- Speaker #0
Préambule, le podcast des ambulanciers et de la santé. Bienvenue sur Préambule, le podcast des ambulanciers et de la santé. Aujourd'hui, un épisode spécial car déjà réclamé par certains auditeurs. Aujourd'hui, vous allez tout savoir sur les ambulanciers suisses et surtout... sur les démarches à effectuer si vous voulez travailler au pays du chocolat car je reçois Erwan, ambulancier en Suisse. Bonjour Erwan.
- Speaker #1
Bonjour
- Speaker #0
JP. Erwan, déjà dans un premier temps, je te laisse te présenter comme tu désires avec les mots que tu veux. Vas-y.
- Speaker #1
Ok. Alors du coup, je m'appelle Erwan, je suis... Breton d'origine, j'ai passé ma formation d'auxiliaire ambulancier et d'ambulancier diplômé à l'IFA de Brest. Ensuite, je suis parti travailler en tant qu'ambulancier diplômé en Haute-Savoie et j'ai fini par atterrir chez les voisins suisses. Et je suis maintenant actuellement technicien ambulancier sur Genève.
- Speaker #0
D'accord. Pour contextualiser tout ça, et ceux qui ne sont pas très forts en géographie, un peu comme moi, on va juste comparer vite fait la France et la Suisse pour qu'on se rende compte un peu des différences. La France, tu sais combien il y a de millions d'habitants en France ? 68 68 millions d'habitants Et en Suisse ?
- Speaker #1
Bonne question 9 millions d'habitants J'allais dire 8 Voilà
- Speaker #0
Donc un pays bien plus petit que celui de la France Mais qui a une densité Un rapport habitant au kilomètre carré Qui est supérieur à la France En France on a 126 habitants au kilomètre carré Et en Suisse on a 220 habitants au kilomètre carré Donc en gros la France est 13 fois plus grande euh... que la Suisse. Est-ce que tu peux nous parler brièvement de ce beau pays qu'est la Suisse et de son système de santé ?
- Speaker #1
Alors comme tu l'as dit déjà, c'est un très beau pays. Moi j'adore, on y est quand même très régulièrement avec ma compagne pour les vacances. À côté de ça, la Suisse, comment expliquer ? Il y a 26 cantons. C'est au départ, si je ne me trompe pas, il y en avait 3 ou 4 et puis ça s'est augmenté au fur et à mesure.
- Speaker #0
Les départements chez nous ou les régions plutôt ?
- Speaker #1
Non, je dirais plutôt que c'est comme des départements. Des départements, oui. Oui, exactement. Après, chaque canton a ses propres lois. Donc en fait, il y a les lois fédérales et les lois cantonales. Donc il y a des lois qui sont votées pour le pays en entier. Et après, chaque canton a sa propre particularité. À côté de ça, il y a quatre langues différentes. Le français, le suisse allemand, l'italien et le romanche, qui est parlé par très très peu de personnes.
- Speaker #0
Et tout ça dans un petit pays ?
- Speaker #1
Tout ça dans un petit pays, c'est ça qui est magnifique.
- Speaker #0
Et tout le monde arrive à bien s'entendre entre les Français, ceux qui parlent italien, tout ça ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est surtout les Suisses allemands qui parlent plutôt bien français. D'accord. Suisses allemands, très peu de jeunes voix que je connais arrivent vraiment à le parler. Ça me redoute quelques mots en général. C'est quoi ?
- Speaker #0
C'est un peu comme les...
- Speaker #1
C'est de l'allemand...
- Speaker #0
C'est comme les patois de chez nous qui te perdent ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Alors le Suisse allemand, ce n'est pas un patois, c'est vraiment une langue nationale. Après, dans les cheliers suisse-allemand, il y a encore du patois, ce qui fait qu'entre certains cantons, il y a des mots qui vont différencier un petit peu, mais ils arrivent quand même à se comprendre. D'accord.
- Speaker #0
Et le système de santé, est-ce qu'il est comparable à celui de la France, avec la sécu ?
- Speaker #1
Non. Il y a ce qu'on appelle la LAMAL, qui est l'assurance de base. Et ensuite, il va y avoir des complémentaires. Donc, en gros, c'est un peu... C'est un peu le même système que nous, nos mutuelles. Simplement. Et après, il va y avoir des mutuelles de base, ce qu'on appelle la summée privée et puis la privée, qui va permettre de pouvoir aller dans certaines cliniques pour les hospitalisations, etc. À côté de ça, tout ce qui va être accident de la vie et accident professionnel, ça va être pris en charge. par les assurances des sociétés. C'est-à-dire que moi, étant donné que je suis employé dans une société d'ambulance en Suisse, même si j'ai un accident chez moi, ce sera l'assurance de mon boulot qui va prendre en charge les frais médicaux.
- Speaker #0
Même si tu n'es pas dans le cadre de la fonction ?
- Speaker #1
Même si je ne suis pas dans le cadre de la fonction. Alors, pour ce qui est de ma personne, après... je garde quand même une assurance à côté parce qu'on va avoir des différences de salaire, des pertes de salaire, etc. Donc, on garde une assurance là-dessus.
- Speaker #0
C'est le même principe, il y a une cotisation patronale, salariale ?
- Speaker #1
Exactement. Après, ça fonctionne par filier.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu la place qu'occupent les ambulanciers dans le système de soins suisse ? Toujours, on fait un petit parallèle avec la France.
- Speaker #1
Beaucoup plus gros, ça prend une beaucoup plus grosse place. Si on fait une parallèle avec la France, c'est parce que tout simplement les ambulanciers ont fait le secours à personne, de manière générale. Les pompiers sont là pour le feu, la DZINCA, les relevages. Donc ils peuvent faire des relevages de personnes à domicile. Si jamais il y a le moindre problème médical, après ils vont rappeler le 144, qui vont nous déclencher nous pour aller faire un bilan complémentaire et puis s'occuper de la personne.
- Speaker #0
D'accord, donc ce serait presque l'inverse de la France en gros ?
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Parce que nous, on vient, je ne sais pas si on peut hiérarchiser ça, mais on vient un peu après les pompiers, entre guillemets, la plupart du temps. Et donc là, ce serait le contraire en Suisse.
- Speaker #1
C'est ça, c'est qu'il y a une formation de pompiers et une formation ambulancière. Et en fait, nous, en tant qu'ambulancier, on fait le secours à personne, mais ce n'est pas nous qui allons faire les désincas, ce n'est pas nous qui allons nous occuper.
- Speaker #0
Mais quand tu dis secours à personne, c'est même voie publique, etc. ?
- Speaker #1
Voie publique, etc. Ah oui, oui, il y a une différence. Non, non, c'est complètement différent. Alors après, par contre, il y a des ambulanciers chez les pompiers. C'est-à-dire qu'une fois que tu as fait tes trois ans de formation, tu peux très bien rentrer, ce qu'on appelle dans le privé, c'est-à-dire dans une société privée dans laquelle je travaille. Et tu peux aussi choisir après, ou même après tes études, d'aller directement dans un service de sauvetage de pompiers.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, il y a des ambulances de pompiers avec des ambulanciers diplômés dedans. Donc c'est la même formation, c'est juste que tu choisis privé ou public après.
- Speaker #0
D'accord, c'est dans le monde complet. Est-ce que le métier d'ambulancier est perçu différemment par la population suisse par rapport à la France ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
c'est à dire est-ce que voilà vous Vous êtes perçu d'une manière différente que la France. Est-ce que le métier est valorisé auprès de la population ? Oui,
- Speaker #1
complètement. On a un respect de la part de la population suisse, qui est quand même assez importante, et du corps médical également. Je me rappelle pendant le Covid en 2020, à 20h. quasiment tous les suisses étaient à leur balcon à applaudir etc et à chaque fois qu'on passait dans les ambulances tout le monde nous applaudissait tout le monde criait on s'en va c'est génial ce que vous faites etc c'était un truc c'est pas nous aussi mais bon ça reste dans les mémoires alors après non c'est vrai que et avec les autres soignants les autres soignants on complète enfin c'est un c'est les quand on va prendre en charge même pour un transfert on a un on a des transmissions qui sont intégrales ok C'est-à-dire qu'on a un transfert, par exemple, l'hôpital cantonal de Genève. Il y a l'hôpital principal et ensuite, il y a plein d'hôpitaux aux alentours sur le canton qui leur appartiennent. Il y a une clinique spécialisée pour la psychiatrie, une spécialisée en gériatrie. Il y a les réhabilitations, etc. Et en fait, quand on fait des transferts de patients d'un... d'une structure à l'autre, on arrive dans un service, avant même de voir le patient, on a 5-10 minutes de transmission de l'infirmière où on nous explique pourquoi il est là, les antécédents, les traitements, les allergies, pourquoi on le transfère, les dernières constantes, etc. Et en fait, tant qu'on n'a pas tout ça, on ne prend pas en charge le patient, on ne va même pas avoir le patient.
- Speaker #0
Ok, donc l'ambulancier est bien centralisé dans la chaîne de soins suisse, on va dire.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait.
- Speaker #0
Très bien. On va parler un peu de la formation pour devenir ambulancière en Suisse, que je sais que ça intéresse pas mal de personnes. Est-ce que tu connais les conditions d'accès pour devenir ambulancière en Suisse en termes d'âge, niveau scolaire, s'il y a des tests pour accéder à la formation ?
- Speaker #1
Alors, si je ne dis pas de bêtises, pour les Suisses, c'est ce qu'on appelle la MATU, qui est l'équivalent du bac. Ensuite, si je ne dis pas de bêtises, suivant les écoles, il y a des tests sportifs.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour les Suisses, c'est pris en charge, l'école est prise en charge par le canton de là où la personne habite.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En tant que Français, c'est beaucoup plus compliqué maintenant. Il me semble que maintenant, sur l'école de Genève, si on paye depuis suffisamment longtemps nos impôts sur le canton de Genève, il me semble que maintenant, on y a accès. Sinon, autrement, c'est à nous de payer. C'est 19 500 francs l'année. sachant qu'il y a trois ans d'études. Après, pour être technicien ambulancier, il faut avoir été chauffeur IAS 3. Même moi, par exemple, je vais partir de mon histoire à moi. En tant qu'ambulancier diplômé, je suis arrivé, je pouvais à peine faire chauffeur. Il a fallu que je passe la formation.
- Speaker #0
Il y a combien de grades ?
- Speaker #1
Il y a chauffeur ambulancier, technicien ambulancier et ambulancier.
- Speaker #0
Et technicien ambulancier est plus bas qu'ambulancier ? Oui.
- Speaker #1
Non, le technicien ambulancier, c'est l'équivalent à peu près d'une année, une grosse année, de la première année de l'ambulancier.
- Speaker #0
Ok. Et c'est trois ans, tu dis, pour être ambulancier ?
- Speaker #1
Pour être ambulancier, c'est trois ans.
- Speaker #0
Ok. Donc ouais, en fait, vous êtes paramédic ? C'est du paramédic,
- Speaker #1
exactement, ouais, ouais. Il y a les ambulanciers, on se statue là.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu penses du statut de conducteur ambulancier chez nous ?
- Speaker #1
formation c'est bien différent quand même on est d'accord là dessus et puis voilà moi même en tant qu'ambulancier diplômé il a fallu que même pour être chauffeur ambulancier il a fallu que je refasse la formation de l'IAS3 c'est l'interassociation de sauvetage et donc il y a des niveaux et en gros pour être chauffeur ambulancier l'IAS3 c'est l'équivalent d'un ambulancier niveau 1 chez nous il y a si je ne me trompe pas à peu près l'équivalent d'un mois de formation Merci.
- Speaker #0
D'accord. Donc toi, avec ton DE, tu es reparti en bas de l'échelle suisse, si je peux m'exprimer ainsi. Et tu as gravé les échelons, tu es reparti à l'école.
- Speaker #1
Alors, j'ai été formé en interne. Pour être technicien ambulancier, en gros, c'est un peu comme un concours. Pour pouvoir se présenter, il faut au minimum un an dans un service de sauvetage.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il faut présenter un certain nombre de fiches d'intervention. on pourra expliquer après P1, P2, donc c'est en urgence absolue.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est en urgence. Et puis après, il faut que la société soit d'accord de t'envoyer à l'examen.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
L'examen, après, consiste sur deux jours uniquement. Tu as une journée sur les cris et une journée de cas concrets où tu fais deux situations stables, deux situations instables.
- Speaker #0
D'accord. Et c'est un métier sous tension comme en France, le métier d'ambulanciers en Suisse, où ils arrivent à recruter ?
- Speaker #1
Non, franchement, ils arrivent quand même à recruter. Enfin, il y a quand même maintenant beaucoup de... On a trois écoles... Il y a deux écoles romandes plus Berne qui forment des ambulanciers francophones. Donc il y a quand même pas mal de personnes, il y a quand même pas mal de nouveaux diplômés tous les ans. Il y a un turnover qui est quand même moins important qu'en France. Un ambulancier reste quand même un peu plus longtemps dans le métier qu'en France. Après, les conditions sont aussi différentes.
- Speaker #0
Bien sûr. Et là, tu me parles d'écoles, donc c'est des écoles qui forment les nouveaux ambulanciers, ce n'est pas les hôpitaux directement ?
- Speaker #1
Non, c'est des écoles privées. Après, c'est quand même tout en lien. Mais il y a une école à Genève.
- Speaker #0
Il y a juste une école pour les ambulanciers ou comme en France, c'est une école qui forme les IDE, les AS ? Non,
- Speaker #1
c'est des écoles d'ambulanciers. Du coup, il y a Les Ambles, S-Azur et Medi-Berne. C'est Genève, Lausanne et Berne. À Genève, c'est du 100% école. Et à Lausanne et à Berne, c'est en cours d'emploi. Tu dois être employé dans un service. pour pouvoir après aller à l'école.
- Speaker #0
D'accord. Et toi, quand tu es arrivé en Suisse avec ton DE, le DE est quand même reconnu ou il a fallu faire des tranches ? Rien du tout.
- Speaker #1
Rien du tout ?
- Speaker #0
Ah ouais, mais ça ne t'a pas du tout servi ?
- Speaker #1
Non. Ça m'a aidé après dans le fait de passer la formation de technicien ambulancier, etc. Mais en soi, j'étais boulanger ou charcutier ou peu importe. J'arrivais, je disais je vais être chauffeur ambulancier. On me disait, ok, passe ton IS3.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que le diplôme d'ambulancier suisse, du coup, est reconnu en France ou pas ? Est-ce que tu pourrais devenir, avec peut-être une VAE, un fermier ou je ne sais pas ? C'est du chemin inverse ?
- Speaker #1
Non, en fait, je ne pense pas. C'est vraiment spécifique. Et puis même un infirmier français qui veut faire ambulancier en Suisse a quand même ses trois ans d'école.
- Speaker #0
Ce qui est fou, c'est que quand tu dis technicien ambulancier, dans le terme, je trouve que ça... ça claque même un peu plus que l'ambulancier. Pourtant, c'est l'ambulancier qui est hiérarchiquement parlant au-dessus du technicien.
- Speaker #1
Si après, on prend les termes anglais, ambulancier, c'est paramedic. Et technicien ambulancier, c'est EMT. C'est Emergency Medical Technician. En gros, quand on dit technicien ambulancier, c'est-à-dire qu'on est plus basé sur la technique. Donc, on va, par exemple... Je pense que c'est un terme qui est assez âgé maintenant, qui fait qu'avant, le technicien ambulancier préparait tout pour l'ambulancier.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et puis maintenant, c'est différent. On fait chacun notre tour, on fait une prise en charge. Ok. Donc, c'est-à-dire que moi, si je suis avec un ambulancier, lui va peut-être faire la première intervention, c'est lui qui va prendre en charge. Moi, la deuxième intervention, c'est moi qui vais prendre en charge. Mais je reste toujours sous l'égide de l'ambulancier. C'est-à-dire que suivant quel médicament je vais vouloir passer,
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Il va falloir quand même que j'aie l'accord de l'ambulancier parce que c'est lui qui reste quand même le responsable d'intervention et s'il se passe quoi que ce soit, je vais prendre mais lui va prendre aussi.
- Speaker #0
Et comme en France, c'est pareil, il y a un ambulancier et un technicien ambulancier ou deux ambulanciers dans la même ambulance, mais jamais deux techniciens ambulanciers.
- Speaker #1
Alors, en Suisse, tu as des équipes de transfert, des équipes d'urgence intermédiaire et des équipes d'urgence.
- Speaker #0
Ils vont se saigner du nez.
- Speaker #1
Et puis non, en plus je dis des bêtises, c'est sur Genève. Ah oui,
- Speaker #0
en plus c'est différent d'un canton. Comme je disais,
- Speaker #1
chaque canton a ses lois, etc. D'accord, ok. À Genève, c'est spécifique à Genève, si tu veux faire de l'urgence, donc c'est-à-dire, tu vas venir sur de l'AVP, sur, enfin bref, sur tout, tout, tout, il faut que tu sois ambulancier.
- Speaker #0
d'accord
- Speaker #1
Après, tu as les urgences intermédiaires qui sont avec un ambulancier, un technicien ambulancier. Et les équipes de transfert où tu as minimum un technicien ambulancier, soit avec un chauffeur,
- Speaker #0
soit avec deux TA.
- Speaker #1
Et après, du coup.
- Speaker #0
D'accord, ok. Et est-ce que tu peux nous expliquer un peu une journée type de ton travail en tant que technicien ambulancier ?
- Speaker #1
Si, du coup, je suis en équipe... Que ce soit en équipe de transfert ou en équipe d'urgence intermédiaire, c'est à peu près la même chose. On commence à 7h du matin.
- Speaker #0
C'est toujours les mêmes horaires ?
- Speaker #1
Oui. Alors après... Ça dépend, on est qu'il y a le transfert, on peut faire aussi à midi et demi, 22h30. Mais sinon autrement, c'est 7-19, 19-7. On commence, on check le véhicule. C'est-à-dire, on vérifie si on a vraiment tous les médicaments, etc. Comme en plus, on a des stups, on doit vérifier qu'il y a bien toutes les stups, les stups dans les sacs d'intervention, dans l'ambulance, etc.
- Speaker #0
Il faut qu'il y ait le travail du SMURC. Voilà, c'est ça. On va l'ambulancier SMURC.
- Speaker #1
En fait, on doit vérifier les scopes, on a des corpules 3, ils doivent être vérifiés tous les jours, etc. Donc tous les matins, on arrive, on check le véhicule, on le nettoie. Donc on a toute une liste de ce qu'on doit faire, on a une application pour ça, et tous les matins, on coche, j'ai fait ça, j'ai fait ça, etc. Et après, une fois qu'on a fait ça, on est dispo pour le 144, qui est l'équivalent du SAMU. Et après, on attend les interventions.
- Speaker #0
D'accord, mais il n'y a rien de programmé à l'avance ?
- Speaker #1
Il n'y a rien de programmé à l'avance pour les équipes d'urgence et d'urgence intermédiaire. Pour les équipes de transfert, c'est pareil, c'est le 144 qui gère.
- Speaker #0
C'est un transfert intrahospitalier.
- Speaker #1
Comme je disais, comme il y a plusieurs succursales des hôpitaux universitaires de Genève, après on doit faire le lien entre les hôpitaux. Pour ça, c'est le 144 aussi qui gère. Il y a des assistants de régulation qui gèrent tous les transferts. Sur plusieurs services d'ambulance, il y a plusieurs équipes de transfert. Après, c'est géré par une partie du 144.
- Speaker #0
Il n'y a pas de transport programmé comme chez nous, genre les consultations, etc. ça n'existe pas ? à part si c'est pas en intra-hospitalier non genre madame X qui peut pas se déplacer elle peut pas descendre ses escaliers est-ce qu'elle a le droit d'appeler une ambulance ?
- Speaker #1
oui elle pourrait le faire mais c'est à sa charge peut-être voilà c'est ça on va y venir après et pas de VSL chez vous ? alors il y a des VSL justement j'allais en venir il y a des VSL chez nous là où je travaille actuellement on en a pas Merci. On en a un, mais c'est pour faire uniquement des rapatriements, des choses comme ça. Parce qu'on a aussi une équipe de rapates. Et après, sinon, il y a des services de VSL qui peuvent très bien prendre des fauteuils roulants, etc. en charge et qui, du coup, peuvent amener les patients.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas autant, on va dire, démocratisé comme en France, le VSL. Il y a beaucoup de VSL chez nous. Les transports assis,
- Speaker #1
c'est quand même le nerf de guerre. Franchement, il y en a quand même pas mal. J'ai aussi travaillé dans une société sur le canton de Vaud. On avait six VSL. On avait trois ambulances et six VSL. Et les VSL tournent vraiment bien. Mais c'est vraiment deux métiers un peu différents, j'ai envie de dire. Autant ici, une société d'ambulance a des ambulances et régulièrement des VSL. Autant là-bas, c'est plus spécialisé. Les VSL, c'est les VSL. Les ambulances, c'est les ambulances.
- Speaker #0
Et quel type d'intervention vous faites le plus en général ? C'est plus de l'urgence ? C'est plus du transfert ?
- Speaker #1
C'est vraiment spécifique. Le transfert, c'est le transfert. On fait en moyenne entre 4 et 6 transferts dans la journée. On va plutôt partir sur 4, 6, ça commence à être des grosses journées. Et puis après, les urgences de manière générale, on peut en faire très bien 2 comme on peut en faire jusqu'à 9 la nuit.
- Speaker #0
Je comprends. J'avais une question sur les protocoles médicaux, mais là j'ai un peu cerné la Suisse, c'est complètement différent je suppose de ce qu'on nous demande de faire en France et par rapport à ce que tu fais en Suisse.
- Speaker #1
C'est complètement différent, c'est deux systèmes de santé différents un peu là-dessus, c'est des manières de prise en charge différentes.
- Speaker #0
En vrai, s'il fallait vraiment comparer ton taf, il faudrait le comparer avec un ambulancier SMUR. En fait, le...
- Speaker #1
le transport privé de nos privés à nous en France ça me parait tellement loin après un ambulancier SMUR ne va pas pouvoir poser de voies veineuses oui même nos ambulanciers SMUR ne vous arrivent pas à la cheville regarde Mathieu qui est avec nous nous on peut poser des voies veineuses on a les intraosseuses, on a les aigelles on peut faire des décompressions de pneus motorax Merci. C'est des choses que... Mais vous,
- Speaker #0
l'équipage SMUR, comme on le connaît en France, infirmiers, ambulanciers, médecins, ça existe ou pas ?
- Speaker #1
Il y a des SMUR, mais c'est un ambulancier et un médecin.
- Speaker #0
Ok. Il y a des infirmiers quand même ?
- Speaker #1
Oui, dans l'hôpital.
- Speaker #0
D'accord, ils ne sortent pas.
- Speaker #1
Non, ils ne sortent pas. Alors après, il me semble que sur certains cantons, ça peut arriver qu'ils sortent. Mais en tout cas, moi, principalement, je travaille à Genève. C'est un ambulancier et un médecin.
- Speaker #0
D'accord. On revient sur le système de santé et de soins suisse. Tu nous as parlé du 144.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, c'est organisé de la même manière que la France, une plateforme téléphonique.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et qui, comme tu nous l'as dit, les transferts, les urgences, c'est eux qui drivent tout ça.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. C'est un peu différent parce que les régulateurs doivent avoir été ambulanciers ou infirmés aux urgences.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il n'y a pas de... Voilà, c'est comme ça. Tu es obligé d'avoir une expérience dans les urgences pour pouvoir faire de la régulation médicale. Et il n'y a pas de médecin régulateur à proprement parler. C'est-à-dire que le régulateur, il régule. Quand il y a vraiment des gros cas, etc., il y a des médecins qui sont au-dessus, qui ne sont pas forcément dans la centrale du 144, qui peuvent très bien répondre juste en étant de garde. Ils ont le téléphone. Et si, je ne sais pas, moi, par exemple, je vais avoir un souci et que j'ai besoin de parler à un médecin régulateur, enfin à un médecin. Je vais appeler la centrale 144, je vais l'expliquer à la situation, il va me dire ok, je te passe le doc. Et du coup je vais tomber sur le médecin qui est de garde à ce moment-là, je vais l'expliquer à la situation. Et à ce moment-là c'est lui qui va prendre la décision, qui me dit ok, tu fais ça, tu fais ça, tu fais ça.
- Speaker #0
Et pour les pompiers il y a un autre numéro ?
- Speaker #1
C'est le 118.
- Speaker #0
118, ok d'accord. 144 ou 118, d'accord. C'est ça exactement. Et est-ce que les ambulanciers suisses ont comme chez nous de la formation continue ? Oui,
- Speaker #1
on a 40 heures minimum obligatoires par an.
- Speaker #0
Ok. sur les gestes de premier secours ?
- Speaker #1
Alors en fait, il y a de tout. Par exemple, moi, l'année 2025, cette année, j'ai fait le James, qui est une des... qui est une des formations NIMT, où tu as le PHTLS, la MLS, etc. Donc, il y a le GEMS qui est pour la gériatrie. Donc, ça, ça fait... C'est financé par ton employeur ? C'est financé par l'employeur. On a 1000 francs de formation. On a une enveloppe de 1000 francs par collaborateur par année.
- Speaker #0
1000 francs, ça fait quoi ?
- Speaker #1
C'est 1000 euros.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais, en gros, c'est...
- Speaker #0
Le système de santé est compliqué, mais la conversion... Ça va,
- Speaker #1
c'est... Ça, ça va. Et ensuite, on a au centre de chaque service de sauvetage, on doit avoir des médecins référents. Donc nous, on en a deux qui sont médecins aux urgences dans une clinique. Et qui sont médecins référents chez nous, qui nous font nos protocoles et qui nous donnent également les formations. Donc, c'est-à-dire qu'à peu près tous les mois, ils essaient de nous faire une formation de deux heures en interne. Et puis, ça part sur vraiment tout. Donc, ils passent dans chaque entreprise ? Non, non. Nous, on appelle ça des services, mais chaque service a deux médecins référents. donc nous on a deux médecins et en fait ils viennent ils regardent à la fois nos fiches d'intervention donc ils sont là pour juger nos fiches d'intervention, savoir si on les fait correctement ou pas, s'il y a des défauts qu'est-ce qu'on peut améliorer etc ils sont là aussi pour faire nos protocoles C'est-à-dire qu'au départ, on part sur les protocoles de la CORFA, qui sont les protocoles un peu généralistes qu'on apprend à l'école. Et après, là-dessus, ils peuvent modifier soit certaines molécules, soit certains dosages, les posologies, etc. Ils peuvent modifier. Nous, on va les suivre, mais c'est eux qui restent responsables des protocoles qui sont donnés. Et donc, ils nous donnent aussi des formations. Ils nous donnent des formations quasiment tous les mois. Il y a un des médecins qui vient, qui nous donne une formation. ça peut être sur sur je ne sais pas, l'autre jour on avait sur les labos, donc quand il y a une prise de sang qui est faite, qu'est-ce qu'on doit regarder, qu'est-ce qu'on doit comprendre, qu'est-ce que c'est qu'une CRP, une CRP augmentée, qu'est-ce que ça veut dire, etc. Enfin voilà, on a un peu tout ce genre de formation. On peut aussi nous donner des formations, s'il y a quelque chose qui nous intéresse.
- Speaker #0
Et c'est-tu chez vous comme chez nous, centre de formation dédié à tous les professionnels de santé, de manière générale ou pas ?
- Speaker #1
De manière générale, non. En tout cas, pas public. Après, il y a des privés. Il y a des centres de formation privés qui viennent. Par exemple, cette année, on devait faire une journée obligatoire avec un centre de formation, avec une société de formation.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Du coup, c'est du réel en fait.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que comme chez nous, il y a des ambulancers qui sont rattachés à des hôpitaux ou c'est que des entreprises privées ?
- Speaker #1
Alors, sur Genève, c'est privé. Et sur d'autres cantons, c'est public. Par exemple, Nyon, maintenant, si je ne me trompe pas, ils sont rattachés à l'hôpital. Et après, tu as les ambulanciers SMUR qui sont rattachés aux hôpitaux également.
- Speaker #0
D'accord. On va parler du salaire et des conditions de vie. Parce que pour moi qui ne connais pas la Suisse, j'imagine que tu es blindé, mais c'est peut-être... Ouais ! Est-ce que tu peux me donner le salaire moyen d'un technicien ambulancier en Suisse ? Genre début de carrière, fin de carrière, une fourchette, un râteau ?
- Speaker #1
Oui, après ça va dépendre aussi du privé, ça va dépendre du public. Allez, on va dire un technicien ambulancier, je parle en brut, un technicien ambulancier en brut, je crois que c'est 5000 francs. Donc 5000 euros. Voilà. sachant qu'après du coup il y a quand même beaucoup de déductions si on parle en net on va arriver aux alentours des 3 800 3 800, 4 000 sachant que du coup les impôts sont prélevés en Genève on a l'impôt à la source je vais remettre mon CV à jour je crois et après si je ne dis pas de bêtises un ambulancier diplômé va commencer aux alentours des 6 300 net et après ça dépend dans le public ça monte beaucoup plus vite que dans le privé je ne sais même pas si c'est le niveau de salaire des... Mais au final, pour des Français, ça paraît énorme. Pour des Suisses...
- Speaker #0
C'est la misère.
- Speaker #1
C'est l'équivalent à peu près, je dirais, de quelqu'un qui ne vit pas trop mal en France, on va dire, je ne sais pas, autour des 2000...
- Speaker #0
C'est genre salaire moyen suisse. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. 6500 euros, tu vis correctement. On va partir du principe qu'un appartement sur Genève, un T2, c'est entre 1 500 et 2 000 euros. Donc,
- Speaker #0
le salaire rapporté à la vie suisse. C'est ça.
- Speaker #1
Exactement. Tu fais tes courses. Il y a beaucoup de Suisses qui viennent faire leurs courses en France parce que le prix de la viande est x3, x4, x5 par rapport à la France. Du coup, c'est pour ça. En tant que frontalier, on vit bien. En tant que Suisse, c'est plus compliqué.
- Speaker #0
Et toi tu vis en France ? Moi je vis en France. Ok, donc tu sors à chaque fois ?
- Speaker #1
J'ai 30 minutes de route pour aller au boulot.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc ça va.
- Speaker #0
Et ça bouchonne pour rentrer en Suisse le matin ?
- Speaker #1
Je suis content de faire les horaires que je fais.
- Speaker #0
Ouais ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc il y a beaucoup de Français qui travaillent en Suisse ?
- Speaker #1
Ouais, il y a énormément. Non, je dirais une bêtise. Il me semble qu'on est à 600 ou 800 000 frontaliers.
- Speaker #0
Ok, c'est énorme.
- Speaker #1
Du coup, si tu as des horaires de bureau, tu commences à 9h, tu pars 1h30, 2h en avance.
- Speaker #0
Ok. Et les avantages sociaux sont similaires à la France ? Je parle du chômage... Tu nous parlais du logement. Je ne sais pas s'il y a des aides au logement chez vous ou des choses comme ça. Non, ça ne te parle pas ? Je dis chez vous, en Suisse. Oui, oui.
- Speaker #1
Alors, il y a quand même beaucoup d'aides. On ne laisse pas les gens mourir de faim ni rien. Mais elles sont moindres. OK. Il y a du chômage ?
- Speaker #0
Une allocation chômage, je veux dire ?
- Speaker #1
Oui. Mais pareil, c'est quelques mois. Après, je ne sais pas. Je n'ai encore jamais été au chômage en Suisse. mais... Mais c'est beaucoup, c'est moins important. Et puis du coup, si je ne dis pas de bêtises aussi, ce n'est pas 80% du salaire, c'est moins. Et ce qui fait que du coup, ça t'oblige à aller chercher du travail. Très vite.
- Speaker #0
Erwan, on va faire, c'est le temps du petit jeu du vrai ou faux que je fais sur tous les podcasts. Je fais sept petites affirmations sur les clichés de la Suisse. C'est très basique. Tu me réponds vrai ou faux et puis après on... On revient sur chaque affirmation pour la développer un petit peu. C'est parti. Les Suisses sont toujours à l'heure. Vrai ou faux ?
- Speaker #1
Franchement, c'est vrai.
- Speaker #0
Les Suisses sont lents ?
- Speaker #1
Non, pas forcément.
- Speaker #0
Les Suisses sont toujours neutres ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Les Suisses sont riches ? On en a parlé un petit peu avant.
- Speaker #1
Certains Suisses.
- Speaker #0
Les Suisses mangent toujours de la fondue et du chocolat tous les repas ?
- Speaker #1
Alors, pas tous les repas, mais c'est vrai qu'ils en sont plutôt fans. Et fondue, c'est moitié-moitié.
- Speaker #0
Les Suisses parlent tous français, même si tu nous as dit tout à l'heure. Du coup, faux ?
- Speaker #1
Faux.
- Speaker #0
Ok. Et tous les Suisses vivent à la montagne ? Ça, c'est l'image que j'ai de la Suisse.
- Speaker #1
Ouais, ça est plutôt faux aussi.
- Speaker #0
Ok. Les Suisses sont toujours à l'heure ? Bah, c'est ce fameux cliché suisse bien réglé. Est-ce que c'est justement un cliché ou c'est une vraie culture ?
- Speaker #1
Je pense que c'est vraiment une culture là-dessus.
- Speaker #0
Le respect des heures en permanence ?
- Speaker #1
Ouais, je pense que ça appartient au respect de la personne. Est-ce que tu as pu consulter,
- Speaker #0
toi, en tant que patient, un médecin en Suisse ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais qu'il était ponctuel et à l'heure ? Ou un peu comme chez nous, ça a tendance à être... Non, non, non,
- Speaker #1
franchement, c'est plutôt à l'heure. Même nous, quand on fait des transferts et qu'il y a un peu de débouchons sur la route, en fait, si c'était 16h de rendez-vous, à 16h, ils sont en général... Il y a 5 minutes.
- Speaker #0
Ok. Donc il y a un peu plus de ponctualité, tu dirais ?
- Speaker #1
Il y a plus de ponctualité, c'est plus rigoureux, de manière générale.
- Speaker #0
Les Suisses sont lents ?
- Speaker #1
Non. Je ne sais pas,
- Speaker #0
je vois une culture du calme, de la précision. Je me dis que les Suisses sont l'enface. C'est l'image que j'en ai, pas particulièrement. Ni sur la route, ni dans la façon de travailler, ni... T'as pas l'impression que... Quand tu passes la frontière, tu vas au ralenti.
- Speaker #1
Non, non, non, franchement, j'ai pas cette impression-là.
- Speaker #0
D'accord. Les Suisses sont toujours neutres. C'est pareil, on a l'habitude en France, on fait des gros débats, que ce soit des débats télévisés, on débat fort. J'ai trouvé cette phrase sur Internet, ils disaient qu'en Suisse, on réfléchit avant de parler.
- Speaker #1
C'est plutôt vrai. C'est plutôt vrai. Après, c'est sûr que si on part sur de la politique et autres, ça crée beaucoup moins. Et puis, il y a un système qui est quand même complètement différent de la France aussi là-dessus.
- Speaker #0
On peut montrer ses opinions en Suisse comme on le fait ouvertement en France. Oui,
- Speaker #1
clairement.
- Speaker #0
C'est pas caché entre guillemets. Non, non, non.
- Speaker #1
Ça va être plus justement sur du débat, sur des choses comme ça, que vraiment sur... C'est plus ça. C'est assez linéaire. C'est pas...
- Speaker #0
OK. Les Suisses sont riches. Alors, riches, effectivement, le salaire est plus haut, tu viens de nous l'expliquer, mais le coût de la vie est bien plus important.
- Speaker #1
Donc, au final, ils sont riches, oui et non. Il y a un niveau de vie qui est plus élevé, c'est sûr, de manière générale, mais après, c'est pas...
- Speaker #0
Bon, les Suisses mangent toujours de la fondue et du chocolat à tous les repas ?
- Speaker #1
Non. Non, ça va, ils ont une hygiène de vie qui est à peu près correcte aussi. Mais ouais, comme je disais, fondue, c'est moitié-moitié. Il n'y a pas de saison ? Non, non, c'est moitié-moitié. En fait, nous, en France, on met trois fromages.
- Speaker #0
Ah oui, pardon.
- Speaker #1
Et eux, là-bas, c'est deux fromages. D'accord.
- Speaker #0
Ah, il y a un protocole de l'offre. Ah non,
- Speaker #1
ça rigole pas. Je vous dis, c'est sérieux, c'est carré.
- Speaker #0
D'accord. Les Suisses parlent tous français, tu nous en as déjà parlé, donc il y a quatre langues, tu m'as dit français, italien, j'ai trouvé romanche. Oui c'est ça,
- Speaker #1
c'est une petite partie de la Suisse qui parle romanche.
- Speaker #0
Mais on est d'accord que ce n'est pas vraiment des langues officielles, c'est plutôt des patins ? Non,
- Speaker #1
je parle de langue officielle. Donc quand tu changes,
- Speaker #0
mais toi tu parles français, italien, donc allemand genre ?
- Speaker #1
Non. Mais genre,
- Speaker #0
toi, t'es pas amené à changer de canton ?
- Speaker #1
Si, parce que du coup, on fait des rapatriements, on va déposer les patients à Berne, etc. Et genre,
- Speaker #0
ils parlent plus français quand tu changes de canton ? Justement,
- Speaker #1
les Suisses allemands ont tendance quand même à savoir parler un minimum français. Et puis après, par exemple, les médecins, c'est tout bête, mais les médecins sont obligés d'aller faire des études ailleurs que dans le canton d'origine. Donc c'est-à-dire que, par exemple, j'avais une collègue de boulot tessinoise, qui est venu parce qu'elle a suivi son compagnon. Et donc, au départ, il parle italien. Ils sont venus ici parce que lui, il devait faire minimum une année à l'extérieur de son canton d'origine. Donc, du coup, ils ont appris à parler français.
- Speaker #0
Il n'y a jamais de problème de langue pour les transmissions du patient, etc. ? Ça t'est déjà arrivé ? De vraiment être bloqué, bloqué ?
- Speaker #1
Franchement, dans un hôpital, il y a toujours des gens qui parlent soit suisse-allemand, soit italien, soit français.
- Speaker #0
C'est comme si tu changeais de département chez nous et que c'était plus la même langue directe. Ouais, c'est ça. Franchement, c'est pratique. Et du coup, dans ta formation, tu as un module langue ? Non, non, non.
- Speaker #1
Vous n'avez pas obligé.
- Speaker #0
Les Suisses parlent... Non, je l'ai déjà dit. Tous les Suisses vivent à la montagne. Ouais, c'est l'image que j'ai. De montagnes toutes vertes, de petits chalets, parfait.
- Speaker #1
Ouais, non, mais après... Il y a des grosses villes. Il y a des grosses villes, Zurich, Berne, Genève, ça reste quand même des villes qui sont immenses. Si je ne dis pas de bêtises, à Genève, il y a 500 000 habitants, pour le canton de Genève.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Qui est un tout petit canton, hein. Franchement, il n'est vraiment pas énorme, il y a 500 000 habitants, ce qui est quand même vraiment beaucoup. Après, oui, c'est vrai qu'il y a plein d'endroits... qui sont magnifiques, comme Montaigne, le Valais, etc., où forcément la densité de population est beaucoup moins importante.
- Speaker #0
Erwan, pour conclure ce magnifique podcast, est-ce que tu aurais un conseil à donner à un ambulancier français qui voudrait tenter l'expérience suisse, partirait de zéro ?
- Speaker #1
Ouais, il faut s'accrocher, il faut montrer sa motivation, et il faut savoir s'intégrer.
- Speaker #0
Il y a des quotas d'étrangers venant étudier en Suisse. Est-ce qu'à chaque session de formation, il y a un quota accepté, acceptable ? Si tu es refusé la première année, tu peux te représenter à la deuxième année. Je ne sais pas comment ça fonctionne. Non,
- Speaker #1
tu présentes ta candidature pour rentrer à l'école. Après, comme je dis, il faut avoir le budget pour le faire. Donc il y en a qui font des crédits, il y en a qui font... Après ça dépend des gens. Après je pense que technicien ambulancier c'est déjà un peu plus facile à obtenir que le diplôme d'ambulancier.
- Speaker #0
Et t'as vendu un rein toi ou pas ?
- Speaker #1
Non parce que du coup j'ai juste eu à payer l'examen. Parce que je me suis formé en interne avec ma société. Du coup en fait on faisait des exercices, des cas concrets. J'avais des journées de stage en urgence etc. Et c'est comme ça que je me suis formé pour aller me présenter à l'examen.
- Speaker #0
Ok, très bien. Est-ce que tu aurais une petite anecdote marrante à nous partager, qui mélange un peu ton expérience suisse avec celle en France ?
- Speaker #1
Oui, c'est que je n'ai plus l'habitude de faire des bilans au Samu en France. Du coup, en fait... Quand je suis en France et que du coup, en tant qu'ambulancier français, je vais avoir tendance à prendre en charge mon patient et à vouloir partir. Et mon collègue me dit « Attends, tu as fait le bilan ? » Et en fait, je me dis « Non, parce qu'en Suisse, on n'a pas de bilan à passer. On prend en charge, on dit qu'on est maintenant à l'hôpital et c'est comme ça. »
- Speaker #0
Est-ce que le régulateur en France, il te dit « C'est juste un bilan, ce n'est pas un livre ? » Non,
- Speaker #1
en général, à chaque fois, même déjà quand je bossais en France, j'avais l'habitude de toujours dire… est-ce que mon bilan te convient ? Est-ce que tu as quelque chose à rajouter ? Et puis on me dit non, non, c'est tout. C'est juste...
- Speaker #0
Je finis le podcast Erwan avec cette petite question. Est-ce que tu peux nous partager la musique que tu écoutes dans ta voiture pour te donner la patate pour aller au boulot le matin ?
- Speaker #1
Pour me donner la patate, peut-être pas, mais en tout cas, il y a Ludovico Ennudi que j'écoute beaucoup. Je n'ai pas de chansons particulières.
- Speaker #0
j'en choisirai une ou pif beaucoup qui sont très belles merci beaucoup d'être venu merci pour ce partage et puis si vous avez d'autres questions internet ou même en privé si jamais je peux répondre à vos questions on reste en contact avec Erwan si on peut répondre à vos questions, merci beaucoup Sous-