Speaker #0Bienvenue sur le pot pourri pour ce nouvel épisode. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet, je pense, qui nous touche tous. Le fait de commencer mille projets et de jamais aller jusqu'au bout. Ça vous est déjà arrivé de commencer quelque chose et puis de passer à autre chose, tout simplement ? Eh bien, moi, ça m'arrive tout le temps. J'ai eu mille passions, ça s'arrête souvent très vite. Alors, je me suis demandé pourquoi et comment je pourrais faire pour être plus persistante. De mon côté, ce n'est pas un manque de motivation, mais vraiment un problème d'ennui. Quand je commence une activité, je suis souvent hyper motivée. Tout excité de voir le résultat, mais dès que j'ai produit une fois, l'envie m'est passée. L'avantage, c'est qu'on se retrouve à savoir faire plein de choses. L'inconvénient, c'est qu'on ne persiste souvent pas assez pour avoir des résultats. Alors en vieillissant, j'ai appris à connaître mon fonctionnement. Et grâce à plein d'outils de yoga, j'ai réussi tout de même à accomplir des choses. Pas sans effort, clairement. Parce que voilà, moi j'ai commencé plein de choses. Alors la couture, la peinture, la sculpture, les collages, la broderie. J'ai lancé un business de chargeur customisé en Australie. J'ai commencé des kimonos au Maroc. Je faisais des perles quand j'étais plus petite. Plein de choses comme ça. Là, je commence ce nouveau podcast avec vous. Alors, c'est hyper dur pour moi de rester consistante. Je vous avais dit que je ferais tous les vendredis soirs. Là, par exemple, je sais qu'on est vendredi soir. Je suis en train d'enregistrer. Et potentiellement, le podcast sortira demain. Alors, j'essaye de ne pas m'autoflageller parce que c'est comme ça. Il y a la vie aussi qui passe. Mais en fait, il y a aussi cette chose où moi, si je n'ai pas de pression, si on ne m'attend pas au tournant, souvent, je ne vais pas jusqu'au bout. Alors, est-ce que c'est un manque de confiance en moi ? Est-ce que c'est une dispersion mentale ? Est-ce que c'est une fatigue décisionnelle ? Ou peut-être la peur de mal faire ? Je ne sais pas. Mais en fait, on est quand même dans un monde dans lequel on est stimulé tout le temps. Alors, en plus des réseaux sociaux, clairement qui sont un problème important. On a des petites vidéos qui tout le temps nous donnent des petites informations. C'est super, on peut rester scotché pendant des heures. Et puis souvent, le temps peut passer très vite. Et on entraîne notre cerveau, en fait, en ayant ces petits shots de vidéos qui sont assez courtes, à vouloir toujours plus. Vouloir commencer quelque chose d'autre et avoir ce shot, reproduire ce shot. Alors ce shot, c'est quoi ? Je me suis posé la question. On parle de dopamine. La dopamine, c'est une hormone qui... On pourrait dire que c'est l'hormone du plaisir, mais en fait, c'est surtout l'hormone de l'anticipation. Elle monte quand on a une nouvelle idée, quand on commence un nouveau projet, quand on imagine ce que ça pourrait devenir. C'est hyper excitant, on a ce pic en se disant « waouh, mais c'est super, ça se trouve, dans six mois, je pourrais gagner des sous, ou alors dans six mois, j'aurai telle chose, et telle chose, et telle chose » . On se projette et c'est super excitant, et du coup, on a un pic de dopamine. Avoir mille idées, c'est aussi avoir mille pics de dopamine. Commencer un projet, c'est un petit shoot excitant. La nouveauté, c'est très stimulant. Et quand la nouveauté disparaît, la dopamine redescend, et là on se retrouve confronté à l'ennui, la difficulté, la constance, le travail répétitif. En gros, on a envie, notre cerveau va nous demander de créer une nouvelle idée. Alors pour les personnes qui ont un mental très rapide, beaucoup d'idées, une grande curiosité et une sensibilité élevée, on peut devenir très facilement accro à cette phase de démarrage. Pas par un manque de discipline, mais vraiment parce que le cerveau adore la nouveauté. Alors, comme j'ai commencé plein de projets, plein de choses comme ça, j'ai voulu me demander comment je pourrais faire pour améliorer ça. Parce que par exemple, moi je suis professeure de yoga. Et dans le yoga, on parle bien et très précisément, surtout dans les yoga sutras. Alors pour ceux qui ne connaissent pas très bien le yoga, les yoga sutras, c'est un recueil de 185 aphorismes qui nous expliquent la fondation de la philosophie du yoga. C'est des petites phrases brèves, assez faciles à mémoriser. qui en gros nous donne la philosophie globale et nous donne un peu des axes d'évolution de notre vie. Encore une fois, j'aime bien répéter que le yoga, ce n'est pas du tout une religion, c'est vraiment une philosophie de vie. Et moi, je pense qu'au global, c'est ce qui m'a le plus aidée à traverser la vie. Alors on parle ici de, pour progresser dans sa pratique de yoga, il faut une pratique qui devient. solide et qui est faite d'une longue période sans interruption avec un engagement sincère. En gros, il faut de la répétition, de la constance et de la profondeur. Et ça, ça nous permet d'évoluer. Mais quand on parle de la philosophie et qu'on parle de répétition et qu'on parle de yoga, on ne parle pas seulement de la pratique physique. Les asanas qui sont nos pratiques physiques, les positions que vous allez faire quand vous allez aller à un cours de yoga, c'est une toute petite partie de ce que c'est réellement. En fait... On fait de la pratique physique pour pouvoir occuper notre corps, bouger les énergies et après pouvoir s'asseoir tranquillement, paisiblement et faire de la méditation. La méditation, c'est un des piliers principaux de notre pratique de yoga. Parce qu'en fait, en faisant de la méditation, on va entraîner notre cerveau à réagir différemment. Pas être justement dans la réaction, mais à être dans l'action. Et donc pouvoir se questionner du pourquoi, du comment je fais les choses, ou vraiment réduire son temps de réaction. On dit qu'en méditant, en fait, le but c'est... Peut-être qu'au départ on va s'énerver, disons, pendant 30 minutes. Quelque chose de terrible vous arrive, vous êtes très très énervé, au départ vous vous énervez 30 minutes, mais vraiment très très énervé. Et puis au fur et à mesure... en rencontrant la même situation, vous allez apprendre à gérer différemment. Et peut-être qu'avec le temps, vous arriverez à avoir une colère qui sera de 2 minutes, 3 minutes, ou voilà, peut-être 30 minutes, mais vous vous en rendrez compte quand même. L'idée, c'est de prendre conscience de comment on fonctionne et de faire cet effort de constamment se ramener à soi-même pour mettre des choses en place. On dit aussi que la fluctuation du mental sont multiples. Notre mental produit des mouvements constants. Donc en fait, on... crée à peu près, alors c'est à vérifier, mais on dit qu'on crée 60 à 65 000 pensées par jour. Donc en fait, on a concrètement des pensées tout le temps. Et on apprend avec le yoga à les sélectionner pour ne pas réagir à toutes les pensées. Alors c'est très difficile, encore une fois. Dans mon cas, moi, avec mon hyperactivité mentale, souvent physique aussi, en fait, j'ai toujours envie de faire plein de choses nouvelles. J'ai toujours envie de passer à autre chose. Et je m'ennuie très très vite dans la répétition. Très, très vite. Donc j'essaye de mettre des choses en place qui permettent de faire ça. Parce que ce n'est pas facile pour tout le monde d'avoir cette constance, cette discipline. Moi, c'est cette phrase-là des Yoga Sutras qui demande une longue période de pratique, sans interruption, avec un engagement sincère. Eh bien, moi je l'ai adaptée d'une autre manière. Parce que concrètement, faire la même chose tous les jours, à la même heure, de la manière linéaire et prévisible, pour moi... c'est hyper dur. Alors j'ai essayé de voir une autre manière de le faire. Peut-être qu'en fait pour moi c'est revenir encore et encore à la même tâche. Et dans le monde dans lequel on vit, je pense qu'on est tous super stimulés, en fait c'est faire ce choix tous les jours de revenir à quelque chose. Vous savez dans l'épisode précédent, je vous parlais de ce choix d'aller sur son tapis tous les jours. Et bien ça c'est une partie du yoga qu'on peut faire. On appelle ça des tapas. Alors non, ce n'est pas ce que vous allez manger en Espagne. Les tapas, pareil, c'est une petite partie des yoga sutras. Ça s'appelle le Kriya Yoga. Et c'est un engagement, c'est le feu intérieur, c'est la connaissance de soi et le lâcher prise. Alors c'est l'idée de choisir quelque chose pour soi qui est bon. Donc on va, disons par exemple sur 7 jours, vous allez décider que vous voulez méditer tous les jours 3 minutes. Vous allez le faire pendant un jour. Deux jours, trois jours, et là, paf, vous abandonnez. Qu'est-ce qu'on fait ? Eh bien, on revient à zéro jusqu'à ce qu'on arrive à faire à sept jours. Et puis après, on fait autre chose. Alors, les tapas, c'est super parce que si vous vous connaissez bien, vous savez comment vous fonctionnez. Et donc, vous pouvez mettre en place des choses qui sont réalisables. Moi, je sais que me dire que tous les jours à la même heure, je vais aller sur mon tapis, ce n'est pas possible. Mais me dire que tous les jours, je vais prendre trois minutes pour faire ça, oui, sans mettre peut-être... un temps fixe ou sans placer une espèce de perfectionnisme parce que le perfectionnisme a tendance à bloquer. Donc oui, dans les pourquoi de « on commence quelque chose et on va gérer rarement jusqu'à la fin » , est-ce que ce n'est pas une petite question aussi de perfectionnisme un peu caché ? Où en fait, on a tellement envie de bien faire qu'au final, on se dit « non mais ça, je ne vais pas y arriver correctement, alors je ne vais pas le faire » . Moi, dans mon cas, je pense qu'il y a aussi pas mal de ça. Où en fait... On parlait la dernière fois du jugement social et du jugement des autres. Et donc, c'est vrai que comme on a envie d'avoir des résultats qui sont positifs, eh bien, on va tout de suite s'arrêter pour faire autre chose parce qu'on se dit « Ah merde, ça, ça n'a pas marché. Bon, ben, je change, je fais autre chose. » Alors qu'en réalité, c'est bien ce qu'on dit en général, que c'est le fait de persister où ça réussit. Alors, est-ce qu'on n'est pas dans l'obligation de se mettre un petit pied ? au cul régulièrement pour pouvoir continuer quelque chose et y croire ? Eh bien, peut-être que si. C'est hyper dur. Là, clairement, moi, je suis en train de vous faire ce podcast. Eh bien, ça n'a pas été facile de me mettre pour faire ce deuxième épisode parce que je me suis retrouvée confrontée à ce fameux dilemme de tout le temps qui est j'ai commencé, j'ai fait le premier épisode, l'introduction, je vous l'ai sortie, je suis trop contente, j'ai eu mon petit shot de dopamine et bon, allez, maintenant, j'abandonne parce que j'ai d'autres choses à faire. Et parce que clairement, ma journée a été occupée, j'ai eu envie d'autre chose, que je suis fatiguée, que forcément dans la même semaine, j'ai lancé trois projets en cours. Et donc, ça pourrait très bien aller sur le côté. Alors, bien sûr, dans notre yoga, ce qui est trop trop cool, c'est qu'on a plein de petits outils pour ça. Alors moi, les outils que j'ai envie de vous partager aujourd'hui. Donc, on a parlé des tapas, que je vous conseille vraiment de mettre en place. sans rigidité, sans espèce de discipline super stricte pour être sûr de le suivre. Alors après, si vous êtes capable d'avoir une discipline stricte, faites-le trop bien, je suis trop fière de vous. Après, si comme pour moi, c'est difficile, mettez-vous des trucs atteignables, peut-être sans trop de structure au début. En fait, on va entraîner notre cerveau un peu comme si vous allez à la gym et vous allez porter des poids, petit à petit, vous allez muscler vos bras. entraîner notre cerveau à se concentrer. On va entraîner notre cerveau à la consistance et à rester sur le même point et à essayer d'avoir de l'autocompassion et de quand on sort du projet, se ramener tout doucement. Alors il y a une respiration que j'aime beaucoup qui s'appelle Nadi Chodana ou la respiration alternée. Peut-être que si vous faites du yoga ou vous êtes déjà allé en cours de yoga, vous l'avez déjà pratiqué. Ce qui est super avec ça, c'est qu'on va rééquilibrer notre système nerveux. Notre système nerveux, c'est aussi celui qui nous demande des shots de dopamine régulièrement. On va calmer l'agitation mentale et on va améliorer notre clarté pour soutenir la tension. Donc en fait, Nadi Chodana, on va inspirer par une narine, expirer par l'autre, inspirer par la même, expirer par l'autre. Donc on va alterner et boucher une narine puis l'autre. C'est pas si compliqué. Bon, là, quand je vous l'explique, c'est peut-être pas très clair. Mais, pour commencer, on dit qu'il faut entraîner à pouvoir le faire. Alors, ce que je vous conseille de faire, si vous souhaitez commencer Nadi Shodhana, vous pouvez le faire plusieurs fois par semaine. Si vous voulez le mettre en place tous les jours, c'est super. On dit qu'il faut commencer par à peu près 3 semaines de ça pour pouvoir passer à l'étape 2. L'étape 1, vous allez, avec votre pouce, par exemple, on va commencer par la narine gauche. Avec votre pouce, vous allez boucher votre narine droite. Et vous allez inspirer et expirer par la même narine 15 fois. On va inspirer pour un compte de 5 et on va expirer si possible pour un compte de 10. Si 10 c'est trop long pour vous, vous le raccourcissez et puis au fur et à mesure des 3 semaines vous pouvez le rallonger. Une fois qu'on a fait les 15 à gauche, avec votre petit doigt vous allez boucher l'autre narine. Et là vous allez inspirer et expirer par la même narine 15 fois. 5 à l'inspiration, 10 à l'expiration. Puis vous allez relâcher et inspirer et expirer par les deux narines, avec une inspiration à 5 et une expiration à 10. Après 3 semaines, normalement vous aurez développé un souffle plus constant, une attention qui sera plus facile, vous aurez un rythme un peu plus stable. Ça ralentit le flux des pensées, et comme je vous disais, ça régule votre système nerveux. votre système sympathique et parasympathique. Ça vous demande une attention douce, sans trop forcer. Naturellement, au début, votre mental va vouloir partir autre part. Alors comme je vous l'expliquais dans le podcast avant, avec gentillesse et compassion, sans vous martyriser, vous allez à chaque fois faire le choix de vous ramener à votre respiration. Après trois semaines, quand les choses seront déjà plus faciles, parce que vous l'aurez déjà fait pendant pas mal de temps, vous le ferez pendant un mois. Et là pendant un mois, on ira inspirer du côté gauche, boucher, expirer du côté droit. Inspirer du côté droit, boucher, expirer du côté gauche. Inspirer à gauche, boucher, expirer à droite. Et là vous allez faire ça 30. On essaye toujours si possible d'avoir une inspiration à 5, une expiration à 10. Si c'est trop pour vous, vous faites une inspiration à 5 et une expiration à 5. Et au bout d'un moment, vous vous sentirez plus à l'aise. Technique que vous pouvez mettre en place à n'importe quel moment. Si vous avez une journée stressante, ça va vous permettre à chaque fois de recentrer votre énergie pour pouvoir vous concentrer. Au travail, c'est assez facile à faire. Vous pouvez vous mettre dans un coin si vous avez honte de vous boucher les narines devant tout le monde. Mais ça fonctionne plutôt très bien. Autre technique que moi j'aime beaucoup, qui va vous paraître un peu particulier, ça s'appelle le trataka. Trataka, c'est le fait de regarder une bougie fixe. Donc vous allez allumer une bougie, vous mettez votre bras devant vous, vous la gardez à une distance d'un bras. Pas trop loin, pas trop près surtout. Ce qu'on va faire, c'est qu'on va... Regardez la bougie. Peut-être au début, vous mettez un chronomètre d'une minute. Et puis avec le temps, vous pouvez augmenter à deux minutes. Avec ce regard fixe, au bout d'un moment, vous allez essayer de ne pas cligner des yeux. Vous allez avoir des petites larmes, c'est tout à fait normal. On dit aussi que ça permet de laver l'œil. Ça va réduire votre dispersion visuelle et ça donne un point d'ancrage concret. Ça fatigue doucement le mental qui va sauter parfois et se calmer. Un cerveau qui part dans mille directions. adore avoir un objet clair. La flamme ne parle pas, elle ne juge pas, elle ne demande rien. Alors c'est très pratique. En revanche, si vous avez des petits problèmes d'anxiété, pas petits, forte anxiété, on va éviter de faire ça. Si vous avez des problèmes de migraine très fréquente ou une hypersensibilité oculaire, on va essayer de faire ça un minimum. Et voilà, vous pouvez vous amuser avec ces deux exercices, autant que vous le voulez. J'espère que ça vous aidera. Moi en tout cas. Ça m'aide à finir mes projets. Alors, toujours avec cette idée de compassion, sans m'auto-flageller si je n'y arrive pas, mais au moins en essayant d'aller jusqu'au bout. Bon, j'espère que ça vous aura parlé. Et puis, je vous dis à la semaine prochaine pour un autre épisode. Ciao !