- Speaker #0
Bonjour les fous de la food ! Ici, c'est Virginie Legrand, chef à domicile épicurienne et hyperactive avec un parcours très atypique. Dans mon podcast, Passion sans modération, vous retrouverez tous les 15 jours des personnalités implantées dans la gastronomie d'aujourd'hui, des vrais amoureux du goût et de la vraie cuisine, des experts tous enrobés d'une passion communicative. On parlera terroir, saveur, créativité, artisanat, on vous racontera des histoires qui croustillent, des initiatives qui pétillent, et qui font briller les yeux. Et on en a bien besoin aujourd'hui. Dans ce podcast, vous allez rencontrer des passionnés qui aiment partager, des entrepreneurs qui aiment se renouveler. Vous allez pénétrer dans les coulisses d'un monde délicieux, nourri aux convictions individuelles et aux engagements collectifs. Vous êtes curieux ? Alors installez-vous à notre table et on va se régaler tous ensemble. Passion sans modération, c'est un média qui donne la parole à des passionnés, à des talents, à des personnalités engagées. Des femmes et des hommes qui, chacun à leur manière, incarnent une vision, une exigence profondément humaine d'habiter leur métier. Aujourd'hui, je reçois des profils d'entrepreneurs qui ont décidé d'aligner leur trajectoire avec leurs convictions et qui construisent des projets incarnés et profondément humains. Ce sont aussi des personnes qui rassemblent, qui travaillent en équipe, qui créent des expériences, qui créent des dynamiques et des écosystèmes vivants. Mes invités du jour sont Michael Salinière, fondateur de la maison La Joie, une marque d'apéritifs caribéens sans alcool. qui bouscule les codes traditionnels du moment de convivialité et qui ne fait aucun compromis, ni sur le goût, ni sur le plaisir. Bonjour Michael.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Morgane Jaouen, coach des dirigeants hôteliers qui les aident à ajuster leur trajectoire de carrière depuis 6 ans et au service RH pour des hôtels de grands groupes depuis 2013. Bonjour Morgane.
- Speaker #2
Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Johan Grégory, sacré meilleur ouvrier de France, maître d'hôtel en 2023, directeur chez Fogo et Épisode à Paris. Bonjour Johan.
- Speaker #3
Bonjour à tous.
- Speaker #0
Antoine Fuyet, cofondateur de Champerscher, une ferme urbaine dédiée aux micropousses où innovation, exigence et précision se rencontrent au service du goût. Bonjour Antoine.
- Speaker #3
Bonjour à tous.
- Speaker #0
Alors je vais commencer avec la femme. Alors est-ce que tu te souviens Morgane du moment précis où tu as compris que l'hôtellerie serait plus qu'un univers mais vraiment un terrain d'engagement pour toi ?
- Speaker #2
Oui complètement. Moi l'hôtellerie de base c'était synonyme de vacances, un hôtel club en famille. et donc je savais que je voulais aller dans l'hôtellerie quand je me suis orientée en... en classe prépa, en école de commerce, etc. Mais le jour où j'ai compris que j'allais vraiment faire quelque chose en ressources humaines, et surtout m'engager pour l'hôtellerie, c'était quand j'étais adjointe de direction en stage de master. Et en fait, la particularité de ce stage, j'étais dans un mercure au nord de Toulouse, et que j'étais logée sur place. Et j'avais vraiment ma chambre à côté du bureau du directeur, c'était un peu improbable comme chose. Tu étais jeune ! J'avais 20-21 ans et j'étais en charge des ressources humaines dans ce poste-là, mais pas que. Ce qui était formidable, c'est que pendant les 4 mois, j'ai vécu dans un hôtel H24. Je voyais aussi bien ce qui se passait en salle qu'en cuisine. J'ai fait tous les services et je n'ai pas tout compris. Quand tu restes 24 heures pendant 4 mois dans un hôtel, on comprend beaucoup de choses et la subtilité entre les postes. Et je me suis sentie tellement bien que je me suis dit, en fait, c'est ça, que c'est dans ce secteur-là, c'est sûr que je vais évoluer.
- Speaker #0
Et du coup, pourquoi tu t'es orientée vers les ressources humaines plutôt que l'opérationnel ?
- Speaker #2
Ça, c'était déjà une réflexion que j'avais eue sur le stage d'avant, où j'étais réceptionniste dans un petit hôtel à Montmartre, dans un Ibis style. Et je n'étais pas spécialement intéressée par les clients. Moi, par contre, j'étais très vite remontée ou en tout cas concernée par le bien-être du staff et pas que le bien-être. Quelqu'un qui était mal formé, qui n'était pas au bon poste, qui aurait dû être viré, etc. Tous ces sujets-là, j'en ai fait un petit compte-rendu au propriétaire à l'époque. C'était vraiment un compte-rendu limite de DRH avant l'heure, mais là j'avais 20 ans aussi.
- Speaker #0
Incroyable ! Tu avais déjà cette fibre, cette sensibilité.
- Speaker #2
Je ne savais pas avant le stage, mais à ce stage-là, je me suis dit que les clients c'est bien, mais ça part. Par contre, les équipes, si on veut les faire rester, je vais spécialiser mon master en RH. Donc c'était le déclic.
- Speaker #0
Merci. Alors justement, Johan, on fait quand même la passerelle. Est-ce que toi, tu te souviens du moment où tu as compris que ta place était en salle, dans le service, au contact justement du public qui rentre dans un restaurant ?
- Speaker #4
J'ai eu la chance de l'intégrer très jeune. J'ai une grand-mère qui a fait l'école hôtelière de Tonon dans des années qui sont bien passées et qui a... qui a changé de vocation due à sa vue familiale, mais qui par contre n'a jamais décliné sa formation au sein de sa famille. C'est-à-dire qu'on a eu des conditions, étant jeune, assez remarquables d'avoir quelqu'un qui avait une volonté ferme et féroce de faire plaisir aux gens qui sont avec elle. Et on était toujours servi, on était dans des conditions très importantes. Le temps passé à table était très très important chez nous et tout ce qui va dans la culture française de... de la préparation du repas jusqu'à son repas, jusqu'à la finition. Et du coup j'avais un rêve de jeune garçon comme beaucoup, c'est d'être un grand sportif. Le niveau était bon mais pas suffisant, alors il a fallu faire un choix. Et j'aime foncièrement les gens depuis tout le temps. Et me mettre au service des gens c'est quelque chose qui m'a plu dès le départ. En troisième, il fallait faire un stage. J'ai fait un stage de cinq jours dans une brasserie où ma grand-mère avait ses habitudes pour aller voir ses cafés avec ses clients.
- Speaker #0
Elle est toujours là ta grand-mère ? Elle est toujours là.
- Speaker #4
Comment elle s'appelle ? Elle s'appelle, elle a le même prénom. que la grand-mère d'un très bon copain à moi qui s'appelle Julien Caligo, qui a ouvert un restaurant dédié au prénom de sa grand-mère, qui s'appelle Monique.
- Speaker #0
Et donc je fais un petit clin d'œil à Julien qui a ouvert... Donc dédicace à Julien et dédicace à Monique. Voilà,
- Speaker #4
dédicace à Julien et dédicace à nos Moniques qui sont des personnalités absolument incroyables. Et voilà, j'ai eu de la chance de faire ma passion, mon métier. Et ça, c'est une chose vraiment très importante. Et donc elle,
- Speaker #0
elle doit être hyper fière qui ait pris ce chemin.
- Speaker #4
Elle est hyper fière. Elle m'a beaucoup aidé aussi dans les débuts parce qu'il faut se mettre le pied à l'étrier. Il y a parfois des opportunités qu'il faut aller conclure. Elle m'a toujours soutenu, elle me soutient encore toujours d'ailleurs.
- Speaker #0
Elle est toujours à Tonon ?
- Speaker #4
Non, non, non, elle est en Touraine, elle est à Tours dans mon cœur. C'est la ville où je suis né, où j'ai grandi et tout se passe bien. Mais elle est toujours présente très activement. On n'a pas d'entreprise familiale où elle a pu me léguer vraiment la continuité de cette maison. Mais en tout cas, pour le reste, elle a bien légué le flambeau. Donc, c'est une très belle chose.
- Speaker #0
On adore les histoires comme ça, remplies d'émotions. Merci beaucoup, Johan. Alors, Mickaël, toi, tu as été 15 ans dans la banque. Déjà, ça fait un peu moins rêver, mais on respecte. À quel moment tu as senti que tu n'étais plus à ta place ? Et surtout, qu'est-ce qui t'a fait que tu as... envisager de quitter quelque chose de rassurant pour te lancer dans la folie de l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Effectivement, j'ai fait près de 15 ans en banque. Donc tu le sais, j'ai accompagné des dirigeants et des entrepreneurs dans le financement de leur activité professionnelle. Donc c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu, qui m'a nourri, où j'ai appris énormément. Mais j'ai vu l'impact qu'ils avaient sur le monde qui les entourait, comment justement avec l'entrepreneuriat ils arrivaient à faire changer les choses. Et ça m'a toujours donné envie à moi aussi d'entreprendre. Mais c'est pas si évident de quitter la banque. Voilà, il y a certains statuts, il y a certaines conditions qui font que ce n'est pas évident de se lancer dans l'entrepreneuriat. Mais la particularité, c'est que j'ai travaillé pendant huit ans à Paris. Ensuite, j'ai fait ce métier-là pendant quatre ans à Martinique. Et je suis revenu m'installer en Ile-de-France il y a maintenant trois ans. Et à mon retour, je me suis dit, c'est peut-être le moment de se lancer et vraiment d'aller voir comment je pouvais moi aussi m'exprimer dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #0
Alors, tu t'es lancé dans quoi ? Tu t'es exprimé avec quoi ?
- Speaker #1
Alors, moi, ce que j'ai voulu, c'est réinventer finalement la convivialité. faire en sorte que les gens puissent partager des bons moments sans forcément consommer d'alcool. Et donc, j'ai créé une marque de boissons sans alcool qui s'appelle Maison La Joie. Et c'est là-dedans que je me suis lancé maintenant, il y a un peu plus de deux ans. Et on a lancé la première production maintenant en début d'année, il y a quelques mois.
- Speaker #0
Bravo, on va y revenir. Merci beaucoup, Mickaël. Alors Antoine, on me parlait de finition de repas. Toi, tu as transformé une fiche industrielle en ferme urbaine. à quel moment tu as décidé de t'orienter vers cela comme une évidence ?
- Speaker #3
Alors, au début, j'ai un profil d'ingénieur. Je suis en formation sciences de l'ingénieur orientée environnement. Et avec mon frère, on a beaucoup, on a vécu en Asie et on a voyagé notamment au Laos. On était perdus dans la jungle et avec des gens qui nous ont aidés quand on était littéralement perdus avec les motos. Après un accident, on a dormi dans une cabane en terre battue. Et à un moment, on s'est dit, bon, ils n'ont pas l'eau potable, ils n'ont pas de quoi manger. On reviendra un jour avec moi qui crée une entreprise dans l'énergie et mon frère qui était dans la biologie, qui créera une entreprise dans l'agroalimentaire. Et pendant ma formation, on a eu un cours de développement durable où on devait virtuellement créer une entreprise pour résoudre une des problématiques du développement durable. Tréfectuellement, se lancer dans l'énergie en sortie d'études ou encore en études, c'est complexe. Ça demande des milliards de capitaux. Ce n'était pas hyper faisable. Par contre, l'agriculture, c'était le secteur, et c'est toujours le secteur qui a le plus d'impact sur notre environnement. 40% de la surface terrestre, c'est l'agriculture. 70% de l'eau potable, c'est pour l'agriculture. Je peux en sortir des grands chiffres pour les gaz à effet de serre, les particules fines, etc. Donc, j'ai regardé s'il y avait quelque chose à optimiser. Là, j'ai vu que l'agriculture d'intérieur pouvait potentiellement optimiser, finalement, la consommation, les engrais et les déchets que l'agriculture produit. Parce qu'on produit dans une boîte et donc on maîtrise ce qui rentre et ce qui sort. Et donc en cours, j'ai vu que ça marchait sur le papier. J'ai dit à mes collègues, c'est pas un projet de cours pour moi. Ça va être une entreprise, donc vous en êtes avec plaisir. Et donc ça en est suivi dix mois où j'ai... demandait à tous les gens autour de moi s'ils voulaient m'aider avec telle et telle compétence. On a créé un petit groupe et à la fin on s'est retrouvé avec cinq fondateurs. Je suis un des co-fondateurs. Et on voulait le faire dans une tour. Et puis en visitant des friches industrielles, là en fait c'est devenu évident. Au lieu de construire quelque chose, on utilise un bâti qui est déjà là. Donc on n'artificialise rien du tout. Et en plus de ça, en étant en sous-sol, on utilise l'inertie du sol. Donc on n'a pas besoin de chauffer finalement l'agriculture. intensives. Les problèmes, c'est les consommations d'eau, les consommations d'engrais, l'artificialisation des sols et la consommation d'énergie. Et en fait, en s'implantant en sous-sol, on résout toutes ces problématiques.
- Speaker #0
Bravo, bel engagement. Merci beaucoup, on y reviendra Antoine. Morgane, alors pour toi, c'est quoi un leader dans l'hôtellerie ? Leader, manager aussi ?
- Speaker #2
On va différencier leader et manager. Je pense que leader, c'est déjà n'importe quel poste. N'importe qui dans un hôtel peut être leader. Pour moi, c'est quelqu'un qui est capable d'aller chercher de nouvelles idées à l'extérieur. Déjà, qui n'est pas juste dans son petit bocal, la tête dans le guidon dans son hôtel. et qui est capable de revenir en interne, d'en parler et de le faire faire par les autres. Et de mettre en place des choses qui... Ce n'est pas lui qui porte le projet finalement en termes d'ego. En fait, il va pousser les autres à innover. Et je crois qu'un leader, il apporte du carburant. Alors soit il apporte de l'argent, il a des idées et donc ça va amener du business, soit de l'énergie. Dans tous les cas, il apporte du respect et il incarne le respect aussi, une forme d'exemplarité. Et je crois que ça, c'est quelque chose qui manque un petit peu dans l'hôtellerie, c'est qu'il a le courage de dire les choses. Et du coup, les choses sont dites, il n'y a pas de comérage, autre chose comme ça. Quand il le dit, en fait, on sait à quoi s'en tenir avec lui. Mais ça peut être vraiment n'importe quel poste. En fait,
- Speaker #0
un leader pousse les autres à être leaders.
- Speaker #2
Oui, quelque part. Il arrive à prendre un step back. Et juste, son but, c'est de faire avancer les gens, en fait, dans la direction qu'ils veulent eux et pas qu'ils veulent lui.
- Speaker #0
Du coup, Johan, par rapport au service et au maître d'hôtel, comment tu drives tes équipes ?
- Speaker #4
C'est un peu cet état d'esprit. En fait, nous, on a des objectifs qui sont clairs. C'est qu'à chaque fois que quelqu'un passe la porte du restaurant d'un côté et puis de l'autre, il faut que le sourire, l'envie lorsqu'il rentre, soit le sourire de satisfaction et l'envie du retour lorsqu'il sort. Donc à partir de là, moi ce que j'aime faire, c'est donner des orientations aux personnes qui composent l'équipe, en imposant, on va dire, une grande majorité de standards, mais en laissant beaucoup de liberté à chacun d'entre eux. Je déteste les discours similaires où, quand vous êtes dans une salle de restaurant, et souvent dans les restaurants gastronomiques, lorsqu'on explique les plats, vous avez finalement un dictaphone avec des intonations de voix différentes, et vous entendez à chacune des tables... à un moment précis donner exactement le même commentaire sur les mêmes choses, les mêmes interactions. Et ce que je veux c'est de laisser le maximum de liberté aux gens avec l'introduction des informations nécessaires en fonction de la personne qui est en face de nous. A chaque fois on l'explique et on le précise mais on a des clients, je sais pas, on est cinq autour de cette table aujourd'hui, ça fait deux couples et une personne qui fait le service, alors je vais dire que c'est moi qui fais le service et vous vous êtes... vous êtes des binômes qui viennent à table, eh bien, on peut avoir un premier binôme qui va se dire, nous, on est en repas business, Mickaël, il joue très gros aujourd'hui, il n'a pas envie qu'on lui parle. En tout cas, pas nous. Eh bien, on a spoté ça dès le départ, on donne la consigne aux autres, on dit, voilà. Notre travail, c'est quoi ? Notre travail, c'est de se dire qu'aujourd'hui, lui, il vient chez nous, pourquoi ? Parce que son rendez-vous, il est important. Parce que ce rendez-vous, il se fait autour d'une table, qu'il a envie de bien manger. passer un bon moment.
- Speaker #0
Et signer !
- Speaker #4
Et signer, c'est exactement ça. Donc nous, notre rôle, ça va être suffisamment présent et suffisamment distant pour qu'il puisse faire ce qu'il a à faire. Et puis après, il y a deux autres personnes qui viennent déjeuner, ou dîner, peu importe, et qui là, eux, sont dans l'expectative d'avoir le maximum d'informations nécessaires sur tout ce qui va se passer. Les informations sur les recettes, sur la culture du chef, sur le produit, sur tout, et bien là, on vient répondre aux questions. Et ces deux tempéraments font aussi que... Un service, c'est deux heures et demie, trois heures. Et si on fait la même chose avec tout le monde à chaque fois, le temps a parti. On ne peut pas passer du temps avec tous les clients et raconter toutes les histoires, parce que sinon, on n'y arrive pas. Et donc, du coup, c'est ça, ce petit jeu-là qui est intéressant. Dès le départ du client, essayer d'avoir la lecture la plus juste possible pour répondre à leurs envies et faire qu'en sortant, ils disent, ben voilà, on sait pourquoi on est venu, on sait ce qu'on est venu chercher. Bien manger, bien boire, être bien servi, passer un agréable moment. avec plus ou moins de présence des gens. Et des fois, ce qui est problématique, c'est lorsqu'on a envie de faire beaucoup de choses, on en devient un peu oppressant, obséquieux, et du coup, ça devient désagréable.
- Speaker #0
C'est ce qu'on dit aussi dans les restaurants étoilés, c'est que souvent, les maîtres d'hôtels, ils sont là, ils sont 15 à table, autour de toi, et ils te resservent, et ils te resservent. Donc, il faut doser. Pour moi, avoir été deux fois chez Fogo, on est effectivement reçus... Enfin, moi, clairement, je n'ai plus envie de partir. La porte, je la pousse dans un sens, mais pas dans l'autre.
- Speaker #4
Ce qui est très intéressant... Donne l'adresse,
- Speaker #0
s'il te plaît.
- Speaker #4
Oui, on est 8 rues Messonnier à côté du métro Vagramme dans le 17ème. Et Épisode et Fogo sont deux restaurants liés. Et ça, c'est un avantage. On a une table étoilée qui est Épisode. Il y a un corridor. De l'autre côté, il y a Fogo. Albert, le chef sommelier, moi-même et le chef, on navigue sur les deux restaurants en permanence. Donc quand vous venez manger chez nous, que vous veniez manger à l'Étoilé ou au Bistrot à la Bresse, on est tout le temps là en permanence. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Je voulais que tu précises que c'est à la Bresse.
- Speaker #4
Et les équipes sont présentes en permanence. Ce qui est très intéressant et ce que m'avait dit quelqu'un un jour et qui pour moi je pense est primordial dans n'importe quelle profession et on a vraiment la démonstration avec les gens qui sont autour de cette table aujourd'hui, c'est qu'il est parfois extrêmement difficile. d'être passionné et passionnant. Et des fois, quand on est trop passionné, on est dans notre truc et on raconte notre histoire. Et en fait, les gens, c'est bon, stop. Tu me saoules. Et donc, passionné et passionnant, c'est deux cultures. Et c'est ça, quand on arrive à être un peu sur la corde sur les deux et adapter à chacun, je pense que c'est la bonne définition.
- Speaker #0
Très belle réflexion. Je l'apprends, je l'apprends. Mickaël, alors toi, tu as décidé de créer une alternative sans alcool. Alors pourquoi ce choix personnel ? Est-ce que c'est lié à une évolution ? Est-ce que c'est par rapport à toi ? Est-ce que c'est une image où tu t'es dit tu veux te différencier par rapport à un secteur qui est directement aussi à la fois très incarnant l'art de vivre mais en même temps un petit peu sinistré ? Quel a été ton choix ?
- Speaker #1
Non, moi mon choix c'est que je suis quelqu'un qui a toujours apprécié justement partager des bons moments avec mes amis, avec ma famille, autour d'une bonne table, autour d'une bonne bouteille et c'est des moments qui m'ont marqué. dans ma jeunesse et même après quand j'ai grandi. Et il s'avère qu'à un moment donné, j'ai fait le choix justement de réduire ma consommation d'alcool. Et à ce moment-là, finalement, j'étais frustré de ne pas retrouver ce plaisir-là avec mes amis, de ne plus pouvoir me retrouver autour d'une bonne bouteille, de pouvoir trinquer avec eux. Et au contraire, c'était plutôt devoir subir parfois les moqueries. Pourquoi tu ne bois pas ? Qu'est-ce que tu as ? Tu es malade !
- Speaker #2
Tu prends ton petit jus de fruits qui n'est pas terrible. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Donc soit des jus de fruits qui n'ont pas de goût, des sodas beaucoup trop sucrés. C'était vraiment à chaque fois frustrant. Et je trouvais que c'était dommage justement de ne pas retrouver ce plaisir, même sans alcool. Et c'est ce qui m'a donné envie de me lancer et de créer justement cette marque de boissons sans alcool.
- Speaker #0
Alors décris-la, décris le goût, décris le process, comment s'est fait la R&D, toute la dynamique.
- Speaker #1
Ça a été une longue aventure. Mais dans la joie, c'est une longue aventure. C'était une longue aventure parce qu'au final, moi, comme je l'ai dit, je viens du monde de la banque. Donc je ne viens pas forcément du monde de la boisson. Et donc, il fallait comprendre finalement qu'est-ce que ça voulait dire de créer une boisson et d'apporter quelque chose de nouveau sur le marché. Et donc d'abord, ça a été de se dire qu'est-ce que je voulais faire. Et moi, ce que j'ai eu envie, c'est vraiment d'apporter cette touche plaisir dans le sans-alcool. Et pour moi, le plaisir, automatiquement, ça m'a ramené à mes origines, à la Martinique. Et je trouvais ça intéressant de pouvoir apporter avec ce terroir-là, avec cet état d'esprit caribéen, le plaisir dans le sans-alcool. Et donc, c'est un peu comme ça que ça a commencé. Et ensuite... Comme je l'ai dit, ce qui était important, c'est d'avoir cette boisson festif autour de laquelle on peut se rassembler. Et donc la réflexion, c'était qu'est-ce qu'on pourrait créer finalement ? Et aux Antilles, quand on pense aux Antilles, on pense souvent au Rhum. Bah oui,
- Speaker #2
j'allais te poser la question !
- Speaker #1
Effectivement, mais la particularité, c'est que là-bas, on est aussi des très gros consommateurs de champagne, parce que c'est la boisson de la fête par excellence. Et donc aux Antilles, on consomme énormément de champagne. Je crois qu'il y a des statistiques qui disent que les Antilles seraient les plus gros consommateurs de champagne en nombre d'habitants. Et donc pour moi c'était intéressant finalement de se dire comment on pourrait proposer une alternative sans alcool mais avec cette identité caribéenne. Donc c'est là que ça a commencé, voilà les premières recherches. L'idée c'était de voir comment on pouvait associer justement ce côté vigne avec les saveurs des Caraïbes. Et donc le choix qui a été fait c'était d'abord de travailler sur du vin sans alcool, qu'on allait pouvoir assembler justement avec de l'ananas et des épices, c'est le choix qu'on a fait.
- Speaker #0
Alors les épices par exemple, qu'est-ce que tu mets en épices ?
- Speaker #1
On a de la cannelle et du gingembre. C'est chez nous, c'est des épices qu'on utilise régulièrement. C'était bien de pouvoir les retrouver dans la boisson et en même temps, ça permet d'apporter à la fois du caractère et de la complexité. C'était vraiment intéressant.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup. Antoine, en préparant l'émission, j'ai vu qu'on parlait de bioponie. On est des néophytes, grosso modo, les gens qui écoutent mon podcast. C'est quoi exactement, au-delà de la technique, qu'est-ce que ça engage et comment ça fonctionne ?
- Speaker #3
Alors. Je vais juste revenir très rapidement sur la technique. La bioponie, c'est essayer d'appliquer tous les principes qu'il y a dans l'agriculture biologique et plus largement dans la permaculture, dans un système hors sol. Un petit paradoxe à l'intérieur. C'est-à-dire que dans l'agriculture conventionnelle, on nourrit les plantes, on met des engrais que les plantes assimilent directement. Dans l'agriculture biologique, on nourrit son sol. Et c'est parce qu'on a un sol vivant, avec des vers de terre, tout un tas d'organismes, que Ensuite, le sol le rend bien et qui nourrit les plantes. Nous, on fait la même chose sans sol. On nourrit une solution nutritive qui va ensuite, par tous les êtres vivants qui sont à l'intérieur, nourrir les plantes. Et donc, on applique, comme avec la permaculture, le principe qu'on est dans un écosystème qui est compliqué, qui est vivant et où on ne maîtrise pas tout. Donc, on encadre les choses. On n'essaie pas d'être dans un système binaire. On va utiliser des insectes, on va encadrer et aider à ce qu'il y ait des équilibres qui se fassent. Il y a un mauvais insecte qu'on ne veut pas dans nos cultures, on va en insérer plusieurs qui sont des prédateurs et qui vont bouffer celui qu'on ne veut pas. Tu viens dans notre ferme, tu vas voir toutes les saloperies que l'agriculteur ne veut pas voir dans son champ. Et dans l'agriculteur bio, ça fonctionne parce qu'il y a de la prédation. Donc on réinsère ces phénomènes de prédation par des bactéries, des champignons, des insectes, des araignées, des vers. Mais c'est ça qui fait aussi la qualité d'un terroir. C'est le sol, le climat et l'écosystème. Et on recrée un climat spécifique, on a notre sol avec la bioponie. et on crée notre écosystème avec tous les êtres vivants qu'il y a à l'intérieur.
- Speaker #0
Et le système d'eau, comment ça se passe ?
- Speaker #3
Alors, il faut voir ça comme un circuit fermé de plomberie. Il y a un réservoir, il y a des engrais à l'intérieur, il y a une petite pompe qui amène l'eau à ces plantes. Les plantes prennent ce qu'elles peuvent ou ce dont elles ont besoin dans cette solution nutritive et ensuite l'eau revient au réservoir. Et donc la seule eau qu'on va consommer... C'est l'eau qui est bue par les plantes. Pour donner un ordre de grandeur, on a une ferme qui fait 1300 m², qui produit l'équivalent de 24 hectares de production si on était en plein champ, et on consomme par mois 50 m3. Avec mon épouse et ma fille, on consomme un peu plus de 11 m3 par mois. On prend un peu trop de douche peut-être, mais... L'ordre de grandeur, c'est qu'en fait, 5 foyers comme nous, c'est la consommation de notre ferme avec... Les toilettes, les villées pour les salariés, etc. Donc en fait, on est sur une consommation très très faible. Et pour l'instant, ça ne nous paraît pas pertinent pour l'agriculture en France, parce qu'on a peu de restrictions d'eau. Et encore qu'il y a déjà deux ans, ça a commencé à changer, où on a dit qu'on ne peut plus mettre de l'eau dans sa piscine. Donc là, ça commence à toucher monsieur et madame tout le monde. Mais il y a des pays où on n'est pas loin du jour zéro. On va au Cap-Vert, il y a un compteur, comme dans un film de... dystopie et si on arrive au jour zéro, il n'y a plus d'eau. Ils coupent l'eau potable pour la capitale, en millions d'habitants. Il y a des pays, Singapour, Dubaï, des trucs très très denses où soit tu produis dans la ville, soit t'es dépendant de l'exportation. Et il y a un truc plus proche de chez nous, c'est les Antilles. La Guadeloupe, la Martinique, 100% pratiquement des salades, par exemple. elles sont du continent. Et il y a tout un tas de fruits et légumes qui ne poussent pas sur ces îles, qui sont beaucoup plus chers qu'en Ile-de-France, parce que ça vient de très très loin, et qu'il y a tout un tas de gens entre temps qui se font une marge considérable, alors que nous on pourrait finalement donner de nouveau de la souveraineté à une île comme la Martinique, sur tous les fruits et légumes qu'elle importe.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu en penses, Mickaël, de ça ?
- Speaker #1
Je pense que c'est très intéressant, et qu'effectivement il y a un vrai sujet sur le développement de l'agriculture locale. On a eu beaucoup de sujets sur notamment la pollution des sols, qui a aussi justement contraint l'agriculture locale. Et aujourd'hui, trouver des solutions qui permettent soit d'économiser de l'eau, soit finalement de travailler la terre différemment, je pense que c'est important puisque les gens ont besoin de s'y nourrir et ça commence par l'agriculture. Donc non, il y a un sujet qui est très intéressant là.
- Speaker #0
Merci messieurs. Morgane, alors toi, ton entreprise s'appelle ?
- Speaker #2
Value by Morgane,
- Speaker #0
est-ce que tu peux nous expliquer clairement ton expertise, qui sont tes clients, ce que tu leur apportes et en quoi tu es incontournable dans le milieu de l'hôtellerie ?
- Speaker #2
Incontournable, je ne sais pas, en tout cas ça peut être intéressant de passer par moi à un moment donné. C'est marrant, mes clients m'appellent la psy pro, c'est un petit peu ça qu'ils retiennent des trois ou six mois qu'on passe ensemble en général. Moi mes clients sont des bosseurs, c'est des cadres généralement, des directeurs d'hôtels, directeurs multisites. J'ai même eu quelques consultants du secteur, mais vraiment, moi, à la base, c'est des personnes qui encadrent du monde et qui gèrent une business unit globalement. Donc, en gros, un département ou un hôtel. Et en fait, ils arrivent à un moment où ils sont excellents, ils performent, ils ont des superbes idées, mais ils s'épuisent assez vite parce qu'ils donnent trop. Ils donnent trop de temps, ils donnent trop... Avec les gens,
- Speaker #0
du coup.
- Speaker #2
Avec les gens, mais tous en fait. Ils donnent du temps, ils donnent de l'énergie, ils donnent leur cœur limite. Vraiment, c'est comme si leur identité professionnelle était leur identité tout court. Et donc, il y a ce côté, je fais tout pour tenir la baraque. C'est un petit peu ça leur problème. C'est qu'ils apprennent, ils peuvent avoir eu souvent à un moment donné la rupture de trop avec un employeur parce qu'il y avait un désaccord dans la culture de l'entreprise. Et après, ils se retrouvent seuls. Il y a une première partie des personnes qui ont eu une rupture conventionnelle, par exemple, ou qui ont eu un moment où ils n'étaient plus en accord avec la direction pour plein de raisons. Soit un changement, soit un rachat, soit un changement du secteur où le Covid, finalement, on bloque tout et donc on n'est plus alignés. Sauf qu'ils ont un peu le syndrome bon élève de « tout le monde va le savoir parce que l'hôtellerie, c'est un petit monde » . Donc le côté de « je vais me griller » . Comment je fais pour retrouver un boulot ? Ça va se savoir. Ils sont un peu désabusés à partir d'un certain âge, on va dire à plus de 45 ans, sans vouloir faire une limite. Mais en fait, je n'ai pas de retour. J'ai 20 ans d'expérience, j'ai tout donné et c'est comme ça qu'on me traite maintenant. Donc, pendant les quatre premières années de ma boîte, c'était vraiment les aider dans un moment un peu de solitude comme ça où ils se rendaient compte qu'ils ont tout donné dans le poste d'avant, mais ils ne savent pas l'exprimer pour trouver le poste d'après. Et il y avait ce côté où je trouve que les hôteliers, ces cadres dans l'hôtellerie, ils ne choisissent pas leur carrière. Ils se font rappeler par l'ancien collègue. Ouais tiens, j'ai entendu parler de ça.
- Speaker #0
Les postes qui se refilent en fait. Ouais,
- Speaker #2
et puis en fait, moi pour avoir été RA, je peux vous dire que les postes de cadre et de directeur, ceux qui sont en ligne, c'est pas bon signe. Parce que ça veut dire que le réseau de l'écosystème qui recrute...
- Speaker #0
Ça circule normalement en coulisses.
- Speaker #2
Ah bah oui, on fait tout pour que ce soit pas en ligne à l'externe. Déjà à la base, dans les grands groupes, on est censé avoir 15 jours en interne. Donc ça veut dire que si en interne, il n'y a personne qui est compétent, qui est formé ou qui veut bosser avec un tel, il faut se poser la question de pourquoi c'est en ligne. Non mais ça c'est vraiment un truc bête mais... Il faut encore plus se poser la question, je ne vais pas me faire des amis, de pourquoi on fait appel à un cabinet de recrutement qui va toucher 20 000 euros sur le placement de cette personne. C'est quoi le loup qu'il y a derrière ce poste-là ? Alors des fois, c'est juste contextuel, mais souvent c'est quand même très structurel. Il y a quand même des entreprises qui font appel à des cabinets systématiquement pour tout le recrutement parce qu'ils n'arrivent pas à trouver. Et c'est quand même plus lié à la culture d'entreprise ou à quelqu'un qui est un peu invirable. Donc, il y a eu cette première partie de personnes. qui se retrouvaient en mode « comment j'ai confiance en moi pour me vendre, sachant que j'aime pas me vendre ? » « Comment je fais Morgane ? » C'était ça. Et puis finalement, année après année, je me suis rendue compte que je ne réglais pas le vrai problème. Là, on va vraiment... L'entrepreneuriat permet de se rendre compte, c'est que j'ai des personnes qui ont trouvé leur poste. Et deux ans après, comme je garde les personnes dans ma communauté derrière, je vois que le schéma se reproduit. Le schéma de « j'ai trop donné, j'ai... » Enfin voilà, j'ai remis d'équerre cet hôtel et je suis encore... à compter sur les doigts de la main dans le mois le nombre de repas que je passe avec ma famille. Donc maintenant ce que je travaille avec eux, c'est plutôt de la prévention que de la réaction. C'est du coaching de dirigeants.
- Speaker #0
pour qu'ils se priorisent eux. Parce que je crois que la clé dans l'hôtellerie, ce n'est pas les équipes, c'est la santé mentale du dirigeant. Si lui arrive à prouver qu'on peut avoir un équilibre de vie, et quand je dis équilibre, c'est vraiment pas... Le but de l'hôtelier n'est pas d'être à 19h tous les soirs avec sa famille pour dîner, c'est pas ça. Mais c'est juste qu'il y a des moments où on est work hard et des moments où on profite vraiment aussi. Le problème, c'est qu'il n'y a jamais la contrebalance de profiter vraiment. en déconnectant un côté. Ça,
- Speaker #1
c'est tout le problème de l'entrepreneur aussi. Oui,
- Speaker #0
bah oui. Sauf que là,
- Speaker #1
en fait, il est salarié pour le coup.
- Speaker #0
Oui, et en fait, c'est là où je me reconnais beaucoup avec les directeurs d'hôtels. Alors, on se dit, mais c'est quoi le rapport Morgane ? Mais c'est que moi, ma boîte, c'est ma vie aussi, finalement. Et que j'ai dû, et j'étais aussi ce profil qui partait sous les deux ans parce que je donnais trop et puis je me rendais compte que c'était pas très, très... qu'on me le rendait pas. Mais en fait, ce que je comprends maintenant, c'est que ça doit venir de moi. Tous mes problèmes... tous les problèmes ou les frustrations que j'ai pu avoir venaient de moi. Et en fait, là, je fais un miroir aux gens où ils arrivent à rester plus longtemps. Donc, l'évolution maintenant de mes clients, c'est plus que des particuliers qui sont entre deux boîtes. C'est des employeurs, des directeurs qui me disent j'aimerais que tu coaches un tel et un tel parce que là, il est en train de se griller. Et donc, c'est l'entreprise qui paye. Donc, je reviens à mon rôle un peu de, pas de RH, mais bon, de consultant d'externe qui bosse pour les hôtels, pour qu'il y ait un espace de réflexion, un espace où quelqu'un te pose les bonnes questions. pour que tu fasses différemment. Et en fait, il n'y a pas forcément besoin de changer de poste.
- Speaker #1
D'où la psy.
- Speaker #0
Oui, c'est la psy qu'on ne s'autorise pas à avoir et que les psys sont un peu plus rigides aussi dans le côté toutes les semaines à telle heure, nanana. Moi, j'aurais jamais pu suivre une thérapie si j'avais été salariée dans l'hôtellerie. En fait, c'est aussi ça la réalité. Donc, je ne dis pas que je suis psy, mais par contre, tu vas t'écouter souffrir et tu vas te dire que tu ne le feras plus de la même façon.
- Speaker #1
Hyper intéressant, merci beaucoup. Alors tu parles de souffrance et d'exigence, j'ai envie de parler de meilleur ouvrier de France. Alors, devenir meilleur ouvrier de France, toi c'est en 2023, qu'est-ce que ça représente intimement pour toi ? Qu'est-ce que ça a changé sur toi, dans le métier, par rapport aux autres, par rapport à tes pères ?
- Speaker #2
Ce que ça représente pour moi, c'est un rêve d'enfant.
- Speaker #1
Monique, elle a dû être ravie.
- Speaker #2
Monique, elle était... mais... Monique n'est pas très objective. Oui, c'est ça. Je pense que quoi que je puisse faire, elle est toujours extrêmement fière. Donc ça, c'est quelque chose de fabuleux. Même si elle n'oublie pas de taper sur les doigts quand c'est nécessaire. Et surtout, par rapport à ce que Morgane faisait référence tout à l'heure, le fait de parfois avoir ce besoin d'être toujours là en disant « Si je ne suis pas là, ça ne va pas. » En fait, ce qui est totalement faux, quand on n'est pas là, les équipes sont... Ils sont extrêmement concentrés, ils sont extrêmement forts pour se dire qu'il n'est pas là, donc il faut qu'on fasse même mieux que quand il est là. Et ça, c'est quelque chose que des fois, on oublie dans nos professions. Je ne connais pas dans d'autres milieux, mais dans notre, on a toujours cette sensation d'être un peu indispensable. J'ai pris plein de recul par rapport à ça et je me dis que de toute façon, quand je ne suis pas là, ce ne sera jamais pareil que quand je suis là, puisque j'ai des équipes qui font tout le travail et que moi, je suis juste la personne au-dessus qui fait le petit plus qu'eux ne peuvent pas faire parce que c'est eux vraiment qui font tourner la maison. Et donc du coup, c'est ça qui est important, de bien les valoriser en disant, de toute façon, c'est vous qui faites tourner la maison. Et quand on avait posé la question à M. Bocuse en lui disant, mais quand vous n'êtes pas là, qui est-ce qui cuisine ? Et bien exactement les mêmes que quand je suis là. Voilà, comme ça, la réponse était claire. Mais pour en revenir au meilleur volet de France, pardonnez-moi, c'est un peu cette culture aussi. J'ai fait quatre fois le concours. Je l'ai obtenu au bout de la quatrième fois. Je n'ai pas eu trois échecs. J'ai eu trois tentatives qui n'ont pas abouti. Mais j'ai persévéré.
- Speaker #1
Il faut savoir que ça s'échelonne parce que c'est tous les 3 ou 4 ans.
- Speaker #2
Ça se fait tous les 4 ans.
- Speaker #1
C'est sur 15 ans là, on parle.
- Speaker #2
Pratiquement, oui. Donc c'est un long périple. Certains parlent de chemin de croix. Je trouve que c'est un parallèle avec ce qu'on fait dans nos professions au quotidien. Parce que c'est de côté par rapport à ce qu'on fait tous les jours. On a nos métiers et puis ensuite on essaye d'aller conquérir cette valeur métier encore plus conséquente. Mais que l'on l'obtienne ou que l'on ne l'obtienne pas, ça ne nous empêche pas d'être... de très bons professionnels, de valoriser notre métier à la hauteur de ce que peut être ce titre. On a d'ailleurs plein d'exemples de personnes qui n'ont pas ce titre pour deux raisons. Soit ils n'ont pas réussi à l'obtenir parce que les concours, ce n'est pas leur truc et ça ne marche pas. Soit pour ceux que ça n'intéresse pas, mais ça n'en fait pas des moins belles personnes ou des moins bons professionnels, bien au contraire. Et je pense que quand on obtient ce titre, il faut surtout ne pas l'oublier. On est très fiers d'arborer cette médaille et ce col tricolore, mais il faut aussi prendre en considération que la première chose qui change, c'est le regard des gens sur nous. On nous met sur une stature, sur une position qui, je ne vais pas dire qu'on est au rang ultime de ce que peut être une valeur métier avec ce que ça représente, mais en France, on aime bien les symboles et la symbolique Meilleure Voyée de France, elle est très très importante. Ça veut dire que quand on nous rencontre, on a la sensation de toucher la quintessence d'une profession et de se dire que cette personne... maîtrise la totalité de son métier. Ce qui n'est pas vrai. Mais là, nous,
- Speaker #1
on est très impressionnés de te parler, d'être avec toi dans la salle. Non, mais il faut reconnaître quand même que c'est, comme tu dis,
- Speaker #2
c'est une très très belle récompense.
- Speaker #1
C'est un charisme professionnel.
- Speaker #2
C'est un charisme professionnel, c'est quelque chose qu'on a besoin de représenter. Ça nous apporte aussi beaucoup d'exigence. Ce qu'on ne cite pas souvent dans le meilleur ouvrier de France, c'est que ce qui est notifié dans les critères de cette récompense, C'est qu'on se doit d'être la transmission de notre profession, mais on se doit aussi toujours d'être au fait de nos métiers. C'est-à-dire qu'une fois qu'on a obtenu le titre... C'est pas la finalité, c'est le début de tout. On doit toujours faire en sorte d'être exemplaire, d'être digne de cette distinction, et surtout, dans notre profession, d'aller toujours chercher plus loin. Et on évoquait le sujet tout à l'heure, lorsqu'on a bu le café avant de se rencontrer, c'est de se dire, voilà, c'est le patrimoine métier, c'est, on va dire, le serail en se disant, voilà, ce concours a été créé pour être le conservatoire de chacune de ces professions. Mais ces professions, elles sont en mouvement, elles évoluent. Lorsque le concours de meilleure haute France a été créé, je pense que le métier de Morgane n'existait pas, on ne l'évoquait même pas. Et aujourd'hui, dans nos professions, on a envie de pouvoir perdurer. Donc dans la manière aujourd'hui où on organise nous le concours maître du service et des arts de la table au sujet, les interprétations qu'on va en faire sont totalement différentes. On a fait dans les phases de présélection une épreuve sur le RSE.
- Speaker #1
Alors c'est ça, je voulais te poser la question, l'épreuve concrète métier c'est quoi ?
- Speaker #2
Nous, on a deux temps. Le premier temps, c'est la présélection. Donc, à partir de cinq épreuves présélectives, on va ensuite sélectionner un nombre de candidats qui auront sur la finale, qui auront d'autres épreuves à réaliser. Le cahier des charges est qu'il y a toujours un QCM identique à tout le monde. Et ensuite, il y a quatre épreuves. Une épreuve tournée autour du vin, une épreuve technique. Ça peut être un flambage, un découpage ou une autre technicité. Par exemple, cette année, nous, c'était réaliser et commercialiser un plateau de fromage. Et ensuite, d'autres épreuves qu'on a décidées. L'épreuve du vin, c'était une épreuve très rapide qui demandait, voilà, vous arrivez dans un hôtel, vous avez tant, tant, tant de bouteilles en stock, comment faites-vous pour les commercialiser sur vos différents points de vente ? C'est du factuel, c'est du métier. On veut...
- Speaker #1
Du pragmatique, quoi. Exactement.
- Speaker #2
On n'est pas là pour piéger les candidats sur des questions très difficiles pour dire on va être très dur pour voir comment les candidats s'en sortent. Non, c'est pas ça. L'idée, c'est faire des vraies questions métier, on va les ressortir... de ces sélections les meilleurs profils pour aller chercher le titre. Une question sur le RSE, une question sur animation de briefing avec des allergènes. Que des choses qui sont vraiment culturelles. Il y a 20 ans, on ne se posait pas ces questions-là, parce qu'au restaurant, on ne se préoccupait même pas de ce genre de choses. Donc maintenant, on aurait pu leur faire faire un steak tartare comme on a l'habitude de le faire. Il est vrai, on dénigre en aucun cas le steak tartare, on aime tous ça. Et d'ailleurs, qu'il soit à base... de viande ou de fer de façon végétale, c'est plus le sujet. On est en-delà de ça. La technicité, elle va être à un autre moment. On va chercher vraiment une culture métier, une représentation de ce métier. Et puis au fur et à mesure du temps, on essaye de faire vraiment une collection de tout ce qui se fait dans notre profession, avant, pendant et après. Et c'est ça l'objectif de ce concours, de continuer à faire briller tous les métiers. Et tous les métiers font les mêmes choses. On a besoin de continuer à être une bibliothèque nationale de tout. de toutes ces belles professions et du savoir-faire français.
- Speaker #1
Très bel amour pour l'artisanat. Merci beaucoup, Johan. Antoine, alors justement, là, on parle de chef, de restauration, d'hôtellerie. Quel lien tu établis avec cette profession ? Alors déjà, est-ce que tu peux nous refaire un point des produits qui est au catalogue de Champs-Perschers ?
- Speaker #3
Alors, aujourd'hui, Champs-Perschers commercialise des micro-pousses, des jeunes pousses, des fleurs comestibles et des aromatiques un peu spécifiques. rare, difficile à trouver pour les chefs. Et on commercialise exclusivement aux professionnels. C'est-à-dire que vous pouvez retrouver nos produits chez Métro, mais aussi directement en livraison si vous êtes un restaurant. On alimente des traiteurs, on a commencé à travailler avec Disney, avec l'ouverture du Nouveau Parc.
- Speaker #1
Avec la Reine des Neiges.
- Speaker #3
Avec la Reine des Neiges.
- Speaker #1
Vous faites les micro-pouces pour la Reine des Neiges.
- Speaker #3
Exactement. On est à Rungis 5 jours sur 7 à partir de 5h du matin. Donc voilà, on a 80 produits différents que vous pouvez trouver sur notre site. Et l'objectif de Champ-Pêcher, c'est de produire un nouveau produit en fonction de la demande du marché. Typiquement, un jour, si on a suffisamment de surface, produire de l'aubergine, ça peut faire sens. Parce qu'une grande partie de l'aubergine qu'on consomme, vient de l'étranger. Le basilic, c'est pareil.
- Speaker #1
Et les fleurs, comme est-ce-type ? Parce que on en voit beaucoup sur les tables. Moi, étant chef, j'en prends beaucoup. Est-ce que tu peux aussi expliquer qu'il y a une tonalité, ce n'est pas que de l'esthétique, il y a une tonalité nutritionnelle, gustative, et quand moi je les mets en fin, et que les gens disent « ça se mange ? » Oui, ça se mange.
- Speaker #3
La plupart des fleurs sont comestibles et celles qu'on trouve dans nos assiettes sont toutes comestibles. Les moments où elles ne le sont pas, c'est parce qu'il y a des produits chimiques dessus. Nous, on n'en met pas, donc tout est comestible. Au début, la fleur, on la produisait... essentiellement pour l'intérêt nutritif. On faisait des fleurs de souci pour les métabolites qu'il pouvait y avoir à l'intérieur. C'est un terme un peu technique, mais il y avait des molécules spécifiques qu'on trouvait intéressantes, qu'on retrouve dans les crèmes, etc. Et en fait, on a vu l'intérêt et le marché qu'il y avait sur la fleur comestible en Ile-de-France. Nous, on livre à 30 km de la ferme, on est à Sartreville, dans le 78. Donc, notre marché, c'est l'Ile-de-France, qui est le plus gros marché d'Europe, donc ça nous va très bien. Et donc le marché de la fleur, on est passé de ces quelques centaines d'euros par mois avec il y a deux ans, à maintenant c'est 60% de notre chiffre d'affaires. Et toujours avec le besoin du client initial. C'est pas tellement maintenant qu'on le produit parce qu'il y a telle protéine ou telle vitamine dans la fleur, plus qu'en fait le restaurateur nous dit, moi j'ai besoin de ça, de toute façon je l'achète à l'étranger sinon. Et donc, on se met à le produire pour remplacer l'importation. Et en soi, finalement, c'est des produits avec des valeurs nutritionnelles qui sont très intéressantes. Surtout la micropousse, je dirais, qui est quand même le super aliment. En pourcentage, sur un kilo de micropousse, la quantité de vitamines, de nutriments qu'il y a à l'intérieur, ça bat absolument tout.
- Speaker #1
Tu as répondu à tout, c'est parfait. Merci Antoine. Mickaël, alors toi pour te développer, tu as été incubé. Qu'est-ce que ça t'a apporté dans ton développement aujourd'hui ? Quel est ton positionnement ? Comment tu distribues ? Et comment tu te vois dans 12 mois ?
- Speaker #4
Effectivement, pour me développer, j'étais incubé. Donc, Catch Entrepreneurship. Catch, c'est une école de commerce dans laquelle j'ai étudié quand j'étais plus jeune, qui s'appelait à l'époque Euromède d'ailleurs, à Marseille. Et donc, il y a... qui a un programme d'incubation pour accompagner à la fois les étudiants, mais aussi les diplômés. Je suis accompagné aussi par le réseau Entreprendre, ESSEN, et j'ai des mentors qui m'accompagnent. Ce que ça apporte, c'est que quand on est entrepreneur, finalement, on est très seul. Surtout que moi, je n'ai pas d'associé, je suis seul associé de mon entreprise d'aujourd'hui. Et donc, c'est important d'être entouré pour pouvoir avancer, aller plus loin et ne pas être seul dans la prise de décision. Donc voilà, moi je trouve que soit l'incubation ou même le mentorat, ça m'aide à la fois sur la vision, comment je peux développer l'entreprise, où est-ce qu'on veut aller, puisque l'idée avec Médecins dans la Joie, ce n'est pas juste de créer une boisson, mais c'est vraiment, comme je le disais, réinventer un peu le monde qu'on vit à l'été. Donc c'est assez challengeant et l'incubation, c'est que le mentorat permet justement d'améliorer la vision et de voir comment on peut avancer. Et ça permet aussi de travailler sur les enjeux d'entrepreneurs. Moi, je suis un ancien salarié. Donc entre être même cadre ou manager d'une banque et devenir entrepreneur, c'est deux postures totalement différentes. Et là-dessus aussi, il faut apprendre finalement. Il faut apprendre aussi c'est quoi être entrepreneur. Donc voilà en quoi ça m'aide. Aujourd'hui, chez Maison La Joie, on est sur une distribution qui se fait plutôt caviste épicerie fine. Donc on est présent essentiellement en région parisienne, en Ile-de-France, que ce soit dans des caves, des épiceries fines, même dans des caves sans alcool. C'est un segment qui se développe de plus en plus. On retrouve des boutiques qui nous présentent. qui ne propose que des boissons justement sans alcool. On est présent là-dessus. Et l'ambition pour Maisons la Joie, c'est déjà de devenir presque une référence des boissons sans alcool en France. Et puis, au-delà de ça, ça va être prochainement d'élargir la gamme. Ça peut être aussi un sujet. En gardant toujours le côté caribéen, ce côté plaisir caribéen.
- Speaker #1
Et pétillant aussi ?
- Speaker #4
Pétillant ou non, pas forcément. Mais en tout cas, toujours caribéen. Et toujours pour permettre aux gens de passer des bons moments sans forcément consommer d'alcool.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Alors, la première partie est finie. Tu parlais de se désolidariser d'une sécurité, moi j'ai été prof pendant 12 ans, prof de lettres, donc je vais vous lire un passage, et donc effectivement il faut être assez dingue pour passer de l'enseignement à l'entrepreneuriat, et encore plus dans la restauration, mais bon, c'est pas grave, c'est pas mon sujet. Alors je vous lis donc un passage. L'odeur et la saveur restent encore longtemps comme des âmes à se rappeler, à attendre, à espérer sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir 1922 Marcel Proust. Quelle est votre Madeleine de Proust ? Qui se lance ? Normalement, on n'a pas à réfléchir. Il y a un truc qui pop dans la tête. Est-ce qu'on part dans les îles, Mickaël ?
- Speaker #4
Je dirais pas forcément une Madeleine de Proust, mais en tout cas, moi je sais que je suis très attaché à la maison de mes grands-parents, qui est en Martinique à Saint-Joseph. Ce serait pas une Madeleine, mais ce serait plus un lieu. C'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. J'ai grandi en Ile-de-France, dans l'Essonne. Et l'opportunité, c'est que mes deux parents venaient de la Martinique. Il faut savoir qu'il y a beaucoup de personnes qui sont venues des Antilles dans les années 50, 60, 70, pour s'installer en France. C'était d'ailleurs organisé finalement, puisqu'il y avait ce qu'on appelait le Bumidom, qui était une agence d'État qui justement organisait un peu cette migration. Et les gens qui sont arrivés ont toujours essayé de garder lien finalement avec les Antilles, et avec leur territoire d'origine. Avec mes parents, on partait en Martinique tous les trois ans en vacances, notamment aussi avec les congés bonifiés. Et moi, je suis vraiment resté attaché à la maison de mes grands-parents à Saint-Joseph, une belle maison en bois. C'est vraiment un lieu très important.
- Speaker #1
Comment s'appellent tes grands-parents ?
- Speaker #4
Alors il y avait Marcel, c'est mon grand-père, et Flora, c'était ma grand-mère.
- Speaker #1
Marcel, Flora, Monique, on est pas mal là !
- Speaker #4
Et tu vois, c'est vraiment là-bas où j'ai découvert justement l'énergie un peu des Antilles, les fêtes de famille, les grands repas, et c'est quelque chose qui m'a remarqué.
- Speaker #0
Très bien, j'adore.
- Speaker #1
Morgane ?
- Speaker #0
Moi, c'est une Madeleine de Proust, mais qui est toujours dans mon quotidien. c'est ma petite... Ma petite, enfin, c'est sûrement en rapport et à mes origines bretonnes et à mon côté gourmand. Moi, à toute heure de la journée, je peux manger une crêpe Nutella. Ah, ça, c'est le truc. Mais la crêpe Nutella dans un truc vraiment sympa ou chez le backpack du coin. Ah oui, oui. Et je passe devant, je ne peux pas m'empêcher de l'acheter. Ça, c'est terrible. C'est mon truc. Et puis, c'est mon truc.
- Speaker #1
Est-ce que tu fais tes propres crêpes ?
- Speaker #0
Non, même pas.
- Speaker #1
D'accord. Non, non, pas du tout. Pas du tout. Non, non, mais non, non. C'est ton petit délire.
- Speaker #0
Les crêpes Nutella, le restaurant peut proposer les meilleures crêpes dessert, ce sera toujours crêpes Nutella. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un mix de souvenirs peut-être de Bretagne. Et puis le Nutella, c'est mon côté enfant. Très agressif d'enfant.
- Speaker #1
Antoine ?
- Speaker #3
Je colle un petit peu.
- Speaker #1
Ou Johan ?
- Speaker #2
Moi, ma madeleine de pouce, je pense avoir un verre à la main avec les amis. foncièrement plus souvent alcoolisées.
- Speaker #1
On les connaît les amis, on les connaît. Voilà,
- Speaker #2
parce que c'est une culture. Mais j'ai eu longtemps l'idée de la madeleine de Proust, d'un élément réconfortant qui soit quelque chose que l'on mange et qui nous rappelle énormément de souvenirs. Mais je pense qu'au final, avec le temps qui avance, ma madeleine de Proust, c'est vraiment le fait de pouvoir être ensemble et avoir des gens autour de moi que j'aime et que j'apprécie et qui font que On se rend difficilement compte du fait qu'on ne passe jamais suffisamment de temps avec les gens. Et souvent, les gens ont du mal à apprécier le peu de quantité de ces moments-là. Je suis parfois très heureux de croiser des gens pendant très peu de temps, mais de les croiser quand même pendant un court instant, parce qu'on a des activités. Et moi, je suis directeur de mes maisons et je travaille comme si c'était chez moi. Et vous êtes des entrepreneurs, donc c'est une implication permanente. Et des fois, j'ai pas besoin de beaucoup de temps avec les gens, mais j'ai besoin de temps avec les gens. Et quand je dis des gens, c'est les clients, je passe beaucoup de temps avec eux, parce que j'aime ça foncièrement et c'est une vraie volonté. Les équipes qui nous entourent aussi, parce que c'est des gens géniaux. Et franchement, je suis très heureux de faire ce podcast aujourd'hui, mais je le fais parce que j'ai tous ces gens-là avec nous. Et ça, c'est indéniable, il faut le préciser, parce que c'est des puits et des soutiens qui sont absolument géniaux. Et je pense que ma vraie madeleine de proue, c'est de me dire, voilà, je me pose, je prends un verre. Et je passe un moment avec les gens qui sont autour de moi. Et c'est ce que j'aime le plus. Quand on s'est rencontrés, tu l'as partagé avec moi. Le fait que j'ai souvent du mal aussi à m'arrêter. Et si vous parlez de moi à certaines personnes, c'est le verre de l'amitié, la démarrente, le ceci, le cela.
- Speaker #1
Nous, on s'est rencontrés chez Sébastien Mayol, qui est le président de l'association de sauvegarde de l'œuf mayonnaise. Déjà, ça donne quand même une petite tonalité. Et son bistrot s'appelle Auvin Dieu. et c'est une référence dans Paris. Effectivement, j'étais avec quelqu'un pour des affaires, mais il était 15h30 et je suis arrivée au comptoir, on a dit un petit verre, Et c'est vrai que, aussi je t'ai dit, tu verras dans le podcast. Tu m'as dit oui, je me suis dit bon, il me l'a dit parce que voilà, tu es là aujourd'hui et je suis très fière de t'avoir.
- Speaker #2
Et on était déjeuner autour d'un vigneron qui s'appelle Pinard, c'est quand même pas rien.
- Speaker #1
Ça c'est comme le meuf bouché qui s'appelle le bœuf.
- Speaker #2
Voilà, donc c'était un grand moment de communauté. Romain, on te salue. Voilà, belle Madeleine de Proust que je serais très heureux à partager.
- Speaker #1
Je voulais te poser une question, du coup Antoine ça te laisse encore un petit peu de temps. Est-ce que tu peux nous donner un petit peu le type de cuisine que tu fais à la fois chez Fogo et chez Episodes ?
- Speaker #2
La cuisine de Guillaume Goupil et de ses équipes est une cuisine vraiment foncièrement ancrée dans la culture française. On est sur une gastronomie produit, on est sur une cuisine de précision sur Episodes, orientée sur une carte et un menu où on se laisse vraiment porter dans l'idéologie de Guillaume et de ses équipes sur n'allons pas chercher une cuisine... avec des associations très particulières, des choses qu'on n'aurait pas goûtées ailleurs. Mais par contre, on va chercher la quintessence du classicisme et des choses qui font plaisir et réconfortant. C'est ce qu'on cherche aussi dans la salle et c'est pour ça qu'on a appelé ce restaurant épisode. C'est de se dire, comme toute bonne série, quand vous passez la porte, vous vous dites, mais à quand le prochain épisode ? C'est ça vraiment la culture de ce restaurant. Et de se dire, voilà, en ce moment, on fait un plat avec des morilles. Elles sont associées avec un peu de vin jaune parce que morille, vin jaune, on sait que ça fonctionne bien. Mais la morille, elle est tendre, juste craquante comme il faut. Voilà, il y a cette sauce qui est délicatement liée avec du beurre. Parce que le beurre, c'est quand même la vie. Et à côté de ça, on met très légèrement d'anguilles fumées. Parce que ça apporte un fumé qui est différent. Si on mettait une poitrine fumée ou autre chose. Donc c'est vraiment cette culture-là. Et puis Fogo, c'est la culture du partage. Toutes les cuissons sont à la braise. On a des grands barbecues. Et c'est devant les gens, on le voit. Et c'est devant les gens. L'endroit est très très beau. On a une superbe terrasse dans un quartier du 17ème qui est relativement calme, donc on peut passer du temps à l'extérieur sans être gêné par la circulation parisienne. Et l'idéologie de cet endroit, c'est vraiment de dire, voilà, on s'assoit autour de la table et on recrée chez nous ce que vous pourriez faire chez vous. Et voilà, c'est un peu cette volonté. On a des équipes incroyables qui mettent tout en œuvre. Et quand on parle de barbecue, souvent on fait référence à la viande. Et quand moi je parlais du verre, on faisait référence à l'alcool. Chez nous c'est pas ça, sur le barbecue il y a les légumes de Marc Faragoni, il y a l'avocat écrasé à la braise, qu'on vient écraser à la main, un esprit guacamole, mais Guillaume n'aime pas les guacamoles qui sont mixés, donc du coup on vient les écraser à la fourchette.
- Speaker #1
Ça ça m'avait scotché, pourtant c'est simple en soi, mais ça m'avait scotché.
- Speaker #2
Sur la carte de Paul Bocuse, il y a une citation de Vincent Van Gogh qui notifie, il est dur de faire simple. Et en fait c'est ça, l'idée c'est d'aller chercher les meilleurs produits, parce qu'il y a des gens qui se cassent la tête pour aller faire des très très bons produits, Et la volonté des chefs, c'est parfois... Non pas aller les modifier, mais les transformer pour sortir vraiment le meilleur de tout ça. La viande, on la sélectionne, elle est bonne, les élevages l'ont fait, les bouchées les ont bien maturées. Nous, on a besoin de les cuire à la perfection. Une cuisson, c'est quoi ? Déjà, lorsqu'on les met en cuisson, elles ne sortent pas du frigo, elles sont en température. On a la chance d'avoir une belle activité, donc on sort un nombre de pièces qui nous permet de les avoir à température pour cuisson. Et on vend tout, donc comme ça c'est super, tout est à bonne température et on les laisse reposer. On oublie souvent de prendre le temps. Et ce temps de repos lorsqu'on a fait une cuisson, ça change beaucoup de choses sur les cultures de viande. Et c'est voilà tout cet esprit-là qu'on veut sur les poissons, sur les légumes. On essaye de prendre le temps et prendre le temps, c'est parfois deux heures. Mais prendre le temps pour certains, c'est 45 minutes, une heure. Et c'est là où notre travail rentre en ligne de compte en disant, si vous avez une heure pour manger, vous allez manger en une heure. Mais par contre, la côte de bœuf, l'épaule d'agneau, on oublie. Mais on peut vous faire une très belle entrecôte, un onglet, on peut vous faire un poisson, une volaille ou autre. Parce que le temps est important. Mais le temps, c'est ce que j'expliquais tout à l'heure. Le temps est père de vérité. Ça c'est François Rabelais, c'est un tour en jour.
- Speaker #1
Je ne te savais pas si littéraire.
- Speaker #2
Je te raconterai, ça c'était toute mon histoire du moff, donc on en reparlera. Mais c'est de se dire, on a un cahier des charges à respecter. Au déjeuner, les gens ont besoin de manger rapidement. Et bien au frolon, on leur offre dans ce timing quelque chose qui leur correspond. Bien manger, bien boire ou pas. Et faire en sorte que le timing soit respecté pour qu'ils puissent repartir travailler. Puisque foncièrement, on a un créneau de détente. ou de re-business entre tout ce qu'ils travaillent.
- Speaker #1
Si vous n'avez pas envie d'y aller, je ne sais pas quoi vous dire. Tu l'as quand même archi bien vendu et moi c'est archi validé. Du coup Antoine, on est bon ?
- Speaker #3
C'est bon, j'ai pris le temps. C'était compliqué pour moi parce que c'est ma crise existentielle du moment. Quelle est cette Madeleine pour moi ? Je suis en thérapie depuis un certain temps. Ma femme est psychologue. J'aurais dit le tiponche dans le truc réconfortant. A t'écouter, c'est plutôt le fait d'être entremetteur de gens qui, a priori, n'ont rien à voir ensemble. Et c'est ça qui est Champ-Pêché, c'est que j'ai quand même mes deux frères, ma petite sœur, enfin mes deux petits frères, ma petite sœur et mon père qui travaillent dans Champ-Pêché. Mon père, son dernier poste, il était PDG de CETLM en Bulgarie. Absolument rien à voir, il est devenu chef de culture. Donc tu vois, on passe de la banque à l'agriculture. Et en fait, connecter des gens par leurs compétences et les... Les faire créer un projet qui me dépasse, c'est le truc dans lequel je me sens merveilleusement bien, que ce soit pour le BDE quand j'étais en école d'ingé, prévoir des vacances avec des potes, et là dans l'entrepreneuriat. Et ce déclic-là, c'est en nombre de jours que j'ai commencé à l'identifier comme le truc qui me recharge, peu importe l'énergie que je donne, ça ne me consomme pas. à partir du moment où je ne suis plus que dans l'exécution et que je ne fais plus ce truc-là d'entremetteur de gens incroyables et que mon but, c'est de les faire briller, je commence à consommer mon énergie. Et là, je me retrouve tout à fait dans ce que tu disais, Morgane. En fait, c'est important, la question de l'énergie. Parce que ta vie, tu la mets dans ton boulot et en fait, au bout de X temps, t'es cramé si tu ne considères pas que c'est un... Un vase à constamment remplir, pas seulement le vider.
- Speaker #1
Je me reconnais bien dans l'idée d'entremetteuse. Là, c'est ce que je fais avec vous depuis tout ce temps et ça me nourrit énormément. Quelle est la spécialité régionale dont vous raffolez ?
- Speaker #3
Régionale d'Ile-de-France ? Ah non, régionale,
- Speaker #1
ça peut même être un pays.
- Speaker #3
Le boudin entier, je pense. Franchement, c'est le seul boudin qui est épicé comme il faut, que mon grand-père nous sait alors qu'il n'est pas du tout des Antilles. mais pour moi c'est l'enfance et les petits boudins piquants que j'étais le seul à aimer tu vois c'est ta madeleine de prouf finalement ouais mais c'est quand même moins réconfortant que le type en fous du coup je vais pas dire le boudin mais
- Speaker #4
non non mais c'est un classique de chez nous ce qui est bien c'est qu'il y a aussi un aspect transmission tu vois ma mère ma grand-mère faisait le boudin et on se retrouve quelques semaines avant Noël pour faire ça en famille et tout. Donc non, non, c'est incroyable le boudin. Mais du coup, je dirais peut-être les acras de Morue. Pareil, les acras quand c'est bien fait, quand il y a vraiment le goût de la Morue, que c'est relevé, que c'est un peu épicé. C'est incroyable. Les 11h20,
- Speaker #1
c'est...
- Speaker #4
Mais tu vois, 11h20, tu prends un petit acra avec Maison la Joie ou autre. Et ça y est, t'es déjà dans l'ambiance. Donc non, pour moi, les acras, c'est incroyable.
- Speaker #1
Morgane ?
- Speaker #0
Moi, ça va être tout ce qui est tagine.
- Speaker #1
Pas du tout breton ?
- Speaker #0
Pas du tout, mais peut-être que ça vient de ses vacances en hôtel club, j'en sais rien. Mais en plus, j'ai une grand-mère maternelle qui faisait beaucoup de plats comme ça, dans des becques off du coup. Enfin bref, rien à voir. Mais des plats avec beaucoup de, je sais pas, tant de cuisson de viande, beaucoup de légumes. J'ai un petit stand de quelqu'un qui fait tagine couscous à côté de chez moi. J'y vais toutes les semaines, j'adore ça. Je ne sais pas, mais je suis très attirée par la Méditerranée. Si je pouvais vivre en Espagne, j'irais. Il y a ce truc-là aussi. J'adore. Super. Yann ?
- Speaker #1
Il faut choisir.
- Speaker #2
Il faut choisir. J'en ai un peu une par région. Encore une fois, je suis tourangeau. On a beaucoup de spécialités en Touraine. Il y a deux choses que j'aime beaucoup. La première, c'est les rillettes. Parce que voilà, et en plus, ma femme étant de la Sarthe, il y a un petit combat entre les rillettes du Mans et les rillettes du Tour. Même si pour moi, foncièrement, il n'y a aucun combat à avoir. Mais bon, ça, c'est une autre histoire. Et en particulier, les rillettes de ma très bonne copine Stéphanie 1, qui est la première bouchère étale meilleure rouillette de France en 2023 et qui a des rillettes absolument... incroyable et je l'embrasse très fort parce que c'est une personnalité entrepreneuse. Mais moi j'aimerais bien qu'elle vienne,
- Speaker #1
cette dame !
- Speaker #2
On va organiser ça parce que c'est une personnalité absolument incroyable et qui fait serriette à Montlouis, une commune qui m'est très chère parce que j'ai mes amis vignerons sur ces parcelles et vraiment le truc que j'aime c'est le vin de Montlouis.
- Speaker #0
Et donc voilà, entre les rillettes et le vin de Montlouis, mon cœur balance. J'aime tellement ça que pour mes 40 ans, je sais que ça ne se voit pas que j'ai plus de 40 ans, mes amis m'ont offert un demi hectare de vignes. Donc quand tu parles de l'agriculture, de tout ce que tu mets en place, alors moi je ne le mets pas forcément en place parce que j'ai la chance d'avoir des gens qui font ça pour moi autour, mais se voir offrir de la terre, c'est un cadeau très très fort. Tu parlais tout à l'heure de tes origines, et donc du coup, créer Maison La Joie, c'était ton côté caribéen, avec le fait que tu ne voulais pas boire d'alcool, mais que tu ne voulais rien enlever de cette culture. Je trouve que c'est vraiment une super motivation et c'est hyper important. Et donc du coup, moi, avoir eu ce cadeau, c'est une mise en place de quelque chose qui est absolument incroyable. Donc voilà, ça intègre... D'où ma madeleine de prousse du Rassembler les gens. C'est que ce cadeau m'a fait évoluer sur plein de choses en me disant que tout seul, c'est bien. à plusieurs, on va beaucoup plus loin, on fait beaucoup plus de choses. Et dans ton projet entrepreneurial, quand tu dis, voilà, j'ai des gens qui m'aident autour parce que c'est difficile d'être tout seul et de pouvoir avancer, t'as aussi cette intelligence de se dire je sais ce que je veux, je sais où je vais, je sais où je vais, mais j'écoute quand même les autres pour pouvoir aller plus loin. Je pense que c'est un trait de caractère qui est absolument exceptionnel et qu'on oublie souvent beaucoup. Bravo, parce que franchement, c'est très chouette.
- Speaker #1
Je pense que c'est primordial. C'est primordial d'être... BÊTE C'est primordial dans la vie de manière générale de savoir aussi écouter les autres. Alors bien sûr, après, on devra faire nos choix. Chacun doit faire ses choix et c'est important de prendre les décisions. Mais c'est bien aussi d'entendre aussi, d'avoir d'autres avis. C'est comme ça qu'on apprend et qu'on se construit. Donc, je confirme.
- Speaker #2
On fait un peu de psy dans cette...
- Speaker #3
C'est super bon de dire. C'est un équilibre hyper subtil dans l'entrepreneuriat notamment parce que je pense qu'il faut être entouré pour ne pas oublier de profiter du chemin. ce que tu disais tout à l'heure. Je crois que c'est juste célébré là ce soir, je suis en after-work, il y a dix personnes de ma communauté, on découvre l'hôtel de quelqu'un que je coach, enfin l'hôtel, c'est pas un hôtel d'ailleurs, mais bon, peu importe. Et en fait, on est trop contents de se retrouver. Donc il y a ce côté déjà, ok, il y a une intention, on a envie d'évoluer, mais c'est un, kiffer, deux, on entend dans cette conversation depuis le début que même si on n'a pas du tout les mêmes business, il y a un lien évidemment, puisque tu nous invites, mais on voit que c'est ce qu'on aime qui nous lie. La façon de faire qui nous lie plus que l'intitulé du poste ou même le passé ou le diplôme ou quoi que ce soit. Mais je crois que dans l'entrepreneuriat, même si on peut avoir des mentors ou des gens qui nous conseillent ou qui nous montrent des chemins qu'ils ont pris eux, on sait au fond ce qu'on doit faire. Là, je suis vraiment moi en train de me dire, je pense qu'il faut même s'écouter, des fois mettre sur mute tout le monde. Il faut s'entourer parce qu'il y a des expertises qu'on n'a pas. Mais dans la direction qu'on veut prendre, on sait ce qu'on a à faire. et ça c'est Avoir le courage de suivre sa voie, mais d'être entourée sur le chemin.
- Speaker #2
C'est pas moi qui vais te contredire. Une autre question, avec qui aimeriez-vous partager un dîner ? Vivant, disparu, fictif, famille, pas famille ?
- Speaker #4
Moi je dirais avec mon grand-père.
- Speaker #2
Qui s'appelle ?
- Speaker #4
Charles, qui n'est plus là. Qui m'a fait découvrir les boudins entiers. Et très souvent, je me rappelle sa messagerie. C'est un homme qui m'a beaucoup apporté sur la curiosité. Je pense qu'il y a un élément clé aussi dans l'entrepreneuriat au sens large, de rester curieux et du coup de remettre en question. Je suis d'accord avec ce que tu disais, au fond de soi, on sait où on veut aller, mais le doute est aussi clé, je trouve, pour ne pas se prendre le mur très très fort. C'est parce qu'on doute qu'on est des êtres pensants.
- Speaker #2
C'est un des épisodes les plus profonds. C'est le doudou, je pense,
- Speaker #4
dont vous aussi vous avez fait affaire. Le cogito, la bossum. Moi,
- Speaker #2
je le dis en latin.
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #0
mais j'ai perdu là-bas.
- Speaker #4
Moi, j'ai quitté le cours de latin très rapidement. Mais l'entourage, pour moi, c'est permettre le doute tout en te gardant la capacité de décision seule.
- Speaker #2
Ta propre liberté.
- Speaker #4
Exactement.
- Speaker #2
Super. Johan, t'es avec qui à table ?
- Speaker #0
Il peut y avoir plusieurs personnes.
- Speaker #2
Allez, tu m'en donnes trois.
- Speaker #0
Trois ?
- Speaker #2
Ouais, t'as vu, je suis généreuse.
- Speaker #0
Ok. Donc, Auguste Escoffier, Jean-Claude Vrilin.
- Speaker #2
Alors, qui est Jean-Claude Vrilin ?
- Speaker #0
Jean-Claude Vrilin, qui a créé le restaurant Taïwan. Ok. Voilà.
- Speaker #2
Petite adresse.
- Speaker #0
Et René Lasserre. Du restaurant Lacerre.
- Speaker #2
Ah bah oui,
- Speaker #0
d'accord, effectivement. Et on pourrait rajouter Claude Terrail aussi, comme ça, ça serait...
- Speaker #2
Tu nous cites des gens !
- Speaker #0
Claude Terrail, c'est la personne qui a pris le relais de la Tour d'Argent. Ok,
- Speaker #2
bon, d'accord.
- Speaker #0
Le point commun de... Deux, trois de ces quatre messieurs, c'est qu'il y en a trois, c'était des très très grands directeurs de restaurant, dans des moments où on ne parlait pas des chefs. Donc la figure de proue de l'établissement, c'était vraiment la personnalité de salle. Et Auguste Escoffier, pourquoi ? Parce que c'est quelqu'un qui a créé ce qui est un peu la formation de la cuisine aujourd'hui, et l'orchestration de la cuisine aujourd'hui. Et j'aimerais passer un moment à table avec ces gens-là pour... Pour réussir à avoir un échange avec eux. J'ai quelque chose que j'ai énormément de mal à faire et qui me plaît énormément dans le vin, c'est d'avoir ce pouvoir de projection. Ces gens avaient ce pouvoir de projection de se dire à partir de ça, on sait qu'on veut aller là, on va faire ça, ça, ça et ça. Moi j'ai énormément de difficultés à faire exactement la vision. J'ai énormément de difficultés à faire ce genre de choses. Je suis plus dans l'instantané ou dans vraiment le rapport très proche. Et dans le vin, par exemple, quand je suis avec mes amis Niron, qu'on est dans les vignes et qu'on goûte les raisins et qu'ils disent ça, on va faire ça et ça. C'est fou. Ok, d'accord. On goûte les jus, il dit, tu vois. On l'avait dit, ça, ça va faire ça. Et après, on goûte le vin, on dit, ah mais ça fait ça et ça. Ah mais je te l'ai quand même dit il y a un an et demi. Bah oui, mais... Mais voilà. Et je suis admiratif de ces gens-là. Et c'est surtout des gens qui, pour certains, sont un peu décontemporains, mais j'étais trop jeune pour pouvoir les connaître. J'ai la chance de profiter de leur descendance et de ce qu'ils ont créé, donc c'est extrêmement important. Et Auguste Escoffier, c'est parce que j'ai vu tellement de choses sur lui et tellement de choses qui ont été mises en place à une époque où cette personne a un peu révolutionné la cuisine et a fait ce que la cuisine moderne est. Et aujourd'hui, ça serait, je pense, une belle tablée. Mais à leur époque, comme ça, on pourrait boire plein de vieux vins. Ça serait faire un mix de tout ça.
- Speaker #2
Super. Merci, Johan. Michael ou Morgane ?
- Speaker #0
Morgane.
- Speaker #3
Ouais, moi, si on a le droit à deux personnes... La première qui m'est venue, en tout cas, si je dis à une personne, elle s'appelle Louise Galindo. Je ne sais pas si vous le connaissez, c'est un conférencier inspirationnel qui a écrit « Reillusionnarse » au moment où l'Espagne, elle est mal, toutes les grosses entreprises d'Espagne, elles sont mal. Et moi, quand j'étais en échange universitaire à Alicante, il est venu nous faire un séminaire qui m'a marquée à vie. En fait, ça a commencé déjà avec la musique de Miley Cyrus, Climb. Je crois que c'est Climb, ça s'appelle. Elle est géniale parce que c'est vraiment, t'écoutes la musique, t'as l'impression que tu vas gravir des montagnes, y'a que rien ne peut t'arrêter. Je l'ai écoutée pendant des années, quand j'avais des petits moments de doute. Et en fait, il nous a dit, on va vivre quelque chose qui va vous montrer la personne que vous êtes au fond de vous. Et on est partis 24 heures dans la montagne. En plus, j'étais une des seules françaises et on avait des... On n'avait pas le droit d'avoir de l'eau, on n'avait pas le droit d'avoir de nourriture, on avait des épreuves à faire et il fallait les trouver ensemble. Et en fait, on faisait un débrief le lendemain qui expliquait à quelle personne on avait été en étant. En plus, moi, quand j'ai faim, je suis vraiment insacable. Et donc, comment on arrive à gérer ses propres émotions pour que le groupe arrive à se débrouiller, passer, enfin bon bref. Et cet écrit que j'ai de ce jour-là, je l'ai toujours parce que je crois que... finalement, d'être dans les creux de l'entrepreneuriat parfois. On se rappelle qu'on est dans une espèce de situation comme ça dans la montagne. Mais lui, en fait, ce que j'admire et ce que j'aimerais faire bientôt, c'est ce côté remplir des salles avec du storytelling qui inspire et qui rebooste tout le monde en disant, en fait, les gars, arrêtez de vous plaindre. Si vous arrivez à avoir le côté positif dans ce que vous avez déjà, en fait, vous avez déjà gagné. Et j'adore ses vidéos, je vous invite à les regarder. En plus, il parle en espagnol, moi j'ai l'impression, finalement, quand je réfléchis dans une autre langue, l'espagnol marche mieux que l'anglais. Donc il y a ce côté, je trouve ça revivifiant.
- Speaker #2
Tu l'invites ?
- Speaker #3
J'aimerais bien l'inviter. Je lui avais envoyé à un moment donné une candidature, je me rappelle, pour être consultante avec son équipe. Mais bon, je n'avais pas eu de retour. Mais j'aimerais bien être la future Louise Galindo. Et sinon, d'un point de vue femme, Michelle Obama, j'avais lu son bouquin. Et ce que j'admire chez elle, c'est avoir une identité à côté de son homme et d'être un soutien inébranlable et d'être à la fois élégante et digne. Enfin, il y a un truc chez elle que je trouve exceptionnel.
- Speaker #2
Vraie aura.
- Speaker #3
Oui, j'aimerais lui demander comment elle fait tout ça.
- Speaker #2
Et Mickaël ?
- Speaker #1
C'est marrant parce que je rejoins pas mal les réponses qui ont déjà été données. Effectivement, quand tu poses cette question, on pense à nos proches qui sont partis. qu'on ne peut plus avoir, c'est automatiquement avec eux qu'on voudrait aujourd'hui dîner et passer des moments. Ça, ce n'est plus possible. Deuxième personne à qui je pensais, c'était Barack Obama, justement. Barack Obama, pourquoi ? Parce que quand j'étais plus jeune, j'avais peut-être du mal à... m'identifier à des personnes qui avaient vraiment eu des belles réussites et du coup à moi-même développer une certaine ambition. Et quand je suis devenu président des Etats-Unis, je pense que ça a été un déclic. Et en fait, on s'est dit à ce moment-là, on peut tout faire, tout est possible, quelle que soit la couleur de peau, quelles que soient les origines. On peut faire des grandes choses et c'est vraiment ce qui m'a, moi, qui m'a donné de l'ambition, qui m'a poussé à faire des études. Après, pareil, à travailler en banque et à m'épanouir dans ce métier. Je pense qu'aujourd'hui, si j'entreprends, c'est aussi par rapport à l'impact qu'il a eu dans ma vie plus jeune. Et je regarde aussi un côté positif où c'est peut-être l'un des derniers politiciens qui a fait un peu l'unanimité en France et tout le monde appréciait. C'était si intéressant. Mais je trouve que c'est une belle source d'inspiration.
- Speaker #2
Alors, je ne sais pas s'il écoutera le podcast. Je pense que je n'ai pas cette vocation internationale. Mais son couple était bien. Mais voilà, merci. Une autre question. Continuez la phrase, pour moi cuisiner c'est...
- Speaker #4
Pour moi c'est... C'est de la créativité. Je suis celui qui cuisine à la maison. A chaque fois, je ne suis plus une recette. Maintenant, j'ai l'intuition de rajouter un truc comme ça et de tester quelque chose d'autre. C'est une sorte d'art.
- Speaker #1
Cuisiner, c'est faire plaisir aux autres. Je ne cuisine pas beaucoup, mais c'est vrai que quand je reçois, j'aime bien cuisiner. Avec cette envie justement de faire quelque chose qui fera plaisir aux autres, soit leur faire découvrir des saveurs ou même juste ma cuisine. Mais savoir qu'on prépare quelque chose avec lequel on va pouvoir partager un bon moment.
- Speaker #3
Moi, c'est prendre du temps pour moi. Quand j'arrive à cuisiner, c'est que j'ai envie de faire attention à ce qui rentre dans mon corps quelque part. Enfin, de ne pas avoir des produits modifiés, quoi que ce soit. Et c'est un moment, un peu comme la musique d'ailleurs, un peu méditatif, où je fais autre chose. où je n'ai pas un écran parce qu'on a les doigts sales donc c'est ce côté prendre soin de moi dans tous les sens du terme, la cuisine
- Speaker #2
Et la dernière question, je sens que ça va bien vibrer fort, quelle est votre définition de la passion ? Qui se lance ? Toi je te garde pour la fin toi tu vas me faire chialer, je le sais Antoine ? J'ai l'impression que ça ne va pas être trop compliqué d'avoir des choses à dire
- Speaker #4
Non, il y a trop de trucs à dire. La passion, je dirais, c'est quelque chose qui t'entraîne malgré toi, peu importe que ce soit de la joie ou de la souffrance. C'est intense. Et que ce soit pour le perso ou pour le pro, vraiment, tu as l'impression d'être tiré. Il faut y aller. Quand tu es passionné par ton boulot, tu te lèves le matin... T'as beau avoir dormi deux heures, t'y vas parce que t'as un deal à signer. Quand t'es passionné dans ton couple, t'as beau savoir que tu vas avoir la pire engueulade de ta vie, t'y vas et tu prends pas un avion pour te barrer et fuir. Donc voilà, peu importe que ce soit dur.
- Speaker #0
C'est un peu le truc où tu te rends compte que t'as pas le choix, mais en fait, pas le choix c'est ton choix.
- Speaker #4
Exactement, oui c'est ça.
- Speaker #2
C'est beau ça !
- Speaker #0
C'est tu te dis...
- Speaker #2
La liberté c'est aussi...
- Speaker #0
Souvent quand on en parle, on se dit tout le temps mais tu comprends pas en fait, j'ai pas eu le choix, j'ai dû y aller. Tu sais très bien que t'avais envie d'y aller, donc c'est ton choix d'y aller. Mais en fait c'est tellement intense qu'au bout d'un moment il y a la mixité entre l'obligation et la volonté de faire la chose et je pense que c'est un peu la définition de l'entrepreneuriat aussi. Où tu te poses plein de questions, tu parlais de ton confort tout à l'heure. Je suis dans la banque, j'ai plein de confort, et d'un seul coup je me dis, je vais quitter tout ça pour ça, est-ce que ça, ça en vaut la peine ? Et tu n'arrives pas encore à modéliser le fait que ça en vaut la peine, mais tu es persuadé. Tu as une conviction interne. Et après, la vie, et comment on nous l'explique, nous fait comprendre que tu as besoin de te rattacher à des choses. Oui, mais tu sais, en fait c'est les gens derrière ta tête qui te disent, si tu quittes ça, tu vas perdre Ouais mais... Ça je le perds, mais t'as vu ce que je vais chercher ? Rising the star quoi, tu dis je suis là.
- Speaker #2
Je te garde, t'as pas encore fini.
- Speaker #0
C'est les bj's tu sais.
- Speaker #2
Ce que je laisse là,
- Speaker #0
je vais le chercher là quoi.
- Speaker #2
To climb. Mickaël ?
- Speaker #1
Non c'est complètement ça, la passion finalement c'est continuer sans s'arrêter. Et que ce soit dans l'entrepreneuriat, où tu continues, même devant les difficultés en fait. Même devant les difficultés, tu continues, t'arrêtes pas.
- Speaker #2
Surtout devant les difficultés.
- Speaker #1
Surtout devant les difficultés. Et tu passes une mauvaise journée, le matin tu te lèves et tu y retournes. Et on l'a dit, c'est vrai dans la vie professionnelle, mais même dans la vie personnelle, finalement la passion c'est ça, c'est ne plus se poser de questions et s'engager au quotidien, et s'engager chaque jour. Et ça pour moi c'est la passion.
- Speaker #3
Morgane ? Alors moi, je n'aime pas ce mot. Je n'aime pas ce mot. Oui, parce qu'on l'entend souvent. Parce qu'on dit que la passion consomme. Donc, il y a cette notion de feu. Et moi, je pense que la passion est, comme on vient de le dire, un feu intérieur. C'est-à-dire que c'est un carburant. Ça te met en mouvement quoi qu'il arrive. Et ça vient de toi. Ça te fait avancer. Par contre, que ce soit sur la vie perso ou pro, la passion a tout pris. Vraiment, je me bats contre ça. parce que je crois que... Encore une fois, la passion fait qu'on est vivant. C'est un peu comme un électrocardiogramme, ça pulse. Mais il faut savoir peut-être réduire un tout petit peu l'amplitude de la pulsation pour que ce soit performant sur la durée. Mais par contre, la pulsation, elle vient de quelque part. Elle vient de la passion. Elle vient de l'envie de l'élan, de se mettre en mouvement, etc. Mais ne pas confondre passion et fusion aussi, je crois. dans le couple, dans le boulot, dans sa boîte. On est quelqu'un d'autre avant ce qu'on fait. On est quelqu'un. Donc il y a ce côté à tout prix, non. Mais la passion, c'est magnifique parce qu'on n'arrive pas à l'expliquer. C'est viscéral, comme vous disiez. Je ne sais pas pourquoi vraiment j'ai été appelée à faire ça. Moi, c'est plutôt ça. C'est que j'ai des amis qui me disent, mais pourquoi ? Je sais que je suis faite pour ça. Mais en fait,
- Speaker #2
ça sert à quoi d'expliquer ?
- Speaker #3
Je ne sais pas. Justement, on ne peut pas l'expliquer à la passion. Je sais que je suis à ma place, mais par contre, effectivement, il ne faut pas oublier que je suis autre chose que juste une entrepreneuse. Donc, j'invite les gens à trouver une identité multiple.
- Speaker #2
Alors ça, c'est tout le sujet des chefs. Eh oui. Parce qu'en fait, moi, personnellement, je m'exprime au travers de mon métier.
- Speaker #3
Oui, oui. Pas que, regarde là. Oui,
- Speaker #2
pas que. C'est quand même lié à pas mal de choses. Et en fait, mon identité fusionne beaucoup avec mon métier. Et c'est pour ça que c'est très intense et très énergique. Mais après, ça dépend aussi des métiers.
- Speaker #3
C'est de trouver exactement un équilibre. Et je pense que, par exemple, j'ai voulu intégrer un groupe business club. C'était pas pour le business, c'était pour l'immobilier à la base, pour un autre projet d'investir. Et en fait, je me suis rendue compte qu'on est obligés d'être un peu... de parler de ce qu'on fait dans la vie, et c'est vrai que ça prend même dans les rencontres perso. Notre identité pro, elle est hyper présente quand on est entrepreneur, parce que d'ailleurs même notre société, à un moment donné, c'est nous le prénom quand on commence en micro. Oui, mais en fait,
- Speaker #2
la difficulté, je pense que les gens ne savent pas, sauf les gens qui sont à cette table, parce qu'ils sont quand même castés, mais sont capables de dire qui ils sont. Je suis, il n'y a pas je fais.
- Speaker #4
Pas forcément au début. Tu vois, moi au début, quand je me décrivais avec quelqu'un à une soirée, c'était je faisais mon pitch. Je suis Antoine, cofondateur de Champers.
- Speaker #2
Ce travail-là de dire je suis, qui es-tu ? Qui es-tu ? J'ai 45 ans. Oui mais ça c'est tout en cheminement.
- Speaker #1
Je pense que justement quand tu fais une reconversion ou quand tu passes d'un... Moi par exemple je suis passé de la banque à l'entrepreneuriat. Finalement quittant la banque j'ai compris que je ne pouvais plus me définir par ce que je faisais. Je l'ai fait pendant très longtemps, je l'ai bien fait, c'était très bien. Mais finalement je suis autre chose, je ne suis pas que ça. Et du coup, tu apprends à te définir par peut-être tes passions, par tes origines, par ce que tu aimes, par plein d'autres choses que juste par le métier ou le côté entrepreneur.
- Speaker #3
Mais c'est ce côté bon vivant des Caraïbes qui te définit de base et qui fait que ton business est une belle extension de ton identité. Mais c'est dans ce sens-là que je veux que ce soit réfléchi. C'est qui je suis. Bien sûr. Et ma passion, j'arrive à en vivre autant mieux. En fait, à l'incarner.
- Speaker #2
À l'incarner. Exactement, à l'incarner. C'est pour ça que je te dis, nous, en restauration, souvent les chefs, on est dans cette dynamique-là. Parce que notre métier, moi, c'est ma passion de la gastronomie, ma passion pour les autres, qui fait qu'on me dit que je suis quelqu'un de passionné.
- Speaker #3
Et t'en fais un business, mais de base, t'aimes...
- Speaker #2
Mais je gagne des milliards !
- Speaker #3
Non mais bien sûr, ta passion à la base c'est de réunir tout ce que tu fais de base et tu peux choisir le business que tu veux à partir de là.
- Speaker #2
On nous allons terminer avec monsieur Grégory. Quelle est la définition de la passion pour toi ?
- Speaker #0
Moi je pense que la vraie définition de la passion c'est la sincérité des gens envers quelque chose. Quand tu es passionné par quelque chose, c'est vraiment... C'est vraiment l'élément dans lequel tu t'abandonnes totalement et qui a cette particularité d'être à la fois extrêmement égoïste, parce que tu fais les choses pour toi, et en même temps tu la partages, cette passion. Parce que, je ne sais pas, le spectre est hyper large. Il y en a qui sont passionnés par l'automobile, mais quand on est passionné par l'automobile, ça peut être les débuts de l'automobile, les premiers moteurs, explosions. Ça peut être aujourd'hui la technicité de l'automobile, et puis ça fonctionne pour plein d'éléments. Et je trouve que ce qui est important avec la passion, c'est ce que je disais tout à l'heure, entre être passionné et passionnant, c'est deux cultures totalement différentes. Et puis cette passion, il est important de la partager avec des gens. Il est important de ne pas la partager parfois, parce que, tu l'évoquais, mais le côté du feu, quand on dit une passion dévorante, le côté dévorant, ça peut être très problématique. Certaines personnes n'arrivent pas à partager leur passion avec d'autres et ça en devient problématique pour eux parce que humainement ils se sentent blessés, frustrés parce que les gens ne comprennent pas leur passion. Et on dit mais je ne comprends pas quand je parle de ça, à chaque fois je passe pour l'imbécile. Et ce qui me vient dans la tête c'est le dîner de con avec le gars qui fait les allumettes. Mais en fait la chose c'est que dans la définition de ça, et nous c'est ce qu'on fait aussi en restaurant, quand on écoute les gens nous raconter leurs histoires, des fois ils nous parlent de certaines choses. Il faut être très honnête, on n'est parfois pas très intéressé de ce qu'ils nous disent, mais ce qui va m'intéresser moi, ce n'est pas ce qu'ils sont en train de me dire. Je suis intéressé par la personne, et quand je vois l'intérêt qu'il a à écouter ce que je lui dis, qui potentiellement n'est pas une chose qui l'intéresse complètement non plus, je porte de l'intérêt à ce qu'il me dit, et je m'enrichis foncièrement de cette histoire-là, et j'ai cette sensation de me dire que finalement la passion, c'est 100 milliards de siècles d'IA. Et que cette IA moderne qu'on caractérise aujourd'hui en se disant l'IA s'enrichit au fur et à mesure que les gens l'utilisent, et bien les passions de tout le temps et les faits de les avoir transmises, c'est une IA avant l'heure et on ne l'a jamais symbolisée. Et c'est pour moi, c'est cette chose-là qui est...
- Speaker #2
Je ne m'attendais pas à cette analogie qui est brillantissime,
- Speaker #0
M. Grégory. Je trouve ça difficile et parfois triste de se dire que... On fait foi de quelque chose qu'on vient de découvrir et on trouve cette chose absolument extraordinaire. Et c'est vrai, elle fait à la fois peur, mais comme une passion. Elle fait à la fois peur, mais en même temps l'intrigue parce qu'on peut l'utiliser. Il faut l'apprivoiser. Il faut l'apprivoiser. Et aujourd'hui, toutes ces passions... Et c'est drôle que tu poses cette question parce que hier, je discutais avec des clients, on abordait plein de sujets et j'ai un gars dans mon équipe, il a une passion, il a acheté une belle BMW des années 90. Et il en est grand fan et il en prend grand soin. Et c'est vrai que cette auto, elle est vraiment fabuleuse. Et du coup, j'étais dans la discussion avec ses clients. Et je sais que le monsieur avec qui on discute, il aime bien BMW pour les motos. Du coup, je les ai mis tous les deux à discuter. Je suis parti voir d'autres clients et je suis revenu. Et j'ai vu Quentin, c'est mon petit Quentin. J'ai vu mon Quentin avec son téléphone en train de monter les photos de la BMW. Et là, du coup, le client dit, c'est les années 90, j'en avais une et tout. Voilà, et ça commence à discuter. Et ça rappelle des histoires et ça fait des échanges. Et voilà, c'est toute cette culture-là qui est... qui est hyper importante et qui fait que je pense que la passion doit être maîtrisée comme on le maîtrise l'IA parce que des fois ça peut être problématique.
- Speaker #2
Nous en tout cas, nos passions ici, notre passion n'est pas problématique.
- Speaker #0
Non, elle n'est pas problématique mais moi je suis passionné par le vin, mes amis sont passionnés par le vin et ma femme veut parfois plus faire de repas avec nous parce qu'on parle toujours de vin et au bout d'un moment c'est parler du vin qui la saoule.
- Speaker #2
Plus que de le boire !
- Speaker #0
Exactement ! Et donc du coup, on en a parlé avec un ami qui m'a dit « Mais en fait, t'as totalement raison ! » Et en plus, moi j'ai envie de l'entendre parler, donc prochain repas, on parle que d'elle. Et elle s'est trouvée un peu bloquée, parce qu'en plus, c'est une super entrepreneuse, elle fait des choses fantastiques. Et donc du coup, on lui a posé plein de questions sur ce qu'elle faisait, comment elle le fait et autres. Et elle s'est trouvée un peu bloquée en disant « Mais qu'est-ce qui se passe d'un coup ? » Il se passe que le repas aujourd'hui, c'est toi. Tant pis pour toi, il faut que tu parles de toi.
- Speaker #2
Merci, je vais clôturer. C'est drôle parce que j'ai écrit la conclusion et il y a pas mal de mots que vous avez mis, donc j'essaye de faire une petite synthèse. Alors ce que j'aime profondément dans ce podcast, c'est entrer dans vos histoires qui résonnent tellement avec la mienne. A chaque épisode, c'est une heure suspendue, faite de bienveillance, de sincérité et de voix qui captivent. Et je crois que je n'aurais jamais imaginé ouvrir autant ma curiosité que depuis que j'ai décidé de créer ce podcast en 2022. Nous aimons transmettre, nous aimons inspirer, nous aimons nous enrichir, nous aimons construire à plusieurs. J'aime être cette entremetteuse de talent et de passion. Merci beaucoup Morgane.
- Speaker #3
Merci beaucoup, c'était super agréable.
- Speaker #2
Merci Mickaël.
- Speaker #4
Merci à toi, merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci Antoine.
- Speaker #4
Merci à toi, merci à vous tous.
- Speaker #2
Merci Johan. Et petite pensée très tendre pour Charles, Marcel, Flora et Monique.
- Speaker #4
Et Monique.
- Speaker #2
Et à bientôt pour de nouvelles aventures. Ça y est, notre rencontre prend fin. J'espère que l'inspiration et l'immersion dans l'univers de tous mes invités vous ont mis dos à la bouche. La conversation vous a plu ? Les confidences vous ont émus ? Merci de laisser un avis et vous abonner pour ne rien manquer des prochains épisodes et pour le propulser encore plus loin. N'oubliez pas de faire un petit tour sur mon site internet et de vous abonner à ma newsletter. A très vite pour de nouvelles aventures gastronomiques.