Speaker #0Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Prends une pause. Je suis Louna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en libération émotionnelle. À travers ce podcast, mon intention est de t'apporter des clés concrètes, des pistes de réflexion et un nouveau regard sur le lien entre émotion, corps et souffrance. Mon souhait est de t'aider à comprendre et libérer ce que tu ressens pour transformer tes blocages et tes douleurs en un nouvel élan de liberté et d'énergie. Bienvenue dans ce nouvel épisode. Aujourd'hui, on va parler du ressenti, d'arrêter de douter de son ressenti, comprendre finalement qu'est-ce qui se joue vraiment à l'intérieur. Parce que pendant longtemps, j'ai cru que ressentir, c'était quelque chose qui était assez flou, quelque chose de peu fiable même. J'étais vraiment toujours dans ma tête, j'étais dans l'analyse. Tout ce qui était de l'ordre du cognitif, de l'analyse, de l'explication, pour moi, c'était ce qu'il y avait de vrai. Mais dès qu'il s'agissait de ressentir vraiment à l'intérieur qu'est-ce qu'il se passait, j'avais beaucoup de doutes. Et mes questions c'était, est-ce que c'est juste ? Est-ce que je me fais des idées ? Est-ce que je projette aussi ? Et avec le temps, j'ai compris, et surtout ma pratique thérapeutique d'aujourd'hui, j'ai compris quelque chose qui est essentiel et que j'ai envie de te partager aujourd'hui. c'est que le problème n'est pas tant le ressenti en lui-même, mais la confusion. autour de ce que signifie réellement ressentir. Et c'est ce que j'ai vraiment envie de clarifier avec toi aujourd'hui, de manière simple, comme toujours, concrète, thérapeutique aussi, pour que tu puisses comprendre finalement pourquoi tu doutes, et ce qui permet peu à peu aussi de retrouver confiance en tes ressentis. Alors on va commencer par poser le sujet, ressentir, de quoi parle-t-on vraiment ? Dans le langage courant, c'est vrai qu'on utilise le mot ressentir pour beaucoup de choses. Donc ça peut être pour parler d'une émotion, ça peut être pour parler d'une pensée, ou aussi, parfois, pour parler d'une intuition. Et en thérapie, c'est important aussi de comprendre qu'on fait une distinction qui est très claire. Ressentir, ce n'est pas analyser une situation, ce n'est pas non plus tirer une conclusion sur ce qui se passe. Ressentir, c'est en fait... percevoir ce qui se passe à l'intérieur de soi, ici et maintenant, à travers le corps. Donc ça c'est vraiment la phrase à retenir, c'est ressentir, c'est percevoir ce qui se passe à l'intérieur de toi, ici et maintenant, à travers ton corps. Donc concrètement c'est quoi ? Ça peut être une tension dans la poitrine, un nœud dans le ventre, une sensation de fermeture aussi du corps, un relâchement, une agitation interne. Donc ça c'est la première chose. Mais ressentir, c'est aussi, ça implique autre chose et une chose essentielle qu'on oublie souvent, c'est mettre des mots sur cette expérience intérieure. Et là, vraiment c'est là où je vais insister, pas pour expliquer, mais pour la reconnaître. Par exemple, si on dit « je sens, là je sens une pression » , il y a quelque chose de serré dans mon ventre, dans ma poitrine. Je sens que ça s'agite à l'intérieur. Tout ça, c'est mettre des mots sur mon expérience intérieure. Et ça, c'est primordial. C'est fondamental même. Parce que ce qui n'est pas nommé reste flou. Et ce qui reste flou devient source de doute. Réellement, dans mon travail, je vois très rarement des personnes déconnectées de leurs ressentis. En tout cas, c'est très rare. Ce que je vois surtout, c'est des personnes qui ont appris à ne plus s'y fier ou à ne pas s'y fier. Parce que ce doute s'installe quand à un moment donné, ressentir a été soit minimisé, soit invalidé, soit ignoré. J'ai un exemple, j'ai noté une phrase, on me l'a dit sous différentes formes, mais celle-là c'est celle que j'ai retenue. Une cliente qui m'a dit « j'ai appris très tôt à ne pas écouter ce que je ressentais parce que ça créait des problèmes » . Qu'est-ce qui se passe quand percevoir en soi que ressentir c'est un problème ? En fait, on va s'adapter. Tout ton système va s'adapter. On va du coup observer davantage ce qui se passe à l'extérieur. On va réfléchir plus. Donc on va vraiment être présent dans le cognitif, dans la tête. On va chercher des repères vraiment à l'extérieur de nous. Et petit à petit, le ressenti est toujours là. On n'arrête pas de ressentir à l'intérieur. Mais il n'est plus reconnu comme une information valable. Je vais même te le dire de façon différente, d'un point de vue aussi plus psychocorporel, c'est que le ressenti repose sur des signaux internes précis. C'est-à-dire la respiration, un rythme cardiaque, un tonus musculaire, des sensations aussi, quelles qu'elles soient, ça peut être des sensations viscérales, vraiment quelque chose qui se ressent dans le corps. Et ces informations, elles sont traitées par ton cerveau. Avant même que tu n'y penses, une sensation c'est la première information qu'on a par rapport à une émotion, à ce qui se passe à l'extérieur. Mais quand ressentir a été associé à un risque ? quel qu'il soit, ça peut être un conflit, un rejet, un débordement émotionnel, le mental va prendre le dessus. Donc il va filtrer, il va analyser, il va interpréter, vraiment pour mettre à distance ce ressenti. Et donc ce n'est pas un manque de conscience, encore une fois, c'est pour ça que je décortique bien ce qui se passe à l'intérieur de nous, c'est que ça devient une stratégie de protection de ne plus ressentir. J'avais aussi envie de remettre un peu de clarté sur trois notions qu'on confond souvent, sans doute que tu les confonds, comme ça, ça va être beaucoup plus clair, entre le ressenti, l'émotion et l'intuition. Donc l'émotion, c'est une réaction qui est physiologique et affective. Elle peut être intense, désagréable, parfois même envahissante. Le ressenti, lui, est bien plus fin. C'est la traduction corporelle, en fait, de ce qui se passe à l'intérieur de moi. L'intuition, elle, alors ce n'est pas quelque chose de magique, je précise bien, c'est une forme de synthèse assez rapide de signaux corporels, émotionnels et aussi de signaux contextuels, faites par ton cerveau sans qu'il n'y ait de raisonnement conscient. Donc voilà, déjà, on comprend mieux ces trois choses. Et du coup, quand on ne sait pas nommer ce que l'on ressent, l'intuition devient floue et le doute aussi s'installe. Et quand le doute s'installe, c'est aussi finalement le mental qui prend plus de place. Et pourquoi en fait le mental prend autant de place ? Parce que quand le corps n'est pas un espace sécurisant, le mental devient un refuge. C'est vrai que je vous le dis très régulièrement, être dans sa tête, ça c'est une stratégie. pour se protéger. Parce que être dans sa tête, ça permet de garder le contrôle, d'éviter de ressentir trop fort, de se protéger aussi de l'incertitude. C'est vrai que l'incertitude nous angoisse énormément en tant qu'humain. Mais plus on reste dans la tête, moins on apprend à reconnaître ce qui se passe réellement à l'intérieur. Et c'est souvent là que je vais entendre « je ne sais pas si ce que je ressens est juste » . Et c'est là où je vais insister sur le fait que ressentir ne demande pas. d'être sûr en fait. C'est pas une question de certitude. Ça demande, comme je l'ai dit auparavant, de se sentir suffisamment en sécurité pour observer ce qui se passe. Parce que c'est vrai que je le dis très souvent, quand ton système nerveux est en alerte, pour diverses raisons, si t'es en hypervigilance, si t'es dans un stress chronique, en fait tes sensations sont amplifiées, ton mental va prendre beaucoup plus de place parce qu'il va beaucoup interpréter, et de façon plus rapide aussi. Et forcément, le doute va prendre le dessus. Et c'est pour ça que, dans un travail thérapeutique, on commence rarement par écouter son ressenti. On ne va pas vers ça dès le début, c'est qu'on commence par réguler. Ce que j'ai envie de te transmettre et de te partager au travers de cet épisode, c'est que arrêter de douter de son ressenti, c'est un apprentissage qui est progressif. Parce que ce n'est pas suivre tout ce que l'on ressent, C'est surtout apprendre à rester avec une sensation, mettre des mots simples dessus, observer aussi comment elle évolue, et différencier ce qui est corporel et de ce qui est mental. Et le ressenti devient fiable quand il est reconnu, nommé, accueilli, et pas quand il est disséqué. Donc pour conclure, douter de son ressenti n'est pas un problème en soi. C'est souvent le signe que tu t'es adapté longtemps en mettant... ton corps de côté. Donc ressentir, ça se réapprend vraiment, en sécurité, avec des mots simples, et sans chercher à être aussi dans la certitude, être certaine de tout ce qui se passe. C'est ce que je viens de te partager, t'interpelle, on te parle par rapport à une problématique, peut-être que tu as sur le fait de douter de ce que tu ressens, et de tout ce qui se passe aussi à l'intérieur de toi. Et si tu as envie aussi que je t'apporte un regard plus thérapeutique, Je t'invite à prendre un appel de consultation avec moi, c'est un temps d'échange pour faire le point sur ce que tu vis, voir comment je peux ou non t'accompagner, vraiment avoir un regard extérieur sur ce qui se passe en toi et quelle direction peut-être prendre, en tout cas si je peux t'aiguiller, ce sera avec grand plaisir. Je te mets le lien de mon agenda pour prendre ton rendez-vous avec moi en description de l'épisode. Merci de m'avoir écouté jusqu'au bout, j'espère sincèrement que cet épisode a pu t'aider, t'aiguiller. Je te laisse d'ailleurs venir en commentaire me dire si toi aussi tu... tu doutes de tes ressentis ? Est-ce que tu as mis déjà des choses en place ? Peut-être, et nous les partager, ça pourrait tous nous aider. En attendant, je te dis à mercredi prochain pour un nouvel épisode.