Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le pot pourri pour ce nouvel épisode. Pour ce nouvel épisode, nous allons parler de la liberté. On veut tous être libres, mais sait-on vraiment ce que cela veut dire ? La question centrale que je me suis posée est si, en cherchant la liberté, on passait à côté d'elle au final. La liberté, pour moi, ça a été une des plus grandes quêtes de ma vie. Depuis que je suis petite, j'ai toujours voulu faire tout comme je le voulais, à ma manière. Et puis, en grandissant, j'ai voulu pourchasser cette... Cette liberté, comme je vous l'expliquais dans mes épisodes précédents, en allant voyager, en quittant tout, en changeant de cadre. Et au final, après plusieurs années, je peux maintenant vous dire que la liberté a un goût très différent et une définition très différente pour moi. Alors la définition classique que vous trouverez dans le dictionnaire ou autre, il y en a plusieurs à vrai dire, mais l'une d'entre elles c'est la capacité d'agir sans contrainte. Ça peut tout dire et rien à la fois. Au final, j'ai envie de vous parler de mon expérience. La liberté pour moi, à un moment donné, comme je vous l'avais expliqué un peu dans mes podcasts précédents, c'était le fait de quitter le carcan dans lequel j'étais, ce qu'on appelle la matrice dans certains cas. Vraiment, c'était quitter ce job, tout ce qui m'avait été imposé par la société. Donc, un travail. Avoir un appartement, avoir de l'argent, économiser de l'argent, avoir un cadre fixe et devoir respecter certaines règles et certains cadres imposés par la société. Et donc, à 25 ans, j'ai décidé de quitter mon job, qui était un job qui payait bien, qui était plutôt intéressant aussi. Quitter mon appartement, quitter mes amis, quitter ma vie dans laquelle j'étais pour aller chercher autre chose. C'était comme s'il me manquait un peu un truc et je ne savais pas vraiment quoi. Et donc je me suis dit qu'en allant à l'autre bout du monde, en goûtant à cette liberté ultime, en m'offrant cette liberté ultime, je pourrais enfin me sentir libre. Donc en partant en voyage, je me suis retrouvée avec cette liberté, juste un sac à dos et la possibilité de faire tout ce que je voulais, avec un montant limité, mais la possibilité de faire tout ce que je voulais. Et donc cette expérience de sac à dos, c'était pour moi vraiment la liberté de mouvement. mais qui, en fait, au final, m'a quand même créé des insécurités plus ou moins constantes et donc qui entravaient un peu ma liberté parce que, en fait, j'avais un besoin de sécurité. J'avais très peur de quitter cette sécurité-là. La liberté était hyper effrayante à sa manière. Donc, je me sentais libre, mais je ne me sentais pas soutenue et donc pas complètement libre de pouvoir faire ce que je voulais parce qu'il faut quand même prendre en compte sa sécurité. ce qu'on veut faire, ce qu'on veut accomplir. Et donc, je ne pouvais pas non plus goûter à la liberté au maximum du maximum. À un moment donné, j'ai décidé de changer de métier. Comme je vous le disais, je suis partie faire une formation de yoga. Et à ce moment-là, je me suis sentie très libre. Parce que c'était la première fois où vraiment je faisais quelque chose qui était en lien avec ce que j'avais vraiment profondément envie de faire, en lien avec mes valeurs. C'était comme si j'avais trouvé un peu la direction que je voulais prendre. Mais bon... Ce yoga qui était une liberté à ce moment-là est devenu une contrainte avec le temps. En fait, souvent dans notre société, moi j'ai l'impression d'avoir rencontré beaucoup de gens qui pensaient qu'avoir un travail, mouître au boulot-dodo comme on l'appelle, c'était vraiment l'inverse de la liberté. Et j'en faisais partie pendant un certain temps. Sauf que maintenant, je vous parle de ça, on est 8 ans après, 9 ans après peut-être. Et bien en fait, ma liberté, ça a été maintenant de retrouver un emploi salarié, d'avoir un appartement fixe, d'avoir mes amis, ma famille. Et là, j'ai retrouvé à la fois cette sécurité et cette liberté. Parce que je me sens, même si j'ai des contraintes financières et j'ai des contraintes envers une société pour laquelle je travaille, je me sens libre parce que... Je choisis comment je dépense mon argent. J'ai choisi. En fait, tout a été choisi. Et donc, en fait, est-ce que ce n'est pas ça la liberté ? Est-ce que la liberté complète, ce ne serait pas la possibilité de faire les choix et d'assumer ces choix ? Parce qu'on peut être dans une liberté complète dans laquelle on n'est pas dans un choix. Au moment de mon voyage, mon père est décédé. Et donc, je me suis retrouvée à continuer à voyager. Mais j'étais hyper confrontée à ma tristesse. Et surtout, je n'étais plus vraiment libre parce que... je ne savais plus si je voyageais parce que j'en avais envie ou si je voyageais pour fuir le fait que ça s'était passé. Et je pense qu'avec le temps, je me suis rendue compte que finalement... La liberté de ce voyage a duré peut-être un an et quelques, mais après, ce n'était plus de la liberté, c'était une sorte de fuite. Et donc, est-ce qu'au fur et à mesure, cette volonté d'être libre constamment ne devient pas une fuite au final de ses responsabilités et puis d'un cadre de ce qu'on aurait à faire et de ce qu'on doit aux gens ? J'ai rencontré beaucoup de gens et beaucoup de gens qui m'ont dit « Oui, non, mais moi, je suis pleinement libre parce que je ne dois rien à personne. » Et donc... C'était je ne dois rien à personne, même dans les relations. Je fais ce que je veux. Et puis en fait, c'est ma liberté. Si ça te fait du mal, ça me regarde. C'est ton problème en fait. Si ça te fait du mal, moi je suis libre de faire ce que je veux. Je n'ai pas de responsabilité. Mais bon, où est-ce que notre liberté s'arrête ? Si on regarde au niveau citoyenneté, on dit souvent que notre liberté s'arrête là où celle des autres commence. Donc en fait, qu'est-ce que ça représente ? Pour moi, à un moment, je suis partie dans l'entrepreneuriat, j'ai trouvé une société, enfin, je me suis créée ma société de yoga, dans laquelle je me suis sentie très très libre au début, et c'était super, et qui au final a fini par empiéter un petit peu sur mon amour, pas du yoga, je dirais pas ça, mais ma liberté de pratiquer. Parce qu'en fait, évidemment, quand on se retrouve, donc on est entrepreneur, on se dit qu'on est 100% libre, mais on doit quand même des choses. Et non seulement on doit des choses, mais en plus, on compte à 100% sur soi. Donc, tous les résultats de la société ne dépendent qu'en fait de ce que moi, je produis. Donc, m'asseoir sur mon ordinateur, communiquer correctement, faire ma communication, faire ma comptabilité, m'occuper de tout ça. Et au bout d'un moment, ça prenait tellement de place que la pratique du yoga en elle-même ne représentait qu'une toute petite partie et je me sentais plus libre. Parce que mon revenu dépendait uniquement de ça, parce que ma sécurité financière dépendait uniquement de ça. Et donc, retrouver un emploi salarié sur le côté, pendant un petit peu de temps, en fait, ça me permet de relâcher la pression là-dessus. Alors, j'ai toujours à faire le travail sur ma société parce que je donne toujours des cours de yoga. Mais bizarrement, ça me redonne une sécurité qui fait que je peux réaimer donner des cours de yoga. Je peux profiter à 100% quand je suis dans mon yoga parce que ce n'est plus mon activité unique. C'est un peu bizarre de dire parce que finalement, j'ai beaucoup plus de contraintes maintenant et je me sens beaucoup plus libre. Et en fait, c'est ça. Dans le yoga, on en parle beaucoup de la liberté. Mais on en parle de la manière dont... On ne parle quasiment que de la liberté mentale. La liberté mentale, au final, dans le yoga, c'est vraiment... la capacité d'être présent, de faire ses choix. Et donc, plus on est connecté avec soi, donc plus on pratique le yoga, comme je vous l'expliquais, que ce soit la méditation, la respiration, la pratique physique, on n'est plus connecté à notre corps, on n'est plus connecté à notre mental, on est capable de se calmer et de ne plus être dans la surréaction des émotions. On peut plus ou moins contrôler notre réaction aux choses et donc on devient vraiment libre parce qu'on n'est plus... on n'est plus soumis à nos émotions, on n'est plus soumis à ce qui se passe autour de nous. On peut choisir à longueur de temps. Et donc, c'est vraiment cette leçon-là que le yoga nous apprend. Est-ce que quand je pratique, par exemple, physiquement, quand je suis dans ma pratique, je suis dans une position qui est difficile. Ma professeure me propose trois pauses. Elle me propose d'augmenter la difficulté, dirons, de mon asana. En fait, c'est ma liberté de choisir. Simplement, souvent, notre égo va prendre le dessus, on va avoir envie de faire la plus difficile. Et au final, on peut se faire mal, il peut y avoir des choses qui se passent, ce n'est pas forcément ce qu'on veut. Mais le yoga nous apprend à prendre d'abord ce moment, même sur une pause qu'on va tenir, d'irrespiration, prendre toujours un instant pour voir si ça nous convient. Et donc, justement, pour nous permettre d'avoir la liberté de réaction, de créer de la stabilité. d'avoir vraiment une possibilité d'être dans la pratique à 100% et de choisir là où on va. C'est la philosophie du yoga sur notre vie au global. Est-ce qu'on peut choisir ? Est-ce qu'on peut prendre un temps de respirer avant de réagir et donc d'être libre tout le temps de faire ce qu'on veut, même dans notre contrainte, même dans notre métro-boulot-dodo, même quand on a une journée... insupportable avec un patron qui nous embête ou qu'on est fatigué ou que on a l'impression de ne plus avoir le contrôle sur rien en fait le yoga et la méditation nous donne la possibilité de retrouver le contrôle et donc de retrouver notre liberté. Je ne sais pas si vous connaissez Ram Dass. Ram Dass, c'est un... on peut dire un gourou. C'est un maître zen, voilà, qui était un hippie, très très hippie, mais vraiment super, qui a créé une communauté aux Etats-Unis et qui prenait vraiment la liberté et la philosophie du yoga dans... toute sa splendeur et qui aidait les gens à trouver cette liberté. Pour lui, la liberté, c'était la présence. L'attachement, c'était la prison. Et le rôle, c'était le jeu d'identité. Quand on parle de liberté, on parle aussi beaucoup de non-attachement dans le yoga, qui est un des préceptes les plus importants dans notre pratique. Le fait de ne pas être attaché aux seules choses, encore une fois, je crois que vous l'avez déjà expliqué dans un autre podcast. Ce n'est pas de ne pas être attaché à quoi que ce soit, de ne rien avoir, de ne rien posséder, de ne pas s'engager dans une relation amoureuse, de ne pas s'engager dans un contrat ou des choses comme ça. Mais c'est de ne pas être dirigé par nos choix. C'est justement cette capacité de choisir ce qu'on veut faire. C'est j'ai une Porsche qui vaut je ne sais combien, mais je la perds, ce n'est pas la fin de ma vie. C'est cette idée-là du non-attachement. C'est aimer les choses, profiter des choses, et dans l'idée de ne pas partir dans une fuite constante non plus. La liberté peut s'apparenter à justement une fuite. Cette fuite du « je ne veux pas grandir, je ne veux pas de responsabilité, je ne veux pas m'engager, je ne veux pas tout ça » . On a toujours des conséquences. Donc en fait, dans le yoga, on parle beaucoup de ces conséquences-là. On parle de l'ego. négatif et de l'ego positif. Donc, l'ego positif, c'est celui qui a une répercussion positive sur votre vie. L'ego négatif, c'est celui qui a une répercussion négative sur votre vie. Le problème étant que l'ego, nous, on a du mal parfois à faire la différence entre les deux. Parce que si lui est persuadé que c'est bon pour vous, vous avez l'impression que c'est bon, que vous êtes dans un ego positif parce que... Vous cherchez la liberté, le bien-être, tout ça, alors qu'en fait, vous générez des résultats négatifs. Donc, ça devient un ego négatif. L'ego, en fait, c'est ce qui nous sépare. Quand on parle de yoga, yoga, ça veut dire l'union. Donc, l'union, c'est dans l'idée. On parle de enlightenment dans le yoga, la pleine conscience. En fait, on dit qu'on peut atteindre le nirvana. si on dissout notre ego, ce qui est quasiment impossible à faire en tant qu'humain, qui arrive du coup à la mort, plus ou moins. C'est le moment où notre ego se dissout et on réintègre le tout. Parce que ce qui sépare l'humain du tout, c'est son ego. L'ego va se présenter de différentes manières, surtout dans notre société. Il prend une place qui est plus importante, de plus en plus importante, avec les réseaux, avec tout. tout ça, dans nos interactions, on est très égocentré. Qu'on fasse des choses positives ou qu'on fasse des choses négatives, il faut regarder les résultats. Et donc la liberté est un choix conscient des contraintes. C'est être là sans vouloir fuir, même si on a des contraintes. Et donc comme je vous le disais, moi après presque 9 ans de voyage, de tout ça, je me sens pleinement libre dans une vie pleine de contraintes. Alors que pendant longtemps, je vivais en van pendant un moment, je vous l'ai raconté, à travers l'Australie. Je pense que j'étais tellement perdue, je ne savais tellement pas où aller, mais je ne voulais absolument pas rentrer. C'était sûr. Je ne voulais pas rentrer parce que je ne voulais pas faire face. Et bien en fait, au final, je n'étais pas libre. Alors que de l'extérieur, sur les réseaux sociaux surtout, j'apparaissais extrêmement libre parce que... professeur de yoga, qui vivait dans mon van, je choisissais comme je voulais, j'étais célibataire, sans attache, sans rien. Mais maintenant, je me rends compte que je n'étais pas libre. Même si à ce moment-là, je pensais l'être pleinement parce que je vivais ma vie pieds nus. Vous voyez. En fait, c'est à nous de trouver notre définition de la liberté. Et c'est ce que j'engage à faire aujourd'hui. Peut-être vous vous posez la question est-ce que je suis vraiment libre dans ma vie ? même avec mes contraintes, parce que je dois adapter des choses. Suis-je libre ou suis-je en train de fuir quelque chose ? De quoi j'ai besoin ? Où je vais ? C'est un peu ça. l'idée de ce podcast. Au final, le pot pourri, pour moi, c'est de donner une certaine liberté de parole que je ne m'étais pas donnée avant. C'est ne pas avoir de cadre, ne pas avoir de timing. Alors, je vous avais dit que je ferais toutes les semaines et vous voyez, parfois, je fais toutes les deux semaines. Mais parce que je refuse que ça devienne une contrainte en plus et je refuse que ça devienne quelque chose que je n'aime plus faire. J'ai envie de vous parler... avec le cœur, j'ai envie de vous parler d'un sujet qui me tient à cœur d'une idée que j'ai eue, à laquelle j'ai pensé toute la semaine j'ai envie que ça reste quelque chose de plaisir de ne pas mettre de cadre dans ce que je vous dis des sujets que je choisis et ce podcast, c'est la liberté alors à vous, elle est où votre liberté ? à bientôt