Speaker #0Bienvenue dans la série « On m'a dit que » . Tout au long de notre vie, on nous répète des phrases, des petites remarques, des conseils, des injonctions. Parfois ça vient de l'école, parfois de la famille, parfois même du développement personnel. Et à force, on les intègre comme des vérités. « Faut être forte » , « Tu es trop sensible » , « Tourne la page » , « Pense un peu aux autres » , « Maîtrise-toi » . Mais ces phrases-là, même dites avec de bonnes intentions, finissent souvent par nous enfermer. Elles créent de la honte, de la pression, de la confusion même. Elles nous coupent. de ce qu'on ressent vraiment. Cet été, j'ai eu envie de faire une pause dans le flot habituel et de revenir à l'essentiel. Dans cette mini-série, on m'a dit que je te propose de déconstruire ces croyances qu'on entend partout mais qu'on ne questionne pas assez. Chaque épisode part d'une phrase qu'on m'a dite ou que mes clients m'ont confiée. Et je t'emmène plus loin, dans ce que ça crée, ce que ça bloque et surtout ce qu'on peut en faire. Parce que non, tu n'es pas trop. Non, tu n'as pas resté fort, fort en silence. Non, tu n'as pas besoin de tourner la page si la blessure est encore vive. Ce que tu ressens mérite d'être entendu et cette série, elle est là pour ça. Pour mettre des mots, pour faire de la place, pour te proposer une autre façon d'être avec toi. Bonne écoute et bel été à toi. On m'a dit que je devais lâcher prise, que je me prenais trop la tête, que je réfléchissais trop. Et franchement, je suis d'accord. J'aimerais bien lâcher prise, mais je ne sais pas comment. Dès que j'essaie, mon mental y repart. Je rumine, je cherche des solutions, je m'inquiète. Et plus on me dit lâche un peu, plus je culpabilise. Comme si c'était de ma faute, comme si je bloquais volontairement. Alors je me tends encore plus, je me juge de ne pas savoir faire, et je me sens coincée dans ma propre tête. Tu l'auras compris, on parle de lâcher prise aujourd'hui, de cette fameuse phrase, allez c'est bon, lâche l'affaire, lâche prise. Donc ce sujet, ce thème particulièrement m'a été demandé par l'une d'entre vous, qui m'a écrit suite à ma newsletter. D'ailleurs, si tu n'es pas inscrit, abonne-toi, parce que je donne des conseils et pas mal de choses dedans. Qui m'a demandé si je pouvais faire un podcast. On m'a dit que sur ce sujet, en sachant que c'est quelque chose que j'ai déjà traité dans différents podcasts. D'ailleurs, je te mettrai les numéros des épisodes en question. Mais je trouvais intéressant quand même d'en reparler, parce que je pense que cette personne n'est pas isolée, n'est pas la seule à ressentir cette injonction à devoir lâcher prise. Comme si on n'avait pas envie de lâcher prise, comme si on avait envie de se prendre la tête. Mais tu as déjà sans doute entendu, tu devrais lâcher prise, ça te ferait du bien. Ou bien, tu te prends trop la tête, arrête d'y penser. Ou aussi, celle-là, elle n'est pas mal, tu n'as qu'à respirer un bon coup et penser à autre chose. Donc souvent, comme je le dis toujours, ce sont des phrases qu'on dit avec bienveillance, parce qu'on a envie que l'autre en face se prenne moins la tête, ok. Mais en réalité, elles sont hyper culpabilisantes. Parce qu'elles insinuent en fait que ton mal-être est une question de volonté. Que si tu voulais, juste par la volonté en fait, tu pourrais lâcher. Mais que tu choisis en fait au final que c'est ton choix d'être tendu, de penser en boucle et de rester bloqué là dans tes ruminations. Et forcément quand tu es déjà en surcharge mentale, en surcharge émotionnelle, entendre ça, ça nous enferme encore plus. Bien évidemment je vais t'apporter des éléments thérapeutiques, psychologiques par rapport à ce thème. Ce fameux mot, c'est un double mot, mais ce qu'on appelle en tout cas le lâcher prise. On a compris que ce n'était pas un bouton on-off, c'est bien plus complexe que ça. Et c'est surtout en fait une compétence du système nerveux. Quand tu es en stress chronique, en mode hyper vigilance, ton cerveau, il veut garder le contrôle. Et ce n'est pas un choix en fait, c'est un mécanisme de survie. Tu as beau essayer, tant que ton cerveau ne comprend pas qu'il n'est pas en danger, qu'il peut relâcher la pression. en fait, tu n'arriveras pas à relâcher. Parce que dans ce cas de figure, quand tu es en hypervigilance, ce qu'on appelle l'état de survie, ton mental carbure parce qu'il essaie de gérer ce que ton corps ne peut plus contenir. Donc tu vas anticiper, tu analyses, tu cherches des solutions, parce que tu ne te sens pas en sécurité. Et plus tu essayes de forcer ce fameux lâcher-prise, plus ton système se tend. Et c'est pour ça que les injonctions comme « lâche un peu » sont non seulement inutiles, mais parfois contre-productives. Ce qu'on peut faire autrement, tu as bien compris que c'est donc pas dans la tête que ça se passe, qu'il ne faut pas arrêter quelque chose dans ta tête, c'est plutôt quelque chose dans ton corps et c'est ton corps qu'il faut réassurer. Tu ne peux pas lâcher mentalement si ton système nerveux est en alerte. Je pense que tu l'as bien compris. Et tu ne peux pas relâcher non plus. si ton corps ne sent pas qu'il a le droit de s'arrêter. Donc, ce qu'on peut faire pour accéder à ce fameux lâcher-prise, ça va être revenir au souffle. Alors, pas pour forcer la détente, mais pour sentir. Ce qui est là, on fait de revenir au moment présent, parce que le moment présent, on n'est pas dans la panique, on n'est pas dans les ruminations. Donc la respiration nous aide beaucoup à ça. On peut relâcher physiquement aussi certaines zones de façon consciente, on peut relâcher les épaules. Vraiment, on prend cette décision de « je relâche les épaules, je peux relâcher la mâchoire, je peux relâcher le ventre » . Prendre conscience aussi des micro-tensions qu'on maintient sans s'en rendre compte. souvent au niveau du visage. tendue, on est crispée, cette fameuse ride du lion, qu'on ne s'en rend même plus compte qu'elle est présente. La mâchoire aussi, on a souvent la mâchoire serrée bien plus qu'on ne le pense. Donc, prendre conscience des petites tensions qu'on peut avoir en fermant les yeux, c'est beaucoup plus simple. On ferme les yeux, on essaye d'observer où sont les tensions dans notre corps. Là, j'ai parlé du visage, mais souvent aussi, on a les épaules qui peuvent être tendues, le ventre serré un petit peu. Donc, vraiment prendre conscience de... Et quand je parle de micro-tensions, c'est vraiment ça, c'est des petites tensions. On peut aussi s'autoriser juste à rien faire. C'est très très inconfortable quand on est dans cet état d'hypervigilance, quand on est toujours dans les ruminations, le mental qui tourne en boucle, de ne rien faire. Mais ça peut commencer par des petites choses. On ne s'autorise pas à prendre une pause à un moment donné où en temps normal ce n'est pas possible. Mais vraiment ne rien faire, ça peut être plein de choses ne rien faire. Ce n'est pas juste s'asseoir et regarder dans le vide. Ça peut être boire un thé, juste être présent dans ta tasse de thé, ton café. Ça peut être reprendre un bouquin et te laisser partir dans le bouquin sans pour autant penser à tout ce que tu dois faire. En tout cas, voilà, s'autoriser à ne rien faire, quel que soit le rien faire pour toi. En tout cas, au travers de là, ce que je te propose dans les petites actions que tu peux mettre en place pour justement commencer à relâcher la tension, c'est surtout de te dire... Et te faire comprendre que le lâcher-prise, ce n'est pas un concept abstrait. C'est un état que le corps apprend petit à petit, à travers la sécurité, la lenteur et le ressenti, retourner dans le ressenti corporel. Je vais conclure avec ces phrases. Tu n'as pas à réussir ton lâcher-prise, tu n'as pas à forcer ton corps à se détendre. Tu peux juste, simplement, commencer à revenir à toi sans chercher à contrôler. Respirer, bouger, ressentir. Et laisser ton système nerveux, à son rythme, se réapprendre au calme. Je ne sais pas si c'est très français, mais je pense que tu as compris. Donc, ce n'est pas ta faute aussi. J'insiste sur ça. Ce n'est pas ta faute si tu as du mal à lâcher. Encore une fois, j'insiste parce que vraiment le côté culpabilisant dans le lâcher-prise est très, très présent. Et surtout, c'est possible d'apprendre à faire autrement. Merci de m'avoir écoutée jusqu'au bout. J'attends ton avis, tes réactions par rapport à ce thème du lâcher-prise. Tu peux m'écrire sur Instagram, sur LinkedIn ou bien même via mon mail et ma newsletter. En tout cas, je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.