mais je pense qu'il était nécessaire et que c'était le bon moment vu qu'on entame le printemps. J'espère sincèrement que dans 14 mois, je pourrai te faire un nouvel épisode en te disant « C'est bon, c'est derrière nous, on est bien, on est guéris, on avance. » Mais en attendant, crois-moi que mon roi, il est entre de bonnes mains. Et j'espère que si tu as la même problématique que moi, mon témoignage t'aura un petit peu aidé. Si toi aussi tu traverses une galère avec ton cheval, je t'envoie tout mon soutien, parce que je sais à quel point ça peut peser. Et d'ailleurs si tu veux qu'on parle d'autres pathologies comme le SME ou encore Cushing ou d'autres, dis-le moi ! Je pourrais peut-être inviter des propriétaires pour partager leurs expériences et leurs astuces. La semaine prochaine, on change complètement d'ambiance. On va parler de réservations in utero et de mon aventure avec E.OL. Promis ! Ce sera bien plus joyeux. Alors si tu rêves du cheval parfait, reste dans le coin parce que ça pourrait t'intéresser. D'ici là, si cet épisode t'a parlé, si tu as des questions ou des sujets en tête, fais-moi signe. Instagram, les commentaires du podcast. Moi, je suis toujours partante pour échanger. Et qui sait, peut-être que ça finira en futur épisode. En attendant, je te dis à la semaine prochaine.